‹ Traité élémentaire de dermatologie pratique comprendant les syphilides cutanées. Tome second. Reactions cutanéesChapitre 99 sur 183 · T. — TUMEURS AYANT LA STRUCTURE DES TISSUS NORMAUX · texte numérisé non relu

T. — TUMEURS AYANT LA STRUCTURE DES TISSUS NORMAUX

FIBRO -LIPOMES

Symptômes. — Il est assez fréquent de voir se développer sous les téguments, parfois même dans le derme chez certaines personnes, des sortes de petites tumeurs sessiles dont la grosseur varie de celle d’un pois à celle d’une noix, molles par places, fibreuses en d’autres, donnant par suite au toucher une sensation frappante d’irrégularité et de peu d’homogénéité de constitution : elles sont composées de lobules graisseux et de tractus fibreux. Ce sont ces productions morbides qui nous paraissent vraiment dignes du nom de fibro-lipomes.

Traitement. — Quelquefois un régime approprié et l'administration de l’iodure de potassium à l’intérieur suffisent pour faire diminuer et même pour faire disparaître ces tumeurs. Il ne faut recourir à un traitement chirurgical (destruction par un caustique, ou mieux ablation au bistouri) que sur la demande expresse du malade, car le plus souvent les fibro-lipomes sont indolents et n’offrent pas le moindre danger. Tout récemment Nogier aurait obtenu quelques résultats dans les lipomes par la radiothérapie.

FIBROMES

Les tumeurs fibreuses vraies de la peau indépendantes de l’affection à laquelle on a donné le nom de moliuscum (voir ce mot) ou mieux de fïbroma molluscum sont des plus rares. Nous en avons observé aux lobules des oreilles chez les petites filles et chez les femmes. Nous en avons aussi suivi plusieurs cas caractérisés par des sortes de nodules arrondis d’une couleur bistre plus ou moins foncée, faisant ùne légère saillie au-dessus du niveau des téguments, infiltrant toute leur épaisseur, donnant au doigt une sensation nette de dureté et présentant parfois à leur surface comme une sorte de lin quadrillage. Leur évolution est extrêmement lente; cependant ils ont une tendance graduelle à se développer. Leur volume moyen varie de celui d’un petit pois à celui d’un très gros noyau de cerise. Nous les avons vu siéger

CHÉLOÏDE

auxhias, aux jambes, à la poitrine, sur les seins. La notion nouvelle des sarkoïdes (voir ce mot) est venue compliquer cette question.

Le seul remède est l’ablation. On pourrait toutefois essayer les médications de la chéloïde (voir ce mot) avec laquelle ces lésions ont beaucoup d’affinités.

CHÉLOÏDE

On donne le nom de chéloïde ou kéloïde à une affection cutanée caractérisée par la production de tumeurs dures, fibreuses, saillantes, à surface lisse, le plus souvent fort ii 1 ég ulières, et ayant une tendance marquée a récidiver si on en pratique l’ablation.

Ce fut Alibert qui en 1810 la décrivit et lui donna son nom d’après l’étymologie suivante yj\):r\ (pince d’écrevisse), stôoç (ressemblance).

Symptômes. — On

en a disting¬

ué deux espèces : 1° la chéloïde cicatricielle ou

secondaire ; 2° la chéloïde spontanée ou primitive.

1° L& chéloïde cicatricielle ou fausse chéloïde ne doit pas être confondue avec une simple cicatrice difforme : ce n est même pas une cicatrice hypertrophique simple. La cicatrice hypertrophique est plus rouge, plus vasculaire, moins dure que la chéloïde (Vidal) ; elle n’a pas de tendance à envahir les parties voisines, et elle reste toujours limitée au siège de la cicatrice antérieure, tout en faisant une saillie plus ou moins notable au-dessus des téguments. Elle est rarement douloureuse; elle est fiéquente chez les scrofuleux et se montre surtout au cou et vers le rebord de la mâchoire. Elle se termine assez souvent par résolution spontanée.

La chéloïde cicatricielle vraie est caractérisée par ce fait qu’elle débute au niveau d une cicatrice préexistante, soit dans son épaisseur, soit vers un de ses

bords. Chez certains sujets prédisposés, le moindre traumatisme devient le point de départ de ces néoplasies.

La cicatrice se tuméfie, augmente de volume ; parfois il s’y forme comme de petits tubercules indurés qui peuvent rester longtemps stationnaires, mais qui peuvent aussi se développer et finir par ne constituer qu’une seule et unique tumeur. D’ailleurs, l’épaisseur et l’induration des tissus sont des plus variables; l’hypertrophie fibreuse envahit peu à peu les tissus voisins et constitue une véritable néoplasie de forme variée.

On ignoie complètement les causes du développement de ces tumeurs; on les a observées assez fréquemment chez des strumeux et chez des syphilitiques.

