‹ Traité élémentaire de géographie, contenant un abrégé méthodique de Précis de la géographie universelle en huit volumes ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'un aperçu de la géographie ancienne, sacrée et profane;Chapitre 25 sur 142 · di Oslro ▼. Sciroooo · texte numérisé non relu

di Oslro ▼. Sciroooo

OsTKO

i di Ostro v. Libeccio. «

Ostro Libeccio

i di Libeccio v. Oatro. .

Liàeeeio

i di Lib. ▼. Pûnenle. . .

Fonente-Iibeccio. . . . .

j- di Ponente t. Libeccia.

P0VEHT£

I di Ponente v, Macsuo.

Maestro- Ponente

4 di Maestro v. F<Aciite.

maestro .

^ di M. V. Tramootaiia« .

Maestro-Tramontana. . • ^di Tram. T. Maefirow .

Tramostava

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On ne désigne pas la direction des vents^ comme celle des courans maritimes, par le point du compas oà ils tendent , mais par celui d'oii ils viennent ; ainsi un ^v&a de nord est directement opposé à un courant nord.

Nous distinguons 9 sous le rapport de la durée, les vents conslans des vents variables; et sous le rapport de retendue, les vents généraux des partiels.

U y a deux mouvemens généraux et constans dans Tat* mosphère : Tun règne dans la zone torride et porte Tair, relativement à la tene, à l'occident, dans un sens conforme à celui du mouvement général des mers; Tantre, qui se

fait sartout sentir dans les zones tempérées, et qui amène Tair polaire vers Féquateur : ce dernier mouvement produit donc deux courans ou effluves polaires, semblables à ceux que nous avons déjà observés dans les mers. Le mouvement équatonal de l'atmosphère produit les "vents alizés ou le vent constant d'est, qui souffle dans la zone torride. Ces vents ont probablement pour cause première la dilatation qu'éprouve l'air par l'action de la chaleur que le soleil y développe.

Les inégalités de la surface terrestre, et la diversité des sols, influent certainement beaucoup sur la constitution de l'atmosphère. Là s'élèvent des montagnes couvertes de neiges étemelles; l'air ne peut donc y éprouver la même dilatation que dans les vallées : ici s'étendent des sables brûlans ou des forets, des marais , des savanes qui exhalent divers gaz inflammables : ailleurs ce sont de grands bassins d'eau, entourés et coupés irrégulièrement par les terres. Il y aura donc dans l'air des condensations et des dilatations relatives et partielles : c'est ce qui produit les brises de mer , de terre , et les brises de montagnes. Ces changemens se font difi*éremment en été et en hiver, le jour et la nuit. Il y aura donc des brises de matin et de soir ; ce sont ces aurœ matinales^ ces zéphirs, dont l'haleine rafraîchissante nous ranime dans la saison chaude.

Ces brises alternatives se font sentir même à des latitudes très- élevées, comme, par exemple, à Berghen, en Norwége. Les îles de la mer du Sud, nonobstant leur petite circonférence, attirent, pendant le jour, tellement vers elles le vent général d'est, qu'il les embrasse, pour ainsi dire , de toutes parts, et souffle de tous les points du compas vers le sommet central de l'île. La nuit venue, l'air reflue de ce centre vers la mer dans toutes les directions. Cette belle observation de Porster jette un grand jour sur la théorie des vents, encore si imparfaite.

Enfin, les chaînes de montagnes peuvent arrêter les vents dans la partie inférieure de l'atmosphère, ou les détourner de leur marche dh*ecte, quelquefois leur donner

plus d'impéiuosilëy comme les coiirans de mer «cquièreBl plus de force dans les détroits et auprès des promontoires. Ces mouyemens violens de l'air arrêté par un obstacle, ont surtout rendu fameux le cap Uorn, le cap de Bonne-Espérance et le cap Sud de la terre de Diémen^ ainsi que le détroit de Bab-el^Mandel en Arabie, la Bourhe-dur^Dragcn en Amérique » sans en nommer d'autres.

