‹ Traité élémentaire de diagnostic, de pronostic, d'indications thérapeutiques, ou cours de médecine clinique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 12 sur 39 · II · texte numérisé non relu

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je n'ai jamais .eu occasion de faire une semblable comparaison.

La dégénérescence qui nous occupe, peut survenir dans toutes les parties du corps d'une manière primitive ou consécutive, mais il en est qu'elle semble affecter de préférence : l'utérus, l'estomac, les mamelles, les testicules, sont certainement les organes qui en sont le plus souvent atteints. La peau, les membranes séreuses, fibreuses, les glandes lymphatiques, les cartilages, les os,, les muscles, le foie, la rate, les reins, le poumon, le cerveau , le tissu cellulaire, etc. , enfin la presque totalité des organes, sont susceptibles de ce mode d'altération.

INoiiS ne rechercherons pas ici sa nature. Sans doute l'inflammation peut favoriser son développement ; mais il est incontestable qu'une disposition spéciale ne soit nécessaire à sa formation.

La production accidentelle connue sous le nom à'encépliabïde ou cancer cérébriforme ressemble peu à la précédente par les caractères anatomiques, mais beaucoup par sa marche, par ses phénomènes locaux et généraux. Bayle et Laennec en ont donné les premiers une description exacte. L'encéphaloïde présente la forme d'une tumeur arrondie, lobulée, unique ou multiple, enveloppée d'un kyste ou non enkystée , et quelquefois confondue avec les parties voisines. Ces lobules parais-

sent contournés à la manière des circonvolutions cérébrales. Dans le premier degré, que les auteurs que nous avons cités appellent période de crudité, cette production est dure, lardacée, semi-trànsparente ou mate, d'un blanc sale; ^n y dislingue des vaisseaux sanguins d'une grande ténuité. Les lobes et lobules sont unis entre eu.x par un tissu cellulaire très lâclie.

A une époque plus avancée sa consistance diminue ; elle ressemble assez bien à celle du cerveau , mais elle se rompt plus facilement , est moins liée qu'elle, et varie sur les di-vers points de son étendue. Sa couleur est d'un blâilc laiteux, quelquefois rosée, et d'autres fois ro'uge ; elie peut même offriT de véritables eccbyoioses, des éparîcliements de sang tels que ceux que présente l'encépliaie.

Lorsque î'encéphaîoïde est enkysté, le kyste Tàrie j^our sa consistance depuis la mollesse d'une enveloppe celluleuse, jusqu'à la dureté du cartilage; dans ce dernier cas le semi- cartilage est doublé d'un tissu cellulaire jpeu dense. Ce- kyste ejiveloppe entièrement la tumeurj, ou simplement un de ses côtés. Lorsque I'encéphaîoïde est isolé et non enkysté, on trouve toujours une enveloppe celluleuse qui l'entoure.

L'infiltration de matière cérébriforme est bien plus fréquenté que les masses isolées. Elle passe pr.omptement à la période de ram'oliisscment ; elle

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dégénère en une bouillie absolunnent semblable à celle que présentent certains ramollissements du cerveau. Elle est aussi , dans l'état d'infiltration, susceptible des épanchements sanguins dont nous avons parlé tout à l'heure. Le propre de cette dégénérescence ^t d'envahir les parties voisines , et quelquefois de se multiplier dans divers points de l'organisme comme le cancer et le tubercule ; mais ce dernier a moins de tendance à s'étendre de proche en proche. L'encéphaloïde attaque les mêmes parties que le squirrhe.

La cirrhose, la sclèro&e et le squirrhe squameux, sont des productions si rares qu'à peine méritentils de trouver place dans un ouvrage élémentaire; nous en faisons mention seulemeiit pour n'être pas taxé d'omission.

De petites masses fauves, molles, flasques, humides, compactes, ressemblant pour la consistance et la couleur à la substance des capsules surrénales, arrondies, ou sous forme de plaques, avec ou sans kystes , portent le nom de cirrhose ; leur volume varie depuis celui d'un grain de millet , jusqu'à celui d'un noyau de cerise ; leur nombre peut être très considérable ; elles peuvent être agglomérées, et envahir la totalité d'un organe. C'est ordinairement dans le foie qu'elles se développent. Elles sont susceptibles de se ramollir, et donnent alors naissance à une espèce de pulrilage brun

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Terdâtre. On les rencontre , quoique rarement, dans le rein, la prostate, l'épididyme, l'ovaire, la thyroïde. Au reste cette production ne mérite pas à beaucoup près l'intérêt des précédentes ; et bien moins qu'elle encore le tissu blanc, compacte, désigné sous le nom de sclérose, le tissu blanc, mat, feuilleté, demi-transparent, qu'on appelle squirrlie squameux, doivent-ils arrêter notre attention : ils ne sont guère que des phénomènes consécutifs de la dégénérescence cancéreuse.

