‹ Traité élémentaire de géographie, contenant un abrégé méthodique de Précis de la géographie universelle en huit volumes ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'un aperçu de la géographie ancienne, sacrée et profane;Chapitre 2 sur 142 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Lje savant géographe dont la mort prématurée est encore un sujet de deuitpour les sciences, se complaisait dans l'idée qu'il allait achever son plus bel ouvrage, et se disposait à publier un Traité élémentaire qui devait populariser la géographie , lorsqu'il fut enlevé à ses laborieuses occupations. Il venait de préparer de nombreux matériaux et de rédiger pour ce travail une préface que nous allons reproduire en entier : tout ce que sa plume élégante a tracé ne peut manquer d'exciter Tintcrét des savans et des littérateurs; d'ailleurs il y expose avec sa supériorité habituelle les motifs qui le portaient à entreprendre un travail trop long-temps attendu.

« Le Précis de la Géographie universelle est enfin terminé. Cet ouvrage avait un double but, celui de réunir dans un petit nombre de voKttnes les principaux points de vue sous lesquels le tableau de notre globe se présente à un esprit cultivé , et celui de revêtir ees aperçus scientifiques des formes historiques et littéraires. Une entreprise sans modèle devait nécessairement rencontrer de Topposition de la part des esprits routiniers dont elle dérangeait les habitudes. Ceux qui, depuis des siècles, ne voyaient dans la géographie qu'une nomenclature, ou tout au plus une application des mathématiques, se trouvèrent humiliés par la seule apparition d'un homme qui prétendait parler à la pensée, à l'imagination, au sentiment, et qui annonçait vouloir replacer au niveau des autres doctrines historiques et philosophiques ime science trop long-temps dépouillée de ses charmes naturels, et déshéritée de ses antiques domaines par ceux mêmes qui s'appelaient géographes. Fils ingrats qui dénigraient leur mère, ils aimaient mieux abaisser la science jusqu'à eux que de s'élever jusqu'à elle. Un

yî PREFACE.

essai de rétablir la géographie dans la plénitude de ses droits et de ses honneurs, devait aussi choquer tous ces esprits étroits et orgueilleux, prétendus dictateurs du roonde savant, qui n'admettent d'autres sciences que celles (Qu'ils peuvent ranger dans les petites cases de leurs classificatiops arbitraires ; comme s'il dépendait de la volonté des hommes d'empêcher que l'esprit humain invente sans ces^e de nouvelles méthodes , et se crée de nouveaux points de vue ! comme si l'empire de la pensée reconnaissait un cadastre et des réglemens de pfblice <

» BufTon, qui, dans la maturité de son immense génie, avait entrepris de faire dans l'histoire naturelle la même révolution que j'ai tentée dans la géographie, n'échappa ni à la haine secrète des nomenclateurs ni aux sourdes intrigues des savons exclusifs; ceuxlà avaient d'excellentes raisons pour soutenir que le style n*est rien dans les sciences, ceux-ci étaient intéressés à ne voir qu'un roman dans toute vue générale; les compilateurs môme, cns'emparant de ses pensées , l'actusaient de manquer d'originalité. Si ce grand homme n'a pu faire taire entièrement ces clameurs jalouses, comment un jeune étranger, sans protection , sans amis, pouvait-il concevoir l'audacieuse espérance de changer la marche de la géo* graphie en France? S'il y a réussi, c'est au progrès des idéjes raisonnables parmi les Français eux-mêmes , c'est au désir universel de nouvelles connaissances, c'est enfin à la propre activité intellectuelle d'un public éclairé et indépendant, que la gloire .de ce succès est due. Tous les esprits qui sentent le besoin de se former une idée philosophique du globe.que nous habitons ont apprécié avec indulgence le faible mais unique essai qu'on a fait en France pour satisfaire un si noble vœu. Il y a eu une géographie nouvelle, parce qu'il y a. eu une génération nouvelle qui la cherchait. Ce public, a seul protecteur du Précis (i), » vâ maintenant être juge d'un Abrégé que, malgré des instances multipliées, j'ai long-temps hésité de rédiger, par la crainte de blesser mille petiu intérêts,et de paraître descendre à d'obscures rivalités. • Un traité élémentaire de géographie semble le travail le |^us facile et le plus insignifiant pour ceux qui ne ooroprennent pas en

(i) Précis de Géof*raphie universelle, tom. J, p. 526.

