‹ Traité élémentaire de diagnostic, de pronostic, d'indications thérapeutiques, ou cours de médecine clinique (volume 3)Chapitre 16 sur 40 · II. î · texte numérisé non relu

II. î

accidents se calment , l’éruption diminue d’intensité et d’étendue; elle pâlit, se fane, pour ainsi dire, et se termine par l’apparition d’écailles furfuracées, dans l’ordre de son apparition. Les symptômes de l’angine, ainsique les phénomènes généraux, suivent la même progression, quoique dans certains cas ils persistent encore pendant quelque temps.

La langue s’humecte, se couvre d’un enduit mou, blanchâtre, épais: il survient quelquefois une sueur abondante; l’urine dépose un sédiment blanchâtre ; on peut observer aussi un léger dévoiement, etc.

L’exfoliation s’opère avec une démangeaison considérable ; et lorsque la peau a été profondément affectée, l’épiderme se détache en lambeaux; les ongles peuvent se séparer des doigts, la langue même se dépouiller de son enveloppe ; les croûtes du nez et de l’arrière-bouche tombent , et laissent à nu des ulcérations qui guérissent avec facilité.

Une faiblesse extrême , une vive sensibilité de la peau , la persistance des phénomènes généraux , qui indique le travail morbide de quelque organe , des infiltrations de sérosité , soit générales, soit dans les membres, les articulations , les cavités du péritoine, du péricarde, des plèvres, du cerveau , sont les accidents consécutifs les plus ordinaires et les plus redoutables de la scarlatine:

plusieurs d’entre eux peuvent occasioner la mort.

Des symptômes graves peuvent accompagner cette éruption: c’est cette espèce de scarlatine que les auteurs ont désignée sous les noms de maligne, de gangréneuse , à'adynamicjue.

Les symptômes précurseurs de cette espèce de scarlatine sont à peu près les mêmes que les précédents, avec un degré de plus de violence. On a remarqué que l’abattement moral et la faiblesse physique étaient plus prononcés. Les signes de l’angine se déclarent; mais les parties de l’arrière-bouche, rouges et vermeilles le premier jour, ne tardent pas à devenir livides, bleuâtres , grisâtres, ardoisées , à présenter en un mot l’aspect de la gangrène, en même temps qu’elles en exhalent l'odeur fétide. La déglutition est difficile , impossible ; le cou tuméfié, douloureux; la voix éteinte; les taches de la peau sont pâles , livides, noires, petites, irrégulières dans leur apparition et leur disparition.

La peau est froide , le pouls petit , misérable ; la face altérée, décomposée-, les yeux rouges, pesants , larmoyants; le délire s’empare du malade; l’agitation et le coma , les pertes de connaissance se succèdent d’un moment à l’autre; enfin tout le cortège des symptômes cérébraux se déclare ; un liquide âcre et fétide s’écoule de la bouche , des narines, et corrode les parties voisines.

Avec ces symptômes on observe souvent une

212 DIAGNOSTIC SPÉCIAt ET DIFFÉRENTIEL

diarrhée abondante , des hémorrhagies par la bouche, les intestins, etc», qui terminent fréquemment les jours du malade. De véritables taches pourprées , de vraies ecchymoses se mêlent souvent à la première éruption.

La mort arrive, ou promptement dans les premiers jours de la maladie, ou vers la fin du deuxième et troisième septénaire ; la gorge , l’œsophage, le larynx, la trachée-artère, souvent l’estomac et les intestins , sont couverts de plaques gangréneuses.

Un état chronique fâcheux peut succéder à l’état aigu. Il est occasionépar des ulcérations consécutives à la chute des eschares gangréneuses, et par la suppuration qu’elles exigent : les malades meurent épuisés, après avoir été consumés pendant plus ou

moins long-temps par une véritable fièvre hecti-

que, symptomatique. Lorsque le malade guérit, la convalescence est lente et pénible. Les accidents consécutifs des autres espèces sont encore plus redoutables dans celle-ci.

Rougeole.

La rougeole est un exanthème aigu , spécifique, qui se transmet par contagion , et n’atteint ordinairement les malades qu’une fois dans leur vie.

