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lussie^ pied.
lardaigne, paimo
Niede./ol^ • • •
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Varia ^ pied, . • . .'
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l58 TRAITlé! ÉLÉMENTAIRE
Pour trouver sur le globe artificiel la latitude d*an lieu terrestre quelconque , on fera tourner ce globe auloar de son axe immobile jusqu'à ce que le méridien fixe soit transporté sur ce lieu; et le degré qu'on lira sur le méridien à ce point donnera la latitude du lieu. La longitude du même lieu se trouvera alors sur ré(|uateur au point où ce cercle passe sous le méridien. Veut-on , au contraire, déterminer la position d'un lieu dont on connaît la longi* tude et la latitude ; on n'a qu'à faiï*e passer sous le méridien le point de l'équateur qui se trouve à la longitude donnée^ et, prenant sur le méridien la même latitude, on aura la position géographique de ce lieu.
Le cadran que l'on adapte ordinairement au pAle noid du globe sert à faire connaître l'heure que l'on compte dans un lieu de la terre lorsqu'il est midi dans un autre; car, en plaçant ce dernier sous le méridien, après avoir fixé sur midi l'aiguille* du cadran , et faisant tourner le globe jusqu'à ce que le méridien se trouve sur le lien dont on cherche l'heure, l'aiguille indiquera sur le cadrao rheqre demandée : elle est après imdi si l'on a fiiit tourner le globe à l'orient, et avant midi dans le cas contraire.
Si on vei|t connaître la longueur du plus grand jourpour tous les points d'un hémisphère , soit du septentrional , par exemple, on placera le méridien de manière que le bord du cercle polaire arctique touche l'horizon du ^obe ; cet horizon se confondra alors avec le cercle d'illumination. Si l'on amène dans le méridien un point quelconque de l'hémisphère proposé , qu'ensuite on fixe l'aiguille da cadran polaire sur la heures, et qu'on fasse tourner le globe vers l'orient jusqu'à ce que le point remarqué entre dans l'horizon, l'aiguille s'arrêtera sur l'heure à laquelle ce point passe de la partie éclairée à la partie obscure. Le nombre d'heures parcourues sur le cadran sera la moitié de la durée du jour cherché. En plaçant le pôle plus près de l'horizon , on donnera à ce cercle la position que prend le cercle d'illumination dans les temps qui précèdent et
DE GÉOGRAPHIE. l59
qui suivent les solstices, et on connattm, comme ci-dessus, la longueur du jour dans chaque pays. Dans cette position du globe ^ tous les points qui se trouvent en même temps sur le bord occidental de Thorizon sont ceux qui voient le soleil se lever au même moment 5 ceux qui sont sur le bord oriental le voient se coucher à ce moment.
On indique ordinairement sur Thorizon des globes les directions des vents à Tëgard de la ligne méridienne , et les noms qu'on leur asagne; par ce moyen on peut connaître la position d'un lieu à Tëgard du soleil^ au moment où cet astre. parait se lever ou se coucher, en observant par quel point de l'horizon le lieu proposé passe de la partie obscure dans la partie éclairée, ou de celle-ci dans l'autre. Le globe, ainsi tourné, fournit le moyen de représenter physiquement tous les phénomènes du mouvement annuel de la terre. U suffit d'exposer dans une chambre obscure un globe à une bougie qui répond perpendiculairement au centre de l'horizon, et à une distance un peu considérable par rapport au diamètre du globe ; on obtiendra alors les mêmes phénomènes que produit le soleil pendant la rotation de la terre, .relativement aux diverses positions que prend l'axe de la terre à l'égard de cet astre.
