DES EXHALATIONS SÉREUSES MORBIDES. II
séreux, mais opaque, plus ou moins épais, plus ou moins purulent; il contient des grumeaux, des flocons , des eorpuscules jaunâtres de diverses grosseurs. La couleur de la sérosité est blanchâtre, lactescente, ou jaune, fauve et quelquefois rougeâtre, sanguinolente. Les tissus environnants présentent tous des caractères que nous avons attribués au travail inflammatoire.
Dans les autres espèces d’hydropisies , le fluide est clair , transparent, limpide , légèrement jaunâtre ou verdâtre , ressemblant parfaitement à un petit-lait bien clarifié , à de Turine ténue. Sa nature est à peu près celle du sérum du sang ; il contient une moindre proportion d’albumine. Il est composé d’eau , d’albumine , de carbonate , et de lactate de soude et de potasse. Les tissus environnants ne présentent aucune espèce d’altération ; ils sont ordinairement pâles , incolores , exsangues.
L’hydropisie n’étant qu’un symptôme, on pense bien qu’il doit exister des phénomènes locaux plus importants que ceux que nous avons exposés : nous voulons parler de ceux qui caractérisent la lésion organique qui produit l’effusion séreuse ; mais la description de cette altération ne peut être donnée que dans un autre moment.
Quant aux phénomènes généraux fonctionnels , ils sont aussi ceux des maladies dont nous parlons. On a cependant remarqué que la face était pâle ,
tlô BlâGîîOSTIG SPÉCXAI ET DlFEÉRENTlEE.
décolorée , terreuse , les caroncules pâles ( on se rappelle ce que nous avons dit de ce signe dans notre premier volume ) ; la peau blanche , blafarde , sèche, flasque ou tendue, semi- transparente ; la soif très vive , l’appétit nul , la digestion difficile, l’urine peu abondante, rouge, trouble, bourbeuse ; la respiration gênée; le pouls petit, mou, fréquent, quelquefois irrégulier; le sommeil peu réparateur, la faiblesse extrême, l’accablemeiît intellectuel et moral porté à un haut degré, etc.
Exhalation muqueuse morbide ; flux muqueux.
Des auteurs, d’ailleurs très estimables, ont fait une classe à part des exhalations muqueuses morbides , sous le nom de flux muqueux. D’après les principes de la médecine organique nous ne pouvons encore ici reconnaître qu’un symptôme, c’està-dire qu’un effet ; et ce que nous venons de dire des exhalations séreuses s’applique entièrement aux exhalations muqueuses : celles-ci nous paraissent augmentées dans les mêmes circonstances et par les mêmes causes organiques. L’inflammation aiguë ou chronique est presque toujours la cause des phlegmorrhagies ^ mais il n’est pas rare, principalement chez les vieillards , d’observer une expectoration très abondante d’une mucosité limpide transparente , laquelle ne peut être attribuée à aucun travail inflammatoire ^ et qui nous a toujours
EXHALATION MUQUEUSE MORBIDE. Hg
paru la suite des maladies du cœur ou des gros vaisseaux: tel est l’asthme humide et le catarrhe pituiteux de quelques auteurs. Frappés des simples apparences , ils ont négligé de remonter à la véritable cause organique de ces phénomènes, et nous croyons Favoir trouvée dans les dérangements de la circulation.