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quoi consiste proprement U révolutiiMi acluelle de|la géographie. Ajouter à quelques vieilles définitievs des èé^ih iivés tks relations nouvelles , éviter quelques erreurs ^ et ae cotfferiner aux derniers traités ) voilà le cercle des devoirs d'un abréviateurr, salon ridée oommune. La seule difFérence entre ces ouvrages , c'eat que les uns sont d'énormes volumes remplis de détails minutieux quHI est impossible de retenir, ot que les autres sont resserrés dans des nomenclatures stériles on dans d'arides tableaux; mats (oos ils se ressemblent en un point; ils n'inspirent aucnn inlérât pour la géographie; les acheteurs obligés s'en plaignent d'une voix unanime, et finissent par se débarrasser des études géographiques, dans lesquelles ils ne voient qu'une sc^urce d'ennui.

» Le mal n'est pas là où on le cherche. Il est parmi les auteurs d'abrégés des hommes estimables, à qui il n'a manqué m des connaissances étendues, ni des recherches laborieuses, ni même un style convenable; mais ce qui leur manque à tous, c'est une pensée dominante et qui les dirige vers le but véritable.

» Que doit-on se proposer dans un traité élémentaire, ayant pour objet une science hbtorique et physique, appuyée sur quelques élémens mathématiques ?

* On doit présenter à l'esprit du lecteur un tel ensemble de principes historiques, mathématiques et physiques, qu'il saisisse complètement le but de la géographie, qu'il en mesure d'un coup d'œil les limites, et en distingue, d'après leurs classes, les objets multipliés et pourtant unis, cnGn qu'il raisonne sur Tessence, les rapports et les applications de ces objets, sur les doutes qal les environnent, sur les lacunes qui les séparent, et qu'il puisse désormais les étudier par lui-même , soit dans la nature , soit dans les livrer.

» Cette définition du but d'un véritable traité élémentaire en détermine aussitôt plusieurs caractères essentiels.

» Un semblable traité ne doit pas viser à présenter une description détaillée de toutes les parties du monde; ce serait comme si Von voulait faire entrer un dictionnaire dans une grammaire. L'essentiel est plutôt de présenter les généralités descriptives d'après les vues scientifiques qui résultent de l'exposé des principes. Il s'agit moins de connaître une foule de détails vulgaires que

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d'approfondir un petit nombre de détails choisis, moins d'accumuler des faits que d'appliquer des analogies ^ moins de charger la mémoire que d'éveiller l'esprit. Dans la géographie , comme dans toute autre étude, la mémoire à elle seule n'est que le génie, des sots. Par conséquent, les formes mêmes de cet enseignement ne doivent pas se sentir d'une sécheresse mathématique, m d'une afifectation de haute, science; elles doivent parler à la Cois à toutes les facultés de l'âme. Aucune partie du traité ne doit être hors de proportion avec l'ensemble, à moins qu'on ne destine son travail h une classe particulière. Ainsi, un traité élémentaire doit sjuis doute' donner une idée générale de ce que c'est qu'une carte, et en enseigner l'éjtude critique : mais l'art de tracer des projections» dont on a voulu faire une base de l'enseignement, n'est que le métier spécial des cartographes. Une autre aberration serait de changer un traité élémentaire en une collection de. tableaux de statistique pour l'année courante , au lieu de s'en tenir aux principes constans 4c cçtte h;rançhe des sciences géographiques* Le secret, non-seulement d'ennuyer, mais encore de mal enseigner, est celui de tout dire.

» Le lecteur qui aura étudié un semblable traité élémentaire ne quittera pas avec dégoût l'étude de la géographie; il aimera au contraire cette science , parce qu'il en aura compris le but élevé et pl^ilo^phique ; il passera de la lecture de ce traité élémentaire h celle dtjL Précis de la Géographie, et de là à celle des voyages et des ouvrages géographiques de détail ; préparé à ces lectures , il n'y trouvera pas seulement un délassement éphémère , il y recuciU lera des idées fécondes en résultats, et applicables dans toutes les situations de la vie, des analogies importantes pour toutes les branches des sciences , des images et des sentimens propres à embellir tous les genres de littérature. Il sera exempt de cette vanité nationale des hommes circonscrits à la seule connaissance de leur pays ; il comprendra l'immense famille humaine dans ses affections comme dans ses pensées ; il suivra d'un regard bien veillant la lutte du bon génie de l'humanité contre la vie sauvage, contre la barbarie et contre la fausse civilisation; il sera homme civilisa:, philosophe et chrétien, dans la véritable acception du mot.

