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CUAP. 111. — EFFETS DES ABERRATIONS

les rayons correspondant aux raies B et H, la raie A étant, ainsi que nous Pavons dit, à peine visible.

Pour le flint que nous avons pris comme exemple, le pouvoir dispersif serait par conséquent

Le pouvoir dispersif varie beaucoup d'un verre à un autre. Il est, d'une manière générale, plus grand dans le flint que dans le crown.

Nous verrons qu'il y a lieu souvent de considérer des pouvoirs dispersifs partiels, limités à une région donnée du spectre.

42. Aberration chromatique. — On appelle aberration chromatique, ou aberration de réfrangibilité la distance des foyers ¥h et F^ donnés par les couleurs extrêmes pour un faisceau parallèle à l'axe ; et Ton appelle cercle d^ aberration chromatique la plus petite section qui puisse être faite dans le système des cônes de rayons réfractés.

43. — Grandeur de raberration chromatique. — On définit en général la grandeur de l'aberration de réfrangibilité parle rayon du cercle d'aberration chromatique.

Ce rayon est indépendant de la distance focale de la lentille; il est proportionnel à son ouverture et au pouvoir dispersif du verre dont elle est formée. En désignant par d le pouvoir dispersif, parj>^ le rayon d'ouverture utile de la lentille, et par p le rayon du cercle d'aberration chromatique, on a (§ 176)

Mais cette valeur est calculée en supposant que la lentille n'admet que des rayons centraux; on n'a pas tenu compte de l'aberration de sphéricité.

Si la lentille est utilisée avec toute son ouverture, l'aberration s'aggravera; et les divers foyers seront distribués sur une portion plus étendue de l'axe, entre le foyer des rayons centraux ro liges et celui des rayons marginaux violets : le cercle d'aberration chromatique aura évidemment alors une étendue plus grande.

44. Effets de Taberration chromatique. — Pour biea comprendre comment l'existence d'un foyer chimique, distinct du foyer physique, résulte du phénomène de la dispersion, il nous faut étudier Faction des diverses portions du spectre. Si d'abord nous recevons ce spectre sur un écran, nous observons que l'intensité lumineuse a son maximum dans le jaune et devient nulle aux en-

AB c D E F

Fig. 25.

virons des raies A et H. Il est d'ailleurs très difficile de comparer avec quelque précision l'intensité lumineuse des diverses couleurs.

Quant à l'action produite surles substances sensibles à la lumière, action que l'on étudiera en recevant le spectre sur des plaques recouvertes de ces substances, elle varie beaucoup avec la substance employée et avec une foule de circonstances; si l'on se borne à des courbes moyennes, établies en soumettant les corps d'abord à l'action du spectre, puis à un développement chimique, on trouve (|iie le maximum est toujours vers le bleu.

Nous avons donné ici quatre courbes, dont la première repré-

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sente, d'après Fraiienhofer, la variation de l'intensité lumineuse, et les trois autres, d'après M. le Cap""® Abney, la variation de Taction chimique (par développement) sur l'iodure, le bromure et le chlorure d'argent : elles sont rapportées aux. raies du spectre solaire (*).

Bien que ces courbes ne donnent que des indications approchées, elles suffisent à nous montrer que les rayons qui concourent à former, au sortir d'une lentille, l'image d'un point ne sont pas les mêmes pour l'œil et pour une plaque sensible; lorsque nous mettons au point, nous amenons la glace dépolie au foyer des rayons jaunes, où se forme l'image lumineuse du point visé; quant à ce qu'on peut appeler l'image chimique, elle se forme plus près de la lentille, comme le montre l'expérience de Charles, et la glace sensible coupe, suivant une tache d'une certaine étendue, les cônes de rayons qui contribuent à la former.

4y. Achromatisme. — Il n'est pas possible de construire une lentille simple qui soit exempte d'aberration de réfrangibilité; on ne peut, avec l'emploi d'une seule substance, détruire la dispersion qu'en détruisant la déviation.

Mais en combinant entre elles deux ou plusieurs lentilles de pouvoirs dispersifs différents, on peut amener à se confondre en un même foyer les rayons de deux ou de plusieurs couleurs provenant d'un point donné. C'est ce qu'on appelle V achromatisme.

Newton ne croyait pas qu'il fût possible d'obtenir un système réfringent achromatique ; c'est Euler qui indiqua le premier une solution du problème, et l'opticien anglais Dollond qui la réalisa : il ne s'agissait naturellement alors que d'objectifs de lunettes.

(») Voyez Davannb, La Photographie, Traité théorique et pratique, t. I, p. i4 et suiv. — Voyez aussi sur ce sujet : Jamin et Boijty, Cours de Physique de l'École Polytechnique, t. III, 3* fascicule, p. 38 et 56. — Monckhovbn (D'Van), Traité général de Photographie, p. 21 et suiv. — Vogel, La Photographie des objets colorés avec leurs valeurs réelles, traduit de l'allemand par M. Henry Gauthier-Villars. (Paris, Gauthier-Vil lars et fils).

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