II. i
tachée de la peau par l’interposition d’un fluide transparent et aqueux.
» 5® Pustula ^ unç, élévation de l’épiderme avec une base enflammée , contenant du pus. Il en existe quatre variétés : le p/ilyzacium y pustule ordinairement large , élevée sur une base rude , circulaire, d’un rouge très vif, et remplacée par une croûte épaisse , rude , et de couleur foncée ; le psydràcium, pustule petite, souvent irrégulièrement ' circonscrite, produisant seulement une élévation légère de l’épiderme, et se terminant par une croûte lamelleuse. Plusieurs psydracia paraissent ordinairement ensemble, et deviennent confluents ; et , après la sortie du pus , ils versent au dehors une humeur terne et aqueuse, qui forme souvent une incrustation légère. Uaclior et le favus sont deux variétés de la meme espèce. L’achor est une pustule petite , pointue , remplie d’une matière couleur paille, offrant l’apparence et presque la consistance du miel , se terminant par une croûte mince , brune ou jaunâtre. Le favus est plus large, plus aplati , non pointu , contient une matière plus visqueuse. Sa base, qui est souvent irrégulière, est légèrement enflammée , et elle est remplacée par une éruption jaune , demi-transparente , et quelquefois cellulaire, semblable à un rayon de miel, d’où elle a tiré son nom.
» 6° Vesicula ^ une petite élévation orbiculaire de l’épiderme', contenant de la lymphe, qui est
quelquefois incolore et claire , mais souvent opaque et blanchâtre ou perlée ; elle est remplacée par une croûte ou par une éruption lamelleuse.
» 7® T uberculum , une tumeur petite , dure , superficielle , circonscrite et permanente ou suppu- . rant partiellement.
» 8® Macula , une décoloration permanente de quelque partie delà peau , souvent avec un changement dans son organisation.» Il prend dans leur acception ordinaire les mots bouton^ éruption far^ furacée , croûte , stigmate.
Chacun de ces huit ordres contient un grand nombre de genres et d’espèces.
Il paraît que c’est â Plenck, professeur de l’université de Bade, qu’on doit la première classification soignée des maladies de la peau. Dès 1780, il avait fait des efforts pour tirer du vague où elle était plongée cette branche de la médecine, et ses travaux ont véritablement servi de modèle et de guide à Willan. Plenck reconnaît quatorze ordres de maladies cutanées : 1® maciilcCy 2® pustulœ^ 5® resiculce^[^° bullœ^ papulœ, 6® crustæ, 7® squamœ, 8® callositates , 9® excrescentiœ, 10® ulcéra^ 1 1® vul~ nera , 12® insecta cutanea, i5® morbi unguium, i4° morbi capillorum. Il est évident que la classification. de Willan est calquée sur celle-la, qui pour cela ne méritait pas que M. Bateman la tournât en dérision. Quoi qu’il en soit, nous le répétons, toutes ces classifications ne nous paraissent que
igG DIAGNOSTIC SPÉCIAL ET DIFFÉRENTIEL
des jeux de Tesprit, des divisions purement arbitraires. Sans doute il est important de bien s’entendre, mais ce degré d’importance est loin d’être le même suivant l’objet dont on s’occupe.
J. -P. Franck, qui n’a pas fait de traité ex professa sur les maladies de la peau , mais qui s’est étendu longuement sur ce sujet, dans son epitome, consacre deux classes à ces maladies. La première est divisée en deux ordres, dont l’un est consacré aux exanthèmes nus, exantliemata nuda, qui comprend l’érysipèle, la scarlatine, l’urticaire, les pétéchies ; et l’autre contient les exanthèmes rudes, scabra, qui comprend le millet, la variole, la rougeole, le pemphigus et les 'aphthes. La seconde classe renferme les éruptions impétigineuses; elle se divise en deux ordres : le premier traite des taches et contient les éphélides , le chloasma, les ecchymoses , l’érythème ; le second , les éruptions impctigineuses rongeantes, le porrigo, les dartres, l’hydroa , la gale , le psydracium , les teignes et la lèpre. Cette division, plus simple que les précédentes, ne nous paraît pas plus défectueuse que les autres. L’incohérence qui règne encore dans la matière que nous traitons fait vivement désirer la publication d’un ouvrage sur ces maladies par notre savant collègue , le docteur Biett, médecin de l’hôpital Saint-Louis; sans doute que les travaux de cet excellent observateur fixeront pour jamais ce point de pathologie. M. Rayer prépare
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aussi un traité sur le même sujet; ses recherches ne peuvent manquer d’être très utiles à l’avancement de la science. Il ne saurait y avoir trop de bons esprits occupés à débrouiller les parties obscures de la médecine ; tous ces efforts tournent au profit de l’humanité. En attendant nous croyons que ce qui importe le plus c’est de tracer avec exactitude les caractères des maladies qui réclament le plus souvent nos secours : nous en traiterons dans deux articles, sans attacher à nos divisions la plus légère importance. En les distinguant en aiguës et en chroniques, nous n’ignorons pas les reproches qu’on peut nous adresser ; nous n’ignorons pas que des maladies chroniques commencent souvent par être aiguës ; et que par conséquent elles devraient occuper deux places dans le même cadre, etc. : mais ces inconvénients sont si légers à nos yeux , que nous serions disposés à adopter même l’ordre alphabétique, qui cependant rapprocherait des objets bien disparates.
