‹ Traité élémentaire de diagnostic, de pronostic, d'indications thérapeutiques, ou cours de médecine clinique (volume 3)Chapitre 24 sur 40 · II · texte numérisé non relu

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SjO DIAGNOSTIC SPÉCIAL EX DIFFÉRENTIEL

qu’on a reconnu Texistence de cette maladie, et qu’on a porté l’attention sur elle.

« D’après ce qu’ont écrit les auteurs sur la myélite , il est très difficile de distinguer les symptômes qui lui sont 'propres , parcequ’ils ont le plus souvent confondu cette inflammation avec celle des enveloppes de la moelle. Cependant il paraît que le symptôme le plus constant est une douleur excessivement aiguë et profonde, accompagnée d’un sentiment de chaleur âcre dans la longueur du rachis, et que les mouvements exaspèrent considérablement. Il est d’autant plus douteux qu’il y ait eu myélite dans cette dernière circonstance, que J. Frank dit positivement qu’il n’a jamais observé d’accroissement de la douleur dorsale par les mouvements. Le malade est couché tantôt sur le ventre, et tantôt sur le dos. Cette dernière position aggrave la douleur, suivant Klohss, surtout lorsque le malade repose sur un lit de plume et non sur un matelas.

» A la douleur dorsale, qui existe bien plus fréquemment dans un point seulement du dos que dans toute sa longueur, se joint un état de stupeur accompagné de fourmillements incommodes dans les membres abdominaux : cette stupeur est d’autant plus prononcée que l’inflammation est plus rapide ; elle se termine par la paralysie plus ou moins complète. Quelquefois le malade ne peut remuer les membres inférieurs, qui sont le siège

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de douleurs excessives^ que le plus léger contact exaspère à un point extrême ; c’est ce que M. 01livier a observé une fois entre autres chez un malade ; le drap seul ne pouvait être supporté. L’excrétion involontaire des matières fécales et de l’urine ou leur rétention a lieu plus ou moins complètement. Ordinairement la constipation et la rétention d’urine existent dans le début de la maladie. On n’observe les phénomènes contraires que plus ou moins long-temps après l’invasion. Dans quelques cas rares, on les a cependant vus dès le commencement. Enfin, la constipation peut aussi exister jusqu’à la fin, et l’excrétion de l’urine rester volontaire.

» La paralysie qui suit la myélite a quelquefois une marche ascendante ; de sorte qu’elle gagne la partie supérieure du tronc, les membres supérieurs, et détermine enfin la cessation de la respiration, et la mort par asphyxie. Dans quelques cas plus rares , on a vu au contraire ces accidents suivre une marche opposée et se propager de haut en bas. Tantôt la paralysie du mouvement existe seule, le malade conserve la sensibilité ; tantôt la sensibilité seule est abolie ; enfin la paralysie du sentiment et du mouvement peut être également complète. Ces différences dépendent de la partie de la moelle qui est altérée, sa moitié antérieure présidant au mouvement et sa moitié postérieure à la sensibilité. Assez ordinairement la paralysie se

manifeste d’abord seulement dans un membre, puis ensuite dans celui du côté opposé. On a tu quelquefois des convulsions plus ou moins prolongées précéder la paralysie. Les membres sont parfois dans un état de contraction permanente et douloureuse, d’autres fois ils sont flasques, sans nulle rigidité.

» La myélite , qui peut avoir son siège dans toute l’étendue de la moelle épinière ou dans une portion seulement de sa longueur, se décèle alors par des phénomènes qui annoncent dans quelle partie elle réside. Si c’est dans la région supérieure, dans celle qui est plus ou moins voisine de la protubérance annulaire , il y a souvent alors trouble des sens, délire furieux, etc., en un mot tous les symptômes qui caractérisent l’inflammation cérébrale; paralysie de tout le corps, et mort rapide avec tous les accidents de l’asphyxie : on a vu quelquefois dans ce cas des symptômes d’hydrophobie.

» Quand la portion cervicale est le siège de l’inflammation, on remarque assez souvent une rigidité prononcée dans les muscles du cou, de même que dans les membres supérieurs , qui sont quelquefois agités de mouvements convulsifs , et qui ne tardent pas à être paralysés. Cette paralysie , qui commence toujours dans un des membres thorachiques seûlement , est précédée par un sentiment d’engourdissement dans les extrémités des doigts. Cette sensation remonte graduellement de

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la main à l’avant-bras et au bras, et bientôt alors elle est remplacée par la perte du mouvement, et quelquefois du sentiment en même temps. La respiration est ordinairement laborieuse, très pénible, et ne s’opère que par le diaphragme. M.Ollivier a vu dans un cas la déglutition excessivement difficile.

» Lorsque l’inflammation réside dans la portion dorsale de la moelle entre les deux renflements , on observe plus particulièrement alors des secousses convulsives et continues du tronc, auxquelles les membres ne participent pas, à moins que la désorganisation n’occupe une partie des renflements. La respiration est courte , précipitée , diaphragmatique ; il y a des palpitations , des battements de cœur irréguliers et forts. A ces symptômes se joignent , suivant M. Pinel fds , l’anéantissement presque complet des fonctions du système nerveux , et un état fébrile général marqué par l’excitation de toutes les fonctions.

» Enfin , quand le renflement lombaire est le siège de la myélite, on observe plus particulièrement la paralysie des membres inférieurs, l’écoulement involontaire ou la rétention des matières fécales et de l’urine, avec une douleur profonde bornée à la région lombaire. On a 'remarqué aussi un satyriasisplus ou moins prononcé quand la maladie résultait d’une chute ou d’un coup.

»Dans la myélite chronique il n’existe assez,^ souvent aucun sentiment douloureux ; cependant

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il n’est pas rare de rencontrer des individus chez; lesquels la maladie s’annonce long-temps avant qu’aucun symptôme de la paralysie se manifeste, par un état douloureux des membres, qui en rend la moindre pression pénible , et qui est accompagné d’une douleur plus ou moins circonscrite dans la longueur du rachis. Quelquefois le médecin et le malade lui-même ne reconnaissent cette dernière circonstance qu’en portant successivement l’extrémité des doigts sur la série des apophyses épineuses , et en appuyant légèrement sur chacune d’elles, C’est ainsi qu’on distingue les douleurs rhumatismales de celles que ressent le malade, lesquelles dépendent de la myélite chronique, et sont souvent accompagnées d’un simple défaut de force dans les mouvements. Enfin , la paralysie des membres, de la vessie et du rectum se prononce graduellement, en même temps qu’il y a une diminution sensible dans la chaleur des parties paralysées ; la transpiration cutanée cesse également de s’y manifester.

» La myélite peut être, comme on l’a vu , aiguë ou chronique. Dans le premier cas, ses progrès sont quelquefois si rapides , que la mort arrive le troisième et le quatrième jour; elle peut se prolonger jusqu’au quinzième et au dix-huitième. Cette inflammation ne se termine pas toujours^ parla mort ; mais les exemples de guérison sont très rares. A l’état chronique elle n’est pas suivie

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