‹ Traité élémentaire de diagnostic, de pronostic, d'indications thérapeutiques, ou cours de médecine clinique (volume 3)Chapitre 18 sur 40 · II. i · texte numérisé non relu

II. i

24^ DIAGNOSTIC SPÉCIAt ET DIEFÉRENTIEt

malade à se gratter avec force. Alors il déchire avec ses ongles la sommité du bouton , qui se recouvre d’un petit caillot de sang desséché. La poitrine, le cou, les épaules, le dos, sont les lieux que 'cette éruption occupe de préférence ; mais bientôt elle se propage et gagne les membres, et principalement les membres thorachiques. Les plis des articulations et l’intervalle des doigts sont ordinairement épargnés par cette éruption.

La sensation produite par le prurigo est pénible et désagréable, elle ressemble au fourmillement que certains insectes produisent en rampant sur la peau.

Lichen.

La principale différence qui existe éntre le lichen et la gale, c’est que le premier consiste en des boutons pleins, durs, avec ou sans changement de couleur à la peau , tandis que Tautre se manifeste sous forme de petites vésicules entourées d’une aréole rosée. Le lichen n’est point contagieux , et il occupe le trajet des membres , le dos de la main, la face, etc., et non les plis des articulations. Ces caractères suffiraient déjà pour le faire reconnaître; la description suivante en marquera mieux encore la différence.

Le lichen simple est une éruption de boutons rouges, naissant d’abord sur la face ou sur les bras, et s’étendant, en trois ou quatre jours, sur

nu MALADIES DE LA PEAU. 2[^0

le tronc et les membres pelviens; elle est accompagnée d’un fourmillement incommode, et non de prurit. Elle peut rester stationnaire pendant une semaine, après quoi elle pâlit, et se termine par une véritable desquamation , des exfoliations farineuses, et non pas des croûtes; sa durée est très variable; M. Biett l’a vue durer plusieurs années.

Lorry trace ainsi qu’il suit les signes distinctifs de la gale et du lichen : Priwd à scabie diffe^ runtj, qubd papulœ illœ vitlgo magis confertæ sint et elatiores ; secundo ^ qubd rubicundœ magis et minus aridœ sintÿ tertib , qubd sœpè sanatis febribus superveniant ; quartb ^ qubd latiores sint ^ et sœpiüs recidivam patiantur quàm vera et légitima scabies ; quinib , qubd m furfur abeant notabile ; sextb , demiun y qubd remediis sanentur d scabiei curatione alienis.

Le lichen urticatus , ajouté par Bateman aux espèces décrites par Willan, ressemble peu à la gale; il consiste en des papules larges, élevées, ressemblant à des morsures de punaises ou de cousins, enflammées, prurigineuses, brûlantes, dépourvues de vésicules , ayant leur siège au cou , à la face; irrégulières dans leur apparition et dans leur disparition.

Les boutons se réunissent quelquefois , deviennent confluents ; ils s’effacent en laissant une vé-

ritable desquamation.

a44 DIAGNOSTIC STÉClAt ET DIFFÉRENTIEL

Les auteurs qui ont écrit sur les maladies de la peau ont distingué sept espèces de lichen , à savoir, le simplex^ le pilaris^ le circumscriptus ^ VagriuSj le lividusj le tropicus^ Vurticatus. On sent que nous ne pouvons donner les caractères de toutes ces espèces sans dépasser les bornes que nous nous sommes imposées.

JEcthyma, psydracia de Franck,

Cette éruption de pustules n'est point contagieuse ; elle est tellement rare en France que nous nous abstiendrions d'en parler sans sa ressemblance avec la gale, lorsque celle-ci est compliquée de pustules. Au moins n'entrerons-nous dans aucun détail sur ses espèces, qui sont Vecthyma vulgarCy infantile^ luridum j symptomaticum ^ cacheC’* îicum, ^

Une éruption de pustules dures sur quelques parties des extrémités, sur le cou et les épaules, qui atteint son développement en trois ou quatre jours ; entourées d'un cercle inflammatoire ; présentant à leur sommet une vésicule contenant du pus ; qui se rompent au bout de deux ou trois jours, pour laisser échapper la matière purulente, laquelle est bientôt remplacée par un fluide moins consistant ; se convertissant au bout de quelques jours en écailles brunes, qui tombent au bout d'une semaine : telle est l'ecthyma dans son plus grand état de simplicité.

