‹ Traité élémentaire de géographie, contenant un abrégé méthodique de Précis de la géographie universelle en huit volumes ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'un aperçu de la géographie ancienne, sacrée et profane;Chapitre 22 sur 142 · d TRAITÉ ÉLÉBfSNTAlRE · texte numérisé non relu

d TRAITÉ ÉLÉBfSNTAlRE

en équilibre; pance qufi Teau est i3 fois et demie plus légère que le mercure.

Tout le monde connaît le baramètrv. Cet instrunient, qui indiquela pression qu?exerce Tair atmospbëriqse, sert à mesurer les diffërens. niteaux des lieux terrestres. LV baissement ou réiévation do^ mercure dans le baromètre est en Ta[iport avec la densibd de Tair, qui varie selon le poids dont il est charge. On a démontré que quand les densitésiaoDt en progression. géométrique, les haatetirs de «iveaa sont en progression arithmétique; donc on peui cunnattre Tune par Vautre. Les mélhodes de calcol inventées par DelnCy Laplace et Ramond » ainsi que les règio pour oorriger les enwurs cau8ées>par la* température, ne peuvent étue exposées que. dans des traités spécialemoit coMsabrés k la haute. physique. Mais la géographie physique doit rendre grâces aux sciences exactes du perfedminement d'tm instrument dont Tusage multiplié peut senl nous conduire promptement à des notions étendues mr la> configuration des monts^es^ des plaines et des Talléss.

Lai pression que Fair exerce sur un corps humain de 1 5 pieds carrés de surface, est de 3a|5o51iv.; et la vari*tion d^une seuleligne , dans la hauteur du mercure, (ait 110 changement de i36>livresdttis là pression de Kair. Sur des tnoAtagoes très^hautes^ la diminution* de la pesantenr. jointe à* d*^utres circonstances» fait éprouver aux homm» des vertiges, des nausées^ de» hânorragies et un mal-Arc universel.

Le rapport entre le poid» de Fair et de Feau distillée, à la température de o du thermomètre de Réaumur, par une pression moyenne de 28 pouces de mercure, est, selon des expériences très-soignées de M. Biot ^ celui de 1* à 770^30. L*air exerce une pression égale en tous sens, satis cela , il briseivût les corps fragiles .

L'air, comme les autres fluides aériformes permaneœ, est' éminemment élastique, et tend à se dilater en raisoci inverse des poids qui le compriment. Ne^on a calculé qu*è 87 lieues de' hauteur, l'air serait d'un milliard de

DE GÉOGRAPHIE. sSg

milliards de fois plus ràréfié-qu^à la surface terresti*e. Mais cett€ rareiaction doit avoir un terme. Le physicien Haies a tiXAivé que si une colonne atmosphérique était prolongée vers le centre de lu terre, seulement à 20 Ueues de la surface de TOcéan, rair aurait à cette profondeur une densité égale à celle de l'or.

Puisqu*on ne sait pas jusqu'où peut aller la raréfaction progressive de l'air, on ne peut pas non plus déterminer la hauteur précise de l'atmosphère. Diverses méthodes pour y parvenir sont toutes justes à un certain degré, mais insaffisanies pour amener une conclusion rigoureuse. Comme à xfi lieues de hadteur environ les couches de Tair ne sont plus assez denses pour réfléchir ou réfracter la lumière , les physiciens et les astronomes modernes se sont accordés à filer à cette distance les limites de Tatmosphèrs Séi^sible. Lps premiers ont aussi calculé qu'à 1 0,000 toises au<-dessus du niveaà de la mer les <H)rps en^' flammés s*ét4ittdrâieiift faute d'air; que l'hydrogène ne mé^ riterait pins Son nom d*air inflammable à 12,4^^ toises; et que le soufre ne serait plus combu^ible à là hauteur de 1 5,000 toises^

L'atmosphèrtë ler^^e^trè se dilate ou se resserre , eti raison de la chaleur ou du froid qui y règne. Sôus Péquatetzr, la raréfaction causée'par les rayons du soleil concavrtf avec la force centrifuge, à faille tenfler l'atmosphère; de sorte qu'elle doit fbrmer autour de la terre un sphé* roïde extrêmement ajdati. Laplâce croit que la différence entre les deux axes ne peut étre> à son maximum y que ccUe de a(ài3.