2 La chéloïde dite spontanée aurait toujours d’après certains auteurs pour origine un traumatisme léger, un furoncle, une papulo- pustule d’acné, une application d un caustique ou d un révulsif quelconque, thapsia, huile de croton, etc... D autres soutiennent au contraire qu’elle peut apparaître d’emblée sur une peau absolument saine, et que toute chéloïde reconnaissant un traumatisme pour origine doit être rangée dans les chéloïdes cicatricielles (Vidal).

La chéloïde spontanée débute sous la forme d’une toute petite induration minuscule qui augmente plus ou moins vite de volume, mais qui met presque toujours plusieuis mois ou même plusieurs années à atteindre son complet développement. Il est fiéq uent d en observer chez le même sujet plusieurs qui surviennent presque simultanément et qui affectent une disposition symétrique. Quand la tumeur a acquis un certain volume, elle reste souvent stationnaire. Elle fait au-dessus du niveau des téguments une saillie qui peut aller jusqu à 5 et 15 millimètres : ses

Brocq. — Dermatologie. IL

bords sont parfois nets, abrupts, parfois diffus ; en certains points, ils présentent des sortes d’irradiations fibreuses semblables à des pattes de crabe qui s’étendent dans les parties saines. La tumeur elle-même est lisse, unie, ou bien irrégulièrement bosselée et présente alors des saillies, des dépressions, des brides fibreuses. Sa coloration varie du blanc mat au rouge rosé et au rouge violacé ; on voit à sa surface, en particulier vers les bords, serpenter des arborisations vasculaires.

Fig. 429. — Chéloïde frontale spontanée se développant chez le fils de la malade précédente.

La forme générale de la lésion est très variable : tantôt c’est une tumeur arrondie ou ovalaire assez régulière/tantôt et plus fréquemment elle simule une bride transversale (poitrine) ou verticale, avec des prolongements latéraux rayonnés comparables aux pinces d’une écrevisse, tantôt enfin elle est franchement irrégulière, polygonale, avec des angles rentrants et saillants.

Fig. 428. — Chéloïde prépectorale spontanée chez une femme de 29 ans.

Fig. '430. — Chéloïdes développées sur des cicatrices de brûlures faites en appliquant des ventouses.

Sa consistance au toucher est dure, cartilagineuse ; sa superficie conserve à peu près l’aspect de la peau normale (Vidal). On y reconnaît des poils, des orifices des

glandes sébacées et sudoripares, dont le fonctionnement n’est pas atteint. Cette intégrité relative de la superficie du tégument sur toute la surface de la néoplasie serait un signe distinctif, pathognomonique, entre la chéloïde spontanée et la chéloïde cicatricielle (Vidal). Elle est mobile sur le tissu cellulaire sous-cutané.

La chéloïde spontanée est parfois tout à fait indolente, parfois au contraire très sensible à la pression, au moindre frôlement, au simple contact des vêtements.

CHÉLOÏDE

Quelquefois même elle est le siège de démangeaisons vives ou d’élancements douloureux spontanés : c est alors une affection des plus pénibles.

Les sièges de prédilection sont la partie antérieure et médiane de la poitrine, le dos, les parties latérales du thorax, le cou, la nuque (voir Acné chéloïdienne de la nuque), le menton, les parties latérales des joues, le rebord du maxillaire infé¬

rieur, les lobules des oreilles, etc... Les D’ailleurs, nous avons vu que les foyers peuvent être multiples, qu’il peut y avoir un foyer principal et des foyers satellites périphériques. De Beurmann et Gougerot ont mentionné un cas de chéloïde à la face muqueuse de la lèvre inférieure (Soc. de dermat., 7 février 1906).

Au point de vue du pronostic et de l’étiologie, il faut établir une distinction entre les deux variétés de chéloïdes que nous venons de décrire.

La chéloïde franchement cicatricielle qui se développe sur des cicatrices antérieures de plaies, de brûlures, de sycosis, de lupus, de vaccin, de syphilides, à la suite d’irritations de la peau par l’huile de croton, le thapsia, le vési-

membres sont plus rarement atteints.

Eig. 431. — Chéloïdes cicatricielles de la face antérieure de l’avant-bras.

catoire, la pommade stibiée, la teinture d’iode, à la suite des opérations de tout genre que 1 on pratique sur les téguments, piqûres d’épingle, piqûres de sangsue, égratignures, perforation du lobule des oreilles, etc., cette chéloïde, disons-nous, a un pronostic assez bénin et tend spontanément dans la majorité des cas à s’affaisser et à disparaître au bout d’un laps de temps qui varie de quelques mois à deux ou trois ans. Il n en est pas de même de la chéloïde dite spontanée qui, dans quelques cas fort rares, évolue spontanément vers la régression en laissant une cicatrice blanche, mince, souple, déprimée ou ridée, avec atrophie cutanée (E. Vidal), mais qui le plus souvent a une tendance naturelle à rester stationnaire, ou même à gagner sans cesse, et parfois à produire des tumeurs nouvelles, d’une manière lente mais continuelle. Il semble que la grossesse et que la ménopause provoquent parfois des poussées.

