CHAPITRE VI
Des débris fossiles des corps organiques j,. végétaux et
animaux.
Les restes d'êtres organiques enfouis dans les entrailles de la terre sont autant de médailles géologiques , mais des médailles sans date précise. On les nommeyb^^/Zer.
Ces débris d'une multitude de végétaux et d animaux qui paraient la ten*ey en peuplaient la surface, nageaient dans %eS' eaux ou volaient dans Fair^ Sont les témoins irrécusables d'un ordre de choses antérieur à Tordre actuel et à l'existence de l'homme.
C'est aux fossiles seuls qu'est due la naissance de la théorie de la terre ; sans eux l'on n'aurait peut-être jamais songé qu'il y eût eu dans la formation du globe des épo* ques successives et une série d'opérations différentes. Eux seuls, dit un célèbre naturaliste, donnent la certitude que le globe n'a pas touj^ui-s eu la même enveloppe, par la certitude oit l'on est qu'ils ont dû vivre à la surface avant d'être ainsi ensevelis dans la profondeur. Ce n'est que par analogie que l'on a étendu aux ten*ains primitifs la conclusion que les fossiles fournissent directement pour les terrains secondaires ; ef% s'il n'y avait que des terrains sans fossiles , personne ne pourrait soutenir que ces ter-* rains n'ont pas été formés tous ensemble.
Cest encore par les fossiles, dit M. Cuvier, que nous avons appris le peu que nous savons sur la nature des révolutions du globe -, ils nous ont enseigné que les couches qui les recèlent ont été déposées paisiblement dans un liquide, et que leurs variations ont correspondu à celles de ce liquide. )
C'est l'étude des animaux et des végétaux fossiles, parti-
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culièrement des coquillages ^ les plus nombreux de tous, qui a donné à M. de Férussac les moyens de reconnattre, par la comparaison des espèces fossiles avec les espèces vivantes^ que la température de la surface terrestre a nota* blement changé, et que c^est à cet abaissement de la teinpérature surtout que Ton doit rapporter tous les change* mens qu^ont subis l'animalisation et la végétation sur le globe (i). Cette même étude a permis à ce savant de ré • soudre les questions les plus élevées relatives aux créatioDS successives des êtres, et lui a dévoilé les lois de la distribution de la vie à la surface du globe , dans les temps antérieurs à l'existence des hommes.
Les pétr^cationSj en prenant ce terme dans le sens vulgaire, comprennent tous les corps pierreux qui ont la figure d'un corps organique. H y a eu des cas oii un soc pierreux a coulé (hms une cavité formée par an corps organique, lequel a disparu; alors la masse pierrense s^est écoulée dans la cavité qui était restée vide, et a pris les formes extérieures du corps organique qui y était aupara* vaut. Si ce corps était, par exemple, une branche on un tronc d'arbre, la pierre aura à son extérieur des nœuds , des rugosités ; mais dans l'intérieur elle offrira tons les caractères d'une vraie pierre : elle ne sera, pour parier avec Haûy,*cc que la statue de la substance qu'elle a remplacée. »
D'antres fois une substance végétale ou animale , en se décomposant successivement et par degrés marqua, est d^à entourée et pressée par ntf suc pierreux. A mesure qu'une molécule oi^anique se dissont et disparaît, use molécule pierreuse la remplace. Ainsi, de molécule en molécule, la matière pierreuse s'arrange dans les places restées vides par la retraite graduée des parties v^étales on animales; et, en. se moulant dans ces cavités, elle copie
(i) Analyse du travaxtx de t Académie de» Seieneu^ i8si, p. isf p*' M. Cayier. Joum. de Phys^ juillet iSsij et Didionn, etau.d^ffisL N^, au mol GiocKâFins dis MoLtiriQVBs.
