‹ Traité élémentaire de géographie, contenant un abrégé méthodique de Précis de la géographie universelle en huit volumes ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'un aperçu de la géographie ancienne, sacrée et profane;Chapitre 68 sur 142 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

POSSESSIONS AUTRICHIENNES

Deicrîption du royaume d*Illjrrie.

La contrée que les anciens appelaient Illyricum ou 11 tyrie nVtait pas renfermée dans les mêmes limites qi.^ riUyrie moderne : elle occupait une largeur plus con-.dérable, et comprenait une grande partie des c6te8 orientales de TAdriatique. Elle formait un royaume indépen* dant loi*sque les Romains s'en emparèrent vers la fin {!<: règne d* Auguste. C'est en ce sens que Ton a dit qiieVi était Tun des plus anciens royaumes de TEurope. La préfecture romaine d'UIyrie fut une des plus importantes «le Tempire: onze provinces en dépendaient. Lorsque Napoléon, en 1809 et en 1810, incorpora au vaste teiTiN e de la France la Carinthie, la Carniole, Tlslrie, la Croatie autrichienne, la Dalmatie et les dépendances de Ra guse et de Cattaro, il en fit^ à Fimitation d*Augt]ste« \r grand gouvernement, celufdes Provinces ilfyriennts.

L'un des résultats du congrès dé Vienne en 181 5, ^' la restitution à TAutriche de ces provinces, dont la p!L'> grande partie forment le nouveau royaume d^Illyrie c'est-à-dire que, depuis la fixation définitive des liiin> âe ce royaume et de celui de Hongrie , il se compose •! la Carinthie, de la Carniole, du Frioul afdtriclnen, v^ quelques portions du Frioul vénitien, et des deux Istric* Tautricbienne et la vénitienne. L'arcdiducké d^Aulmii:. la Styrie, la Croatie civile et le littoral hongrois , le 1 1> nent au nord et à Test; le Tyrol et le royaume Locnl>ar»i Vénitien y à l'ouest; la mer Adriatique, au sud. Ses pnr. cipales lipiites naturelles sont au nord les Alpes Noriquc-

DE GÉOGHâ^PHie. 597

et styrienneSy à Toaiest les A)pe$ camiques, à Test le cours de la Save^ au sq4 celui de la ]lu]pa et TAdriatique, Sa longueur du nord au sud e$t d^oviron 60 lieues ; sa plus grande largeur de Y est à Tomest est d^ 5o lieues. Les Alpes carniqqes et juliennes 1q drvisent en deux versans : l'un arrosé par la Drave et la Save , T^utre incliné vers FAdriatiquç. Celui-ci se prolonge dans la mer, en formant la grande presqu'île distrie ; à Test de cette terr# ^ Cherso, FegUa et Osero^ sont les principales îles de l'Illyrie^ Elles sont bordées par des écueils dangereux » couvertes d^ rochers arides^ ravagées par le souffle d'un vent destracteur appelé Bora; mais les habitaps^ è force d(^ travail et d'assiduité, j cultivisnt avec succèç la vigne et Tolivier/y nourrissent des U'Qupeaux dont Ja laine est estimée, et font un commerce a^sez actif.

Les. montagnes qui travei;^ent le royaume sont riches en substances minérales : la C^iinthie est connue par ses fers carbonates et s^^ mines de zinc, de plomb, de cuivre et d'argent; la Cainiote abonde aussi en divers métaux, et surtout çn mercure ; l'I&trie possède des carrières de marbre, des houillères, des ten*ains alunifères , et sur la côte, des salines considérables. Ces richesses naturelles exercent Tindustisie des Ulyriens : on compte sur leur territoire un grand nombre d'usines; !ao hauts fourneaux et 267 forges livrent annuellement au commerce 3o à ^o Hiille quintaux de divers objets en fer, 10 mille quintaux de clous et une quantité considérable de fil de fer; on y fabrfque aussi un grand nombi'e 'd'instrumens en cuivre et d'armes blanches. Lei villes principales possèdent des manufactures de draps et de /maroquins; dans les montagnes un grand nombre d'habitans' se livrent à la fabricatiigai de ditFéreiis ouvrages en bois; du côt^ de la mer, la pèche et la construction des navires, dans ^'intérieur, le transport et le transit des marchandises, sont les principales ressources de la population. En résumé, le pays i)'est pas essentiellement manufactprier , mais Tindustrie y est , comme on le voit, active et variée.

