Partie australe
Turquie d'Europe et Grèce. . . 36,91 3 9,5oo,uoo 35a)
République des ites Ioniennes. . iSi 176,000 i,343f
484»9io 337,737,000
Il est facile de voir par ce tableau que dans les deux grandes riions occidentale ec orientale de l'Europe, chaque partie, prise en masse, est d'autant plus peuplée, qu'elle est plus méridionale. Ainsi, dans la première de ces deux divisions, la partie boréale Test moins que la centrale, et celle-ci que Taustrale. Dans la seconde on remarquerait la même différence si nous partagions la Russie en deux parties; mais si, pour établir des rapports semblables, nous réunissons le nord et le centre de l'Europe occidentale , nous verrons que leur population, par lieue carrée, est de 848 individus ; que celle de la partie australe est de 16 15, tandis que dans l'Europe orientale , le nord et le centre réunis comptent 911a habiUins, et la partie australe 35o, ce qui établit une propoition à peu près analogue. La comparaison de quelques Etats prouve que ceux qui possèdent beaucoup d'îles et une grande étendue de côtes , offrent plus de moyens d'existence que ceux qui sont ^en clavés dans les terres. De là vient que la monarchie britannique et les Pays-Bas que les canaux partagent en un grand nombre dtles, sont les plus peupla de l'Europe; que la France l'est plus que l'Autriche, que le royaume de Naples Test plus que celui de Sardaigne, et que les lies Ioniennes le sont plus que la Turquie.
On aurait tort de croire que l'accroissement de populaiioa est en raison directe de sa concenti^ation : l'accroissement et la concentration sont» au contraire, en rapport inverse. D'après des calculs récens, on a pu établir la pro-
470 TRAITÉ ELÉMENTAIUE
portion suivante , pour Faugmentation annuelle , par chaque million d*habitans , et pour le temps nécessaire au doublement de la population.
ïla Prusse 37,017 individus. a6 ans.
Dans la Grande-Bretfigne. . . . 16,667 » 4^
Dans les Pays-Bas 13,373 » 56 ^
Dans le rojraume des Deux-Sicites. 11,111 » 63
£n Rassie 10,537 » 66
Dans Fempire d^Auuiche. ... 10,114 » 69
£n France 6,536 » io5
Nous ne parlerons pas de la population de TEspagoe et du Portugal, queues commotions politiques ont rendue depuis quelques années presque stationnaire, ni de celle de la Turquie, dont la marche semble être rétrograde. Ce qu il est essentiel de faire obsei*ver dans cette progression, c*est que le Nord n*est plus en possession de lancer sur lescontre'es centrales et méridionales de TEurope des colonies armées, comme on le vit au moyen âge : la marche de sa population s'y oppose; et d'ailleurs, la civilisation, qui énerve les races du nord à l'égal de celles du midi , qui leur ap porte les jouissances de la vie paisible avec nos maladies, qui, sur le champ de bataille, a rendu nulle la force corporelle, par l'emploi des armes à feu , est d&ormais un obstacle au renouvellement de ces grandes migrations qci renversèrent les anciens empires.
Sauf les intérêts passagers de la politique, qui peuvent renouveler en Europe quelque coalition semblable à celles qui , pendant vingt ans, se sont formées contre la France, la prospérité des États semble désormais chercher un appui dans les arts de la paix et dans les supériorités de Tindustrie ; l'eipérience leur a prouvé que la force ne réside point dans les conquêtes, mais repose sur la prospérité des peuples. Sur le pied de paix , les armées de toute l'Europe enlèvent à l'industrie et à l'agriculture un soldat pour 9a habitans. Elles forment une masse de a,5oo,ooOy hommes à laquelle le nord contribue dans une proportion
beaucoup plus considérable que le midi, ainsi que le prouve l'évaluation suivante
En Danemark. ....
En Russie
£n Saiase. .....
En Priuse
En Suéde et en Nortrége.
En Turquie. . . . ' .
En Bavière
En Saxe
Dans le Warlemberg. . .
Dans Fempire d^Aulriche.
Dans les Payt-Bas. . . .
En France
En Portugal
Dans les 4 rép. allemandes.
Dans les 17 princip. allem.
Dans le roy, de Sardaigne.
Dans les lies Britannioues.
Dans les 5 princip. itaL .
Dans le roy. de Naples.
En Espagne
En Toscane
Dans les Euts de l'Eglise.
soldat sur 5j habitans.
fi'
ii3
lès
La richesse de chaque Etat^ que Ton peut évaluer d*après le revenu de ses contributions, mais, à la vérité> fort approximativement y parce que la rareté ou Tabondance du numéraire devrait être mise en ligne de compte^ di0%re en raison de l'industrie, de Tactivité commerciale et même de la forme de gouvernement. Le tableau suivant, qui présente la proportion dans laquelle chaque habitant contribue aux dépenses de TEtat, en fournirait facilement la preuve.
Iles Britanniques
Les 4 républiques allemandes.
France
Pajs-Bas
Danemark
Les 38 prindpaulés allemandes.
Saxe
BaTÎére
Duché de Massa
Prusse
Hanorre
Wurtemberg
Poriugal
Monarchie sarde
Grand-duché de Toscane. . .
65 fr.
aS
i5 i5 ftS i3
ai
ao
47^ TKAITÉ ÉLÉMENTAIRE
Duché de Lucques i3 fr. ao c
Etals de l'Ei^lise u 58
Monarchie sicilienne ii 3)
Principaaié de Monaco, j • . . . 1 1 »
Empire d^Âairiche lo ^^
Monarchie suédoise lo 06
Duché de Parme 10 4^
- République de Saint-Ma-v ....
rin 10 »
Duché de Modéue 10 »
Turquie 10 m
Espagne 7 7^
République de Cracotie. 7 S5
Russie 6 ^o
ttisse 5 09
U est facile de voir^ par oes résultats ^ que les contrées moyennes de TEurope ^ qui comprennent TAngleterre , la France y les Pays-Bas et rAilemague occidentale, sont beaucoup plus industrieuses que les contrées extrêmes du nord et du midi, puisqu'elles supportent des charges beaucoup plus fortes ; que les pays où. régnent les formes cônsti tutionnellesy ont une répartition d*impôts plus considérable que les pays soumis h un gouvernement arbitraire ; c'est ce qui explique pourquoi la Suède et laNorwége, moins favorablement placées pour le oommerce que Teaipire russe y paient cependant presque le double de contributions , et pourquoi d^ns la Bavière, ie Hanovre et le Wurtemb^g, les impôts sotit plus forts cp'en kûUrkht^, eu Italit et en Espàgtie.