CHAPITRE XXXIV
POSSESHOMS AIÏTRICRieilNES.
Description du Ducki de Sijrrie.
Le dachë de Styrie est borne par le royaume dlDjr/. Tarchiduchë d'Autriche et le royaume de Honp-ie. Cdt: contrée, couverte et traversée par \e& Alpes Noriques,S^ viennes et Juliennes, est arrosée par TEns, la Mur et 1 Drave , dans lesquelles on pèche peu de carpes, mais beacoup de truites , d'ombres, de brochets et de barbeau Les lacs y sont nombreux, mais peu considérables.
La Styrie a été occupée successivement par les Noria, les Suèues, les Hérules et les Huns, Soumise à la Baviàt, érigée en margraviat en io3o, en duché par Frédéric T elle échut, par succession, à l'Autriche en 1 186; en fotse parée, y fut réunie de nopveau en laSa; fat conquise pi' Ottocarll, roi de Bohême, et devint définitiTement fro* vince autrichienne sons Rodolphe de Habsbourg, quL réunit à ses états.
Malgré les invasions dont ce pays fut le théâtre, ot; distingue encore deux peuples : les Allemands et les W^ des, descendans des Slaves. Ceux-ci sont aussi faibles, oœ* chalans, frivoles, dépravés même , que les autres wf^ robustes, probes, francs et laborieux. Presque toute 1< population est catholique; on compte à peine 3»o»^ protestans : les Juifs n'ont pas la permission de s'âabU dans le duché.
L'air est vif et souvent même trës-froid dans les maot^ gnes, mais dans les vallées la température est aases duoik pour que le raisin parvienne à une complète matorité, ^
lonne des vins en général d'une bonne qualité. Le blé, Jont les récoltes sont peu considérables, réussit bien dans es plaines , quoique celui des montagnes lui soit préféré. L'avoine, le lin, les légumes et les arbres fruitiers couvrent le reste des terres labourables , dont la totalité est évaluée i 35i,5oo hectares. Quant aux forêts, elles couvrent la moitié du pays, et sont abondamment peuplées de gibier. Vingt années de guerre avaient produit une diminution sensible dans le nombre des bestiaux; aujourd'hui on ren* contre en Styrie de belles bétes à cornes, des bergeries considérables et une énorme quantité de volailles qui jouissent d'une grande réputation. Les prairies et les pâturages forment une superficie de 670,000 hectares.
La plus importante richesse du pays consiste dans les mines; kur produit' annuel est évalué de la manière sui* vante :
Argent x,ooo nmei. 1
Cuivre 600 quinuos.
Gobalu 600
Plomb 3oo
Fer 4<^><'*^
Soufre 4^^
Houille 1^0,000
SeL 3oo,ooo
Uacier qui sort des usines de la Styrie pRe pour le meilleur de TEurope.
Le duché est organisé et gouverné comme les autres possessions autrichiennes; il est donc inutile d'entrer dans aucun détail à ce sujet. Sa division en cinq cercles sera présentée dans les tableaux. Voyons quels sont les lieux intéressans qu'il renferme.