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trait pour trait la coûteztore du corps organique. Voilà comment on explique communément la formation de ce qu*on appelle bois pétrifié i imitation si fidèle du vrai bois, que^ sur la coupe transversale, on distingue Papparence des couches concentriques qui, dans l'arbre vivant, provenaient de son accroissement annuel. Quelquefois on est même en état de reconnaître , dans les linëamens de la contextnre, Fespèce à laquelle appartenait l'arbre qui a été reproduit en pierre.
Les corps métallisés, et ceux qui ont été changés en bitume ou en charbon, appartiennent au même système de formation. Ainsi les turquoises, par exemple, sont des dents molaires de quelque grand animal marin; une substance métallique qui les a pénétrées, et s'est peu à peu substituée aux parties les plus molles de l'os.
Les empreintes se trouvent entre les feuillets de certaines argiles schisteuses; ce sont des relief ou des creux représentant des squelettes d'animaux, surtout des poissons, des feuilles, des roseaux , des plantes entières, principalement de l'espèce des fougères.
Nous allons considérer successivement les diverses classes de débris fossiles.
Les végétaux fossiles sont bien plus nombreux que les animaux, quoique moins bien conservés; on les trouve presque partout où il existe des fossiles, mais dans des états bien différens. Us sont réduits en charbon bitumineux dans les premiers terrains secondaires, en terre dans les seconds; ou bien ils n'ont laissé que leurs empreintes dans les uns et dans les autres : ils n'existent que pétrifiés ou à l'état de lignite dans plusieurs teiTains modernes, et sont encore en nature dans ceux d'alluvion ou d'attérissement. La houille, qui est d'une si grande ressource pour fournir des combustibles capables de suppléer à la grande consommation de végétaux que fait l'homme , ne parait composée que de végétaux.
Les plantes des terrains anciens sont aquatiques, et ap« parliennent aux contrées les plus chaudes du globe ; ce
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n*est que dans les alluvions modernes que Ton rencontre des arbres analogues à ceux de nos climats.
Toutes les parties des plantes peuvent devenir fossSes. Les racines pétrifiées s'appellent rhizolithes; on nomme lithobibUons ou bibliolilhes les empreintes de feuilles; celles de fleurs s'appellent antholithesj et làhocarpes celles des fruits.
Les bois bituminisés, quoique enfoncés à d*assez grandes profondeurs , peuvent tenir à des révolutions moins aociennes et moins violentes; on en a trouvé des morceaia dont un bout était à Fétat naturel ^ et Vautre bitnminisé. Des bois sont souvent d'espèces indigènes : à Upsal on codserve un grand morceau d'aune changé en jayet, ayant encore l'écorce et les bourgeons très-reconnaissables; il vient de la Scanie. Ainsi lès bois bituminisés se rapprochcot par degrés Aes forêts souterraines, ou des amas de bois qui ont été simplement enterrés par quelque boalevenement moderne.
Les nombreux animaux rayonnes ou zoophytes, surtout les madrépores j paraissent être contemporains des premiers êtres organisa. Leurs débris se trouvent daib quelques terrains de transition , et dans la plus grande partie des formations postérieures ; ils y sont dans tous les états, et quelquefois en si grande quantité, que la nh che en est entièrement formée. Presque toujours ces fo^ siles accompagnent ceux des mollusques.
Ramond et autres naturalistes ont vu des madrépores et des coralithes sur les plus hauts sommets des Pyrâiées.
Les polypiers fossiles , analogues à ceux de nos mers, sont très-rares ; quelques espèces vivent dans rhémispbèrc opposé, sur les côtes de l'Océan Indien et de la NonveUe- Hollande.
Parmi les restes du règne animal , les coquilles sont les plus abondans ; ils occupent même des espaces immenses, mais principalement dans les terrains calcaires. La France nous en fournit les exemples les mieux connus. Les seuls environs de Paris ont fourni h M. Lamarck plus de
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80 genres, comprenant plus de 5oo espaces; et cette savante classification est loin d'être terminée , quoique le nombre des espèces reconnues aujourd'hui soit presque doublé. On sait qu'une vaste couche de craie ^ accompagnée de bancs de csdcaire coquillier, s'étend de Rethel, à travers les départemens de la Marne et de l'Aube, vers Sens. La quantité de corps étrangers qu'on i trouvés dans cette bande de craie ou dans son voismage est très-considérable.
