CHAPITRE PREMIER
DES SUBSTANC£S NikTUR^IXES U^DICJNALfiS»
Les corps naturds qui ont été employés dans la médecine sont extrêmement nombreux. L'homme en proie à la douleur a cherché du soulagement dans tout ce qui Fentourait. Fatigué d'invoquer en yain le secours des choses dont il se servait habituellement » il s'adressa à tout ce qu'il avait jusqu'alors négligé. Quelques succès encouragèrent son audace » et les matières les plus étrangères , les plus contraires même à son organisation , furent bientôt transformées en moyens médicinaux. Dépourvu de guide dans la recherche des substances propres à former des médi*caments » il adopta d'abord sans scrupule , s^ns examen» toutes les productions qui parurent offrir quelque utilité. Chacun voulut contribuer à enrichir la thérapeutique; on tint à honneur d'ajouter un remède nouveau à la masse de ceux qui étaient déjà connus ; tous les jours le nombre de ces agents augmentait , et tout ce que contiennent les trois règnes de la nature semblait devoir entrer dans la matière médicale.
Il est cependant une condition que les substances naturelles doivent remplir pour mériter le titre de médicinales» c'est de faire sur les tissus vivants une impression qui modifie leur état actuel. Ce caractère sera le signe auquel
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nom reconnaltroDS parmi tons 1«» corps de la nature ceux qui peaTenI deremr de» agenla thérapealiques*. Les prodactiona qoi auront la faculté d'agir sur nos organes , de changer leur mode de vitalité et Tordre de leurs mouTements, devront être admises dans la matière, médicale. Celles qni^ en contact avec nos parties vivantes » resteront inactives» devront en être exclues. Nous verrons plus loin pourquoi nous attachons tant d'importance à cette faculté agissante des productions naturelles ; nous verrons i{oe c'est elle qui devient yertu médicinale', lorsqu'elle se met en exercice sur un corps actueUement malade.
Cette faculté active des matières minérales , végétales et ai^ales, que la thérapeutique sait rendre hienlaisante, n'existe pas toujours cgalemept développée , également étendue, dans les- corps qui la recèlent. L'énei^ie qu'eUe montre y le décroissement qu'elle peut éprouver , toutes les Tariations enfin qu'elle est susceptible de subir» méritent un examen approfondi. Comme c'est d'elle que les agents pharmaceutiques tirent leur utilité» leur mérite, nous devoos rechercher les causes qui peuvent modifier o^ altérer Cfstte puissance.
Les substances minérales ont une existence.passive; aucun mouvement intérieur n'agite leurs molc^cules, ne fait Tari^ leur substance. Tant qu'elles existent» elles se composent des mêmes éléments et jouissent des mêmes qualités. Le pharmacolojpste les trouve toujours identiques» Les principes qui les constituent sont retenus , domipés par les lois qui régissent toute la nature morte; la ibrce active dont elles sont dépositaires est aussi fixe que leur matériel. Les végétaux et les animaux nous offrent un au-
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dqf eakrdeft agents thérapeutiques. U e&t bonde n'admettre aussj pour l'insagé médical que les piM>duetk>n8 qui' s<mt bien vivantes et dans un étal i»ain. Les racines, les feuiUe&, les fleiu*s» les fruits, qui ont été piqués paiçdes insectes ou qui préseKitent tout autre genre de détériorAticm , doi«vent étre.rejetds i leur cooiposition chimique est ordinairenflent modifiée., lu proportion ou même la nature de leurs princes actife a subi une altération; elles ont pu perdre la £it€nlté qm lies .rendait propres au service de Vart de guérir. {....*
