APPLICATIONS DES LOIS DES RÉSISTANCES
La résistance de compensation R^ est la résistance qu'il faut ajouter dans le circuit d*un galvanomètre shunté pour que la résistance totale du circuit ne soit pas altérée par l'introduction du shunt. On a évidemment
Un galvanomètre de résistance G muni de son shunt et de sa résistance de compensation peut être considéré comme un galvanomètre de même résistance, mais de moindre sensibilité.
Il faut que le shunt d'un galvanomètre soit de même métal que le galvanomètre lui-même, afin que les variations de ré-
sistance dues à la température n'altèrent pas le rapport •^. Dans
le cas contraire, il y a lieu de faire intervenir une correction facile à calculer et fonction de la température.
190. Ajustement des faibles résistances. — Les lois des courants dérivés permettent de réaliser facilement une résistance très exacte à l'aide de deux ajustements relativeàient grossiers, surtout pour les faibles résistances.
Supposons qu'il s'agisse de réaliser une résistance exactement égale à i ohm légal. On calcule la longueur de fil nécessaire pour obtenir cet ohm légal, et on construit la bobine en employant un fil un peu trop long. On mesure sa résistance avec soin et, parles lois des courants dérivés (173), on détermine la valeur de la résistance qu'il faut monter en dérivation avec la première pour obtenir l'ohm légal. Cette résistance réalisée même avec une approximation grossière, à i pour loo près par exemple, permet d'obtenir néanmoins un ohm légal très exact. On obtient un égal degré d'exactitude en constituant i olim légal avec lo résistances de lo ohms chacune montées en dérivation, sans prendre un très grand soin dans l'ajustement indi- • viduel de ces lo résistances dont les erreurs se compensent par le couplage en dérivation.
191. Détermination des températures. — Les varialions de résistance électrique des conducteurs avec la température ont été souvent utilisées pour la détermination dos températures. La méthode qui a été appliquée avec succès par
ioO ÉNERGIE ÉLECTRIQUE.
Slemrus pour la délermination des températures au fond de la inor ne ronvient pas à la construction des pyromëtres, à cau8<^ des niodincations moléculaires que les températures élevées apportent aux niélaux soumis à ces températures élevées, et aux changements que subit la constante de Tappareil.
Quelques auteurs ont cependant utilisé les variations de résistance spécifique du cuivre pour déterminer des températures ne dépassant pas 700 à 800" C.
M. \V. S/tffw (*) a constitué un pont de Wlieatstone dont doux bras sont formés de fil de platine et les deux autres d'un alliage de platine-argent. Ces résistances s'équilibrent pour une température d'environ i^^C. En mesurant le shunt qu'il faut introduire dans Tun des bras pour rétablir l'équilibre, on obtient la valeur de la température correspondante après avoir fait un étalonnage préalable de Tappareil. Avec un galvanos-
ropo sensible, Tappareil permet de détermineriez — de degré C.
192. Rhéostats. — On désigne sous le nom de r/trostat tout appareil permettant de faire varier la résistance d'un cirtîuit d'une manière routiniie ou sensiblement telle.
Dans le rhéostat à corde ou rhéocorclp de Pouillet (1837) deux (ils de platine sont tendus parallèlement : un contact ;zlissant établit la communication entre les deux fils, et permet do faire varier la longueur intercalée dans le circuit. Dans le rhéostat de M. Crora (1874) les fils sont disposés verticalement <•! plongent dans deux éprouvettos verticales qu'on remplit plus nu moins de mercure. Le rhéostat de Whratstoîie (1843) est constitué par un fil s'enroulant et se déroulant sur deux cylînrhos l'un métallique, l'autre isolant. La résistance intercalée dans le circuit varie avec la longueur du fil enroulé sur le ovlindre isolant. Le fil ainsi roulé et déroulé se déforme, s'ai- \rv\\. et modifie sa résistance. Jacobi a modifié avantageusement le rhéostat deAVhoatstone (1843)en roulant le fil sur un cylindre . isolant et en disposant un contact glissant à sa surface.
M. Varhi/ forme un rhéostat continu en empilant un certain nombre de disques de toile carbonisée dans le vide à une très
n) liritish Association. Meeting de Ualh.^ 18S8.
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haute tempéraluic, ce qui laisse à la toile sa ilexibililé et soii élasticité. En exerçant une pression variable sur les disquu!), on peut faire varier leur-résistance clans le rapport do i à ij. Dans les applications industrielles, il n'est pas nécessaire do faire varier les résistances d'une manière continue; il suffit d'employer des rhéostats discontinus composés de résistances en fil de fer, en maillecbort, en ferro-manganèse, en cbarbon. ou formés de toiles métalliques ou de lames minces mises en rircuit h l'aide de plots et de clefs ou d'un commutateur glissant sur une série de boutons de contact, La figure 7H représente un de ces commutateurs disposé pour sliunter un galvanomètre et permettant de foire varier la résistance du shunt, olim par ohm, depuis o jusqu'à -tio olims.
fig. 73. — llbûOdUit ù iiiuiiettps pour 1<^ ^hiiLitdf;i' ilun galviinuiut'frt'.
Les sections et les surfaces des fils ou lames constituant les rhéostats doivent être calculées de façon à faciliter le refroidissement et à ne pas permettre de trop grandes élévations de température. Dana certains cas, les fils du rhéostat sont plongés dans une cuve renfermant une grande quantité do pétrole, ce qui facilite h; rerroidisscmcnt sans créer de dérivations nuisibles.