CHAPITRE XVIL
Description du royaume de France.
Cest un usage établi par les géographes de toutes les na^ tioDS, de placer en tête de leurs traités le pays où l'on parle la langue dans laquelle ils éciivent. Si cet exemple ne sufiisait pas pour nous engager à commencer nos descriptions spéciales par celle de la France , un certain or-> gueil national , qu'il ne faut pas confondre avec ce senti* ment aveugle qui porte chaque individu à regarder sa patrie comme supérieure en tout aux contrées éti^angères, nous y déteiminerait. L'espèce de dictature intellectuelle ^ue le Français exerce sur le monde civilisé par Finfluence de son idiome ^ devenu depuis long-temps presque universel, par le goût qui le distingue dans la littérature et les arts y par la sagacité qu il déploie dans les recherches scientifiques, mériterait à la France un rang que plus d'une fois elle a su conquérir, par des succès militaires*
Cette France , dont nous allons esquisser les - principaux traits, occupe la place la plus importante dans les événemens de la politique et l'histoire de la civilisation. D'abord habitée par ces peuples celtes , dont les phalanges armées portèrent plusieurs fois la terreur chez les diverses nattons de l'antiquité , elle devint pour Rome un voisin dangereux, et soixante ans de guerres et de carnage suffirent à peine à celle<i pour la soumettre. Lorsque le colosse de la puissanoe romaine, divisé en empires d'Orient et d'Occident, s'ébranla sur ses fondemens vieillis, les Francs, sortis de la Germanie, et maîtres d'une partie de la contrée oti le Rhin se perd au milieu des sables amoncelés dans son cours, vinrent s'établir dans la Gaule, donner leur nom au peuple qu ils délivraient de 1 antique joug de Ro-
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ine, et fonder un royaume qui devînt en quelques anixiu le plus considérable de TEurope occidentale. En vain, à k mort du chef farouche qui créa la puissance française, ce royaume fut-il divisé entre ses quatre fils; quelques sit des plus tard, les conquêtes de Clovis, réunies sur une seultête avec le royaume de Bourgogne , et rapidement augmentées, formèrent, sous Charlemagne, un formidable en; pire, dont les limites comprenaient la Frise ^ la Saxe^L Hesse, la Bavière, la Suisse et la plus grande partie de Fluvlie. La faiblesse et l'incapacité des successeurs de ce priDC: favorisèrent tellement Tambition des gouverneurs de provinces, que la plupai^t de ceuxK^i se rendirent indépendaof telle fut Toiigine du régime féodal; et que les domaioe de la couronne, h l'époque de son usurpation par Hugoe- Capet , ne se composaient que de la Picardie j de TChiéanais et de rile-<le-France. Mais l'éloignement que la natioc française a naturellement pour le pouvoir des grands^olfii • à ses rois le moyen de recouvrer leur indépendance et \<^ dignité. Au xi« siècle, Philippe T' achète le Berry-, ai commencement du xii*, Louis le Gros affranchit les cocmunes; en moins d'un siècle la Touraine, la Normandk, le Languedoc, la Champagne et le Dauphiné, retourner: à la couronne. Pendant le xiv* siècle,, une grande partie du territoire français tombe au pouvoir de l'Angleterre, mais une héroïne quitte la houlette pour l'épée des coxb* bats, et la France est délivrée des étrangers. Louis XI, codtinuantà détruire la puissance de la noblesse^ obtient, |4 héritage, le Maine et V Anjou, et s*empare de la Bourgogne et de la Provence^ Déjà , sous François 1«, la monarchie française est assez redoutable pour que ce prince ci oie pouvoir rivaliser avec Charles-Quint; mais ses revers sont compensés par la confiscation du Bourbonnais, de V Auvergne et de la Marche, patrimoine du connétable de Boorbon, et par la réunion de la Bretagne à la couronne. 1 - France, désolée, sous Charles IX, par des guerres de rd* gion, bientôtaprès parles intrigues et les révoltes de la Lj j gue, s'augmenta du Béam, du Comté de Foioc^ et Jun-i
partie de la Gascogne^ par ravéoement de Henri IV au tiône^ puis de V Artois et du Roussillon, par les conquêtes de Louis XIII. Â cette époque , elle n*eut besoin, pour se placer à la tête des grandes puissances de FEurope, que du génie de Louis XIV, qui ajouta à son territoire le Niyemois^ par Texlinction totale du régime féodal, et par ses conquêtes, la Flandre , la Franche-Comté et Y Alsace, Sous le règne suivant, la Lorraine échut à la couronne par droit de succession, et la Corse j par un arrangement avec la république de Gênes.
A la mort de Louis XV, un nouvel ordre d*idées dans les esprits rendait indispensables une réforme dans les finances ^ et de sages modifications dans les contre-poids du gouvernement. L'exaspération des partis fait naître une révolution funeste; un roi vertueux est sacrifié aux exigencesd'une république improvisée. Mais comme si la France devait toujours être grande lorsqu'elle est livrée à ses propres forces, au milieu des écarts d'une sanglante anarchie, elle augmente son territoire par l'acquisition d'Avignon et du Comtat Venaissin; elle repousse avec gloire les coalitions de toute l'Europe ; elle s'accroît par la réunion des territoires de Montbelliard et de Mulhausen; elle poursuit ses conquêtes rapides ; un de ses capitaines s'empare des rênes de l'Etat, et renouvelle, après zooo ans, un enipirequi ne le cède point à celui de Charlemagne. Cependant la plus belle armée du monde , principal soutien de cette puissance colossale, est détruite dans les plaines glacées de la Russie ; accablée alors par les efforts de l'Europe coalisée , la France rentre dans ses anciennes limites, et replace sur le trône l'antique famille de ses rois.
Borné au nord par une portion de la Manche, le Pasde-Calais, le territoire de la monarchie Néerlandaise, les provinces prussiennes du Bas-Rhin, et le cercle bavarois du Rhin ; à l'est, par le grand-duché de Bade , la Suisse et les Etats sardes; au sud, par la Méditerranée et l'Espagne; à l'ouest, par l'océan Atlantique et la plus grande paitie de la Manche, le royaume de France, mesuré de l'est à
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l'ouest par une ligne tracée depuis la poiote de Kersaiih. dans le département du Finistère, jusqa*à la jonction d-. la^Lauter et du Rhin, dans celui du Bas-Rhin, occupe on espace de 206 lieues : c'est sa plus grande largeur ; une autre ligne tirée depuis le village de Zuytcoope, dans le dépaitement du Nord, jusqu'à l'anse de Cerbère, dans celui des Pyrénées-Orientales, donne à sa plus grande longueur une étendue de 21a lieues (i). Le développemeru de ses côtes est de 490 lieues, dont lao bordent la Méditerranée, 195 l'océan Atlantique, et 17$ la Manche et le Pas-de->Calais. L'étendue qu'il occupe aujourd'hui comprenait, en 1790, a5 millions d'habitans^ sa population actuelle est, comme nous l'avons vu, de 3a millions. Ainsi, en 40 £ins, celle«ci s'est accrue de 7 millions. Si Ton preod pour terme de celle qu'il pourrait avoir, la moyenne qui résulte de la comparaison du département du Nord, qot est le plus peuplé, et de celui des Basses*Alpes, qui Test le moins, on verra que sa superficie pourrait nourrir 1714 individus par lieue, ce qui porterait le total de ses habitans à 45 millions ; mais peuplé en proportion du royaaiiK des Pays-Bas, il renfermerait près de So millions dliabitans. Ces exemples prouvent les progrès que notre agriculture et notre industrie peuvent faire encore à raided*ei) couragemens, et détruisent complètement les assertions dt quelques esprits faux qui regardent le fléau de la guem comme utile, et l'accroissement de la population comn^ une calamité.
