CHAPITRE VIII
Du fluide ambiant du globe, ou de l'atmosphère.
Il faut quitter la terre et voir au-dessous de nos pîeè ces montagnes et ces mers dont notre avide curiosité a contemplé les merveilles. Un vaste assemblage de diverv fluides enveloppe notre globe et en forme, en qaelqoe sorte y une paitie intégrante; cet océan céleste, qu'on ap pelle atmosphèrcj c*est*à-dire sphère des vapeurs, va devenir le théâtre. de nos recherches.
L'atmosphère est Timmense laboratoire de la nature, où cette chimie éternelle rassemble les divers gas eiile?é au globe y les distille, les sature, les décompose el les volatilise, ou les condense et les précipite, selon des lois tt des procédés que les chimistes mortels s'efforcent soutoH en vain de deviner. Tous les êtres teiTestres portent leur tribut à l'atmosphère ; tous en reçoivent des principes uécessaires à la vie, à la végétation, probablement même à l'existence inorganique. Il n'y a peut-être aucun corps qm ne puisse être réduit à l'état aériforme par la chaleur, et qui ne puisse être amené à l'état solide par le froid. Ainsi, notre planète étant transportée dans la température dont jouit mercure , une partie de nos mers et de nos terres se vaporiserait et se mêlerait à l'atmosphère , tandis que «i notre globe s'égarait un jour dans les r^ons froides de Saturne ou d'uranus, une grande partie de notre atmosphère se condenserait et passerait à l'état de solidité. Od peut donc définir ainsi notre atmosphère : « L'assembla^ » de toutes les substances capables de conserver Vétàt aéi> » forme au degré de température et de pression qui rei» gne autour du globe terrestre. »
L'air, qui forme la plus grande partie de l'atmo^ihère.
n*^st |>as un élément simple. La chimie moderne a prouvé y en analysant et recomposant l'air commun , qu'il est composé de 79 parties de gaz azote, de ai de gaz oxigène, de quelques millièmes de gaz acide carbonique, et d'une très-petite quantité d'eau en vapeur, laquelle varie selon la température et la hauteur où Tair a été pris. Tous ces fluides sont plutôt mêlés que combinés ensemblow
Li'oxigène est le seul propre à la respiration des animaux k sang rouge ; l'azote semble absorbé par les animaux à sang blanc. Le gaz acide carbonique sert de nourriture aux végétaux. Ceux-ci, lorsqu'ils sont exposés aux rayons du soleil , décomposent ce gaz , et yersent des torrens de gaz oxigène dans l'atmosphère. Voilà pourquoi nous respirons un air si salubre dans une belle campagne légèrement ombragée de bois; tandis que dans l'intérieur des grandes forêts l'on trouve souvent l'air épais et malsain^ Mais nulle part l'on ne jouit d'un air plus propre à entretenir les forces yi taies dans un juste équilibre, que sur la mer, ofii le mouvement continuel conserve dans de justes rapports l'oxigène et Tazote.
L'air, en petite masse, est diaphane et incolore; en grande masse, il réfléchit quelques rayons de lumière qui donnent au ciel la couleur azurée. Cette couleur devient toujours plus foncée, selon qu'on s'élève au-dessus du niveau de la mer. Sur le sommet des plus hautes montagnes le ciel paraît d'un noir presque parfait, phénomène dû à la rareté de l'air, qui rend presque nulle la réfrangibilité des rayons de la lumière.
La pompe pneumatique , l'eau qui remonte dans un tuyau, et le mercure qui s'élève dans le baromètre, sont autant de preuves de la pesanteur de l'air. La pression qu'exerce une colonne. d'air prise depuis l'extrémité de Tatmosphère jusqu'au niveau des mers, est égale au poids d une colonne de mercure d'épaisseur égale, et de aB pouces (76 centimètres) de hauteur. Si c'était une colonne d'eau, elle devrait avoir la hauteur de 3a pieds pour être I. 17