L'immense quantité de particules dont les corpsterres* très se décliargent par évaporatdon, Relève dans l'air souâ la forme de vapeurs. Cette transpiration du globe est extrêmement forte sous l'équateur, mais le froid des pôles même ne l'anéantit pas 1x>ut«-à-&ît, puisque la glace ot la neige se vaporisent même dans ces régions froide^. Les physiciens modernes ont démontré, par des expériences délicates , que la chaleur est la seule cause de l'évaporisa-

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lion y et que , dans un espace limité , il se forme autant de vapeurs dans un gaz , quelle que soit sa densité^ que dans le vide. On peut dire que tous les êtres transpirent, et que cette transpiration y qui varie suivant les lieuic, les indîvidus y leur état et leurs différentes parties constituantes, est toujours proportionnelle à la température de Tair qui les environne.

Un pied cube d'air, à 76 centimètres ou à a8 pouces de pression et à 10 degrés de température, peut tenir ii à i5 grains d*eau en dissolution. Cette eau est tellement dilatée, qu'elle y occupe un espace estimé 1700 fois plus grand que celui qu'elle occupait lorsqu'elle était liquide.

Lorsque la quantité de vapeur conten lie dans l'air est proportionnelle à sa capacité, elle est invisible \ mais dès que l'air est saturé, les particules aqueuses qui ne cessent de s'élever ne se dissolvent [dus , et y restent saspendaes en vapeurs vésiculaires dont la réunion forme les mt/o^es et les brouillards , et donne, en général, naissance à tous les météores aqueux.

Les uns sont suspendus dans l'air, comme les brouiHards et les nuages ; d'autres tombent à terre, «comme la rosée, la pluie et la neige.

Le froidy en condensant les vapeurs qui déjà se sont élevées en l'air ; la chaleur , en raréfiant l'air et sollicitant les vapeurs à se dégager de la terre et à s'élever; enfin, no changement quelconque dans la constitution physique de l'atmosphère et dans son état électrique , produisent ce^ réunions de vapeurs visible que nous nommons brouillards quand ils s'étendent sur la surface de la terre , et nuages lorsqu'ils planent dans l'espace. En s'élerant dans les airs ou sur les montagnes, le voyageur franchit quel* quefois une zone de nuages , et voit ces amas de vapeurs s'étendre au-dessous de lui comme une plaine couverte de neige floconneuse; mais^ même sur le Chimboraço, 00 voit toujours, à une hauteur immense, certains nuagt^ blanchâtres semblables h des flocons de laine.

DE GéOGRAPHIE. a6l

Dans Véiéy dit Lamonrouz, au lever do soleil, la terre, quelques rochers, les feuilles des plantes, les fleurs, et presque tout ce qui existe dans nos pays tempérés et à des latitudes plus chaudes, est couvert de gouttelettes d'eau que les poètes de Tantiquitë regardaient comme les larmes de l'Aurore, et que les physiciens actuels nomment simplement rosée. M. Wels a démontre que ce phénomène, dont Texplication avait fait naître tant de conjectures, est produit par la condensation des molécules aqueuses qui se sont volatilisées pendant la nuit , et qui sont devenues liquides lorsque la température de Tair a acquis son maximum d'abaissement. Par un temps couvert, on n'observe jamais de rosée, parce que les nuages empêchent le refroidissement des corps sur lesquels les vapeurs doivent se déposer. Ce phénomène est beaucoup plus sensil)le dans les campagnes que dans les villes; il est très-rare dans les régions polaires, dans les contrées arides, et sur les mei s des zones tempérées et froides.

Les particules aqueuses, volatilisées pendant la chaleur du jour, et déposées sur les corps quelques instans après le coucher du soleil , par les mêmes causes que la rosée , sont ce qu'on appelle serein.

Les qualités du serein, et quelquefois celles de la rosée, participent de là nature du pays où ces météores se développent. Ils agissent sur les êtres organisés avec une énergie d'autant plus grande, qu'ils sont plus chargés de principes étrangers. Tout le monde connaît les terribles effets du serein près des marais Pontins, dans l'Etat du pape, et près de ceax de Massa et de Grosseto, dans la Toscane.

La gelée blanche est une rosée qui s'est gelée un moment après qu'elle est tombée : fixée sur les arbres dépouillés de leur verdure, elle présente l'aspect d'une végétation cristalline.

