CLASSE PREMIÈRE
MiDIGAMBlITS TONIQUES.
Section L Conêidérations générales sur tes médicaments toniques.
Les médicameBts que nous réanissons ici sous le titre commun de toniques , medicamenta tanica, de tôvoç, ton, tension» raideur» ont été aussi appelés corroborants, de corroborare (ro^ur), fortifier» rendre plus fort; stypiiques, de 9Tvfw, je resserre; astringents, d*aitrmg^*«» serrer, rétrécir» etc. La propriété agissante que recèlent ces médicaments détermin^^ans les tissus des organes vivants une modification qiii^écifie leur opération» et que nous allons essayer de faire con/nattre.
Si Poi^ane sur lequel on cherche à étudier Taction d'un médicament tonique est actuellement dansTordrenorma], si ses fibres ont leur degré naturel de cohésion» si ses tissus offrent la densité » la consistance de Tétat de santé, rinfluence de Tagent médicinal devient difficile à suivre. Pendant qu'il soumet le corps à sa puissance» les oi^anes ne changeront pas de condition; leur mesure d'activité» la force de leurs mouvements n'éprouveront pas de variation appréciable; la circulation , la respiration» les sécrétions» etc. » conserveront la régularité dont elles jouissaient. Ce que peut alors opérer de plus remarquable le médica-
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ment doiil nous parloiift » ctai de Goumuiniqiior plus d*énergie aux apptreiU ^ exéeolenl ces fondions» de donner plus de force, pins defocililéau jeu des organes; mais le pharmacologisle Inoaverarl-il dans ces légères nmlalions des caractères saillants, des sjrmptAmes qui puissenl serrtr à former an tableau de la médication tonique? Ce neA passur des personnes en santé qu'il est facile de démontrer la nature de la propriété active des médicaments de cette classe, parce que leseffets physiologiques qu'ils proToqoeût ne se prononcent pas sur elles.
liais les organes sur lesquels la force tonique va s'eKorcer sont* ils dans une disposition snormafe; leiurs tissus oflrent-ils un relâchement morbide; ces tissus soi|t*ils deyenus plus mous , ou se trouvent-ils, dans un état d'oligotrophie; l'impression tonique suscite des changements plus évidents dans la eondition actuelle de ces orgailes, La di^Ktfition où ils sont accidenteltanent rend plu» saillante rimpressîmi Umique ; l'énergie que 'Oes. organes en reçoireot peut se mesurer^ s'estimer ; cette inqpression amène des phénomènes qu'il est facile de oenstator. Les meuve" mcnts étaient fiûUes, ils deviennent plus ùMê : dans chacune des fonctions, l'eflet de ce changement se manifeste ; on peut même dire que plus le relAcbement dea tissus vivants est considérable, plus le pouvoir des agents 4oni* qnes devient visible.
Quand il existe sur les tissus des organes un tnrrail de phlogese, les médicaments toniques trouvent encore une condition fovorable à la démonstration de leur vertu. S'ib sont mis ea contact immédiat avec le lien phlogeaé, ils «laspèrent ordinairem^it les accidents que l'on y observe.
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il9 donnent plus d'intensité h lu challear» à la donlenr, ils causent des piûotemenls itiiêupportàbles; ils augmentent la telkaion , etc. Si la substance U^niqnè est appliquée sur un point du corps éloigné de celui dû la phlogose a son siège» elie peut atteindre ettCél^ce dertiier parfabsorption de ses molécules : on roit le travail local prendre plus d'activité après Tadministration de cette substance ; le tronble morbide général derient plus prononcé , le pouls est plos Tif » la peau plus aride et plus chaude , ëtc»
Déjà nous pourrions décider quel est T^efiidt physiologique que les médicaments de cette classe opèrent dans le système animai. Nom ajouterons que les substances toniques, appliquées en poudre» en cataplasmes , en empUtre^» en lotions»^ produisent un rétrécissement subit des ourertures qui aboutissent à la peau ; €[u*elles rapetissent sensiblement leur diamètre ordinaire ; que ces substances, on contact avec les membranes muqueuses» dessèchent momentanémemleur surface » en occasionant la consfriction des pores qui les humectent ; que» mises sur une plaie récente» elles arrêtent Téconlement du sang ; qu'dies diminuent visiblement les œdèmes des membres; qu*elles restituent aux parties vivantes qui sont relâchées , ttunéfiées» mollasses» leur tension» leur vcdumehaUtnel» etc. Maintenant ne devons*nous pas reconnaître que l'impres* sion des agents toniques sur les tissus vivants » détermine un resserrement de leurs fibres : celles-ci se rapprochent, se condensent » et les oi^anes qui en sont composés acquièrent une plus grande fi>rce matérielle. Ce mouvement intestin de la substance organique est lié k un développement de la tonicité de la partie oii il s'exécute. Cette mo-
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dification fibrillaire des organes rend à la fois leur texture phis solide el leurs motiTenieiito pias énergiques, plus robustes. Celle confortation simultanée s^aperçoit sourent dans le jeadea if|MMib orgasiqM»» dans Tesercice des tmoticma»
U ert fiicQe de coiaeevoir comment la muiaiion organi** que fDD profoyieat les agents Ioniques, peul devenir tantfttle ranèda faffiecliona entretannes par nn élat de fttblesae » iantAl k caose d'aecidenis cpii tiennent à nn excès de force* On voit également pourquoi ces a^nta proToqneart des effets «i peu apparents; leur opération sur réeanmnie animale n^intéresse que la tonicité des or^ * gmei» q«B Iftf^nra de contraolîlité à laquelle Bichat ayait doané Je nomid'idsenttUe , parce que son exercice se &it d'une nHaiire impeiceplible » et que son développement ne nneile ancqn phénomène eatensiUe. Seulement le tissa -orgamié oh ail a lieu devient plus ferme , plus dense s eo presaanl sur kd , on sent qu'il résbte davantage , et en voyant apr TensemUa organique qu'il forme, on reconnaît qa^Ieamnovements de ee dernier ont acqnis une force noav^e.
Section II. Des substanceê naturelles qui ont une
propriété tonique.
Les trpis règnes fournissent des prpduits doués de la vertu tonique* Nous commencerons par Texamen des végétaiu dans lesquels elle «e trouve.