On voit que la forme de l’éruption, sa marche, sa terminaison, son siège, sa nature, etc., ne peuvent permettre de la confondre avec la gale.

Cette éruption aurait dû être placée parmi les maladies aiguës de la peau ; nous ne l’avons décrite ici que pour le diagnostic de la gale.

Eczema.

On a admis trois espèces d’eczema , Veczema solare ^ V eczema impetiginodes y Veczema rubrum; celles qui offrent le plus de ressemblance avec la gale sont l’eczema impetiginodes, ensuite Feczema rubrum.

Cette maladie vésiculeuse ne se communique pas par contagion. L’eczema impetiginodes est une éruption de petites vésicules séparées , remplies d’un liquide transparent, fortement adhérentes à la peau, légèrement proéminentes, s’élevant et croissant avec lenteur , occasionant de la chaleur , de la cuisson et quelquefois du prurit. Ces vésicules se rompent au bout d’un certain temps et laissent écouler un fluide qui semble enflammer et corroder les parties voisines. L’épiderme devient dur, inégal , se gerce et rougit. Le siège de cette éruption est ordinairement les mains, les bras, la poitrine,, le cou, les épaules ; mais il n’est pas rare de la voir envahir toute la surface du corps. Ce qui peut la faire distinguer de la gale, c’est qu’elle occupe souvent la paume des

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mains et la plante des pieds , où la gale parvient rarement; qu'elle occasione une cuisson bien différente du prurit de la gale , enfin qu’elle n’est pas contagieuse.

L’eczema rubrum est précédé de gonflement , de rougeur, de tension, et se manifeste ordinairement à la partie interne et supérieure des cuisses et au scrotum. Les aines, les aisselles, les plis des bras, les poignets, les mains, sont souvent occupés par cette éruption. Elle consiste en une multitude de vésicules petites, transparentes, qui dans deux ou trois jours acquièrent le volume d’une tête d’épingle , et deviennent laiteuses. Ce caractère la distingue éminemment de la gale et des autres exanthèmes cutanés. Elle gagne quelquefois toute la surface du corps ; elle détermine un gonflement plus ou moins considérable , une vive sensibilité et une forte démangeaison.

Les vésicules se rompent et laissent suinter un liquide âcre qui irrite les parties voisines ; ce liquide s’épaissit , exhale une odeüf fétide ; il se forme des excoriations générales, puis des gerçures profondes aux plis des articulations , enfin des croûtes squameuses , jaunes , flavescentes , qui tombent au bout d’un temps plus ou moins long, relativement à son étendue et à son intensité.

*■ Dartres.

J’admire l’excellent esprit de J. -P. Frank lors^

qu’il s’applique à faire disparaître les distinctions superflues qui embarrassent plutôt qu’elles ne facilitent l’étude des maladies. Je rue range avec plaisir de son avis lorsqu’il dit que les divisions des dartres fondées uniquement sur les apparences extérieures ne sont c[ue l’expression d’un degré différent d’intensité, ou d’un siège différent, et qu’on ne doit nullement les regarder comme des espèces particulières. Il admet cependant, à l’instar de Galien, cinq espèces de dartres : la farineuse, la miliaire , la rongeante, la phagédénique, et la dartre interne. Il décrit aussi la mentagre séparément.

M. le professeur Alibert, auquel M. Bateman reproche de s’être servi du mot dartre d’une manière vague et indéfinie , en a fait un bien plus grand nombre d’espèces : il admet la dartre /hr/hracèe^ squameuse y crustacée^ rongeante^ ‘pustuleuse^ plilyciénoïde et érytkénwïde , distinctions sans doute importantes dans un traité spécial , mais d’autant moins utiles dans un ouvrage élémentaire qu’elles modifient fort peu le traitement.

• Le reproche de Bateman n’est pas dépourvu de fondement, puisque l’on range sous une même dénomination un grand nombre d’objets qui sont loin de présenter les mêmes caractères. Cependant on peut dire que les affections cutanées que l’on désigne sous le nom générique de dartres, quoique se présentant sous des apparences diverses, n’en ont pas moins un grand nombre de points de ressemblance.