Après l’action de là cause , et avant l’apparition de l’éruption, on observe quelques phénomènes précurseurs qui ne sont pas sans gravité : lassitudes spontanées, douleurs des membres, insomnie ou

DES MALADIES DE LA PEAU. 2l3

somnolence , horripilations vagues , chaleurs fugaces, soif, inappétence, nausées, vomissements; yeux brillants , rouges, larmoyants; tuméfaction des paupières, éternuement , écoulement par les narines d’un fluide clair et âcre ; douleur à la gorge; toux , qui, dans les premières années de la vie surtout , est rauque et analogue à celle du croup ; vomissement , dévoiement , somnolence , délire , convulsions. Tous ces symptômes précurseurs ne se présentent pas en même temps ni sur le même sujet; il en est beaucoup, comme les derniers, qui ne se manifestent que rarement , et même dans bien des cas l’éruption se montre sans qu’on ait observé le moindre dérangement dans la santé des individus. D’autres fois on a vu des hémorrhagies par le nez , l’anus ou les parties génitales.

Ters le troisième ou le cinquième jour , on voit paraître sur la face , au cou , une multitude de taches rouges , à peine saillantes vers le milieu , plus sensibles au toucher qu’à la vue, rondes , discrètes, quelquefois irrégulières, confluentes, se réunissant en plaques assez larges. Les taches rouges gagnent successivement le thorax, l’abdomen et les membres ; l’éruption atteint son plus haut degré de développement au bout de deux ou trois jours; après quoi les rougeurs diminuent d’étendue et d’intensité, des écailles furfuracécs les remplacent bientôt, et cela dans Tordre de leur apparition.

2i4 diagnostic spécial et différentiel

Toutes les membranes muqueuses semblent participer à la maladie , de sorte que l’éruption qui a lieu à la peau paraît occuper aussi ces meni’* brunes. Ce n’est ici qu’une conjecture que je hasarde ; cependant, si l’on fait attention à la constance des irritations pulmonaires, bronchiques, gastro - intestinales , etc. , qui accompagnent et compliquent la rougeole ^ on aura de grandes probabilités pour croire que ces irritations ne sont pas étrangères à la nature delà maladie. On voit, pour ainsi dire, l’éruption pénétrer dans la bouche , les bronches , le pharynx, etc. I! n’est pas jusqu’aux parties génitales qui ne soient le siège de cette irritation concomitante. Il se fait souvent par ces organes des écoulements blennorrhoïdes.

Nous ne pouvons entrer ici dans aucun détail , surles phlegmasies des viscères intérieurs qui compliquent souvent la rougeole; il suffira de joindre la description de ces phlegmasies à celle de la rougeole pour en avoir le tableau complet : mais nous ne pouvons nous dispenser de parler des phénomèries généraux qui se montrent dans cet

exanthème , et lui impriment d’importantes différences.

Une agitation considérable tourmente le malade, qui change à chaque instant de position; la peau est chaude, sèche dans le principe , humide et moite au moment de l’éruption; le pouls est dur, concentré , dans les premiers moments ;

DES MALADIES DE LA PEAU. 2lD

bientôt fort développé , fréquent ; une soif vive se fait sentir ; les urines sont rouges , peu abondantes, etc. '

Ces phénomènes généraux augmentent d’intensité non seulement jusqu’au moment de l’éruption, mais même au-delà ; ils persistent aussi pour l’ordinaire après que celle-ci a disparu, ce qui doit nous confirmer dans l’opinion de l’existence de l’éruption intérieure. De plus , l’on a observé que les phlegmasies coexistantes étaient plus opiniâtres que les phlegmasies simples ordinaires.

On a distingué plusieurs variétés de rougeole. Yilian a décrit une rougeole, rubeola sine catarriw, qui avait lieu sans inflammation des membranes muqueuses et sans fièvre symptomatique; enfin, sous le nom de rubeola jiigrayW a fait connaître une variété de cette maladie dans laquelle, au septième ou huitième jour de l’éruption , les boutons deviennent toiit-à-coup livides, brunâtres, avec un mélange de couleur jaune.

D’autres pathologistes ont distingué des espèces de rougeole aussi nombreuses ‘que les diverses complications qui les accompagnent. Ils ont admis une rougeole simple , une rougeole gastrique , une rougeole nerveuse, inflammatoire, etc. Nous pensons que c’est surcharger les livres de détails superflus.

La rougeole se termine ordinairement par résolution , à moins qu’une phlegmasie concomitante

âl6 [DIAGNOSTIC SPÉCIAL ET DIFFERENTIEL

n’emporte le malade. Mais si l’éruption est peu grave par elle-même , il n’en est pas de même de sa convalescence , où les accidents les plus variés peuvent atteindre le malade; les plus redoutables sont rinfiltration générale , les affections articulaires, les engorgements des glandes mésentériques et autres.

