CHAPITRE LL
Description du royaume d'Espagne.
Dans nos généralités sur TEurope, nous avons déteriné quelque&-uns des caractères qui distinguent la péninle hispanique : nous n*y reviendrons pas. Nous ajoutens seulement que de la longue chaîne des Pyrénées rtent quatre grands rameaux qui , se dirigeant parallènent vers l'ouest , limitent les bassins de quatre grands luves : le Duero, le Tage^ la Guadiana et le Guadalqui- Vf et que ces quatre rameaux se rattachent à une série ! plusîeui^ groupes dirigés du nord au sud, .qui forment usieurs bassins , dont le plus considérable, borné au ivd par les Pyrénées, est arrosé par TEbre. Cest en parlurant ces bassins et les yersans inclinés vers TOcéan et la Méditerranée, sans nous astreindre à suivre les anciennes visions par provinces et par royaumes, vieux débris de
féodalité espagnole et de la puissance mauresque , où s juridictions militaires, administratives, ecclésiastiques, tujours difficiles à bien déterminer et toujours rivales, ne nous ferons connaître ce que TEspagne renferme de lus intéressant.
Commençons par le versant septentrional des Pyrénées. \xr une petite presqu'île baignée par les eaux du golfe de ascogne, Saint-Sébastien est bien bâtie et renferme des ibriques d'armes blanches; des fortifications défendent ^ontarabiCj à deux lieues à Test ; entre ces deux villes s'enmce dans des montagnes une vaste baie close en apparence e tous côtés: cest le Port du passage ^V un des plus s&rset es plus beaux de l'Europe; la ville à laquelle il appartient st située entre les montagnes et la baie. Bilbao, capitale
896 TRAITÉ ÉLÉaiEKTAIBE
de la riche Biscaye , est Tentrepôt des laines exportées p. FEspagne. Sur le bord d'une autre baie ^ SanUmâer ^ une des plus commerçantes cités de la yieille Castille. L avançant encore vers l'occident, nous verrons au cxsX" de l'ancienne principauté des Astnries, pays coupé. paru: multitude de jolies vallées étroites et sinueuses, presç. toutes dirigées vers la mer, Oi^iédo, dont la cathédrale:* thique compte^ dit- on^ onze siècles de construction. L*i>t rien y peuple brave et laborieux , se vante cTétre pur . tout mélange avec le sang étranger.
Les dernières pentes septentrionales des Pyrénées et '. bassin qu'arrose le Mino appartiennent à Tancien ropoc: de Galice. Cette province compte plus de 4o ports et q:K^ qnes villes importantes. Santiago ou Sainte Jaeqma *• Compostellej célèbre par sa vieille cathédrale gothique, née de sculptures bizarres et d*éclatans vitraux, en est la c pitale. Elle fait un grand commerce d'images et de ckf lets. Le Ferrol et la Corogne sont les principales [da^ maritimes de la Galice. Traversons avec le Mino la dub des Pyrénées y dont les masses granitiques et sdiisteos. ont soulevé des grès rouges et des calcaires; desoendooi fleuve jusqu'aux premières pentes de la Sierra Penagid Orensâ j sur ses bords, nous fera voir un beau pont 4k . arches ^ tellement élevé qu'un vaisseau de guerre avec mâture pouiTait passer dessous. Plus bas, le Mino sq^' l'Espagne du Portugal ; nous remonterons son prînci:' affluent, le Sil, jusqu'au pied des Pyrénées, où il prêt sa source; et là, franchissant un de leui^ rameaux, la Sio" de Segundera, nous nous trouvons dans le bassin du Duw ou Douro.
A la descente de cette petite chaîne, la première \^que nous apercevons est Asiorga, l'antique jisturicaA^ gusta, dont les épaisses murailles ont été augmentée» plusieurs travaux de fortification par les Français. Ni sommes dans la province de Léon ou dans la partie sep:> : trionale du royaume de ce nom« Léorty sa capitale, e&! > plus ancien siège épiscopal de l'Espagne; son intérieur c
DE GéOGKAPHiC. •897
ti iste, mais la beauté de ses édifices annonce une ville jadis plus florissante. Sa cathédrale est^ par rtiarroonie de ses proportions et la légèreté de ses ornemcnSy Tun de^ plusprécieuxmonumens gothiques delà péninsule. On doit citer encore pour sa grandeur celle de Palenùia, ville située entre la Pisuerga et le canal de Gastille. Sur le Rio- GarrioUy la petite cité de Carrion de los CondeSy qui renferme des tanneries^ des huileries et des Fabriques de toiles, est célèbre dans les chroniques espagnoles par les souvenirs du Cid. Avant d'arriver sur le bord du Duero, nous verrons FaUadolid, avec sa grande place à laquelle aboutissent des rues larges , droites et décorées de portiques , offrant Faspect d'une ville déchue. Son château royal fut le berceau de Phi H ppe II. Le fleuve arrose ensu ite Tordesillas, Toro et Zamora; le Tormès^ dont il reçoit les eaux à son entrée en Portugal , travei*se Satanianque, célèbre par son université fondée eni239,parsesa5églises,etsurtoutpar sa cathédrale, beau monument du xvi* siècle. Au sud-ouest de cette ville, Oudad-Rodrigo avec laquelle elle rivalise pour ses nombreuses tanneries , s'élève au bord de l'Aguada y dont les eaux tombent dans le Duero sur la frontière du Portugal.