Toutes les plaines de la ci-devant Ile*de-France offrent de vastes bpncs de pierres calcaires et sablonneuses, remplies ou plutôt composées de coquillages, les uns appartenant aux espèces qui habitent nos mers, les autres semblables à celles qui vivent dans les eaux douces; circonstance qui établit entre elles une différence d'âge et d'origine.
La Touraine, ou le département d'Indre-et Loire, offre un banc continuel de coquillages, d'environ neuf lieues anciennes carrées de surface, sur une épaisseur au moins de vingt pieds. On en estime la masse à 170,000,000 de toises cubes.
Les autres contrées de l'Europe ne fourmillent pas moins de coquillages fossiles. Vingt pages ne suffiraient pas pour donner l'énumération des endroits de l'Allemagne, de l'Italie et de l'Angleterre où l'on en a trouvé; les roches stratifiées de la chaîne du Hartz, regardées comme les plus anciennes, offrent, outre les zoophytes, des bélemnites, des ammonites, encrinites, pentacrinites, en un mot , les coquillages les plus éloignés des genres actuellement vivans. Au contraire, les roches calcaires les plus modernes, celles du mont Bolca, près de Vérone, et les collines de craie de l'Angleterre et de la Seelande, renferment des genres rapprochés de ceux qui existent encore, tels que les ostradtes, pectinites, buccinites, nautilites, chàmites et autres.
Le nord et le midi de l'Europe ne le cèdent point aux parties centrales à cet égard. Les roches calcaires de Rœttwik, en Suède, à 3,ooo pieds au-dessus de la mer; la terre
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végétale de la Finlande et les couches argileuses des ties de la Norw^e^ fourmillent de coquillages, les uns entiers, les autres presque diangés en terre. En Grèce, en Espagne, on ne marche le pins souvent que sur des coquiUages. Ramond en a trouvé dans les Pyrénées, sur le sommet du mont Perdu, à 1 768 toises de hauteur; Lamanon, dans les Alpes dauphinoises, à ia4i toises; Gaérin, sur le mont Ventoux, à loaf^ toises; et Saussure, dans les Alpes de Savoie, à g84 toises : on pourrait presque dire que partout où il y a du calcaire en Enn^ y U y a des coquillages*
Tout concourt à nous faire regarder les autres parties du monde comme parfaitement semblables à l'Europe sous le rapport de Tabondance des coquillages. Le mont Carmel est semé d'huîtres pétrifiées. Les chaînes qui bordent la mer Caspienne offrent des coquillages jusqu'aux niTeanx où elles dépassent les nuages. Les montagnes de la Chine en sopt couvertes, selon les Jésuites, et la Sibérie eo a of* fert des quantités énormes aux voyi^eurs russes. Les rebtions modernes nous représentent l'Océanie et qadqnes parties de TAfrique comme très-riches en coquillages fossiles; FAmérique ne Test pas moins; M. de Hamboldt en trouva même sur la haute chaîne des Andes, jusqu'à VAtvation de a,aoo toises*
On distingue quelquefois ces fossiles en coquilles pétagiennes et littorales. Les ammonites ^ les bélenmùes, les nautilites^ les gryphites, les téribratules et les porfpyus ou pierres lenticutaires, etc., sont de la première dasie; la plupart des autres coquilles marines appartiennent h b seconde, quoiqu'elles soient souvent mêlées avec les premières. On distingue encore les coquilles fossiles ea terrestres^Jluuiatiies et marines. Les hélices, les niJuner, etc., sont de la première sorte; leslimnies, lesplanories, etc., de la. seconde. La plus grande partie des coquilles fossiles appartiennent aux espèces marines. MM. de Lamark, de Férussac, Brongniard, en France ; So weri>y, en Angleterre; Brocdii et Renier, en Italie, et Goldfuss, en Allemagne,
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ont, dans ces divers temps, le plus contribné aux progrès de leur étude.
