CLASSE
DANS LESQUELLES LES TROUBLES DU SYSTÈME NERVEUX SEMBLENT JOUER UN ROLE MAJEUR
TROPHONÉVROSES 1
VUE D’ENSEMBLE
« On donne le nom de Trophonévroses, aux maladies des tissus dans la genèse desquelles le système nerveux paraît jouer un rôle prépondérant. » (Lenglet, Pratique Dermat .).
« Tontes les maladies de l’encéphale peuvent en être accompagnées, toutes les lésions de la moelle et des nerfs en sont l’occasion, et on les rencontre souvent, sans que l’examen le plus minutieux permette de préciser la nature, le siège, 1 importance de la lésion nerveuse qui les cause : tels les troubles trophiques, parfois
énormes, dont sont atteints les hystériques.
(( Toutes les modalités de l’activité nerveuse concourent à la constitution du syndrome trophoneurotique ; on y trouve des troubles moteurs, sensitifs, subjectifs et objectifs, de l’ataxie vaso-motrice, des perturbations sécrétoires, des phénomènes trophiques enfin surajoutés à tous les précédents et se manifestant pai l’atrophie, l’hypertrophie, l’œdème, la fonte, la gangrène des tissus malades. » (Lenglet, Pratique Dermat.).
Quand on veut pénétrera fond dans l’étude des affections qui semblent dépendre de troubles du système nerveux, on ne tarde pas à voir que leur pathogénie est beaucoup plus complexe qu’elle ne paraissait l’être au premier abord : fort souvent des phénomènes inflammatoires, des complications microbiennes viennent se surajouter, et il est alors fort difficile de déclarer si la dermatose doit vraiment être rangée parmi les trophonévroses ou dans une autre classe.
Inversement, beaucoup de dermatoses que nous avons placées dans nos autres groupes de réactions cutanées sont à certains égards des trophonévroses, de telle sorte qu’on peut, au gré de ses préférences personnelles, et de son éducation médicale première, singulièrement étendre ou restreindre le groupe morbide que nous
étudions.
1 Pour cette étude des trophonévroses, nous mettrons largement à contribution le bel article de Lenglet de la Pratique dermatologique . et nous prions le lecteur, qui désirera connaître celte question, de s’y reporter et de le méditer. Il est en effet extrêmement résume et dune importance capitale Nous regrettons vivement que le caractère tout à l'ait élémentaire de cet ouvrage ne nous permette pas de l’insérer en entier. (Voir également la monographie recente de Lassnti sur les névroses vaso-motrices trophiques).
D’après Lenglet les caractères généraux des trophonévroses sont les suivants :
« a) Du côté du système nerveux périphérique, des troubles sensitifs occupent les territoires malades, les dépassent souvent beaucoup : ces symptômes sont de toute intensité : ils affectent toutes les variétés de la sensibilité : hyperesthésie tactile, anesthésie, analgésie, hyperalgésie, paresthésie, retards de transmission, erreurs de localisations; cryesthésie, dissociation thermo-tactile; des troubles vaso-moteurs, œdème, rougeur, cyanose, purpura, refroidissement, élévation de température, asphyxie, syncope locale ; des troubles sécrétoires , hyperidrose, anidrose, bromidrose, astéatose, hyperstéatose ; des troubles trophiques proprement dits, de l’atrophie, de l’hypertrophie, des rétractions des tissus, la gangrène, les ulcérations ; toutes les variétés d' éruptions cutanées, sudamina, vésicules, etc., etc... ; des lésions de la pigmentation et de la reproduction de l' épiderme et des phanères, vitiligo, lentigo, leucokératose, alopécie, canitie, onychatrophies ; des symptômes inflammatoires secondaires, rougeur diffuse, chaleur et douleur, suppuration, abcès, phlegmons.
« b) Du côté du système nerveux central des lésions de tout ordre, maladies classées ou affections inappréciables autrement que par la localisation spéciale qu’elles peuvent imprimer aux éruptions et aux atrophies, des troubles psychiques accentués et très variés, peuvent être la cause déterminante de la trophonévrose.
« c ) Les autres symptômes sont fournis par l’évolution des lésions, leur réapparition sous l’influence dutraumatisme, leurs groupements linéaires, herpétiformes, en bandes, segmentaires, radiculaires, tronculaires, leur symétrie, la coexistence d’affections nerveuses ou de troubles viscéraux ou organiques dont elles ne sont pour ainsi dire que la manifestation réflexe.
« Classification. — La classification des trophonévroses ne saurait être actuellement que provisoire : la même forme clinique a des pathogénies variées, la même pathogénie est l’occasion de syndromes morbides ou de symptômes différents suivant le territoire nerveux sur lequel porte l’action morbifique et suivant l’intensité de cette action.
« Les troubles trophiques regardés autrefois comme des entités morbides ne sont que des syndromes. »
« Essai de classification provisoire des trophonévroses :
« I. Troubles trophiques au cours d’une maladie déterminée du système nerveux. — Tous les syndromes, tous les symptômes de la trophonévrose peuvent se rencontrer :
1 0 Dans les états cérébraux à grands symptômes psychiques : Paralysie générale. — Démence sénile. — Psychose périodique. — Idiotisme. — Manie aiguë. —
Epilepsie. — Hystérie. — Neurasthénie. — Mélancolie, etc.
2° Dans les maladies encéphalo-médullaires : Hémiplégies. — Sclérose en plaques. — Sclérose latérale amyotrophique. — Tabes. — Paralysie agitante. — Pachyméningite. — Syringomyélie. — Paralysie infantile, etc.
3° Dans les névrites périphériques.
IL cl) Troubles trophiques secondaires a des perturbations de la sécrétion interne des glandes vasculo-sanguines ( thymus , thyroïde , pituitaire, surrénale, etc.).
6) Dystrophies étendues ou généralisées sans pathogénie connue, réalisant un type morbide spécial : Goitre exophthalmique. — Myxœdème. — Acromégalie.
TROPHONÉVROSES. — VUE D’ENSEMBLE
Sclérodermie généralisée ?? —Dystrophie génitale. Gérodermie. -Trophœdèmes? Mélanodermies, etc. — Adipose douloureuse, etc.
III. Grands syndromes trophoneurotiques regardés tar quelques auteurs comme