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d'autres auteurs fourniront les preuves de ce que
nous avançons.
Mais en reconnaissant que l'inflammation est très souvent la cause de lepancliement séreux, savons-nous comment s'opère cet épanchement, par quel mécanisme il s'effectue? C'est ici que nos connaissances précises s'arrêtent ; c'est ici qu'on ne trouve plus que des probabilités , des conjec- , tures même : les uns pensent que l'épanchement séreux est dû à la compression des vaisseaux lymphatiques par le gonflement inflammatoire des vaisseaux sanguins; les autres, que l'inflammation augmente l'action des vaisseaux exhalants; d'autres enfin qu'elle dilate les pores des vaisseaux capillaires, artériels et veineux, et qu'elle permet ainsi l'épanchement d'une plus grande proportion de fluide séreux. Il est sans doute quelque cliose de vrai dans ces explications ; mais aucune observation directe et positive ne peut empêcher de ne les regarder jusqu'ici que comme des hypothèses plus ou moins ingénieuses.
Concluons que les hydropisies dont nous venons de parler ne sauraient former une classe à part de maladies, et que leur histoire ne peut être séparée de celle des phlegmasies qui les produisent.
Les anciens pensaient que les hydropisies étaient dues à un obstacle apporté au cours du sang veineux ; mais , dépourvus qu'ils étaient de connaissances anatomiques, leur opinion n'était guère
que le résultat despéculations purement théoriques ; à peine quelques uns d'entre eux citaient-ils un petit nombre d'observations imparfaites pour appuyer leur manière de voir. Aussi après la belle découverte de la circulation lymphatique, ce système mal étayé ne fut-il pas difficile à ébranler et à détruire, et jusque dans ces derniers temps on a regardé les hydropisies comme l'effet d'une altération des organes de la circulation lymphatique. C'est en' effet dans les altérations organiques du système lym-phatique que M. Pinel avait classé les maladies qui nous occupent. Un jeune médecin , M. Bouillaud , a recueilli réeemment une certaine quantité de faits tendants à faire reconnaître les obstacles apportés au cours du sang veineux comme la cause des épanchements séreux.
Il est, en effet, indubitable que dans ces observations et dans une multitude d'autres rassemblées par M. Rayer, il existe véritablement un obstacle à la circulation veineuse, et nous pensons qu'on doit admettre cette lésion organique comme une cause fréquente d'hydropisie. .4.
Dans des cas très multipliés d'épanchement de sérosité on a trouvé un obstacle mécanique à la circulation veineuse : des concrétions fibi'ineuses, albumineuses , ont été rencontrées dans la veine cave à diverses hauteurs ; la compression que l'utérus exerce sur les veines iliaques est suivie vers le neuvième mois de la grossesse de l'infiltration des
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extrémités inférieures. Les kystes volumineux de l'ovaire ; les tumeurs développées sur le trajet des veines, telles qu'un anévrysme de l'aorte ou autre; la ligature d'une veine; la destruction totale d'une veine d'un certain calibre; la compression exercée par une hernie crurale, par un tubercule, un cancer, etc. , la phlébite, etc. , ont donné naissance à des collections hydropiques.
Il paraîtrait donc bien démontré qu'un obstacle au cours du sang veineux pourrait être fréquemment la cause mécanique de l'épanchement séreux: mais de puissantes objettions peuvent être adressées à cette manière de voir, et peuvent faire naître quelques doutes à cet égard. Et d'abord, la compression exercée sur les veines par les différentes tumeurs dont nous avons parlé ne s'exerce pas sur ces vaisseaux d'une manière tellement exclusive qu'elle n'agisse en même temps sur les vaisseaux lymphatiques ; et dès lors est-il bien certain que l'obstacle au cours du sang veineux soit la véritable cause de l'épanchement séreux? D'un autre côté la compression , la ligature, la destruction d'une veine ne sont pas constamment suivies d'hydropisie. On peut ajouter que dans im grand nombre de cas d'hydropisie on n'a reconnu • aucune altération du genre de celles que nous avons signalées ; mais , malgré ces objections, il n'en demeure pas moins démontré pour nous que les causes mécaniques dont nous venons de par-
110 DIAGNOSTIC SPÉCIAl" ET DlFFÉRENTlEt.
1er sont une occasion très fréquente d'hydropisie.
Mais les obstacles à la circulation veineuse ne sont pas les seules causes de l'état pathologique qui nous occupe. Il est évident que, dans quelque point de la circulation que se trouve l'obstacle, l'effet devra être le même. Supposons que l'aorte soit ossifiée, qu'arrivera-t-il en dernière analyse ? Le sang ne stagnera- 1- il pas de proche en proche jusque dans les dernières ramifications veineuses, et dès lors l'effusion séreuse ne doit-elle pas arriver? C'est aussi ce que démontre l'expérience. Un obstacle existe-t-il dans l'aorte, le cours du sang est plus ou moins gêné ; ce fluide stagne dans le ventricule gauche , dans l'oreillette du même côté, dans le poumon, dans le ventricule droit, dans l'oreillette droite, dans les veines caves, enfin dans toutes leurs divisions : aussi observet-on dans ces cas des hidropysies générales ; il n'est pas de cavité qui soit exempte d'épanchement , et le tissu cellulaire sous-cutané est alors fréquemment infiltré. Aussi je ne balance pas à regarder les altérations du système artériel et du cœur comme une cause organique de la production des hydropisies au moins aussi puissante que la précédente.
Ici s'élève encore la question de savoir comment un obstacle à la circulation veineuse et artérielle produit l'hydropisic. Par quel mécanisme la sérosité contenue dans les capillaires s'échappe-