§ I. Phlegmasies aiguës de la peau.
Dans cet article nous donnerons les caractères différentiels de l’érysipèle , de la scarlatine, de la jougeole, des pétéchies, de la variole, de la varicelle, de la vaccine, du zona , de la miliaire , de Furticaire , du pemphlgus.
igS DIAGNOSTIC SPÉCIAL ET DIFFÉRENTIEL
De Vérysipele.
C’est la phlegmasie de la peau la plus simple , la plus facile à reconnaître. On peut la considérer comme le prototype de l’inflammation : elle réunit au plus haut degré de simplicité, et de la manière la plus complète, les caractères que nous avons attribués à cette classe de maladies. L’intumescence seule est peu sensible à la vue, parcequ’elle est générale; du reste, l’érysipèle naît, croît et se termine ainsi que nous l’avons exposé dans nos généralités. On distingue avec raison diverses espèces d’érysipèles. Les principales que nous ferons connaître sont l’érysipèle simple, le pblegmoneux, l’œdémateux, le gangréneux; l’érysipèle compliqué avec diverses pblegrnasies ; ce qui lui a fait donner le nom de malin^ lorsqu’il était compliqué avec une phlegmasie du cerveau ou des méninges , de gastrique lorsqu’il était accompagné d’une inflammation gastro-intestinale, etc.; enfin on a admis un érysipèle épidémique, sporadique, fixe, ambulant, local , général , idiopathique , symptomatique, critique, etc. Toutes ces distinctions ne sont pas également utiles.
Un sentiment de prurit, de démangeaison, bientôt une véritable douleur, accompagnée d’une chaleur plus ou moins vive, d’une rougeur intense, diffuse, disparaissant parla pression pour repa-
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raître aussitôt après , d’une légère intumescence de la peau , caractérisent l’érysipèle simple. C’est à dessein que nous omettons de dire que la peau est surmontée de phlyctènes dans l’érysipèle , tandis qu’elle est unie dans l’érythème. Nous regardons cette distinction comme trop subtile pour être conservée , et l’érythème ne doit être considéré que comme l’érysipèle dans son plus grand état de simplicité.
L’érysipèle simple est quelquefois annoncé par des phénomènes précurseurs : le malade éprouve un malaise général, des lassitudes spontanées, des douleurs vagues , des bâillements , des pandiculations , de la somnolence , de l’insomnie , de la céphalalgie, de la soif, de l’inappétence, de la chaleur à la peau , de la fréquence dans le pouls , etc. ; d’autres fois les phénomènes locaux se manifestent sans prodrome.
Le premier jour, après un frisson plus ou moins long et violent , on aperçoit sur l’une des parties du corps une rougeur à peine plus marquée que dans i’etat ordinaire; la tuméfaction y est à peine sensible; la chaleur est vive, souvent âcre, mordicante ; la douleur est ordinairement prurigineuse; peu à peu ces phénomènes augmentent d’intensité. La rougeur devient plus vive, principalement vers le point d’origine; elle s’étend; ses bords se perdent insensiblement dans la partie saine de la peau , de sorte qu’il est bien difficile d’en détermi-
ner les bornes ; la tuméfaction augmente quelquefois au point qu’on ne reconnaît plus ni saillies, ni enfoncements. La chaleur est brûlante , dévorante, et la douleur peut devenir intolérable. Vers le troisième ou le quatrième jour, on observe quelquefois une multitude de petites pustules du volume d’un grain de millet , plus ou moins. Le liquide qu’elles contiennent devient opaque, jaunâtre, grisâtre , puis se dessèche ; d’autres fois , à cette époque, apparaissent de véritables phlyctènes , qui peuvent acquérir le volume d’un œuf : elles renferment une sérosité plus ou moins brunâtre, qui s’épanche ordinairement au dehors. La première de ces éruptions a reçu le nom d'érysipèle rniliaire ; la seconde celui déèryslp'ele pldycténdide ; distinctions qui ne font qu’embarrasser l’art de puérilités.
