‹ Traité élémentaire de géographie, contenant un abrégé méthodique de Précis de la géographie universelle en huit volumes ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'un aperçu de la géographie ancienne, sacrée et profane;Chapitre 43 sur 142 · I isM? il^iiisle basÛD de cefleove, oo · texte numérisé non relu

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5oa TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE

qtie possède la France. (Test vis-à->vis de ces deax villes que sMlèvent l'île de Ré, entourée de resciis et peaplée de pécheurs, et celle diOlerorij riche en vins et en salines.

Quittons cette île importante pour visiter les départe* mens des Hautes et Basses-Pyrénées et des Landes, compris dans le plus méridional de nos bassins des cotes de TOcéan. L'àdour, qui le travei^e, a son embouchure au-dessous de BajronneyiWe renommée par son chocolat, les vins exquisde son territoire, la grâce et l'amabilité des femmes. Lescoms d'eau , qui descendent des Pyrénées pour alimenter TAdour, portent le nom de Gaves. On les distingue ensuite par celui du lieu principal qu'ils traversent. L*ud d'eux arrose Pau^ élégante cité, autrefois capitale du Bëam r on conserve religieusement dans son château tout ce qui retrace le souvenir de Henri IV ; le gave de Pau coule ensuite au pied d'Onhez : c'est à ses portes que le marchai Soult, en 1 8 14^ soutint , avec 20^000 hommes^ le choc d'une armée anglo-espagnqle trois fois plus nombreuse. Olenm fait un commerce considérable avec l'Espagne. Sur la rire droite de son gave est, à peu de distance, Saillies^ petite ville où Ton prépare les jambons si renommés sous le nom de jambons de Bayonne. En nous élevant dans les Hautes- Pyrénées , nous remarquerons plusieurs lieux célèbres ])ar leurs eaux minérales : Bagnères-de-Bigorre, près de la belle vallée de Campan ; Cauterets, entourée de cascades et de sources jaillissante, et Baréges, dont la chaleur des eaux varie de 3a à 4o degrés, et qui, l'hiver, est ensevdi sous les neiges ; Saint-Sauveury fréquenté pour ses sources sulfureuses. C'est dans les environs de ce village que roo peut admirer Tune des plus belles cascades de TEurope : celle de Gauarnie, qui tombe de 1270 pieds de hauteur. Né au milieu des plus majestueuses cimes des Pyrénées, l'Adour traverse la jolie ville de T(irbes, entourée de promenades délicieuses, et, ralentissant son cours, arrose Saint-SevereiDaXf dont les eaux thermales bouillantes forment, pendant la fraîcheur matinale autour de cette ville, des nuages de vapeurs. Le Midou, avant de se jeter dans

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TAdour^a tt-aversé Mont' de -- Marsan y petite pi^éfeetare^ qui» bien que peu peuplée, est le principal entrepôt de com* merce de son département. Noos sommes au milieu des Landes , vastes plaines sablonneuses^ dont rumformité fatigue la vue, et dont la poputlation, répartie dans des eabanes isolées, se sert de longes écbasses pour en parcourir l'étendue.

L'aridité des Landes *se prolonge dans le département de la Gironde, mais cesse dans le bassin de ce fleure, ou plutôt de la Garonne. Aussi large cpe long, treize dépar* temen% s'y trouvent compris : cenx de la Gironde et de Lot-et-Garonne y enrichis par lenrs vins, jieurs fruits et le commerce^ celui de la Dordogne^ par ses mines et ses irins; ceux de Tam-et-Garonne et du Gers^ par leurs eaux-de-vîe; celui du 7Vir/i^ important par son agricul* ture ; ceux de YAriége et du Xor, qui unissent aux pro* duits de leurs champs ceux de \euts usines \ ceux de la Corrhze et de la Baute'Garonnej dont la richesse consiste en pâturages, en forêts et en troupeaux; enfin, ceux de YAveyrony de la Lozhre ei dn Cantal, qui possèdent un bétail nombreux^ des mines et des usines.

Laissonssur notre droite faror, dont la cathédrale est l'on des plus beaux monumensduxiv^ siècle : c'est k. Bordeaux que l'on peut )uger de l'activité commerciale du département de la Gironde. Le cours de ce fleuve, bordé de riches coteaux , parsemé d'un grand noml>re d'îles , et coqlant avec rapidité sur une largeur considérable, s'arrondit majestueusement pour donner au port de cette ville la plus imposante étendue. Ce port peut contenir looo vaisseaux 'y une belle ligne d'édifices l'entoure dans toute sa longueur. Vers une de ses estrémités., le vieux Bordeaux se présente avec ses rues étroites et tortueuses ; à l'extrémité opposée, le beau quartier des Chartrons est le plus commerçant de la ville; celui du Chapeau-Rouge est le plus élégamment bâti. Cinq ou six belles places se font remar-^ quer par leurs constructions et leur régularité; et, parmi les beaux édifices, on doit citer le grand théâti*e, la bourse,

5o4 TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE

et la cathédiale, monument gothique. Â quelques lieues, au nord-est de Bordeaux, Liboume^ au confluent de U Dronne et de la Dordogne, est entourée de murailles et d^ belles promenades. Sî nous remontons la Garonne , noi.<i verrons sur la droite Marmande, assez bien bâtie ; Tonneinsy qui n'a qu'une seule et large rue; Agen^ dont 1« rues sont mal percées, les maisons sans élégance, mats les promenades magnifiques : elle est la patrie de Scaligerec de Lace'pède. Nous ne traverserons pas le fleuve poiF voir, sur le bord de la Bayse, la jolie ville de NéraCy connue pour ses pâtés en terrines; mais dans la direction du nord, nous verrons à F'illeneuue d*Agen sur le Lot, un pont de io8 pieds d'ouverture et de 55 de hauteur, dont la coo* struction date, dit-on , du xuie siècle; Rergerac, qui, sut la rive droite de la Dordogne , entretient un grand cooimerce et plusieurs usines ; plus loin , daps une belle vallée traversée par l'Ille, PérigueuXj renommé pour ses pâtës^ ses dindes, ses liqueurs et ses beaux papiers.