Les chaînes de montagnes appelées Sierras de Gâta, de Gredos, deGuadarrama et de Somo-Sierra, qui forment le côté méridional dcr bassin du Duero, sont composées d*on granité grisâtre, à gros grains, qui se décompose avec facilité. Une petite chaîne plus au nord que la Sierra de Gredos offre un exemple remarquable de ces plateaut arides et nus, appelés Parameras par les Espagnols : te sont autant de déserts qui présentent en petit le même aspect que les plaines élevées de la Tatarie. Le Paramera d^Avila, que nous signalons ici, n'a pas moins de 1 5 à ao lieues d'étendue. A ses pieds, jiifila est une vieille et triste cité entourée d'épaisses murailles, qui n'est recomm.andable que par la place qu'elle tient dans la légende comme patrie de sainte Thérèse.
A peine FEresma a-t-elle baigné les murs de Saint IIh 57
998 tbaitA éléhertmre
4f:fonse^ ville royale qui s'est élevée aotopr cTane maîsos 4e plaisaace dans laquelle Philippe V imiU avfc plus<k succès les folles prodigalités de son ^l'eul à Yei-sailles, \mr q^' il en fit un ^ç)our encbs^nt,çur où l'ait prétç son seooan aux beautés d' we n^t^re ^aqv^ge ; à peine , di^os-nocis, cette rivière a-t-clle quitté cette o^agnifiquedemeure, qo'cilf coule au pieii de Ségovie, Vantique Segoyù^ fc A U vue df cette portç arabe, aujourd'hui iQurée, de cet alcazar,vieDi château flanque de tourelles et construit par les rois vm^ re^ sur l'esçarpçmeçït d'i^n immense rochei*» comment ae pas se rappeler la prospérité et Tindustriçi dç cette vilk sous leur domination? Mais avançons dq pôtë de cet aqwdiic à double ra^g d'arcaiçUs> qui depuis 17 siècks nr cesse de tr^psporter de l'eau \ la ville, et ne craignons pu 4fs dire qaç, pour qpeTrajan ait fait con$tr«ire op moi»ment aaçsi gig^n^§sq^e , ^W^i solide , ^ussi dÎH>««Miieiu, <jui s^ compose de ioq arches» dont la plu$ grande basleur çst de go pieds depuis le $ol jusqu'au condoity etqm occupe un espace de a,53o pieds d^ looguenr, il fallait que S^govie, sous les Romains, fût beaucoup plus imporUau que de nos jours. »
A dix lieues des sources du Duero, ce fleuve coule ac pied de la jolie ville de Soria ^ importante par son commerce de laines^ Burgos^ sur la rive droite de rArlanxoQ a le titre de capitale de la vieille Çastille: elle est graoe^ entourée de murailles et remplie de couvens et d*ëglises.U cathédrale , remarquable par le grand nombre d^él^Qtâ petites flèches qui de toutes les parties de Védifice relèvent les unes au-dessus des autres; les restes de la nuispn du Gid y le palais épisçopal, l'arc de Femaiid Gooiale et celui de Sainte - Marie sopt ses principales coriosités. hors de ses murs on voit le tombeau du Gid et les ruind du palais d'Alphonse le Sage, roi législateur et astronome, auteur des Tables alphonsin^s.
Au milieu desParameras qui $e lient aux Pyrénées canta* briques , TÈbre prend sa source à Fontibre et continue sa milieu des rochers son cours sinueux et rapide. CTestau bord
duZadora, Von de ses affluons, qof s'^ève FiUoriaf qui a vemplacë U vUle romaiQe dç Fiotçri^^ tiQotM deiU doiyent Içar oqDi à uoe victoire i^ëpiorable :, }^ pr^mîtoft remportée par Auguste sur \esC<ingairi, la sçiCQ&da par Sanche le Grand sur les Sarr^sin^. I^^. coqrs de VÈi!rfi,stf«> pare d abord la vacille Ç^sti^le de {a JJfaij^rPCi, 4Qnt le.$b«£\ lieu est Pampçtune oq jpampiqnq, icjui, pw Y^f^t. m^fir. sant que pr^sçj3t€;i^t se^ bastions et $<{» remparts ^ i^ffc^ Uil contraste frappant avec la triste^Sf) d^^sj:u?Sî.drQittt.eti large^. Le hassi^ d^ VÈbre occupa ensuitet TAragon ^ 1% Cataiogae^dpntl^ plus^ impprtuot^sxilles 9o.p^ %i| bprd^dui fleuve, SarqgQs^e, où l'pn adipijrê Végfoe de .^^/^^.AiMr. <2e/ Pilarf sur les rives d^ U Sègire, Lcfidaf an wlim dft riches campfign^S agréaU^^enl ipQqpiéça pftl? 4q b^l^ plantations de peupliers; près de&bot«jcbe9del!Èbri9#;7iWt pose, l'antique Derdo^sa, par. ses. tra vaux militaire rutie des plus fortes places del'Ëspagoe, et pnur sipu. part .l'ut» des principaux che&- lieux de dif^rteioena OMtffitÎMMfi;! sur la côte, à lo. lieues au. nord-est^ Taragonû, au sfimmit d*une nxoQtagoe dont la hase eotoure une. baie qiàaqciipA un port vaste et sûr; eufin» au ^pnà d'un bassia MniT^Wh culaire Sovtni par un rameau ^çs Bjurâiées, JSflrc^hw^^ que, par sa population de isto,oo.o ^es^ et la b^avl^ ^^M édifices, on peut regarder comm^ la s^oqde ville 4f)P£^i
pagne. En remontant le Llobregat,quiii|e jette daM Il^mM au sud de cette cité, on voit s*élfiYer les cimes ioégAleflKnt découpées du mont Serrât ,.dQat k non^ tt8Pi^4t'f8M e^ espagnol. G est une masse caloaire. eMabi^teiMe^qPhfiJ^ rhe son somm^et dans les nuages^ etr (knt Içs Q»f9^9V^^^ un mag^ifique couvent de héa^ictiDS.di)n9 Ifyj^v^ ^flAS de Loyola médiu IVtabIJSSement. d^jlft)Sopi^U 4q ^^s^^ ^ quelques lieues au ne^^dQjœttei^QQtaçiiç^ T^splpiJMtiqii d'un dépôt de $<d gemio^ di^i plua dfi,.Ma>iràtrMid'i$M?«-* tion sijir ui^â iojïgui&ur dix. fois; pIi».Qiiii0idiJr«Uki»e^ la petite viilp de Car^oaa^