Si l'on veut connaître sur quel alignement l'un de ces lieux est situé par rappoit à la méridienne de l'autre, il faut d'abord: placer le globe de manière que le second point réponde au centre de l'horizon, c'est-à-dire rectifier le globe pource point : ony parvient en prenant sa latitude et en. faisant mouvoir le méridien dans son encastrement avec l'hortion, jusqu'à ce que l'élévation du pôle le plus voisin soit égale à cette latitude» L'horizon se trouve aloi^, par rapport au globe, dans la position qu'occupe sur la teiTe l'horizon rationnel du lieu proposé. Le globe étant rectifié, on ramène sur le lieu en question l'attache dp cercle des hauteurs, qu'on fait passer ensuite par le premier point j puis on compte le nombre de degr^ et parties de degrés compris sur l'horizon, depuis le cercle des hau-
l6o TRAITÉ ÉJJSXENTiiRE
tears jusqu'au méridien , soit du côté du nord, soit dn côté du midi , et on a la mesure de Taogie que fait avec le méridien Tare de grand cercle qui joint par le dieoiio le plus court les deux points proposés.
Tous ces problèmes s'expliqueraient plua facîlenient si
nos globes âaient construits d'après la nouvelle aiéftiiode
proposée en partie par George Adams, mais exécutée et
.perfectionnée par Covens, et dont nos lecteurs trooiperoot
la description à la page 85 du II' vol. du Précis.
Parmi les globes qui entrent dans le commerce» on (b> tingue ceux de Poirson, Lapie et d'autres moiss reco»* mandaUes, à Paris; ceux de Caty, Jones et Adama» a Londres; HA^hermaoKit, à Upsal; de Weilandp à Weimar; de Sotznuam, à Nuremberg; de Bode^ à Bedin , etc.
Outre les sphères arinillaires et les globes artificiels, il j a encore trois instrumeos dont on peut recommandsT l'usage à la jeunesse : l'ua est le plofUsphèrs de F^onm, qui représente le vrai système planétaire d'une mmÊÔètt nouvelle et plus parfaite : on peut même s'apercevoir de l'ellipticité de l'orbite de la terre; l'autre est la hmoUm géocjcUqma de M. Lojrsel : celte madiine est propre à dé* montrer le mouvement de la terre. Enfin , les beaux géo<ycliques et planétaires inventés dernièrement par M. Jam^ hon^ et prâeMant avec la plus grande précision tois ks mouvemens des planètes et de leurs satellites d*«pràs k fijstème de Gopetnic. C'est encore ici qu'il Mms pank èonvenable de mentionner le Géoroma de M« iMangUui, construction aussi ingénieuse qu'utile, présentant dans m globe de 3o pieds de diamètre le tableau fidèle de la surface terrestre , développée aux y enx du q>ecinteiir placé dans son intérieur. On doit excitar parmi la jenoesse le goftt des études par ces sortes de jeux scientifiqms; mais nous en demander une description détaillée, ce serait mal apprécier le but de notre ouvrage.
Les grands globes sont des instrumens «fiq>eDdieax c< incommodes ; les petits ne pr^ntent pas des d^aiis snfisans : il a donc fallu avoir recours à des tableaux «|«i , sar
DE OÉOGRAVHIE. l6l
une surface plane) donnassent une représentation du globe et de se» parties. Ces représentations embrassent ou la terre entière y ou une partie du monde ,. ou une seule contrée : dans le premier cas on les appelle mappemondes^ et ^ lorsqu'elles ont la forme circulaire, planisphères; celles de la secotide classe sont nommées cartes générales; les autres sont des caries spéciales.
On nomme cartes géographiques celles qui représentent les terres et les mers^ ou une portion dé terre quelconque; on appelle cartes hydrographiques ou nautiques celles qui ^ omettant les détails de rintérieur des terres, donneilt, avec un soin minutieuiy les côtes des continens et des îles, les moindres écueils dés mers, les sondes ou les profondeur» de l'eau, lès fleuves, avec toutes leurs diverses branches et toutes les €iix:onstances de leur cours , afin de gttider les navigateurs.. ^
Partni les cartes spéciales, il y en a qui repi^sentent en grand une province avec t^ous ses endroits remarquables : ce sont des cartes chorégraphiques. Si le dessinateur est entré dans tous les détails de la nature du terrain , ou s'il a même retracé les habitations isolées et la direction des chemins et rivières, ce sont âe& cartes topographiques. On sent que ces sortes de cultes doivent nécessairement embrasser un petit canton , et qu'elles se rapprochent insensiblement des plans géométriques : Fusage confond quelquefois ces dénominations.