Ces phénomènes locaux sont en général accompagnés de symptômes généraux, tels que chaleur à la peau , force, fréquence du pouls, soif vive, etc,, enfin par le cortège des phénomènes fébriles ; mais lorsque l’érysipèle est extrêmement simple et bénin , il parcourt ses périodes sans signes de réaction.
Au bout d’un certain temps , rarement avant le troisième , rarement après le septième jour, les phénomènes que nous avons exposés cessent de croître, et commencent à diminuer d’intensité. La résolution s’opère alors. C’est la terminaison ordinaire de la maladie qui nous occupe. Elle a
lieu par la disparition progressive de la chaleur, de la douleur, de la rougeur et de la tuméfaction, ainsi que par la diminution des symptômes généraux. L’épiderme se détache en écailles , les croûtes tombent, et le léger empâtement qui succède ne tarde pas à se dissiper.
On pense bien que les phénomènes fonctionnels locaux doivent varier suivant la région occupée par l’inflammation érysipélateuse. A l’exemple de J.-P. Franck, nous nous bornerons â esquisser celle de la face, comme la plus importante et la plus commune de toutes.
Le front, le nez , les joues , les lèvres , les paupières , les oreilles , enfin tous les points de la face , peuvent commencer par être le siège de l’érysi- ‘ pèle. Borné d’abord à une partie , il envahit bientôt les régions voisines, et souvent, après avoir parcouru ses périodes sur un côté de la face, on le voit gagner le côté opposé. Le lieu nouvellement occupé présente l’aspect de l’érysipèle commençant , tandis c|ue celui quî vient d’être abandonné offre celui de la résolution , une efflorescence, une véritable desquamation. Toutes les parties ne se tuméfient pas également : les paupières, d’un tissu lâche et perméable, les lèvres, d’un tissu érectile , les unes et les autres très susceptibles de se laisser pénétrer par les fluides, acquièrent un volume démesuré ; de sorte que les yeux , ordinairement enfoncés dans l’orbite , semblent faire saiî-
lie au dehors , et sont complètement fermés; les lèvres sont saillantes ; enfin la face présente l’apparence d’une outre , d’un ballon. Les narines, resserrées, ne permettent plus l’introduction de l’air ; le malade respire alors par la bouche , qui
elle-même s’ouvre difficilement. L’inflammation se
propage avec facilité par les ouvertures naturelles, et ar contiguïté au cerveau et à ses enveloppes, au larynx, aux bronches, au pharynx , à l’œsophage. Alors se manifestent les symptômes de ces diverses inflammations. Cet érysipèle se termine souvent par résolution ; mais il n’est pas rare de le voir disparaître presque subitement pour être remplacé par une phlcgmasie viscérale plus grave. Il se forme aussi très souvent des abcès dans les angles des paupières, etc. Il est fâcheux, et malheureusement il est fréquent, que l’érysipèle de la face se propage jusque sur le cuir chevelu. Cet érysipèle est celui qui se porte le plus souvent de l’extérieur à l’intérieur, et gagne les méninges et le cerveau avec le plus de facilité. Nous aurons toujours présent le douloureux exemple de notre célèbre ami le professeur Béclard, mort victime de cette affreuse maladie.
L’érysipèle phlegmoneux peut être considéré comme un érysipèle plus intense que le précédent, et qui s’étend jusqu’au tissu cellulaire sous-jacent. Le phénomène qui établit la principale différence
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qui existe entre eux est la terminaison par suppuration , quoique cette espèce de pblegmasie puisse aussi se terminer par résolution.