En s'élevant dans la région montagneuse, et jetant un coup d*œil du nord au midi, on rencontre le bourg SAns" see, riche de l'exploitation des salines; celui d*Eùenerz^ de celle des mines de fer; le village de MixnUz^ célèbre par une caverne de ses environs, creusée dans la montagne deDrachentauem. On y entre par une ouverture de x 00 pieds
678 TRAITÉ £l.ËMEliTAjIlE
de diamètre y située à a5o toises ao-deâus do niveaa 1 la Mur. Il faut une heure et demie de marche pour r atteindre rextrémité; les stalactites de forme bixarreqv la tapissent ; les cavités latérales dont les sombres voûte ^ détachent en noir sur les parois calcaires qai étincelles:: la lueur des flambeaux; le bruit d'une source qai toiil^ du plafond de cette vaste cavité ; les ossemeos de difer animaux perdus, dispersés dans Targile rougeâtre queT * foule aux pieds, font nature mille conjectures sor Yonçi de celte grotte y antérieure aux dernières catasirophes q ont dispersé sur le sol des animaux qui n'existent plus r EÀirope. Les ossemens qu'on en retire sont vendos par ^ charlatans comme un remède à tous les maux ( t). A ki lieues au nord de Bruck, un autre village est plas cêlèi: ' encore chez les crédules habitans de la Styrie ; c!^est ce'i de Maria^Zelly dont Téglise, malgré les efforts deJoseplpour détruire Tempire de la supersti^on, attire eoc.^chaque année 100,000 pèlerins qui^jpar leurs oflr.:^ des, contribuent à sa magnificence. Bruck, sur la Mar^^* une jolie petite ville entourée d'ardoisières et de min^ productives. Le cours rapide de celte rivièi'e, qui ne gè! jamais, est couvert d'écueils jusqu'à ludenbourg, ancieof cité romaine qui fut, dans les xfi« et xin^ siècles, habiteen grande nartie par des Juifs jusque vers Fan i3ia A quelques Imies de cette ville, la vallée de la Gradin ^^ garnie de grands rochers calcaires minés par de nombrrc* ses cavernes, dont la plus ancienne est celle que les hai tans appellent Heidnische-Kirche, l'église païenne. S.i entrée forme un portique naturel surmonté par d*énor8K^ sapins; son intérieur présente une suite de piliers qui »cr tiennent le plafond, et forment une longue suite d^arcsd» Rohiisch est renommée pour ses eaux minérales acida't? dont on exporte annuellement près de 800,000 bouleine^ En descendant la Mur nous arriverons à Graax, dif^ lieu de cercle et capitale du duché. Grande et bien pes*
(0 yàyage en Autriche, par M. Marcel de Serres , tome H, pa^ 3 • et soif antoB.
DK GÉOGRAPHIE. 679
plée, elle possède une cathédrale, un thëâti^e, un h6tel du goavemementy un hôiel«de-TiUe et plusieurs églises et couvensy des établîsseniens de bienfaisance et d*éducation, une aniversilé, ainsi qu'un beau musée, appelé le Johan* neuifiy fondé par l'archiduc Jean. Sa citadelle, au sommet d'un rocher nommé Schlossberg, est regardée comme une construction de l'empereur Adrien* Fcitsberg^ chef-lieu d'un canton entouré de montagnes qui, dans la belle saison, retentissent fréquemment du biiiit des orages, occupé par une population industrieuse, s'élève sur les bords du Kainach, et passe pour la plus ancienne ville de laStj'rie. Radkersbourg^ bâti sur une tle de la Mur, entouré de for* tifications mal enti^tenues, fait, avec la Hongrie et la Croatie, le commerce des excellcns vins de son territoire^ Marhourgy chcf-licii de cercle au bord de la Orave, eut long-temps %si& comtes particuliers; plusieurs, foires très^ fréquentées donnent une grande activité à son commerce. Pettauy arrosée par la même rivière, renferme un bel hôtel des invalides et quelques manufactures florissantes. CHU, en wende Celle ^ est l'antique Celeja fondée par l'empereur Claude; elle renferme quelques restes antiques; sa position cnlre le San et la Bœding est des plus pittoresques. Enfin, a l'extrémité méridionale du duché, Rann o\i Raen est sur le bord de la Save, au milieu de vignobles importans.
Arrivés sur la frontière de celte contrée, nous terminerons par une seule observation : c'est que la Styrie, qui renferme dans un sol fertile, dans des mines importantes, tant de germes de prospérité , n'est cependant pas peuplée en proportion de ces avantages.
TABLEAU des dwisùms adndRittratives etdgia p€fptUatàm à
duché de Stfrie.
Svpcra<
«itteuM
90 TiUes, g7 bourgs, 3,436 TÎUaget et
Population.