La Conèze, qui se jette dans la Yezère, affluent de ta Dordogne, arrose Brwes-la-Gaiilarde et Tulle ^ petites villes trop peu importantes pour que nous bravions, dfiQ> l'intention de les visiter, le mauvais état des routes qui y conduisent, et l'ennui des vastes bruyères qui s'étendect jusqu'aux portes de la seconde. Nous aimons mieux traverser la Dordogne, voir itfaBrûzc, qui, de sa promenade^ jouit d'une vue magnifique; visiter dans ses euvirons le charmant v«ilon de Fontanges, les cascades de Salins, noii> élever même sur les flancs du Cantal, couverts de pâturages qui laissent voir ça et là les roches brûlées et fondues qui attestent l'origine volcanique de ce groupe majestueux. Sur ses flancs, Aurillac est entouré de torrens de lave et de basaltes groupés en colonnes; plus IcMn, «Sain/- FlouTy où le mai teau retentit constamment sur les feuilles de cuivre que l'on y transforme en chaudrons, est entièrement construite en produits volcaniques : cette ville est la patrie du général Desaix.

On voit s'élancer dans les airs les hauts clocfaçrs de

I>£ GÉOCnAPHIE. 5o5

Mandes y petit chef-lieu de préfecture entouré d'un boule* vardy et aiTOsé par plusieurs fontaines , sur la rive gauche du Lot y que la chaîne de la Lozère sépare du Tarn, qui prend le nom de Tarnon près de la jolie petite ville de JFlorac. Suivons le cours de ces deux rivières. La seule ville importante qui traverse le Lot, est Cahors, où Ton trouve quelques vestiges de la domination romaine. Sa cathédrale est construite avec les restes d*un temple antique. Le Celle,, qui se jette à quelques lieues au-dessus de cette ville dans le Loty coule au pied de Figeac y petite cité qui fait un grand commerce de ses vins et de ses cotonnades. Â sa sortie du département de la Lozère, le Tarn passe à Milhau, qui subsiste par son commerce et ses fabriques ; il baigne ensuite les murs d'^lby-j la plus laide de toutes les villes archiépiscopales de France; Gaillac^ où il commence à être navigable ; et après avoir divisé en trois quartiers la grande et belle ville de Monmuban^ il sç jette dans la Garonne au-dessous de MoissaCj grossi par les eaux de l'Aveyron , sur les bords duquel on voit d^abord Rhodezj dont la cathédrale est le plus bel édifice que renferme son enceinte irrégulière et montueuse, couverte de rues sales et obscures; puis Fille franche ^ située au milieu de belles prairies.

Les Vallées de deux afiluens de la Garonne, le Gers et TAriége, renferment quelques villes que nous ne devons pas passer sous silence. Dans la première, nous verrons d*abord Lectoure^ patrie du maréchal Lannes : Tune de ses promenades, appelée le Bastion, offre des points de vue magnifiques. Après avoir remonté la rivière pendant Tespace de sept lieues, on arrive à Auchj qu'elle divise en haute et basse ville, et qui, au milieu de rues étroites et mal percées, offre des places publiques régulières, une, belle cathédrale attribuée à Clovis, une jolie salle de spec* tacle et une charmante promenade, d'où l'on découvre les Pyrénées; Auch a vu naître Tamiral Villaret de Joyeuse et le général Dessoles. Les eaux de l'Ariége font mouvoir à Pamiers les nombreuses piachines de divers établissemens

5o6 TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE

industriels. Les usines se succèdent fusqn^à Fhix^ petite ville dominée par un château^gothique; plus loin, les hao tes vallëes des P)rrénées se présentent dans toute leur beauté Ainsi à la sortie de celle de FîoJPEssos, un torrent se précipite dans TÂriége aux portes de Tarascon, et contribsf à rendre encore plus pittoresque la positibn de cette petite ville entourée de mines de fer^ de carrières de marbre, e de grottes remarquables par leur configuration , leurs élégantes stalactites ou leur étendue. Franchissons les TaUéef qui nous séparent de la Garonne , et non loin de sa source espagnole /descendons à Saint- Gaudens , sur sa rive gaiche, jolie ville qui sert d'entrepôt aux produits des inaDe* factures environnantes , entretenues par notre commem avec FEspagne. De ce petit chef-lieu nous irons h Jfr ret, qui fabriqué de la faïence fine et des draps coomuns ; enfin , la crrands et antique cité de Toulouse, ah tourée de murâmes flanquées de grosses tours, bien bâtit quoiqu*en briques, ornée de plusieurs belles coastr«c> tionsy telles que des églises, un pont terminé par un ar: de triomphe et des quais magnifiques, centre d*un coomerce qu'alimentent le cours du fleuve et le canal du Midi, terminera notre course dans le bassin de la Garonne Ce canal unit la navigation de TOcéan à celle de la Méditerranée ; il nous conduira dans le petit bassin côtieriic TAude, comprenant le département qui porte le nomo^ cette rivière et ceux des Pyrénées-Orientales et de THéni^' Il forme un beau bassin ou port à Casielnaudary , icportante par ses filatures de laine ; & huit lieues à Tetf à cettç ville, il passe au pied de Carcassonfie, que Vkvài après avoir baigné l^motix^ où Ton compte une vtngtaint de fabriques de draps, divise en ville haute et ville hêotcelle-ci constraste avec l'autre par la régularité de 9i rues, par ses belles promenades et par ses édifices au noabre desquels on cite la cathédrale, pour ses beaux vitraai, et rhôteUde-ville, pour sa façade. Narbofme se présedtt ensuite au bord du canal de la Robine , qui , par FcUof À Sigean, communique avec la Méditen*anée ; c*est le Nûti^