Une carte peut éti*e en plusieurs feuilles, qui alors se joignent ensemble , pour ne former qu'un seul tout par }uxta*positiou : telle est la carte de l'Italie, par Bâcler d'Albe, en 56 feuilles; celle de la France, dite de Cassini, en i8o. Un atlas ^ généralement parlant, est la réunion de plusieurs cartes, dont chacune à part forme un tout, et qui ne peuvent pas s'assembler.
On distingue encore des cartes géographiques proprement dites, et des nautiques, beaucoup d'autres qui sont appropriées à des usages particuliers, telles que les cartes ecclésiastiques » politiques , physiques , minéralogiques > L ^ II
l6î TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE
botankfues, militaires, etc. , etc. Ces dernières ne sont, au fondy que des cartes topograpbiques détaillées: le guerrier y trouve chaque route sur laquelle il peut avancer, soit muni de son artillerie, soit à pied. et armé seulement de son fusil; chaque gué qui lui permet de franchir une rivière, chaque défilé par lequel il peut tourner la position d*un ennemi moins instruit ou moins vigilant; «n un mot, ces cartes lui présentent toutes les localités qui penveol influer sur ses opérations. Il y a aussi des cartes qae leun auteurs décorent du nom ^^historiques ^ et qui doivent montrer les migrations des peuples et les changemens de souveraineté; enfin, il y a peu d'objets dont on n*ait teni<^ de réduire les rapports de localité en forme de cartes. Mais la composition de ces sortes de tables ne saurait élrr soumise à d'autres règles constantes que celles qui résultent des sciences étrangères à la géographie.
Toutes les cartes ne peuvent pas être destinées i faire avancer nos connaissances par la publication de d^ils nouveaux ou plus exacts que ceux des cartes précédentes L'instruction publique réclame des cartes élémentaires, dont le mérite consiste à rendre d'une manière fidèle H complète les vérité d^à connues, et dans lesqudles il serait à désirer qu'on adoptât un système de graVnre moi» élégant et moins dispendieux que celui qu'exige le goût raffiné du public français. L'essentiel, dans un atlas éltmentairOf ce n'est pas d'étaler en grand format des carte» très-détaillées et d'une exactitude minutieuse; c'est plutôt d'offrir y dans une série de petites cartes très-nombreuses, l'ensemble complet des principes de la science. Les meilleures collections dans ce genre nous paraissent être celles de MM. Brué et Lapie, en France; de ÏTnstitut géographique de Weimar^ et de MM. Weiland, Reichard. Stieler, lÀetAtenstem et Streit, en Allemagne; AeCarm . de Faden et &Arrowsnuth^ en Angleterre, etc., etc.
La figure de la terre s'oppose à ce qu'on puisse en donner un tableau général dans lequel les distances des lieui et l'étendue relative kIcs régions soient conservées dan>
DE GÂOCRÀPHIE. < l63
leurs rapports mutuels. Il faut nécessairement avoir recours à des constructions diverses pour représenter, d'uoe manière approximative, chacun de ces rapports en particulier.
On a donné à ces constructions le nom àe projections , nom qu'on applique en général aux dessins dont lV>bjet est d^indîquer sur un plan les dimensions de Tespace et des corps qu'il renferme. U y en a de deux sortes : les unes sont de véritables perspectives du globe ou des parties de sa surface prises de divers points de 'vue, et sur divers plans de tableau; les autres ne sont que des espèces de développemens assujétis à des lois approximatives , et appropria aux rapports qu'on veut conserver de préfé* rence.
La projection de la sphère se divise ordinairement en orthographique et stéréographùfue.
La projection stéréographique est celle oili la surface de la sphère est représentée sur le plan d'un de ses grands cercles, l'œil étant supposé au pôle de ce cercle. Dans la projection stéréographique le- globe est considéré comme un solide transparent. L'hémisphère représenté est celui qui est opposé à l'hémisphère dans lequel l'œil est supposé se trouver.
