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La névrite peut se terminer par résolution ; mais aussi lorsqu'elle est intense, les organes intérieurs s'altèrent, leurs fonctions se dérangent , la nutrition cesse de s'opérer ; l'atrophie du membre malade se déclare; le marasme s'empare du malade , qui peut succomber au milieu d'affreuses douleurs. Lorsque cette maladie passe à l'état chronique, elle présente la plus grande ressemblance avec la névralgie, avec laquelle on a dû la confondre fréquemment.
Ces signes varient suivant le nerf malade. On conçoit que les phénomènes locaux ne doivent pas être exactement les mêmes , suivant que le nerf porte l'action et la vie dans tel organe ou dans tel autre; nous allons entrer dans quelques détails à cet égard en parlant des névralgies.
Altérations organiciues. Ce qu'il y a de plus remarquable dans la névrite , ce sont les lésions anatomiques que l'on rencontre dans les nerfs. On a trouvé, selon les époques de la maladie une rougeur plus ou moins vive du tissu des nerfs , du névrilemme et du tissu cellulaire ambiant; un gonnement uniforme ou inégal et comme ganghon naire des nerfs; des ecchymoses, des infm ations sanglantes, séreuses, ou séreuses et sanguinolentes; du i us concret ou un liquide séroso-purulententie L filets des nerfs; enfm on affirme les avoir trou-
nerfs était rouge , le névrilemme ayant été détruit, ia pulpe du nerf fut trouvée jaune, pénétrée de sang ; et à la suite d'une céphalalgie violente, qui durait depuis six mois , le malade ayant perdu l'usage d'un œil, M. le docteur Gallereux , après avoir incisé la gaine du nerf optique , trouva ce nerf réduit en suppuration dans la moitié de son étendue, et réduit à une matière liquide d'un blanc sale. Ce sont bien certainement là des exemples de névrites. Cette maladie est surtout fréquente dans les inflammations des organes que les nerfs parcourent ; il est rare qu'ils restent alors complètement étrangers autravail inflammatoire, d'autant plus que ce travail ne peut avoir lieu sans la coo^ pération des nerfs eux-mêmes.
Névralgie.
Bien que les altérations organiques qui donnent naissance à la névralgie ne soient pas parfaite^ ment connues , nous croyons cependant devoir en parler ici , d'abord parceque cette maladie a été confondue par quelques auteurs avec la névrite, par les anciens sans le savoir, et par quelques modernes avec connaissance de cause ; en second lieu parcequ'elle oû"re avec elle et avec le rhumatisme des points nombreux de ressemblance.
La névralgie est une véritgil^le névropat/iie, une douleur nerveuse, et nous savons que ces maladies sont entrées, dans ces derniers temps, dans Ja chir
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sification de la nouvelle doctrine. On y a reconnu que toutes les douleurs n'étaient pas inflammatoires ; eli bien, nous croyons que les névralgies sont de cette nature. Ce qui nous le fait penser, c'est que ces maladies ne présentent aucun des symptômes qui caractérisent l'inflammation, ainsi qu'on va le voir ; qu'elles arrivent, par exemple, tout-à-coup à leur plus haut degré d'intensité, sans signes précurseurs, qu'elles cessent souvent de la même manière, et qu'aux ouvertures de corps on ne rencontre aucune altération qui puisse constater l'existence d'une plilogose. Elles diffèrent sous tous ces rapports de la névrite, qui arrive graduellement, qui est annoncée par des signes précurseurs, accompagnée de phénomènes de réaction, et qui laisse après elle des traces manifestes d'un travail inflammatoire.
Les seules raisons probables que l'on peut alléguer en faveur de la nature phlegmasique des névralgies, c'est que depuis long-temps on a observé cette maladie, et que jusque dans ces derniers temps on n'avait nullement parlé de l'inflammation des nerfs. Ainsi que nous l'avons dit relativement au rhumatisme, ceci pourrait bien faire présumer que cette affection n'est autre chose que la névrite ; car il n'est nullement vraisemblable que le tissu des nerfs ne soit pas susceptible de s'enflammer, comme on l'a avancé récemment dans un ouvrage polémique. On peut répondre
aussi que si la névralgie n'offre pas de signes inflammatoires, c'est que la névrite est alors clironip que. Ces raisons, que par amour de la vérité nous exposons dans toute leur force, ne nous paraissent cependant pas suffisantes pour nous faire admettre que les névralgies sont des névrites chroniques. Ces probabilités sont trop légères. Certes les symptômes pourraient bien n'être pas exactement ceux d'une phlegmasie, mais au moins on trouverait, ainsi qu'il arrive pour les autres phlegmasies chroniques, des altérations organiques plus prononcées que dans la névrite aiguë; et c'est justement l'in- Terse qui a lieu, c'est-à-dire qu'on ne trouve rien;
Que si la névrite offre pour ressemblance d'avoir le même siège que la névralgie, ce n'est pas une raison suffisante pour qu'elle soit la même chose que la névralgie, puisqu'il est nécessaire qu'elle occupe le inême organe. Enfin, lorsque dans les névralgies on a trouvé des altérations organiques, ces névralgies étaient bien véritablement des né- Trites.
