‹ Traité élémentaire de législation industrielle [microform]. Les lois ouvrièresChapitre 158 sur 466 · CHAPITRE IV. — DB:S SYNDICATS PKOFKSSiOKNELS · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — DB:S SYNDICATS PKOFKSSiOKNELS

Syndicats ouvriers. - 609. - Si les ouvriers ne sont pas, et ne peuvent pas être membres actifs des corporations, du moms peuvent-ils constituer eutre eux des associations .professionnelles ou syndicats. Ces syndicats sont parfaitement licites, mais ils restent soumis au droit commun des associations, c'esl-à-dire qu ils ne jouissent pas de la personnalité morale.

Le.i associations ouvrières, très puissantes avant la guerre, avaient vu leun. rangs sédairer de 1914 à 1918; mais, depuis l'armisUce, elles ont n-pris un assor vraiment remarqualile, attesté par les chiffres fournis ci-après. Les trois principaux grouixîments sont les suivants :

510. - 1" Associations ouvrières socialistes (Gewerkschaften) - Leur dévelopi^ement a suivi un mouvement ascensionnel presque continu, depuis le Oongrès socialiste d Erfurt (1872), ou fut <léfinitivemeiit fondc-e la fédération de tous les groupes socialistes ouvriers de l'Allemagne sous se nom d'Union des métiers. « Les corps d^î métiers, écrivait alors l'mi des journaux les plus influenîs du parti, le Volskstaat, sont les places d'armes, les champs de manœuvres où s'instruisent les soldats du socialisme ». Affilée a l'Association internationale des travailleurs, imbue des doctrmes de Lassalle et de Karl M ir.x, l'Union des métiers contribua puissamment à la diffusion de ces doctrines dans les masses ouvrières^ Effrayé des progrès du socialisme, le gouvernement eut d abord recours aux inovens de répression violents, préconisés par M de Bismarck: la loi de 1878, renouvelée par deux fois, vint mterdirc aux associations socialistes tout con^très, toute manifestation extérieure. Mais le virus soci Uiste n'en avait pas moins produit son effet • le gouvernement lui-même, dans l'espoir d enrayer le mouvement, entrant dans la voie préconisée par le parti qull combattait, soumettait au Reichstag toute une série de lois en faveur de la classe ouvrière: lois d'assurances, lois sur la police des ate lers, .sur les sociétés coopératives, etc., provoquait même la réunion, à Berlin, d'une Conférence internationale ouvrière (V. snpra, no

L^s socialistes triomphaient pour ainsi dire sans combattre ; les lois répressives étaient absolument impuissantes à enrayer leurs procurés, si bien que le nouvel empereur Guillaume II considéra qu'il serait de bonne politique, au lendemain de son avenemeit, de se départir de rigueurs d'un autre âge. Le Reichstag se montrai, d'ailleurs nettement hostile au renouvellement de cette législation (l'exception ; Ton revint donc au droit commun.

511 - Depuis cette date, 1890, les syndicats ouvriers socialistes ont progressé avec une rapidité croissante. L'année 1890 vit se reconstituer la fédération de 1872, désagrégée par l'effet des

334 TITRE I. — HEbLEMKNTAlION ADMINISTAHTIVE DE L*L\DUSTBIK

lois d'exception. Celte fédération a ix)ur base les unions de mé.iers dotées pour la plupart duu bureau central et d un congrès périodique (1) ; cha(iue Union envoie un (léé^ué par 3 000 niembies aux congrès péri()(li([U€s de la fédération. Celle-ci a ix)ur organe permanent sa ComniissJon génrrale, composée de sept membres, et siégeant à Hambourg.

A côté (le ces Unions de métiers, organisées régionalement ou natianalemenl, se sont constituées depuis qivebiues annéc-s de nombreuses Unions locales, corres|>ondant à peu près à nos Bourses du travail {Gewcrschaflskartellc). Ces bourses (ou cartels ouvriers qui n'ont rien de conmiun avec les cartels patronaux étudiés infra) étaient, fin 1912, au nombre de 1\\ pour lAIlemagne enlière ; elles groupojcnt 9. 118 syndica;s, avec 2.339.r)7I membres. A ces bourses, adhérentes au parti socialiste, il convient d'ajouter 155 unions locales des syndicats Hirsch-Duncker, et 184 unions locales chrétiennes {Bull. Oïf. tmi>., 1913, p. 800).

Les syndicats socialistes fédérés comptaient en 1900 plus de 680.000 membres (dont 22.000 femmes), soit une progression de plus do 100 0/0 en dix ans.

Le maximum d'avant-guerre est atteint fin 1913 avec le chiffre <ie 2.576.688 cotisajits. Pendant les trois premières années de guerre, l'effectif fléchit considérablement et tombe à 934.834 fin 1916. Dès 1917, on constate une reprise lente d abord, ,puis de plus en plus rapide. Fin 1918, le nombre des adhérents; est de 2.866.012; fin 1919, sous l'empire du régime nouveau, le syndicalisme aapiiert une force irrésistible et reffcclif se ève au chiffre de 7.338.723 I

Cette progression s'est encore poursuivie : en août 1920, les syndicats socialistes ne grouj^ent pas moins de 8 mirions et demi de membres. — L'ensemble de leurs recettes sest élevé en 1919 à 247.306.838 marks, leurs dépenses à 201. 108.709 marks ; leur fonds de réserve dépassait, fin 1919, 133 millions de marks {Bull, min. trav. 1920, 568, d'après le Korr'cspondcnzblatt du 9 oct. 1920.

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