Les productions dont nous venons d'esquisser les caractères principaux sont susceptibles de se combiner entre elles , ce qui rend leur étude pénible et difficile. Les tissus fibreux, cartilagineux, osseux, se trouvent souvent réunis , ainsi que la concrétion terreuse et le tubercule; le tubercule et l'encéphaloïde, le squirrhe et la concrétion terreuse, etc. : ce qu'on doit considérer comme une cause de la confusion qui règne dans les descriptions des pathologistes.

Indépendamment de ces productions accidentelles, des êtres organisés et vivants peuvent encore se développer chez l'homme. Les uns apparaissent dans l'intérieur de ses viscères creux, et même dans la substance de ses organes; d'autres, connus sous le nom d'animaux parasites, rampent à sa surface, ou adhérent aux téguments de son corps. Parmi ces animaux les uns semblent naître ou

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du moins se développer dans l'intérieur des organes, et ne peuvent vivre que là ; d'autres viennent du dehors.

Les entozoaires ou vers intestinaux sont nombreux chez l'homme, quoique moins pourtant que chez d'autres animaux, comme on peut s'en assurer dans le volumineux ouvrage de Rudolphi; mais tous ne sont pas également fréquents. Les espèces admises chez l'homme par cet auteur sont les suivantes : fûiaria medinensis , — b.roncliialis , trtc/iocephalus dispar, spiroptera , strongylus gigas , ascaris lumhricûïdes, — 'vermicularis, disloma liepaticum, polystoma pinguicola^ — vemrum , bothryoce-^ phalus latus , tcenia soliiim , cyslicerciis cellulosœ, -r-' visceralis, ecliinococcus , diceras rude. Parmi ces espèces il en est plusieurs de douteuses; il en est même de. fictives. Dans un ouvrage pratique on doit non seulement se borner à ne faire connaître que les faits incontestables, mais n'exposer que ceux qui se présentent assez fréquemment ; aussi ne décrirons - nous que les espèces principales. On en a fait trois divisions, sous la dénomination de vers vésiculaires, vers cylindriques, et vers plats.

Parmi les premiers nous ne trouvons que Vacèphalocyste qui mérite de nous arrêter, à cause de sa fréquence dans Thomme. Cette production n'est regardée comme un ver ni par Rudolphi , ni par M. Guvier. Quoi qu'il en soit, elle consiste en

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une vessie dépourvue de tête et de corps, ronde, obronde, semblable à un grain de raisin, pouvant acquérir le volume du poing, transparente, blanche, opaline, molle, contenant un liquide limpide, quelquefois filant , épais , gélatineux , visqueux , yerdàtre, etc. Les parois de cette espèce de kyste sont susceptibles de s'épaissir, et même de s'ossifier. J'en ai déposé une de ce genre dans les cabinets de l'Ecole. Ces kystes peuvent être inclus les uns dans les autres ; leurs parois sont d'autant plus minces et transparentes qu'on les observe plus intérieurement. D'autres sont disposés en grappes, etc. ; ils sont susceptibles de s'altérer, de se détruire, de former une bouillie verddtre. On les trouve fréquemment dans le foie, où ils sont très nombreux. J'en ai vu dans les ovaires, dans l'u^ térus. Les hydatides qui étaient contenues dans les ovaires se firent jour par le rectum et furent rendues par les selles. l^ ignoFè entièrement le mode de reproduction de ces êtres équivoques.

Parmi les vers plats il n'y a d'intéressant pour nous que le ténia, ver long quelquefois de plusieurs toises, plat , composé de parties articulées , et dont la tête est garnie de deux ou quatre petits suçoirs. On en distingue de deux espèces :

Le ténia large ou inerme, t. lata, boihryoceplialus latus. Brems. Ce ver n'est point considéré par P>.udolpbi comme un ténia. Il en fait un genre à part, et le sous- divise en trente-quatre espèces diffé-

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rentes, qui toutes à la vérité n'habitent pas les intestins de l'homme.

Chez celui-ci le tœnia laia de Linna^us, qui est le même que celui dont nous parlons, a la têle presque carrée, armée de deux fossettes-suçoirs; ces parties sont oblongues ; il est presque dépourvu de cou ; les anneaux antérieurs forment des espèces de rides; les suivants sont carrés, aussi larges que longs ; les derniers sont alongés. L'animal est renflé vers son milieu, lorsqu'il est entier; mais chaque anneau pouvant former un animal et vivre séparé , il n'est pas rare de ne pas lui trouver cette forme ; sa couleur est blanche. Les Suisses et les Russes y sont particulièrement sujets ; on le trouve peu en Angleterre , en Hollande et eu Allemagne.