On distingue ti*ois sortes de projections stéréographiques qui sont d'un usage commun pour tracer les mappemondes : 1 ® celle sur le plan de l'éqnateur, qu'on nomme polaire, parce que l'œil est supposé à l'un des pôles; 2^ celle sur le plan d'un méridien, ordinairement celui de l'île de Fer, qui coupe le globe en deux hémisphères, l'un contenant l'Amérique, et l'autre l'Europe, l'Asie et l'Afrique ; 3^ celle sur le plan de l'horizon d'un lieu quelconque.
Dans la projection polaire, en supposant l'œil à l'un des pôles, le tableau sera le plan même de l'équateur; les méridiens seront projetés par des droites, etlescercles parallèles à l'équateur le seront par des cercles concentriques.
Dans la projection sur un méridien, le point de vue, toujours placé au centre de l'hémisphère opposé à celui
l64 TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE
qa*on veot Représenter, est serr la circonférence d« Téquateur, et la projection de ce grand cercle est une ligne droite perpefrdicnlaire à Yaxe des pôles de la terre.
Dans la projection horizontale, qui est la plus intéressante apyilicatiori de la méthode stéréographique, rhorizon rationnel d*un lieu quelconque est le plan de projection: le poidi de vue est le pôle abais^ de cet horizon ; le méridien qui passe par ce lieu est représenté par une 4ignf droite, et se nomme ordinairement méridien prbîc^uils
11 suffit de fet^r les yeài sur une 6arte eonstmite d'après la projection stéréOgfaphique, pour rèMthiattre cjue les quadrilatères, compris entre deux méridiens et denx parallèles don^cutift , augmentent d'étendue en allant du centre à la circonférence. Cet agrandissement résulte de Tobliquité que prennent les tayoù^ visuels en s'éeartant de celui qui est perpendiculaire au tableau, qu*on nomme taxe optique. Il suit de là que les régions placées vers le> bords de Thémisphère ont une étendue bien plus considé rable que si elles se trouvaient an centre , et que Ton esi induit en erreur lorsqu'on veut les comparer à celles q«i occupent cette partie. Par exemple, la poinie de TÂfriqnc australe paraît beaucoup plus large que sur un globe"", et dans la Nouvelle-Zemble les distances sud et nord sont rendues pat* dés espaces bien plus grands que ne le sont les mêmes distances dans Tlnde. Get inconvénient ^ qui eâ nul pour les géographes exercés , peut conduire les élèrs à de fausses idées; mais il diminuerait si> dans Finstmclh»* Ton eût eu soin de bien expliquer les qualités des projections stéréographîques, et de mettre sous les yeux des cornmençafls les trois sortes de planisphères polaire, ^aatorial et horizontal; les défauts de l'un disparaissant toufoors dans Taulre.
La projection orthographique est celle où la surface de la sphère est représentée par un plan qui la coupe par le milieu, Toeil étant placé terticalement à une dislance in* finie des deux hémi^hères. Lei trois projections cNthcv graphiques, savoir : polaire , é^uatoriale et horizontale «
0£ GÉQ^aAWW. l6r>
ppvrraieoit aa^ être ^ppfûées planétaires ^ piûsque leur objet principal est de montrer Timage directe de la moitié du gjohe^ Fœil é^aAt 3uppQ^ à une distancée infinie, c'est- ^-diie ass^ grande pwr que toAi$ les i^ayoos vteueJa soient cense3 parallèJiQS.. Comme ces rayons sont perpendiculaires au p^n de prqjecûpxi, tandis qye les parties latérales de la sphère se prjé^nt^^t de plus en pUi« obliquejoaent à ce ménjLe plan, il ^t facile de sentir , même sans démonsb^ation, que cette? projeation, offrant le défaut conlraiFe xie la stéréograpliique , /ait diminuer les espaces du centre à la circonférence. Cette diminution, infiniment plus forte que celle qu'on remanpie dans la p^oje^ction précédente, donne juéme aux extrjéiQ^tés d'un planisphère orthographiquement p^ojeité, UjU aspect trop défiguré pour jpouyoir, en général, re^mplir ftucuo des buts que se propose la géographie. C'est pour cette raisoo que nous renvoyons nos lecteurs à japage 109 du deuxième volum/e du Précis, pour tous les détails relatifs aux projeotions oithographiques.