Bu p9iQt de jonction de la Sierra-Molioa el dAiO^lV? d'41baniciQ portenta plusieurs, rameaux, dûiil ruAi?%>l!^
terminêfr to bord de TÈbre el Tautre près de remboadiorf de la Si^tira y fermaoît un double bassia arrosé par oa grfthd nombre de rivières dont let deux principales saot l^^ Guadalaviar et le Jttcar. Un peu au-dessus de Teotrée dupremier deoes cours d*eau dans la mer^ il traverse Fohnàe, rântique cité romaine de Falentia, place de commerce dont la population et les édifices ne démentent pas le rang qu'elle a conservé comme capitale de rojaome et éoittme ville universitaire. Une foule d'bommes celles naquirent à Valence : tels sont le mathématicien J^J. Falîô y- Pierre Pintor^ médecin du pape Alexandre VI , le boUnWte- Antoine Gabanila , les pbilantropes I^uis Vives et Jean Martorell , les poètes Gaspar de Aguillar et Guillea ^e Castro, les historiens Escolano et Minano, et les gnerxi ers Romen de Codinat et François de Moncade. ' Si des fertiles champs de Valence, oii les irrigations da Goieidalaviar y dirigées avec intelligence, favorisent lav^é- *tati^tid*un6 forêt d'orangers, de palmiers, de grenadiers, de èarod^ers et d*âutres arbres des climats méridionanx , et feisl prospérer la culture du riz et de la canne à sacre , nMsiremontons le Jucar jusque dans les montagnes où il i^ettd) sa source, Cuença, près du confluent de ce petit flM^b et du Huécar, apparatt au sommet dune montagoe escarpée : c*est la patrie de f architecte Jean de Henera et da célèbre jésuite Molina.
' Ali sud-est de Tembouchure du Jucar, s^avance dans la mer' le' cap Saint -Martin, extrémité d'une petite chaîoe dont les Iles Baléares semblent être la continuation ; à i4 Kèues au-dessus de ce cap, vers le nord^ouest, on voit uoe colline doBlinée par un château que bâtirent les Romains et que reconstruisirent les Goths et les Maures, et portent s sa base uiie ville qui s'appelait JTanVa^ lorsque Philippe T ta détruisit pour avoir méconnu ses droits à la cooronoe, et qtt'41 rebâtit ensuiie sous le nom de SanrFeiipe, qa'cUe a conservé. Un espace de i5 lieues que Ton parcourt ds ûbrd au sud au milieu d'un pays riche et fertile, séjpare cette ville de celle d'jdflîconle, renommée par ses vins. Son
port y^ au fond d'one baie large et profonde, peut servir de mouillage à de nombreuses escadres.
L'ancien royaume ou la province de Murcie occupe à peu près tout le bassin de la Ségura. Murcie, sa capitale, est située près du confluent de-cette rivière et de la San«* gonera. Cest une ville riche et d'une population de plus de 3o,ooo âmes : on y voit un beau quai, une cathédrale remarquable par ses ornemens intérieurs et extérieurs, un liôtel-de-ville bien bâti et un vaste bâtiment où Ton prépare la soie, principale richesse de son territoire. Dans une plaine élevée, fertile en vignes, en blé et en oliviers, ^i7/e/ia» ancienne place forte, conserve encore un vieux château; la jolie ville àiAlmansa s'annonce de loin par une pyramide érigée dans ses environs en mémoire de la victoire décisive rempoilée par les Français en 1707, sur l'archiduc Charles, dans la guerre de la succession. Vers l'extrémité méridionale du bassin , au pied de la Sierra del Cano, petite chatne granitique, la Sangonera baigne les murs de Zorca, ^ille qui conserve des restes d'antiquitésromaines, des remparts et un château construits par les Jtf aures, et dont l'un des deux quartiers, la ville basse , est la plus moderne et la seule qui renferme des constructions régulières. Sa principale industrie est la fabrication du salpêtre. La Sierra del Cano se dirige de l'ouest à l'est et va se terminer au cap de Palos, en dessinant un golfe autour de Carthagene, place de commerce importante, dont la fondation est attribuée au Carthaginois Âsdrubal. Les montagnes qui séparent son territoire de celui de Murcie étaient pour les Romains ce que celles du Mexique ont été pour les Espagnols. Carthagène, dont le port peut contenir 4ovaisseaux deligne et un grand nombre de navires marchands, est le chef- lieu d'un département maritime^ son arsenal est immense; ses ateliers, ses chantiers, son bassin rectangulaire, occupent la moitié occidentale de la ville» Le versant méridional de la Sierra Nevada et le basân * du Guadalquivir comprennent toute l'Andalousie-, c'est-à^* dire les royaumes de Grenade, de Jaën , de Cordoue, de
902 TRAITÉ ÉLÊHÉNTAIRE
'SëVille, et le3 colonies intérieure^, appelés noui^eUes populations. Visitons d*abord lè littoral de dette partie de TEspagne.