Les contours du littoral de la France présentent plusieurs caps et golfes importans : au nombre des premiers, celui de la Hague ou de la Hogue, qui s^avance dans U Manche à l'extrémité du département de ce nom, et celu' du Raz,qui forme la pointe la plus occidentale dudépoiîcment du Finistère, et qui, dominant rimmeœité de H'»-
(1) Sa supcrficit: ei>l comprise entre le 7» Jegré 9 luiu. à roucs.t du uic dien de Pari5, et le 5. d<>gré 56 miuutes à Veai du m^me mcridkai «i ci>u. le 4 a* de «{ré ao mio. ei U* 5i* degré 5 oiiu. d« laûludtf.
céan y voit les vagnes se briser avec fureur sur sa base de granité^ sont les deux plus remarquables. Les autres, qui savaucent dans TOcëan ou dans la Me'diteixanëe, ne peuvent leur être comparés. Quelques baies mériteraient^ par leur largeur et leur profondeur, d'être rangées parmi les golfes ; nous les rendrons à leur véritable importance en les groupant avec ceux-ci. Telle est la baie ou rade de Can-cale, célèbre par le rocher près duquel, malgré des pêches presque continuelles, se renouvellent sans cesse ces bancs d'huîtres si estimées, et si importans par le commerce considérable qu'ils procurent aux habitans de la côte du département dlUe-et-Vilaine 5 telle est l'anse ou' la baie de Saint'Brieuc dans le département des Côtes-du-Nord ; telle est la rade de Brest, baie de 8 lieues de circonférence, et de lo à i5 brasses de profondeur; telle est celle de Douamenez, plus considérable encore, et formée au sud de la précédente parle cap de la Chèvre et par celui du Raz; telle est enfin la baie de Bourgneuf, plus large mais moins profonde, près de l'embouchure de la Loire. Au nord-K)uestde ce fleuve, le golfe du Morbihan égale en étendue la rade de Brest^ Le plus considérable de ces golfes, que baignent les eaux de l'Océan, est celui de Gascogne: il est formé par les côtes de France et d'Espagne ; à son extrémité se jette la petite rivière de la Nivelle. Dans la Méditerranée celui du Lion, dans lequel se jette le Rhône, était, dès le xui* siècle, célèbre par de fréquens orages qui lui valurent le nom du plus redoutable des animaux.
Parmi les îles qui bordent nos côtes, quelques-unes méritent une mention particulière : dans l'Océan, celle d'Offe^- 5ant^ entourée d'autres plus petites du même nom, est bordée de rochers et d'écueils dangereux : son sol est fertile, et sa superficie est de deux lieues carrées. En nous dirigeant vers le sud, nous verrons Groaix ou Groixy peuplée de pécheurs; Belle^Ile, lai^e de 2 lieues, et longue du double, couverte de pâturages; iVoirmoii^tier^^ dont la superficie est d'environ 4 lieues; Vtle d'Veu, rocher granitique d'une moindre étendue ; Ttle de Ré, de
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i5 lieues de circonfërence, riche en yins^ et bordi-^ d*écueils au nord et à Toccideut; Oléron, de 2 lieu^ de largeur et trois fois plus longue , dont les marais salanssont d*un grand produit. Dans la Méditerranée, La Camargue j formée par les alluvions du Rhône, a 5o mille hectares de superficie, et renferme un vaste marais et des prés excellens ; près des côtes du département <ic Var, les tles dilfyhres^ dont les principales sont : Porqutrolles, Port'Croz, Bagneaux et Ttle du Titan, ofTreot, ao milieu d'orangers et de citronniers, une foule -de plantes aromatiques , tandis que près de Tembouchure du Var, Saint'Jïonoratj Sainte-Marguerite^ et les autres iles de Lérins sont à peu près incultes.
L^aperçu que nous devons nécessairement donner de h richesse minérale de la France , doit être précédé de quelques mots sur la nature des roches qui dominent dans sa constitution géologique. Dans toute sa partie occidentale, depuis Cherbourg jusqu'à Niort; toutes les cimes des P)* rénées jusqu à Fois et Bagnères : toutes les pentes méridionales du département duVar, depuis Toulon jusque k petite ville |de Cannes; le reviers occidental des Alpes, depuis la frontière du comté de Nice jusqu'aux environs à/t Grenoble; les sommets les plus élevés des Vosges, not grande partie des Ardennes, le centre du royaume comprenant les anciennes provinces de TAuvergne et du Limousin; enfin, quelques parties du Languedoc montreot les terrains granitiques se faisant jour à travers des roches appartenant à des époques postérieures. Les débris des plus anciens terrains, triturés et réunis par Factioa des eaux, ont formé ces grès remplis de restes organiques que Ton voit à la base des Cévennes , près des bords do Tarn, du Cher et de TAuron, aux environs de Saint- Etienne, de Brives, de Bourbon-rArchambault, ainsi qoe sur les flancs occidentaux et méridionaux des Vosges. Une longue bande de calcaires anciens, qui commence au pieJ des Pyrénées , se prolonge au bas des Cévennes, composa toute notre chaîne du Jura , celle de la Côte-d*Or, le pla-
DE GEOGRAPHIE. ^-^g
teau de LaDgres, les plateaux orientaux et occidentaux des Vosges, ainsi que ceux qui dominent la Loire aux environs de Nevers et de Bourges, et qui, au sud de Limoges, se prolongent vers le nord-ouest jusqu'au bord de la Manche. Des dépôts crayeux, qui s'appuient sur les précedens, forment une bande dirigée vers le nord-ouest, depuis Cahors jusqu'à l'embouchure de la Charente, et constituent une 'grande zone qui entoure à 1 5 ou 20 lieues à la ronde les terrains de la dernière époque aux environs de Paris, terrains que l'on retrouve sur la rive gauche de la Saône , à l'embouchure du Rhône, et sur les bords de la Garonne. Que l'on ajoute à ces dépôts, formés pendant les difierens âges géologiques, les plateaux et les pics volcaniques de l'Auvergne, du Vivarais, du Rouergue, du Languedoc, et même de la Provence, et l'on pourra se faire une idée de la variété des terrains que la France offre aux recherches géologiques^ de la quantité de marbres et d'autres roches qu'ils fournissent à l'architecture et aux arts, et des richesses minérales qu'ils doivent receler. En 1826 on évaluait leurs produits à près de 97 millions de francs ; nous allons donner le détail approximatif des substances que Ton en peut retirer.
Plomb réduit à Peut métallique 6,400 q[uint. met.
Sulfure de ce métal 1,600
Cuiirre à rétat métallique i,3oo
Arsenic natif. 5o
Antimoine k Téut métallique 4oo
Oîzde de manganèse 7,5oo
Fer de fonte, ter en barres, et acier. . . . 1,587,000
Argent en lingots 1,100 kiJogr.
Houille ia,758,ooo quint, met.
Lignite on végétaux fossiles 98,000
sulfate de ferl aS.ooo
Magmas ou mélange de sulfate de fer etd^alun. 3^700
Bitume, asphalte, et pétrole 5,ooo
Sel gemme i5o,ooo
Sans le monopole, les produits de cette dernière substance seraient beaucoup plus considérables , puisqu'on a calculé que la mine découverte en 18 19, dans le département de la Meurthe, où elle occupe une superficie de
48 O TRAITÉ ÉLÉMEK TAIRE
3o lieues carrées , pourrait être exploitée pendant g6o hk clés à raison d*un million de quintaux par année (i)/ faut encore ajouter à ces divers produits ceux que procc rent environ n^o sources minérales , dont x5i sont dir posées de manière à recevoir des malades, 79 sont visitée par des buveurs éloignés, et 10 sont fréquentées parie habitans des lieux environnans.
Les avantages que la France retire de son indostrieso:. de la plus grande importance, puisque le total de ses ic poilations et celui de ses exportations s'élèvent chacun . plus de 600 millions de francs; mais les prodoits de sor agriculture sont loin de présenter des résultats aussi sat»»faisans. La fertilité de son sol ne la dispense point de la c^ cessité de tirer de Tétranger pour plus de 45 millions c chevaux, de porcs, de moutons et de bétes à cornes. If es!il pas affligeant de voir que dans un pays qni passe por être habité par un des peuples les plus industrieux et le plus éclairés de FEurope, la seule agriculture réclame le plus grands encouragemens, puisque la treizième partiel sa superficie est occupée par des terres incultes. D*aprê des données approximatives, on a évalué , de la manier suivante, Temploi des terrains de la France.
