‹ Traité élémentaire de diagnostic, de pronostic, d'indications thérapeutiques, ou cours de médecine clinique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 7 sur 39 · DES EXHALATIONS SÉREUSES, MORBIDES · texte numérisé non relu

DES EXHALATIONS SÉREUSES, MORBIDES

t-elle au dehors , se rassemble-t-elle dans les cavités naturelles, dans le tissu cellulaire, dans le tissu des organes? Peut-être quelque jour des recherches plus attentives pourront éclairer ce point encore inaperçu , sur lequel on ne possède jusqu'ici que des hypothèses plus ou moins ingénieuses.

Il est encore une cause organique qui peut donner lieu à la production de l'épanchement séreux, nous voulons parler des lésions de l'appareil lymphatique. Ces lésions ont été reconnues par un grand nombre de médecins du plus grand mérite ; si l'on en croit leur rapport, on a rencontré des hydropisies dépendantes de calculs contenus dans le réservoir du chyle , d'obstructions du canal thorachique , de compression de ce canal par une tumeur développée sur son trajet , de la ligature de ce canal sur les animaux vivants , de rupture de ce même organe. La rupture des vaisseaux lymphatiques , leur inflammation , leur compression, leur hgature, leur destruction par une plaie ou un ulcère; l'obstruction, la destruction, l'extirpation d'une glande lymphatique, paraissent avoir été suivies de la formation d'hydropisies diverses. Mais il faut avouer que la plupart des faits rapportés par ces auteurs sont loin d'être assez concluants pour les faire regarder comme la cause nécessaire des épanchements dont nous parlons ; plusieurs d'entre eux doivent seulement

être considérés comme une cause possible, probable, de ces épanchements.

Mais ne pourrait-il pas se faire qu'une disposition particulière des fluides pût occasioner l'hydropisie sans lésion préalable des tissus ? Nous ne sod«ies pas éloigné d'admettre cette cause, en faveur de laquelle militent une multitude de faits. La prédominance du sérum dans le sang, qu'on peut constater par la simple inspection , peut être favorisée par un grand nombre de causes. L'abus des boissons aqueuses , qui délaient le sang dans toute la force de l'expression ; l'usage immodéré des évacuations sanguines , des évacuations excessives dans tous les genres ; l'habitation des lieux bas et humides, soit en empêchant la perspiration, soit en occasionant l'absorption d'une grande quantité de vapeurs aqueuses ; une alimentation pauvre et relâchante, etc., déterminent très certainement la formation d'une très grande proportion de sérum. •

11 est incontestable que ces causes produisent l'effet dont nous parlons; mais celles qui le déterminent de la manière la plus inévitable ce sont sans contredit les émissions sanguines réitérées. Après un certain nombre de saignées, le caillot diminue de plus en plus, est réduit presque à rien, et nage dans une abondante sérosité. J'ai eu de fréquentes occasions de voir les infiltrations des membres survenir ou augmenter du jour au lendemain,

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après avoir fait pratiquer une saignée jugée nécessaire pour une imminente suffocation , chez des individus encore assez forts. Dans cet état de choses est-il bien difficile de concevoir la formation d'un épanchement séreux ? Les observations microscopiques ayant démontré qu« les molécules blanches du sang étaient moins volumineuses que les globules rougés, leur passage par les extrémités exhalantes ne se conçoit-il pas facilement? Mais ces conditions du sang tombent moins sous les sen» que les altérations précédentes , et pour cela ont été justement révoquées en doute.-

Jusqu'ici nous n'avons examiné que des causes plus ou moins faciles à apprécier; mais de quoi dépendent des infiltrations qui surviennent chez des personnes fort bien portantes d'ailleurs ? Après avoirpassé plusieurs jours et plusieurs nuits en voiture , comment la station prolongée déterminet-elle l'œdème des extrémités inférieures? Une jeune fille, au moment de ses règles, reçoit une grande quantité d'eau froide sur le corps ; les règles se suppriment , il survient une infiltration de toute l'extrémité inférieure gauche: quel désordre organique existe-t-il dans ce cas? It-n'y a ni inflammation, ni obstacle au cours du sang artériel ou veineux , ni lésion de l'appareil lymphatique , ni même altération du fluide dans sa composition. D'où vient cette influence des lois de la pesanteur dansles premiers cas , et comment expliquerez-vous II. , 8

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l'œdème dans le dernier ? Vous dites que l'action des veines , ordinairement favorisée par celle des muscles, est ralentie, afFaiblie dans le cas de station prolongée parle repos absolu de ces organes. Fort bien ; mais si vous admettez cette cause de faiblesse d'action , je ne vois pas pourquoi vous rejetterez celle qui dépend de toute espèce de causes débilitantes, parmi lesquelles le défaut de réparation, les pertes excessives, une suppuration abondante, etc. , tiennent le premier rang , et à la suite desquelles on voit fréquemment survenir des œdèmes , des infiltrations de tous genres.