Les dartres sont en général formées par de petits boutons rouges, transparents, jaunâtres, environnés d^une aréole rouge, enflammés à leur base, réunis en groupe, occasionant un prurit variable, un sentiment de démangeaison légère ou de formication, de brûlure, de piqûre, d élancements, de tension, etc. Les boutons s’ouvrent spontanément ou par le frottement. Il peut survenir des ulcérations rebelles, d’où s’écoule une matière iclioreuse irritante. Enfin il se forme des écailles, des croûtes , qui tombent en desquamation. Ces exanthènes chroniques sont ordinairement exempts de phénomènes généraux ; il paraît certain qu’ils ne se communiquent pas par contagion.

Il est difficile de ranger dans cette définition la dartre furfuracée de M. Alibert, laquelle consiste en une simple efflorescence de l’épiderme sans altération du corps muqueux. Frank en fait une espèce à part, sous le nom de porrigo, et Bateman la place dans le genre sc/uamœ, sous la dénomina* tion de pityriasis.

Nous allons exposer les caractères de ces éruptions qui nous ont para les plus remarquables*

La dartre farineuse de Sauvages , à laquelle on doit rapporter les dartres furfuracées de M. Alibert, le porrigo de J. -P. Frank, le chloasma du même auteur, le pityriasis de Bateman, peut-être la lèpre sim^ple et la dartre squameuse, écailleuse, etc., qui ne me paraissent être que des variétés peu impor-

DES maladies de LA PEAÜ. 249

tantes de la même maladie, est caractérisée par la séparation de l’épiderme sous la forme d’une poussière légère , ou d’écailles de diverses dimensions et de formes variables.

Ces efflorescences sont quelquefois précédées de petits boutons imperceptibles à l’œil nu, peu sen ^ sibles au toucher, sans changement de couleur à la peau et rarement rouges ; elles occasionent un prurit plus ou moins vif. Ces éruptions peuvent occuper toutes les parties du corps.

Les croûtes, de quelque forme et de quelque couleur qu’elles soient , n’auraient pas dû servir de base à une distinction d'espèces ; elles ne nous paraissent qu’un effet secondaire , peu propre à servir de caractère diagnostique. Ces croûtes sont le résultat de l’exhalation et de la concrétion, sur la peau , d’une matière puriforme sécrétée par des espèces de boutons ou par des altérations particulières, plus ou moins superficielles , de la peau: c’est la dartre miliaire des anciens. 11 se manifeste sur plusieurs points de la peau une tuméfaction accompagnée ou plutôt précédée de prurit, de chaleur et de tension , une rougeur plus ou moins vive, une douleur insupportable après les repas et pendant la nuit. Il s’élève sur cette partie sensiblement enflammée une multitude de papules, et quelquefois de pustules et même de vésicules, qui contiennent un liquide variable, qui devient blanc, opaque , et s’échappe au dehors par la rupture des

sBo DIAGNOSTIC SPÉCIAE ET oiEFÉEENTIEE

boutons, spontanée ou produite par le frottement, La base des pustules est ulcérée; le fluide qui s’en échappe se dessèche pour former des écailles ou des croûtes grisâtres , jaunâtres, fauves , épaisses ou minces , tombant avec facilité ou adhérentes, etc., circonstances qui ont fait admettre un grand nombre de variétés de dartres au moins superflues, Les dartres pustuleuses , la mentagre , la couperose, la miliaire, les dartres crustacées, ne sont que des variétés de cette espèce. La dartre q)hlycténoïde n’en diffère que par le volume plus ,ou moins considérable des vésicules; il est douteux que cette variété soit une véritable dartre. Nous ne pensons pas que le zona, qui a été mis au nombre de ces éruptions , ait le caractère dartreux. C’est bien essentiellement une phlegmasie aiguë.

Nous devons cependant mentionner d’une manière particulière la dartre rongeante de M. Alibert, la phagédénique des anciens auteurs: elle est caractérisée par des ulcères qui s’étendent avec une effrayante rapidité et détruisent plus ou moins profondément les tissus qu’ils envahissent. Cette dartre paraît être le plus haut degré de développement des espèces précédentes. Nous adoptons entièrement l’opinion de Frank, qui s’exprime en ces termes sur toutes les distinctions qu’on a voulu établir parmi ces éruptions : Herpetis solita.,. divisio formœ potiüs^ ac veliementiœ, quàm diverse hoc

in morbo naturœ fundamenîo inniiitur, (Tome II, page 89.)