DR GÉOGRAPHIE. 5o7

des Romains : plusieurs monumens Tattestent Dans Vantiquitë elle était connue, comme aujourd'hui, par son excellent miel; elle a donné le jour àVarron, à Fronton , et au savant bénédictin Montfaucon. Si, nous dirigeant vers les pentes orientales des Pyrénées , nous parcourons les vallées qu'arrosent le Tet et le Tech, nous visiterons, sur les bords de la première, Perpignan, dont les anciennes fortifications ont été presque entièrement renouvelées depuis quelques années ; du haut de ses remparts on aperçoit, à plieuesausud-ouest, les cimes du Canigou que blanchissent lés neiges, et sur le côté opposé la mer qui apparaît dans le lointain à travers une percée naturelle formée par de rians coteaux. Un peu plus au sud, le Tech couleà Cérei, sous un pont effrayant par sa hauteur : il est formé d'une seule arche de i4o pieds d'ouverture, dont les culées s'appuient sur deux rochers ; près de la côte. Port" Rendre possède un port qui peut contenir 5oo navires.

Retournons sar les bords du canal du Midi, qui serpente à Texti'émité septentrionale du département de l'Hérault; Béziers, qu'il traverse, lui doit son importance industrielle et commerciale. A dix lieues au nord de cette yîWe^Lodhve, au pied des Cévennes, est situé dans on petit vajlon sur la rive gauche de l'Ergue, qui y reçoit la Salondnîs ; à l'est 4e cette ville, Monipellierj comme l'indique son nom, occupe le sommet d'une colline élevée, que, dans le moyen âge, on appelait Mors^Puellarum. Sa position à deux lieues de la mer, la belle promenade du Peyrou, quelques beaux édifices, son université, ses écoles, et surtout celle de médecine, les grands hommes qu'elle a vn.<( nattre, tels que Rondelet, Broussonnet, La Peyronie, q«i fonda l'académie de chirurgie à Paris, lès peintres Bourdon et Vien, placent cette ville au rang des plus belles et des plus intéressantes de la France méridionale ; elle est aussi Tune des plus commerçantes de son département , qui possède eu* core plusieurs au trescités industrielles et riches. Ainsi Lunet et JF>o/iû'^ium sont connues pour leurs vins muscats; CeUe^ entre la mer et Fétang de Thau, fait un grand commerce^

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et reçoit chaque année un nombre conside'rable de mala<le> qui fréquentent ses bains de mer et de sable; Pesenas rëcoll; d'exçellens vins,et fabrique des tissus de laine estimiés; enEo jdgde^SMY le bord de la mer, est importante par son cabotage

Le long et riche bassin du Rhône comprend i4 dëpv> temens : ceux du Gard et de Yyirdèche, qui produises. dVxèellensvinset de Thuile d*olive/etqui font le commea^^ des laines de leurs troupeaux et des produits de leurs vers à soie; celui du Rhône, peu fertile, mais possédant quelques vignobles estimés, des prairies artificielles, des hoii> Hères et des mines de cuivre, et nourrissant une popuiatioS' active autant qu*industrieuse ; ceux de Saone-el-Loire eti< la Côte-d'Or, agricoles, riches en forêts et en mines, et rt.fermant un grand nombre de fabriques ; ceux de la Hautt Saône, du Doubs et de Y Isère, qui tirent leurs riches>> de Tagiiculture et de l'exploitation de leurs métaux; ctï.i du Jura, de la Drame et de Faucluscy peu fertiles, n^* industrieux; enfin, ceux de VAin^ des Hautes et des J?^seS'Alpes, agricoles, mais obligés de répandre chaque année une partie de leur population ouvrière sur le reste di royaume.]

En remontant le Rhône, sur sa rive droite, nous parcourons d'abord le premier de ces départemens, que !? yidourle sépare de celui de FITérault. Sa ville la plusn:^ ridionale est ^<^iie5-ilforfe^ au milieu de marais foroi.' par les alluvions du fleuve qui Vont éloignée des bonis ^c la mer où elle avait un port du temps de saint Louis : au* jourd'hui elle ne subsiste que par Fexploitation des immerses salines du Peccais. Beaucaire, au contraire , est tou jùt.* cette commerçante cité qui, au moyen âge, s'enrichi^^' du commerce de FOrient. Sa situation au bord du Rburr. et d'un canal qui communique avec la Méditerranée, donne toujours la même activité ti son importante foir^e o^ mois de juillet. Nîmes est le chef-lieu de ce dépaitemcot située au milieu d'une plaine délicieuse, remplie de idonuroens antiques, pourvue d'établissemens d'instruciit*' dans tous les genres; patrie d'Antonin, deSaurio, de Vi!*

DE GÉOGRIPHIE. 5og

larSy elle se montre , sous ces diOerens rapports, toujours ligne de son origine phocéenne ; mais de même que Ton ne peut voir sans une sorte de dégoût les misérables construclions qui s'élèvent à côté des monumens de sa grandeur, 3n ne peut se rappeler sans peine les scènes sanglantes Jont elle fut le théâtre aux difierentes époques de nos troujles politiques. C'est près du bourg de Remoulin que le Srard, resserré au milieu d'une gorge étroite, se précipite jous le magnifique aquédnc romain, appelé le Pont-du- [Jard; un peu plus loin , Uzes s'élève sur un coteau près le la petite rivière de TÂuzon ; Alais, sur le bord du Gardon, fait un commerce considérable de soie grége et de rubans. •