Nous avons vu qu il y a des individus chez lesquels il suffit du moindre traumatisme pour déterminer l’apparition d’une chéloïde. On dirait même que dans certains cas ces tumeurs se forment spontanément. Cette prédisposition joue le plus grand rôle dans la pathogénie de cette affection, et quelques auteurs (Bazin) on été conduits à admettre une sorte de diathèse fibro-plastique.

Les dermatologistes anglais et américains décrivent une troisième forme de -chéloïde qui se développerait dans les parties profondes du derme et dans le tissu cellulaire sous-cutané, qui ne donnerait jamais naissance à des tumeurs surélevées comme les deux premières formes, mais plutôt à des indurations profondes des téguments ressemblant au sarcome. Elle aurait moins de tendance que les autres formes à récidiver après l’ablation.

Anatomie pathologique. — Dans la cicatrice hypertrophique l’épiderme est

NEOPLASIES CUTANÉES

aminci et ne présente pas de prolongements interpapillaires : les papilles du derme font défaut. Le derme est profondément modifié, et est constitué par des faisceaux de tissu fibreux disposés en feutrage : les vaisseaux sont abondants.

Dans la chéloïde spontanée l’épiderme et ses prolongements interpapillaires, ainsi que les papilles du derme, ont leur aspect normal. Au-dessous de cette couche superficielle normale se trouve la néoplasie qui est formée de faisceaux de tissu

Fig. 432. — Chéloïde cicatricielle.

E p, épithélium (plauiforme et aminci). — te, tissu élastique subsistant dans le derme. — d, couches profondes du derme. — ch, tissu fibreux constituant la masse chéloïdienne. — /, limite du fibrome chéioïdien et du derme conjonctif ambiant.

La préparation montre bien l’existence de la masse fibreuse circonscrite profonde qui constitue l'axe de la chéloïde. Entre l’épiderme à peine indiqué par le réactif colorant et les zones en voie de transformation fibreuse qui entourent le noyau chéioïdien, on reconnaît une couche de tissu conjonctif encore sain, qui se distingue du tissu chéioïdien par la conservation du tissu élastique disposé en fibres ondulées. L’épiderme est manifestement plauiforme, non papillaire, comme dans les cicatrices. 11 n’v a plus ni glandes, ni poils (Audry).

fibreux presque tous dirigés horizontalement dans le sens du grand axe de la tumeur : quelques-uns sont obliques et perpendiculaires. Entre les faisceaux se voient des noyaux et des cellules fusiformes en évolution vers le tissu conjonctif. Ces cellules jeunes sont surtout abondantes autour des vaisseaux à la périphérie de la production morbide. Il y a des lacunes lymphatiques et surtout de nombreux vaisseaux sanguins.

Dans la chéloïde cicatricielle on trouve au centre les caractères de la cicatrice hypertrophique et à la périphérie ceux de la chéloïde spontanée.

Cette vascularisation des chéloïdes explique un phénomène auquel on n’a pas jusqu’ici prêté une attention suffisante : nous voulons parler de leur érectilité. Quand on les malaxe ou qu’on les traumatise, elles deviennent turgescentes, jusqu’à doubler parfois de volume. (Voir en outre le travail de Constantin et Boyreau sur une chéloïde d’origine hromo-potassique : Soc. fr. de Demi, et de Syph., 1906.)

CHÉLOÏDE

Pathogénie. — Alibert rangeait les chéloïdes dans les dermatoses cancéreuses, Bazin les regardait comme un résultat de la diathèse fibro-plastique, Rayer et Hardy comme une difformité, Kohler comme une trophonévrose. Deneriaz le premier a pensé qu’elles pourraient être d’origine microbienne. Mibelli croit que l’acné chéloïdienne est due à l’infection de l’acné par le microbe de la chéloïde. Marie en 1893 a publié un cas de chéloïde dans lequel il a cru observer une généralisation d’origine microbienne. Tilbury Fox, Coley, Nevins Hyde considèrent la chéloïde comme une affection tuberculeuse. Il semble en effet que le bacille tuberculeux ait un rôle très efficace dans le développement de ces tumeurs, mais pas toujours. Darier soutient que la chéloïde est due à une infection locale. C’est actuellement l’opinion qui semble prévaloir. (Voir de Beurmann et Gougerot, Soc. de dermat., 7 déc. 1905.)

Diagnostic, — Quand on a vu une chéloïde, il est presque toujours facile de reconnaître cette affection. Il n’y a guère que les myomes, les fibro-myomes, et les plaques de sclérodermie localisée qui puissent la simuler. (Voir ces mots pour les caractères différentiels de ces diverses dermatoses.) (Nous avons décrit à part l’acné chéloïdienne de la nuque.) La chéloïde de la lèvre supérieure développée à la suite d’une folliculite récidivante peut simuler le rhinosclérome.