Terres de labour 22,818,000 becUre
Vignes i»977j00o
Potagers , j ardins , yergers , culture particaliére . i ,834,000
Châtaigneraies, olivettes el boublonuiëres. . . -Sog^oeo
Bois , oaeraies et aunaies 6,5-^^,000
Prés et pâturages 7,oi3yOOo
Terrei incultes 3,84i»ooo
Tourbières. • 7»ooo
Mines ci carrières. 98,000
Propriétés bâties ai3,ooo
Canaux d^irri galion et de navigation. . . . 9»ooo
Etan^ si3,oQO
Marais i86,ooi>
Routes , rivières et rochers 6,555»ooo
Total. . . . 51,777,000
(1) Voyez ^ pour les détails de la richesse minérale de la France , le n; port fait au jury central de rezposiiion des prodtdia de tûidwtnr, i* M. Héron de YiUefosi«« Annaies Jet 3tinef, u H, 1897.
DE CÉOGRilPMrE. 4^1
CoDlinuoDS notre excursion sous le point de yue physique, et voyons quek sont les bassins que forment les montagnes et les autres aspérités du sol de la France, et les cours d'eau qui arrosent ces bassins. Les Alpes, le versant méridional des Voges , la Côte^d'Or et les Cévennes , circonscrivent celui du Jlhâne» Ce fleuve rapide, dont la pente est d'environ 3o pieds par lieue, compte, au nombre de ses principaux afiluens, la Saône, l'Isère et la Durance. Les Cévenùes et les monts du Charollais à l'est, les monta gnes du Morvan au nord, celles du Forez à l'ouest, et les hauteurs de Gatines au sud-ouest, forment les principaux contours du bassin de la Loire, dont le cours est d'environ aao lieues^ et la pente de 212 pieds par lieue. Les plateaux du Morvan, de la Cdte-<l'Or et des Ardennes, circonscrivent le bassin de la Seine, petit fleuve de 160 lieues de cours, dont la pente variable n'est que de 8 pieds par lieue. La Garonne, un peu moins étendue que la précédente, mais beaucoup plus rapide dans son cours, ti averse un bassin formé à l'ouest par une petite chaîne de collines calcaires qui s'a* dossent aux Pyrénées, au sud par ces montagnes, à l'est par les Cévennes, et au nord par le Cantal et les hauteurs de Gâtines. Ces quatre grands bassins sont entoura par onze autres bassins peu importans par leur étendue, mais qu'il est utile de mentionner. Trois d'entre eux, situa au nord , se continuent sur les territoires de TAllemagne et des Pays-Bas : le plus oriental, formé par les pentes des Vosges, arrosé par le Rhin et par l'ill, un de ses affluens, pourrait être appelé bassin germanique; par opposition les deux autres prendraient le nom de bassins belgiçues. L'un, circonscrit par les Vosges et les Ardennes, est arrosé par la Moselle et la Meuse; l'autre, beaucoup plus petit, formé par les plateaux crayeux des environs d'Arras, est sillonné par ÏEscaut, fleuve qui n'acquiert de l'importance que sur le territoire belge. Les huit autres bassins ont, par leur origine à peu de distance des côtes de la Manche, de l'Océan et de la Méditerranée, mérité le nom de bassins côtiers. Le plus septenLiional est celui de la Somme ; il est L ài
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entooré aa sud et au nord par des [bateaux de craie, et traversé de Touest à Test par le cours d'eau que nous venons de nommer, et que, malgré son étendue de 4^ lieues seulement, nous comprenons parmi les fleuves, parce qu'il a pour affluent le Celle, petite rivière navigable. L'Orne^ rivière de 3o lîeues, coule dans an petit bassin qui n'est séparé de celui de la Seine que par quelques collines. Les faibles hauteurs granitiques qui vont se terminer au cap de la Hogue forment avec les montagnes de Mènes et d*Arrée un bassin d'une faibk largeur, dont le principal cours d*eau est la Rance^ qui n'a que 18 lieues de longueur. Les montagnes de celui-d, unies à celles qui à Test vont se terminer au bord de la Loire, fcM*ment le bassin delà Vilaine, petit fleuve qui porte ses eaux à l'Océan après un trajee de 45 lieues : le Don et le Meu, qui l'alimentent, sont navigables. Le bassin de h ChareniCj fleuve sinueux de 85 lieues de cours, arrose qd petit bassin ntué entre l'embouchure de la Loire et celle delà GarcMine. Fleuve de 70 lieues, dont la course rapide et les débordemens sont causés par la fonte des neiges amoncdées sur le pic du Midi , VAdour occupe un bassÎD formé par les Pyrénées et par une chaîne de collines qui descend de ces montagnes. Des deux bassins côtieis de li Méditen^anée, celui de VAude, rivière de 5o lieues d'étendue, est formé par les dernières branches des Pyrénées l6 montagnes Noires et les monts Espinouses ; celui de ïJtgens, qui ne parcourt qu'un espace de 24 lieues , est entouré par les monts Maures et les monts Esterelle.
Dans le voyage que nous allons entreprendre pour offrir rapidement une esquisse des lieux les plus intéressans de la France, nous abandonnerons l'ancienne division par provinces, et la nouvelle par départemens : elles rendraieot notre route trop aride; on trouvera leur concordance dans les tableaux qui termineront la description de ce royaume. Cependant y afin de mettre quelque ordre dans notre mar* cke, la division naturelle par bassins nous servira de guide, et nous fera mieux comprendre l'avantage que plœieurs
m^ GEOGRAPHIE. 4^3
villes tirent de leur position sur le bord de plusieurs coui-s d*eaFu qui fayorisent le mouvement de notre commerce et t
de notre industrie. Parcourons d'abord le plus septen^ trional et Ton des bassins les moins importons : celui de r Escaut. Les bords de ce fleuve^ ceux de la Scarpe, de la Deùle et de TÂa^ sont formes de terrains fertiles, tandis que sur les côtes du Pas*de-Calais Tagriculture fait chaque jour des conquêtes, en utilisant les sables des dunes. 'Une chapelle, que l'on prétend avoir été bâtie par saint Éloi au milieu de ces sables, fut TorigiTie de Dunkeryue, ville que nos gorerres avec la Flandre, TEspagne et l'Angle-* terre, ont rendue célèbre, et dont le port, objet de la jalousie de cette dernière, fut comblé par suite de traita honteux; mais qui, par la franchise dont il jouit depuis 1 816, et par des travaux plus récens, a recouvré une partie de son ancienne prospérité. Près de Saint-Omer, ville fortifiée et bien bâtie, patiîe de Suger, abbé de Saint- Denis, les marais de FAa se couvrent de petites îles flottantes; ArrcLs, divisé en quatre parties, la haute et la basse ville, la cité et la citadelle, est rangé, pour ses casernes spacieuses et ses principaux édifices, parmi nos plus belles villes; à Béûmne, bâti sur un roc , et défendu par les travaux de Vauban, on remiarque la bizarre construction du béfroi qui s'élève sur la place publique ; mais c^est k'LiUe qu'il faut aller admii^er une foiteresse qui fut, dit-on, le coup d'essai de Vauban : ce chef-lieu du département du Nord offre des rues larges, des places régulières, des édifices publics constraits avec goût, et l'al> liance si rare de l'importance militaire à l'importance commerciale.
La Scarpe, qui communique avec l'Escaut, par le canal de la Sensée, arrose Douais et donne du mouvement à son commerce. Quelques-unes de ses anciennes tours font encore partie de sa vaste enceinte, qui renferme presque autant de jardins que d'habitations. La route qui conduit de cette ville à Cambrai est magnifique : cette dernièi*e est ti^versée par l'Escaut , mais le fleuve y est encore un
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si faibk cours d'eau, qae sans le canal de Saint-QaenLin les fabriques de linon et de batiste y perdraient bientôt leur importance. Sa cathédrale est remarquable par la délicatesse de sa flèche, et par le monument que les liabitans ont fait élever récemment à la mémoire de Féadon, qui fut à la fois Fenfant et le père de Cambrai.
