DU TYPE NORMAL DES TISSUS
Ce sont les tumeurs amicrobiennes de la peau.
Malgré les difficultés capitales qui résultent de l’état actuel d’imperfection de la science médicale, et de ce fait majeur, que, lorsqu’on analyse la vie humaine, on se heurte à une complexité souvent inextricable d’éléments constitutifs, nous nous efforcerons d’établir notre classification des dermatoses sur les bases précédentes. Nous aurons soin, chemin faisant, d’en faire ressortir les desiderata et les points défectueux.
1 Ces lésions peuvent agir :
a) Soit par des troubles circulatoires mécaniques, comme le font surtout les lésions du système cardio-vasculaire et pulmonaire (purpura, eschares, gangrènes, asphyxie locale, œdèmes cutanés, varices et télangiectasies, etc...) ;
b) Soit par voie réflexe, comme le font si souvent les lésions du tube digestif et surtout celles des organes génito-urinaires, de l’utérus en particulier, dont les moindres troubles (menstruation, ménopause, etc...) retentissent fréquemment sur l’appareil tégumentaire;
c) Soit par une viciation lente et progressive de l’état général, comme on l'observe dans beaucoup d’affections chroniques des reins, du tube digestif et de ses annexes;
d) Soit enfin par des troubles purement dynamiques du système nerveux.
PATHOLOGIE GÉNÉRALE
COMPLEXITÉ POSSIBLE DES DERMATOSES [Combinaison des réactions cutanées avec les entités morbides vraies.)
Une dermatose peut évoluer à l’état pur : cela est exact pour les entités morbides vraies comme la gale, la trichophytie, la tuberculose, etc., et pour les réactions cutanées pures. Certaines d’entre elles ont plus de tendance que les autres à évoluer à l’état parfaitement pur : c’est ainsi que, parmi les entités morbides vraies, le favus, le pityriasis versicolor, etc., parmi les réactions cutanées proprement dites, le prurigo simplex, se compliquent rarement d’autres éruptions. Certaines autres ont au contraire une tendance plus ou moins marquée à se compliquer d’autres manifestations morbides. C’est ainsi que la gale, qui est une maladie parasitaire bien définie, qui offre une lésion cutanée absolument pathognomonique, le sillon de l’acare, peut provoquer l’apparition, suivant les réactions particulières du sujet atteint, ou de l’urticaire, ou des papules de prurigo, ou de l’eczéma, etc., toutes éruptions qui ne sont que des réactions cutanées pures. Elle peut aussi, suivant les prédispositions du sujet aux infections secondaires, se compliquer d’ecthyma, de furoncles, etc., toutes éruptions nettement microbiennes, de séborrhéides, affections probablement microbiennes.
On voit donc qu’il peut y avoir dans les entités morbides vraies, à étiologie précise, intrication des éruptions pathognomoniques de l’agent causal avec des éruptions de réaction cutanée dépendant du sujet. Ce point est d’une importance capitale : il permet de comprendre qu’une maladie bien définie comme la gale, comme la syphilis, puisse prendre des aspects divers suivant les prédispositions morbides des sujets atteints. En outre, des réactions cutanées d’ordre banal peuvent venir se greffer sur les lésions d’ordre spécifique, les compliquer, les rendre plus tenaces, ou même les iarver.
Comme nous l’avons dit plus haut, toute cause morbide peut mettre en œuvre ces réactions cutanées individuelles, et cela est vrai non seulement pour les causes morbides générales, comme les intoxications, les auto-intoxications banales, les chocs subis par le système nerveux, mais encore pour les dermatoses bien définies.
L’impétigo de Tilbury Fox par exemple, qui est une dermatose éminemment microbienne, provoque souvent l’apparition de réactions cutanées banales comme l’eczéma, comme la lichénification. Les plus grandes complexités éruptives peuvent exister ; il est nécessaire d’avoir une méthode d’observation rigoureuse pour saisir la genèse et la filiation véritable de ces faits.
Tl est fréquent de voir les affections cutanées se combiner, se superposer, s'intriquer entre elles, et c’est là l’explication de nombreuses éruptions en apparence anormales. On a souvent de la tendance à considérer ces cas mixtes comme étant des types nouveaux. Nous nous sommes déjà longuement occupé de ces dermatoses composées et compliquées dans nos diverses publications, en particulier dans nos mémoires sur la question des eczémas et sur leur nummularisation. Nous allons les schématiser pour en faire comprendre la constitution.
Premier ordre de faits. — Une dermatose peut être mixte parce qu'elle se développe sur un état anormal antérieur des téguments.
Les xérodermiques, les ichthyosiques sont prédisposés aux prurits, et, sur ce fond spécial, l'eczéma se développe avec la plus grande facilité.