Le tœnia solium de Linna^us, improprement appelé ver solitaire, est ainsi décrit par Rudolphi : sa tête est presque hémisphérique, distincte, l'i^trémité en est obtuse; le cou s'épaissit en avant, les articulations antérieures sont très courtes, les suivantes sont presque carrées, les postérieures sont oblongues ; toutes sont obtuses , pourvues d'un pore marginal, irrégulièrement alterne ; sa tête est garnie de quatre petites bouches ou suçoirs, dont le centre est garni de crochets. Sa longueur est de cinq à dix pieds et plus. On trouve celte espèce en Angleterre, en Hollande et en Allemagne. On l'a quelquefois rencowtrée dans les cadavres, et ja-

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mais la précédente. Elles habitent l'une et l'autre principalement l'intestin grêle.

Parmi les vers cylindriques nous distinguerons l'ascaride, le tricliocéphale et la filaire.

L'ascaride a le corps long, aminci aux deux extrémités, la tête munie de trois tubercules, le pénis pointu et bifide. L'ascaride lombricoïde a la tête nue, un corps de trois à douze pouces, sillonné dans toute sa longueur en dessus et en dessous, la queue obtuse. L'ascaride vermiculaire a la tête obtuse , garnie d'une membrane vésiculaire des deux côtés ; son corps légèrement épaissi antérieurement ; la queue du mâle est obtuse et fléchie, celle de la femelle plate et droite, sa longueur est de quelques lignes. La première espèce habite l'intestin grêle, et quelquefois l'estomac; je l'ai vue en quantité énorme remplir' tout le canal alimentaire. La seconde habite particulièrement le rectum.

Le trichocôphale est très commun; il habite principalement le caecum. Sa partie antérieure est fdiforme , la postérieure un peu plus épaisse , la bouche est orbiculaire ; le pénis simple, enveloppé d'une gaîne ; le corps de la femelle est droit, celui du mâle contourné en spirale.

La filaire n'existe que sous les tropiques; elle se loge dans le tissu cellulaire des pieds et des jambes. Elle est longue, a la tête efilée, la queue aplatie , et fléchie dans le mâle; dans la femelle

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elle est demi-cylindrique, pointue et courbe ; la bouche est orbiculaire; le pénis du mâle est pointu . et jsimple.

Ce serait sans doute ici le lieu de discuter la valeiur des arguments sur lesquels on s'est appuyé dans ces derniers temps pour établir que toutes les altérations dont nous venons de parler ne sont que des inflammations ou des résultats de l'inflammation. Il nous semble que la description succincte que nous venons d'en faire est bien suflisante pour prouver le contraire. 11 nous semble impossible de regarder comme dépendant d'une cause unique toutes les altérations dont nous venons de parler. Quoi, l'on regardera comme dépendants de la même cause les liémorrhagies , les névroses , l'atrophie, l'hypertrophie, la dilatation, l'oblitération , le ramollissement, l'endurcissement des organes, l'anémie , la pléthore, le scorbut , le charbon , la polysarcie , l'emphysème , Igs éphélides , les taches , les concrétions gypseuses , plâtrées, les calculs , la cartilagination , l'ossification , le tissu érectile , les productions cornées, les tubercules, les granulations, la mélanose , le cancer, l'encéphaloïde, la cirrhose, la sclérose, les hydatides, les ténia , les ascarides , etc. , etc. ! Il faut avouer qu'on, doit être pourvu d'une foi bien robuste pour croire à de pareilles niaiseries.

Si l'on s'était borné à dire que l'inflammation

était très favorable au développement de la plupart de ces états pathologiques , on aurait dit une chose fort juste, sanctionnée par l'expérience, et que tous les bons esprits se seraient empressés d'admettre ; mais vouloir faire dépendre d'une cause identique tant d'effets différents , sans autres modifications I que celles du siège de la maladie, c'est ce qu'il est l'impossible de soutenir, et que le sens commun le .plus simple se révolte d'adopter.

Nous bornons ici nos considérations générales. !ÎN'ous pensons que ces connaissances préliminaires inous faciliteront beaucoup l'étude des détails dans ! lesquels nous allons entrer. Nous allons examiner ■rapidenaent les caractères de chacune de ces léisions dans les divers organes de l'économie anitmale, et nous en ferons ressortir les différences [lorsque les circonstances l'exigeront. Peut-être :aurions-nous dù établir un parallèle entre chacun des modes pathologiques que nous venons d'expo- •ser , mais leurs caractères distinctifs nous ont paru ; assez tranchés pour nous dispenser d'entrer dans (de semblables développements. Il faut épargner le ttemps des lecteurs, et laisser quelque chose à leur l'intelligence.

On s'étonnera sans doute de ne pas trouver ici 1 l'exposition de notre. manière de voir sur les fièvres ^essentielles, ou du moins quelques réflexions gérnérales sur ce sujet; peut-être aussi aurions-nous

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pu nous étendre plus longuement sur l'altération des fluides, sur les spécificités, etc.: mais indépendamment que nous aurons occasion de revenir sur chacun de ces sujets importants , il nous a paru convenable de ne présenter d'abord que des objets clairs, faciles à saisir , et peu susceptibles de contestation.

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