AFFECTIONS
Comment on doit examiner un malade atteint d’une dermatose. — Une première règle s’impose quand on veut faire un diagnostic sérieux d’une affection cutanée : il faut examiner complètement toute la surface des téguments. Souvent une cicatrice ancienne, une plaque éruptive ignorée du malade permettront d’établir sur des bases précises un diagnostic hésitant, ou corrigeront une erreur que l’on est en train de commettre en étudiant des éruptions adultérées par des traumatismes divers, par des topiques, par des superpositions d’autres dermatoses.
Quand il s’agit d’un homme, il n’y a aucune difficulté : que ce soit en ville ou à l’hôpital, on le fait déshabiller complètement. Mais quand c’est une femme, il faut procéder avec beaucoup plus de ménagements; on arrive cependant au but en procédant à des examens ou pour mieux dire à des déshabillages partiels qui ménagent sa pudeur.
Il faut avoir une bonne lumière : il est évident que la lumière du jour est préférable à toute autre. Le malade devra donc, toutes les fois que c’est possible, être exposé en plein jour, mais non au soleil, car on ne peut voir dans ce dernier cas les détails d’une éruption. En hiver il est malheureusement souvent impossible de faire les examens à la lumière du jour, on doit employer la lumière artificielle : la meilleure de toutes est celle du bec Auer ou des becs similaires, puis vient la lumière électrique ; nous la trouvons un peu inférieure à la précédente : quand on emploie l’arc direct elle est aveuglante, trop blanche et trop intense ; quand on prend la lumière ordinaire à 16-32 bougies, elle est un peu jaune, cependant elle est fort acceptable.
La pièce dans laquelle on doit examiner le malade doit être à une température de 18° à 20° centigrades, pour qu’on puisse le faire déshabiller et le maintenir nu le temps voulu sans lui faire prendre froid, et pour ne pas le congestionner par une trop forte température.
On doit examiner les lésions cutanées longuement, avec une bonne loupe quand on n’a pas une excellente vue de myope’; il faut les scruter pour ainsi dire du regard, analyser leur forme, leurs dimensions, leurs contours, leurs limites, leur surface, leur couleur, leur disposition, explorer leur consistance, l’infiltration des téguments à leur niveau, leur sensibilité, noter si elles sont sèches ou humides, si elles portent à leur surface des squames et des croûtes et de quelle nature, de quelle consistance, de quelle épaisseur, quel est l’aspect du derme sous-jacent.