Le premier pokt que fiou^ apercevons est celui de Fera, sur la riVe dl ôit^ du Rio Almatl^ora ; & peu de distance de la mer, Màtrii est nehohiBlëe pour ses cotons et pour son i^im , qbi, àuiVaht les Espagnols, faé le cède point à eelni tfe la Jâiiiaîqnie : on bultivë la canne à sucre dans ses entitrons. AU féttd d*an golfe, Almeria, dont le poit, encore très-frë(^lientéy était contiu des anciens sous le nom de Magnus PàHus, éèt uhè Cité qu*ehricbit le commefce. Bous un ciel brûlant qui n*est obscurci que par les pluies de Tanière-saison ; add^dè k des montagnes dont la base est couverte d'oliviers, d'orangers et de vignes célèbres, JUalaga occupe aussi le fond d'un golfe. Elle est défendue par une double muraille , par des bastions et par on cliâteau que lés Maures oht construit sur la pointe d'un n>cher qui la domine. Son port est abrité bar deux belles )e> tées, dont la plus avancée porte un faim à feux mobilei De belles promenades, un vaste palais épiscopal bâti dacs le meilleur goût, une ïnagnifique cathédrale, embellissent cette ville, dont Strabon attribue la fondation aux Phéniciens. D'abondantes pêcheries donnent de l'activité ao pet d\e Marbella. Au milieu des montagnes qui s*élèvent a& ïiord et qui recèlent encore tant de richesses minérales, Monda offre le singulier spectacle d'une ville divisée es denx jpaities par la séparation en deux moitiés du rocber qui la suppoite : au fond de cette cassure veiticale de 6oj pieds de profondeur, roulé un torrent impétueux. Les deux quartiers communiquent d\s l'un à l'autre par uo pont magniiSqu'e jeté sur ce gouffre effrayant.
Sur le versant méridional des monts qui dominent le cours du Gbadiaro, Antétjuerà, ÏAàtecarià des anciens, es^ une ville de 90,000 âmes oui dohn'e son nom à U thàîn^ qui 1^ dijàiinls : ûii el|>loite dabs ces muntâgnes 'âxis mai{)rés estimés pour leurs belles couleurs; elles voient bouler à leurs pieds, sur un terrain imprégné de sd , le
DE GÉOGRJU»HIE. go3
Génilj affluenl du Guadalquivir ; vers Torietit ellies se rattachent à la Sierra-Nevada; lé basàin qu-elles forment avec celles de Cabra et de Jaen est une des pîiis belles coutrëes de la Pé^ninsule, aussi fut-'elle la deniière que les Maures persécutés se décidèrent à abandonner. Au pied d\iîie des cimes de la Sierra Tejada^ AUiamà, dont le nom arabe signifie eanx thermales j pa^sfe chez les Espagnols pour la ville la plus élevée de TEuropie. Pendant six mois elle est au milieu des neiges, et pehdatit six mois elle est brûlée par le soleil ; là plupart de ses habitatiohs sbnt constîmites dans le style mauresque. Sels bains sont célèbres et trèsfréquentés. iSon^a-Fé^ sur le bord du GéniljÀtthonbe l'ap. proche de Grenade. Elle est célèbre à divers titrée : eUe doit sod origine au camp retranché qUe la i^eine Isabelle fit construire pour hâter là conquête de la capitale des Maures; c'est dans son enceinte que cette pribcéésie et le roi Ferdinand sou époux approtivèrent la première éjtpé* dition de Christophe Colomb pour là découverte d'un nouveau monde. Grenade ^ à deux lieUés de cette Ville, dominée par TAlhambra, palais et forteresse des roi^ Intiures, près duquel s'élève, sans avoir été achevé, le château dans lequel Charles-Quint voulut surpasser là magnificence des princes arabes ; entourée de faubourgs, de promenades et de rians bocages, offi*e l'aspect d'une ville considérable et d'un séjour délicieux. Cependant , s'il faut en croire les traditions , elle ne renferme que le cihqiiiè'n!i^ d'e la population qu'elle comptait sous les Maures. C*é^^ une ville de 80,000 âmes. Elle possède plûsiéUt^ édifices qui dans toute autre ville exciteraient la curiosité , tbais qui perdent leur intérêt près de ceux que les Arabes ont laissés. C'est la patrie du célèbre poète Hurtâdo de Mehdoza et du jésuite Suarez.