Le Samoum ou Samieli des Arabes^ le Khatnsm ou Chanisan d*£gypte , Y Harmattan en Guinée et quelque paiiie de la Barbarie, )e Solano des Elspagnols, le Sarocco des Italiens, et autres, sont des vents remarqaable> par leui« propriétés et leur action sur la vie des êtres

Les Antilles ) les tles Maurice et de Bourbon, le royauflic de Siam et la Chine, sont les pays où les ouragans exercent le plus souvent leurs ravages. Les ouragans de l'Europe ne sont nullement comparables à ceux des pays plus miéridionauxj et, généralement parlant, ce sont pins soa* vent des tournons d'air occasiooés par la rencontre de deux vents contiaires. Dans un vrai ouragan, tous les élémens semblent s*armer.et se liguer pour la de$triiCtioa 4e la nature. Les foudres se croisent, le tonnerre mugit su& inteiTuption, la pluie se précipite par torreos. La vâocitf du vent surpasse quatre ou cinq fois crik de ranimai \t plus léger à la course; il balaie tout, moissons^ vignes* cannes à sucre, forêts et maisons; on dirait qu on a nivel<r le terrain par où il a passé. Il commence de diverses ma* nières : quelquefois c^est un petit nuage noir qui se montra sur le sommet d'une montagne; dans le même iastant m il semble s'asseoir sur la montagne, il en descend les côtes, roule , s'étend et couvre tout rhoriton ; d'autres ibis Forage s'avance sous la forme d'une nuée couleur de feu. qui se montre subitement sur un ciel calme et serein. 1^ ne connaît pas encore précisément l'origine àt& OQregaos; on sait seulement que l'électricité pat*att y fouer le rôk principal.

La trombe ou le siphon est tin phénonene non nxriih dangereux. On en distingue de terrestres et de marine»

DE GÉOGRAPflie. 277

Au-deuotts tfnn nuage ^ais^ la mer s'agite de mouvemen$ Tiolens ; les flots s'ëlancent avec rapidité vers le cen- ^c de la masse d'eau agite'e; y- étant arrivés, ils sont dispersés en vapeurs aqueuses, et s'élèvent en tourbillonnant, «•iTant une spirale, vers le nuage. Cette colonne conique et ascendante est rencontrée par une autre colonne descendante qui, du centre de la nue, se penche vers celle njannè et s'y réunit. Souvent la colonne marine a 5o à 80 toises de diamètre près de la base ; mais toutes les deux elles s'amincissent vers le milieu , où est leur point de réunion; et là, elles n'ont que deux ou trois pieds de diamètre. Toute la colonne se présente comme un cylindre creux, ou comme un tube de verre vide à l'intérieur. Elle glisse sur la mer sans qu'on s'aperçoive d'aucun vent: on en a vu plusieurs ensemble qui suivaient des directions difl'érentes. Lorsque la nue et la base marine de la trombe ne se meuvent pas avec une vitesse égale, il arrive de voir la trombe se pencher, se courber même, et à la fin se déchirer. Alors on entend un bruit comme celui d'une cascade qui roulerait dans une vallée profonde. Souvent des foudres sortent du sein même de la trombe, surtout dans le moment où elle se brise ; mais on n'entend pas le tonnerre. Les trombes marines sont moins rares dans la zone torride que dans les zones tempérées et glaciales; les mers de la Chine et du Japon sont remarquables par la fréquence de ce terrible météore, qui, ainsi que les trombes terrestres , paraît devoir être attribué à des côurans d'air opposés entre eux , et à l'influence de l'électricité.

Les tromies terrestres se présentent sous la forme d'une immense colonne d'air, de poussière ou de vapeur aqueuse, tournant sur elle-même avec une grande vitesse , détruisant, dans sa course rapide et vagabonde, tout ce qui se trouve sur ^n passage, desséchant les étangs et les lacs, enlevant des masses énormes, les entraînant dans son tourbillon , les transportant à des distances considérables, et couvrant de leurs débris ou d'un déluge d'eau le terrain sur lequel la trombe éclate. Ce météore varie à rînfini,

H'jQ TRAITÉ ÉLÉMraTiJRE

soit dans sa durée , soit dans retendue de ses dBTels; il en est peu qui présentent des phénomènes plus eztraordiiiaires et plus bizarres.

