CHAPITRE L
Description de la Grèce indépendante.
Après trois siècles d'ignorance et d^esclavage, la patrie du génie, la terre de la liberté, impatiente du joug bu-' miliant sous lequel elle eémissait, et qu'elle avait déjà tenté de secouer, souleva de nouveau ses cbatnes, et, à défaut d'autres armes, s'en servit contre ses oppresseui:s. Le Musulman méprisa le désespoir d'un peuple de raïas ou d^esclaves infidèles ; la flamme et le fer dévastèrent la Grèce; l'Europe, insensible au généreux élan d'une nation chrétienne, vit avec indifférence préparer le martyre auquel celle-ci paraissait être inévitablement réservée ; mais ce que les froids calculs de la politique n'osaient tenter, le sentiment religieux, la compassion qu'inspire le malheur, ressayèrent et l'accomplirent. Le cri de liberté qui retentit dans toutes les âmes généreuses, fut le signal d'une croisade nouvelle; les peuples chrétiens envoyèrent des secours pécuniaires à leurs frères opprimés; des guerriers habitués à verser leur sang pour l'indépendance de leur pays, se firent une patrie de la Grèce, et volèrent à sa défense, tandis que des hommes, guidés par une utile pbilantropie, organisèrent sur le sol classique des lettres , des beaux-arts et de la philosophie, les moyens propres à y répandre et à y perpétuer les lumières; continbuant ainsi à rendre à l'Orient les bienfaits de la civilisation que l'Occident en a jadis reçus.
Cependant au milieu des traits de courage et d'héroïsme dignes des temps anciens; au milieu des actes de cruauté auxquels se livraient les Grecs à l'imitation de leurs ennemis; au milieu des dissensions qui régnaient parmi leurs
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chefs y ils organisèrent un gouvernement tf^gulier. Après avoir fatigue les Turcs par une résistance opiniâtre oh h valeur suppléait le nombre , ils allaient peut-être saccomher : une armée d'Arabes et d^gyptiens, aussi fanatiques, mais plus aguerris que les Turcs, incendiait les villes, et se proposait d'emmener en. esclavage tout ce qui édiapperait au fer et à la flamme, lorsque, fatiguées de ces longs carnages, la Russie, l'Angleterre et la France condoreDt un traité ayant pour but d'obliger la Porte Ottomane à cesser une guerre d'extermination. Mais que pouvaient les négociations sur un gouvernement habitué à nereconnaitre que le droit de la force? Il fallut la célèbre journée de tSTavarin , oh la marine des trois puissances dëtraisit U flotte turque, pour lui prouver que le tem[>s d^ëluderles traités était passé; il fallut la présence des troupes françaises pour forcer l'armée égyptienne à évacuer la Morée. Aujourd'hui, quel que soit le gouvernement qu'adoptera la Grèce , obligée de se plier à l'intervention étrangère, soit qu*elle conserve les formes démocratiques qui, depui> qu'elle a proclamé son indépendance, ont présidé à son organisation, ou qu'elle se façonne à celles de la vieille Europe; soit qu'elle confie la direction de ses affaires h an Grec digne de son choix, ou qu'elle accepte pour chef nn prince étranger, elle n'oubliera pas qu elle a acheté sa liberté par dix années de carnage et de sanglans combats, que l'union de ses enfans peut seule faire sa force, et que les lumières de la civilisation et les richesses que lui oUreni un sol fertile, une position avantageuse pour le conunerce, et de nombreuses lies peuplées d^intrépides marins, doivent la placer un jour au rang des principaux Etats de U Méditerranée.
D'après les limites Bxées parles trois puissances protectrices de la Grèce , cet Etat est circonscrit du sud*ooe$i au nord-est par une ligne qui suit le cours de TAspro-Fcv tamos, depuis son embouchure jusqu'aux lacs d'Angelo- Castron et de Yrachori, qu'elle traverse près de leurs ri ve> septentrionales, jusqu'au mont Artolina, à 8 lieaesde Lé*
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pante, d*où elle suit la crête du mont Âxos, la vallée dd Calouri et la cime du mont Oeta jusqu'au golfe de Zeitouni, près de Tembouchure de THellada ou du Sperchius. La Grèce ainsi limitée occupe du nord au sud, depuis les l)Oi*ds de l'Hellada jusqu'au cap Matapan, unelongueni* d'environ 60 lieues, et de l'est à l'ouest, depuis le caj) dé Marathon jusqu'à celui de Tanese, en traversant Tisthnie de Coriuthe, une largeur de 56 lieues.