En remontant jusqu'à la Sierra Séta noùâ tràvétisons Guadix^où. les Arabes résistèrent encore après là prisé de Grenade; Baza, qui fait le commerce de lih ^l dé ch&ûvre, et Huescar, qui fabrique des tissus de laiiië de diverses couleurs.
gu4 TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE
Cesi à la base occidentale de la Sierra Sagra, qae,suvaat l'opinion vulgaire, nous trouverons la source du Guadalquivir, bien que, d'aprèa les règles adoptées ei géographie, qui placent Torigine d*un fleuve dans la source du, cours d*eau le plus éloigné de son embouchure, la t^ ritable origine de celui-ci soit le Guadarmeoa, qui sot de la Sierra Alcaras. Son nom arabe Guad-al-Kibirsi^X' fie \e grand fleuve, La Sierra Morena, qui forme la limite septentrionale de son bassin, renferme sur ses pentes oé* ridionales les nouvelles populations, colonies fondées, sooi le règne de Charles III , par le sage Olavide. Leur capitale est la Caroline» petite ville de 3,ooo habitans. Entre k Guadelimar et le Guadalquivir, s*élève au pied d'aoe colline environnée de montagnes et de gorges , Ubedar, jolie ville d*origine arabe, où se tiennent des marcbà de chevaux andalous. La distance d*une lieue la sépai^ de Baeza, à\x fois moins peuplée que sous la dominati<Ki arabe , époque à laquelle elle renfermait 1 5o,ooo imei, et ornée d'une cathédrale gothique et de plusieurs antità beaux édifices.
La rivière de Jaen se jette dans le Guadalquivir apm avoir coulé à peu de distance de la ville de ce nom, sise au pied d'une montagne formée de marbre calcaire et do* minée par un château assez bien conservé. Elle est cebu de murailles construites par les Maures, qui j entretenaient des fabriques considérables de soieries , industrie qu'elle a perdue et qu'elle n'a remplacée par aucnre autre. Andujar, sur le Guadalquivir, doit sa pro^ rit^ à ses faïences peintes. Le même fleuve arrose Conioue, entourée de murailles flanquées de grosses tours de construction romaine etarabe.Son enceinte immense renfenue de petites rues tortueuses et de vastes jardins. Un édifice v attire les regards, et cet édifice , seul reste de la puissao<^ des Maures, est la magnifique mosquée construite en •'70 par Abdér^me; c'éuit le principal temple de Tislamisme apr^s celui de la Mecque. Aujourd'hui les images sacrées (Ja catholicisme s'y élèvent de toutes parts au milieu des
DE GÉOGRAPHIE. 9o5
vei^els du Coran. Cordoue est la pairie des deux Sénëque, de Lucain, d'Âvicenne, d'Averroès et du célèbre guerrier Hernandez y Àguilar, plus connu sous le nom Gonsalve de Cordoue.
. Les montagnes à la gauche du fleuve forment de riches vallées dont les deux principales renferment Tindustrieuse ville de Moniilla, oix Ton trouve 4 fabriques de faïences, 45 métiers à tisser la toile et 5o moulins à huile; ainsi que celle de Lucena, importante par ses vignobles, ses salines et ses chevaux estimés. Le bassin du bas Guadalquivir comprend une des régions les plus chaudes de la Péninsule : la vallée en forme d'entonnoir, qui sur les bords du Génil renferme Ti m portante ville d'Ècija, concentre tellement les rayons solaires, que les Espagnols l'appellent la Sarten de Andalucia^ la poêle à frire de l'Andalousie. Après avoir traversé des plaines d'une grande fertilité, on arrive à Carmona; mais nous n'entrerons point dans son enceinte; on a vu ce qu'elle offre de plus intéressant lorsqu'on a ad* miré sa magnifique porte de Cordoue.
La haute tour de la Giralda, ouvrage de l'architecte arabe Geber, annonce de loin Séville, que les Espagnols regardent comme une merveille, et qui cependant n'est qu'une réunion de rues étroites et tortueuses. Plusieurs polies en arcs de triomphe, un superbe archevêché , le somptueux alcazar, palais des rois maures , achevé par Pierre le Cruel et ses successeurs, l'hôtel-de-ville, le collège de Saint-Elme, la manufacture de tabac, la fonderie de canons, la bourse ou la lonja, plusieurs autres édifices, et surtout la cathédrale , le plus vaste et le plus imposant de tous, justifient en partie l'enthousiasme espagnoLDe cette ville on aperçoit à trois lieues vers l'ouest San-Lticar la May or j bâtie avec propreté et peuplée de 2,000 habitans, presque tous cultivateurs.
Les montagnes qui séparentic cours du Guadalquivirde celui du Guadalete, sont garnies de vignobles renommés: lu bas de leui-s pentes orientales, Xérès de la Frontière ju Jerez de la Froniera^ récolte annuellement 7 a,ooo
hectolitres d'un vin chaud et délicat : ses caves sont pu leur étendue et leur tonstruction une de ses ciiriosit6; Jtota^ sur le bord de la mer, est célèbre aussi par sesTÎtis. Medina^Sidonia, sur une hauteur, jouit d*an air vif et d'une belle vue sur des campagnes fertiles; sur le pcmtle plus méridional de la côte. Tarifa possède un poit et cTna* portantes fortifications. Un golfe sépare cette ville do ro- Irher de Gibraltar, que possèdent les Anglais depviis U guerre dfe la Succession.