li'Ardèche, que nous allons traverser, coule sous une arcade naturelle creusée h travers une roche calcaire, et connue sous le nom de Pont-d*jàrc, Toute la région montagneuse qu'on laisse sur la gauche, est volcanique; ici, c'est le château de Roche-Maure, bâti au sommet d'une coulée basaltique ; là, c'est une coulée semblable dont les prismes perpendiculaires, accollés les uns aux autres, forment, sur les deux rives du Volant, cette célèbre chaussée des géans, qui ne le cède point en beauté aux monumens naturels du même genre, que l'on admire.en Ecosse et en Irlande. Nous pourrions parcourir plus de la moitié du département au milieu de semblables restes de volcans qui ont brûlé au centre et au midi de la France. Nous ne nous arrêterons point à Privas, petite ville sans établissemens remarquables, mais qui, bien (|uc commerçante, ne mérite que nous la mentionnions que parce qu'elle est chef-lieu de préfecture. Sur les bords du Rhône, Tournon, au pied d'une montagne, est dominé par un vieux château d'où Ton aperçoit le cours de l'Isère, les Alpes et la chotne du Charolais; près du confluent de laCance et de la Deume, vei'S l'extrémité septentrionale du département, l'industrieux Annonay^ qui possède de belles papeteries, des fabriques de draps, des filatures de soie et de coton, des blanchisseries de cire et des tanneries, est la patrie du ver-

tueux Boîssy^d'Anglas, et de Mongolfier, TioTeiiteiir dci aérostats et du bélier hydraulique.

Au point de jonction du Rhône et de la Saône, Lyon, la seconde ville de France par sa population et son indostrie, est dans une situation magnifique. On y compte quatre faubourgs, a4S rues , 56 places publiques et 17 poiU Au milieu de ses rues étroites et tortueuses, s'élèvent avec orgueil les belleA constructions de la place BeUecoar et «le celle des Terreaux. Fondée 4o aas avant notre ère , elle a donné le jour à plusieurs empereurs romains y à GennanicuSy àClaude^ à Marc-Aurèle, à Caracalla et à Géta : ellt compte aussi, parmi ses enfans, Tévêque Sidoine- AppoUtnaire, le botaniste Jussieu, le minéralogiste Patrin, Tagr nome Rosier, et le maréchal Suciiet. Cet important cbeilieu parait contribuer à entretenir dans la faible étendne de son département la vie industrielle : Tarare renfenae 90 fabriques de mousselines et de broderies, <|ai occopect au loin plus de 5o,ooo ouvriers; Thizi et Amplepms^ partagent la fabrication de diverses étoffes de coton; Btcat jeu joint à ses papeteries un grand commerce de vins; /!/•

lefranche fabrique des toiles grises et divers ol4ets de quincaillerie; enfin, le village de Cours et celui de Chess^ sont connus , le premier par ses toiles appelées Beaufolmses, et le second par ses mines de cuivre, les plus richet que Ton exploite en France.

En suivant la rive droite de la Saône, nous arriverons à Mdcon; cette ville est mal bâtie, mais dans une position avantageuse pour le commerce de ses vins* Joa^ nus, où Ton compte plusieurs fabriques de chapeaux e: de couvertures, renferme un monument élevé à la loémoire de Greuzc, à qui elle donna le jour. ChdUms^sur* Saâne, au milieu d*une plaine fertile, est généraleoifct bien bâtie : c'est Tentrepôt du commerce entre le nord K le midi de la France ; Louhans, sur la rive gaur.he de h Seille, affluent de la Saône, est celui du commerce qœ Lyon fait avec la Suisse. Au milieu des vignobles de Atororacket, àe Meursault, de Pomard, de Volnqy, de Nubs,

DE GE0GKAPHI6. 5ll

fde Bithebàurg ei de La Romanée, s'ëi^ve au pied d*un coteau la jolie ville de Beaune doot les remparts forment ).uDe promenade charmante, et dont les rues sont arrosées i par les eaux de la belle fontaine de TÂigue. Dijon ^ qui a rtransfQrmë aussi ses remparts en promenades , se distingue de la précédente y non-seulement par l'importance de sa , population, mais encore par son goût pour les lettres et les sciences. EUe s'enorgueillît d'avoir vu nattre Bossuet, Crébillon, Piron, Daubenton et Guiton-Morvaux, Comme Beaune, son principal commerce consistaBans la vente de ses vins : elle compte dans ses environs plusieurs clos esti*^ mes, entre autres ceux de Chambertin.

A mesure que nous remontons la Saône, son cours devient plus sinueux et plus resserré par les montagnes. La première ville que nous traverserons en quittant le territoire de la Gâte *d*Or, est celle de Gray, bâtie en amphi* théâti^e sur ses bords; elle est composée de rues montueu- * ses et mal alignées, mais son commerce en grains, en farine et en fer, est si considérable, qu'il emploie annuellement plus de 86,000 chevaux. Pans le vallon fertile qu'arrose le Durjon, Veso\il%%V dominé par une colline couverte de vignes ; ses rues sont larges et alignées ; plusieurs fabriques, et la vente de ses vins l'enricliissent ; un peu moins peuplée que Gray, elle concentre avec celle ci la plujs grande partie du commerce de la Haute-Saône. A. six lieues au nord-est, dans la région montagneuse, Liirc, sur la rive droite de l'Oignon, est le petit chef-lieu d'un arron^ dissement où règne une grande activité : le bourg SHéri^ court elle village de Vj''lhs'Lure ^ fabriquent des mous^ selines et des cotonnades; Saint-B tesson possède l'une des plus belles papeteries de France ; Magnoncourt une grande fabrique de fer-blanc; Fougerolles expédie chaque année sur Paris pour 400,000 fr. de kirschenwasser . Au milieu de ces indusUieux villages, Liixeuîlj cité impor^ tante au temps d'Attila, qui la détruisit, est fréquentée pour ses eaux minérales.