«Composer un traité élémentaire conforme ;\ ces idées était ccr-

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Uinemeiit une entreprise plus difficik encore que le Précis de la Géographie universelle; il fallait que le Précis fût terminé et que l'esprit de cet ouvrage îàt généralement apprécié; ensuite la composition d'un traité élémentaire en elle-même exigeait de profondes réflexions sur le choix souvent entièrement nouveau des matières à traiter^ et sur leur arrangement méthodique ; elle de> mandait encore des études nouvelles sous le rapport du style , auquel une concision élégante et une simplicité sévère, mais animée y devaient seules prêter le genre d'intérêt convenable.

» La certitude qu'on se préparait à tirer de mon grand ouvrage des abrégés selon la méthode vulgaire m'a décidé à céder aux vœux de ce public indépendant, éclairé et lettré que j'ai seul en vue en composant ce traité. Yoici le plan que j'ai suivi.

» Je divise mon abrégé en Traité des princ^es généraux^ et en Description succincte du monde^

• Dans la partie des JPri>i<:ip^^'y après une courte introduction historique, je résume la théorie générale contenue dans le deuxième volume du Précis^ mais dans un ordre que j'ai jugé plus favor^6 à rétude élémentaire i et en profitant des idées et des obiservations nouvelles contenues dans les introductions ou recueillies dans les supplémens. En profitant de tous les progrès et de toutes les tentatives de progrès qui ont marqué les vingt dernières années, j'ai toujours eu en vue le but spécial de la géographie, et j'ai écarté toute digression scientifique étrangère à ce but. » La figure, la grandeur et la place relative de notre globe m'ont paru devoir être démontrées demanièrç à produii^e chez les lecteurs une conviction réelle et raisonnée, et non pas uoe simple concession , comm^ elle m'a paru chcx un nombre infini de gens du monde, même lettrés. J'ai cherché à donner à ces vérités fonda* mentales une base mieux développée que dans les abrégés ordinaires. A l'égard de ces amples notions cosmographiqucs que l'on a l'habitude d'empnmter aux traités d'astronomie, j'ai cru au contraire devoir me circonscrire dans des limites plus étroites. Mes lecteurs auront lu ou liront Y Exposé du système du monde, par M. de Laplace, modèle inimitable des abrégés.

«De la géonomie nous passons à la définition générale des parties diverses qui constituent le corps de la terre, et nous

commençons par les parties sotides. Fixer le sens des termes, tels que continens, montagnes , plaines, vallées, plateaax , «t antres , nous a paru un objet d'autant plus essentiel, qu'il était phis né> glîgé. Le doote Vareniua et le savant Bergmann , mes guides et mes maîtres, m'avaient déjà fourni pour cette partie du Précis beaucoup de définitions essentielles dont les auteurs postérieurs d'abrégés n'ont tiré aucun parti. J'ai continué à réfléchir sur ces questions fondamentales ; l'ingénieux M. Ritter, avec qui l'amitié et une noble rivalité me lieiit, a de son côté médké profondément sur les mêmes matières; d'autres savans d'Allemagne y ont aussi consacré quelques momens de réflexion; mais comment introduire la rigueur systématique dans des objets naturellement indéterminés ? J'espère avoir présenté quelques principes , ou du moins quelques doutes dignes d'occuper les penseurs.

» Les analogies générales sur les chaînes, les plateaux, les groupes, ont subi une révision critique, et l'on y joindra un aperçu succinct et méthodique de tout ce que la Géoloiiie a rassemblé de plus positif sur les roches et sur les minéraux.

» A fa description des parties solides du globe, ou à la stéréologze, \ succède la considération des parties liquides, dans laquelle nous avons pu en bonne conscience suivre presque entièrement le Précis. Les progrès de V hydrologie n'ont été considérables que par la destruction des préjugés; par exemple, de celui qui exagérait l'importance des bassins. Quelques idées originales de MM. Coquebert-Monbret, Hoffmann et Ritter ont été mises à profit, ainsi que les doutes sur la théorie des courans, élevés par MM. Parry, Freycinel et Krusenstem.