Sur les confins des deux vents alizâ de fOcëan Ocôdental , entre les 4' et i o* degrés de latitude nord , et les 33o® et 365^ degrés de longitude de Ttle de Fer, il y a un trajet de mer oii les navigateurs éprouvent des calmes perpétuels, accompagnés d une chaleur suffocante , de coups de tonnerre et d'éclairs terribles; enfin des pluies si 6cé^ queutes et si abondantes, que Ton a appelé ces parages la mer de Pluie, Les petits vents qui s'y rencontrent ne sont que des bouffées subites de peu de durée, et qui s*ëtendeot tiès-peu ; de sorte que quelquefois chaque heure donne un vent différent, qui dégénère en calme avant qu'un antre lui succède.

Les calmes régnent également sur les limites du vent alizé et des vents variables ; mais ils y sont bientôt détruits par des coups de vent et par des trai^ades ou tomado*s.

Cest après avoir observé cet état habituel de Tatmosphère, qu on a pu fixer des règles certaines pour la navigation en Amérique. On cherche toujours à gagner le sud et les latitudes voisines du tropique , parce que là on esl sûr de trouver un vent frais d'est ou de nord-est qui, joint aux courans, vous pousse rapidement vers l'Amérique. Pour revenir en Europe , on cherche à gagner au moins les 3o degrés de latitude, parce que c'est là oil^ les vents commencent à devenir variables; ils sont cependant le plus souvent au sud-ouest.

Dans le grand Océan ou la mer Pacifique, nous retrouvons le mouvement général de l'atmosphère de l'orient en occident, modifié par les deux courans polaires. La irëAe étendue de cette mer permet à l'atmosphère de développer régulièrement ses mouvemens naturels. Les venu ali^ zés de nord-est et de sud -est sont si constans et si forts dans cette mer, que, s'il y avait un détroit à la place de l'isthme de Panama, on irait beaucoup plus vite à la Chine par ** nest que par Test. Ces mouvemens partit de rAméri*

DE GÉChQIUPHlS. ^7^

que et de la chaîne des Andes; ils sont donc plus faibles et odI moins d'étendue sur les côtes de F Amérique , où ils M commencent que vers les tropiques, et même en dedans de ces cercles. Sur les côtes opposées de TÂsie et dés terres australes , ils s'étendent jusqu^au 4o' parallèle» Les Espagnols y pour aller d'Àcapulco aux Philippines, nç font que de se laisser entraîner par les vents et les couranS| qui les poussent en ligne droite, et en fort peu de temps, au lieu de leur destination : voilà pourquoi, en naviguant pendant si long-temps sur cet Océan , ils n'ont découvert que très-peu de ces terres australes dont ils n'étaient cependant pas très-éloignés. Pour retourner au Mexique, ils remontent jusqu'au Japon, d'oii ils se dirigent sur les côtes nord-ouest de la Californie. C'est à la faiblesse du courant polaire boréal, tant aérien qu'aquatir que, qu'il faut attribuer cette grande étendue des ventç alizés; comme c'est la force supérieure des courans polaires du sud qui fait régne^ les vents du sqd le long des côtes du Pérou.

Ce n'est que dans l'Océan Indien que les faitieuses mousr sons ou vents de semestre semblent détruire l'uniformité du mouvement général de Tatmosphère, quoique sans doute ils y pourraient être ramenés, si l'on connaissait toutes les circonstances qui y influent. Depuis le lo" degr^ de latitude sud jusqu'au tropique du Capricorne , et audelà, le vent général alizé d'est ou de sud-est règne sur l'Océan Indien : il s'étend quelquefois en été jusqu'aux ae et 3^ degrés de latitude sud. Passé le lo* degré commei^r cent les moussons j ou les venta périodiques de six moia. Au nord de l'équateur il règne, depuis avril jusqu'en oc<* tobre , un violent vent de sud-ouest^ accompagné de tempêtes, d'orages et de pluies; dans les autres six mois, il souffle , de nord-est, un vent doux et agréable. Entre lé 2^ et le lae parallèles de latitude , les vents soufflent gér néralement, dans le. semestre hivernal, de nord<ue$i; et dans l'été, de sudrouest.