Les autres animaux marins ont laissé des dâ>ris moins abondans ; car les poissons sont , après lès zoophytes et les mollusques, les plus fréquens : on en trouve en Suisse, près de Glarus, dans des schistes-ardoises; en Allemagne, dans le schiste marneux, bitumineux, de Pàppenheim; dans le schiste cuivreux d'EisIeben , dans le schiste puant d'Ochningen ; en Egypte et en Syrie ; dans des roches caU caires sur la côte de Coromandel, et dans plusieurs montagnes de la Chine. L'endroit qui en a fourni le plus grand nombre, c'est le mont Bolca , près de Vérone, en Italie. La grandeur de quelques, poissons de Fancien monde devait être énorme, si Ton en juge par leurs dents : les glassopètres ou dents de squale {squabu maxiaws) le prouvent de la manière la plus évidente. Les travaux de MM. Cuvier et de Blainville , sur les poissons fossiles, sont presque les seuls qui aient quelque importance.
Les erpétholiûies sont moins nombreux que les uAshjro* liihes, et paraissent n'avoir existé qu'après Fâge qui vit naître les poissons. C'est aux grandes diviâons des diélo^ niens ou tortues, des grands sauriens ou crocodiles , et des ophydiens ou serpens, qu'appartiennent presque tous les fossiles connus de cette classe. Ces reptiles gigantesques , et de forme si extraordinaire, qui ont été découverts dans ces dernières années en Angleterre, en Allemagne, en France, etc., appartiennent à l'ordre des sauriens. T^ sont : le geosaurus, sorte de lézard qui avait i3 pieds de long, et qui vivait dans les rivières et les étangs de l'an-» cien monde; le mégalosaurus, autre lézard gigantesque, voisin des crocodiles, qui avait plus de 'io pieds de long ; le mésosaurus du savant géoiogne anglais M. Gotiybeares; les ichthjrosmires, les plessiosaures de M. Cuvier, espèces aujourd'hui inconnues sur le globe.
On a trouvé une tortue entière dans du grès, près de Berlingen. Dans les environs de Bruxelles, d'Aix en Provence ,
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dans les canières du grand Charonne, près de Paris, od a trouve différentes espèces de tortues fossiles. Les sdiîstes cuivreux de la Thuringe ont fourni un certain nomlH-e de a*ocodiles; on en a trouvé à Elston en Angleterre, dans de Targile ; les plus fameux sont ceux qu'on a découverts dans les vastes carrières de Maestricht, au-dessous d^un grand massif calcaire.
L'objet le mieux conservé en ce genre paraît être k crocodUuscadomensis, trouvé danslescanrièresd'Alltnugne, à une demi-lieue de Caen. U faut aussi faire mention du célèbre fossile d'OEningen , regardé pendant |dos de trente aqs comme un véritable anthropolùhe, et qui, selon M. le baron Cuvier , n'est qu'un batracien , voisin des salamandres et du genre Protée.
Les insectes et les oiseaux si nombreux dans le monde actuel y sont les animaux les plus rares du monde ancien. Le peu d'entomolithes qui se sont offerts aux naturalistes appartiennent aux deux divisions des arachnides et des annéUdes. L'on a découvert quelques empreintes d'insectes parmi celles des végétaux; mais la plupart sont encore douteuses. Cest dans l'ambre jaune ou le suocin que ces animaux se présentent dans un état parfait de oonseration, et ea plus grande quantité.
