‹ Traité élémentaire de législation industrielle [microform]. Les lois ouvrièresChapitre 59 sur 466 · CHAPITRE III. — DU DROIT DE COALITION · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — DU DROIT DE COALITION

piilronalcs (et sous la même réserve au sujet des contrats collectifs), qu'ure conséfiucnce normale du régime de la liberté du travail. Tout ouvrier est libre de ne pas travailler aux conditions qui lui sont offertes ; ce que cha(fue ouvrier peut faire isolément doit, logiquement, être considéré comme également licite pour les ouvriers en groupe. Présentées isolément, leurs réclamations échouent presque fatalement ; s'ils se concertent et forment un faisceau puissant, ils peuvcnl lutter avec avantage, et opposer à la }>uissance du cai)ilal la force que donne l'association. Pourvu que les coalisés ne portent pas atteinte aux droits des dissidents, la coalition d'ouvriers, loin d'être une atteinte au principe de la liberté, n'en est que la consécration.

274. — Causes des grèves. — Peu importe d'ailleurs l'objet de la réclamation. 11 ne faudrait pas croire en effet que les grèves n'éclatent jamais que pour défendre le taux du salaire contre toute tenlidive de réduction de la part de l'employeur, ou pour conquérir de liautc lutte, les circonstances économiques paraissant favorables, un salaire plus élevé. Telle est bien sans doute la cause principale des grèves (61 0/0 des grèves de 1914 ; Bull, du Ministère du traïKiil, 1920, p. 16) ; mais d'autres causes peuvent également intervenir. Nous citerons, notamment, d'après la 'même statistique de l'Office français, pour l'année 1911:

Les demandes de réduction du temps de travail avec maintien des salaires (5 0/0) ; les demandes de renvoi d'ouvriers, contremaîtres ou directeurs ou, à rinverse, les demandes de réintégralion d'ouvriers congédiés (25 0/0).

Au fur et à mesure que se développe la législation ouvrière, et que le contrat de travail est plus étroitement réglementé, le nombre des grèves relatives, soit à l'aménagement hygiénique des ateliers, soit aux modalités diverses de contrat de travail (modes de paiement, travail aux pièces, règlements d'ateliers, durée de la journée, repos du dimanche, amendes, etc.) va en diminuant.

En 1914, c'est à peine si elles représentaient 5 0/0 du total.

Par contre, il convient d'enregistrer le progrès des grèves de sijmpalhic ou de solidarité (ouvriers n'ayant aucun grief personnel, niais se mettant en grève, sur un mot d'ordre, par sympathie pour des grévistes de la même profession, ou même d'une autre profession, à titre de solidarité ouvrière). Ex. tentative de grève générale dans les mines, en 1901, par sympathie pour les grévistes de Montceau ; grèves générales ordonnées en France par la G. G. T., en 1910 et en 1920, en vue d'appuyer la grève des cheminots (1).

(1) A signiajer aussi: a) les grèves politiques, tendant à exercer une pression sur le pouvoir: grèves générales belges de 1892 et 1913 par

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