‹ Traité élémentaire de dermatologie pratique comprendant les syphilides cutanées. Tome premiere. Généralités et entité morbides vraiesChapitre 40 sur 252 · Inflammation · texte numérisé non relu

Inflammation

Pour Darier l’inflammation est « 1 ensemble des phénomènes qui constituent la réaction des tissus contre V action des causes nocives mécaniques, physiques, chimiques ou vivantes ».

Cet auteur distingue :

1° Des lésions banales qui s' observent souvent dans l'inflammation et qui sont : a) la congestion; b) l'œdème; c) le purpura;

2° Des lésions élémentaires primitives de l'inflammation qui sont : a) la diapédèse; b) V hypertrophie des éléments cellulaires ; c) la prolifération des élé-

pour une part la sensation de la vie cutanée consciente, V eudermie . Sont-elles invulnérables 1 Non : leur souffrance c'est le prurit.

« Cette conception permet de définir le prurit Le prurit, c'est l'exagération de celles des sensations cutanées élémentaires ou sensations eudermiques, qui émanent des fibres sensitives du nerf grand sympathique. »■ (L. Jacquet, article Troubles de la sensibilité, Pratique Dermat., t. IV, p. 389-390.)

1 Toute cette partie de notre ouvrage est extraite du bel article de M. le D1' Darier de la Pratique Dermatologique. Après avoir tenté maints autres essais, il nous a paru plus sage de résumer purement et simplement ce magnifique travail.

A propos de chaque lésion élémentaire cutanée, nous en avons déjà schématisé 1 anatomie pathologique. Nous renvoyons donc à chacune d’elles pour la description de leurs lésions histologiques. Il en résulte que ce chapitre-ci est fort écourté.

SYMPTOMATOLOGIE ET ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉRALES

ments cellulaires ; d) les dégénérescences cellulaires diverses; e) les altérations du stroma;

3e Des lésions élémentaires secondaires de V inflammation qui sont : a) les cicatrices; b) les scléroses interstitielles ; c) la suppuration ; d) la nécrose ; e) Vidcération.

1° Lésions banales qui s’observent souvent dans l’inflammation.

A. La congestion. — On sait qu’il faut distinguer deux grandes variétés de processus congestifs, la congestion passive et la congestion active.

La congestion active est presque toujours le premier degré ou la première étape de l’inflammation : en tout cas elle lui est toujours associée.

Elle consiste essentiellement en une dilatation des vaisseaux du plexus souspapillaire et papillaire par paralysie des vaso-constricteurs, peut-être par excitation des vaso-dilatateurs : il en résulte un afflux plus considérable du sang vers les téguments (Darier).

On comprend que, lorsqu'elle s’arrête là, la congestion pure ne laisse sur le cadavre aucune lésion appréciable (Darier).

Si elle s’accompagne d’œdème, on constate un gonflement du protoplasma des cellules conjonctives; les globules blancs et même des globules rouges forment des manchons péri-vasculaires. Dans l’épiderme les cellules du corps muqueux de Malpighi ont leur protoplasma tuméfié et la zone claire périnucléaire est accrue (Darier). Ce sont là les lésions que l’on constate dans les Erythèmes. La congestion passive ne laisse après elle aucune lésion anatomique.

B. OEdème. — L'œdème est constitué par un épanchement de sérosité entre les faisceaux conjonctifs du derme : il siège surtout dans l’hypoderme. Le chorion se prête peu à cette distension (Darier).

Dans les œdèmes mécaniques et toxiques la sérosité est pauvre en albumine et en leucocytes. Les lésions consistent simplement en une distension des espaces lymphatiques et des espaces interfasciculaires avec dissociation des faisceaux quand l’œdème a duré pendant un certain temps. Les papilles tuméfiées sont séparées par des prolongements interpapillaires amincis du corps muqueux (Darier). Le réseau élastique d’abord distendu, disparaît peu à peu et progressivement de haut en bas, des papilles vers l’hypoderme. Les anastomoses des cellules conjonctives sont rompues et elles subissent des altérations dégénératives.

L’œdème inflammatoire accompagne toujours les processus phlegmasiques, surtout ceux qui sont aigus. Dans cette variété l’exsudât est plus riche en leucocytes et en matières albuminoïdes que dans la précédente : il contient de la fibrine qui se précipite sous forme fibrillaire. Les lésions vasculaires sont celles de l’inflammation. Le réseau élastique disparaît vite. Les cellules fixes offrent un accroissement de leur protoplasma et prolifèrent (Darier).

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