Le» dUEérences que préèenteat :1a Constitution intime des plantes y leurs qualités chimiques 9 Içurs facultés, ne d^pend^t pas toujours d'elles/du principe qui le» anime^ eu du développement succesif de leubs -pairties. Tout.^ gétal vit soQS Tempire-de causes qui ^i quoique sépai;ées ou distitietes de kû>.soiut ielleipentrnécessai^ à sdu eiiistencé y qu'il périt si- elles ii'agiseen4; pas sur «es orgades d'une manière coiitintie; Ces caïusè» sont : i^ une brte végëlale i '«i*" de jl'eau^ 3^' de; k cbaieur; 4^- de ta- Iti'mîère^ 5** deïair atmosp^riquct Une plsiote «des radines ed bon état, une tige qui n'o^0 'Sfucunie lésion ,'' set| ranaèàUx sont couverts de féuillei); «ll6 véunit^ les conditions phy&iquej qui luisdnt essentielles c^cépeiidant chacun de ieesappa^^ reils organique^ mâte<âahs'rinertie, aucun d^eux ne m àieten ))^v si' Ic^ clreoDStân^s exttériêures dont nous â^bs parlé ne vîetftient' leur imprimer le mouvemont; soutenir ieur^aotioinV&uriurlià leurs besoins. Notez .})ieii queileconGo6rs,.que'Ift'Téfinioâ 4e ces dnq eirèonstari^ ces estiindispensabje ; fqud l'absence d'une^eulé d'^qtpe élles^ $ui&t;^onr suspendre la vie . végétative. Mettes vno
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]d«iitedani une bomie terre » elle m végétera paa si elle manque de chaleur ou d'ean : elle périra h\ eUe eal privée d*air. Donnes à une plante un terrain favorable , une température élevée» arrosez-la convenablement, qu'elle soit au milieu d'un^ grande masse d*air : sa v^[étation seta imparfaite, elle t<Hnbera dans un état maladif, si elle reste dans robsonrité , si elle ne reçoit pas Faction do fluide lumineux*
Les influences qui, partant de chacune d» ces causes, agissent avec tant de force sur les plantes , ne conservent pas toujours le même caractère. Tous les terrains ne sont pas de la même nature, ne fournissent pas aux plantes des principes nutritifs identiques. Nous voyons sans cesse la ten* pératnre varier, rbcnnidité rempkcer la sécheresse , etc. Ces influenees ne présentent pas non plus la même force \ elles se montient'tantdt]^us faibles, tantôt plus puissanles. Est-il rien de pins inconstant jque la somme de calorique 13>Te, de lumière, que la quantité de vapeurs aqueuses que recèle l'air atmosphérique ? Cependant ce sont ces causes qui dirigent les fonolinns de la vie végétative, qui règlent les actes d'où dépend iiBQié«elo|^mênt de toutes les paHieade la plante. Ces causes décident de la composition chimique qu'offiriront les racines, les tiges, les feuilles, les fleurs, etc i elles roidént plus rares ou plus abondants , dans ces productions « les principes médicinaux, la gomme, la résine, l'huile volatile, la matière bidsamiqnc, extractive, eic«; elles peuvent même opérer des modifications défavorables dans la nature intime de ces principes ; par là ettes aagsmitent ou elles diminuent leur valeur comme agents thérapeutiques. C'est sous ce rapport qu'il importe, i^ la
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du sable, dans un terrain, décide de ses qualités parrap- .port à la végétation. Lorsque Tune de ces substances domine dans la composition du sol, ce dernier acquiert une nature particulière , et parait convenir davantage à certaines espèces de plantes. Nous en avons qui se plaisent dans une terre sablonneuse; d'autres semblent rechet^cher les lieux où l'argile est abondante , etc. Lorsque les plantes sont contraintes de se développer dans un milieu qui n'est pas celui que réclame leur organisation , leur pori atteste un état de souffrance; leur intérieur doit avoir subi mie altération : elles sont moins propres pour l'usage de la médecine. Un sol gras» surchargé d'engrais » demdlé-* cnles végétales ou animales , agit aussi sur la constitution.chimique des productions végétales. Une affluence continue de principes nourriciers par les racines des.plavtes remplit leurs filières de sucs mucilagineUx , nuit 3i la for^ mation des matériaux résineux , extracttfe> etc. Les lii^ux que nous avons ici en vue peuvent être très-convenables, pour la culture des plantes alimentaires; mais 0}x ne doit pas en général y chercher les productions dont cm veut former dés médicaments : ces terrains aflfaiblissent strrtout les propriétés des racines médiciriales. ' - • -
. De l'eau. L'eau est, comme la terre., un agent îgd^pensable pour ^exercice de' la vie végétative ; qui igwbre qu'une longue sécheresse appauvrît nos moissons^' produit' la stiérilité ? qui n'a pas remarqué le biep presque ^!^^!)!^.. que fait aux platitesrune pluie douce, lorsque la ieirri^ est depuis quelque temps aride? ^ r . .