Les symptômes locaux et généraux sont donc plus prononcés. Rougeur ou beaucoup plus vive, ou plus brunâtre, violacée, disparaissant et reparaissant promptement par la pression, ou conservant l’impression du doigt; cbaleur brûlante; douleur lancinante, vive, pongitive ; tumeur large, évidemment profonde et dure. Les phénomènes de réaction sont très prononcés; la fièvre concomitante est d’une violence extrême : quelquefois au bout de cinq ou six jours, à la suite d’une évacuation alvine abondante, d’une sueur ou d’urines sédimenteuses, mais le plus souvent sans aucune de ces circonstances préalables, cet érysipèle diminue graduellement, et se termine par résolution. Dans les cas les plus ordinaires la suppuration a lieu. La douleur devient pulsative, sa rougeur diminue principalement sur les bords; la tumeur s’élève en pointe ; bientôt elle se ramollit, on sent une fluctuation évidente; l’ouverlure naturelle ou artificielle de ces foyers donne issue à un pus blanc, jaunâtre, épais, opaque, louable en un mot; d’autres fois il est mêlé de flocons de tissu cellulaire; quelquefois il fuse dans l’intervalle des muscles, les dénude^ etc.
Dans quelques circonstances, lorsque la couleur de la peau est rouge, livide, que la tension est
â04 DIAGNOSTIC SPÉCIAL ET DIFFÉRENTIEL
extrême, il survient des vésicules remplies d’un liquide brunâtre, lesquelles se déchirent facilement, et laissent apercevoir dans leur fond la peau grisâtre, bleuâtre, en un mot gangrenée ; c’est l’érysipèle gangréneux. Ces eschares se détachent , une suppuration de bonne nature s’établit, les plaies se cicatrisent; mais la terminaison de l’érysipèle phlegmoneux n’est pas toujours si heureuse, le malade succombe souvent.
Une autre espèce d’érysipèle qu’il est bon de signaler c’est l’érysipèle œdémateux. Il en est de deux sortes. Dans la première l’inflammation survient sur un membre précédemment œdématié. La peau devient rouge, violacée, luisante ; cette couleur disparaît difflcilement par la pression, et cette pression détermine un enfoncement qui ne s’efface qu’avec lenteur ; la douleur et la chaleur sont moindres que dans les espèces précédentes. Cet érysipèle se montre ordinairement à la suite des maladies chroniques; ce n’est qu’un épiphénomène consécutif de peu d’importance.
Dans la seconde, Térysipèle qui prend naissance sur un membre sain est d’un rouge pâle, jaunâtre, semî- transparent, offre une marche lente et peu intense. Il est idiopathique ^ tandis que le premier est symptomatique,
Un des caractères de réryslpcle est de sc porter
DES MAIAÎ)IES DE l EEAtî.
avec la plus grande facilité d’un lieu dans un autre plus éloigné : c’est Verysipelas saltans. Ordinairement il rampe de proche en proche , il se promène sur diverses régions : c’est Verysipelas am^ bulans, repians ^ etc. Il est rare que cette phlegmasie naisse, se développe et se termine complètC'ment dans le même lieu; lorsque ce cas arrive on dit que l’érysipèle est fixe.
Une autre propriété non moins caractéristique que la précédente c’est la tendance de cette éruption à revenir par intervalles, et pour ainsi dire d’une manière périodique.
Lorsque cet exanthème se manifeste vers le déclin d’une maladie aiguë, et que celle-ci paraît amendée par cette apparition, on dit que l’érysipèle est critique. Ces exemples sont rares, et lorsqu’un érysipèle survient dans le cours d’une ma^ladie aiguë, c’est presque toujours une complica-’ tion fâcheuse.
L’érysipèle se complique avec les phlegmasies des divers viscères encéphaliques, thorachiques et abdominaux ; pour avoir une idée de ces complications, il suffit de réunir les signes de ces phlegmasies avec celle qui nous occupe.
Ainsi que nous l’avons annoncé , nous ne donnerons pas la description de l’érythème ; nous le regardons comme l’érysipèle de l’espèce la plus
2o6 diagnostic spécial et différentiel
simple, la plus légère. Cepeudant Eateman a cru devoir en traiter en particulier; et, chose singulière, Franck, tout en regrettant d’en parler à part, le classe parmi les maladies impétigineuses, sans doute parcequ’il revient souvent, et qu’il est pour ainsi dire habituel et tenace ?
Scarlatine.
La scarlatine est un exanthème aigu, contagieux, qui se développe sous l’influence d’une cause spécifique, susceptible de s’inoculer. Celte éruption n’attaque en général qu’une seule fois le même individu.
Après un certain temps de l’application de la cause, sept jours, lorsque rinocululion a eu lieu , l’éruption apparaît ; mais le temps intermédiaire est rèmpli par des symptômes, communs à la vérité avec beaucoup de phlegmasies cutanées, rnaîs importants à signaler.