»4o MÊDiCAlUINTS
JL^ l^e$$ui$i)aftm^igétaks toniques»
Qontid Phiimiiie eiuwime^^M stibstanees méd^ciiialef » et qu'il cherche à dévoiler le secret de leur yertu^iaipre* mière épreuve à ia<)uelte iliciB souaMlv c'est 'à délie ides sens du goât et de IWorat; Or^'Inisi'M^Ja langue, lef végétaux' toni^ea doikiiDiit uneisaveuir.aflUàre ou-atypd'*^ que. L'orgaué d&ctiflëslooùvo inodores burtrèsTpao-âco^ matîques. ■ ' ■>..., >.
Les matériaux qui domiii^t dfins k feoBqKMilioii'>eln*^ mique dés Biibstance» végétales toniques «aMi un prineîpà ektracti^, le tannin, Tacide gallique, «t '4am amelqaeia* une^'Ui^ alcaloïde, ufic mattàre az6lée*.'fii ron y décèoné de ta réiine et de l'huile- volatile» cc»c<;orps y^aoB* ondi-* naioemeni pour un» proportion ai pel^e,..quQ^Qllioftpeot apprécier qudle est leur iidoence dais TaètibiKiBédifiinalé des productions qui -les. Tècèlent. Lés* chknsateadé^ mocitreAt aussi ^ dans pliimors végâtaux . toniques» la présence de la fécule et duiuucilage : niaisqnepeilt.opérer la force adoucissante, relâchante ou émolliente decea principes sur les tissus vivants, puisqu'au moment oii elle doit ^e mettre en exercice , d'autres matières plus puissantes développent leur propriété, et déterminent des changements opposés à ceux que tendent à produire les principes que nous venons d'indiquer? La vertu tonique paraît attachée , dans les végétaux, à i*e)ctractif, au tannin et à l'acide gallique ; dans les quinquinas , eDe émaîtio surtout d'un alcali végétal : ces matériaux n'existent pas tous ensemble dans les productions qui ont une vertu tonique;
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îk ne sont pas non plus pour des proportions égales dans tontes les plantes qui jouissent de cette yertu. Rappelons ici en peu de mots la nature et les propriétés de chacun de ces produits de la végétation.
De Pexiraetif.
Ce corps entre pour une forte proportion dans la consti« tiition intime d*un grand non^re de substances végétales toniques ; les chimistes Font nommé extractif» parce qu'il ibnnelâ plus grande partie des extraits pharmaceutiques. On fa d'abord regardé comme un des matériaux immédiats des corps végétants : on lui donnait pour caractères d'être d'on bran foncé» brillant, cassant lorsqu'il était sec, d'une Mveiir amère, soluble dans l'eau, dans l'alcool, insoluble dans l'éther. On avait remarqué que quand ce principe s'était combiné avec l'oxygène , il refusait de se dissoudre dans l'eau; mais que l'alcool continuait de s'en emparer : on le désignait alors sous le nom d'extractlf oxygéné. On n'admet plus aujourd'hui cette matière au nombre des principes des végétaux; l'extractif est un produit composé d'acide, de substance colorante, de matière «otée, etc. Toutefois cette matière exerce sur les organes one impresaian qui affermit leur tissu matériel , développe leur ton, lenr énergie. Son action n'a point l'àpreté du UnniiL Las «fiels de l'extractif sur les parties vivantes avec lesqn^es on le met en contact sont plus lents, plus modérés, et se prêtent mieux au désir du thérapeutiste , lorsqu'il les fait servir k corriger l'atonie, la faiblesse d'un oigana on d'un appareil organique qui demande des ménagements , qui n une grande susceptibilité.
Du tannin.
Le tannin , qu'on avait dé même regardé comme un principe immédiat que possédaient certaines plantes, a été, dans ces derniers temps, placé parmi les produits complexés dé la végétation. M. Ghevreul pense que c'est un composé d'acide galliquê, de matière colorante» et dé plusieurs autres substances. Lé tannin n'a pas toujours les mêmes propriétés. Toutefois il se dissout difficilement dans Feau froide, mais très-aisément dans Teau chaude. Il se dissout aussi dans l'alcool et dans l'éther. Il décompose l'émétique, et forme, avec les éléments de ce sel, une combinaison qui n'a que peu d'action sur l'économie animale. Il précipite la gélatine , et forme avec elle un corps insoluble : on ne doit pas administrer les substances qui contiennent ce principe , et qui eh tirent leur propriété , dans du bouillon, dans du petit-lait, dans des véhicules enfin où la gélatine existe. Le tannin se comporte de même avec l'albumine. Lorsqu'on veut mettre à Tétat sirupeux les infusions et les décoctions qui renferment du tannin, on doit employer le sucre, et ne point se servir de blanc d'oeuf pour clarifier le sirop. La imatière tannante ne parait plus un composé qui soit toujours identique, quand on la traite par l'alcooL Le tannin que l'on obtient de la noix de galle est absolument insoluble dans ce liquide. Au contraire» cet excipient s'empare du tannin qui existe dans le cachou, dans l'écorce dé saule.
. Le tannin exerce' une action très-prononcée sur les organes vivants; mis dans la bouche, il i»*bdnit une fortfe
astriction, qui semble rétrécir subitement Tétendue de cette cavité. Ce principe fait mie impression analogue sur les autres parties; il décide un resserrement soudain de leurs fibres : cet effet deyient quelquefois si marqué, il est ordinairement si brusque» qu'il offense les organes. L'emploi des substances dans lesquelles le tannin est abondant , comme la noix de galle , le cachou , etc. , donne lieu fréquemment à des douleurs d'estomac, à de Toppression, à du malaise, qui annoncent que ce viscère supporte péniblement la présence de ces matières actives.
De l'acide galiitfue.
Uacide galllque est encore un des principes générateurs de la vertu tonique. Cet acide est toujours uni an tannin; il cristallise en petites aiguilles blanches, brillantes; il a une saveur acide faible, et laisse dans la bouche quelque chose de sucré : l'eau bouillante dissout le tiers de son poids d'acide gallique, tandis qu'il n'est soluble que dans vingt parties d'eau froide. L'alcool a beaucoup d'affinité avec cette matière. Les sels à base de deutoxyde ou de tritoxyde de fer sont décomposés par l'acide gallique pur, qui forme un précipité bleu dans les premiers, et d'un brun noir dans* les seconds.' L'acide gallique agit comme le tonnin sur les ^tissus vivants ; ces deux principes portent sur les oi^anes une impression de la même nature : ils concourent ensemble à créer la puissance médicinale tonique dans iè» substances végétales qui les contiennent.