Traitement. — La chéloïde est une des affections cutanées sur lesquelles le traitement a le moins d’action. Au point de vue de l’appréciation de la valeur exacte des médications, il faut soigneusement distinguer entre les deux variétés de chéloïdes dites spontanées et cicatricielles.

On a administré à l’intérieur l’iodure de potassium, l’arsenic ; on a conseillé contre les douleurs le chloral, l’opium, le bromure de potassium, la quinine, les injections de cocaïne, de morphine, les applications de belladone, d’opium, etc..., tout cela sans le moindre succès.

On a beaucoup administré la thiosinamine dans les chéloïdes et les cicatrices vicieuses : mais cette substance est difficilement soluble. Pour obvier à cet inconvénient, Merck a préparé une combinaison de thiosinamine et de salicylate de soude à laquelle il a donné le nom de fibrolysine et qui est facilement soluble. Il en emploie une solution de 1,5 de fibrolysine dans 8,5 d’eau, et il la fournit en ampoules de 2 centimètres cubes renfermant 0,20 ctgr. de thiosinamine. On injecte ce produit sous la peau ou mieux dans une veine. Dès qu’il a pénétré dans l’économie, il se décompose, et la thiosinamine mise en liberté agit immédiatement sur les tissus de cicatrice. Ils changent de couleur, deviennent plus pâles et prennent un aspect turgide, presque transparent. Ils sont plus souples au toucher, se laissent comprimer et plisser avec plus de facilité et moins de douleur. Ce résultat est fugace : ces modifications du tissu de cicatrice se dissipent peu à peu en grande partie dans la journée, et ce n’est que par des injections répétées que l’on arrive à un résultat stable. Le nombre des injections utiles pour atteindre ce but varie de 5 à 50 : on les fait tous les jours ou tous les deux jours. Les douleurs dues à la cicatrice disparaîtraient rapidement par cette méthode.

On ne peut enlever la tumeur, car il est de règle qu’elle récidive beaucoup plus volumineuse après l’ablation : le résultat est le même quand on la détruit complètement avec les caustiques.

Cependant dans ces derniers temps en se fondant sur l’idée théorique (nous disons théorique, car elle n’a pas été confirmée par la découverte du microbe patho-

gène) de la nature parasitaire de la chéloïde, on a proposé d’en pratiquer l’ablation large, en prenant de minutieuses précautions d’asepsie.

Les médications locales qui ont paru jusqu’ici donner les moins mauvais résultats sont les applications d’emplâtres, les scarifications, Lélectrolyse, les effluves locales de haute fréquence, la radiothérapie.

Traitement par les emplâtres. — Nous avons pu, par des applications prolonlongées et permanentes d!emplâtres obtenir la diminution lente et au bout d’un laps de temps presque toujours fort long (des mois et des années) la disparition de certaines chéloïdes. Les emplâtres dont nous nous servons d’ordinaire sont l’emplâtre rouge d’E. Vidal, l’emplâtre â l’ichtyol au 1/10, et l’emplâtre de Vigo. On les applique en bandelettes sur le tissu chéloïdien, et il est bon de les recouvrir d’une épaisse couche d’ouate pour éviter toute pression, tout frottement sur la tumeur. On les enlève au bout de vingt-quatre heures, on nettoie doucement la peau, sans frotter, avec de l’ouate imbibée d’éther, et on remet immédiatement de nouvelles bandelettes d’emplâtre. On emploie pendant huit jours un des trois emplâtres que nous venons d’indiquer ; tous les huit jours on change d’emplâtre, et on continue ainsi en alternant, ou bien, expérience faite, on continue celui de ces trois emplâtres qui semble le mieux convenir. Quand leur efficacité parait être nulle, on applique pendant quelques heures, pendant quelques jours, suivant la tolérance des téguments, exactement sur le tissu chéloïdien, des bandelettes d’emplâtre à l’acide chrysophanique au 1/20, au 1/10, et même au 1/5 quand les téguments sont fort tolérants ; on recouvre ensuite cette première carapace d’emplâtre d’une deuxième carapace plus large d’emplâtre à l’ichtyol ou de simple emplâtre de zinc pour éviter que le malade ne touche avec ses doigts à l’acide chrysophanique. L’acide chrysophanique nous a paru être de beaucoup le plus efficace contre la chéloïde. Quand il a irrité les téguments on en suspend l’emploi jusqu’à ce que le calme soit rétabli, tout en continuant les pansements avec l’emplâtre à Lichtyol, puis on reprend l’emplâtre chrysophanique et ainsi de suite.

Gomme autres emplâtres pouvant rendre des services dans la chéloïde, nous signalerons l’emplâtre à la résorcine au 1/50, au 1/40, au 1/25, l’emplâtre au calomel au 1 / 20, au 1/10, au 1 /5.