J’ai cependant eu occasion d’observer un cas fort singulier ; un hypochondriaque^ d’une haute stature, d’une forte constitution , exempt de toute affection organique quelconque, est pris assez fréquemment, à diverses heures du jour et sans cause appréciable , quelquefois à la suite d’une vive impression morale, d’un écoulement très abondant d’une mucosité limpide , chaude , âcre , par les narines. Cet écoulement dure deux, trois heures, plus ou moins, et cesse tout-à-coup ; la pituitaire rentre dans son état ordinaire, comme s’il n’était rien arrivé. Qu’est-ce que cette altération ? est-elle simplement due à l’influence de l’encéphale? faut-il admettre là une inflammation? Mais cette maladie n’en présente ni la marche ni les symptômes. Au reste ces cas doivent être rares, et l’on doit les considérer comme exceptionnels. Gomment regarderat-on aussi certaines leucorrhées qui précèdent et suivent chez les femmes le flux menstruel ? Si l’on dit que c’est une exhalation physiologique, que sera l’écoulement muqueux habituel qui a lieu chez elles dans les intervalles des époques menstruelles ? Ces
flueurs blanches seront-elles le résultatd'une plilegmasie chronique, si les premières ne sont pas telles? Quelque temps de plus dans la durée suffira-t-il pour leur donner le caractère inflammatoire ? Ne se pourra-t-il pas que cette exhalation soit simplement augmentée comme dans Fétat physiologique , mais jusqu’au point de fatiguer la malade, d’altérer, de détruire même sa santé , et cela par une disposition organique particulière , par un véritable relâchement des bouches exhalantes ? Nous croyons cela possible, et ces cas sont sans contredit très embarrassants, à cause de la difliculté qu’on éprouve à les distinguer des phîegmasies chroniques. Quoi qu’il en soit, nous persistons à croire que l’augmentation de l’exhalation muqueuse constituant un ^tat morbide dépend i®, dans le plus grand nombre des cas, d’un travail inflammatoire; 2® d’une maladie chronique éloignée, et surtout d’un obstacle •à la circulation ; 3® d’une disposition organique ■particulière, seulement probable^ de la membrane imuqueuse ; 1^° enfln de l’influence du système aerveux. On peut placer dans cette dernière catégorie l’abondance, la liquidité et la fétidité des selles occasionées par la crainte d’un grand danger : il est indubitable que dans cette circonstance il n’y ait une augmentation sensible de Fexhala- •tion intestinale , parla seule influence de Finnervaîioii, sans le moindre travail inflammatoire.
Considérant en résumé Fexhaîalion morbide
EXHÀÎATION MÜQUEÜSË MORBIDE. Ï2Î
dont nous parlons comme un simple symptôme , un effet purement accessoire, au moins dans la pluralité des circonstances, nous n’en donnerons les caractères qu’en parlant des maladies en particulier.
Exhalation cutanée morbide; éphidrose.
Si les exhalations dont nous avons parlé jusqu’à présent ne sont le plus ordinairement que des symptômes et non des maladies par elles-mêmes, idiopathiques, nous pensons qu’à plus forte raison on doit considérer ainsi la sueur, et nous nous serions abstenu de tracer ce paragraphe , si des auteurs du plus grand mérite n’avaient fait un genre de maladie de la sueur morbide comme ils en avaient fait un de l’exhalation séreuse. Qu’il existe une sueur morbide, une augmentation plus ou moins considérable de la perspiration cutanée, cela est indubitable; mais que cela tienne à une maladie propre au tissu de la peau , voilà ce qui est plus que douteux. Nous avons exposé dans notre premier volume, page 4^4? circonstances principales dans lesquelles la sueur se manifestait. Nous avons distingué des sueurs générales et partielles, des sueurs symptomatiques , colliquatives , critiques, etc. Ce sont les seules que nous adoptions ; toutes les causes qui augmentent l’action du cœur et l’innervation provoquent la sueur, et ce sont toutes les maladies avec hypersthénie, La
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perspiration cutanée remplace souvent aussi une autre excrétion , dont elle est succédanée ; mais pour les sueurs idiopathiques, nous croyons qu'elles ont été admises avec trop de facilité : bien entendu qu’on ne doit pas ranger dans cette espèce les sueurs provoquées par toute espèce d’excitant physiologique.
Maintenant il resterait peut-être à déterminer quelle est la cause organique de la sueur, par quel mécanisme s’opère cette espèce de distillation; comment il se fait que, lorsqu’il existe une ulcération dans le poumon , une suppuration dans tout autre organe, il survient en même temps une sueur abondante qui affaiblit de jour en jour le malade et le précipite vers le tombeau? Mais cette question n’est pas susceptible d’explications très rigoureuses, et serait d’ailleurs peu utile sous le rapport thérapeutique. Nous pensons qu’il suffit de savoir que la sueur n’est jamais qu’un symptôme, et par conséquent que ce n’est pas contre elle qu’il faut diriger les moyens de traitement , mais vervS la maladie qu’elle accompagne: c’est assez pour faire juger l’utilité de prétendus remèdes administrés avec une confiance admirable vraiment contre cet accident consécutif.
Sécrétions morbides.
On a rapporté de nos jours tous les dérangements des sécrétions à l’irritation des organes sécréteurs ;