DES EXHALATIONS SÉREUSES MORBIDES^ U
regarder comme d’une même nature, et conduit à les faire traiter par les mêmes moyens , ce qui est aussi absurde que dangereux.
Quoi qu’il en soit , le phénomène dont nous parlons est trop fréquent , il modifie trop sou?ent les moyens à employer, pour que nous négligions d’en donner une esquisse générale.
Les phénomènes locaux organiques et fonctionnels des épanchements séreux varient sous tant de rapports qu’il est plus difficile d’en donner une idée générale que de tous les états pathologiques dont nous avons parié jusqu’ici. Les hydropisies ont leur siège dans les ca\ités des membranes séreuses , l’arachnoïde, la plèvre, le péricarde, le péritoine , le périteste , la membrane qui tapisse les chambres de l’œil , les membranes synoviales, le tissu cellulaire , les parenchymes de certains organes; dans des cavités naturelles, la vésicule biliaire , l’atérus , etc. ; dans des kystes accidentels , principalement développés sur la matrice , des hydatides, etc. Le principal phénomène local, on pourrait même dire le seul , est l’épanchement de la sérosité. JMais à quel degré commence l’état d’hydropisie ? C’est ce qu’on n’a pas déterminé, et ce qu’il est en effet impossible de faire. Dira-t-on qu’il n’y a hydropisie que lorsque l’ordre physiologique éprouve quelque dérangement? Mais combien ne voit -on pas d’épanchements, même considérables , qui ne produisent aucune altéra-^
Il6 BÏAGNOSTÏC SPÉCIAÎ. ET EIEFÉRENTIEE.
tion fonctionnelle? Dira-t-on que, pour qu’il y ait bydropisie, il est nécessaire qu’il existe une quart’tité notable de fluide épanché ? Mais quelle sera cette quantité? Celle qui constituera une hydropisie très fâcheuse pour le cerveau ou le péricarde ne sera seulement pas aperçue dans la plèvre ou dans le péritoine. Ainsi , comme pour les hémorrhagies, le point où la collection séreuse constitue l’hydropisie est entièrement arbitraire, et partant très vague. Suivant que la sérosité se trouve épanchée dans une cavité à parois extensibles ou non, les phénomènes locaux varient ; ils varient encore suivant la quantité plus ou moins gran de de liquide épanché. Nous dirons à ce sujet que les auteurs qui ont écrit sur-l’hydropisie ont singulièrement exagéré l’importance de la quantité du fluide. Ils se sont complu à la mesurer , à la noter exactement, et souvent même à l’exagérer beaucoup. Et qu’importent quelques livres de plus ou de moins de sérosité dans le bas-ventre, lorsque cette cavité se trouve distendue outre mesure ? Mais ils ont été séduits par le merveilleux , espèce de talisman qui ne manque jamais son effet dans l’enfance des arts et des sciences , et en général des sociétés naissantes.
La nature du fluide épanché varie suivant la cause organique qui l’occasione. Dans les hydropisies provenant d’une inflammation, le fluide épanché dans les cavités ou dans le tissu cellulaire est