C'est sur la rive gauche de l'Oignon que commence le

5ia TRAITÉ ÉLÉMEKTAtKE

déparlement du Doubs, qui se termine sur les frontiëres de la Suisse, au bord de cette dernière rivière, qui se replie trois fois sur elle-même. Sans nous éloigner de ses rives, nous pouvons faire le tour du département. Près de S6 sources y Pontarlier fait un commerce actif avec 1^ cantons helvétiques, et nous vend, sous le nom de Gruyères, \o excellens fromages fabriqués dans ses environs. A so lieaâ5 au nord-est de celle-ci , Montbéliard, sur la droite de Doubs, éccupe un vallon tapissé de riantes prairies et bordé de vignef fet de bois; elle est dominée par un cLiteau qui fut la résidence de ses princes, et qui sert de maison d'an et et de caserne de gendarmerie; ses ancienr^ murailles ont été rasées par Louis XIV. Aujourd'hui, vilindustrieuse, on estime le produit annuel de son horlir gerie, de ses tanneries , et de sa belle filature de cotor, à i,aoo,ooo francs. Entre Montbéliard et Besançon, pct^ des bords du Doubs et du canal de Monsieur^ on ap^* çoilun groupe de cinq montagnes dont l'une porte surf: base la petite ville de Beaume-les-DameSj où l'on fabrque de la taillanderie et du papier; plus loin Besançor est dominé par un rocher sur lequel s'élève sa citadeiit Le quartier qni s'étend sur la rive gauche du Ooubs e< le plus moderne et le mieux bâti. On sait que cette vill#, du temps de César, ét^it déjà importante; elle renferov plusieurs monumens antiques: sa belle promenade, appel'5^ le Chammarsj est située sur l'emplacement de son and-; Champ-de-Mars. Besançon est le centre d'une grande iibrication d'horlogerie; c'est la patrie de racadémicic Suard et du brave maréchal Moncey.

L'industrie qui règne dans les vallées du Doubs éter. son influence dans les plaines qui se prolongent depuis 1' cours de cette rivière jusqu'aux pentes du Jura, et mêui* au sein de cette chaîne elle acquiert un développement qv: fait oublier aux habitans et la pauvreté du sol^ et la i gueur du climat. Dôle, dans la région basse, au Iiord lia Doubs, voit son commerce s'accroître depuis l'ouvertnrt du canal qui communique avec la Saône; Satins se re«sc<

DE GÉOGRAPHIE. 5l3

encore de l'iiorrible incendie qui la consuma ^ mais elle s'élève plus solide sur un plan plus régulier. Poligny, qui tire de ses vins sa principale richesse, est ornée de quelques belles fontaines : c'est la seule ville de France dont les boucheries sont établies sous une yoùte traversée par un canal d*eau vive dont le mouvement y entretient une utile fraîcheur; ArboU a, sur Poligny, l'avantage de posséder des vignobles plus estimés. Lons-le-Saulnier, chef-lieu de préfecture y fait un commerce considérable du produit de ses belles salines. Dans la haute région, Septmoncel^ Chdieau-deS'Prés^ Morez, Bois'^'AmofU et d'autres villages, occupent une population nombreuse à la manutention des fromages, à la taille des pierres fausses, à la fabrication des montres et des horloges, et à divers objets de quincaillerie et de tabletterie. Ces divers lieux ont conservé un grand nombre de cérémonies et de coutumes antérieures à la propagation du christianisme. L'arrondissement auquel [ils appartiennent a pour chef-lien Saint- Claude , jolie ville, cachée au fond d'une vallée que circonscrivent, d'un côté, des montagnes couvertes de forêts, et de l'autre des cimes arides. La Bienne, après s'être grossie du Lizon, le traverse. On y compte la manufactures d'ouvrages au tour, qui occupent plus de Soo^'ouvriers; un grand nombre de petites fabriques, et plusieurs établisse» mens utiles. L'Ain, qui descend du Jura, n'arrose aucune ville importante; mais, sur sa gauche, Bourg, que, du nom de sa petite province, on appelait autrefois Sourg-en- Bresse, est bâti au bord de la Reyssouse, sur le penchant d'une colline. Ses rues sont propres et arrosées par plusieurs fontaines ; elle renferme de jolies promenades ; ses environs offrent des points de vue pittoresques : c'est la patrie de l'amiral Coligny et de l'astronome Lalande. Nantua, sur la rive opposée, est construite au bord d'un petit lac : elle entretient des fabriques de cotonnades, des fila* tures et des papeteries. La petite ville de Trévoux s'élève en amphithéâtre sur la gauche de la Saône: son territoire appartenait autrefois au petit pays du Bugey, qui avait L 33

5 1 4 TJUÎ'^^ * thi y TAIRE

pour capitale BelUty, î»ai.*ciine, c. té qu« •'^'•^- -^^ ■ . .i eo place forte , et qui ^ au)our(f hui , es ie chef-liea d'un arrondissement: le médecio Richerand est Fun de ses priacipaox hommes célèbres. Cette ville est sur la rÎTe droite du Rhône, près de la frontière de la Savoie.

Après avoir traversé le fleuve , nous laisserons, sur sa gauche, Fienne, jadis capitale des Âllobroges, que décorent quelques constructions romaines et la belle ^lise gothique de Saint-Maurice. Mais nous traverserons La Tour-du'Pin^ sur la route de Lyon à Cbambéry. Les d-^îc\txx% environs de la jolie ville de Saint- MarceUin tut tent d'être visités ; cependant nous y renoncerons poor voir, à une distance plus rapprochée, le monastère de la Grande Cliartreuse^ fondé par Saint - Bruno, en 1084, et qui, situé près du village de Chartfouse, fit donner le nom de Chartreux à un ordre long-temps riche et célèbre. Uarchitecture noble et simple de cet édifice est tout-à-fait ea rapport avec son institution primitive et avec Taspect san* vage des forêts qui garnissent sa sombre vallée. Les premiers religieux qui s*y fixèrent rendirent d'immenses services anx populations environnantes, en répandant autour d'eux les bienfaits de Fagriculture ; leurs successeurs s'ont plus les mêmes moyens d'influence, mais leurs vertns rigides et leur vie laborieuse leu^ attirent toujours aussi Te»time et le respect. En quittant cet asile silencieux, nous ar riverons, par des chemins difficiles, sur une route qui bonk l'Isère y et qui conduit à Grenoble. Cette ville, dont k« remparts élevés .en terrasse dominent une (daine convote de vergers et de prairies , est dominée à son tour par de montagnes d'un aspect sauvage , an milieu desquelles serpentent , d'un côté , le Drac , dont le nom s'aecorde aviec î'âpreté de ses rives, et l'Isère, qui, dans ça rapidité, couk au milieu de paysages variés et délicieux. Une fouk d'hommes célèbres naquirent à Grenoble : Bayard , Condiilac , Mably et Vaucanson se présentent en première ligne