La pluie tombe des nues lorsque les vapeui^ vésiculaires qui en font partie se réunissent en gouttes par des causes particulières, variables, et souvent inconnues. Un

26a TRAITÉ ÉLÉMBNTAIRE

cbangemàit dans Vétàt élec^qn,e de Tair^ éaM sa t€mpératare , dans la direction et dans la force du vent^ sont les causes les plus connues qui produisent ce phénoinèiie. Les gouttes de pluies n^ont^ dans nos dimals, q«e quelques lignes de diamètre , mais, dans la zone torride, elles ont jusqu'à un pouce.

La surface du globe offre des différences énormes relativement à la quantité de pluie annuelle. On peut dire qu*en général les régions intertropicales sont celles où il en tombe davantage; ce sont aussi celles où Ton observe les pluies périodiques y qui commencent et finissent à une époqoe déterminée. M. de Humboldt les attribue a rinfluenee de la déclinaison du soleil et à la cessation des brises que cet astre détermine. Mais tandis que, à quelques exceptions près, la quantité de pluie annuelle augmente en allant des pôles à Téquateur, le nombre moyen des jours pluvieux diminue des pôles à Féquateur. M. Scbow a*oit pouvoir fixer à a5 pouces la masse ordinaire des eaux pluviales qui tombent annuellement sur l'Europe , au nord des Alpes; et à 35 pouces, au sud de ces montagnes. Les jours pluvieux, au contraire, montent, selon ce savant botaniste, dans le Nord, à i5o ou 160, et ne vont qu'à 90 ou 100 dans le Sud. Ces différences seraient encore plus grandes si l'on y ajoutait le nombre des jours de neige. Selon un astronome et physicien célèbre, M. Arago, la moyenney depuis 1773 jusqu'à i8aa, donne, jK>ur Paris, iSg jours de pluie et 1 2 jours de neige. Le voisinage et la directioii des montagnes, l'exposition du sol, les vents dominans et autres causes modifient prodigieusement ces lois générales. C*etl ainsi qu'au milieu des Apennins, dans la Garfagnane, et des Alpes, à Tolmezzo et à Circivento, il toAibe annuellement 85 à 95 poncés d'eau de pluie, lorsqu'il n'en tombe que 24 à Chiozza, i3 à Malte, et 1 1 à 12 à Pirano, en Istrie, et h Corfou. dans les lies Ioniennes. La moyenne, de i8o5 a iBi4» donne, pour Paris, selon M. Arago, 17,8 pouces, et de 1 8x5 à 1822, 19,7. Dans les contrées comprises en* tre les tropiques, la quantité moyenne de pluie monte.

DE Gɜ&AHHIB. il6i

selon VL deHumboldi, à 70 pouces. U y a cependant des ilocalkësaà ette dépassede beaoconp ce terme. Lamoyeiine^ de x8o3 à lâaa, donne, pour Bombay^ 87 ponces. A>la Grenade., par âQempLey<dans les Antilles, il en tombe loi pouces; et à Lëogane, à Saint-Domhigue, i5o« 11 ÙM aussi observer que, tandis que dans le Popayan il pleat pendant 10 mois deTamnée, et >à Quito presque tous les jours, les habitans de la côte occidentale de cette partie du.œonde, depuis le 5^ jusqu'au 3e0 parallèle sud environ, ne voient jamais tombei' la pkiie.

La /»eige n'est autre chose -que les molécules vésicu> laires d'eau qui formaient les nuages, et qui, devenues liquides et saisies dam cet état par le froid de l'atmo^ sphère, se cristallisent <en tombant sur la surface terrestre. Elles prennent une figure régulière , aciculée ou tâmellease, et se réunissent enpetiftes étoiles à 6 ou i a rayons. Souvent, et surtout lorsque l'air est très-humide et agité par le vent^ ces étoiles, qui sont d'une blancheur éblouis*santé, se réunissent |dasieurs ensemble , et formenft des flocons plus ou moins volumineux.

On ne connaît pas encore bien la cause de la grêle; cCterrible météore se présente toujours «ous forme de fragmens de glace , semblables à des galets. Quoique composée en général de couches concentriques , ia grêle offre rarement une figure sphérique régulik*e. Sa grosseur varie depui$ une demi-ligne jusqu'à plusieurs pouces de diamètre. L'été ou le commencement de l'automne sont les époques où on observe plus souvent ce météore, presque ignoré dans les zones polaires et dans la ^torride. La plupart des physiciens le regardent comme un phéoemène électrique.

