‹ Traité élémentaire de dermatologie pratique comprendant les syphilides cutanées. Tome second. Reactions cutanéesChapitre 42 sur 183 · A. — VUE D’ENSEMBLE DES TROUBLES TROPHIQUES · texte numérisé non relu

A. — VUE D’ENSEMBLE DES TROUBLES TROPHIQUES

DE LA PARALYSIE GÉNÉRALE ET DES AUTRES GRANDES MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX

On a relevé dans la paralysie générale, l’alopécie, les dyschromies, les dystrophies unguéales, la desquamation ichtyosi forme, les escarres sacrées, les éruptions bulleuses, le purpura, le zona, le mal perforant qui s’observe surtout chez ceux qui ont été alcooliques, le syndrome érythromélalgique, la trichotillomanie.

SYRINGOMYÉLIE

Ou a constaté également des troubles trophiques dans la Démence sentie , la psychose périodique (éruption pemphigoido), la manie (cheveux fragiles), l épilepsie (tioubles ch la pigmentation, sclérodermie en bandes, syn drome de M. Raynaud, purpura, etc.), la neurasthénie (ecchymoses, prurit), la mélancolie (œdèmes des extrémités), le tabes (gangrène cutanée, mal perforant plantaire, mal perforant buccal/ chute des dents et des ongles, dermographisme, ecchymoses spontanées, tioubles de sécrétion cutanée, etc.), la maladie de Parkinson (ecchymoses, épaississements de la peau, aspect de glossy skin), l'hémiplégie (troubles vaso-moteurs, oedème, adipose, gangrène, canitie, etc.), les névrites périphériques (troubles vaso-moteurs, œdèmes, rougeurs, cyanose, dilatations veineuses, hypothermie, aspect vernissé du glossy-skin, desquamations, épaississements de la peau, vitiligo, hyperchromie, leucodermie, éruptions herpétiques, zostéri formes, eczémateuses, pemphigoïdes, mal perforant, escarres, pseudophlegmons, etc.

Fig. 332. — Troubles trophiques du médius et de l’annulaire par compression du nerf médian.

B. — SYRINGOMYÉLIE

On donne le nom de syringomyélie à une affection médullaire anatomiquement constituée par une destruction plus ou moins étendue de la substance grise de la

moelle épinière. . .

Elle est du domaine de la neurologie, et nous n’avons à nous en occuper ici que

pour signaler la fréquence dans cette maladie de troubles trophiques cutanés qui occupent ordinairement les membres, et qui siègent au niveau des régions atteintes d’atrophie musculaire ou de troubles de la sensibilité : ce sont des crevasses, des ulcérations rebelles, l’état lisse de la peau, de l’hyperkératinisation, des épaississements du derme, des éruptions eczémateuses, vésiculeuses, pemphigoïdes, du psoriasis, de l’urticaire, de l’herpès, du zona, de l'érythème polymorphe ; parfois il se forme des ulcérations persistantes ayant le caractère de maux perforants, des gangrènes, des panaris rebelles profonds avec nécrose des phalanges ressemblant aux lésions de la maladie de Morvan, avec laquelle on a voulu d’ailleurs identifier la syringomyélie. Les poils tombent ou poussent d’une manière anormale. Les ongles tombent, se soulèvent par prolifération de la table sous-unguéale, offrent l’aspect de l’onychogryphose, ou sont remplacés par une mince couche squameuse. Il y a de l’hyperstéatidrose ou de l’hypostéatidrose.

Parfois c’est l’acrocyanose qui domine. L’excitabilité vaso-motrice est toujours

accrue dans les zones sensibles.

On peut observer des nodosités rappelant l’érythème polymorphe, des tumeurs pâteuses circonscrites du tissu cellulaire. « La main du syringomyélique est souvent potelée, dure, cyanosée et froide, lisse et sèche; la pression du doigt n’y laisse pas de o-odet. 11 s’agit donc d’un œdème rappelant les caractères communs des œdèmes

trophoneurotiques » (Lenglet).

La gangrène cutanée n’est pas rare, surtout chez certains sujets entachés en même temps d’hystérie.

Les infections locales sont fréquentes sur un pareil terrain (phlegmons, abcès, panaris, etc.); elles viennent compliquer le tableau morbide.

Les troubles de la sensibilité occupent dans cette affection de vastes étendues, tout un membre, en particulier un membre supérieur, et empiètent sur le tronc sans systématisation apparente : il existe fort souvent le signe auquel Charcot a

Fig. 333. — Troubles trophiques de la main gauche chez un sujet atteint de syringomyélie.

donné le nom de dissociation syringomyélique, et qui consiste dans la persistance de la sensibilité tactile et dans la disparition des sensibilités thermique et douloureuse. On observe aussi de l’atrophie musculaire ressemblant à l’atrophie musculaire progressive, parfois des contractures, fréquemment de la scoliose. Tous les phénomènes morbides prédominentd’ordinaire aux membres supérieurs et évoluent avec la plus grande lenteur. Ces caractères permettront de distinguer les lésions cutanées delà syringomyélie de celles de la lèpre.

En outre la syringomyélie peut réaliser les syndromes suivants : « L’érythroméialgie, la maladie de Raynaud, la maladie de Morvan, la maladie de Dupuytren, la sclérodactylie, la sclérodermie, l’hémiatrophie faciale, la pseudo-acromégalie, le mal perforant, l’atrophie cutanée, le type de la main succulente : enfin plusieurs de ces syndromes peuvent être associés chez le même malade. » (Lenglet.)

Page 1