Il existe une multitude d’éruptions printanières qui affectent principalement les enfants, qui peuvent en imposer pour la rougeole ; mais leur innocuité, leur peu de durée, ou au contraire leur persistance en quelque sorte chronique , l’absence de phénomènes de réaction, la connaissance d’une rougeole antécédente, et beaucoup d’autres circonstances, telles que l’absence d’une épidémie actuelle , etc. , doivent faire reconnaître ces diverses éruptions.

La maladie avec laquelle la" rougeole offre la plus grande ressemblance est bien certainement la scarlatine. Mais les plaques larges , d’un rouge vif, écarlate , ordinairement non saillantes de la

scarlatine, doivent les faire distinguer.

Pétéchies*

Les pétéchies ne pouvant être considérées que comme un phénomène morbide symptomatique accompagnant les maladies typhoïdes, ne doivent pas figurer au nombre des exanthèmes. Nous en avons parlé dans notre premier volume.

L’éruption pourprée est aussi un phénomène symptomatique. Nous pensons qu’on a souvent confondu ces deux éruptions, et nous croyons qu’elles méritent d’être distinguées l’une de l’autre.

Les pétéchies sont bien vérilablement une éruption ; elles disparaissent sous la pression , pour reparaître immédiatement après. Les taches pourprées sont de véritables ecchymoses, de vraies hémorrhagies sous - épidermiques ; elles ressemblent à des piqûres de puces dont le disque rose est effacé. Quelquefois elles acquièrent une certaine étendue; la peau sur laquelle elles se montrent est ordinairement d’un jaune verdâtre , blafarde. Lorsque le pourpre est chronique, qu’il survient dans le scorbut, il est susceptible de' résolution ; il n’en est pas de même dans les maladies aiguës, dans les affections typhiques , et dans les phlegmasies accompagnées d’un caractère particulier de gravité : dans ces cas, les malades courent les plus grands dangers.^

Variole ou petite-vérole.

Ce n’est pas sans indignation que l’on voit des gens, dont le premier devoir est la bienfaisance et l’humanité , protéger de tout leur pouvoir la propagation de ce fléau. A voir l’acharnement avec lequel ils poursuivent le moyen préservatif, ne dirait-on pas que leur ministère est la destruction de l’espèce humaine? Ennemis implacables de toute

ai8 DIAGNOSTIC SPÉCIAL ET DIFFÉRENTIEL

amélioration 5 de tous progrès, de toute lumière , on les voit soutenir et répandre les préjugés , décourager les mères de famille encore chancelantes dans leur résolution , effrayer par des tableaux affreux leur cœur maternel , et mettre même en usage jusqu’aux menaces les plus terribles. Qu’ils sont loin de ressembler à ce vénérable pontife qui força ses sujets, par un décret, de recourir au bienfait de la vaccine, et déclara tout citoyen romain non vacciné inhabile aux emplois publics : honneur à Pie YII, honneur à ce véritable apôtre de l’humanité !

La variole est une maladie meurtrière, qui, d’après l’expression énergique de Franck, a causé et cause encore plus de maux que toutes les pestes ensemble. Cette éruption fatale est due à un principe spécifique , contagieux ; elle n’attaque ordinairement qu’une fois dans la vie le même individu ; on croit cependant avoir des exemples bien constatés d’une double contagion. Un très petit nombre de personnes paraissent à l’abri de l’infection , mais on a pensé qu’elles avaient eu la variole dans le sein maternel , comme quelques faits semblent le prouver, ou qu’ayant eu seulement quelques boutons varioleux disséminés, on aura pensé qu’elles n’en avaient jamais été frappées.

Cette maladie est principalement caractérisée par des pustules élevées, de grandeur variable,

mais n’excédant guère le volume d’un pois lorsqu’elles sont isolées ; pouvant être confluentes, réunies en groupe , affectant alors une figure irrégulière, déprimées vers leur centre, remplies d’un liquide d’abord transparent , puis opaque et purulent; qui se dessèchent vers le quatorzième jour, et se détachent en laissant une cicatrice creuse*, ordinairement durable.

D’après la quantité des boutons, on a établi deux espèces de variole : la variole discrète et la variole confluente.

La première s’annonce par un certain nombre de phénomènes précurseurs absolument semblables à ceux qui devancent les autres phlegmasies cutanées, et que par cette raison nous ne répéterons pas.