L'açi^ gajliqae pénètre dans la masse sanguine ; on le retrouve dap^ la sécrétion urinaire des individus qui pren-
9^4 MiDICAMJBlVTS
nent des substances médieinales dans lesquelles cet acide «xistB» ccnme ruTa-uni, la rhubarlM» etc. 11 suffit de Terser utie goutte d'hjdrochlorate de fer dans FuraM qae les malades rendent quatre ou cinq heures après TingMtion de ces substances, pour faire prendre à ce liquide xm couleur d'un bleu noirâtre»
Des alcaiU organiçius toniques.
Nous exposerons plus loin les qualités physiques et chimiques des matières alcalines que recèlent les quinquinas. Vous ferons en même temps connattre ce qui spécifie leur opération médicinale.
Ces principes particuliers» que l'on a trouvés dans quelques végétaux 9 sont formés d'oxygèHe , d*hydroçène, de carbone et quelquefois d'azote. Ils s'unissent aux acidei, les saturent et donnent par là naissance à des sels. C'est à fétat de combinaison saline, le plus ordinairement a?ec excès d'acide» qu'on rencontre les alcalis organiques dsDS les végétaux.
Compositions pharmateuiiques.
Les productions dont nous allons nous oceuper servant à fiomier un grand nombre de préparalio&s ; elles prefi* nent différentes figures dans le laboraloireda phanMciefi* On p«ut d'abord las administrer en svdMlttiee , éû hs ré^ duisani en pondre fine : avec celk*<t on peut faiM des éiflftiiaires» des pilules. En se servant 4e l'eau »diltiB oh de l'alcool» on entèvera aux malièvei ?égél4e^ tonifies les principes d'où émane leur vertu médielnid^, et en eb'
tiendra, de notfveaux compesét. Dâfis ce cas, le médbcîii De perdra pas de Tue la oetare et les qualités da yéhictde fu'il eiD|>leiç. L'eaXi laiaawa agir les principes qu'elle a dbsçus » sans gêmc l'exercice de leur puissance, mais sans ajoa^ h sOu inteosilé. Le vb et ralcool ne connaisseat ^s cette ÎMHie : ces excipients possèdent toujours la bcelté atfanulenfee qui leur est propre; et dans les pr^paraliens dont ils font partie» ^mbs les Tins médicinaux, les teiatiMPes* les élixirs, les quintessences, etc. , cette faculté se déreloppe en méeae Ismps qne cette des matériaux dont ils ont dépouillé les ingrédmns toniques ; elle modifie, elle augmente les effets immédiate que ces derniers provoquent. Noos renverrelis k la dasse des diffnsibles (lU* classe) r«xamen des. e£Gbts evganiqaea que fait naître dans le corps l'eiepciça simultané de la double vertu que recèlent les vins et les teintitires toniques.
L'eau sert à fermer des infusions et des décoctions toniques. Conune les pria«^iescliimiques.d*ob dérive la propriété ipii nous occupe, aont fites et nultanent évapora- Ues, on peut s'aider de Tintarvention du calorique pour en faciliter la dissolution : aussi met-on souvent les ingrédients qui les recèlent infuser dans l'eau chaude. On Terse ce liquide bouillant sur les matières végétales pulvérisées , concassées ou coupées par petits morceaux ; ou l)ien on les fait bouillir pendant quelque temps dans cet excipient*. En ajoutant aux Ingrédients toniques une pe-
' ionqn'oa met macérer des substances médicinales dans un eicipieot , on doit avoir l'attention d'agiter de temps en temps le vase , afin ^t changer les rapports respectifs du liquide et de la matière médici-
246 MÉOICâMBHTS
tite portion de magnésie , on augmente la faculté dissolvante de l'eau» et on obtient souf ent des préparationsplos chargées. On fait» avec les planter toniques, des sucs dépurés qui possèdent une eflBcacit^ bien constatée. L*art du pharmacien sait convertir en sirops les infosions, les décoctions» les sucs dépurés» les vins médicinaux : les sirops toniques ne sont toujours que les préparations dont nous venons de parler» qui ont été épaissies à Faide du sucre. En faisant évaporer la partie liquide des infusions» des décoctions» des sucs dépurés qui proviennent des substances végétales amères ou toniques» on forme des extraits» médicaments souvent employés dans la thérapeutique.
Nous allons maintenant examiner les végétaux auxquels sont appliquablescesconsidérations générales.. Pour mettre de Tordre dans cette étude » nous adopterons la marche suivie par les botanistes» nous réunirons les plantes toniques par familles naturelles. Nous reconnaîtrons que souvent les végétaux qui se ressonblent par leur extérieur» par leur organbation» ont une analogie aussi remarquable dans leur composition chimique et dans leurs vertus pbarmacologiques.
Famille naturelle des gentianèes \
Ce groupe de végétaux présente un exemple bien frappant de l'analogie qui existe souvent entre les formes
nale, d'éloigner de cette dernière les parties du liquide qni sont saturées de principes actifs , et de mettre en contact avec elles des portions du Y^icule qui aient encore à satisfaire leur tendance à la combinaison, 1 Nous avons profité des recherches de M. De Gandolle » consignées
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eitérieure» des plantoft et leurs propriétés médicinales. Tontes .les g^tianées ont une saveur amère et très -peu d'edeur : tantes .recèlent une propriété dont, l'exercice sur les tissus virants, détermine un développement de leur Umicité. Dans les diverses régions du globe, des plantes de cette famille fournissent à la médecine des médicaments corroborants, stomachiques, fébrifuges, etc. A la gentiane jaune, à la petite centaurée et à la méniantbe que nous eml^oyons, on a substitué d'autres espèces dans les autres pays, et partout on a trouvé dans cette famille des toniques d'une, gnndeefficaeitéu
Grutiaub. GmtianœrHbrêer€tdix\ cENTiiiiifi lutea L. Gette plante vivaee est une des plus grandes espèces do son genre : eUe crott dans les pâturages secs des montagnes: on la trouve abondamment en Auvergne , eUe habite les Alpes, les Pyrénées, les Vosges, etc. On là distingue de loin dans les prairies, parce que les bestiaux n'y touchent point. C'est la racine de ce végétal que réclame la médecine; cette racine est grosse, très-allongée; elfe ofl&e comme une série d'anneaux très-rapprochés les uns des autres, ce qui donne à son extérieur un aspect rugueux. Une écorce brune recouvre cette production, son intérieur est d'un jàunei vif, sa substance présente une texture spongieuse; une amertume très-intense décèle en elle une grMide activité médicinale. On ne doit prendre
dans toi» B$tai tut U* propriétéi médicales det plantes , deuxième-édition ; Paru, 1816. Non* ne pottTÎons choisir un meilleor guide pour déterminer les rapports qui ex.*stent entre les caractères botaniques des plantes et leon Tertus.
