‹ Traité élémentaire de dermatologie pratique comprendant les syphilides cutanées. Tome premiere. Généralités et entité morbides vraiesChapitre 251 sur 252 · C. Papillomes de la face et du cuir chevelu. — Il · texte numérisé non relu

C. Papillomes de la face et du cuir chevelu. — Il

n’est pas rare d'observer au visage, et surtout aux paupières, des lésions pédiculées composées par un pinceau de saillies papillaires acuminées de 2, 3, 5 millimètres de long, souvent cornées à leur extrémité, molles à leur point d’implantation.

Au cuir chevelu, les papillomes sont relativement fréquents : ils peuvent être pédiculés comme ceux du visage et présenter une sorte de bouquet de papilles hypertrophiées et ramifiées, à base un peu rétrécie et pédiculée; ils peuvent avoir au contraire une large base sessile sur laquelle repose le chou-fleur papillaire peu exubérant. Nous en avons vu le cuir chevelu envahi. Ils sonttrès auto-inoculables.

Leur véritable traitement est la destruction du pédicule par l’électro-cautère quand la lésion est pédiculée, la volatilisation par le fil de platine rougi quand la tumeur est sessile.

3° MOLLUSCUM CONTAGIOSUM

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Symptômes. - — Depuis Bateman, on désigne sous le nom de molluscum contagiosum ( acné varioli forme de Bazin, élevure folliculeuse de Rayer , ecdermoptosis d’Huguier , acné tuberculeuse ombiliquée de Piogey , acné tuberculoïde de Devergie , molluscum ver ru queux de Kaposi, molluscum sébacé de Hébra, molluscum épithélial de Virchow , epitlielioma contagiosum de Neisser , etc. . .) une lésion constituée par une tumeur minuscule, globuleuse, plus rarement aplatie, semblable à une petite perle comme volume, comme forme et presque comme couleur, sphérique ou demi-sphérique comme elle, posée en relief sur Tes téguments, sans inflammation ni tuméfaction périphérique du derme, souvent comme translucide, d’un blanc mat ou d’un blanc rosé, et portant à son sommet une dépression ou pour mieux dire un ombilic. Cet ombilic est un véritable trou qui communique avec l’intérieur de la petite tumeur, et par lequel on peut faire sortir par

la pression le contenu de la poche sous la forme d’une masse à moitié solide d’un blanc laiteux, constituée par des cellules épidermiques, des globules et des cristaux de graisse et par des corps arrondis ou ovoïdes, sans noyaux, que l’on désigne sous le nom de corpuscules de molluscum.

Fig. 220. — Élément typique de molluscum contagiosum pris sur l’avant bras d’une femme de quarante ans.

MOLLUSCUM CONTAGIOSUM

Les éléments éruptifs sont le plus souvent isolés, discrets, au nombre de deux ou trois, disséminés ça et là sur la face, en particulier sur les paupières, sur le cou, ou sur les parties génitales et la face interne des cuisses. Parfois ils sont fort abondants, et deviennent confluents (région frontale et antérieure du cuir chevelu, cou, parties génitales) : ils peuvent prendre un grand développement, s allonger, se pédiculiser, se déformer par pression réciproque. Le plus souvent ils sont minuscules, du volume d’un grain de millet ou d’un pois, restent stationnaires pendant

FV 221 — Éruption de molluscum contagiosum, partie inférieure de la face, cou et partie

supérieure de la poitrine, chez une femme de trente ans.

fort longtemps, et ne causent aucune douleur. Quand on ne les traite pas, loin durée peut être indéfinie.

Parfois cependant la guérison survient spontanément par issue du contenu au dehors, et par résorption ou bien par inflammation de la petite tumeur qui suppure et qui disparait en laissant une cicatrice superficielle.

On en a décrit des formes généralisées; en effet nous les avons vus dans quelques cas se disperser sur tous les téguments.

Anatomie pathologique et pathogénie . — On a beaucoup discuté sur 1 histologie et la pathogénie du molluscum contagiosum. Nous renvoyons pour plus de détails sur ces points un peu théoriques aux travaux de Renaut, de Leloir et Vidal, d Audry, à l’article de Bodin dans la Pratique Dermatologique , t. III.

Un élément de molluscum contagiosum est constitué par un certain nombre de

DERMATOSES MICROBIENNES

lobules plus ou moins réguliers, en forme de poire, dont la grosse extrémité est tournée vers la périphérie tandis que la petite extrémité ou pédicule est appendue au centre de la tumeur.

Ces lobules sont composés de cellules épithéliales qui se continuent avec le corps muqueux de l’épiderme périphérique. Il y a une couche basale qui présente plus de cellules en karyokinèse qu’à l’état normal (Audry). Dans la couche de cellules épineuses on trouve des altérations cellulaires spéciales qui sont le début des fameux corpuscules de molluscum. Ces corpuscules se voient au-dessus de cette

Fig. 222. — Molluscum contagiosum. (Coupe d’un élément tout à fait récent, typique, encore unilobé. La lésion n'a aucun rapport avec un follicule pileux ou une glande quelconque).

c, couche cornée normale, desquamée au centre de l’invagination néoplasique. — m, corps muqueux. - — b, couche basilaire de l’épiderme limitant la néoplasie épithéliale. — md. cellules de la couche épineuse en voie de transformation. ■ — (je , globes cornés caractéristiques du molluscum contagiosum (corpuscules du molluscum) formés par des cellules malpighiennes en dyskératose . — d, derme sain.

La lésion est tout à fait récente, encore uni lobée. Elle est caractéristique. On peut suivre facilement la continuité de l'épiderme de recouvrement et de celui qui constitue l’invagination pseudo-néoplasique. Celle-ci logée dans du tissu conjonctif sain se présente avec sa couche génératrice cylindrique, son corps muqueux ; ce dernier offre bientôt les globes cornés intra-cellulaires qui finissent par envahir toute la cellule et la transformer en « corpuscule de molluscum. » On voit facilement que la lésion n’a point de rapport avec un follicule quelconque. (Audry.)

couche dans une région qui correspond au stratum corneum de l’épiderme normal. Ce sont des éléments ovoïdes ou arrondis, sans noyau, entourés d’une membrane d’enveloppe et constitués par une masse dont les réactions sont à peu de chose près celles de la corne jeune (E. Bodin, Pratique Devinât.) (Voir pour de plus amples détails cet article et le travail d’Audry : Annales de Dermat ., 1899,

Certains auteurs prétendent que cette lésion siège dans les glandes sébacées; d’autres, parmi lesquels nous nous rangerons, soutiennent qu’elle est indépendante de ces glandes, et que c’est une simple néoplasie épithéliale. Les corpuscules

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