Vers le troisième ou le quatrième jour on voit poindre sur les lèvres, sur le menton, sur les joues , enfin sur toute la face , une multitude de petites élévations rouges, dures, lesquelles sont bientôt surmontées d’une petite vésicule contenant un liquide transparent, roussâtre. Ces boutons se propagent avec rapidité à la poitrine, aux membres , au ventre , etc. ; en vingt-quatre heures ils couvrent ordinairement toute la surface du corps. La face se tuméfie ainsi que les mains ; les yeux ont de la peine à s’ouvrir, et seront bientôt complètement fermés ; les articulations des doigts 'ne peuvent plus se fléchir. Les pustules sont isolées

220 DIAGNOSTIC SPECIAL Eï DIEFÉRÊNTIEL

les unes des autres, entourées à leur base d'une aréole rouge ; le lendemain de leur apparition , le liquide devient blanc et opaque, leur sommet s'aplatit. C'est ordinairement sur le visage que se manifestent d'abord les changements qui doivent gagner un peu plus tard le reste du corps. L'éruption est générale et complète vers le deuxième jour, alors l'appareil fébrile qui accompagne cette éruption cesse ou diminue sensiblement.

La base des pustules s'élargit, rougit, et devient le siège d'une douleur pongitive. Vers le troisième jour de l’éruption, le gonflement général est plus marqué; il est surtout sensible à la face et aux mains. Les pustules augmentent de volume, le liquide qu'elles renferment prend tout-à-fait l'aspect purulent. Les quatrième, cinquième et sixième jours , les changements sont peu prononcés ; mais à cette époque , c’est-à-dire vers les neuvième, dixième ou onzième jours à dater de l’invasion , le cercle rouge de la base commence à perdre de sa vivacité; les pustules s’affaissent , un point brunâtre apparaît vers leur centre, principalement au visage : c’est l’annonce de la dessiccation. Les pustules s’ouvrent quelquefois , et laissent suinter Tichor qu'elles contiennent, lequel se sèche et forme une croûte jaunâtre. Au bout de quelques jours , quelques pustules ou fragments de croûte se détachent, et laissent apercevoir la peau rouge et souvent déprimée. La dessiccation s’opère sur le

des MAjLADIëS de la Î>EAÜ. 221

tronc et sur les membres quelques jours plus tard, et à peu près de la même manière; les pustules se rompent moins souvent. C’est ordinairement du quinzième au vingt-unième que se termine cette Yariété simple de la petite-vérole; mais telle n’est pas toujours la marche de cetle maladie. *

Lorsque la suppuration se manifeste, il survient ordinairement un mouvement fébrile, qu’on a nommé fièvre de suppuration , et qui persiste jusqu’à la chute des boutons , et quelquefois même au-delà. C’est vers cette époque que l’air qui entoure le malade est imprégné d’une odeur spécifique repoussante , facile à reconnaître , et qui décèle la présence d’un corps particulier vraisemblablement doué de la funeste propriété de transmettre l’affection ; mais il est nécessaire pour cela qu’il existe un certain nombre de pustules.

Dans la seconde espèce , dans la variole confluente, les accidents sont bien autrement graves. Les phénomènes précurseurs sont bien plus violents, bien plus intenses ; ils ont ordinairement une durée moins longue ; l’éruption apparaît quelquefois dès le deuxième jour.

Une multitude innombrable de boutons plus petits, moins élevés, rapprochés les uns des autres , se manifestent ; ils sont bientôt surmontés d’une vésicule qui, à peine apparente, se réunit aux vésicules voisines, et prend un aspect irrégu-

lier. Alors, réunies entre elles, elles forment de larges phlyctènes , aplaties , qui couvrent une partie de la face , et quelquefois même sa totalité , de manière à lui former une espèce de masque. L’aréole rouge est moins large que dans l’espèce précédente , et cela s’explique facilement , puisque l’espace nécessaire manque , et qu’il est occupé par les pustules. La tuméfaction du visage est telle, qu’on ne distingue plus ni saillies ni enfoncements. La suppuration des boutons a lieu dès

les premiers jours , et elle dure fort long-temps.

L’éruption variolique ne se borne pas à la peau: on la voit pénétrer dans l’intérieur de la bouche, sur la langue, dans le gosier, sous forme de petites vésicules blanches, aplaties. Quelques auteurs ont avancé que l’éruption ne se bornait pas là , et qu’elle pénétrait dans tout le canal alimentaire ; d’autres , parmi lesquels il faut mettre Franck, ont douté de cette assertion; mais cet auteur a eu la sagesse de s’abstenir de prononcer sur cette question, parcequ’il n’avait pas de faits à l’appui de son opinion. Quelques modernes moins réservés ont nié complètement cette propagation. Je puis affirmer qu’elle existe. J’ai vu un canal alimentaire garni des mêmes pustules que celles de la bouche , depuis l’œsophage jusqu’au rectum. L’individu était mort dans la période de suppuration d’une variole confluente.