^ Mom pharmaceutique.
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les racines de gentiane , pour l'usage de la médecine» que quand elles ont trois ou quatre années d'existence. 11 faut ce temps pour que la végétation ait pu former dans ces racines les sucs propres d'où émanent leurs vertiis^
MM, Henry et Ca?entou ont soœnis la racine de gentiane à l'analyse chimique ; ils ta ont retiré 3 i* un pïmcipe d'une belle couleur jaune» sans odeur» d'uftd amertume aromatique très-forte. L'eau flnoide a peu d'aetkm sur ce principe» cependant elle derient très<«mère ipiand elle reste en contact avec lui : l'eau bouillante en pr^nd davantage » et le laisse en partie se précipiter par le refroidissement. Il se dissout très-facilement dans Tédier et dans l'alcool, et s'en s^are par l'évaporation sp<«tatiée, sous forme de petites aiguilles cristallines. Les acides affaiblissent la couleur jaune de ce principe» et le dissolvent en quantité trèi-notable : ces dissdutions sont d'une trèsforte amertume. Ce principe parait entrer en combinaitfDU avec la magnésie» il perd alors une partie de sa saveur amère. Ces c)iimistes le regardent comme un corps doué de propriétés pi^rticulières : ils proposent de lui donner k nom de gentmin.
2^ Un priiicipe odorant» qu'ilrp^seot êtm une huiti volatile très^fngaqe» et qu'il est dîfficUe de eoercec Ce principe n'a aucune amertume : en distillaat de l'oau ior la gentiane» on obtient un liquide incolore d'une odeiif extrêmement forte et repoussante» sans autre saveur qo'nn peu d'âcreté. Cependant des traces du principe amer passent à la distillation.
3**. Une matière identique avec la glu» qui est sans odeur et sans saveur» se dissout daois l'éth^r» noiftia reste
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iasoluble dtiu l'eau » l'alcool froid » les acides et le» dislohitions alcalines. L'alcool bouillant en prend très-peu » et cette enbslance ee précipite par le refroidissement.
4*. Une matière huQeuse, yerdfitre, qui jouit de toutes les propriétés reconnues aux huiles fixes.
S\ Une très-petite ^antité d'un acide libre» de nature végétale.
6*. Du sacre inctistallisable ; c'est lui qui , avec la ma- Are colorante fanye et le principe amer» forme la très* grands jiartie de fat masse extractivie que donne la gentiane dus DOS pkaimacios ; la sa?eur amère de l'extrait de gentiane eit précédée d'une saveur sucrée.
7*. Une matière gommeuse qui se rapproche du salep.
8*. tine matière colorante fliuve^
9^ Dq ligneux.
Oa ne troufre dans eette racmo ni amidon ni inuline. Si hf è&eodkms de gentiane se troublent par le refroidÎMiMBt , oet ^et dépend de la s^aratlon du principe VMT, dont rnào chaude est plus atide que l'eau froide. {^wiml dePàamuicie, tome Vit» page 173. )
Uier ami maaiqaèque la gentiane exhalait une odeur V^ nppdaîl c^e tTune espèce d'aconit. M. Planche a oonaiaté que l'eau distillée de celte racine recelait un pnaripsnaQséabond Tolatil, qui agit.aor le cerveau à la ^i^redes plantes viireasea. Ce chimiste prit une cuillefée ^ IxMidfe de celte eaii distillée : il eut ànsiitte de fortes AMées , et au bout de trois minutes il éprouva une sorte i'iiteise qui se pndongea pendant plus d'une heure»
Misèenmacératioa dansl'eau kvne températurechaudks» ^ rscine de gentiane , à cause de la matière sucrée quelle
contient , éprouve une fermentation TÎneuse ; à Taide w la distillation» on retire de ce mélange une eau-de-yie d'un .goût désagréable, et qui conserve l'odeur de la gentiane. On .prépare cette liqueur dans les Vosges et dans le Jura.
On administre la gentiane en poudre : on en fait prendre de 6 à 12 grains , quand on ne veut produire qu'on effet local , quand on ne veut agir que sur les organes digestifs. On élève la dose jusqu'à un demi-gros , ;même jusqu'à un gros., quand en désire que son action sojt générale. On peut composer avec cette poudre des élec.tuaires et des pilules. Nous venons devoir que les principes actifs de cette racine étaient peu soliibles dans l'eau, aussi remarquons-nous que les décoctions: et les infusions aqueuses de gentiane sont peu usitées. On met deux gros de cette racine .par livre. d'eau , quand on fait une infusion; on la laisse macérer pendant douze heures*: on donne aux malades deux cuillerées ou un demi^verre à la fois de cette préparation.. D'une: antre part » nous savons que ses principes* ont plus de tendance à. s'unir au vin et à l'alcool» et les pharmacopées. nons apprennent que l'on a. composé avec cette racine des. vins médi' cinaux» des teintures, des élixirsqui jouissent d'une^ande réputation. On donne les vins de gentiane par cuillerées à bonchei : on; en fait prendre de une à quatre» selon lés effets que l'on veut produire ; les teintures et les âixirs de gentiane s'administrent par gouttes ou par cuillerées à café dans un véhicule, approprié. . La gentiane est un des principaux ingrédients de la teinture, stomachique de Wbytt» de l'é^xir de Peyrilhe » et de plusieurs^ autves préparations
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estimées. L'extrait de gentiane entre fréquemment dans la composition des pihdes amères qne Ton administre sons des titres différents » selon l'espèce d'indications que Ton veut remplir avec eOes : on fait prendre de 9 à 6 grains de cet extrait è la fois ; on en donnerait so grains et plus si Ton voulait snseiter une médication générale. On a proposé tout réceniment on sirop de gentianin : il contient seize grains de ce principe par livre.