Un malaise général, des frissons irréguliers, de l’abattement, de l’altération dans les traits de la face, des douleurs, des lassitudes spontanées, de la soif, de l’inappétenee, des nausées, des vomissements, de la céphalalgie, de l’insomnie ou de la somnolence , des mouvements convulsifs , de la chaleur à la peau, de la fréquence dans le pouls, etc., constituent les phénomènes précurseurs de la scarlatine : il faut y joindre la rougeur des yeux, la
douleur de la gorge et du cou , enfin becoucoup de symptômes de phlegmasies des membranes muqueuses.
Dès le second jour, quelquefois seulement vers le quatrième de Tappareil fébrile, se déclare l’éruption. Dans son plus grand état de simplicité , elle se manifeste sur la face et le cou, sous l’apparence de points rouges, innombrables, qui en peu de temps couvrent toute la surface du corps. En se réunissant , le second jour, ces points forment des taches d’un rouge très vif, et dès le troisième elles donnent lieu à une éruption continue sur les membres, et surtout autour des doigts. Il est rare que l’éruption soit générale sur le torse ; elle y conserve la forme de taches larges , étendues, irrégulières. La couleur rouge vif, animée , écarlate , est principalement prononcée dans le pli des articulations , vers les aines , les aisselles , les plis du bras , et aussi autour des lombes, etc. La peau est quelquefois rugueuse, comme chair de poule; mais cet état ne peut être confondu avec la saillie que forme l’éruption dans la rougeole. C’est vers le quatrième jour que l’éruption atteint son plus haut degré d’intensité ; alors la face est tuméfiée , les yeux ne peuvent être ouverts ; l’éruption pénètre dans la bouche, et peut s’étendre plus ou moins profondément; après quoi elle diminue graduellement et dans l’ordre de son apparition. Vers le septième Jour elle est entièrement effacée , et remplacée vers
le IluiticQie ou neuvième par une espèce de desquamation furfuracée.
On a distingué plusieurs espèces de scarlatines. Bateman décrit une scarlatine simple j, une scarlatine angineuse et une scarlatine maligne. J. -P. Franck admet les mêmes espèces, et de plus les variétés de complication avec les fièvres bijieuses, nerveuses, etc. ; et, relativement à Féruption, il la divise en lisse 9 pustuleuse, miliaire. Les auteurs modernes décrivent une scarlatine adynamique, qui n'est que la même chose que la scarlatine maligne.
La concomitance de l’angine et de la scarlatine étant pour ainsi dire constante , et l’un des caractères principaux de cette affection , nous ne saurions la passer sous silence. Cette espèce est plus grave que la précédente.
Les phénomènes précurseurs sont plus violents ; les parties de l’arrière-bouche, le pharynx, l’œsophage, sont frappés d’inflammation; la déglutition est difficile , la strangulation paraît quelquefois imminente ; un appareil fébrile proportionné se développe , croît et décroît avec l’éruption.
La douleur et le gonflement de la gorge peuvent être portés U un très haut degré; les muscles du cou sont douloureux, et comme tendus et serrés par une corde ; une salivation abondante et quelquefois sanguinolente survient ; la langue est d’un rouge vif, comme dépouillée et couverte
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d’aphtlies, les glandes maxillaires , parotides, participent au gonflement; les parois du pharynx sont tapissées par des taches blanchâtres, parfois comme ulcérées, et enduites d’une espèce d’humeur puriforme.
L’inflammation peut se porter dans le larynx , rendre la respiration difficile, la suffocation me-naçante, la voix rauque , produire l’aphonie, enfin tous les signes de l’angine trachéale.
Au bout de deux ou trois jours se montre l’éruption, qui présente à peu près les caractères que nous venons d’attribuer à la scarlatine simple. La peau prend une couleur vineuse, quelquefois elle revêt celle des cerises cuites ; elle peut devenir livide. La tuméfaction est sensible et générale , et s’oppose à la flexion des articulations. La plupart du temps la peau est unie et lisse ; elle peut être ru-« gueuse , "et enfin véritablement pustuleuse, phlycténoïde : ces variétés sont rares. Ces boutons se réunissent, forment des plaques, et tombent; mais cette desquamation est lente.
Pendantle cours de la maladie, la peau est chaude, rouge; le malade y ressent des démangeaisons vives , une chaleur ardente, des picotements intolérables. Les phénomènes généraux de réaction sont souvent d’ime violence extraordinaire. La maladie peut être accompagnée de la plupart des phlegmasies viscérales.
Vers le sixième, septième ou huitième jour les