On trouve les omitholithes mêlés aux fossiles des mammifères, dans les roches secondaires à couches horisoih taleSy et dans les terrains d'alluvion ; ils y sont entien oa en fragmensy et dans différens états. On n'est pas encore certain qu'il existe des plumes fossiles y quoique quelques naturalistes prétendent en avoir dansleurscoUections ^mais on a trouvé des œufs pétrifiés en Auvergne, dont la coque est parfaitement conservée. Cette classe de fossiles offi:>e b singularité que , dans l'état actuel de cette branche nouvelle de la zoologie y les environs de Paris sont la partie du globe oh jusque ici on ait trouvé le plus grand nom* bre d'omitliolithes. M. Cuvier en a découvert la espcces, dont a au moins ont dû être des oiseaux de proie-
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Tous leurs analogues ont disparn , oa se sont retirés dans quelques pays encore inconnus aux Européens et peu visités par les voyageurs.
Les individus de la classe des mastodoUAes, ou mam" mifères fossiles, sont plus conununs que ceux des ornitbolitheSy des entomolithes, des erpetholitbes et des ichthyo^ lithes. Ils sont isolés ou épars^ distribués par familles, ou bien mêlés ensemble. Les uns n*ont laissé que des empreintes, ce sont les plus rares; les autres sont pétrifiés. Il en est dont les squelettes sont si entiers qu'on les croirait sortis de nos amphithéâtres Janatomie ; tandis que dans d*autres localités les ossemens ont été brisés et roulés par les eaux.
Cette partie de la zoologie, naguère si imparfaite, malgré les importans travaux de Pallas, de Camper, de Sœmmening, de Blumenbach, de RosenmiiUer, de Fau- )as, de Home, etc., doit à M. Cuvier la place brillante, qu'elle occupe déjà dans la chaîne immense des sciences naturelles. Ce naturaliste célèbre y a contribué plus que, tout autre, non-seulement par ses belles et nombreuses découvertes, mais par les prîhcipes incontestables qu'il a posés le premier. C'est ainsi qu'il parvint à déterminer et à classer les restes de plus de i5o quadrupèdes fossiles, dont i!à3 appartiennent aux mammifères : sur la totalité de ces nombres 90 de ces espèces sont inconnues ; 1 1 ou la ont une ressemblance si absolue avec des espèces connues, que l'on ne peut guère conserver de doute sur leur identité; les autres présentent avec les espèces connues beaucoup de ressemblance; mais la comparaison n'a pu encore en être faite d'une manière assez scrupuleuse pour lever tous les doutes. ^
Beaucoup de contrées offrent des fossiles appartenant à cette classe importante; mais certains lieux paraissent privilégia pour fournir |»*esque exclusivement telles ou telles espèces qu'on ne trouve point ailleurs, ou qui ne se trouvent nulle part à beaucoup près ausn communs. Les environs de Paris sont dans le preuiier cas, relativement aux paheothé-
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riums^ aux anoplotéràtms.On peut citer^ comme étant dans le second, le val d' Arno, où on a trouvé plus d*ossemens de rhinocéros que dans tout le reste de FËurope ensemble -, le camp des Oéans, non loin de Quito ^ dans TAmérique Méridionale, pour les mastodontes à dents étroites ; et, dans l'Amérique Septentrionale, les bords de l'Ohio, pour le grand mastodonte. L* Auvergne , cette terre classique des volcans, vient tout récemment de fournir plus de cinquante espèces nouvelles d'animaui; fossiles , dont M. Covier n'airait pas eu connaissance. Us vont être décrits dans fonvrage de MM. Bravard, Jobert et Tabbé Groizet. Ne pouvant pas énumérer tous les fossiles de cette classe, nous nous bornerons à faire mention des plus importans.