Lès diverses préparations que fournit la gentiane exercent sur los tissus vivants une impression qui les affermit , et qui détermine un développement de leur force tonique. Après leur administration , les organes ont plus d'énergie, kars mouvemeets annoncent plus de vigueur, ils exécutent leurs fonctions avec plus de liberté et plus de perfection. Ces effets paraissent surtout sensibles quand un état èd débilité nuit actuellement à l'intégrité des actes de la vie. Alors la gentiane, par son influence corroborante sur chacun des appareils organiques , sert à rétablir successivonent dans leur mesure naturelle l'exercice de toutes les ibnctions. D'abord l'action de cette substance se montre sur les organes digestif; puis, après l'absorption de ses molécules, on suit son pouvoir sur l'appareil circulatoire , mr toutes les parties, etc. Il n'est pas rare de voir, quand on emploie ce remède pendant quinze jours à un mois, et qiie le corps a reçu une grande Quantité des moléccules de la gentiane, survenir une commotion artérielle ; le pouk est plus vif, plus élevé, la figure se colore, le malade éprouve èà la céphalalgie, des saignements de nez, etc. Dans les effists niédicinaux que produit la gentiane, nous reconnaissons bien l'opération des matériaux amers (du gentianin), qile
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cette racine contient en abondance; mais noua n^aperceYons pas rinfluence du principe volatil, odonupt i qa*dle recèle auMÎ. Ce principe n*agit sur kf système nerveux «pie «{ua Ad on l'a concentré, comitie dans Teta dittilléb de b gentiane. Dans les autres coniposés que cette racine aert à former» ce princi^ est pluslrate; 91 n'est )Mnais assez abondant ém» la dose qne l'on en prend k la fçts» pour q«e sa puissance se manifeste , et produise «{uelque changement phynob^ gique que l'on doive apprécier dans l'emploi médicd de cette production.
La propriété t^ttHque do la gentiane annonce qu'elk SjWa un liamède puissant ^ quand il existera sur qbeique orgiâie une lésion qu'un développement inslantmé ou durable de la tonicité ^lownra dissiper. Les auteurs louent son effi<^acité contre lés aigreurs, contre Tes diaitbées, contre les défauts d'appétit , coniré les ^digestions lentes el iiùpar* faites , contre lescoliques ; ks pneumatoaes é les naiiaées, et contre divenes autres affectiom de l'appareil digestif. Hais on veut aujourd'hui plus de précision dana lea hidî^ oatiens diérapeutiqoes. Il: faudrait d'id>ordé6ciderqaiBlles sont les lésions des organes digestifr d\>ù dépendent ks accidents symptomatiques dont nous venons de parier; akm on concevrait facilemeùt^ la geiltiane est capable de les détruire. Il est évident que cette racine sera un remède convenable , Icursque lés tuniques de l'estomac s^tint plus minces, dans un état d'oligotropfaie, ou bien lorsqu'eSes seront Tamollies, dans un état de malaxie : en donnant plus d'activité à la nutrition 'dans ces tuniques, la g^Uiane tendra à restaurer l'organe gastrique , à corriger son altération matérielle ; par ce moyen elle rétablira l'intégrité
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dei digestioiift. Alors le praticiea veat seulemenl agir sur Ta^iareil digestif, il se contente de susciter des médications locales; il donne de petites doses de gentiane. U a soin de faire praidre ces agents immédiatement avant les repas» afin (pie le moment où Testomac ressent l'influence de leur ?ortn tonique soit celui ob TairiTée des aliments dans ce viscère Tient proTo^per le déreloppement de sa vitalité, et Tebliger k un travail que sa faiblesse rendait pénible et incomplet La gentiane est encore salutaire, quand une condition moibide du cerveau , de la moelle épinière ou des plexus nerveux, a fait baisser le cours de rinnervatton sur las tuniques de l'estomac, que ces tuniques sont tombées dans un état de langueur , de relficbement, que leur vitalité est affaiblie. Alors le praticien donnera des doses fJasélsvéesde gentiane; il faudra que les molécules de cette racine se portent sur les centres nerveux, et que leur im> prettion rende à ces centres raotivitéqu'ib n'avaient plus. Cette substance poivra aussi servir pour combattre pluskoi» lésions des intestins : eUe sera un remède utile contre Isiir étal d'oligotrophie, on leur débilité matérielle, contre h dégénérescence molle de leurs tissus, même contre le rdicfaement qui tiendra à un «fiaibtissemettt de l'innerva^ tionsor les tuniques întestiodes. On a donnéavec avantage la gantiane dans dei diarrhées qui paraissaient dépendre ct'nlcératioBS Mperficiriles de la surfece muqueuse de ces organes. Smi impression sur lei tissus malades semblait décider la cicatrisation de ces ulcérations. Il suAit souvent d'agseer, de'^tèurmenter les membranes muqueuses pour tes rappeler è leur condition physiologique. On reecmmMideeneore l'usage journalier de fa gentiane
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iions opère déjà un cbagement salutaire dans les fluides et dans les, solides. Mais le vin et Téllxir de gentiane longtemps employés n'agissent- ils pas contre Tétat morbide des ganglions lymphatiques ? leur action ne tend-elle pas à corriger l'intumescence» l'espèce de congestion que présentent ces ganglions dans les maladies scrophnleuses? Nous placerons ici la recette de l'élixir amer de Peyrilhe que l'on conseille journellement aux personnes qui ont le teint pâle, la Qgure bouilie» le tissu cellulaire très-déTeloppé » las glandes lymphatiques engorgées » etc« ; ce remède ne peut avoir de succès que quand les voies digestives ne sont pas irritées » quand il n'existe paa de phlegmasie occulte de quelque viscère ou d'autre lésion matérielle^ que l'action stimulante de ce médicament pourrait aggraver ou faire dégénérer d'une manière fâcheuse.»
% Racine de gentiane concassée ^j.
Carbonate de soude concret 5 >)• Eau-de-vîe commune ifcîj.
Laissez ce mélange en infiision» è une température douce, pendant cinq à six jours, «n agitant de temps en temps la liqueur; puis filtrez pour vous en servir.