Les îles accordées à la Grèce dans TArchipel sont Né- ^ grepont, et celles qui s'élèvent à l'est, telles que Skiafôs, Scopelo, Chelidromia , Sarakino, ï^elagnissî , Joura-Nisâi'èt Skyro, ainsi que toutes les Gyclades; niaisrimportante Candie reste soumise à la Porte.
Nous commencerons notre course près de l'embou* chure de l'Hellada, par lesThcrmopylés, cet étroit défilé, ce célèbre rempart de l'indépendance des Grecs anciens et modernes. Sur le versant méridional de là chaîne du mont Oeta , le ciel devient plus ardent ; les chaleurs de l'été, qui dessèchent les rivières, sont souvent insupportables; l'hiver est la saison des pluies et des orages; mais l'automne et le printemps rivalisent par les dons qu'ilsi*épandent jusqu'au! extrémités de la Morée. Presque partout le sol , riche et fertile , attend que des bras , armés pour sa défense , se livrent avec sécurité aux travaux de Cérès et de Pomone. Près des rives du Topolias ou CopaïSj grand lac alimenté par le Mavro^Potamos ou le Cepinse et d'autres rivières, et remarquable par le gouffre appelé Katabatron, qui sert d'écoulement ïses eaux, la garance est une des plantes qui réussissent le mieux. Les terrains qui sinclinent vers Ife golfe de Lépante et celui d'Egine sont favorables à la culture de Torge, et produisent des oliviei^qui fournissent la meilleure huile de la Grèce; mais quelquefois ces arbres souffrent des brumes épaisses qui s'élèvent de FArcfaipeh La Coi*intliie et l'Arcadie se couvrent de pâturages et de champs d'orge; la première de ces deux petites contrée!» peut toujours vanter ses raisins sans pépins; ]a seconde, ses troupeaux; Athènes, son huile et ses olives; Ârgos, ses
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cotons estimés. Le mont Hymète est toujours habité par ces précieux essaims qui distillent un miel d*an parfum exquis et d*une transparence admirable. I
Les nombreuses montagnes de la Grèce, totalement dépourvues de forêts , ont leur base couverte de prairies que peuplaient des troupeaux de moutons et de chèvres avant l'insurrection. Elles se divisent en plusieon chaînes : celle qui borde au nord le golfe de Lépante, dominée -far le JLakoura ou le Parnasse ^ et le Zagora oo YHéliconj chantés par les poètes, dépend de la chaîne da Pinde. Les monts Helléniques disparaissent dans FisthiiM de Corinthe y et ceux de la Morée , dont le principal sommet est le Pentadaktylon ou le Tajrgète, forment des groupes différens. Celui du Taygète, qui court à rooddent et se termine au cap Matapan, autrefois le cél^ire Ténare, est indépendant des monts Malevo ou Dzakona, l'ancien Olympe du Péloponèseï chaîne parallèle et orientale qui finit au cap Maléa ou Saint-Ange. Malgré la grande élévation qu'atteignent quelques*uns de leurs sommets, les montagnes de la Grèce ne donnent naissance à aucun cours d'eau considérable. L'Aspro-Potamos, qui forme une de ses limites^ est le plus important : il n'a pas plus de 4^ lieues d'étendue. Dans la Morée, les deux principaux sont le Rouphia ou XAlphée et l'Iri oa VEmrotas, qui ne parcourent pas un espace de plus de 20 à a 5 lieues. Ce dernier a été confondu sur toutes les cartes avec le Yasili-Potamos, que le colonel Bory de Saint- Yiocent a reconnu pour une rivière plus considérable que l'Eurotas, quant au volume de ses eaux, mais qui na qu'une lieue et demie de cours, et qui, coulant lement à ce dernier, n'en est éloignée que d'une
Des roches granitiques et schisteuses constituent les principales chaînes de la Grèce. Au Taygète eUcs supportent ce beau porphyre vert anlique dont le gisement a ëlé reconnu par la commission scientifique française* Ce porphyre et différentes roches de la formation houillère sont recouverts par une énormi* ^nain compacte.