Au traitement par les emplâtres se rattache le traitement parla compression qui présente de grandes difficultés d’exécution.

Dans un autre ordre d’idées, nous avons vu, dans quelques cas rares, les douches sulfureuses chaudes préconisées par Quinquaud, aidées du massage, donner quelques résultats ; mais, d’une manière générale, nous estimons qu’il vaut mieux ne pas malaxer la chéloïde et la protéger au contraire contre tout contact extérieur.

Traitement par les scarifications linéaires quadrillées. — Vers la fin du xiv° siècle, Fabrice d’Acquapendente traitait les chéloïdes par la scarification ; il recommandait de « scarifier dru et menu, sans profondir par trop, puis de mettre un onguent ». Cette pratique oubliée a été imaginée à nouveau et perfectionnée par E. Vidal.

Notre regretté maître, ayant à soigner un cas de chéloïde très douloureuse, eut l’idée de diviser le tissu de la tumeur par des incisions profondes, dans le but de sectionner les nerfs et de diminuer la sensibilité. 11 réussit au delà de ses espérances ; car, non seulement les douleurs furent notablement amendées, mais il vit en même temps, non sans quelque surprise, se réduire le volume de la néoplasie. Encouragé par ce résultat inattendu, il appliqua le même traitement aux autres

CHELOÏDE

chéloïdes qu’il eut à soigner et constata qu’on arrivait ainsi clans un certain nombre de cas à améliorer beaucoup la lésion.

Manuel opératoire. — Voici comment il faut procéder en pareille occurence.

On pratique, sur toute l’étendue de la tumeur, des incisions bien perpendiculaires aux téguments et qui intéressent la néoplasie dans toute son épaisseur. Ces incisions doivent être régulières, quadrillées, et d’autant plus écartées qu’elles sont plus profondes : ainsi pour une chéloïde ayant 5 à 6 millimètres de saillie, elles devront être espacées de 3 à 4 millimètres. Au fur et à mesure que la tumeur s’affaisse et décroît, les incisions doivent être graduellement rapprochées en observant toujours à peu près le même rapport entre leur profondeur et leur écartement.

Dans l’intervalle des séances, il est nécessaire de tenir la tumeur constamment recouverte et protégée de tout contact extérieur par un emplâtre, emplâtre simple, ou mieux encore emplâtre rouge d’Ë. Vidal, ou emplâtre de Vigo. Le rôle de ces emplâtres est double : ils agissent surtout comme pansements et comme protecteurs, car, pour s’affaisser, la chéloïde ne doit supporter aucun choc, aucun contact irritant qui provoque en quelque sorte son érection. En outre, quand on emploie les emplâtres mercuriels, ils agissent par eux-mêmes (voir plus haut).

Dès que les incisions sont guéries, il faut refaire une nouvelle opération ; c’est donc d’ordinaire tous les huit jours en moyenne qu’il faut intervenir, et ici, comme pour les lupus, la régularité la plus absolue est indispensable pour obtenir un résultat, sans cela on reperd immédiatement le terrain que l’on a péniblement gagné.

Résultats. — Dès la deuxième ou la troisième séance, on réussit généralement à insensibiliser les chéloïdes douloureuses ; et c’est de beaucoup le meilleur procédé à employer contre les douleurs excruciantes dont certaines chéloïdes et surtout les prépectorales sont parfois le siège, soit spontanément, soit au moindre frôlement, douleurs pour lesquelles on en était réduit autrefois à porter de véritables cuirasses protectrices; mais, pour obtenir la réduction de leur volume, il faut un temps très long, qui se chiffre par mois et par années. Même avec une grande persévérance, on n’arri que très rarement à la guérison complète, et seulemen quand il s’agit de chéloïdes vraiment cicatricielles qui ont, comme on le sait, fort souvent une tendance naturelle à s’effacer spontanément au bout de plusieurs mois ou de plusieurs années.

Il est presque toujours nécessaire, dans les cas rebelles, de recourir à la méthode mixte que nous avons conseillée en 1887, et qui consiste à employer alternativement les scarifications, l’électrolyse, les emplâtres à l’acide chrysophanique, en substituant l’un de ces procédés à l’autre, quand après un usage suffisamment prolongé son action commence à s’épuiser.

Les cicatrices défectueuses, même lorsqu’elles ne sont pas chéloïdiennes, sont très souvent améliorées et assouplies par des incisions intelligemment faites à la profondeur voulue et combinées avec des applications d’emplâtres.

D’ailleurs, tout le monde sait combien les chéloïdes dites cicatricielles sont plus faciles à modifier que les chéloïdes dites spontanées.