» Le fluide ambiant du globe et ses mouveroens soUt l'objet du chapitre de VAérologie , chapitre très-difficile ou plutôt impossible à faire, si l'on voulait y concilier ou seulement résumer toutes les nouvelles théories imaginées depuis peu ; les Élémens de géogrnphie physique de M. Lamouroux, et bien mieux encore la Physique terrestre de M. Parrot (en allemand), nous ont indiqué les progrès et les améliorations notables de cette partie depuis la publication de la seconde édition de notre tome II; mais nous avons cru devoir nous tenir aux seuls faits essentiels à la science que nous avons ^ enseigner.

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Les cUmaUy les températures et leur influence sar les plantes, les animaux et les hommes, forment une partie indispensable à connaître pour quiconque veut comprendre la géographie. £n profitant des nouvelles recherches savantes par Howard, Fowler, Welly Daniel, par notre savant ami M. Schow dans sa Météoro* logie danoise, et surtout par l'illastre M. de Homboldt, dans les Mémoires de la société d'Arcneil, nous avons encore ici dû nous abstenir de tout ce qui nous parait on problématique ou étranger à la géographie. Ifous avons mieux aimé indiquer des faits et des analogies positives.

«Deux applications intéressantes de la climatologie nous donnent quelques aperçus sur la distribution géographique des plantes et des animaux ; mais dans la première de ces sciences, incertitude des détails minutieux; dans la seconde, la difficulté d'apprécier les changemens historiques; dans l'une et l'autre, le défaut d'observations suivies dans un ordre géographique, noas ont mis en garde contre les assertions systématiques prématurées. £n médi* tant les' observations aussi originales que profondes de M. de Humboldt, en réfléchissant sur les doutes savans de M.Xink, et surtout en appréciant les ingénieuses méthodes de M. Schow dans sa Géographie des plantes, je'ne me suis pas moins tracé une méthode indépendante et purement géographique pour exposer mes principes, méthode gui m'a conduit à des résultats remarquables et qui feront quelquefois réfléchir les botanistes. C'est ainsi que les mêmes objets prennent une face différente selon le point de vue spécial d'où l'esprit humain les contemple.

V Cette description générale' du globe a pour complément nécessaire l'histoire des révolutions physiques de la terre dans les siècles connus de nous. J'y dois beaucoup à l'ouvrage allemand de M. Hoff sur les révolutions de la surface du globe.

» L'homme étant l'anneau commun de la nature visible et du monde intellectuel, Vaathropographie doit unir le caractère physi* ((ue au caractère historique. Fidèle à ce point de vue, nous avons leconnu un grand nombre "de variétés de la race humaine, et nous avons donné une nouvelle explication de leur origine, mais m maintenant toujours l'unité de l'espèce et en repoussant les doctrines contraires. Nous avons considérablement amélioré la

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classification des langues humaines, d'après l'atlas ethnographH|uc de notre savant ami M. Baibi, et d'après les écrits les plus recens de ses doctes collaborateurs. De l'anthropographie découle toute la géographie politique et civile, où, en conservant les cadres du Précis^ nous avons essayé d'introduire une dassification plus philosophique et plus impartiale de ce qu'on nommait vaguement les peuples civilisés, barbares et sauvages, ainsi que des principes un peu plus permanens sur la population, et quelques bases gêné* raies pour l'application de la géographie aux opérations militaires et commerciales.

» Tous les divers objets de la géographie pouvant se résumer d'une manière plus ou moins spéciale dans des représentations graphiques appelées cartes ou mappes, nous avons résumé les principales notions de cette science auxiliaire ou de la cartographie avec une étendue suffisante pour 9xà^x nos lecteurs à comprendre et à apprécier tous les genres de cartes qui, naturellement, doivent se multiplier à mesure que l'esprit de la science se répand davantage.

» Tout cet ensemble d'idées générales, dépouillé du faste souvent vain et ridicule des terminologies scientiBques^ rédirit au contraire à l'expression la plus populaire, remplit, je l'espère, le but que je me sub proposé, savoir, de présenter à nos lecteurs un coup d'œil raisonna et méthodique sur l'ctat actuel de notre globe sous tous les rap|K>rts géographiques généraux, ot dans toutes les applications généralement intéressantes.

» Les classes les plus nombreuses de la société, hommes d'état, hommes du monde, littérateurs, orateurs, négocians, ofGcicrs, médecins, éprouvaient le besoin d'une semblable Géographie gvnérale. Ces notions sont inséparables de toute civilisation, et, chose étonnante, elles manquent souvent à de« hommes qui se flattent d'avoir cultivé les sciences et les lettres. Comment peurraient-ils suffire à chercher (et souvent en vain) ces notions dans des centaines de traités sur les sciences naturelles au milieu d'une variation presque journalière de systèmes et de terminologies?