An-dessous du confluent de l'Isère et du Rhône , nouf apercevons, sur la rive droite de ce fleuve^ la grande et

DB :gr> ". 5l5

1PMaqttCf>M»« %^w '^'ilencéjAoni les*ilionuinens sont peu dignes d'attirer ratléntioD;'si ce n'est , dans sa cathédrale , le beau mausolée élevé par Ganova à la mémoire du pape Pie YI. Bientôt le cours de la Drôme, qui se jette aussi dans le Rhône ^ pourra nous conduire k Dicj petite ville renommée par son vin muscat et sa clairette. Au sud de cette rivière, Montélimart^ entourée de murailles et de boulevards, voit le Rhône couler à ses pieds; les canaux qui la traversent devraient favoriser l'établissement d'un or'*<^d nombre de manufactures : elle n'en possède cepen- . if que quelques-unes de toiles et des tanneries. Nyons, beaucoup moins peuplée, renfei^ne des filatures de soie , dés fabriques de savon et d'étoffes de laine :i' Aiguës y qui coule à ses pieds , passe sous un pont que l'on attribue aux Romains/ Près de la rive gauche de cette petite rivière. Orange a des manufactures de toiles peintes, des filatures de soie, des moulins à garance, et fait le commerce de vin,(d'hu}le, de miel et de safran ; cette ville, construite sans élégance, fut cédée à Louis XIV, avec sa principauté, qui appartenait à la maison de Nassau. A 4oo pas de ses murs, s'élève un bel arc de triomphe érigé en mémoire de la victoire de Marins sur les Gimbres; sur une montagne voisine , un théâtre romain a résisté aux ravages du temps et des hommes : c'est un des mieux conservés de ceux que Ton voit en France. Carpentras, ancienne cité des Cavares, possède aussi plusieurs restes d'antiquités. Elle est le principal entrepôt dçs productions du département de p^aucluse. Apt a conservé le nom qu'elle portait lorsqu'elle était la capitale des Fulgientes. Bâtie ait bord du Calavon , que l'on traverse sur un pont d'une arche étonnante par sa hardiesse, ses rues sont propres et larges, et son commerce n'est pas sans importance. A lo lieues à l'ouest de cette ville, Avignon, au bord du Rhône et du canal alimenté par la Sorgues, s'étend au milieu d'une belle plaine, dont la culture est aussi riche que variée ; ses rues sont étroites, mais ses quais sont magnifiques; les fabriques y acquièrent chaque jour plus d'activité, et son commerce

5l6 TRAlTâ ÉLÉMENTAUOi

de grains est considérable. Le brave Grillon, dont on v^ marque Thôtel d*une coosbiiction gothique, le grand Vernet et Tabbé Poule naquirent dans ses murs.

Au-dessous d'Avignon, la Durance se jette dans le Bhône. Remontons -la jusqu'à" sa source, et voyo» quelles sont les principales villes qui s'élèvent sur Tuoe et l'autre rive. La première .qui frappera nos r^ank, est Forcalquier, sur un rocher, dominée par les mines d*un château qui la défendait jadis. Au confluent du Buech et de la Durance, Sisteron est au pied d*un roc surmonté d'une vieille citadelle ; plus haut, en nous écartant des bords de cette rivière , Gap oécupe une belle \&1* lée : c'est une ji^ille mal bâtie et sans monumens remarquables-. Embrun, qui, du haut d'un rocher, voit couler la Durance, renferme une belle cathédrale ; enfin , en laissant le mont Genèvre sur notre droite, et en nous élevas: dans les vallées des Hautes- Alpes, nous arriverons à Briaxçon, dont les sept forts commandent aux vallées dirigées vers la Durance, qui, toiTent fougueux, coule sous nn pont de lao pieds d'ouverture, au Cond d'un précipice de 170 pieds de profondeur, creusé entre la ville et la fo^t^ resse. Après avoir traversé plusieurs montagnes aux pifà« desquelles elle serpentente, on descend vers le sud daos la vallée AeBarcelonettejÇjyx porte le nom d'une joHe p^ tite ville où l'on est encore à 1^00 mètres au-dessus du aveâu de la mer. Au sud du mont Sestrières, naissent d^u rivières, ou plutôt deux torrens, la Bléole et le Verdoo, qui vont alimenter la Durance : le premier, après avoL* an^osé Digne ^ petite ville entourée de vieilles nluraiU^ flanquées de tours carrées \ et le second , après avoir U.* gné Castellanej autre ville moins importante, dont le pi i> cipal commerce consiste en pruneaux et en divers fru ^ secs et confits. Nous quitterons la Durance près d\io cao:* qui se jette dans le Rhône an-dessous di Arles. Cette ^i^ très-peuplée, mais mal bâtie, n'a , parmi ses monumej^ modernes,. que son hôtel-de-ville digne d'être cité : il ûconstruit sur les dessins de Mansai*d. Elle est beaucoi r