Teignes»

Ce que nous venons de dire des dartres s’ap-^ jDÜque tout aussi rigoureusement aux teignes. Les distinctions établies par les auteurs, et principalement par M. Alibert, ne nous paraissent pas d’une haute importance.

La teigne ou les teignes, affection qui se rapproche beaucoup des dartres, occupe particulièrement la tête et la face ; elle peut s’étendre aux épaules et de là aux autres parties du corps ; elle atteint de préférence les enfants. Elle consiste en ulcères prurigineux , serpigineux, qui versent une très grande quantité de matière ichoreuse, laquelle se condense en écailles ou en croûtes de différentes formes, qui ont fourni les caractères prin-^ cîpaux des variétés admises par le professeur Alibert. Cet auteur établit en effet d’après cette' base cinq espèces de teignes. La teigne faveuse, la teigne granulée ou rugueuse, la teigne furfuracée ou porrigineuse , la teigne amiantacée , enfin la teigne muqueuse.

La plupart des teignes sont précédées d’un sentiment de chaleur, d’ardeur, de prurit, de tension. Les glandes du cou et de la nuque se tuméfient , deviennent tendues, douloureuses; il existe queh quefois de la céphalalgie ; la démangeaison aug-

loente. On reconnaît une élévation plus ou moins large; une espèce d excoriation, d’ouverture étroite qui surmonte la tumeur, laisse échapper une humeur visqueuse, épaisse, jaune, plus ou moins fétide, qui se répand dans les cheveux , les agglutine en se coagulant par le contact de l’air. La tête est bientôt entièrement couverte de croûtes d’aspect variable : tantôt ces croûtes présentent l’apparence de petites excavations circulaires ( teigne faveuse, alvéolée); tantôt celle de petits grains séparés, grisâtres , brunâtres , irréguliers ( teigne granulée ou rugueuse); tantôt celle de plaques irrégulières, jaunes , flavescentes , se détachant avec facilité, recouvrant non seulement la tête, mais s’étendant au front , aux tempes , aux oreilles et à la face (teigne muqueuse). D’autres fois le liquide se coagule sous forme lamelleuse, en écailles surfuracées, blanches, plus ou moins épaisses, humides ou sèches, adhérentes ou se détachant. avec facilité (teigne furfuracée); enfin les écailles peuvent être luisantes , argentines , réunir les cheveux en faisceaux, leur donner un aspect brillant, soyeux, chatoyant, qu’on a comparé à celui de l’amiante ( teigne amiantacée ).

Lorsque les tubercules sont rapprochés et confluents, la matière ichoreuse est plus abondante, et les croûtes sont plus épaisses. Ces croûtes sont soulevées par le liquide qui suinte au-dessous ; bientôt elles sont déchirées, fendues, et laissent

écouler le fluide accumulé sous elles ; une large plaque mêlée de cheveux, d’un aspect hideux et dégoûtant, recouvre la tête entière. La peau sousjacente est altérée, ulcérée ; les bulbes des cheveux sont sinon détruits directement , au moins fortement affectés ; un amaigrissement plus ou moins marqué survient ; des douleurs atroces tourmentent le malade, qui peut mourir de cette maladie, ce qui pourtant arrive rarement.

Lorsque les croûtes tombent, on aperçoit des ulcérations superficielles, rouges, luisantes, qui ne tardent pas à se recouvrir d’un nouveau fluide, qui se concrète comme le premier. Lorsque la guérison a lieu, la peau reste souvent lisse et luisante; d’autres fois des cheveux lanugineux croissent irrégulièrement sur ces têtes à demi chauves.

On a confondu avec les teignes , et particulièrement avec la teigne muqueuse, les croûtes de lait qui attaquent la première enfance. Nous pensons que ces deux affections méritent d’être distinguées.

Ces dernières naissent ordinairement sur la face, autour des lèvres, sur les joues, et quelquefois sur le front. La partie se gonfle, se tuméfie, devient douloureuse, rouge et luisante ; bientôt de petites vésicules jaunes, transparentes, plus ou moins larges, apparaissent sur le sommet de ces tubercules , lesquelles par leur rupture laissent échapper un fluide coagulable qui donne lieu à des croûtes d’un jaune rougeâtre, plus ou moins épais-

ses , qui peuvent occuper tout le visage de Tenfant. Cette éruption occasione du prurit et une inquiétude considérable.