La douleur qui caractérise la névralgie offre la plus grande variabilité^ c'est-à-dire qu'elle fait éprouver la sensation d'un froid glacial ou d'une chaleur vive, un tiraillement insupportable, un engourdissement pénible, une espèce de commotion électrique, qui se répand avec une étonnante rapidité, non seulement dans le nerf malade, mais même dans tout l'organisme ; des fourmillemcutâ \
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incommodes, des déchirements passagers mais intolérables, des élancements rapides, et portés jusqu'au point d'arracher des cris. Cette douleur ou plutôt ces espèces de douleur se font sentir sur le trajet d'un nerf; elles se répandent dans toutes ses ramifications, ou sont bornées à quelques filets ; elles se propageiit le plus ordinairement du tronc aux branches qui en partent, et quelquefois suivent une marche inverse. Ces douleurs ne sont pas toujours au même degré de violence; elles offrent des intervalles de rémission ; elles semblent se calmer par la pression, tandis que l'opposé a lieu pour la névrite. Elles se déclarent subitement sans signes précurseurs, et atteignent tout-à-coup leur plus haut degré de développement. On remarque assez souvent de l'agitation , des spasmes, des mouvetnetîts involontaires, des contractions dans les muscles auxquels le nerf malade se distribue. On n'observe ni rougeur, ni tuméfaction, ni chaleur dans la partie du membre correspondante au nerf affecté. Cette maladie s'exaspère tantôt par la chaleur, et tantôt par le froid ; elle se reproduit par la moindre cause : line impression morale vive, un mouvement brusque, un excès dans les plaisirs de la table ou de Vénus, etc. , suffisent pour la renou- *teler. La névralgie attaque la plupart des nerfs du corps, passe des uns aux autres avec la plus grande facilité. On a remarqué qu'elle se fixait presque i<îOïistamment sur les nerfs superficiels.
A moins que la douleur ne soit extrême, cette maladie n'est point accompagnée de phénomènes généraux ; mais dans ce cas le cœur et l'estomac sont troublés dans leur exercice, ainsi que les autres fonctions de l'organisme. Si cette douleur se prolonge long-temps, le membre peut diminuer de volume, s'atrophier, rester engourdi, incapable de se mouvoir, contracté ou agité de mouvements involontaires, habituellement endolori, etc.; dans quelques cas plus graves, le malade peut succomber, épuisé par les douleurs et par le marasme.
Le savant Chaussier, à qui l'on doit le premier travail bien fait sur les affections dont nous parlons,' a décrit toutes les névralgies connues; mais ces affections ont entre elles la plus grande analogie, et ne diffèrent que par des nuances données par le siège de l'affection. Ainsi il décrit la névralgie faciale, sous-di visée en frontale, sous-orbitaire et maxillaire; V ilio-scrotale j, la fémoro-poplilée ^ fémoro-prètibiale, plantaire , ciibito-digilale , etc. ; il admet aussi des névralgies anomales.
On a ajouté depuis un assez grand nombre de névralgies. Celle du nerf optique, de la portion dure de la septième paire, celle des nerfs intercostaux, celle des nerfs lombaires, des nerfs spermatiques, celle du nerf sus-scapulaire, celle du nerf musculo-cutané externe; on sent bien qu'il nous est impossible de donner une description de toutes ces variétés : il sufQt de connaître la direction des
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nerfs, leurs divisions, et les organes auxquels ils se distribuent, et de leur appliquer les symptômes que nous avons décrits d'une manière générale, en leur faisant subir les modifications nécessitées par le siège de la maladie, pour avoir une idée exacte de chacune de ces névralgies.