Dans le bassin de la Somme, au sud du précédent, nous remarquerons plusieurs villes, dont les plus considérables sont situées sur les bords de ce petit fleuve. A quelques lieues de sa source nous voyons Saint^Quenim, qui, par son industrie, a doublé de population depuis quarante ans i plus bas, Pérorme, qui s'enorgueillit du titre de pucelle; à l'embouchure de la Celle, AbbeviUe^ bâtie es briques, est la patrie du poète Millevoie; enfin, sur le bord de la m», le petit port de SairUrVàUry, où GniK laume ^'embarqua pour la conquête de l'Angleterre. Ea suivant la côte vers le sud-ouest, nous verrions Dieppe, renommé par ses bains de mer, et le champ de bataille d'Arqués, sur lequel Henri IV défit le duc de Mayenne.
Le bassin de la Meuse, presque aussi étendu que les deux que nous venons de parcourir, nous offrira d*abord, entre la Sambre et ce fleuve, les deux petites places fortes éCji^esnes et de Rocroj ; près de la forêt des Ardennes, Mézières^ plus importante par ses fortifications que par le nombre de ses habitans, et la jolie cité de CkarieviUe, enrichie par ses usines, séparée seulement de la première par le cours de la Meuse. Au milieu d'un territoire peu fertile, mais couvert de fabriques, Sedan, recomman* dable par ses draperies, embelli par ses constructions, s'élève sur la droite du fleuve; à 16 lieues plus loin noos traverserons Verdun, situé sur ses deux rives; c'est la patrie tle l'illustre Chevert, une ville sans monumens, entourée de remparts et connue par ses dragées. Les bords pittoresques de la Meuse nous cbnduiront, en remontant son cours, à SaùUrMihiel, ville de 5 000 âmes, et à la jolie cité de Commercy^ entourée d'une belle forêt, vers laquelle se dirige une de ses rues, tirées au cordeau.
DE GÉOGRAPHIK. 4^^
Au confluent ilu fleuve et du Mpuzon^ Neuf'Chdieau,Ae£' lieu de sous- préfecture y est dominé de tous côtés par des montagnes; on traverse celles qui sont à Torient par une route qui conduit à Mirecourt, autre chef-lieu, renfermant plusieurs fabriques de dentelles , d*orgues, de serinettes et de violons : ses environs sont jolis et bien cultivés. Bientôt on aperçoit la Moselle, qui, au mîb'eu desYosges oh elle prend naissance, arrose Remiremont, célèbre autrefois par son abbaye de chanoinesses; un peu plus haut, dans les montagnes, se trouve Bussang et Plombières^ connus par leurs eaux minérales; près de Gerardmer on Géromé, bourg de 5,ooo âmes, oiî Ton fabrique un fromage estimé, on aperçoit un lac de 36 hectares de superficie : c*èst le plus considérable des Vosges; dans les environs deiSai/iN Diezj presque tous les villages subsistent de ce genre dïndustrie, qui résulte de l'abondance et de la qualité des pâturages. La plus belle cascade de ces montagnes, quoiqu'elle n'ait que xa5 pieds de hauteur, est celle que l'on voit près du village de Tendon, à une égale distance de Remiremont et d'Épinal. Cette dernière ville, traversée par la Moselle, renferme quelques rues bien percées, et possède de belles promenades. Sur les bords de la Vezouze, affluent de la Meurthe, nous apercevons au milieu d*une belle plaine Lunéuille, célèbre par le traité de paix de 1801; par le souvenir des ducs de Lorraine et du roi Stanislas, dont il reste encore le château; par un grand manège, le plus beau qui existe en France; enfin par les hommes dis* tingués auxquels elle a donné le jour, tels que Boufflers, Monvel, et le député Girardin. Les détours de la Meur* the, dont la rive droite est bordée par la forêt de Vitri" montj nous conduiront à Nancy, belle et triste ville, dont les édifices attestent encore la sage administration du roi Stanislas. Le vieux quartier et les restes de Ja citadelle rappellent le pa|triotisme du célèbre Callot, qui refusa de représenter la prise de sa ville natale par Louis XII]; M"* de Graffigny, Palissot et Saint -Lambert naquirent aussi dans cette ancienne capitale de la Lorraine. A deux
lieues au-dessous de ses murs, la Meurtbe s'unit a la Mo* selle; c'est après avoir baigoé Toul, et traversé Pont-è* Mousson j patrie de Duroc, que celte belle rivière coule au milieu d.e rimportante place de MttZy dont on aper* çoit de loin la sombrç cathédrale, haute de 345 pieds, d la façade blanchâtre de son palais de justice. Patrie de Custine» de Fabert et de Lasalle, cette ville, plus importante sou$ \^ rapport piilitaire oue par son industrie, possède une école spéciale d*arliUerie et du génie, qui a fourni à la France une foule d'hommes de guerre célèbres. A la sortie de s^ remparts, une belle route conduit à Thi»r viïle^ jolie cité dont les fortifications seules sont importantes. Avant de quitter le sol de la France, la Moselle coule au pied de la petite ville de Sierck^ dominée par un roc escarpé : la Sarre, un de ses affluens, baigne pris de notre frontière Sarguemines, dont le nom , dérivé de l'allemand, indique Tembouchure de la Blise dans la Sarre (i). Les faïences rouges et les tabatières de pâte de carton que l'on fabrique dans ses environs, sont les principales branches de commerce de ce chef*lieu d^arrondissèment.
Le versant oriental des Vosges, que par rapport à la France nous considérons comme circonsmvant no petit b.assip, est couvert de forets, de prairies, de vignes, et de champs fertiles ; l'habitant s'y montre partout industrieoi: aux trésors de l'agriculture il joint l'exploitation des mines, l'emploi des métaux et des matières combostible^ qu'il en retire, et la fabrication des tissus de laine et de coton. Deux départemens occupent sa superficie : ceux do Haut et du Bas-Rhin. Sur les bords de la Lauter, W^sembourg ou Wissembourg, célèbre dans les guerres que la France a soutenues depuis Louis XIV jusqu^en i8i?>. défend la limite tracée entre cette dernière et les possessions rhénanes de la Bavière. En nous élevant sur le^ peotes des Vosges, nous apercevrons la petite ville de ^a-
(i) Le mot allemand ^/nu/ic/e sijjnifie embouchnre.
uemCf assez bien bâtie^ dans un pays fertile en vins; puis en descendant vers le Rhin, Strasbourg nous offrira le spectacle imposant de ses importantes fortifications^ de la légère architecture de sa cathédrale, et de la beauté de plusieut^ de ses édifices, au nombre desquels nous citerons le château royal , où réside Tévéque, le palais de justice, rhôtel-de-ville, celui de la préfecture et l'arsenal ; enfin le mouvement d'une ville universitaire, industneuse et commerçante, qui compte parmi ses enfans des hommes tels que Kléber, Kellermann, Ramond, et le vertueux pasteur Oberlin. Les rives de l'Ill, qui se jette à Strasbourg dans le Rhin , conduisent, en remontant son cours, à Schelestadt, ville antique, déjà considérable au viu«siè» cle, Tune des dix cites impériales de l'Alsace, ruinée pendant la guerre de trente ans, mais qui depuis long-temps voit sa prospérité s'accroître de jour en jour. C'est dans ses luui^s que fut inventé l'art de vernisser la faïence, et que naquit Martin Bucer, habile théologien protestant. Colmar s'élève sur les bords de la même rivière : Ist construction de ses édifices est aussi belle que sa position est avantageuse pour le commerce, et pittoi*esque par les sites qui Tenvironnent. Quoiqu'elle soit le siège d'une cour royale et de la préfecture du Haut-Rhin , elle ne surpasse guère en population l'industrieuse ville de Muïhausen ou Mul- /louse, sur la même rivière, renommée par ses filatures, ses xh*aperies, ses mousselines, ses 'toiles peintes, et qui renferme i5,ooo âmes, indépendamment de 6 à ^,000 ouvriers employés dans ses ateliers , mais habitant hors de son enceinte.