Outre la projection stéréographique et l'orthographique, il y :a ,une troisième projectfon en perspective qu'on noa^^e çef^rale,Ox\ l'obtient en plaçant le poiot.de viie au centre deUtSjirfière, et en prenant pour taUeau un plan tangent à sa surface. Cette projection altère, encore plus que la stéréographique^ Féteodue des régions à mesure qu'elles s'éloignent du cwtre de la cartes elle ne peut même représenter un héw^phère qujtier, parce que les rayons visuels, piefiés p^r là circonférence .qui termine cet hémisphère, soQt indéfinis , étant parallèles au plan Aa tableau ; elle peut néanmoins être empl0y.ee avec avantage pour retra» oer dos parties du globe dont l'étendue ne serait pas trèsconsidérable; car, dans cette pn^ection, tous les lieux situés sur le même grand cecde se trouvent de même, sur la carte, placés siu* une ligne droite; elle est susceptible d'une espèce d'échelle dont la construction n'est pas difficile à ti*ouver . Cétait sans doi;ite par cette raison que M. Prony s'était proposé de s'en servir dans les cartes du cadastre.
Cette projection, presque inconnue en géographie , s\ ploie pour les cadrans solaires.
Telles sont les trois principales projections du globe que les i^gles de la perspective admettent. On voit qu'aucun des planisphères tracés d'après ces projections ne rëunit toutes les qualités d'une représentation parfaite du globe ^ elles altèrent nécessairement la figure des pays , soit aa milieu , soit vers les bords de chaque hémisphère ; elles ne représentent point les espaces réellement ^anx sous des dimensions égales : la même chose a lieu pour la plu{>arl des distances. Il n'est pas non plus possible d'obtenir dans la projection stéréographique , ni dans l'orthographique, que les lieux situa en ligne droite sur le globe y,c*est-àdire sur un même grand cercle, soient également représentés dans la mappemonde sur une ligne droite. Enfin , l'inégalité nécessaire dans la pix>jection des espaces ne permet pas de trouver avec facilité la longitude et la latitude exactes d'un Keu. En vain, pour remédier à ces inconvëniens, a*t-on proposé divers moyens propret à modifier la projection stéréographique.
Parmi tous les corps qui peuvent être exactement retracés sur un plan, le cône et le cylindre ont le plus d'affinité avec la sphère; le cône surtout offre l'avantage qu'une pe^ tite zone conique ne diffère presque pas d'une zone sfJié rique. Aussi ce sont les développemens coniques qui fou^ nissent les meilleures projections des cartes géographiques spéciales, et même, à l'aide de quelques modifications, pour des parties considérables du globe. Nos lecteurs trouveroot dans le livre xxvn^ du Précis l'explication et les applications de cette importante méthode.
Quand il n'est question que de représenter de très-petits espaces, peu étendus en latitude, on peut substituer à la zone sphérique le développement d'un cylindre, soit inscrit, soit circonscrit à cette zone, et dont l'axe coïncide avec celui du globe. Les cartes construites d'après cette projection sont appelées cartes plates. Le besoin qu'ont les marins de tracer exactement leur chemin pour en dé-
lerminer la longueur et la direction , a fait natlre la pi*ojection de Mercator, ou les cartes réduites. Dans ces dernières, comme dans les cartes plates , les méridiens y sont des lignes droites, équidistantes, et coupées à angles droits par les parallèles à Téquateur. Mais les intervalles qui séparent ceux-ci croissent à mesure qu'on s'avance vers les pôles, dans un rapport, précisément inverse de celui qui suit sur le globe la diminution des degrés de longitude. 11 en résulte que dans ces cartes les distances en longitude, mesurées sur chaque parallèle, ont, par rapport aux dis* tances en latitude, la même relation que sur le globe.
Chaque *carte, quelle qu'en soit la dimension, est dans un rapport quelconque avec la grandeur réelle du globe. Ce rapport est indiqué par ce qu'on appelle une éAeUe. C'est une ligne gi*aduée, dont la longueur et les divisions montrent à quel espace, pris sur la carte, répond une quantité quelconque de lieues ou de milles : c'est ce qui met en état d*évaluer les distances des lieux. Supposons, par exemple, une carte sur l'échelle de laquelle un myjîamètre ait un centimètre de longueur; les distances prises sur cette carte seront aux distances réelles des pays qu'elle représente dans le rapport d'un centimètre à un myriamèlre, c'est-à^ire que la distance entre deux lieux quelconques y mesurée sur la carte, sera un million de fois plus petite que la distance réelle existante entre les deux lieux placés à la surface du globe.