Vis-à-vis l'embouchure du Guadalete, Cadix, à Textif mité d'une langue de terre appelée Ftle de Léon , paise avec raisbn pour la plus belle ville de l'Andaloosie et pcc; la plus riche de l'Espagne. Ses principaux édifices senti ^eu remarquables; son h6tel*de-ville est moins beau que Éâ {Prison ; ses rues ont peu de largeur, mais ses plxa {Publiques; ses maisons bieh bâties, blanchies avec soin et gartiies de larges balcons , ont de la régularité. Sa position avantageuse pour le commerce, à l'entrée d*une baie de dix lieues de circonférence, qui offre aux vaisseâoi un excellent mouillage^ son port vaste et commode, en (dp: le principal entrepôt de l'Espagne. Dans ses 53,ooo habi* tans on compte un grand nombre de riches n^odans aussi est-ce une ville de luxe et de plaisirs. Chef-Iîèu d*os dépaitement maritime, ses fortifications la mettent au r^ des principales places foiies du royaume.
Nous verrons encore quelques villes importantes fs suivant les bords de l'Océan jusqu'à la frontière de Portegai. San-Lttcar de Barrameéta, à l'embouchure do Goadalquivir, offre un bon port et fait un grand comuierr* de vins; ses pêcheries approvisionneiit presque toute ': province de Sévîlle. Elle a Vu naître Alphot^se FemanJr de Lugo, le cohquérant de Tcnérîffe, et Diego Vela^on. le fondateur de la Havane. Moguer, à rembouchure dt Tinto, ne possède qu'un petit port, mais fait de grandes expéditions en vins de son territoire ; Ayamànte, pr^ de la Guadiana, est importante paries fortifications, sot commerce et la pèche des sardines.
Noos venons de voir le nord, l'orient et le midi de l'Espagne; nous en connaîtrons le centre si nous parcourons les bassins du Tage et delà Guadiaiia En remontant ce fletive depais la frontière du Portugal, nous avons la longue et haute chaîne de la Sierra Moréna à noUre droite , celle de Guadalupe et les monts de Tolède à notre gauche. La première ville importante qui se pk*ésente sur les bords de la Guàdiana est Èadajoz^ doht le nom arabe, Beledaixj signifie pAjrs salubre. Quoiqu'elle remplace l'antique cité de Pax Augûsia, elle ne possède aUcun monument romain. Sa cathédrale est ornée de plusieurs tableaux de Moitilès, qui naquit dakis ses mui-s. Merida, comme tout jusqu'à son nom rindiqlie, k'éiève dans une plaine fertile sur remplacement d'Emerita Augnsta : on y traverse le fleuve sur un pont de 18 arches, ouvrage des Romains, et l'on y remarque d'autres restés antiques. Elle donna le jour au poète Decianns^ qui viVait sous Auguste, et à Tbistorien don Antonio de Zuniga. Si nous remontions la rivière de Matachel, nous verrions Llerena, petite ville sombre et mal bâtie, dont le commerce de laine est considérable. £nlre le fleuve et le Jabaloi), son affluent, Ciadad-îteal est assez bien bâtie; sa vieille enceinte renferme des rues larges et bien pavées.
Lf'origine de la Guàdiana est presque incertaine, tant elle est peu visible : on croit qu'elle sort des lagunes de Riduera , d'oîi s'échappe en effet un ruisseau qui disparaît après un cours de 10 lieues, pour reparaître près d'un endroit appelé les Ojos de la Guadiàna: Ces ojos ou ces yciÂX sont de gros jets d'eau qui sortent de terre en bouilonnadt, et qui par leur réunion passent pour former le l^uve; Pour parvenir à ces sources, au pied dé la Sierra i\^lcaraz, chaîne qui recèle de riches filons de zinc et de rixivre, nous Verrons la petite ville HAlcaraz, dominée :>£ir une montagne et par une citadelle. Nous passerons rrtsUite devant San-Clerhanié , située sur la rive gauche I tJL Buss; enfin lejoli bburg d'Huetese présentera sur la per iC:« rivière du même nom, entouré de plantations dechan*
908 TRAITE ÊLÉMENTAtlVC
vre et de safran, et nous nous trouverons dans le liassin:. Tage.
Le HénarèSy affluent de ce fleuve, arrose plnsîeors ^Iô clignes d*étre menlîonnées : près de sa source , Sigaenu, non loin de l'emplacement de Tantique Sagonte, posKOe une cathédrale gothique à trois nefs , longue de 3i3 pied: et large de 1 1 a , et une université : c'est la patrie de IW torien F. José de Siguenza. Guadalaxara, VAniêOk des Romains, que les Arabes ont nommée GuadaiarnùcA est grande et mal bâtie : on y remarque le palais ù rinfantado, édifice vaste, mais de mauvais goût. Les histcriens A^ntoine de Trillo et Mathieu Medioa y Mendcu naquirent dans ses ixi\xx^,AlcaladeHenarhs,€^}ix\ vit naître Michel Cervantes, et dont l'université, fondée en i499 p>^ le cardinal Ximenès, rivalisait autrefois avec celle deS^ lanianque, est une ville qui n*a plus qu'une populalioD k 4 à 5,000 âmes, après avoir été, au xyi* siècle, unedri plus importantes de la Nouvelle*Caslille. Ses nombreoso imprimeries ont disparu, son commerce est presque ou! son université n'a plus que 5oo étudians ; mais elle a cllservé ses couvens, ses 4 hôpitaux, ses i3 collèges et oc^ école militaire du génie.
