‹ Traité élémentaire de législation industrielle [microform]. Les lois ouvrièresChapitre 235 sur 466 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DfJ CONTRAT DE TRAVAIL

primes à la production se rattache directement Iclude du Sijstùmc Taijlor, sur rorganisation scientifique des usines. I.e cadre de cet ouvrage ne nous permet pas d'étudier ici, même sonnnairement, soit le système du célèbre ingénieur américain, soit les divers systèmes procédant du Imême point de départ, et lend.ml à obtenir ■de l'ouvrier le meilleur rendement, tout en l'associant iadireclemcnt, sous forme de primes, aux bénéfices réalisés par remj^loyeur.

Le taylorisme com]>te autant d adversaires délerminés que de disciples enthousiastes ; il conviendrait selon nous de se tenir à égale distance des uns et des autres. Que celte méthode aboutisse, comme on Je prétend dans les milieuix ouvriers, à l'inleusilication du burmcnage, nous ne le croyons pas ; car, judicieusement apjiliqué; il ne doit être qu un moyen pratic|ue d obtenir de chaque ouvrier l: muxiimim de rendement utile, avec le mininiUfn d'efforts, ci dans le moindre temps.

Or ce résultat i>eut être obtenu, non par un appel plus grand à rénergie individuelle, mais uniquement par une organisation rationnelle de la production. Mécanisme moderne, succe^^sion rapide et ordonnée des diverses manipulations de la matière i)reinièi*e à 1 intérieur des ateliers, suppression des acoups, des entrepôts inutiles et prolongés : développement des usines sur des plans horizontaux plutôt qu en hauteur, adaptation judicieuse du personnel aux tâches (]u'on lui confie, chrononiélrage rigoureu.^c des temps pour déterminer le prix de revient lioraire ou aux pi^jces, et Cid-. culer jcn conséquence le taux des salaires ou des primes : telles! sont les principales directives du système Taylor ou de ses dérivés.

Mais il est certain qu une telle organisation suppose un haut personnel sélectionné (ingénieurs sociaux), un contrôle rijjoureu.v, et que, très coûteuse à meltre sur pied, elle ne i^eut s'adapter qui la grande industrie. Elle ne convient d autre part qu à la fabrication en série, et ne saurait êti'e d'aucun emploi dans nos industries de luxe, dans lesquelles 1 habileté, le sens arlistirpie doivent sallier à une intermittence de travail acharné et de flânerie créatrice.

932 — Salaire collectif. — L on entend par salaire collectif le salaire payé globalement à toute une équipa d ouvriers. La répartition peuL s'effectuer de diverses manières. Tantôt c'est le patron qui détermine lui-même la quote-part revenant à chacun dans la

tr telles de l après guerre, 1918; Bayle, Le.v salaires ouvriers, salaire moderne et système Taylor, 191S; Poiiget, L'organisation du snrmcnigc, 1918; Bertrand Thompson, Le système Taylor (préf. Millrrand), 11)19. — Cf. Genctre Robin, Le développement du machinisme et la spécialisation des usines (Pari, et opin., juin 192')); Dugiié de Beruonville, /.ev nouvelles méthodes d'organisation des ateliers (Bull. Slalist. gén. de la Frauce, avril 1921); Organisation et production, Lyon 1919-21 (éludes diverses). — V ^ussi: Gide, I, p. 162; Truchy, I, p. 126.

somme totale allouée pour le travail en commun : cette quote-part comprenant fréquemment un salaire au temps pour les membres subordonnés, et un salaire aux pièces po«ur les chefs de l'équipe (1), Tantôt le patron laisse aux ouvriers le soin de répartir entre eux la somme globale suivant le mode quil leur plaît de choisir. On est alors eu présence du travail coopératif, qu'il ne faut d'ailleurs pas confondre avec la coopération de production propremeiit dite, dans laquelle il n'y a plus ni dhef d'industrie ni salaire, mais association pure et simple {V. Ut. IV infra) (2).