La croûte laiteuse diffère de la teigne et par son siège et par son innocuité. Elle cède facilement à des applications adoucissantes. Sous le nom depo/rigo, Willan désigne la même maladie que les teignes deM. Alibert ; ne reconnaît pas précisément les mêmes espèces. Le porrigo de Frank n’est autre chose que la teigne furfuracée de Fauteur français.

Nous ne croyons pas devoir parler des diverses taches qui ternissent la peau le plus ordinairement d’une manière indélébile. Leur peu de danger et leur incurabilité rendent superflue toute dissertation à leur sujet , surtout dans un ouvrage où l’on ne doit faire entrer que les choses vraiment utiles à connaître. Ainsi les diverses éphéiides, les nczm , le vitiligOÿ l’alopécie, ne méritent guère de nous arrêter. L’érythème, les diverses ecchymoses , le chîoasma , que Frank a réunis dans le même ordre f ne doivent pas davantage fixer notre attention. Les pliques , les lèpres ^ les ichthyoses , Féléphantiasis, les cancroïdes, les pians, etc. , etc. , ne sauraient être que des objets d’une curiosité assez stérile. Nous n’avons dû nous arrêter que sur lesphlegmasies cutanées les plus importantes.

Des maladies du tissu cellulaire.

La chirurgie dispute à la médecine la propriété

des maladies du tissu cellulaire sous-cutané, ainsi que certaines maladies de la peau qui s’étendent jusqu’à ce tissu. L’on trouve en effet dans les ouvrages des chirurgiens la description du phlegmon, du furoncle, de l’anthrax, du charbon, de la pustule maligne, qu’on retrouve aussi dans les écrits des médecins. Méprisant ces prétentions, peu dignes de gens qui cultivent la science avec une certainephilosophie, nous n’entrerons nullement dans ces disputes puériles et ridicules ; déjà trop riche des matériaux immenses qui forment notre domaine, nous abandonnerons volontiers ces parcelles dont nous sommes peu jaloux. Nous nous bornerons à mentionner l’emphysème, l’œdème et l’endurcissement du tissu cellulaire.

Empliyshme du tissu cellulaire.

L’emphysème reconnaît presque toujours pour cause une plaie pénétrante du poumon ; mais nous avons déjà dit qu’il était aussi le résultat d’une exhalation morbide spontanée ; il peut même être provoqué par une insufflation extérieure , comme Sauvages en rapporte un exemple remarquable.

La peau est tendue, blanche, luisante, élastique, indolente ; elle est tuméfiée dans une étendue plus ou moins considérable. La tumeur, lorsqu’elle est peu volumineuse, n’est pas circonscrite ; ses bords se perdent insensiblement dans la portion

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saine. Lorsqu’on la comprime, elle ne conserve nullement l’impression des doigts, et elle fait entendre une véritable crépitation , tout-à-fait analogue à celle qui résulte de la compression du tissu pulmonaire sain ; la poitrine, le cou , la face, les paupières, les mamelles, les bras, le scrotum ou les grandes lèvres , les cuisses, les jambes , en un mot toutes les parties du corps se gonflent ; toutes les saillies, tous les enfoncements disparaissent ; le cou acquiert le volume de la tête ; les mamelles de l’homme égalent celles d’une femme qui allaite; les parties du corps où le tissu cellulaire est lâche acquièrent le plus grand développement. L’air peut pénétrer dans l’intérieur des viscères , et occasioner des phénomènes locaux et généraux plus ou moins graves.

Les signes locaux que nous venons d’exposer ne permettent pas de méconnaître cette affection, et doivent suffire en effet pour la faire distinguer de toute autre.

L’emph3^sème peut être générai ou partiel.

Lorsqu’il dépend d’une plaie pénétrante dans la poitrine , de celle de quelques organes des voies aériennes, il occasione les accidents les plus graves, il acquiert un énorme développement, et

devient souvent mortel. La description des phénomènes organiques et fonctionnels de l’emphysème trâoîïiatique appartient à la chirurgie.

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