Les phénomènes • généraux revêtent un carac-

tère alarmant d’intensité, mais c’est surtout da onzième au quinzième jour que ces phénomènes concomitants sont portés au plus haut degré. Nous ne les décrivons pas, parcequ’ils sont communs à toutes les maladies aiguës violentes, et ne peuvent par conséquent pas servir au diagnostic. Cette maladie se termine souvent par la mort. Lorsqu’elle se termine par la guérison, ce n’est que fort tard que la dessiccation a lieu ; ce n’est quelquefois qu’au vingtième jour, au vingt-cinquième , et plus tard encore. La chute des croûtes laisse à découvert des ulcères profonds plus ou moins rebelles.

Des pustules peuvent s’être développées sur les cornées ; alors une taie souvent incurable leur succède. Enfin cette affreuse maladie peut laisser après elle les traces les plus funestes et les plus irréparables.

Parnii les espèces de varioles tirées du caractère de la fièvre concomitante décrites par les auteurs, il est aisé de reconnaître les complications de cette éruption avec les phlegmasies des divers organes. 11 est évident que la petite -vérole nerveuse n’est autre que la complication de cette maladie avec la méningite ou l’encéphalite. Un médecin très distingué de notre époque n’admet cependant pas cette complication : mais lorsqu’il existe des lipothymies , des soubresauts de tendons , de la carphologie, des convulsions, du délire, du coma, de l’agitation, de l’insomnie ; lorsque l’éruption est

'224 DîÀGNOSTîfî SPÉCIÂÏ; ET DIFFEHENTIET

noire, qu’il existe des points gangréneux , que les déjections sont involontaires , nous croyons qu’il est difficile de rejeter cette complication. La coexistence de la gastrite est encore plus évidente dans la variole bilieuse ; la douleur épigastrique, sensible à la pression , les nausées , les vomissements , la soif , etc. , tout décèle la présence de l’inflammation de l’estomac. La variole inflammatoire n’est que la complication de cette éruption avec un état pléthorique général, ou avec quelque phlegmasie parenchymateuse, etc. Nous devons donc renvoyer, pour les détails graphiques , à la description des différentes maladies qui la compliquent.

Mais on a fait aussi des espèces d’après la forme ou la nature de l’éruption; et, bien que nous n’ajoutions pas une grande importance à ces objets scolastiques, nous ne pouvons cependant les omettre sans encourir quelques reproches.

Nous passerons sous silence la discrète maligne de Sydenham , ainsi que celle qu’il appelle dysen^ iérigue , parcequ’elles rentrent dans les espèces compliquées dont nous venons de parler; mais nous signalerons la variole cristalline discrète , dont les boutons , de la grosseur de pois , au moment de la suppuration, sont remplis d’une séro- < sité transparente ; la verruqueuse , dans laquelle les pustules sont racornies, dures, âpres, rugueuses au toucher , semblables à des verrues ; elles

ne tombent ordinairement que très tard, en général au bout d’un mois ; la siliqueuse , dont les vésicules sont ordinairement molles , vides , ou remplies d une humeur blanchâtre et ichoreuse ; la petite -vérole miliaire, vésiculaire, pourprée, qui consiste en petites pustules miliaires, rares, remplies d’une sérosité très limpide , qui rendent la peau raboteuse , rude au toucher.

La variole confluente présente aussi quelques variétés : la confluente régulière de Sydenham ; la confluente crystalline d’Helvétius ; la petite-vérole cohérente , la noire , scorbutique, et la petitevérole à placards du même auteur; distinctions peu importantes , et dont quelques unes peuvent être rapportées à des espèces décrites, telles , par exemple , que la scorbutique , qui ne parait être que la variole maligne , etc.

Ce serait sans doute ici le lieu de décrire l’inoculation ; mais ce moyen préservatif étant généralement abandonné , et remplacé par la vaccine , nous nous abstiendrons d’en parie

Vaccine.

Fatigués par les tableaux continuels de nos infirmités, nos regards s’arrêtent avec complaisance sur l’un des plus grands services rendus à l’espèce humaine. La vaccine est une des plus belles découvertes des siècles modernes. Nous n’entrerons

Page 1