DE GÉOGRAPHIE. 5l7

plus îAteressante par ses antiquités : son musée en renferme un graixd nombre. L'amphithéâtre^ le théâtre ^ le valais de Constantin, Vobélisque qui décorait le cirque, les [Champs-Elysées, appelés aujourd'hui Aliscamps, sont' lignes d'attirer Fantiquaire dans ses murs. Elle fait un commerce considérable de grains, de vins, d'huile, de sel, ;t de ses exceUens saucissons; par le cours; du Bjbône, elle entretient un cabotage fort actif, auquel elle emploie une centaine de navires de 3b à i8o tonneaux. L'tle de la Canargue^ dont nous avons précédemment parlé, dépend le son territoire. AiXy quoique ancienne , ne renferme 30Înt d'antiquités, si ce n'est quelques colonnes qui, dans ;a cathédrale, soutiennent lebaptistaire. Les sources thernales auxquelles elle doit son nom sont toujours en grande réputation. BUe est bien bâtie ; ses places publiques ont décorées de fontaines, et son cours est une magnifique Dromenade. Tout annonce en elle Tancienne capitale des. comtes de Provence, et la cité chère aux troubadours; lussi possède-t-elle une riche bibliothèque, un beau mulée et des collections scientifiques; aussi est-elle, ajouterons-nous, la patrie de Tournefort, d'Âdanson, de Vau* 'enargues, de Gassendi, du navigateur Entrecasteaux , et le Brueys, auteur dramatique. Nous quitterons les bords le l'Arc, dont elle occupe la rive di*oite, pour uqjus diriger par une belle route sur Marseille. Les jardins, les vignobles, les maisons de campagne bu bastides, qui cou-< Tent les environs de cette ville ; les manufactures que Ton iperçoit çà et là, annoncent l'approche d'une cité riche, peuplée et commerçante. Marseille est située au fond d'un ^olfe et au pied d'une colline ; son port, qui a près de 600 oises de longueur sur 160 de largeur, est un des plus im- )ortahs du royaume : il peut contenir 1200 vaisseaux. Les livers quartiers de la ville ne répondent point égalenent à sa richesse : la partie haute, enti^e le port et le :ours, est mal bâtie; mais celle qui s*étend près de la mer îst d'une grande beauté. On y voit la salle de specaclc, la bourse et l'arsenal, édifices remarquables; la

Sl8 TRAITÉ ÉLÉMfiMTÂJOlE

plus belle rue est celle qui oondoit de la porte de Home à celle d'Aîx ; et les plus sales sont celles que ron traverae pour se rendre à Toulon*

Cette dernière ville, qui fiit fondée vers le miliea éa lY^ siècle y est dans une situation non moins avantageuse, au bord de la mer : ses fortifications ont été coDStraites par Yauban. Comme la précédente , son vieux quartier n'offre que des rues irrégulières ; mais le neuf, qui comprend les établissemens de la marine, rb&tel-de-ville et Tarsenaly constructions 4*une grande beauté , est d^un as> pect imposant et majestueux. Le port est Tua des plus var tes et des plus commodes de France. Toulon est, dans k bassin côtier de T Argens. Le Calami , Ton des ^ffly^tr àt cette rivière, arrose la petite ville de Brignolles» coimue« pour ses excellentes prunes. Dràguignan, arrosée par k Pis, auti^e affluent de TArgens, possède un beaa musée et un jardin botanique ricbe en plantes utiles et rares. Ses environs sont d'une grande fertilité : c'est entre cette vilk et la précédente , que l'on récolte les excellens marroBS qui se vendent à Paris sous le nom de marrons de Lyoo.

Dans une vallée délicieuse garnie d'orangers, de citronniers, de jasmins, de tubéreuses, et de mille antres fleuri odorantes , Grosse tire de toutes ces richesses, attribut do plus b^u climat de la France, l'aliment de son industrieuse activité. Cette ville fait un commerce considëraUe des liqueurs, des essences, et des parfums qu'elle fabriqoe et qi|e l'on recherche dans toutes les parties do n^oode. Lei ateliers où l'on prépare les trésors variés de l'empire de Flore, répandent une odeur suave et délicieuse qui le concentre dans les détours de ses rues étroites et tortoeo* ses. ^n descendant vei*s la côte, on aperçoit, près de rembonchure de l'Argens, le port de Fréjus, qui n'est plus celui que César fit embellir, mais auquel a succédé un autre port, celui de Saint-Raphael , qui n'est fréquenté que p^ des pécheurs, et qu un autre César rendit célèbre, il y a 3o ans, lorsqu'il y débarqua pour aller s'emparer des réoe» du gouvernement français. Cannes^ où nous arrivons , est

DB GÉOGRAPHIE. SlQ

une petite ville où le même homme reparut 1 5 ans plus tard, pour rétablir le pouvoir qu'il avait perdu. Enfin, à 4 lieues à Test, le Var se jette dans la. Méditerranée, en formant la limite de la France et des Etats sardes.

L*tle de Corse, que nous apercevons au sud- est, forme Tun des départemens les plus étendus de la France, et cependant l'un des moins importans pour sa population re* iative; mais qui peut dire les avantages que la France pourrait en retirer, si Ton cherchait à naturaliser sur son sol fertile, exposé à l'influence d'un soleil brûlant, les pro* dttctions que nous faisons venir à grands frais de nos colonies 7 Eloignée de 36 lieues desc6tes de France, elle en a 4^ dans sa plus grande longueur, du nord au sud, et ao dans sa plus grande largeur, de Test à l'ouest (i). Elle est traversée par un groupe de montagnes, composé de plusieurs rameaux qui en occupent presque toute la superficie, et dont l'un forme au nord une langue de terre Aroite, qui se termine par le cap Corse. Les plus importans rameaux de ce groupe sont : celui du mont Caona au sud , les montagnes de la Cagnane au centre, celui de Frontagna au nord -ouest, et celui do Titime au nord. Sa superficie est divisée en un grand nombre de bassins , dont les plus conÂdérables cours d*eau sont : le Tai^ignano et le Golo^ qui descendent vers l'orient; le Waiinco, le Taras^o, le Gra9one et le Fango, qui se dirigent vers les pentes oc* cidentales'de l'He : aucun d'eux n*est navigable. Le plus important de ses lacs, est celui de Bigugliaj qui sVtend près de la côte, au nord du Golo , sut une longueur de i3,t>oo mètres. « La plus grande partie des terrains de la Corse appartient à la formation granitique. Les calcaires, analogues à ceux des Mpes et du Jura , se font remarquer dans deux parties opposées de Ttle : d'abord , sur la côte orientale, un peu au pord de Porto-Veccbib, et sur la côte septentrionale, an fond du golfe de Saint-Florent. Des

(0 Elle eti fîtaée entre le 41* deg. 17 min., et le 43* de latilnde nord , et entre le G* deg. 13 mîn. el le 7* d^. 13 min. de longitude orientale.