La thérapeutique peut recourir aveq conlimce ^^ ^ de gentiane et aux agents pharmaceutiques formés ^^ cette substance, dans les affections scorbutiques» (m^ dbsiper l'état de mollesse, la dégénéreacence morUde qu'ojQOrent tous les tissus oif aiû^ae^^ On Asam» eiMH^f* ^ gentiane contre les vers in^tinajpi, Sa quiiUbi aiHèce ^ faire périr ces animaux; son impression toniq^^ ^'
TOHlQVBt. siy
canal afinestaire dAtormim leur expubion ^ s'oppose ensuite à kfor reproduction.
Je conseille avec confiance des frictions le long de Tépue da dos ai^c la liqœor suirante. On emploie ehiHioe foi» la Tsleor de deux coillerées de cette liipieur» et on se sert d'an morceaa de flanelle.
% Teintnre alcooliqne de gentiane ^ ir. LapoUn 3 ij.
Alcoolat de romarin ^ j.
Mêlez et filtres ponr frictions.
Ces frictions me paraissent utiles quand il y a une menace de déviation de la colonne rertébrale : je les emploie Iréquemment dans les pensionnats de demoiselles. Ces frictions conviennent quand on veut accroître la puissance d mnervation de la moelle épinière , quand on veut augmenter l'énergie du conir, de l'estomac, des intestins» etc. , quand on veut à l'époque de la puberté exciter le système Qtérin 9 favoriser son développement et l'étahUssement de la menstruation» quand on veut corriger un affaiblissement des membres, donner aux muscles-plus de vigueur, etc.
Enfin on fait avec lA racine de gentiane des pois qui senent à entretenir' les cautères.
Rnsieurs antres espèces indigènes de gentiane ont été portées sur la liste des productions médicinales. On a surtout noté les O. ACWLIS» 0. AMARELLA, 6. CRUGIATA, L. COS
plantes ont une saveur amère, une force timiqne prononcée. £Des peuvent fournir des agents thérapeutiques efficaces.
Dans le nord de l'Enrope on emploie le Oi wsjfvuk et le G. PUNGTATA» qui ont auMÎ une amertovtie très- Ibrte.
Chirayita. On4 appovié : daa. Indes omntales iink>i8 médicinal qui pc»»teen Asie le ikioi.de ch&ayita». et d&as le commerce celai de chiretta. Ce bois provient dn gkn- TIAN4 GHIRATITA9 Roxburgh, sons-arbrisseau qui seplatt sur les montagnes.. Les babitanls de l'Indostan , du Bengale, emploient sa tige et sa racine en' décoction et en poudre. Ils la vantent conuoie un rena^ède sûr contre les fièvres intermittentes , la goutte , Tinertie de^ organes digestifs» les scropbules. Les Anglais commencent à prescrire cette substance : elle sera probablement adoptée par la médecine française* (Virey, Journal de Pharmacie, tome VII, page 224. ) MM,. Lassaigne et Boiausel, pharmaciens, ont v^nalysé la cbirayita; ils en ont extrait : 1^ une matière amère d'un jaune foncé; 2®une matière colorante d'un jnime brunâtre; 5* une résine; 4"* delà gomme ; S"" de Tacide maiique; G"" du malate de potasse; 7"* des sels minérl^ux; i!^ de la siHoe; 9** quelques traces d'oxyde de fer» IMème ouvrage, page 285. )
Petits CBNTAuaiB. Centaurium minus, La plante qœ nous employons en médecine sous le nom de petite centaurée n'est point, selon M^ De Candoile, le gentianfi cmtaariam de Linné, qoi est rare en France, mais une variété de cette plante dont on vient de faire une espèce sons le nom decHiBonrA puicratM, FI* fr« ^BavTa&AA gbn- TAVBiUM, Richard: Cette-ci est annuelle» eSh vient dans tous les bois , elle est très-commnne dans qiielqu^-iins ;: elle se fait remarquer dans les mois de juillet çt d'août
TORIQUES» 96^
fèt M» joliea flean d'un oronge très-TÎf formant tme loiie de corymbe tenniiud.
On 86 Msri.eD médecine de sa tigp et de ses sommités flenries. Cee productions médicamenteuses sont inodores» mais dles ont une amertume très-pronpncée. On a observé fp» les corolles de la fleur avaient peu de sayeur, et que les princ^es actifs de cette plante résidaient surtout dans les rameaux f tes feuilles et les calices. M. Vai^quelin a expérimenté que la décoctiop de petite centaurée précipitait en vert la dissolution de sulfate de fer» et qu'elle n'e^erçait aucune action sur la gélatine ^ sur le tartre stibié ni sor le tannin. M. Moretti s'est occupé de l'analyse com* parative de la racine de gentiane et des sommités de la petite centaurée. D'après ses recherches» ces dernières cootieoaent : 1* un acide libre ; a* une matière muqueuse ; 3* une substance extractive amère; 4** delà chaux; 5* une certaine quantité d'extractif oxygénable; 6* de l'acide hydrocblorique que l'on peut supposer uni à la chaux. [Joamal de Pharmacie^ tome t» page 98. ) Nous devrons bientôt à M. Chevallier une analyse de la petite centaurée : ce savant a cm. entrevoir une matière amère cristal* lisable dans la c<NDaposition chimique de cette plante.