Sans l'eau, le mouvement de décomposition que nous avons signalé dans la terre végétale ne peut s'effectuer i
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k sécheresse rarréte, le sapprime, comme le froid. De jixiB, TeaH est le yéhicule des principes nourriciers ; il faut foe ces derniers soient dissous ou en sospension dans ce Uqnide» pour ffaiU paissent s'insinuer dans les radicales des plantes , pénétrer dans leurs filièros» se répandre sur tous les points du corps végétant /
Mais toutes les plantes n'ont pas besoin d*UM égale quantité d*eau : il en est qui habitent les lieux les phis éleyés et les plus secs ; d'antres cherchent les sols bas et ad>reu¥és d'humidité. Il est important de consulter les habitations qui sont projues à chaque espèce de plantes , et de ne prendre celles dont on yeut se servir en médecine que dans les endroits qui conviennent à leur oi^anbatîon; ailleurs elles pourraient ne pas contenir dans les propor* tioDs naturelles les matériaux d'où émanent leurs pro-- {Hriétés médicinales.
Quoique Tean soit indispensable à la végétation, il m faut pas qu^elle devienne trop abondante, car alors elle maintient délayés les sucs des végétaux ; elle nuit à la formation de l'huile volatile, de l'extractif , de la résine, etc. Les productions végétales ont moins d'odeur et de saveur dans les saisons humides; celles qui sont médicinales montrent alors moins d'activité.
De la chaleur* Une bonne terre et de l'eau ne suffisent pas pour faire prospérer les plantes» il faut encore de la chaleur. Le calorique semble décider» provoquer tous les mouvements qui s'exécutent en elles. L'absence de ce principe détruit toute végétation; sa présence au printemps lui rend toute l'activité dont elle est susceptible. Le calorique joue alors un double rftle qu'il est intéressant de
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sons? L'abondance ou la pénurie du calorique et de la lumière produisent toutes les merveilles dont nous sommes les témoins dans chacune des quatre parties de Tannée.
C'est du soleil que découlent ces deux puissants agents de la nature vivante ; les rayons qui en émanent sont un composé de fluide calorifique et de fluide lumineux. Éloi* gné de nous en hiver, cet astre ne nous envoie que trè^ peu de chaleur; il ne nous éclaire chaque jour que pendant quelques heures seulement. Presque toujours dans l'obscurité, les êtres oi^anisés ne sentent plus l'aetion vivifiante du fluide luniineux ; ils ne reçoivent pas non plus celle du calorique ; c'est un autre agent, c'est le froid qui domine la nature. Au^si nos champs sont couverts de glaces; les plantes annuelles ont disparu» les plantes vi» vaces sont réduites à des racines qui attendent dans la terre le retour d'un temps plus prospère» les arbres sont dépouillés de leur verdure.
Rapproché de nous au printemps» le soleil nous envoie des rayons plus riches de calorique et de lumière. La terre se réchauffe ; de tous les points de sa surface sortent des productions végétales; les graines des plantes annuelles éclosent; les plantes vivaces produisent leurs tiges; les boutons des arbres se gonflent » un élégant feuillage s'en échappe; alors nos serres s'ouvrent» et les conditions pour la végétation se trouvent si favorables près de nous» que les plantes mêmes des régions méridionales s'en accommodent.