Nous allons traverser les Vosges , et descendre dans le bassin de la Seine. Les douze départemens qu'il renferme forment Tune des divisions physiques les plus importantes de la France. En suivant les détours du fleuve, nous traverserons le département de Y Aube ^ dont les canaux» les rivières et les routes offrent à ses vins de nombreux débouchés; celui de Seine-et-Marne, abondant en céréales et en bêtes à laine ; celui de la Seine, le plus petit de tous,
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mais qui doit son im{>ortance à la capitale du royaume; celui de Seine-et-Oise, qui nourrit un grand nombre de bétes à laine , qui produit une quantité considérable de céréales ^ et livre à la consommation du peuple de Paris le produit de ses vignobles, communs, mais abondans; ecfin, celui de la Seine^Inférieure , oil rivalisent le com* merce , Tindustrie et l'agriculture. Nous parcourrons ensuite les petits bassins des affluens de la Seine; ainsi nous vendons sur sa rive droite le département de VOist^ dépourvu de vignes, mais productif en céréales et en bêtes à laine; celui de Y Aisne, couvert de vastes forêts, et qui trouve dans le grand nombre de ses routes et de ses cours d'eau , le facile écoulement des produits de son agriculture avancée; celui de la Marne, qui rë<x>Ite des vins estimés, et qui utilise, dans de nombreuses fabriquer, les toisons de ses importans troupeaux; celui de la Hauie- Marne, où l'on voit à la fois des bois, des vignes, des champs bien cultivés et des babitans industrieux. Sur la gauche de la Seine, celui de V Tonne trouve, dans se» canaux et ses rivières, le moyen d'écouler sur Paris et ses bois et ses vins; celui d' Eure-et-Loir se montre essentiellement agricole, et dans celui de l'Eure les pâturages et les céréales, les manufactures de draps et les filatures de coton, constituent les principales branches de ridiesse.
La Seine n'est encore qu'un faible cours d*eau lorsqu'dle traverse Chdtilhn, àii elle reçoit la rivière de rOnrce: cette petite ville est deux fois plus importante que Barsur- Seine, remarquable par de jolies promenades; maisbieih tôt Troyes se présente entourée d'une foule de souYeoirs : importante sous Auguste, délivrée des Allemands par Julien, ménagée par Attila, ruinée pai* les Normands, embellie par Thibaud IV, comte de Champagne , remise par Jeanne d'Arc au pouvoir de Charles VU, elle conserve quelques édifices de ces dernières époques : sa cadiëdrale est le plus important Au nombre des hommes célèbres qu elle a vus naître, on cite le pape Urbain IV, le sculpteur Girardon et le peintre Mignard. Sur la gauche de la Seine,
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un des afflaens de celle-ci arrose deux petites villes qui méritent d'être citées : Bar-^sur-Aube et Arcis^sur-Aube ont réparé les désastres que Finvasion étrangère leur fit éprouver en x8i4* A quelques lieues des bords de cette rivière ^ Provins ne conserve rien de la puissance romaine, mais sa vaste enceinte atteste que sous les comtes de Cham* pagne elle fut dix fois plus peuplée qu'aujourd*hui. Une belle forêt, que nous apercevons sur notre gauche, entoure la ville royale de Fontainebleau^ dont le château rappelle tant d*événemens depuis François I** jusqu'à Napoléon* Nous traverserons Melun, que la Seine divise en plusieurs parties, qui conserve encore quelques ruines d'un château de la reine Blanche, et qui fut la patrie de Jacques A.myot.
Mais les voitures qui se pressent sur les routes, des villages aussi importans que de petites villes, des maisons de plaisance qui interrompent la monotonie des champs en culture, annoncent!' l'approche d'une grande ca[Htale : c'est Paris, la plus peuplée de toutes celles de l'Europe continentale, et conséquemment la plus importante après Lon« dres, mais sans rivale sous le rapport des arts, de Tindusdrie et du goût. Comment décrire, dans les bornes de ce traité, ses nombreux monumens : ce Louvre, que les amis des arts voudraient voir terminé^ ce Palais-Royal, devenu l'un de ses plus beaux ornemens; ce temple élevé au dieu de la richesse et de l'industrie; ces églises, dont quelques-unes sont d'heureuses imitations de celles» de l'Italie; ces ponts, jetés avec hardiesse sur la Seine, ou suspendus avec élégance de l'une à l'antre de ses rives; ces boulevards qui entourent la capitale d'une double promenade, et qui, dans les quartiers les plus populeux et les plus riches, oflrent le mouvement et l'affluence des somptueux bazai% de l'Orient; ces arcs de triomphe et ces colonnes dans le goût antique, qui rappellent que les dra* peaux français ont fait le tour du monde; enfin, ces enceintes ouvertes pour le soulagement de l'humanité souffrante, ou pour rinstruction de la génération qui s'élève?
A la sortie de Paris, des sites enchantem*s embellis-
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sent les bords de la Seine: ici, Meudou est domine par la belle terrasse de son château , momunent du cardinal de Lorraine; là, iSaint*C/oui2> charmante résidence royale, rappelle l'ermitage qui servit d'asile à Clodoald; fils de Clodomir, fuyant le poignard de son onde Clotaîre , l'assassinat de Henri III, et la fameuse journée à la suite de laquelle Bonapaite s'empara des rênes du gouvernement. A deux lieues de ces deux domaines de la couronne. Fersailles étale, à Textrémite de sa vaste et silencieuse enceinte, la splendeur de son palais bâti par Louis XIV. Redescendons vers la Seine, et après avoir admire le magnifique tableau des prairies et des collines qui la bordent aux environs de Rousn, voyons cette ancienne capitale de Ja Normandie, cette cité manufacturière, cherchant à codserver les avantages que son port lui procurait naguère; joignant ses deux quartiers par un beau pont de pierre, et remplaçant lenteD^eot ses vieux édifices en bois par de» constructions plus élégantes et plus solides. Le Havre, qui, depuis la paix, enlève à la précédente sa prépondérance commerciale, ^0i*e^ £iu milieu d'une enceinte fortifiée, l'élégant spectacle d'une ville nouvelle qui s'élève sur l'emplacement de celle que François I*' environna de tours, dont l'une, à l'enti^éede aon'port et de ses bassins, supporte les signaux destinés à prévenir le commerce de rentrée des navires dans la radff«
Remontons maiiHenant dans le bassin d(s l'Oise et de la Marne : Beauvais^ traversé par la petite lîvière <is Thérain, entouré de grandes ejqploitations de tourbe. )Ouit d'un commerce considérable, et possède des fabriques de draps, des filatures de coton et une manufdL'ture royale de tapisseries de haute4ice. Le grand nombre de maisons en bois donnent à cette ville un aspect dés» agréable : sa cathédrale, qui n'est point achevée, est célèbre parla beauté du chœnr. Beauvais a produit ptusieun personnages distingués, tels que cette intrépide Fooqud* surnommée Jeanne Hachette, Villers de TUe-Adam, graiHimaître de l'ordre de Malte, le grammairien Restaut, le lit*
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tcrateur Dubos^ çtles antiquaires Hermann et Yaillafit. A SenliSfles eaux de la Nonette passent pour avoir les quali* tés les plus convenables au lavage des laines ; aussi cette vili e , qui occupe plus de 600 personnes au filage et au tissage du coton, à la fabrication de la fécule de pommes-de- terre, et aux travaux de Timprimerie, emploie^t-elle dans ses la« voirs un grand nombre de bras. Compiegnej qui possède un beau château royal, est moinç industrieuse. Neyon, si* tuée, comme celle-ci, au bord de FOise, est la patrie du réformateur Calvin, et du sculpteur Sarrazin, son contemporain. Dans un vallon fertile, arrosé par TAisoe, nous apercevons Soissons, ville propre et bien bâtie, d*une origine fort ancienne; et sur un mamelon calcaire à une égale distance de TOise et de T Aisne , Zaon, qui ren£srme une antique cathédrale, ainsi qu*un vieil édifice appelé la Tour de Louis d*Outre-Mer. Dans une plaine crayeuse et nue, Reims^ intéressante par son ancienneté, par ses souvenirs historiques, et par Tantique honneur de voïr sacrer nos rois, possède un grand nombre de ni onumens romains et d'édifices du moyen âge. La réputation de son pain-d^4 pices, de ses draps, de ses châles et de ses autres tissus, ifi placent au rang de nos villes les plus commerçantes. G>1bert, Tabbé Pluche et le littérateur Liriguet naquirent dans ses murs. A ses produits fabriqués elle jpint la vente des vins de Champagne de ses environs; mais Epetnay^ situé beaucoup plus près des riches coteaux de Pi^rrj, de Mareuil et d'^î, rivalise avec elle dans cet important comnierce. Chdlons-sur-Marne\ qui h*a point une industrie aussi active que Reims, ni, comme Epernay, de riches vignobles pour augmenter son mouvement commercial, n*en est cependant point dépourvue; mais elle gagne en importance administrative ce qu'elle perd en importance industrielle : située au centre du département de la Marne, elle est le siège de la préfecture. La Marne arrose aussi Vitry surnommé le Français , et que Ton devrait appeler le François^ puisqu'il fut bâti par François 1*'; et la ville natale du sculpteur Bouchardon, Chaumont-sur-
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Marne, où fut conclu, en 18149 entre la Russie, T Autriche et la Prusse, le traite d'alliance contre Napoléon. Près des sources decette rivière, Langres, connue par son excellente coutellerie, s'ëlève au sommet d'une montagne escarpe.
