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CHAPITRE IV

46. Tolérance de mise au point. — Avant d'aborder l'étude des moyens que Ton peut employer pour corriger, de façon plus ou moins complète, les effets des diverses aberrations, nous avons besoin de définir exactement ce que nous appellerons une image nette.

Nous n'avons jusqu'ici considéré comme telles que celles qui étaient rigoureusement réduites à un point. Dans ces conditions, nous ne pourrions, sur un écran de position donnée, recevoir que les images de points situés tout à fait au voisinage de l'axe sur une portion de plan perpendiculaire à l'axe; et encore ne devrons-nous admettre que des rayons extrêmement voisins, eux aussi, de cet axe.

Or, si nous plaçons Técran dans la position indiquée par le calcul pour avoir une image nette d'un point donné, nous constatons que nous pouvons imprimer de petits mouvements à cet écran sans que l'image du point visé semble perdre de sa netteté, bien qu'elle soit alors, nous le savons, formée en réalité par une tache d'une certaine étendue.

Nous jouissons donc d'une certaine tolérance dans la mise au point, puisque nous pouvons accepter comme bonnes des images que la théorie nous faisait rejeter.

Pour que, pratiquement, une image puisse être considérée comme réduite à un point, il nous suffit que la tache lumineuse qui la constitue ait une étendue assez petite et ne dépasse pas ce que M. de la Baume Pluvinel a appelé surface de diffusion tolérée.

Cette latitude nous facilite singulièrement la solution du problème général de la Photographie, et, en particulier, la correction des aberrations.

La limite a été fixée de diverses façons.

Si nous désignons par 2e la plus grande dimension de la surface de difiusion tolérée, Dallmeyer acceptait pour 2 s la valeur

qui est un peu forte.

Si rimage doit être vue à l'œil nu, à la distance normale de la vision distincte, c'est-à-dire à 35^™ environ, on peut admettre

valeur calculée par cette condition que la tache soit vue sous un angle de i'.

Si l'image doit être examinée à la loupe, il faudra descendre à

2g Qram j^

(c'est cette valeur que nous avons introduite dans nos calculs d'application numérique), ou même à

o'^^joS.

La limite une fois fixée, voyons quelles sont exactement les conséquences de cette latitude dont nous jouissons pour la mise au point.

Tout d'abord, comme nous venons de le dire, étant donnée la position du point lumineux, nous pouvons déplacer l'écran enti^e deux positions extrêmes, très voisines d'ailleurs, sans que l'image cesse d'être bonne. C'est, à proprement parler, la tolérance de mise au point.

47. Profondeur de foyer. — Il serait bon de réserver l'expression de profondeur de foyer y qui désigne ordinairement bien des choses différentes, pour cet écart des positions extrêmes que peut prendre l'écran sans que l'image d'un point lumineux situé sur Taxe, soit à l'infini, soit à une distance donnée, dépasse en étendue la surface de diffusion tolérée.

(•) Fabre (C.)j Docteur es Sciences, Traité encyclopédique de Photographie j t. I, p. 332 et 340. (Paris, Gauthier-Villars et fils).

Le calcul montre immédiatement (§ 160) que cette profondeur de foyer, pour un point lumineux situé à l'infini, est

f étant la distance focale absolue, et y le rayon d'ouverture uiîlc de l'objectif, c'est-à-dire le rayon du cylindre formé par ceux des rayons parallèles à l'axe qu'on laisse pénétrer dans l'objectif.

On voit que cette profondeur de foyer, une fois admise la valeur de e, ne dépend absolument que du rapport

/ Pour un point situé à distance finie /?|, la profondeur de foyer est donnée par

48. Champ. Profondeur du champ. — D'autre part, la position de l'écran étant fixée, il s'y formera des images pratiquement nettes de points situés hors du plan conjugué de Técran, à des distances suffisamment petites.

Nous appellerons champ la portion de l'espace comprenant tous les points qui peuvent donner simultanément sur l'écran une image nette, et profondeur du champ l'épaisseur suivant Taxe de cette portion de l'espace, c'est-à-dire le déplacement que peut subir un point situé sur l'axe sans que son image prenne un diamètre supérieur à as.

Supposons d'abord cet écran placé au foyer principal de l'objectif : le calcul montre (§ 161) que tout point lumineux situé sur l'axe à une distance du point nodal d'incidence supérieure à

y donnera une image nette.

Si l'écran est fixé à une distance /?2 du point nodal d'émergence; si, par conséquent, il est rigoureusement au point pour un

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