Parmi les météores aqueux, il y en a quelques-uns qui passaient autrefaâs pour surnaturels^ mais auxquels des observations plus exactes ont ôté tout ce qu'ils avaient de miraculeux : telles sont les pluies de sang^ lorsque l'eau pluviale entraine avec elle une grande quantité de certaine insectes rouges qu4 flottent dans l'atmosphère, on qui fourmillent sur la terre; d'autres fois ces pluies sont produites

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par la poussière fécondante de quelques plantes alpines, ou bien par des substances métalliques. IjCS pluies d^soufre, d*après des analyses faites avec le plus grand soin, ont été reconnues pour être dues au pollen des arbres résineux, comme celle observée à Copenhague en i8o4y et à Lnnd quelques années après. Les pluies de cendre et de terre sont les produits d'éruptions volcaniques que les vents transportent quelquefois à d'énormes distances, et qui restent long -temps suspendus dans Tair. Quant à la ne^e Touge trouvée sur le Breven par Saussure, dans les Pjré^ nées par Ramond, en Norwége par Sommerfeldt, et par le capitaine Ross dans le Groenland, à 750 54\ les botanistes s'accordent à la regarder comme un amas de petites plantes cryptogames. Us attribuent la couleur de la neige jaune au pollen des pins et des sapins. Les ouragans enlèvent aussi quelquefois des gerbes de blé et de petitt animaux, comme des sauterelles, des crapauds, qui, en retombant à une distance considérable, effraient les bonnes femm^ des campagnes. Le phénomène le plus effrayant dans ce genre, les pluies de feu, a été observé à deux re> prises par un grand naturaliste qui déclare n'y avoir va qu'une pluie fortement chargée d'électricité, et qui édncelait en touchant la terre. .

Passons aux météores lumineux, ainsi appelés par les physiciens, parce qu'ils dépendent de la réfraction et de la réflexion de la lumière.

Les rayons solaires, disent les newtoniens, en passant d'un milieu plus rare dans un milieu plus dense, sobissent une inflexion , une déviation de leur chemin diiect qui s'appelle réfraction. Les sept rayons visibles ont une réfrangibilité différente; les rouges ont la moindre; viennent ensuite l'orangé, le jaune, le vert, le bleu clair, Findigo, le violet. Tous les corps qui sont visibles sans être lumineux ont la propriété de réfléchir la lumière, de la repousser et de la renvoyer. Les nuages et l'air même ont cette propriété* Les rayons qui ont le plus de réfrangibi* )ité sont aussi les plus réflexibles. Ces deux causes nous

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procurent les spectacles les plas agréables et les plus majestueux de la nature. Si le ciel brille d'une couleur azurëe, tantôt claire, tantôt foncée , c'est Teffet des rayons bleu, indigo et violet, qui, d'abord réfléchis parla terrç, sont ensuite renvoyés vers nous par l'atmosphère.

C'est à la réfraction de la lumière que sont dues les teintes brillantes qui accompagnent Yaurore ou le lever du soleil, qui succède immédiatement à l'aube, et le coucher du soleil, qui précède le crépuscule ; c'est encore à cette qualité de la lumière que nous devons ïaube matinale, qui dissipe les ténèbres de la nuit, et le crépuscule^ que le soleil semble abandonner sur notre hémisphère* Ces deux derniers phénomènes, inconnus aux habitans de la zonetorride, sont un grand bienfait pour les laboureurs et pour les navigateurs des zones tempérées, et encore plus pour les malheureux habitans de la zone glaciale, en alongeant considérablement la durée des )oui^. Nous ferons observer, à l'égard des deux premiers, que le soleil et la lune paraissentméme au-dessus de l'horizon quelque temps avant leur lever réel , et que ce temps est d'autant plus long que la latitude est plus élevée.

Les paréliesj ou l'apparition simultanée de plusieurs so^ leils réunis ensemble par des arcs lumineux ; les parasél^nés, ou l'apparition simultanée de plusieurs lunes ; et les halos, ou couronnes, cercles lumineux qui environnent quelquefois ces deux astres, sont des météores lumineux dus à la réfraction et à la réflexion delà lumière : très-raresi dans nos climats, on les observe souvent dans les pays les plus froids, et surtout dans le milieu de Thiver.