En quittant les bords de la Haute-Marne, noas parcoar* rons les petits bassins de ITonne, du Loiret de FEu re: nous aurons ainsi explore celui delà Seinedanstoute son étendae. Dans le premier nous verrons Ai^allon^ petite ville située au-dessus d'une vallée , dont les pentes à pic se terminent brusquement au bord de la rivière du Cousin ; et, laissant sur notre gauche Tonnerre^ au milieu de ses vignobles estimés, nous arriverons à Auxerre^ ville que traverv l'Tonne, et qui vit nattre l'abbé Lebœuf , Saint- Palaje et Sedaine ; Joigny^ qui s'élève en amphithéâtre au bord de cette rivière, et Sens y dont les archevêques prennent encore le titre de primats des Gaules. On a rétabli dans sa cathédrale le beau mausolée construit par Coustoa à la mémoire du dauphin et de la dauphine qui donnèrent le jour à Louis XVI , à Louis XVIJI et à Charles X. Sur la bords de l'Eure , Chartres est remarquable par sa cathédfale, oîi saint Bernard prêcha la seconde croisade, oà Henri IV reçut l'onction sacrée. Cette .ville, qui renferme un modeste obélisque, construit en mémoire du général Maixreah^ à produit plusieurs hommes célèbres à différeos titres; entre autres, Félibien, et Nicole de Port-BojaL Dreux y sur la droite de l'Eure, est la patrie de Pbilidor et de Rotrou : les restes du château SAnet , dans ses environs, attestent la prodigalité de Henri II pour la trop célèbre Diane de Poitiers. La petite rivière de l'Iton arrose l'industrieuse EyreuXy |)resque entièrement bâtie en bois; mais au-dessous du confluent de cette rivière et de rEoret s'étend au milieu de belles prairies, la jolie ville de Xo»* yiers, qui comptait naguère, dans ses fabriques de draps, plus de 6,000 ouvriers.
Visitons maintenant les trois petits bassins côtiers qui comprennent une partie de la Basse-Normandie et de la Bretagne. Dans celui de l'Orne, qui renferme le départe-
ment duCalvados^ et la moitié de celui de la Manche, notre point de départ sera Honfleur, ville irrégulière et sale, dont le petit port peut contenir 3o navires, mais qui autrefois était plus florissant, et qui fournit de bons marins à la France : ce fut de ce port que Chinot Paulmier et le capi* taine Gonneville] partirent au xvie siècle pour la décou* verte des terres australes. Pont-lEvêque est un chef-lieu de sous-préfecture qui n'offre aucun intérêt ; mais Zisieux, entouré de fossés et de vieilles murailles, est le centre d'une grande fabrication de toiles : on y compte plus de 3,000 ouvriers. Falaise est une longue ville bâtie sur unecolline qui s'élève au bord de la petite rivière de l'Anté ; l'un de ses trois faubourgs est celui de Guitraj-, où se tiennent annuellement deux des foires les plus considéra-» hles de l'Europe. On voit encore, dans ce faubourg, les restes d'un château fort oil naquit Guillaume le ConquéranU f7rc, sur une rivière du même nom, est petite et jolie : sous Philippe-Auguste ce n'était qu'une forteresse. En descendant vers le nord, Caen, traversé par l'Orne, est digne de fixer l'attention du savant et du commerçant. Cette ville renferme quelques vieilles constructions intéressantes pour notre histoire ; ses édifices publics, et principalement ceux qui dépendent de son université, ont une belle apparence; ses collections scientifiques sont riches et bien tenues; sur la place Royale, où s'élève l'hôtel-de-ville, on voit une belle statue en bronze, représentant Louis XTV ; enfin Caen s'enorgueillit d'être la patrie de Malherbe, de Segrais, de Malfilâtre , et du savant Huet, évéque d'Avranches. La rivière y entretient un commerce important, qui amène dans son port un grand nombre de petits navires. A la sortie de cette ville, Jffo^^eii^r, qui n'en est éloignée que de 5 lieues vers l'ouest, nous offrira moins d'intérêt : une seule grande et belle rue la traverse, les autres sont mal bâties, mais sa cathédrale est d'un beau style gothique. Arrêtons-nous un instant à Saint- Là, chef-lieu du département de la Manche : on croit que son nom vient de Saint- Lando, évêque de Coutances au yi* siècle. Sa principale
494 TRAITÉ ÉLÉMEïVTAIRE
église^ SOUS rinvocalion de cet évéqoe, qae Foii appela Saint-Lô , est d'une légèreté remarquable. Au xiv« siède. cette ville était Tune des plus importantes de la Normandie : ses tissus et sa coutellerie sont estimés. Nons trafvers^ rons la jolie cité de Fidogne^ patrie de Letournear et de Vicq-d'Azir, avant d'amver à Cherbourg, qui ne renferme que des constructions irrégulières, un bel hôpital pour les DNHÎBS) et le monument en granit élevé en mémoire àt la Restauration; mais ce qui lui donne une grande impoitance^ c'est son port militaire y commencé sous Louis XVI. continué à grands frais sous l'empire , et qui ft'est point encore terminé.
Sur les bords du bassin long et étroit, dont le plus inportant cours d'eau est la petite rivière de la Rance , ob voit Coutances au pied d'une colline : sa cathédrale est od des plus beaux édifices gothiques de France ; Avrâonéva, malgré son port, est de peu d'importance; FougertsfA l'une des villes les mieux bâties du département <f Ule-et- Vilaine; SidrOrMalo, construit en ampliithéâtre sur un rocher uni à la terre ferme par uiie chaussée, voit les flots se briser sur les récifs qui défendent son port. Cette cité peu populeuse a vu nattreDugay-Trouiti, Maopotuise: Jatqnes Cartier, qui découvrit le Canada. Dincm, à 3 lieBe> de la mer, possède un port qui, à la marée haute, comnMh nique avec celui de Sàint-Malâ; Saini-Brieucj |H'esqoe sur le rivage, a le sien au village de Legué^Stunè-Brieuc, Une borne , placée sur la grande route , indique la limite des départemens des Côtes-du-*Nord et du Finistère ; dam ce dernier, Morlaix passe pour l'une des moins sales petites villes bretonnes.