Les mesures qui servent à évaluer les distances se nomment mesures itinéraires ; elles varient de pays à pays. Nous en avons donné un tableau dès principales à la page i5o.
Les élémens mathématiques d'une carte étant déterminés, il nous reste encore à dire un mot sur les signes employés par les géographes pour exprimer des détails historiques, physiques ou politiques, selon le but qu'on s'est proposé dans sa consti*uction«
Les objets de la géographie ordinaire u exigent que lem- ]4oi d'un petit nombre de signes faciles à reconnaître, et
l6S TRAITÉ ÉtÉMWTAlRE
dont les aDcieiis géographes ezjJîquaieni Ae sens dans «ne Mgende placée à Tun des câtég <k la oarte; usage qu*oQ devrait reprendre dans les atlas âëmentaires. Ces ôgaes indiquent remplacement des lieux ^ et sont modifiés saivant rimportance ée ces lieux et le raog qu'ils occupent dam le gouvernement civil ^ milkaire ou ecdtfsiaatîque. Qoand on veut mesurer des distances sur la carte, il £»«! remarquer le trèfr^petît cerde qui est^ ou adjacent., ou inscni dans chacun de ces signes, parce que c'est le point cen* tràlde^cecerde qui iixe la position géographique du lie«. Loi^ue la carte descend dans un grand détail , on y exprime les principaux Aj*aits du plan des villes uo p^ éteodues; on doit alors avoir soin de marquei* dans ce plan celui de ses points auquel se rappoii^ la position géogrsphiqne. Un simple trait dessine les cours d*«aii de peu de largeur, et l'on n^indique séparément les deux rives qpc lorsque les dimensions du lit du fleuve ou de la rivièiv peuvent être appréciées par l'échelle de la carte ; ce qui a lieu le plus souvent aux emboudrores et aux endroits oà le lit efit<semé d'îlots. C'est par un trait bien net, bordé de hachunns, qu'on indique les rivages de la mer. Dans les cartes géographiques, ces hacfanres, extérieures par rap* port aux terres, semblent représenter les ondulations de la mer aur les côtes; tandis que,. dans les oaites naarines, les hachures, portées sur la terre, peignent aux yeux l'escarpement des côtes. Les canaux de navigation, tracés sur ^une suite d'align^meas, sont repiésent^ par des lignes brisées qui les distinguent suflisamment des ^oours d'eau naturels indiqués par une ligne ondulée. Les routes sont souvent marquées par deux traits fins et parallèles, qodquefins par de simples lignes^ soît.pleines, soit ponctuées; cqiendaBt on réserve le plus ordinairement ces dernières pour marquer les limites des États et de Leurs provinces, et on vaiîe à cet effet la grandeur et la forme des points. Les dessinatem^ géographes ont imaginé des moyens , soit pittoresques, soit de convention , pour exprimer si un pays est couvert de plaines qu hérissé de montagnes^ s*il
DE GÉOaRAPUE. x69
est nu «tt hàiséysec ou maréaagtBux. U snftt de jeter les yeux sur des plans de ce genre, po«ir4reeQnfiaUr!& les signe$ qu*on y emploie ; ils sont tous conformes aux règles d*i»i>e perspective à vue d'oîseau; ainsi ies parles plus .ou moins fortement ombrées représentent des pentes plus ou mtoins roidesy isur lesqueliles la lumière ae perd d'autant |dus^ qu^eUes se rapprochent davantage de la i^ertiçale. Il .était / naturel que le dessin des cartes géographiqpies restât «0 arrière de celui de la topographie , surtout à l^égaid des montagnes ; ear l'échelle de ces «ôutes ^t néoessairoidleot ti*op pal^e pour qu'on puisse commodément y escprâner^ daj3S.de justes proportions, les innomboahles înégaiâtés du terrain , depuis les plus hautes chaînes de montagnes jusqu'aux collines du dernier Ordre. Autrelbifi on avait pris le parti de représenter les^inonlagnes par de petites éleva* tions de profil, qui supposaient l'œil du spectateui' dans k plan de la carte. On oherche aujoucd'hut à représenter .à vue d'oîseau les cbatoes et les groupes de montagnes, et jusqu'aux pics ou pointes isolées qui reposent .en général sur des élév^a tiens plus ou moins considérables, ouiis dont l'étendue offre des £oato«iis qui détenmioent la ifocme des vallées. La nouvelle miâhode est sans doute pré£â*able , notais il faut pouvoir conserver une fuate proportion entse les diverses élévations, et posséder ;touf les nenseignemens nécessaires pour déterminer, point par point, leuiveai^ du terrain.