598 TRAITÉ ÉLÊAIENTAIKE

La religion catholioue domine en Illyrie; la noblesse y parle rallemand, le peuple des villes un italien corrompii, et celai des capapagnes un idiome qui tient du slave. La noblesse, le clergé et la bourgeoisie nomment des dépii* tés f dont Tunique prérogative est le vote de Timpôt.

Après cet exposé, il ne nous reste plus qu^à parcourir les principales villes du royaume. Sur les bords de la Drave / FUlach est célèbre par ses carrières de marbre blanc : c*est près du village de Bleiberg, dans ses eofironSy qu'existe Tune des plus importantes mines de plomb de la Carinthie. Â Klagenjurt, chef-lieu de cercle^ snr la petite rivière 4u Glan, on remarque le château impérial, le palais des États , la place du marché, décorée de la statue en marbre de Léopold I^, et de celle en bronze de Marie-Thérèse. Saint-Weit, à quelques lieues au nord de la précédente, est l'entrepôt général des fers de la Cariathie. Sur les bords du Laybach , à peu de distance de h rive droite de la Save, s*élève Laybach, que les lUyrieos nomment LubUma. Elle est le chef-lieu de Tun des deox ^ouvememen^du royaume, et le siège d*un évédié. Ses principaux édifices sont presque tous de construction gothique. Elle fait un commerce assez considérable avec ritalie, la Croatie et la Bavière* Gurkfèld, en iUyrieo Kerskoy sur la rive gauche de la Save, possède des bains d^eau minérale, et renferme plusieurs restes d'antiqnità, qui font présumer que cette petite ville remplace le Noviodunum des Bomains, Neustœdiel est fréquenté par le» baigneurs qui se rendent ^ux sources chaudes de Tœplitz. Sur le bord de la Kulpa^ au pied des montagnes de Hnskoken, Mœttb'ng est liiie petita ville* connue pour les pèlerinages que Ton y fait. Gottsche ou Hotzschevie, sur la rive droite de la Riese, renferme des fabriques de toiles, de poterie et de divers pbjets en bois. Les habitaos de cette ville et ceux des montagnes environnantes parlent un idiome particulier; ces derniers surtout, appelés Gaoscheweres, du nom de leur capitale, se distinguent par leurs m<£urs, leurs habillemens et la petite hache dont th

sont toujours armés. A sept lieues de cette vOle et de Laybacb y on remarque , sur le versant oriental des Alpes Juliennes, le lac le plus curieux de llUyrie : il porte le nom du bourg de Czirknitz, bâti à son extrémité septentrionale* Sa circonférence est de 4 ^ S lieues dans les années de sécheresse, et de 7 à 8 dans les années humides; au milieu s'élèvent plusieurs lies, dont la plus grande est occupée par le village de fomeck. A des époques irrégulières ses eaux 8*écoulent tout-à-coup par des crevasses , et laissent à découvert un fertile limon que le cultivateur s*empresse d'utiliser; mais les eaux reviennent tout-à-coup parles mêmes issues, et détruisent en un instant Tespoir du laboureur imprévoyant. Ainsi quelquefois, dans la même année, ce lac est alternativement couvert de pêcheurs et de moissonneurs. $ur le revers occidental des montagnes qui le dominent, la jolie petite ville àildria, où, l'on voit une belle église, est célèbre par ses mines de mercure, dont le produit e^t évalué à plus de 3 millions de noti'e monnaie.