Au sud de celle-ci, les montagnes d'Airée, ({oe Ton traverse, sont l'une des petites chaînes qui circonscrivent le bassin de la Vilaine. Brest, qui s'élève sur cette partie de la Bretagne qui, s'avançant dans TOcéan, a reçu le nom de Finistère, ouvre son port aux navires de toutes les nations du monde; sa rade, qui peut contenir 5oo vaisseaux de ligne, son bagne, construit pour rece-
voir 4>o<>o condamnes^ son vaste arsenal^ ses belles ca-^ sernes^ ses quais magnifiques bordas de l>eaux édifices en piètre , en font Tune de nos principales places maritimes. ClidteauUn^ que nous traverserons ensuite, est le chef-lieu d'un arrondissemctnt qui comprend les mine» de plomb argentifère qui donnent de Timportance aux bourgs d^ffuelgoêt et de Poullaouen. QuimpertX Quimperlé, malgré l'activité de leur commerce; Lorient, qui depuis la suppression de la Compagnie des Indes a vu dé*choir le sien, n'arrêteront point notre course. Fannes serait plus digne de nous intéresser : située à TextrémiFté d'un golfe que les Celtes appelaient petite mer ou Morbi^ han^ elle est le chef-lieu de préfecture du département qui porte ce nom, et cependant elle est moins peuplée que Lorient y chef-lieu d'un de ses arrondissemens ; son port, peu fréquenté, mais très-spacieux, ej^t bordé de quais bien construits; un vieux mur flanqué de tours sépare la ville d'un faubourg qui la surpasse en étendue. De sa côte, on aperçoit jBe/fc-//c-en-jMcr, riche en bestiaux, et peuplée de 8,000 âmes. En nous enfonçant dans l'intérieur de ce département, nous pourrons voir Ploërmel, ville considérable au X* siècle, et Pontiyy stir le Blavet, qui, sous le régime impérial, porta le nom de Napoléon- %nlle; les casernes de cette dernière sont ses plus belles constructions. Le cqurs sinueux de la Vilaine, sur un espace de quelques lieues, sert de limite à deux départemens voisins, forme le petit port de la jolie ville de Redon, et borde plus haut les magnifiques promenades de Rennes^ dont l'un des quartiers est bâti sur un plan régulier. L'hôtel-de-ville et le palais de justice de cette dernière fixent l'attention des étrangers; les hommes célèbres qu'elle a produits ont honoré les sciences et la magistrature, témoin le jésuite Toumemine, LaChalottais, qu'il faut bien mettre à côté de cet écrivain érudit, et Lanjuinais , si recommandable par son éloquence et ses vertus. La Vilaine arrose encore Vitriy où se tenaient jadis les Etats de Bretagne. L'excursion que nous allons faire dans le bassin de la
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Loire^ prouverait , s'il était nécessaire, combien la nature du sol et la facilité des commnnicatioDS influent sar la richesse ag[ricole et industrielle; nous y remarquerons des départemens favorisa sous ces deux rapports , et d^autres dont les laborieux habitans sont obligés de s'expatrier ponr tirer quelque fruit de leur travail. Ainsi nous verrons celui delà if ayenne y où le pommier remplace la vigne, tirer de grands produits de son agriculture et de ses fabriques de toiles de lin et de coton; celui de la Sarthe^ non moins agricole, se consoler de la médiocrité de ses vins par ses mines de fer et de houille; celui de Ataine-et-Loire, au contraire, réunir à l'abondance des céréales, des vignes estimées et de riches houillères; celui de Loir-et-Cher^ récolter quelques bons vins, beaucoup de chanvre et de bois de construction ; ceux de V Indre et du Cher^ couverts de terres médiocres, entrecoupées de marais et d'étangs « tirer parti de leurs forêts; celui de la Nièvre^ possédant des bois considérables et des mines importantes, dont 1^ produits accroissent ceux de Fagricultui^e; ceux de ÏAU lier, de la Haute* Loire et de la ffaïae- Fîenne , plus importans par leurs richesses minérales que par leur culture; et celui de la Creuse ^ dont le sol aride et montueux oblige ses habitans à chercher, comme ceux des deux précédens, par des migrations annuelles, à occuper de» bras que leur territoire laisserait oisifs; ceux de la F'iemit et du Puj-de-Dâme, couverts en partie de landes et de bruyères, au milieu desquelles s'élèvent quelques vignes, trouver dans le défaut de communications le principal ol^stacle au développement de leur industrie; celui de U Loire, favorisé sous ce rapport , devoir à ses routes et à sâ rivières l'avantage qui lui offrent ses mines, et l'importance de ses usines et de ses fabriques de soieries; enfin celui d'Indre-et'Loirej renommé par la douceur de son climat, la fertilité de ses vallées, et la beauté des bords da fleuve qui le traverse.
Sur la rive droite de la baisse Loire, au confluent de ^irdre et de la'Sèvre nantaise, Nantes est, après Bordeaux,
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la plus comoierçaDte de nos villes en communication avec rOcéan: on admire l'élégance de ses édifices , la beauté de ses quais, la régularité de ses places , et le spectacle magnifique des îles qui s'élèvent au milieu du fleuve. Elle a donné le jour au célèbre marin Cassart et au mathéma^ ticien Bouguer. A i5 ou i6 lieues vers l'est, le Loir, réuni à ia Sarthe, se joint à la Mayenne pour arroser -^wg^r^, patrie du voyageur Bernier. Ce que ses environs offrent de plus curieux, ce sont ses Lelles ardoisières, qui occupent environ 3,ooo ouvriers. En remontant la Mayenne, nous verrons sur ses bords Château- Gonthier, qui possède une jolie promenade ; Lai^al^ connue pour ses fabriques de toiles, et Mayenne , dont les rues mal percées suivent la pente des deux coteaux qu'elle occupe : la rivière dont elle porte le nom prend sa source dans les environs à!Alen^ çon, ville bâtie en granité, et chef-lieu du département de rOrne.
Nous redescendrons vers la Loire , en traversant le Mans y oh. sept grandes routes se réunissent; les trois quartiers qui composent cette ville se distinguent, le premier, sur la rive droite de la Sarthe, par ses rues étroites et son ancienneté; la ville haute, par ses constructions élégantes, et le quartier neuf, par la richesse de ses habitans: ce dernier est la résidence des sommités industrielles et financières. La route qui conduit du Mans à Saumur traverse à moitié chemin LaFleche^(\u\ doit son importance au magnifique collège qu'Henri IV y fit bâtir, et qui depuis long-temps est transformé en école militaire. Sau-mur, où Ton remarque une belle rue , un beau pont qui traverse la Loire, et une magnifique école de cavalerie, occupe avec ses faubourgs les deux rives du fleuve; sur sa gauche Chinon^ arrosé par la Vienne, est une petite ville qui fait un grand commerce de vins et de pruneaux; berceau de Rabelais « elle occupe par ses souvenirs un rang dans notre histoire : Henri II, roi d'Angleterre, y termina ses jours, et Jeanne d'Arc y vint offrir ses services à Charles VIL Lorsque l'on arrive à Tours par la rive droite de L '3a
49^' TRAITÉ iXÉMfiICTXmE
la Loire , celte ville se présente dans tont son avantage : un pont construit avee élégance, nneTue large, droite , garnie de trottoirs et de beaux bôtels, lui donnent un aspect magnifique. Btùis est loin d^avoir autant d'a|^ai^ence ; mais son dhâteau^qui vit nattre Louis XII ^ qui fut habité par François I«' et Charles IX , et qui fut le théfttre de la iragiqoe session des Etats tenus sous Henri III , lui donne «in inltfitt historique bien supérieur. Cest dans ses environs que Ton voit au village de Chambord le château que François 1* fit construii^e sur les dessins du Primatice; plus loin , sur h Sauldre, Romorantin s*embeHit par des cpnstrnctiotis non» Telles.
Déjà nous aiYÎvons à Orléans^ ville universitaire, qui devrait occuper un rang important par son industrie. Ses anciens remparts ont été transformés en boulevards; sa grande f^ace est ornée d*nne. statue de Jeanne d*ArCt qui la délivra des Anglais en i4a8. Jusqu'à Newrsj aucune ville iremavquable ne s'élève sur les bords de h Loire; cette dernière, quoique peu peuplée, Test deux oq troi$ fois plus qu'aucune de celles du département de h Nièvre, dont elle est Le chef*lieu : sa porcelaine, sea émam et ses faïences, qui passent pour les meilleui^es de France, y font vivre plus de 5oo faniilles. Montbrison, dont les eaux minérales jouissent d'une grande réputation depais les Romains, est pauvre et sans commerce ; elle n'est pesplëe que de rentiers et de gentilshommes. Généralemcii: mal bâtie, dans une plaine à a lieues de la Loire ^ c*estla ville la nsoins importante du département, qui porte lenoa de ce fleuve. Sainl^Étienne , au coiitraire, est le séjour d'une population riche et laborieuse, qui s'occupe des trtvaux industriels les plus opposés : l'art de tisser là soie, & travailler les métaux , et de les extraire du sein de la tent. Au milieu des plaines élevées où , non loin de ses source», la Loire' n'est encore qu'un ruisseau, s'élève à la base du ment Anis, qui se termine par le rocher volcanique de Corneille, le Puy, ancienne capitale du Velay; sa cath^ drale, bâtie au sommet dû rocher, est l'un des plus beaut
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roonum/9ii$ gothiques de TEurope. Tout prèsdeceUe ville coule le ruisseau d'Expailly, qui charrie des saphirs, des grenats et des hyacinthes.