• En suivant mon opinion individuelle, j'aurais peut-cire borné ce traiti5 élémentaire à la partie des principes et de leurs applicalions générales; mais l'usage universel ayant établi comme l'es-

sence d'un abrégé 1^ description sacciacte des diverses parties du monde , et des objets remarquables des contrées qu'elles renferment, nous avons dû nous prêter sur ce point aux idées communes» en cherchant à les épurer et à les rendre plus fécondes en grands résultats.

» Notre partie descriptive se distingue d'abord par les introductions placées à la tête de chacune des cinq parties du monde, par la division de toutes les contrées connues en grandes régions naturelles, et par l'indication d'un certain nombre de rapports généraux des divisions historiques et politiques , négligés par les abréviateurs. Ces introductions fixent l'attention du lecteur ou de rétudiant sur les points de vue auxquels il doit rapporter les détails descriptifs de chaque contrée, non-seulement ceux que contient cet abrégé, mais encore tous cçux que lui offrira la lecture d'autres ouvrages descriptifs. Ces détails si insignifians, si ennuyeux, auront acqilis un sens et de l'intérêt aux yeux de celui qui saura les classer.

» Dans la description spéciale de chaqne pays^ c'était peu d'éviter l*insupportable uniformité des tournures de ces compilateurs vulgaires; nous avons d'abord dû admettre une autre échelle d'appréciation pour les faits de détail, que celle qu'ils suivent; l'importance de ces faits est chez nous subordonnée à des points de vue historiques et naturels. Nous croyons^ par exemple, que la chute du Niagara mérite plus de lignes que telle ville nomade des états de l'Ouest; et^ d'un autre côté, nous aimons mieux peindre ces grands centres de la civilisation et de la vie polie , que d'énumérer les petits bassins de petits courans d'eau. De même la description de chaque heu nommé ne consiste pas dans une énumération de petites circonstances éphémères et variables, mais dans un ou plusieurs traits qui le caractérisent et le gravent dans la mémoire.

» Conformément à l'esprit général de l'ouvrage, nous donnons une idée courte et précise des spécialités morales, religieuses et politiques de chaque nation. Nous espérons en avoir banni tout esprit de parti. Partout nous avons essayé de rapprocher la géographie des sociétés humaines et la géographie de la nature; mais si. dans le Précis nous avons pu constamment conserver ce ton de

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dmile^ de résenre et de discnssioD qui appartîefit au caractère de notre esprit , on doit sentir qne dans un Abrégé où les détails doivent se serrer, noos sonnes obligés de prendre On langage plus dogmatique.

» L'explication des noms parallèles dans les diverses langues , les divisions 'politiques on administratives, les estimations de population, et en général, tout ce qui peut se résoudre en m^ mendatore, est concentré sons la forme tabeNaire, forme aussi esLoellente pour les objets matériels qu'elle est absurde et nuisi- Ue dans toute autre application.

» Gr✠à ces principes, nous avons pu rémiir dans notre partie descriptive une masse plus grande des faits choisis qu'on n'en cnmvera dans aucun abrégé.

m n nous reste à dire pourquoi nous avons ajouté à cet ensemble conplet de notre traité de géographie un appendice contenant l'abrégé de la géographie ancienne^ sacrée et profane» Cesl une concession faite au système d'éducation généralement adopté en Europe; noos passons nos premières années avec les Grées et les Romains; leur histoire devient la nôtre; le sol qu'ils habitaient doit nous intéresser, et, sans en avoir une juste idée, combien d'idées ûiusses et même dangereuses ne doivent pas germer dans les tètes! lyon autre côté, ce sujet prête à tous les ornemens d'une diction choisie et d'un style littéraire ; il entraîne par un charme secret tout homme lettré. Mats aucim livre bien fait ne nous ramène sur le sol classique, si ce n'est l'Anacharsis dans ses descriptions incidentes de la Grèce. D'Anville et ses successeurs dissertent sur des distances et des mesures; leur savoir est en grande partie suranné et effacé par l'érudition et la 'critique bien autrement saine et profonde de Voss, de Mannert, d'Ukert et de Reichardt. La géographie ancienne est la science la plus complètement renouvelée par les Allemands; seulement ils ignorent, presque autant que D'Anville, l'art d'écrire. Une branche particulière de la géographie ancienne, branche complètement ignorée on dédaignée par les faiseurs d'abrégés, est celle qui concerne les livres sacrés : elle remonte cependant aux temps les plus antiques; elle touche aux traditions les plus respectables ; elle contribue à l'intelligence des textes vénérés par tout chrétien , et à la défense