Traitement par V électrolyse. — Le traitement des chéloïdes par l’électrolyse a été découvert fortuitement en 1886 par Hardaway. Ayant eu l’occasion de pratiquer l’électrolyse pour détruire des poils développés sur un tissu cicatriciel, Hardaway s’aperçut que la cicatrice s’assouplissait en même temps que les poils diminuaient de nombre. Frappé de ce résultat, qui ne pouvait s’expliquer que

NEOPLASIES CUTANEES

par une action directe du courant sur le tissu scléreux hypertrophique, il essaya d’appliquer le même procédé à d’autres cas analogues, et il put s’assurer de la réelle efficacité de cette singulière méthode thérapeutique.

Nous avons expérimenté cette méthode après lui, et, dès 1887, nous avons montré ce qu’on est endroit d’attendre de l’électrolyse négative dans le traitement des chéloïdes. Disons-le tout d’abord, ce n’est pas à la guérison radicale qu’on arrive le plus souvent. Mais ce qu’on peut affirmer, c’est que l’électrolyse, pratiquée avec à propos et suivant certaines règles précises, détermine presque toujours un arrêt dans le développement progressif des tumeurs chéloïdiennes, puis, assez souvent, elle amène leur affaissement et une diminution sensible de leur volume.

Instrumentation. — Il faut avant tout s’efforcer de ne faire agir le courant que sur les tissus pathologiques, et respecter les tissus sains.

Aiguilles. — Pour remplir ce programme avec plus de certitude, il est bon d’employer des aiguilles dont la partie active (celle que l’on peut enfoncer dans la tumeur) est limitée par un arrêt fixé sur la tige à une hauteur qui correspond à l’épaisseur de la chéloïde.

Cet arrêt peut être une bague métallique, faisant corps avec la tige de l'aiguille, mais cette disposition offre plusieurs inconvénients : d’abord les aiguilles ainsi construites sont plus difficiles à fabriquer, et plus coûteuses ; en outre, l’épaisseur des tissus qu’il faut traverser varie beaucoup selon les cas. On serait donc obligé d’avoir tout un jeu d’aiguilles portant des arrêts à des hauteurs diverses, à partir de deux millimètres jusqu’à huit ou dix et même davantage. C’est vraiment peu pratique.

Aussi préférons-nous poser nous-même l’arrêt sur la tige de l’aiguille au moment d’opérer, et nous le plaçons alors à une hauteur telle que la partie libre de l’aiguille ait une longueur à peu près égale au diamètre de la chéloïde à traiter.

La pose de cet arrêt est tout ce qu’il y a de plus simple : il suffit de chauffer le bout d’un bâton de cire à cacheter, puis de le mettre en contact avec la partie de l’aiguille sur laquelle on veut poser l’arrêt; on imprime alors à l'aiguille un mouvement de rotation, grâce auquel un petit fragment de cire s’enroule autour de la tige de l’aiguille. Quand elle a refroidi, la cire adhère parfaitement.

Il n’est pas toujours très aisé de faire pénétrer l’aiguille ainsi préparée dans le tissu chéloïdien. On lui imprime des mouvements de rotation sur son axe, ce que facilitent singulièrement les facettes du cylindre (voir la description de l’aiguille à l’article de la destruction des poils par l’électricité); mais, il arrive assez fréquemment que, même en exécutant cette petite manœuvre, on éprouve de sérieuses difficultés.

Aussi, recommandons-nous d’armer préalablement l’aiguille, c’est-à-dire de faire passer le courant dès que la pointe de l’aiguille se trouve en contact avec les téguments ; elle pénètre alors avec une facilité relative, étant donné qu’elle est reliée au pôle négatif.

Électrodes. — L’électrode positive est constituée par une plaque fixée à proximité de la région à opérer, ou par un cylindre tenu à la main par le malade (voir destruction des poils par l’électrolyse).

Mode opératoire. Intensité du courant. — -L’intensité du courant doit être proportionnée au volume des néoplasies ; pour des chéloïdes moyennes, un courant de 4 à 6 milliampères est le plus convenable; il ne doit pas passer en général plus de huit à quinze secondes. Ces chiffres ne représentent, bien entendu, que des moyennes fort approximatives; l’opérateur trouve des indications beaucoup plus

CHÉLOÏDES

précises dans l’observation des phénomènes qui se manifestent autour de l’aiguille.

Quelques secondes après le début du passage du courant, celle-ci s’entoure d’une petite zone blanchâtre; puis, on voit se produire des sortes d'éclatements des tissus sous la forme d’irradiations d’un blanc mat, jaunâtre, qui partent en rayonnant autour de l’aiguille. Quand ces traînées atteignent 4 à 5 millimètres de longueur, et que l’on sent l’aiguille jouer librement dans la piqûre, il faut cesser de faire passer le courant en ramenant lentement le collecteur au 0, ou bien en disant au malade de lâcher le cylindre positif, si l’on se sert du malade lui-même pour faire passer et pour interrompre le courant (voir la destruction des poils par l’électrolyse). Puis, on fait une nouvelle piqûre, à la distance voulue pour que la zone blanchâtre qui se formera au niveau de cette seconde piqûre devienne tangente à celle qui résulte de la première ponction, sans empiéter sur elle. On larde ainsi de piqûres toute la surface de la chéloïde quand elle n’est pas trop étendue, jusqu’à ce qu’elle soit en quelque sorte couverte de ces taches blanches.