très-dar^ que Ton observe dans la plus grande partie de la Morée, et qui renferme des marbres blancs. Ces marbres forment les cimes du Ta jgète ; des schistes remplis de filons de fer oligiste et quelques bancs porphyriques, renfermant le vert antique , constituent sa base. Les dëpdts de sédiment supérieurs se montrent dans toute l'étendue de l'isthme de Corinthe, sur les cdtes du golfe d'Athènes, dans les plaines de la fertile Élide et dans les profondes vallées de i'Âlpbée, de l'Eurotas et du Pam^us. La petite presqu'île de Méthana est formée de dépôts volcaniques. Au mont Trélovouno, l'ancien Hywkt»^, on poun*ait encore exploiter le marbi^e blanc grisâtre, célèbre du temps de Xénophon. L'tle de Paros possède ces marbres auxquels le ciseau des Phidias et des Praxitèle donnait le mouvement et la vie. Un jour, le génie des arts se relevant au sein de la Grèce moderne, utilisera ces beaux marbres blancs ou ornés des plus vives coulcura, ces cipolins, ce pentélique> exploité par les anciens au mont Pentelès, et toutes ces ro* ches que le goût et le luxe disposaient avec tant d'art dans leurs somptueux édifices.
Du haut du Parnasse, antique séjour d'Apollon et des Muses, nous pouvons contempler la fertile Livadie et les côtes septentrionales de la Morée. Au fond d'une baie, à l'entrée du golfe de Lépante , qui prend d'abord le nom de Patras, jetons un regard sur les tristes remparts de J!fi>solcnf^i^ que le courage de ses habitans rendit si funestes à l'armée turco-égyptienne qui l'assiégeait, et qui y perdit 1 3,000 hommes* Plus près, Lépante occupe sur le bord du golfe le penchant d'une colline. A la base septentrionale de l'Hélicon, près du fameux antre de Trophonius, l'industrieuse ville de Liî^adie donne son nom à la contrée. Quittons celle-ci et traversons la Béotie et l'Attique.
Thhbes ou Thiva ne se compose plus que de quelques centaines de maisons et de chaumières ; les ruines de la ville antique garnissent les flancs d'une petite colline. A Athènes , dont les derniers désastres ont achevé de ruiner les précieux monumens, l'Arcopolis frappe tou-
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jours les regards^ mais sur le rocher qui domine Tancieniie et la nouvelle ville ^ il ne reste que des débris de ce célèbre PartliéDoUi belle conception de Përidès, que le barbare amour de lord Elgin pour les arts^ a plus endommagé que l'aveugle ignorance des Turcs.
A l'extrémité de Fisthme qui forme le fond des deux golfes de Lépante et d'Egine» Corinthe est sur le sol de la Morée. Cette cité, jadis si riche, a presque entièrement disparu. Ruinée pendant l'insurrection , une centaine de familles commefçaient , à la fin de 1829, ^ 7 rebâtir quelques barraques en bois. Si nous suivions la côte vers le nord-ouest, nous verrions Patras, naguère peuplée de 6 à Syooo âmes, que sa situation rendait la place la plus commerçante de la Morée, et qui, réduite à aoo feux , commence à se relever sous l'influence des Français. Damala^ près d'un cap, est un village voisin de l'antique Trézene. Sur le bord d'un golfe auquel elle donne son nom , iVouplia ou Napoli de Homanie^ peuplée de 10,000 âmes, est maintenant un port assez impo>rtant, quoiqu'dle n'offre aux gros vaisseaux qu'un mouillage éloigné de plus d'une lieue de ses remparts. Le fort d'Isçkkalé et celui de Palamhdey dont la construction date de la plus haute antiquité, forment sa principale défense. Au fond du golfe on voit Argo ou Argosj qui n'a conservé deson antique splendeur qu'un théâtre et une forteresse construite sur un pic telle* ment escarpé que, dans le système actuel de défense , il ne peut être utilisé. Avant l'insurrection, elle formait un énorme village de 6,000 âmes : aujourd'hui eHe n'a pKis que 7 à 800 habitanSft Ses jardins sont remarquables par leur fertilité. A aa lieues au sud, Monembasie 00 NapoU de Maiuoisie y qui fait le commerce de vins, est défendue par une forteresse qui domine sa grande rade. Armyros^ le seul mouillage, un peu tenable sur la côte du Magne près du golfe de Laconie, est célèbre par la courageuse résistance des Maniotes, qui arrêtèrent^ en 1827, tontes les forces d'Ibrabim-Pacha. Sa prospérité croissante était attestée, au commencement de i83o, par un giand nom-
DE géoghapuie. 889
bre d*babiUtioDs élégantes et plus commodes que celles iu reste de la Morée. Au food du golfe de Laconie, Maraùionisi est l'antique Githium y le port des flottes Spartiates. Les Turcs n'y pénétrèrent jamais; et sous le gouvernement despotique et paternel de l'illustre famille des Dzanettakiy ce bourg est devenu florissant. 11 possède un port commode. Son sol montueux, mais entrecoupé de belles plaines, produit tout ce qui est nécessaire à la vie : on y culti ve, en grand, le coton et le cbéne velani, dont la cupule ou l'enveloppe du gland, connue sous le nom de velanèdCf remplace la noix de galle dans le commerce.