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raisûBttée des croyanees religieiises coesacrées parie consentenent cb rSarope. »

Tel ese le pta» qu'avait conçu M ahe-Bmiï. Aidés de ses précieux niatériaiix et de ceux que depuis sa mort [dusiears savans se sont empressés de fournir , quelques-uns de ses amis et de ses' disciples ont exéenté une tdclie aussi difficile qu'honorable. M. Larenaudière, rédacteur des NouveUes Annales des voyages et membre de la commisaten centrale de la Société de Géographie, a rédigé ViRsioire de f origine et des progrès de ht géographie; M. Ad. Balbi , connu pér d'importans travaux statistiques et par Tatlas ethnographique y a rassemblé tout ce qui constitue les principes de cette science; M. J.-J. tiuot, membre de plusieurs sociétés savantes, nationales et étrangères, auteur de divers travaux géologiques , continuateur de la géographie physique dans l'Encyclopédie méthodique et du Précis de i(i Géographie unis^rselle, a rédigé la partie descriptive.

Dans IHistoire de la- géographie, dont M. Larenaudière s'est chargé, il a présenté un exposé rapide des voyages et des découvertes effectués depuis la mort de Malte-Brun jusqu'à la fin de 1828. L'Abrégé de géographie ancienne qui termine le deuxième volume de ce Traité a été également rédigé par M. Larenaudière.

Dans la partie des principes , confiée aux soins de M. Ad. Balbi, ce qui concerne la géographie astronomique et mackématiqne a été revu par M. NicoUet , astronome attaché à rofaeervatoire royal; ce dernier a même enrichi cette partie de quelques notes importantes. M. Balbi, s*étayant des théories adoptées par les plus célèbres physiciens vivans, a ajouté aux matériaux de Malte-Brun plusieurs faits nouveaux relatifs aux volcans, an magnétisme, à la température de la terre, à celle de la mer, à la salure des eaux marines, aux pourans, aux vents, aux climats, aux glaciers et à la quantité â annuelle de pluie tombée dans les différentes zones. M. Huot a, d'après ses propres travaux, fourni tous !es renseigncmens rassemblés dans le chapitre relatif à la structure de l'écorce du globe. M. de Férussac a revu celui qui traite des changemens qui ont modifié Venveloppe terrestre. Après s'être servi , pour la distribution géographique des végétaux à la surface

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du globe, des travaux de M.Scbow,du Résumé deM. J.-P. Lamouroux y et des articles généraux du Dictionnaire classique d'histoire naturelle rédigés par M. Guillemainy M. Balbi a soumis ce travail à la révision de ce savant botaniste; M. IL-F. Lesson, auteur du Manuel de Mammajogie^ naturaliste attaché à l'expédition autour du monde de la corvette du Roi ia CoquiUcr et Tun des rédacteurs de ce voyage, a bien voulu revoir le chapitre relatif à la Zoologie géographique» et l'enrichir de plusieurs additions importantes; M. le docteur Gamot , naturalbte et médecin en chef de la Coquille, s'est chargé de la rédaction de l'article relatif aux variétés de l'espèce humaine ; M. le docteur Yilermé s'est empressé de revoir tout ce qui se rapporte aux lois du mouvement de la population; enfin M. le docteur Coostancio a enrichi de ses considérations lumineuses la partie qui concerne les différentes formes de gouvernement et les diverses classes de la société.

Dans ses descriptions M. Huôt a constamment eu le soin de donner une idée de la constitution géologique de chaque pays, connaissance beaucoup négligée dans les Traités de géographie, et de faire apprécier les richesses minérale et agricole , la population et les revenus des dififérens Etats, d'après les données les plus authentiques et les plus récentes. C'est dans la Notice, qui accompagne TAtlas, qu'il a rassemblé les détails relatifs à la superficie des bassins, des principaux fleuves, à la latitude des lieux les plus importans du globe, et à l'évaluation des monnaies, des poids et des mesures des principales nations, comparés aux monnaies, aux poids et aux mesures de la France. Cette sorte de supplément rendra ce Traité âémentaire indispensable à on pins grand nombre de lecteurs.

HISTOIRE ABREGEE

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