L'eau s'empare des principes amers de la petite centaurée» elle s'approprie en même temps son activité : aussi donne*4-on fréqoenpnent cette plante en infiision et en décoctiop .: on en met depuis qn gros jusqu'à une demi-* once par livre d'eau ; cette boisson s'administre par verres. On en prépare un extrait que l'on conserve dans les pl^tr^ macies» et dont les praticiens se servent assez souvent: on le donne k fat dose de quatre » six grains» et plus» selon
Teffet que Ton veut obtenir. On fait prendre encore la petite centaurée en poudre ; cette préparation e^t incommode pour les malades à cause du volume qu*!! faut en avaler four obtenir des effets marqués. On en prescrit douze , vingt grains à la fois : on peut élever la dose à deux gros et même plus. Si on a formé un vin médicinal et une teinture de petite centaurée» on les donnera par cuillerées. La petite centaurée recèle une propriété tonique: l'existence et la nature de cette propriété sont faciles à constater. D*un côté» on voit cette plante fortifier les tissoà relâcliési ranimer Faction des organes lorsqu'elle est affaiblie» rendre aux fonctions djgestives un mode plus régulier d'exercice » lorsqu'un état de langueur les pervertit, D^un autre côté» les agents médicinaux tirés de cette plante sont nuisibles dans les irritations et dans les pblogoses de l'estomac» des intestins» dans tous les cas où des parties du corps ont trop d'énergie » une vitalité trop développée. Peut -on méconnaître» dans, ces effets» bien qu^îls soient différents » l'influence de la force médicinale à laquelle nous donnons té titre de tonique? On a remarqué que quelquefois ta petite centaurée troublait Tétat actuel des voies alimentaires » qu'elle déterminait des évacuations alvines. Ce produit» qui a lieu assez fréquemment lorsqu'on commence l'usage d^un médicament amer, peut dépendre de l'impression insolite que ses principes exercent sur la surface des intestins; 9 cesse ordinairement aussitôt que Thabitude a familiarisé cette surface ave« leur contact» ce qui arrive à la quatrième ou cinquième prise du médicament. Cet effet peut aussi avoir lieu parce que la surface des voies alimentaires est actuel-
TORIQUSS, S6l
lemeDt échauffée ou irritée; don on doit cesser rem^oi de ce ronède; les éTacoations al?im& attestent qa*il Uesse les intestiiis.
On conseille la petite centaurée dans tous les désordres de la digestion , qui ont leur source dans la débilité matérielle ou ritale des .oi^imes chargés de cette importante fonction» comme quand ces organes. sont dans un état d'oligotoophie» ou tju'ils ont subi, une dégénérescence moUe, ou quand le cours de rinnerxation affaiblie tient ces oi^anes dans, une conditfoa. d'inertie. On prescrit» avant chaque repas, une tasse d'infusion .de cette plante, trois ou qoatre grains de son extrait, ou une. cuillerée de sa teintpre alcoolique. On veut corroborer l'appareil gastrique au moment où il va entrer en exercice pour l'élaboratiou. des matières alimentaires ; une médication locale suffit; aussi c'est toujours à {Meti^ doses que l'on emploie les toniques comme. mo.yea stomachique. Mais si l'on désire rétablir. l'assimilation sur tous les points du, corps, lorqu'un état de faiblesse la rend languissante , on doit élerer la dose du médicament tonique, et^énéraliser-mo-i dérément sa médication. Il faut que l'influence de cet agent ait réveiUé la tonicité , la vitalité des tissus organifoes, à l'instant où les.priacipes nourriciers viennent les* pénétrer, si l'on. veut que. ces tissus les retiennent et se les approprient.
Les auteurs vantent la petite centaurée comme un moyen favorable dans les affections goutteuses. Elle entre dans plusieurs prépasations pharmaceutiques que Ton regardait çonmae propres k éloigner les accès de la goutte > à diminuer l'intensité qu'ils, oitf coutume, d'avoir, même à
!^6U N&OICAMENTS
tcm^s les parties du corps amène le retour des forces et un. prompt rétablissement de la santé*
Ménianthb. Menianthesj trifolium fibrinum , trifoUim palustre. Mbuianthes tbif6li at a , L. Cette plante habite les lieux aquatiques : on trouve souvent , dans les marais, deseAdnHts qui en sont recouyerts. On la reconnaît à ses feuilles radicales portées sur de longs pétioles, et composées de trois feUoles; ce qui lui a fait donner le nom de trèfle d'eêu, trèfle des marais. Ses fleurs» d*un blanc rougefttre , sont assez grandes i leur corolle nionopétale offre cinq divisions qui sont frangées intérieurement; ce qni les rend très-agréables à la vue. Cette plante ornerait nos parterres , si die se prêtait aux désirs des amateurs* si elle voulait recevoir les soins de la cultore.
On emploie les tiges et surtout les fisoilles de la ménianthe ; elles sont à peu près inodores» mais'eUes ont une amertume très-prononcéa M, Tromsdorff s'est 'occupé in l'analyse chimique de cette plante; il a vu qu'elle perdait par la dessiccation 75 parties pour 10b de son poids. Son SUC' exprimé contient une matière féculente composée d'albumine > o,y5» et de résine verte, o.sS : cette ma* tière se coagule et se sépare du suc par.r^ultitioD» Ofi y trouve im extractif très-amer, azoté, une mtatière animale particulière, une gomme bnme, de l'acide maliqQC» de l'acétate de potasse, :une fécule blanche, soluble dans l'eau bouillante, qui se précipite. par le rèfiroidissemeot. On donne rarement la ménianthe en poudre : la dose serait de douze grains h un gros» On en fait des infusions, des décoctions ;; on met deux gros où une demi-once de feuilles sèches pour deux Uvres d'eau. On lire de cette
plante nn «ic dépuré que Ton fait prendre à la dose de deux è quatre onces nne on plusieurs fois par jour» el un extrait aqueux que Ton emploie très-firéquenuneni à la dose de trois à six grains. Le Tin et l'alcool se ch^ii^ni des prindpes médicinaux de cette plante» et devienneni des médicaments eflBcaces que Ton emploie par cuillerée». On pourrait» dans Faction des agents pharmaceutiques que fournit la ménianthe » distinguer ce qu'elle opère sur les voies digestiyes et ce que font ses molécules sur tous les tissus oi^amques après leur absorption. C'est l'impression immédiate que ressentent l'estomac et les intestins» lorsqu'on donne de fortes doses de ménianthe » qui cause la cardialgie » les nausées » même le yornissement » et plus tard les coliques » le trouble dans les intestins » les déjections alvines » dont l'usage de cette plante est alors suivi. J'ai toujours vu ces accidents avoir lieu chez des militaires à qui je donnais en 1 8so , comme romède fébrifuge» un^ deux et même trois gros d'extrait de ménianthe » qne l'on mettait en bols avec la poudre de la même plante» et qoe le malade prenait quelques heures avant l'époque de sa £èvre. Ces effets ne se manifestent pas tant que l'on n'administre la ménianthe qu'à petites doses» excepté I(Mrsqtt'un état d'irritation donne aux voies alimentaires noe susceptibilité morbide. Mais l'usage de la ménianthe provoque nne autre série d'effets qui » pour rester plua secrets » n'en constituent pas moins ce qu'il y a souvept déplus utile dans son opération» i^'en est pas moioa la lonrce des avantages principan;^ que l'on en retire dans le traitement des maladies. Je veux parler de la modificatiou que les molécules de cette plantç font éprouver h tous^
les tissus organiques après^eiir aèsorplioD » du resterroment fibrillairei que Vimpressioo de ces moléeliies déter^ mine dabs ces tissus. Ce changement est indépendant des effets que produit la ménianihe 4a9is rappaml digestif: ces derhiers peuvent manquer i «anft ^e les autrps perdent de leur fèrceet de leiff 'UtSité.