Parmi ces animaux, \ éléphant, appelé mammouA par lesRusseS, mérite la première place. Il était haut de quinze à vingt pieds, couvert d'une laine grossière et rousse, et de longs poils roides et noirs qui lui formaient une crinière le long du dos. Ses énormes défenses étaient implantées dans des alvéoles plus longs que ceux des éléphans de nos jours; mais du reste il ressemblait à Télépbant des Indes. Il a laissé des milliersdei^ cadavres depuis l'Espagne jusqu'aux rivages de la Sibérie , et l'on en retrouve dans' toute l'Amérique Septentrionale ; en sorte qu'il est répandu des deux côtés de l'Océan, si toutefois TOcëan ei^istait de son temps à la place oft il est aujourdThui. Ses défenses sont encore si bien conservées dans les pays froids, qu'on les emploie aux mêmes ilsages que l'ivoire frais. On a trouvé des individus avec leur chair, leur peau et leurs poils ; et les sauvages habitans de ces régions glacées s^en nourrissent qn^nd ils ont le bonheur4Fen découvrir. Nous rappellerons aussi que c'étaient des os d'élëphant trouvés en t6x3, dans une sablonnière près du château de Chaumon fen Dauphiné, ceux que l'adroit chirurgien Mazurier fit passer pendant quelque temps pour les restes du géant Tentôbpchus, roi des iSçnftonsw
Après l'él^^hant vient le mastodonte à dents éiroàes. Armé comme lui d'énormes défenses, mais revêtues d'é-
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mail) plus bas sur jambes ^ cet ^nioial gigantesque avait des mâchelières mamelomiées. et revécues dVn 4iaaîl épais et briUant, qui ont fourni peudaot iQng-teKkpsce.queron appelait turçuoises occidentales. Ses dâ^ris, assez communs dans rEujrope tempérée , ne le sont pas autant vers le nord; mais on en retrpuve dans les montagnes dé Y Amer rique du Sud, ayec ^eax, espèces voisines.
L'Amérique du Nord ppssède en nombre immense les débris du grand mqstçtdipinte^ ^p^e plus grande queia précédente , aussi haute à proportion que l'éléphant, à défenses non inpins énormes, et qu^ ses mâchelières, hérissées de pointes, ont fait premire longrtemps pom* un animal Carnivore. Cest une méprise, relativement an nombre des mâch<elières , qui a engjigé Bufion à estimer, la taille de cet animal Ât ou huit fois pdius grande que celle de l'éléphant.
Le rhinocéros a dû être beaucoup plus répandu dans l'ancien monde qu'il ne Test de nos jours. Il y en avait quatre espèces, dont trois de grande taille, et tous bicornes. Le célèbre Pallas donna la relation d'un rhinocéros entier, fh)uvé avec sa peau, en décembre 1771 , sur les bords du Wiloui, affluent du Lena.
^hippopotame fossile est assez commun en France, en Allemagne, en Angleterre et surtout en Italie. Sa ressemblance avec l'espèce actuelle d'Afrique est telle, qu'il faut une comparaison attentive pour en saisir les distinctions. Le megaûieriwn réunit une partie des caractères gêné» riques des tatous avec une partie de ceux des paresseux ; et pour la taille il égale les plus grands rhinocéros. Ses ongles devaient être d'une longueur et d'une force monstrueuses : toute sa charpente est d'une solidité excessive. On n'en a déterré encore que dans les couches sableuses de l'Amérique Septentrionale.
Le mégalonix lui ressemblait beaucoup pour les caractères, mais était un peu moindre ; ses ongles étaient plus longs et plus tranchans. On en a ti^ouvé les restes en Virginia et dcins une tle de la côte de la Géorgie.
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Le plus célèbre des raminans fossiles est le cerf h bois gîgantesifue ; il appartient à une espèce perdue, et parait plus commun en Irlande que partout ailleurs.
Le cheval fossile , quoique très ressemblant au cheval d'aujourd'hui, a la taille d'un grand âne; on en trouTe les débris avec ceux des ëléphans et des rhinocéros.
Cest encore ici le lieu de faire mention de deux phénomènes remarquables qui ont tant exercé la sagacité des géologues. Ce sont les brèches osseuses et les cavernes remplies dCos fossiles. Les premières sont des fentes de cer* tains rochers, remplies d'os de ruminans incrustés ao milieu des coQCrétions qui les remplissent. Les principales brèches osseuses connues sont celles de Gibraltar, d'AjE^bes et de Nice. Les caveq^es à ossemens offrent les débris d'un grand nombre de carnassiers. Celle du pays de BUncken* bourg est la plus renommée sous ce rapport.