TJarc-en-ciel a beaucoup de rapport avec le^ parélies , et les accompagne ordinairement. Personne n'ignore que cet arc de cercle, si merveilleusement coloré, est le produit des sept rayons solaires réfractés dans des gouttes d'eau suspendues dans l'air, et réfléchis sur un nuage obscur comme sur un fond. C'est dans les traités de physique qu'il faut chercher l'explication de ce phénomène, ainsi que celle de ces illusions d'optique connues

SOUS les noms de mirage^ dejkta morgana et autres, dues à la différence de température qui existe entre les ccHicbe d*air qui sont en contact avec le sol échauffé et celles qui sont au-dessus; et celle de la lumihre zodioùitle, qui est constante sous Téquatenr , où^elle se présente après le coucher du soleil y sous la figure d^une clarté tranquille et blanchâtre y et dont on ne connatt pas encore bien la cause.

Parmi les météores ignés AovX. nous allons nous oocuper, le tonnerre occupe le premier rang. On sait qu*il ett le produit de l'électricité , dont la théorie doit être étudiée dans les traités de physique. La présence tonte paissante du fluide électrique se manifeste d'une manière très-seasible dans fair, la pluie, la neige , la grêle et les nuages qui flottent au milieu de Tatmosphère. Ces corps reçoivent la vertu électrique des mains de la nature, par des moyens qui ne nous sont pas précisément connus, quoique les expériences de Lavoisier et de Laplace aient mis hors de doute que les corps ten^estres, en s'éraporant, enlèvent i la terré une partie du fluide électrique qui lui est propre. On sait que c*est au célël>re Franklin que nous devons la preuve positive de l'électricité de l'atmosphère ; il osa le premier dresser un appareil contre les nuages, et arracher au ciel les carreaux de la foudre. L'électricité des uses d'oi*age est presque toujours celle que les physiciens nomment "vitrée ou positive; elle augmente à mesure qu oa s^ciève dans l'atmosphère , et doit par conséquent être trisvigoureuse dans les couches d*air où naissent les orago- Tout le globe terrestre peut être regardé comme un vaitir réservoir de Tune et de Tautre électricité , mats pins son* vent de la r&ineuse ou négative. Tant que ces deux corps restent dans leur état naturel , il y a équilibre entre le deux électricités, et par conséquent repos ; n|ais ai nu de ces deux corps, soit la terre, soit l'atmosphère, estélectrisé par une quantité additive du fluide électrique, il a j a plus égalité de répubion et d'attraction ; le fluide pafi sous la forme d'une étincelle; c'est la foudre qoi est os

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descendante ou ascendante. Quelquefois on voit ces deux espèces de foudre presque dans le même moment ; la terre et Tatm^phère semblent se renvoyer tour U tour leur surplus d*électrictté. L'étincelle, attirée et conduite de pré* ference par des métaux et des corps humides , exerce des ravages qui, n*ayant pu être observa de sang-froid, restent encore envdloppés d'obscurité; ici, la fondre excite des flammes rapides et dévorantes ; là, etle se borne à courber et à fracasser les objets qnVUe rencontre. Tantôt elle ôte un instant la vie aux animaux , tantôt elle par*coijrt les vétemens d'un individu sans lui nuire*

On a observé une espèce de flux et reflux périodique dans le fluide électrique de l'atmosphère. En été, lorsque la teiTe est sèche, que le jour est chaud, sec et serein, l'électricité atmosphérique va en croissant depuis le lever du soleil jusque vers le milieu du jour, où elle parvient à son maximum f elle y reste stationnaire pendant une cou* pie d'heures, et diminue ensuite jusqu'à la chute de la rosée. Vers minuit, elle se ranime pour s'éteindre de. nouveau, et presque entièrement. En hiver, le maximum de l'électricité est à huit heures du matin et à huit heures du soir; elle est plus faible dans la journée.

Le plus beau des météores ignés est ^ans conti^edit ce^ lui qu'on nomme aurore boréale. Inconnu dans toute la zone torride, très-rare dans les parties méridionales des zones tempérées, on ne le voit fréquemment que vers le 60** degré de latitude boréale. C'est surtout au nord de ce parallèle qu'il déploie tout son brillant éclat* L'aurore bo^ réale se présente sous tant de formes différentes, qu'on ne saurait la décrire avec précision. Elle offre ordinairement plusieurs portions d'arcs lumineux que des gerbes de feu parcourent en se dirigeant vers un même point du ciel. Le sommet de l'arc paraît toujours placé sur le méridien magnétique du lieu oii l'on se trouve. Malgré le grand nombre d'hypothèses imaginées par les physiciens modernes pour expliquer ce phénomène, on peut regarder encore comme inconnue l'origine de l'aurore boréale.