Après avoir doublé le cap Matapan on aperçoit Coron^ qui donne son nom à un golfe vaste et profond, et dont le port n'ofire aux navires qu'un incommode abri contre les vents du sud. Sur la côte occidentale , Modon a vu les Grecs incendier, en i8a5, une flotte turque retirée dans sa rade, comme Navarin, le seul port militaire de la Morée, vit brûler, le 19 octobre 18217, par les puissances alliées, les vaisseaux turco- égyptiens. Cette place venait d'acqué* rir une nouvelle importance par la construction d'une forteresse imposante, lorsque ce monument de la protection de la France fut détruit par la foudre à la fin de 1829^ Calamau, au fond du golfe de Messénie ou de Coron, dominée par les ruines d*un vieux château vénitien , est entourée de champs couverts d'oliviers. Ville d'environ 8,000 âmes, elle fut totalement détruite pendant les longs désastres de l'insurrection; mais vers la fin de 1829, sa positicn favorable y avait déjà rappelé plus de i5oo ha* bitans^Nysi, à deux lieues à l'ouest sur le Pamysus, au centre d'une plaine magnifique mais malsaine, avait été anéantit : la fertilité de son sol en a fait le séjour de plus de 800 iimilles. Arcadia^ l'antique Cfparissa^ située sur le bord c'un golfe, est le chef-lieu d'une préfecture. Ruinée par a guerre, ses 12100 feux ont été réduits à 3oo.
Dans l'ntérieur du Péloponèse, Misitra^ à deux lieues fie l'Eurots, et à une heure de marche de l'antique Sparte , est aujourd'hui le chef-lieu du département de Laco-
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nie. TripoUtza ^ presque au centre de la péainsule, en occupe un des plateaux les plus élevés : les restes de ses édifices modernes s^élèvent comme des ruines antiques aa milieu des cabanes que sa population décimée par la guerre a récemment construites. Ces deux cités étaient les plos importantes de l'intérieur. CarUène, à quelques lienes à Fouest de Tripolitzai est une petite ville dont Ckilocotroni a fait une forteresse inexpugnable.
Ne quittons point la Grèce continentale sans dire an mot de ses habitans, dont les vertus ont été trop vantées par d'aveugles enthousiastes, et les vices exagérés par d*ith justes détracteurs. Un peuple abruti par l'ignorance et Tes^ clavage ne se régénère pas en quelques années. Les Grecs ont hérité de l'esprit et des qualités de leurs ancêtres, mais ils en ont aussi conservé la vanité qui enfante les discordes, et la frivolité qui fait souvent avorter lés plus nobles projeis. Les lumières de la civilisation moderne modifieront sans doute les inconvéniens qui naissent de ce caractère. Les femmes grecques d'aujourd'hui ne le cèdent en rien à celles d'autrefois : elles sont aussi séduisantes par l'élégance de leur taille que par la finesse et la beauté de leurs traits. On reconnaît dans leur costume quelques traces deFantiquité.
Plusieurs tribus de paysans ont conservé des mœurs austères et un tel esprit d'indépendance que la Porte s'est toojours vue forcée de les reiConnattre comme tributaires. Tels sont les Cacovonniotes, pirates intrépides, quihabi* tent le cap Matapan; tels sont les Maïnotes, becucoap plus nombreux y formant une population de 7 5, 000 individus qui occupent leTaygète et ses dépendances, c'est-àdire le MaXna ou le Magne. Sobres, courageux et amis de la liberté, comme les Spartiates dont ils descendert (i), ils ont puissamment contribué k la conquête de llndépendance de la Grèce. Les Turcs n'ont jamais pérétié daos leurs montagnes.
(1) La commission scientifique de Morée a reconnu que lestf aÏQOtes sont les descendans des Spartiates. Nous devons au président decelte ooromùsiou plusieurs des reiiseignemens que nous donnons sur la Crèce.