Pour rendre plus frappantes les divisions apolitiques ^ qui si.souvéïit forment un contraste dbsuiide avec les limites naturelles, on supplée par des coulejuns variées à lamo* notonie de la gravure. Quelques géograj^ies allemands ont conservé f andenae méthode française d'étendi*e une même teinte sur toute la région qu'on veut distinguer des autres. Cette manière d'enluminer a peut-être moins de grâce que celle qui est aujourd'hui usitée en France; mais elle a aussi l'avantage de faire nfieujc apeicemir la gran» deur des régions et les formes de leurs limites : elle devrait être adoptée dans tout atlas âémentaire.
l^ô TRAITE ELEMËNTAIAE
Nous ne pouvons passer sous silence un point doot, parmi les «Français , le seul d'Anville a senti rimporianoe. il s^agit de l'exactitude orthographique des noms à plac9 sur les cartes. Le bon sens dicte la règle d*ëcrire chaque nom géographique d'une manière aussi rapprocbée que possible de celle qui est usitée dans le pays auqud le nos appaitienty et de celle qu'indique la saine ëtymologie. H ne faut admettre une orthpgraphe corrompue que dans le cas où la vraie ne serait pas entendue du plus grand nonbre des lecteurs. Ainsi , on a certainement toit en écrtvaK Natolie, au lieu ^Anatolie, exigé par l'étymologie greo que, ou Dannemarck avec la consonne allemande ck, à la place de Danemark, qui est à la fois conforme ao génie de la langue française et à celui de la langue danoise. Cest ainsi qu'on pourrait ramener h la vraie orthographe os certain nombre de dénominations géographiques. Toute fois un nombre infiniment plus considérable échapperait à jamais à cette réforme. H serait, par exemple, fadk d'introduire le nom Ireland, au lieu d'Irlande , et oo y gagnerait de ne plus confondre cette tle avec Flslande. mais on n'oserait jamais admettre Scotland pour Ecosm, attendu que le premier nom, quoiqu'il soit le vmtable. serait inintelligible pour la plupart des lecteurs. Tâchons du moins d'écrire les noms des villes qui ne soce pas encore francisa, comme les indigènes les écrivent U est vrai que c*est assez difficile de pratiquer cette règle, surtout à l'égard des noms tirés des langues, dans lesquelltf on emploie un alphabet différent de celui qu'ont adopu les nations de l'Europe occidentale. Tel est le cas des noms russes, persans , arabes, indiens et autres; tel est encore le cas des noms polonais , attendu que les Polonais ont eo la bizarrerie, en appliquant l'alphabet romain à leur laugue, d'attribuer à plusieurs lettres une valeur diflîaieotf de celle que nous leur donnons. Ce n'est pas ici le Iki. d*examiner tous les expédiens qu'on pourrait tenter poo. établir, une fois pour toutes, une orthographe géographtque, sinon fixe, ce qui serait même inutile, du moins h-
cile à suivre et à comprendre. Au reste , ceux qui voudraient se faire une idée des difficultés que Forthographe des noms propres pi^ésente aux géographes qui se piquent d'exactitude y peuvent recourir aux pages xc -xcvu du Discours préliminaire de F^t/o^ ethnographique du globe, par M. Balbi.
1^2 TRAITÉ ÉLéM£^T4aaE