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dont la durée est très-variable. M. Biot Tattriboe à une matière pbosphorique magnétique qui nous vient des contrées les plus volcanisées de la terre, et qui ne serait, selon ce savant physicien , que Tassemblage des éibanations les plus subtiles des volcans du Nord.

hes Jeux follets sont des flammes légères qui voltigent dans Tobscurité sur les cimetières et sur les champs de bataille; ils ont pu causer les prétendues apparitions d'esprits dans les églises , où une mauvaise habitude entasse encore en quelques pays les restes des morts. Ces feux sont dus à des gaz hydrocaibonés, hydrosulfurés et hydix>phosphorés qui se dégagent des animaux en putréfaction , et qui 6*enflamment par le contact de l'air ou du fluide électrique.

Il se dégage aussi des mai^ais un air inflammable , qui est du gaz hydrogène mêlé avec Fazote. L'air qui brûle à la .surface de certaines sources, connues sous le nom de fontaines ardentes, provient également du gaz hydrogène phosphore. Il existe une de ces sources dans la^ paroisse de Saint-Barthélémy, département de Flsère. Le dégagement du gaz inflammable est, pendant Tété, si considéraUe, qu'on voit continuellement une flamme de 7 pieds de hauteur, et que des voyageurs, à son aspect, se sont imaginés voir un viUage en combustion.

Les étoiles tombantes ou ^volantes sont connues de toat le monde. Les physiciens ne s'accordent pas sur rorigioe de ce phénomène, que nous pencherions à attribuer ao fluide électrique.

Le feu de Saint-Elme est une flamme brillante et passagère qui se montre au sommet des mâts, lorsque les vaisseaux naviguent avec rapidité ou sont battus par U tempête. Les anciens ont remarqué ce phénomène; noe paire de ces feux s'appelait Castor et PoUux; un seul portait le nom â! Hélène. Souvent on vit les lances d'une ar* mée et les baïonnettes des soldats ornées de ces bouquets électriques. Un naturaliste suédois, voyageant à cheval par un temps neigeux, vit ses doigts, sa baguette et les

oreilles de son cheval couverts d'un feu de cette nature.

Les globes de fou offrent un spectacle beaucoup plus imposant que tous les phénomènes prëcédens. On en voit d'une étonnante grandeur ; leur lumière est quelquefois rougeâtre, mais plus souvent d'une blancheur vive et éblouissante , semblable à la flamme du zinc mêlé avec le nitre. Ils se meuvent avec une extrême rapidité. On les voit souvent, dans l'espace de quelques secondes, apparaître, traverser l'horizon, éclater comme un feu d'artifice, se briser en morceaux, ou lancer des toirens de flammes. Une terrible détonation ébranle les airs et la terre au moment où ils éclatent. Il y en a qui se précipi» tent comme la foudre, écrasent les toits des maisons, tuent les animaux, démâtent et fracassent les navires. D'autres fois, ils marchent sur la terre comme un tourbillon de feu, brûlent les végétaux, dévorent, ou du moins renversent tout ce qui se rencontre sur le chemin.

Peu de secondes après que ces globes ont disparu, quel • quefoisà l'instant même, l'on entend dans l'atmosphère un sifflemetit rapide, et des pierres tombent sur la terre. Chladni a recueilli chez les auteurs anciens et modernes des preuves de plus de 200 apparitions de ce terrible météore, dont les physiciens ont pendant long-temps nié Texistence. Ces pierres, connues sons les noms de bolides, aéroUAes, uranolithes, pierres de foudre, météorites , céraunites, pierres de la lune, etc. , sont semblables par leur nature, en même temps qu'elles difi%rent de toutes les pierres connues qui se trouvent à la surface ou dans les entrailles du globe. On a proposé plusieurs hypothèses pour expliquer l'origine des globes de feu et des pluies de pierres qui parfois les accompagnent; aucune ne nous parait être entièrement exempte d'objections.

Tous les phénomènes que nous venons de conrsidérer se montrent avec bruit; il y en a un qui se présente comme le résultat d'une force peu sensible et tranquille, mais constante dans ses effets, agissant sans cesse et influençant la surface entière de notre planète et de tous les corps

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