On la recouvre alors de bandelettes imbriquées d’un des emplâtres que l’on sait être actifs contre les chéloïdes, tels que l’emplâtre de Vigo, l’emplâtre rouge d’E. Yidal, ou même à la rigueur l’emplâtre faible à l’acide chrysophanique, dont l’effet résolutif s’ajoute à celui de l’électrolyse.

Quelques auteurs conseillent, pour gagner du temps, l’emploi simultané d’aiguilles multiples, et même de sortes de grilles électriques ; nous n’approuvons pas ce procédé, qui ne permet pas d’apporter assez de précision dans l’opération. Il est parfois nécessaire, suivant les endroits sur lesquels on agit, de donner à l’aiguille des inclinaisons variables, de l’enfoncer à une plus ou moins grande profondeur. Toutes ces petites manœuvres, dont dépend souvent la réussite de la médication, sont absolument impossibles avec les aiguilles accouplées.

lioration progresse d’abord régulièrement; puis, il est assez fréquent de lavoir s’arrêter au bout de quelque temps, même quand on n’a pas cessé le traitement. Il serait alors inutile de continuer à faire de nouvelles séances d’électrolyse1.

Résultats. — Ainsi que nous l’avons dit plus haut, la guérison complète par l’électrolyse ne s’observe dans les chéloïdes que dans des cas exceptionnels ; ce qu’on obtient, en général, c’est plutôt un arrêt dans le développement de la néoplasie et une légère rétraction du tissu chéloïdien.

Si l’on veut poursuivre encore la régression de la chéloïde alors que l’électrolyse a épuisé son action, c’est à d’autres moyens thérapeutiques qu’il faut s’adresser, et en particulier, aux scarifications linéaires quadrillées, combinées avec les applications d’emplâtres hydrargyriques ou chrysophaniques, suivant la méthode mixte que nous avons préconisée en 1887, et dont nous avons formulé le principe plus haut en étudiant la scarification.

Autres procédés. Radiothérapie. — Dans ces derniers temps. Reclus a proposé de pratiquer l’écrasement de la tumeur, Marie a préconisé des injections interstitielles d’huile créosotée à 20 p. 100. Mais on a surtout mis en honneur deux nouveaux procédés qui semblent appelés à un grand avenir : nous voulons parler des effluves locales de haute fréquence et de la Radiothérapie. La Photothérapie par contre n’a pas jusqu’ici paru réussir.

1 L. Perrin a recommandé la métliode bipolaire en faisant passer un courant de six à dix milliampères d’intensité pendant cinq à dix minutes, c’est-à-dire en essayant d’obtenir un effet destructif de toute la tumeur ( Annales de Dermat., p. 396, 1903).

NÉOPLASIES CUTANÉES

Dès que l’on a eu obtenu des résultats contre les sclérodermies localisées par les effluves locales de haute fréquence, on a songé à les utiliser contre les chéloïdes. Nous avons vu avec Bisserié certaines chéloïdes s’améliorer sous leur influence, mais ces résultats sont assez infidèles. (Voir le travail récent de F. Redard et G. Barret: Presse médicale, 11 juillet 1906, p. 439.)

11 semble à l’heure actuelle que le traitement d’avenir de cette maladie si rebelle soit vraiment la radiothérapie. Il faut éviter en général toute réaction violente; cependant on doit agir d’une manière assez intensive, tout en ne dépassant pas par irradiation les doses de 6 à 7 H. Les applications peuvent être répétées tous les 15 ou 20 jours, suivant l’état des téguments. La surface traitée devient rose, puis se pigmente un peu, et la chéloïde commence à s’assouplir et à diminuer de volume dès la deuxième ou la troisième séance. Nous avons vu disparaître par ce procédé des chéloïdes prépectorales qui avaient résisté pendant des années à tous les autres traitements.

NÉVROMES

Les névromes vrais de la peau n’existent pas. On a voulu créer sous le nom de tubercules sous-cutanés douloureux une entité morbide comprenant des tumeurs hypodermiques très douloureuses soit spontanément soit à la pression. En réalité ce n’est qu’un syndrome fort obscur dans lequel rentrent des néoplasmes très divers de nature, ayant sans doute des adhérences ou des rapports de voisinage avec des filets nerveux qu’ils irritent : ce sont parfois des fibromes, des lipomes, des ostéomes, etc.