Les rayons calorifiques et lumineux du soleil acquièrent en été la plus grande vivacité possible. Réchauffée pendant le printemps» le sol n'absorbe plus de chaleur; toute la
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MMume de eatoriqoe qo'il reçoit reste à sa rarfJMse» et atU amie les êtres virants qui la recooTrent Le^ flots de laflnère <|iii y arrireet en même temps se mêlent h ce premier principe» et ces denx fluides si puissants sur la nature Tirante, semblent inender nos contrées. G*est alors que les plantes engendrent les sues odorants » les huiles volatiles» les matières esrtractires, balsamiques, i^ésineuses» colorantes » qui les rendent utiles dans la thérapeutique : c'est alors qu'elles présentent le plus de sapidité, qu'elles eihalent l'odeur la plus forte. C'est dans cette saison que la natore travaille h nous composer des corps médicamenteux.
En automne » l'artre qui illumine et échauffe notre globe eonttnue la marche rétrograde qu'il avait déjà prise en été: de jour en jour ses rayons s'appauvrissent ; le temps pendant lequdi nous les recevons devient de plus en plus court : Pair et la surface de la terre éprouvent un refiroidissement progressif Tout change autour de nous ; le travail de la v%étatîon s'arrête; les plantes annuelles ont disparu; les plantes vivaces perdent leurs tiges, les arbres leurs feuilles: l'hiver établit son empire sur toute la nature. QueUe main a pu chapger ainsi nos destins ? Le soleil s'est éloigné ; le calorique et la lumière ont diminué autour de nous.
Cet astre exerce une influence qui vivifie les végétaux et les animaux; on le voit, en s'avançant sur chaque hémisphère, ranimer ces êtres, exciter l'action de leurs organes , leur donner bientôt une plénitude de vie qui allume en eux le désir de la répandre , de se reproduire. Mais si le soleil veut maintenir les merveilles dont il est la cause, il faut qu'il agisse toujours et que sa force ne baisse pas: cat T. I. a
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son ouvrage ne subsiste qu'autant qu'il reste pour le pro*^ téger ; sjI s'éloigne^ ou voit aussitôt so produire une autre puissance d'un caractère opposé qui fait tout diaparaitre; c'est celle du froid* On pourrait supposer que d'abord le froid dominait seul sur le globe terrestre , et que la eréatioiji du soleil amena tout à coup un nouvel ordre de cl^oses. On pourrait dire que les principes qui émanent de cet astre vinrent susciter une nature végétale et une nature animale. Nous voyons en effet qu'elles se montrent plus puissantes sur Tun et sur l'autre hémisphère selon ,que le soleil & avance de l'un ou de l'autre coté du globe.. En continuant cette même supposition, on pourrait admettre^que la chaleur. a.établi son trône sur la ligne équatoriale» et que le froid a le sien sur chacun des pôles. AinsLle,froid tient sous son sceptre les zones boréales :. là» aucune puissance ne balance la sienne, et la mort» son cruel ministre , éloigne de ces parages tous les êtres vivants. Au contraire» dans les régions équinoxiales» la chaleur fait briller le feu de la vie d'un éclat toujours pur. Là, point d'hiver; toujours une végétation pleine de magnificence omela surface de la terre ; avec les fruits renaissent les fleurs » etc.
Si du Midi et du Nord nous ramenons notre attention dans nos régions tempérées» nous verrons que le froid et le chaud semblent s'en disputer l'empire. En hiver , le tyran des pôles règne sur nous et enveloppe dans une proscription générale tous les êtres végétaux et une grande partie des animaux: il dépeuple nos bosquets, nos prairies» il étend au loin ses conquêtes , et les contrées mêmes du midi de l'Europe souffrent parfois de ses attaques. Le printemps revient nous consoler : la chaleur repousse le froid , et vient