Au*delà des plateaux volcaniques qui dominent la rive gauche de la Loire; le cours de T Allier va nous servir dç guide. Ainsi nous traverserons Brioude^ au milieu d'un can* ton fertile; Issoire^ qui possède plusieurs rues larges, quelques fontaines y et un marché couveit construit en granit; Clermont» bâti en lave, au sommet d*une colline, d*où la vue s'ëtend sur les flancs arrondis du Puy-de-Dôme, et sm* les champs fertiles de la Limagne; et Riom^ siège d'une cour royale. La première de ces trois villes a vu nattre Antoine Duprat, de funeste mémoire; la seconde, Pascal etChampfort; la troisième, Grégoire de Tours. Laissons sur notre droite Thiers, la plus industrieuse de ces villes: ses papeteries et sa coutellerie occupent dans son enceinte et dans les vallées environnantes; plus de ao,ooo personnes'; hâtoua^nous d'arriver à Moulins. Op entre dans ce chef^lieu de préfecture par un beau pont qui travei*se l'Allier; au milieu de ses constructions en briques, on remarque le nouvel hôtel-de-ville, le beau quartier de cavalerie, et le collège, dont l'église renferme le mausolée du dernier connétable de Montmorency. A la sortie de cette ville, quittant les rives de l'Allier, nous ne nous détournerons point pour voir ManuLuçon, près duquel le bourg de Nèris-les^Bains est connu pour ses eaux minérales; mais nous traverserons Saint^Amand, Tune des cités les plus commerçantes du département du Cher; puis sur les bords de l'Auron, nous remarquerons Bourges ^ agréablement située sur la pente d'un côteaui Elle est divisée en ville nouvelle et ville ancienne; c'est une des plus sales de France , et son antique enceinte pourrait l^nfernier une population deux fois plus considérable que celle qu'elle contient. Une route qui traverse Issoudun conduit de Bourges à Chdteauroux, où Ton compte trente-cinq fabriques de draps; l'Indre coule à ses pieds, après avoir laissé sur sa rive gauche la jolie ville de La Chjdire.
5oO TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE
Si nous remontons la Creuse, nous verrons à une liene sur sa gauche Guéret^ où Ton est étonné de ne trouver aucune fabrique, tandis qu'un peu plus haut, sur la ménK rivière, Aubusson est célèbre par ses tapis, et que Bout' ganeuf sur le Taurion renferme deux manufactures de porcelaine et une papeterie. Quelques lieues nous séprent du territoire de la Haute-Vienne. Limoges, chef-lien de ce département, est peu remarquable par ses édifices, mais elle Test par ses établissemens d'instruction et de bienfaisance, par ses étoffes de laine 'et ses porcelaines, dont elle tire la matière première des environs de Saict- Trieiz : c'est la patrie du chancelier Daguesseau. SurL> frontière occidentale du département, Rochechouart e^ la principale ville d'un arrondissement où l'on compte plusieurs forges et plusieurs usines. La Vienne, avant de se jeter dans la Loire, donne son nom à un département , dont la plupart des villes sont industrieuses : Monimorillon fabrique des biscuits et des macarons eslimà. ChdteUerault est peuplé de coutelliers; Loudun fait \: commerce de ses vins ; Poitiers ^ ceinte de muraille^ antiques, joint à plusieurs branches de fabrication le trafic de ses blés, de ses chanvres, et donne des courses à* chevaux, où concourent ceux de trente-deux départemew^ Enfin, pour terminer notre course dans le bassin de I Loire, nous passerons a Bressuire, qui, depuis long-temp. n'offre [Jus de trace des ravages de la guerre de la Vendée, pendant laquelle elle fut réduite à une seule maiso-* à Cholety qui fut ruiné aussi , mais qui s'enrichit aujourd'hui par ses fabriques de toiles de lin et de mouchuii^ et nous arriverons à Beaupréau, qui joint à la rickeî^ de son sol l'activité de son industrie.
Le «petit bassin côtier de la Charente ne comprend qur trois départemens et la moitié de celui des Deux-Sèvrt> ils seront prproptement visités. Celui de la Vendée, d^H' le sol se divise en trois parties le Marais qui comprenv. tout le littoral, le Bocage couvert de bois, de landes et iv ruisseaux, et la Plaine, forrinée de terres fertiles placci^
DE GÉOGIIAPHIE. Soi
entre le Marais et le Bocage, ne nous offrira que des villes peu importantes. Celle des Sables d'Olonne, bâtie sur une pointe sablonneuse qui s'avance daps^Ia mer, est formée de quatre rues droites et parallèles; Bourbon^ Vendée, qui porta pendant quelque temps le nom de faille- Napoléon y et qui offre tous les édifices nécessaires un chef-lieu de préfecturey et la régularité d*une ville moderne, avec la tristesse d'une cité déserte; enfin y dans un vallon agrétible, sur la rive gauche de la Vendée, jPoitCfinay-le-Comte , que pendant la révolution on.appela Fontenay-le-Peuple. Cest à ce département qu'appartiennent File à^Yeu et celle de Noirmoutiers. Niort, qui par des embellissemens successifs prendra bientôt un aspect agréable, est dans une situation délicieuse au bord de la Sèvre niortaise: elle a donné le jour à Beausobre et à Fontanes. Sur une colline qui s'élève au bord de la Charente, nous verrons bientôt Àngouléme, formée de rues tortueuses, mais où la pureté de l'air entretient la santé. Cette ville, où Ton remarque une école de marine et plusieurs collée* tioos scientifiques, est la patrie du littérateur Balzac ; le territoire que comprend sa préfecture renferme plusieurs lieux estimés des gastronomes : Barbezieux , pour ses chapons truflfés, et Cognac, pour son excellente eau-de-vie. A quelques lieues de cette ville, près Jarnac , un monument moderne indique le champ de bataille "où le duc d'Anjou défit, en 1 569, le prince de Coadé. Les souvenirs de noé époques de troubles civils et religieux renaissent en foule en parcourant la Charente-Inférieure : Saint-Jean d'Angeljr n'offre plus les fortifications qui rendirent mémorable le siège après lequel Henri III s'en rendit mattre; Saintes, capitale de l'ancienne Saintonge, souffrit aussi pendant ces guerres; La Rochelle , appauvrie par de plus longs désastres, eut plus de peine à cicatriser ses plaies : Louis XIII ne put s'en rendre mattre qu'après treize mois de siège et plus de 4o millions de dépense. Cette ville est bien bâtie et son port est commode; mais il n'est pas à comparer pour l'importance à celui de Rochefort, l'un des plus vastes
I Si nous remonl > ur sa giiuclie Gtu'r- ' aucune rati(-i<{ue, i.i:
rivière, Aubusson ■ ganeuf sur le Tiii> ■ pui-celaiue et une )i rent du leriitoiic <u de ce di?'pailenient, mais elle l'e&t p'<r bienftiisance, par m dont elle tire la mai Yrieii : c'est la fi.ii riontière occidenL.!!
la principale ville ■ ptusieui'S ibi^es Ft | i jeter dans la Loti' dont la plupart >l morillon fabritjue .1 ChâtcUerault est [" commerce de se.^ ' antiques, joint à |il> fie de SCS lil^, (!•' chevaux, oii conc'i'.
Enfin, pour leriin Loire, uouspassvr' n'ofire plus de (i.<< (lëe, pendaotlAijit à Cholet, qui fui d'htii par ses Uh\ et nous «rriveroi de son sol l'Mli^ lit l-r ■
DE GEOGHAPIUE. 303
6 Mont-de'Mantmr petit* prêfedare,
11 ^'•'ii|>lre, est le priocipal entrepôt de com-
irtmiiRiU. Nom sommes an milieu des
iii-s siildoiineuses, dont l'uiriformit^ fa-
l'iiit 1.-1 population, repartie dam det
. ; H'[l lie longues écfaasses pour en psr-
'ii'lts se |)r'>looge dans le départ