A 5 lieues à l'ouest de cette ville, Madrid occupe j^ centre d'une plaine froide, aride, sablonneuse, enlomr^ de montagnes. C'est, de toutes les capitales de TEurop^. celle dont le soi est le plus élevé au-dessus du niveau 0l'Océan ; c'est aussi l'une des moins étendues et des mov peuplées : elle n'a qu'une lieue et demie de orconféreiK et qu'une population de aoo,ooo âmes. La plus belle de 17 portes qui ferment son enceinte est celle d'AJ<:ala, es pèce d'arc de triomphe près duquel on remarque lait: où se donnent les combats de taureaux. Elle est divisée r 62 quartiei^ et en i g paroisses renfermant 63 couves» Les pri ncipales de ses 4^ places sont celles du Palais-Roj^! cet édifice est l'un des plus beaux de Madrid ; celle ai Soleil, espèce de carrefour où viennent aboutir les cio^ plus grandes rue$; et celle appelée Plaza Afajror^ où r.-^
DE GÉOGRAPHIE. gOQ
>oit le petit palais oit s^assemble Tacadëmie royale d'histoire. Le ManzanarëSy qui traverse la ville , est une petite rivière que les chaleurs de Yété mettent presque à sec; cependant on le ti^avei^se sur un pont magnifique, ce qui fit dire à un plaisant qu'on devrait vendre le pont pour avoir de Teau. Après le palais du roi , ouvrage de Philippe V^ et qui n'est pas achève, on peut citer le Buen-Retiro , autre palais fondé par Philippe IV, et portant encore les traces du séjour des Français, qui en firent une caserne ; le bâtiment du Musée royal, Thôtel des postes, la douane, l'hôpital général, le palais des ducs d'Alhe, qui renferme le musée d'artillerie, l'hôtel des conseils de Castille et des Indes, l'hospice San Fernando, le monastère de las Sale» s€is, l'hôtel des gardes-du-corps et les écuries du roi. Les jardins du Buen-Retiro, las Delicias elle Prado sont les principales promenades de la ville. Madrid est à la fois in« dustrieuse et commerçante; mais ses produits ne peuvent alimenter que la consommation locale ; elle n'exporte rien dans le reste du royaume. Elle fabrique des tissus de laine, des étoffes, de soie, des cotonnades et des mousselines; le goûvernem^snt y entretient à grands frais une manufacture de tapis. 11 sy tient une foire considérable depuisle a i sep* teoabre jusqu'au 4 octobre. Cette ville a été le berceau de Philippe III, de Charles II et de Louis I^', qui ne régna que sept mois. Francisco Ramirez, qui contribua à la prise de Grrenade ; don Pedro de Heredia , l'un des conquérans de l'Amérique; Calderon de la Barca, poète dramatique; le fécond Lopez deVega, son successeur ; le peintre Velasquez et d'autres hommes distingués y reçurent aussi le |Oiir.i.
A une égale distance de la capitale s^élèvent deux superbes maisons de plaisance ; l'une, à lo lieues au nord-ouest, 1 été bâtie par Philippe II près de YEscurial de Abajo, ^ourg ecclésiastique dont les terres appartiennent aux Hiéronimites. C'est à la fois un monastère et une résidence oyale. Son superstitieux fondateur, en mémoire de la ba* aille de Saint-Quentin , gagnée le jour de saint Laurent,
910 TRAITÉ ÉLÉMCKTàlRE
choisit l'emplace^ieiit da village de San^Loreiwo ( Saiii- LaureDt ) pour cet iaïaïQQse édifice ^ auquel il donoa h forme d*un gril , ins^vament de mort du martyr. UasL'r I maison est celle d^Araofuez, au sud de Madrid, aspe d'une large cascade que forme le Tage. Sa belle positioc. Télégance de son architecture^ retendre de ses )ardinsc{<licieuXy exigeraient de trop longs détails pour les bieo cecrire. Une petite ville , hâtie avec une rigoureuse régula* ritéy s'est élevée autour de ce séjour enchanteur.
La dernière dtéque nous visiterons est Tolètle. Le Tage qui roule à ses pieds au milieu de rochers arides et oi^. le beau pont mauresque jeté sur le fleuve, rélégantepor. construite par les Arabes, la position de la viÛe sur \ïu masse granitique, en donnent une idée que ne justifie fâti son intérieur, où Ton ne voit de remarquable que lacsthédrale, ancienne mosquée, et TAIcazar bâti par les Ma» res 9 réparé par Alp(ionse X, embelli par Charles - QfûA et par le cardinal Lorenzana, qui s*^ève maiestneuseiBai au milieu de ses vieilles constructions et de ses mes saW et tortueuses (i).