DE GÉOGllAPHIE. 89 1
Le clergëgrec, qui vient de fournil* des martyrs à la ause de la religion et de la liberté^ se divise en ecclësias-' ques séculiers , qui ne peuvent jamais dépasser le grade 'archîprélre, et en moines^ auxquels appartiennent les ignités supérieures. Les prêtres et desservans peuvent se varier y mais seulement avant leur ordination^ une seule >i$ et à une vierge. Les Grecs font cinq carêmes par an et » observent avec la plus gitinde rigueur : une faible parie de la population s'est laissé entraîner à une sorte de éanion avec FEglise romaine et reconnaît Tautorité du ape , tout en conseiirant les mariages des prêtres et les ites de l'Eglise d'Orient.
Parcourons maintenant les Cyclades^ lies qui se grou* «nt en cercle autour de Paro3. La plus considérable est ^axos, parsemée de montagnes dont la base^ gi^anitique t schisteuse, supporte de beaux marbres blancs, et qui 'oDnent naissance à des sources nombreuses raffratchissant in sol fertile. Un bon port faciliterait l'exportation de ses Produits. Les autres Cyclades sont Amorgo, dépourvue de ^^^^'7 Scampalîa^ dont les rochers sont, comme ceux de unies les lies de Tarcbipel, couverts de genévriers et de ^ïstachiers-Ientisques; JViiin;?Aib, abondante en perdrix *en oignons; Santorin, ancien volcan dont les déjections nt formé un sol favorable à la culture de ses vignobles sliinés; Potycandro, dont les rochers ont un aspect ef- ''^yant; Paras, célèbre par ses marbres et son port; Nio» ar le tombeau d'Homère; Sikino, par son froment; An* pf^ros, par sa grotte, dont les brillantes stalactites étaient ^nr Tournefort un exemple de la végétation des pierres. '"e de Milo, malsaine et stérile, a un excellent port : ^volcans éteints, d'autres en pleine activité, y entourent * base calcaire du mont Saint-Eiie; on y remarque plu- ^ni^ grottes et des galeries souterraines. Cimolis ou Ar^ entière est connue poursac<>m)/àe^ argile propre à fouler ^ ^''aps ; Siphanto, riche de ses fruits, néglige ses mines; ^'''Mo n'est qu'un amas de rochers, célèbres dans la fapour avoir été la prison de Danaé; Thermia renferme
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une source chaude , salée ^ en(iQ Zéa, diiuinuée par do ti*emblemeDS de terre, possède encore un port excellent.
Sur les côtes mêmes de la Grèce qous trouverons Caiourij que l'histoire appellera éternellement Salamine; la volcanique Egine, peuplée de pigeons, garnie de rochers inaccessibles, dépourvue de bois et de raisseaui, avec un bon port et une petite ville alimentée d*ean par des puits et riche en poteries antiques*; Poros, dont le port ne le cède qu'à celui de Navarin ; Hyàra, demeure d*une peuplade industrieuse, commerçante et libre, qui a combattu au premier rang contre la tyrannie musulmane; Speiziay voisine d*Hydra, dont elle n'est qu'un diminutif.
En allant de Naxos vei^ le nord, on découvre Mjconi, habitée, ainsi que Tino, par les plus jolies femme de U Grèce ^ Sjrra^ sèche et sans eau, si ce n'est celle d^unepe^ tite source qui appartient à l'évéque latin; Délos, aujoup d*hui inhabitée , et dont le sommet stérile est courond par une butte granitique de aa mètres de hauteur, décorée du nom de mont Cynthus. Tino produit noD-senle^ ment de la soie, des figues, des oranges et du vin, mais do blé. Elle est sans contredit la plus belle, la plus riche et h plus civilisée des tles de TOrient. Andros est fertile en soi« et en fruits, et ses montagnes, pauvres de sources, sont d'une horrible aridité.
Le détroit nommé BoccaSilota, où périt la flotte grer^ que en revenant de Troie, sépare les Cyclades de U grande île deNégrepont^ l'ancienne jE'u&ée. Celle^i abonda en bétail , en blé , en vin , en oliviers et en bois de coo^ slructlon ^ sa capitale , ville forte , est considérée ^commi une des clefs de la Grèce.
Dans la partie septentrionale de l'Archipel , les îles socl plus éparses : ce sont Skyroj riche en marbres; Scopeh qui donne des viiis estimés; Skiathos^ avec une bonne ti vaste rade; Sarakino, connue par ses vignobles.
