GENERALES
vésicule par refoulement, soit superficielle (sous cornée), soit profonde dans le corps muqueux; b) ou bien de l’œdème épidermique intercellulaire, c’est-à-dire de la spongiose; cl ou bien constituer simplement un puits séreux pour se déverser à la surface. Si la squame croûte est faite de lits alternés' de cellules cornées et de minces suffusions séreuses, elle donnera au doigt et à l’œil la sensation d’une masse de graisse demi-concrète, d’où des erreurs d’appréciation de la part des cliniciens.
L' exocytose est constituée par une émigration au travers de toute l’épaisseur de l’épiderme de leucocytes qui viennent s’effuser hors de la peau à sa surface, au niveau de la couche cornée. Elle est fournie par une grande quantité de cellules migratrices qui infiltrent tout l’épiderme et qui passent au travers pour s'effuser à sa surface. Il en résulte que, si on enlève la croûte à n’importe quel moment de sa fonction, on trouve au-dessous d’elle un épiderme sain et complet.
La croûte est faite comme une pâte feuilletée : les feuillets en sont formés par des lames épidermiques kératinisées; beaucoup de cellules ont conservé leur noyau épidermique et sont en parakératose : entre elles sont disposés en lames horizontales les globules blancs réduits à leur noyau. La croûte est limitée en haut et en bas par deux épaisseurs de matière cornée parfaite.
6° Cicatrices. — La cicatrice est constituée par du tissu de nouvelle formation qui a réparé une perte de substance du derme ou qui est consécutif à un processus inflammatoire profond du chorion.
La cicatrice n’est pas toujours consécutive à une ulcération cutanée antérieure : elle peut succéder à certaines dermatoses qui détruisent peu à peu sans ulcérations les éléments nobles de la peau : telles sont la morphée, les atrophies cutanées, le lichen ruber atrophique, le lupus érythémateux, la kératose pilaire, etc...
Les cicatrices dites chirurgicales ne sont pas de notre domaine.
Les cicatrices dites médicales ont presque toujours la même forme que la lésion primitive : elles permettent donc, dans une certaine mesure, de poser un diagnostic rétrospectif. C’est ainsi que les cicatrices fissuraires des commissures des lèvres et que les cicatrices fessières peuvent faire soupçonner l’existence de la syphilis héréditaire ; des cicatrices circinées, souples, pigmentées ou non font quelquefois diagnostiquer l’existence d’une syphilis niée ou ignorée.
On dit qu’une cicatrice est belle quand elle est blanche ou un peu rosée, lisse, souple, sans aspérités, ni brides visibles, mobile sur les tissus sous-jacents.
Parfois, tout en conservant des caractères de souplesse, elle peut être fortement pigmentée d’une manière soit passagère, soit presque indélébile.
Une cicatrice est dite difforme ou vicieuse lorsqu’elle est bosselée, irrégulière, traversée ou sillonnée par des brides plus épaisses qui rétractent les tissus, striée, réticulée, parfois même saillante.
Elle est dite chéloïdienne quand il se produit à son niveau une véritable tumeur fibreuse extrêmement dure, qui acquiert parfois une épaisseur et un volume extraordinaires, et qui envahit même progressivement dans certains cas les tissus voisins.
Au point de vue anatomo-pathologique, les cicatrices sont constituées « par un épiderme plus ou moins épais, souvent parakératosique, lisse ou émettant par sa face profonde quelques bourgeons irréguliers », au-dessous de cet épiderme « par un tissu fibreux dense composé de faisceaux conjonctifs parallèles à la surface, dépourvu de fibres élastiques ou tout au moins d’un réseau élastique régulier.