CiUi i8i,5oo
Marbotirg. • . . . . i85«8oo Grœu. 3o6j3oo
Bruck 66,900
Judenhoorg . • • 89,900
Population par naiiona.
Allemaods .... 4?^'^^ Wendet. .... 399,400 Ilosgrois, luliens, el€. 5 1 ,800
Total . . 899,700
aUL xjm.
Bann 1 «n
àiarhoarg. • • . . 4*^*
PetUa i.^:t
Vauberg. . .
Radkertbotti^ •
Bntek. . . .
Judtnbourg,
Popuiation
Calholiqnef. • Frotestam.
Toud
i.Soc
DK GÈoejuPOis. 68S
les douanes spot abolies et la conscripliofi n'existe pas ; le pays n'est obligé de fournir que quatre bataillons de chasseurs.
On compte dans le Tyrol plusieurs villages aussi peuplés que des villes; mais la plupart de celles-ci sont peu considérables. Bregenz, sur les l>ords du lac de Constance^ est très-ancienne ;w^eAe7zrem possède la plus belle usine de la contrée pour la fal>rication des cuivres laminés et des fers* blancs ; Imst tire annuellement 90,000 fr. de la vente des seriDS qu'elle élève et qu elle expédie jusqu'aux extrémités de l'Europe ; Innsbmck ou Impruck, au milieu d'une vallée formée par des iaoutagnes de 6 à 6,000 pieds de hauteur, est la capitale du comté; elle est mial bâtie, à Texceplioa des faubourgs qui sont plus modernes. On y remarque le palais, l'hôtel-de-ville et Téglise de la cour. Hall est le cheflieu delà direction des salines; Schwatz exploite des mines de fer, de cuivre et d^argent; Sterzing, ancienne cité que les Romains appelaient urbs Stiraciorum ^ fait un grand commerce de fer et de vins. Sur les bords du Rienz, affluent de l'Âdige , Brixen, renommée par ses vignobles, est une petite ville construite à l'italienne; Botzen ou BoU zano , arrosée par la même rivière , est sa rivale sous les mêmes rapports ; mais deux fois plus peuplée. Son intérieur ne répond cependant pas à l'aspect qu'elle présente au milieu de ces sites enchanteurs. Plus bas. Trente ^ que traverse l'Adige , est célèbre par le concile qui s'y tint et qui dura dix-huit ans (1). Cette ville, la plus peuplée du Tyrol , bien qu'elle n'ait pas 11,000 âmes, est bien bâtie; le cours d'un ruisseau y faitmouvoir des moulins à farine et des machines pour la fabrication des étoifes de soie. L'Adige y est traversé par un pont magnifique. Les montagnes qui Tentourent, couvertes de neiges pendant toute l'année , y font succéder à des étés brûlans des hivei*s rigoureux. Roveredo est importante par le commerce des fruits et de la soie; les bourgs de Pie^e, Castello et Cinte^
(i) Depuis 1645 fusqu^en i663.
684 TRAITÉ ÉLÉMENTAIRB
par celui des tableaux; Brenie^o^ par celui du talcve^ dâtre employé par les peintres sous le nom de terni Vérone. L'énumération de tous ces lieux annonce F^ dustrie variée du Tyrolien.
TABLEAU dôi dwisions administratwes et de ia pojmlâtim i
ComUduTjroL
émU\
«OUfflMI
Fvpoladoo. ' à b
a» villes, 36 bourgs, 3,i5o TUlag^s.
Vallée de rinn sap^r. . 68«^oo YalUe de rian infér. . ia3|70o
Vallée de Puster. •
Adige 104,100
Trente 161, 5oo
Roveredo 98,300
Vorariberg. . .» . . 86,800
ImML
IvVSBftUOL.
Hall. . .
Scbwau Brunechen BrUem. • BotMcn^ .
TrenU. .
Boferedo BregenU,
I JC