Duhring et Ivosinski ont cependant décrit des névromes cutanés vrais caractérisés par de nombreuses petites tumeurs nodulaires, arrondies ou ovalaires, de la grosseur d’une tête d’épingle ou d’une noisette, plus ou moins douloureuses, d’une couleur rouge ou rosée, composées de tissu fibreux et d’éléments nerveux. L’excision d’une portion du nerf principal de la région où siégeaient ces lésions a été suivie d’une grande amélioration. (Voir la superbe planche de Duhring : neuroma cutis dolorosum : Atlas internat, des mal. rares de la peau : fasc. XII, pî. XXXY.)

Les névromes plexiformes rentrent dans la maladie de Recklinghausen (voir les travaux de Verneuil, Burns, etc. la thèse de Sarazanas).

MYOMES

Symptômes. — On désigne sous le nom de myomes de la peau (dermatomy ornes d’E. Besnier, liomyomes, etc.) de petites tumeurs que l’on peut diviser en plusieurs classes :

4° Les myomes dartoïques (E. Besnier, Virchow) qui sont le plus souvent uniques, quelquefois multiples, et qui sont localisés en une région du corps. Ces myomes solitaires sont assez communs; ils sont sessiles ou pédiculés, varient comme dimensions de celles d’une cerise à celles d’une pomme. Ils s’observent presque toujours aux seins et aux parties génitales de la femme et de l’homme. Ils sont contractiles, vasculaires, à développement peu rapide, le plus souvent indolents, parfois au contraire fort douloureux.

Ils sont surtout constitués par des fibres musculaires lisses; mais ils peuvent renfermer aussi beaucoup de tissu fibreux et sont alors vraiment dignes du nom de

OSTEOMES ET TUMEURS CALCAIRES

fibromyomes. Quelquefois l’élément vasculaire devient assez important pour que Virchow ait donné à cette variété le nom de myome télangiectasique . Si ce sont les lymphatiques qui subissent ce développement, on a la variété dite lymphangiomyome.

2° Les my ornes sùnples (E. Besnier) ou généralisés constituent une affection des plus rares. Ils sont caractérisés par de petites tumeurs de la grosseur d’une lentille, d’un pois ou d’une aveline, à développement fort lent, arrondies ou ovalaires, d'un rose pâle ou d’un rouge plus ou moins foncé suivant leur volume, disséminées çàet là sans aucun ordre sur le tronc et sur les membres. Elles sont presque toujours le siège de douleurs de la plus grande intensité soit à la pression, soit spontanément; dans ce dernier cas les phénomènes douloureux peuvent être paroxystiques. Elles sont histologiquement composées de fibres musculaires lisses (voir Marschalko : Monatshefte fürprak. Dermat., 1900, t. XXXI, p. 313).

Traitement. — Le seul traitement rationnel des myomes est l’excision : on a proposé les applications d’emplâtre de Vigo, les scarifications linéaires quadrillées et l’électrolyse (voir chéloïde).

OSTEOMES ET TUMEURS CALCAIRES

On ne peut guère considérer les tumeurs ossiformes ou calcaires des téguments comme constituant un type défini.

On doit distinguer :

1° Les concrétions calcaires sous-cutanées ou tumeurs pierreuses (Poirier) qui s’observent surtout sur la face interne du tibia des vieillards, ont le volume moyen d’un grain de blé,. et ne sont que des lobules adipeux calcifiés;

2° Les ostéomes vrais de la peau qui sont des plus rares : cependant on a décrit quelques cas où du tissu osseux véritable est formé dans les téguments;

3° Il est assez fréquent d’observer la pétrification de certaines tumeurs cutanées et en particulier des fibromes, des loupes, des kystes dermoïdes, de certains épithéliomes ( épithéliome calcifie), de sarcomes;

4° Il n'est pas rare de voir les veines sous-cutanées variqueuses se calcilier;

o° Enfin on a décrit sous le nom de granulomes calcaires sous-cutanés (pierres de la peau), ou de calcifications de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané, un certain nombre de faits assez curieux dans lesquels la calcification de la peau peut débuter par les glandes sébacées, les glandes sudoripares, les lobules adipeux, le tissu conjonctif, les bourses séreuses sous-cutanées, les veines et peut-être les vaisseaux lymphatiques1.

Le début est toujours insidieux; c’est d’ordinaire à la suite d’un traumatisme quelconque qu’il se forme lentement une petite tuméfaction peu douloureuse ou indolente qui augmente peu à peu. Elle est à cette époque presque toujours molle, fluctuante, et semble siéger dans les tissus sous-cutanés.

Puis elle devient progressivement dure, pierreuse.

Il peut y avoir des formes localisées et des formes généralisées : celles-ci s’observent surtout chez des sujets jeunes.

Les lésions mettent toujours plusieurs années à évoluer.

Quelques-unes de ces tumeurs guérissent spontanément par résorption ou par

1 Voir pour plus de détails la thèse de J. Bayle.

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élimination de leur contenu en laissant des cicatrices minces, un peu gaufrées, irrégulières de contours.

On a décrit des cas graves avec symptômes généraux et mort par cachexie»

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