Dans la presqu^tle d'Istrie, qui forme le second gouvernement du royaume, la plupart des noms de villes sonJt italiens. Trieste en est le chef-lieu : c'est aujourd'hui la principale ville maritime de l'Autriche; elle a enlevé à Venise sa prépondérance commerciale. Elle se divise en vieille ville, sale et irrégulière, et en ville nouvelle, dont les rues sont larges et les maisons bien bâties. Nous citerons parmi ses édifices la cathédrale, qui renferme les cen* dres de Winkelmann ; l'église des Jésuites, remarquable par sa façade j le palais de la Bourse, chef-d'œuvre d'architecture, et plusieurs débris d'antiquités. Les derniers travaux du port^le Trieste en rendent l'entrée facile pour les vaisseaux de haut-bord, et sa prospérité est assurée par l'entière liberté dont il jouit. Capo d'Istria, bâtie sur un rocher, communique par un pont avec le continent ; Pirano^ à l'extrémité d'un cap, fait un commerce important, du sel tiré de ses lagunes. Gorizia ou Gœrtz^yiïleépiscO' pale, est bâtie^sur une montagne, et défendue par de

600 TEÀlTà Éliill£l»TAIIIE

vieilles muraiUes et uo ancien cbâleau-: c*fist daas ses environs .que se trouve le Mante-Srmto , qui prodait un vin renomoié* Les ii^bitans de Èayigno se livrent à la pêche et au cabotage. Enfin , près du cap Promontore , oo voit dans la petite ville de Pola les restes de celte importante cité, détLuîrte par César et rebâtie par Auguste av^cla plus grande magnificence, sous le nom de Pieias Juiia. L'air empesté qui s'élève de ses lagunes a sans doute contribué à sa décadenoe. On y voit deux temples, un arc de triomphe, un immense amphithéâtre, qui attestent les dépenses que fii*ent les Romains pour relever cette ville.

Le royaume d'Ulyrie ne fait partie de la confédératiofi germanique que pour les anciennes provinces de la Carniole, de la Garinthie, du Frioul autrichien, de llstrie autrichienne et de la partie septentrionale du gouvernement de Trieste, qui appaitenaient d^uis long-temps à l'Autriche. Sous le rapport militaire, il dépend da gouverneur général de Groetz

•al . esmc.

Fopolalioa

giS.

7l4,:jOo

TABLEAU de la populiUion du txfjraume dTlljrrie , dwisé en deux gfnwemanens et en sept cercles,

Coiupr«nanl 54 villes, 57 bourgs , 6,75a viUagfg. Goupemement de Laybach.

■ 1« tieo«

CwOm. PopulaliM. (^pitMlM.

Villach. ....... iîa,8oo VilUcb 3,000

Kiagénfart i64,5oo KJa^enturt 9»9oo

LayîMich i57,ioo Latq^cr ii,3oo

Neustœdtel ' i83,5oo NeusiœciLeL** ' ttl^o

Adtisberg. ..... 86,5oo Adelsberg 5ou

Gouvernement t/e Truste,

8up«fffieie PopvlaUoo Rappoit dU la p«Mb

«•Uqané*. qi iS«5. AiatiMMca^».

540 l{^)^fioo 75I9

Ccr«iei. Pvpuiadoo. ^

Gœrlz oQ Goiizia. . 162,900 • Goriaia ô,ocx>

Istrie. . . .' 34^990 PiSfifO. ... ^ ... • ^,i

De GÉOGRAPHIE.

ftui

Popuiation par nations.

Aileamaàs. ...... i!ko,ooo

Wendes, Slavet, elc. 845,000

Serbes 1,000

Italiens * . *55,l>oo

Grecs noo

Juifs a,5oo *

Total i,ia4>^o<>

Population par cuUes,

Catholiques 1,104,000

Grecs 700

Luthériens. ..... 16,800

Béfocmét 900

Juifs a,5oo

Rcveuos i5,OQO,Qob defr.

Total. . . . i,ia4»30o

6oa. TRAITÉ ÉUSUEMTAI&E

Page 1