Lés médiêamcMs* tirés de ce végétal sont faciles à se procurei! et d'âne gnftnde efficacité; on peut l'en. servir sYëe éonfiance^touteg les fois que Ton veut fortifier k tissu relâché^ des* organes , et le ratoeDer auilegré de tension qui lui est naturel. On les administrera lorsque f on aura % combattre une inertie de l'appareil digestif, qni tiendra à un décroissement de rinfluence des néiArar cet appareil : tm verre d'infiision de méoianibet tww ^ six grains de son extrait, pris avant chaque repas, rétobliront asseî Fénergie de Testomac et des mtestîas poor que la digestiéh qui succédera à cette médication loeaki soit plus facile et plus régulière. Le vin ou l'alftool de ménianthe» à petites doses» conviendrait égalem€ait.Cootînnés pendant quelque temps , ces médicaments ebrrigd* ront aussi quelques lésions matérielles , i'oligotropbie et le ramollissement des tissus de I-estomac et à^ê^iniet&^f qu*'accompagnent souvent le défaut d'appétit» des dige»âon^ pénibles; imparfaites' » le dégagemmt de flatuosité* incommodés , etc. Ge que les auteurs rapportent àe$ bon» <iffet8 de la méniànthe dans ks affections de poiftifle, prouve que Ton a pu oppiDser afvec avantage cette jdanl©^ dès toux humides» à des expectoration^ abondantes, <P annoncent un relâchement mcn^bide danë là membrane ikiuqueuse des voies aériennes » un certain degré de cety
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gestion sangoBie dans le lisso puImoDaîre. Des praticiens •mpltiodi'M méiûândie dans le treatement des affections ctttanées'qfn ne sent pas dépendantes d'un traratl dé phol<^gote» qnâ ne sont pas associées à on tronble ftbrQe.
La ménianthe jooit d*nne grande réputation connue moyen iiSbriTuge. Si Ton T^nt , par Tinlhience de sa force inédlctifale » tospéàërt le cours d*une fièfre périodiifue» empèelier Taceès de se AéttAuffet, il faut la donner h kante dose» et iaire que tout le système soit sons sa puia^ sance» au moment où f eflbrt fébrile doit aroir lieu. Quand on se contente de fittre prendre tous les jours deux ou trois doses de ce médicament» c'est par une influence plus lente» et probablement par suite d*un exercice plus actif des fenetiims àssimilatrices» que la ménianthe procurera guérisoii des lièvres intermittentes. Toutefois les essais que fai feirtés arec cette phnte pour obtenir la'guérison des fiènrias quotidiennes » tierces et double-tierces» ne lui ont pas été faTorables; fai reconnu que le quinquina conservait une supériorité qui ne pouvait être méconnue ni contestée.
On recommande Femploi de cette plante dans les affec* iions àràirlt^es;'On prétend que l'usage journalier de M poudré ou de son infusion éloigne les accès de la goutte» fiminué leur intensité'; mais il peut étredangerèux» dans ees malafies » de reprodiûre plusieurs fois chaque jour» sur les mêmes organes» une opération qui resserre leur tissu» qui' exagère leur tonicité. Des praticiens justement célèbres ont remarqué que lès personnes'qui avaient» pendant long-temps » usé de remèdes amers» devenaient sujettes Ti des accidents graves» 'k des dyspepsies rebdiles, k
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des bydropisies» à des névroses , etc*^ Ces accideoU déeèleot des altérations oi^aniques, qu'une action trop soinre&t répétée des toniques pourrait bien occasionen On doit, avant d'administrer la ménianthe aux goutteux» consulter leur complexion» leur tempérament.
On lui a de plus attribué une vertu emménagogue; il est possible que Texercice de la propriété tonique de cette plante, en augmentant les forces dans tout le système, en animant surtout celles de l'appareil utérin, ait quelquefois déterminé Técoulement des menstrues» qu*uaétatde débilité et de langueur retenait. Mais le nom de cette plante fAiov, de pivoc, mois» f^nvioc (menstrues)», et de av0oç (fleur), ne pourrait-il pas expliquer pourquoi on Ta mise an rang des remèdes emménagogues ? Ce motif ne serait pas ayantageux à la méniantbe. En botanique» les noms génériques ne sont pas significatifs. De plus , les propriétés que les botanistes accordent aux végétaux ne sont pas toujours confirmées par rexpérience clinique.
La ménianthe est placée au rang des médicaments astiscorbutiques. Par son influence sur les fonctions digestites^ et par sou action sur toutes les parties vivantes» cette plante deviendra un secours précieux dans les affections scorbutiques qui présentent ordinairement un ramollis^ sèment des tissus » une atonie des organes* Enfin » des médecins ont assuré qu'ils avaient obtenu des succès, en employant la ménianthe contre des céphalées périodiques» contre des spasmes» des palpitations.de c<pur» etc. Ces accidents supposent une lésion dans l'encéphale» dans la moelle épinlère, dans les plexus nerveux du grand syiu* paihique. La céphalée peut tenir h plusieurs genres d'al-
TONIQUES. S 6g
tération des oi^anes encéphaliques , à one cérébrito partielle, aa âéT«loppemeiit d*iin tubercule, d'une tumeur dans la substance cérébrale, k un endurcissement de Tarachnolde, etc. : le désordre des contractions du cœur peut dépendre d'un trarail d'irritation Cxée sur le péri • carde, sur le cœur lui-même, ou sur la portion de la moelle épinière qui correspond k ce Yiscère, etc. Gomment conce- Toir que Faction delà ménianthe ait pu dbsiper des lésions si dissemblables?
Famille naturelle des composées.
Cette famille naturelle. Tune des plus nombreuses du règne yégétal, fournit des sujets à cette classe. Nous trouvons des espèces douées de la propriété tonique parmi les corymbiftres, les cynarocéphales et les chicoracées.