933 — Statistique des salaires <:i). Leur progression au XIXc siècle. — Cette complexité croissante dans les modes de rémunération n'a-t-elle pas coïncidé avec un accro.ssemeiit notable, non seulement du salaire nominal, niiiis aussi du salaire réel c'est-àdire de la puissance d acquisition des choses nécessaires ou utiles à la famille ouvrière correspondant au salaire moyen ? il le semble bien a' priori, puisque, nous lavons établi, c est eu vu2 d'une jus^ tice plus grande dans la répartition que ces transformations dans le mode de paiement se sont, plus ou moins consciemment, réali-. sées dans la seconde moitié du xixe siècle. Et, di fait, les statistiques françaises et étrangères confirment pleinexnent ce poLit de vue, si Ion s'arrête à lOOti ; leur signilicalion n'e^t pas douteuse et da plupart des auteurs, libéraux ou interventionnistes peu

(1) Le salaire collectif affecte e.i ce cas !e cara:tère d'un forfait ^contrat work) au regaixl des chefs dé^uipe et principaux ouvrie/s. Le sala re au icnips des ouvriers inférieurs vient en déduction de forfait; d'où avantage pour les thefs de groupe à exécuter le travail dans le plus bref délaa possible. Si les ouvriers rémunérés au temps ne sont pas embauchés directement par le chef d'industrie, l'opération afiecle alors les ca actères du marchandage, prohibé en principe ^ii France da is des conditions déter- Miiuécs plus loin (v. chap. 111, infra). Le salaire peut être à la l'ois collectif et progressif (filatures du Lancashire, dojks de Londres, tudenes de Marseille, employés d'un même rayon dans certains gra.ids magasins, etc. — Schloss Kist, p. 119 et s.

(2) Le travail coopératif est largement usité dans les mines anglaises, Jans les mines belges de Maiieaiont et Bascoup; ea Australie, en Nouvelle- Zélande, pour l'exécution des travaux publics, et dans la plupart des mines françaises (Cf. Amieux, op. cit.). — Ce mode de travail fonctionne aassi parfois dans l'imprimerie, notamment en France pour limpiession du Journal Officiel {Assoc. profess. oujrières, t. I^^ p. 712; Ferrelti, La

•ommandite égalitaire de l Imprimerie nationale [Régie directe,^ janv.-févr. lil09J), chez, les dockers des ports, nolamment à Londres et à Gênci, etc. — Cons.' Richard, Essai sur la coopération de maln-dŒU>re, th. 1904.

(3) HiBLK G VAPHIE: Lcvasscur, Questions ouvrières, chap. IX, et Salarial et salaires; II. Denis, La dépression économique et sociale et r Histoire des vrix, 1 vol. avec diagrammes, 1895; Fawccts, Travail et salaires; Benuregaixl, Théorie du .salaire; Villcy, La qustion des salaires; Chevallier, Les salaires au xix« siècle, 1887; Bourguin, Les systèmes socialistes, p. 367 et suiv.; d'AvencU Paysan^! et ouvriers depuis sept siècles, les salaires auji temps modernes; De Foville, Le tauv des salaires et le coût de la ui^

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limporte, s'accordent à reconiiaîlre qu au cours du dernier siècle les salaires, infimes il est vrai en 1800, ont progressé en moyenne, sensiblement plus vile que le coût moyeji de la vie. L'on ne diffère que sur le taux de cette progression (1). Nous nous bornerons à quelques exemples.

934. — 7'issagc. — Dans lindustric du tissage, de la filature d.la laine, qui occupe un si grand nombre d'ouvriers dans le nord de Ha France, voici les salaires relevés sur les registres duii fabricant (2) :

Trieurs 4 fr. » 5 Ir. »

Dégraisseurs 2 » M) 3 » 25

Ouvriers de peignage ..... 1 » 10 2 » 25

Tisseurs 3 » » 5 » »

Tisseuses 2 » 50 4 » 25

Industries iUverses. — D'autre part, M. le sénateur Siegfried, dans un discours prononcé à Dieppe en avril 1900 (Mutual, lijonn.. avr. 1900), déterminait ainsi, en s appuyant sur les résultats de ses enquêtes personnelles corroborées par l'enquête générale de l Office ,du travail, le salaire journalier moyen des ouvriers dans l'ensemble des départements, Paris excepté :

Tissages de coton 1 fr. 44 3 fr. .35

Mines de houille 1 » 90 4 » 25

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