5aO TRAITÉ élémeutaiee

calcaires plus rëceos^ et des grèscalcarifères, qui appartien* nent à la dernière époque du séjour de la mer sur nos con* tinens^ occupent seulement la partie méridionale de TUe, aux environs de Bonifacio (i). » Les montagnes recèlent des mines de cuivre, de plomb , de cobalt et de fer; mais ce dernier métal est le seul que Ton y exploite. Le marbre statuaire , le granité , un grand nombre de porphyres , des serpentines et des albâtres, ainsi que plusieurs autres substances plus ou moins utiles, s*y trouvent abondamment. Ses forêts produisent des bois propres à la marine.

Malgré l'abondance des eaux stagnantes , le climat de la Corse est salubre. L'impétueux Lebeccio cause souvent de grands ravages, surtout dans les forêts ; le Sirocco est Tavant-coureur de la pluie; la Trtanontana est fréquemment accompagnée de neige; mais ces vents sont heureusement fort irréguliers. Aux rigueurs d'un froid excessif succède lentement la température variable du mois de mars, et la brûlante ardeur de Tété, que tempèrent les brises de la mer. Le sol, dont la richesse peut être évaluée par les récoltes des grains qui, sans engrais, rendent So pour I, se couvre, sans aucune espèce de soin, d*orangers, de citronniers, d'oliviers, de mûriers; quelques essais même ont prouvé que U'indigo , la canne à sucre et le coton y réussiraient parfaitement.

Bastia n'a plus , comme autrefois , l'avantage d'être la capitale de la Corse : elle est la résidence de la cour royale; c'est Ajaccio qui est le si^e de la préfecture et de Tévéché. La première p bâtie en amphithéâtre, sur la côte en regard de lltalie, est le centre de la division militaire: son port ne peut recevoir que de petits navires ; cependant son commerce est assez. important. La seconde, qui passe pour être plus ancienne, est mieux bâtie; sa cathédrale est belle; son port est commode et spacieux ; une citadelle en défend l'entrée. Elle est située au fond d'un golfe, sui* la côte occidentale : c'est dans ses murs que naquit Napoléon Bona-

(l) PricU de la Géographie unii^rseUe, iom. VIII, p. 201.

DE GÉOCnAPHlE. &ai

parte. Après ces deux principales villes, nous citerons, sur la côte orientale, Porto-FecchiCy connu pour ses vins et ses granités ; à rextrémité méridionale de Vtle ^ BonifaciOj iont le port est fréquente pour le commerce d*huile et la pèche du corail; sur le Valinco, dans les montagnes, Sar^ 'ène, petit chef-lieu de préfecture; et nous n*aurons omis lucune de celles qui jouisrent de quelque importance.

Le tableau que nous venons de tracer ne sufiirait pas pourfaire apprécier les ressources delaFrance,si nous ne le ;erminions par quelques données statistiques. Ce royaume, irrosé par 5 grands fleuves, par 6 autres moins importans, lar 109 rivières navigables, qui occupent ensemble une longueur d*environ 2,000 lieues, et par plus de 5,aoo peits autres cours d'eau, est divisé par 8a canaux, dont 64 »6nt terminés et 18 en construction, qui forment une superficie de 9750 kilomètres (1), et un développement de 1800 lieues: ils doivent être augmentés de i4 autres qui ;ont projetés. Ses routes occupent une longueur d'environ )ooo lieues. Cependant les besoins de son commerce et le son agriculture exigeraient, pour leur prospérité com- 3lète, que ces moyens de communication fussent doublés, il jouirait alors des mêmes avantages que l'Angleterre, et 'on verrait les produits de son industrie acquérir une plus grande valeur par la circulation. Ainsi ses grains évalués innuellement à igoo millions de francs, ses prairies naturelles à 700 millions, ses vins à 800 millions, ses coupes le bois à x4i millions, ses légumes et ses fruits à 262 millions, ses lins et ses chanvres à 5o millions, ses animaux jomestiques qui produisent plus de 65o millions, accrus par l'influence d'une plus grande consommation, augmenseraient les capitaux et les revenus de son agriculture. L'industrie, favorisée par les mêmes moyens, s'étendi*ait dans une égale proportion , et dépasserait facilement la valeur de i4oo millions estimés chaque année pour la main-d'œuvre, les matières premières exotiques, et les

(1] Ou 494 lienes géographiquef canréei.

5aa TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE

bénéfices du manufacturier. Les 980 millions cTimpôb, qui entrent annuellement dans le trésor, deviendraienl uDf charge moins pesante au contribuable, et seraient même facilement augmentés. On Terrait alors cette Franoe, oalnrellement si riche , employer ses 3,000,000,000 de numéraire à répandre La vie et le mouvement jusque dans b campagnes aujourd'hui les pluf isolées. La population $\ répartirait plus également ; les 3 millions d'habitations mraies que l'on compte sur son territoire s'accrottraicat (encore : leur nombre moyen «erait de plus de 1 1 1 pir lieue carrée ; celui des villages s'élèverait à plus de i oo,oou, et les 1,900 villes qu'elle renferme acquéreraiei^ aosi plus d'importance, puisque dans ce nombre on n'en compte que 70 de 10,000 âmes et au*dessus, a8 de ao,ooo à 3o,ooo, 4 de 40,000 à 5o,ooo, 3 de plus de 70,000, % de plus de 90,000, et a de loo^ooo à 1 5o,ooo.

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