DE LA PEAU
I. Hyperchromies acquises spontanées. — 1° Lentigo. Ephélides de darier et de Thibierge. ( Taches de rousseur.)
Symptômes. — On désigne sous ce nom de petites taches pigmentaires le plus souvent arrondies ou ovalaires, qui se développent par groupes, et qui envahissent surtout le visage, le cou et les mains.
Ces taches sont très fréquentes : elles se montrent dans l’enfance, plus souvent dans la jeunesse de dix à vingt-cinq ans. Elles sont arrondies, ovalaires, plus rarement irrégulières, d’une largeur qui varie de celle d’une fine tête d’épingle à celle d’une lentille, d’une coloration jaune pâle, jaune café au lait, brun plus ou moins sombre. Rien de plus contingent que leur nombre ; parfois il y en a à peine quelques unes ; parfois elles sont presque confluentes. Leurs sièges de prédilection sont les parties latérales du nez, les paupières, les pommettes, les joues et les tempes : elles peuvent envahir toute la face, le cou, les mains et les avant-bras. Elles semblent se développer ou plutôt se foncer surtout sous l’action du soleil et de la lumière : ce qui est certain, c’est qu’elles sont très apparentes pendant l’été, qu'elles sont moins colorées et disparaissent même parfois complètement pendant l’hiver.
L’anémie et le lymphatisme y prédisposent : les personnes rousses en ont plus fréquemment que les autres.
Ce sont là les véritables taches de rousseur; certains auteurs leur donnent aussi le nom d 'éphélides .
Thibierge les appelle éphélide s lentigineuses ou lentigo, et les distingue des éphélides solaires, lesquelles ne se forment que sous l’action des rayons de soleil, sont transitoires, soumises à des variations marquées suivant l’influence des agents atmosphériques, ont une forme étalée, diffuse, et se développent chez tous les sujets aux endroits exposés aux agents extérieurs. (Voir Mélanodermies traumatiques.)
Au point de vue histologique, elles ne sont constituées que par une quantité anormale de pigment dans les cellules épidermiques basales, avec présence de cellules pigmentaires dans le corps papillaire. (Darier.)
2° Chloasma.
Symptômes. — On désigne sous le nom de chloasma des taches pigmentaires irrégulières de forme, qui se développent au visage, plus rarement en d’autres points du corps.
Le chloasma diffère du lentigo par l’irrégularité extrême de sa forme : il n’est pas disposé comme lui par petits éléments : ce sont des taches plus ou moins grandes, à bords assez nets ou diffus, à contours géographiques. 11 se rapproche donc comme aspect des éphélides solaires. Sa teinte est comme celle du lentigo, des plus variables : elle peut chez le même sujet être très différente suivant les régions : tantôt elle esta peine d’un jaune clair, tantôt elle est d’un jaune brunâtre, ou d’un brun foncé presque noir. Son siège habituel est le front, les tempes, les parties latérales des joues, les pommettes.
Le chloasma peut se développer dans les états morbides les plus divers. Cependant il est surtout symptomatique soit de grossesse ( chloasma ulerinum, masque des femmes enceintes), soit d’une affection utérine, soit d’anémie grave.
Fig. 360. — Lentigo extrêmement accentué de la face.
HYPERTRICHOSE
Nous ne mentionnons ici que pour mémoire tous les troubles delà pigmentation que l’on peut observer dans certaines grandes infections comme la tuberculose, la syphilis, etc... (Voir Pautrier, Leucomélanodermie syphilitique, (lèpre kabyle) et vitiligo. Revue pratique des maladies cutanées, sept.-oct. 1904.)