Un canal de 3o à 4o lieues de largeur sépare les de îles Baléares des côtes orientales de l'Espagne. Elks pr:tent les noms de Fermentera, Ivice, Cabrera, Maforque f Minorque. Les Grecs les appelaient Batéaridçs, parce q*.« leurs habitans étaient habiles à se servir de la Irondc,^ les Romains Gymnasii , parce qu^ils inarcfaaient nos ^i combat. Au y^ siècle, ces lies furent conquises par les Sv>dales, et au vm^ par les Maures, qui en furent chassés pr Jacques I^, roi d* Aragon. Formentera, la plus màîdic* nale, a 4 lieues de long sur une de large; aucun gok* d*eau ne Farrose ; mais les habitans y ont creusé un gris nombre de puits; son nom indique la fertilité de son s en céréales. Ivice ou Ibiza, au nord de la précédente beaucoup plus grande, puisqu'elle a 9 lieues de longufj sur 4 de largeur, renferme un grand nombre de petits t !
(1) BréètM de la Géographie univerulh , tom. vllf »|r. ir».
lageSyCta pour capitale une petite villç du même nom peuplée de 6,000 âmes. Majorque ou Mallorca , est la plus considérable de ces lies ^ elle est longue de a2 lieues et large de 16; on y compte seize villas de 3,oo.o à 6,000 habitans. Palma, son chef- lieu, en renferme 3490oo.Celleci est bien bâtie et entourée de fortifications \ la Lonja ou la Bourse, près du port, et la cathédrale, où Ton vqit le tom^* beau de don Jajme U, roi de M ajovque et fils de celui qui la conquit en 1229 sur les Maures, sont les ^euls édifices qui rappellent son ancienne splendeur. A. 3 lieues au sud de Majorque, Cabrera est un rocher habité par quelques pâtres et de nombreux troupeaux dç chèvres; elle est couverte d'arbres, de pâturages et renferme trois sources d'une eau saine et limpide. Minçrque ou Menorca^ par son éten« due la seconde des tles Baléares, a ija lieues de long sur 5 de large; son sol est montagneux et dominé par le Toro, montagne de 750 toises d*élévation; elle renferme cinq villes*itfa&oii^ sa capitale, passe pour avoir été fondée par le Carthaginois Magon ; on évalue sa population à 19,000 âmes; ses édifices n'ont rien de remarquable, mais son port est l'un des plus vastes et des plus commodes de la Méditerranée.
Ces lies sont en général fertiles, couvertes de montagnes boisées, de vallées pittoresques, et sous l'influence d'uu :limat agréable; l'idiome en usage chez le peuple est un nëiange de grec , de latin, d'arabe et d'espagnol, qui rap- 3elle les difierens peuples auxquels elles furent successiveneot soumises. Les habitans sont d'une taille moyenne et Tune couleur basanée; leurs mœurs ont la rudesse de celés des peuples abrutis par la misère et l'ignorance; mais Is sont francs , hospitaliers et braves.
Si nous voulqps, en terminant, donner une idée des aures peuples de l'Espagne, nous citerons le passage suivant mprunté au Précis : Chaque province ofi*re des nuances eaucoup plus tranchées que dans les autres royaumes de Europe, parce que le défaut d'industrie, les difiicultés es communications, les barrières naturelles qui sépa-
g\7L TAAlTÉ ÉLÉMËKtAlBE
rent les peuples, sont autant d*obstacles à c^ ^eIatio^ multipliées qui finissent par répandre sur la populalic. d*un Etat une teinte uniforme. Il suffit de traverser Yhpagne en différens sens pour remarquer la taille \é^h» et la beauté du Biscaïen, la haute stature du Galid^^ et du Catalan, la vigueur du GastiHan, le teint Lasan de rhabitant de TEstramadure , les formes stetto et TAndalous et la pâleur du/ Murcien. Les femmes sort en général bien prises dans leur taille, et se font presque toutes remarquer par leur gr&ce et leur souplesse, leur teint brun est relevé par des cheveux du plos beac noir, et leur physionomie expressive et animée cootrii-i beaucoup à la réputation qu'elles ont d*étre jolies. Le^ différences que l'on observe dans le physique des peuple des diverses provinces, existent également pour le car*.* tère moral : le Biscaïen est fier, irascible, ea)porté(i);.^ Galicien est triste, sérieux, peu sociable, mais laborieu et plein de courage ; le Catalan est violent, indocile, iaia tigable; TAragonais est attaché à ses antiques coutum^ et enthousiaste de son pays; le Castillan est grave, sé?èse. orgueilleux et insouciant ; l'habitant de l'Estramadore K pétri d'indolence et de vanité ; l'Andalous se distii^ue p son arrogance: on l'a appelé le Gascon de l*Espagne;I Murcien, lent et lourd, est le peuple le plus ignorant ^ le plus soupçonneux de la Péninsule; le Valencien^a contraire, est inconstant, léger, gai, affable et industrieux Considéré en masse, on peut dire du peuple espagnol «* qu'en disent les Espagnols eux-mêmes (2), que le fonds 1 son caractère est une grande circonspection, le noble <. gueil de l'honneur et de la probité, une constante reH>^ tion dans ses entreprises, et une sorte d'aversion pour 1* nouveautés dont l'utilité ne lui est pasdéoontrée.
(1) r^horàe, Iiinëraire de rjEfpajjne, t. V. (3) Fojrez Aolillon et Minano.
DB GtOGRàPUIE. 01 S
JFISION de VBspagne m Capiiameries générales, atw Tmâication des provinces, de leur population et, de celle des principales villes de chacune (Telles, etaprès les renseignemens les plus récens.
ralkoM. PopobliéB. pwtteo*
3i3,856. i3,9oa,ooo. 58a.