Ainsi, dans l'hiver, la constitution atmosphérique offre

a8^ TRàlTÉ ÉLiMBNTAlRE

ces élémeiifi principaux : vents de noird-eM , au nord de la Ugné; vents de nord-oaest, au sud de la ligne fosqu'au loe parallèle; enfin, vent alizë d*est et de siid*est« Dam Yété, les phénomènes sont moins contradictoires : vents de sud-onest, depuis le lo^ parallèle jusqu*aux extrânités se|>tentrionales; vents aliz6, au sud du lo^ parallèle.

Ces dispositions générales subissent des variatioiis déterminées par la configuration et Télévatioû des côleSy par les détroits et les courans de ttier. Les deux moussons de notd-est et de sud-ouest sont plus faibles , plus variables dans le golfe du Bengale , et plus constantes , plus violentei dans le golfe d*Ârabie. Ces deux moussons s^étendent également plus en largeur vers Touest. car elles dominent sur tout le trafet de mer qui est entre 1 Afrique et Tile de Madagascar. Dans les parages entre la C!hine, le royaome de Sianiy Sumatra et Téquateur, ces moussons se font %ale* ment sentir; mais elles y sont presque tout-à-fait nord et sud, sauf les variations locales; elles s'étendent jasqii*aux lies PbiUppines , et même , quoique avec beaucoap d*in- MûStance, jusqu'à celles du Japon. Les moussons entre f équateur , Ttle de lava et la Nouvelle-Guinée, sont à pen jpt^ conformes à celles de la mer de* la Chine pour la direction , qui varie seulement un peu vers le nord-<mesit pour là mousson de nord, et vers sud-esl pour celle de sad. Mais ces moussons ne commencent que six semaines après celles des mers de la Chine.

Les moûaaons changent toujours quelque tempe après les «équinoxes; elles soufflent constamment vers Fliâni* sphftre eè est le fiN^eil. Donc, Faction de cet astre sur Taliae0|Ailrre cki est visiblement une dès causes principales.

Les venta porifient l^atmosphère en y entretenant ^nne agitation perpétndle ; ils dissipent les miasmes qn^exhakal les narais et les eanx stagnantes; ils sMlèvtat et transportent les nuages destina à fertiliser la terre ara moyen de la phiie. Des millions de graines végAales, ponrvoes de petites aigrettes, voltigent sur Tardes vents, et répandent au loin Tempire de la v^étation. L^omme a sa se

DE GÉOGIUPHIB. a8t

faire du vent un levier qui, appliqué aux moulins, nous épargne un travail immense. Si TOcéan est le grand chemin du globe, les vents sont les infatigables coursiers qui portent rapidement nos vaisseaux d*un pôle à Vautre. En ne considérant les vents que sous les rapports pittoresques, combien de jouissances ne procurent-ils pas. à celui qui aime le grand spectacle de la nature, surtout aux habitans des montagnes! Tantôt les vents étendent sur toutes les vallées un rideau de nuages qui laisse apercevoir les sommets des Âlpes lointaines comme autant d'tles diaséatinées dans un Océan; tantôt, déchirant en partie ce rideau, ils nous ouvrent tout-à-coup les perspectives les plus étonnantes, où les jours les plus vifs forment uo heureux contraste avec les ombres voisines. Cest aux coups de vents qne le peintre et le voyageur doivent les vues les pins singulières qui peuvent s'offrir à leurs regards. Dans les soirées d'été, et surtout d'automne, ce sont les vents qui', en accumulant et modelant de longues traînées de nuages, créent et détruisent devant nos yeux ces paysages fugitifs, ces palais enchantés, ces pompeuses colonnades, ces vagues fantastiques, ces montagnes aériennes qne colorent les feux du soleil couchant. Pourquoi faut-il que ccfs jeux brillans de la nature servent quelquefois à entretenir une superstitieuse crédulité avide d'erreurs et de merveilleux?

a8a TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE

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