Avant la guei're de l'insurrection , le territoire gr i renfermait une population de plus de 600,000 âmes; à II
DE GÉOGRAPHIE. BpS
in de 1819 elle paraissait réduite à a5o,ooo, par la perle énorme qu'elle avait faite en hommes que le fer avait noissonnëSy et en femmes que les Musulmans avaient venlues comme esclaves. On portait, au commencement de i83o, les Grecs des Cyclades à aoo^ooo : la Grèce régénérée comprenait donc à cette époque environ 45o;OOo liahitans; mais elle pourrait nourrir une population cinq fois plus considérable.
Les Iles Ioniennes j soustraites au joug ottoman par les Vénitiens, possédées ensuite parles Russes, puis par les Français, et aujourd'hui formant, sous la protection de l'Angleterre, la République des sept ileSj peuvent être considérées comme un complément naturel du territoire grec. Placées sous l'influence des zéphirs doux et pluvieux, ces îles éprouvent des printemps longs et ont des étés modérés; mais les vents y amènent des changemens subits. Le* sol en est généralement aride et rocailleux, mais partout où il se trouve un peu de terre, les oliviers, les citronniers, les orangers, les figuiers y étalent leur feuillage, leurs fleurs et leurs fruits; on fait dans plusieurs endroits la vendange quatre fois Tannée, et Ton cueille des roses en abondance au cœur de l'hiver. .
Corfou, la principale et la plus importante de ces îles, est traversée par une chaîne de montagnes qui s*étend du nord au midi. Nulle part l'olivier ne devient plus beau, mais rhuile y est âcre.ElIe n*est qu'à a,ooo toises du conticent ; un large golfe y forme un port sûr et commode. La campagne n'est habitée que par des Grecs; quelques familles italiennes lésident dans la capitale, Corfou, qui présente un système régulier de fortifications élevées à grands frais par les Français.
La petite île de Paxo est fertile en huile et en vin, mais elle est dépourvue de sources, de blé et de pâturages. Sainte-Maure ou Leucade, qui rappelle la sensible Sapho, est riche en sel et s*unit au continent par un banc de sable et des ponts de bois; Amaxicld en est la capitale. Céphalonie est plus grande que Corfou; ses habitans sont coura-
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geox, inteUîgens, industrieux, mais Tindicati6 et peu scropuleux sur les moyens de gagner* Son sol est montaeux , et fertile en yignes et en oliviers* Entre les petites villes ^Argostoti et Luxuri s'étend un port excellent, et ]xès de là rtle de TéacM parait être Tancienne Itaque.Zanfe^ sojette anx tremblemens de terre, produit de Thnile, da coton et da vin. Ses habitans ont conservé quelques vestiges des mceois et des costumes antiques, mais on leur reproche leur jalousie, leurs vengeances perfides et leur corruption profonde. Zante, la capitale, est la plus grande viUe des sept îles : le douzième de sa population se compose de Jai&. Cérigo, l'ancienne Gythère , au sud de la Morée, séparée de toutes les tles précédentes, est pierreuse et d'un aspect aride et triste. U faut y porter toutes ses provisions.
Le gouvernement ionien repose sur des institutions aristocratiques. Le clergé s'y ressent encore de l'ignorance dans laquelle les Vénitiens retinrent si long-temps la population ; mais une trentaine d'écoles d'enseignement mutuel, fondées depuis plusieurs années, contribueront avec le temps à éclairer un peuple qui mérite de l'être.
TABLEAU delà imputation de la Grèce ù
Sapcf6de ea liena^ PopolilMMi absolu.
PopalaUoo dca Iha.
Amorgo. . . . a,6oo Maxos 10,000 Speizia a5,ooo
Anûparoa. . . lao Nio 5oo S/ra ^,hoo
Andros 6,000 Négrepont. . . 60,000 Sikino 5oo
Areentiére. . . i4o Paros 900 Sipbocos. . . . 6yOoo
CoTouri. . . . i,aoo Poros 6,aoo Seripfao .... y»i
Egine 3,ooo Poljcandro.. . 60 Stampalie. . . i,>oo
Hydra 3o,ooo Santorin. . . . 7,600 Tino 90^000
Milo. ..... 600 Skiatos. . . . ,. 5o Thermia. . . . 1,000
Mjconi 3,000 Scopelos. . . . i,5oo Zea. 1,100
Namphio. • . . 800 Skiros 5oo