De ce qui précède , concluons que les épanclietnents séreux sont le résultat immédiat de la disproportion qui existe entre l'exhalation et l'inhalation ; mais que presque dans aucuïi cas cette disproportion n'est essentielle, idiopathique, mais bien symptomatiqee d'une multitude de lésions diverses que nous avons énumérées,- telles qu'inflammations, obstacles au cours du sang artériel et veineux, obstacles à la circulation lymphatique, altération du sang, etc. ; que par conséquent on ne peut conserver les hydropisics dans un cadre nosographique ; que n'étant qu'un effet consécutif, qu'un symptôme, on doit les rattacher aux maladies qui les produisent; que cette manière de les considérer est bien plus pratique, bien plus médicale, si l'on peut s'exprimer ainsi, que de les ranger sous le même ordre, ce qui tend ù les faire

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regarder comme d'une même nature , et conduit à les faire traiter par les mêmes moyens , ce qui est aussi absurde que dangereux.

Quoiqu'il en soit , le phénomène dont nous parlons est trop fréquent , il modifie trop souvent les moyens à employer, pour que nous négligions d'en donner une esquisse générale.

Les phénomènes locaux organiques et fonction' nels des épanchements séreux varient sous tant de rapports qu'il est plus difQcile d'en donner une idée générale que de tous les états pathologiques dont nous avons parlé jusqu'ici. Les hydropisies ont leur siège dans les cavités des membranes séreuses , l'arachnoïde , la plèvre , le péricarde , le péritoine , le périteste , la membrane qui tapisse les chambres de l'œil, les membranes synoviales, le tissu cellulaire , les parenchymes de certains organes; dans des cavités naturelles, la vésicule biliaire , l'utérus , etc. ; dans des kystes accidentels , principalement développés sur la matrice, des hydatides, etc. Le principal phénomène local, on pourrait même dire le seul , est l'épanchement de la sérosité. Mais à quel degré commence l'état d'hydropisie ? C'est ce qu'on n'a pas déterminé, et ce qu'il est en effet impossible de faire. Dira-t-on qu'il n'y a hydropisie que lorsque l'ordre physiologique éprouve quelque dérangement? Mais combien ne voit-on pas d'épanchements , même considérables , qui ne produisent aucune altéra-

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tion fonctionnelle? Dira-t-on que, pour qu'il y ait liydropisio , il est nécessaire qu'il existe une quaniité notable de fluide épanché ? Mais quelle sera cette quantité ? Celle qui constituera une hydropisie très fâcheuse pour le cerveau ou le péricarde ne sera seulement pas aperçue dans la plèvre ou dans le péritoine. Ainsi , comme pour les hémorrhagies, le point où la collection séreuse constitue l'hydropisie est entièrement arbitraire , et partant très vague. Suivant que la sérosité se trouve épanchée dans une cavité à parois extensibles ou non, les phénomènes locaux varient ; ils varient encore suivant laiqiuuitité plus ou moins grande de liquide épanché. Nous dirons à ce sujet que les auteurs qui ont écrit sur l'hydropisie ont singulièrement exagéré l'importance de la quantité du fluide. Ils se sont complu à la mesurer, à la noter exactement, et souvent même à l'exagérer beaucoup. Et qu'importent quelques livres de plus ou.de moins de sérosité dans le bas-ventre , lorsque cette cavité se trouve distendue outre mesure ? Mais ils ont été séduits par le merveilleux , espèce de talisman qui ne manque jamais son effet dans l'enfance des arts et des sciences , et en général des sociétés naissantes.

La nature du fluide épanché varie suivant la cause organique qui roccasione..DaQS leshydropisics provenant d'une inflammation, le fluide épanché dans les cavités ou dans le tissu cellulaire est

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