III. Chîcoracies
CHiGoaabi satTAOB, Cichorii heràarrcuiùcs ÇiGHoaiw uiTYBVs, L. Cette plante Tiyace qtott spontanémeat m lesbords des chemins. On la cuUiTO pour )a> nourriture des bestiaDDu On prét^id que les moutons, qui, par leur coml^lesdon moUe, sont trèsr8U)ets aux maladies p^ atonie, se portent mieux, ont plus d'énergie, quand ils presnent cette nourriture tonique.
La chicorée sauvage n'a point d'odeur» mais elle se àxsr tingue par une amertome considérable , quand elle est parvenue à son entier développement '. A cette épo^e
* Les fenillÉS ndicslei de la chicorée que le jardioîer • fto aoustrain à l'influence de la liunlère sont tendres, blanches, h peine amarescentes. Ces feuilles ne contiennent que des sucs mucilagineux ; elles sont alimeotaires. Les matériaux d'où procède leur puissance médicinale ne S0Dtpa& encore formés à cette époque de la f égétatiou. On prett>A quelquefoii eette planta an peu plits avancée en âge, pour la laire eoireet li^oiaiigei avec de la viande ou une sauce convenable ; elle commence à être d'une amertume plus prononcée; ses matériaux pharmacologiques sont en partie composés. La chicorée cuite devient dans ce cas un atîment médicÂthéiitetix qui a sdovent pkvctttfé des Éttotès*
TOIIIQUBS. 187
de sa T^^étatiûD , la chicorée est remplie dans toutes ses parties d*iiii sac propre » laiteux » qui en découle aussit&t que 1*011 fiiit une incision k la tige, aux feuilles, k la racine, etc. Nous n'avons point encore une analyse chimique bien exacte de ce suc , qui se remarque d^ns la plupart des espèces de la famiUe des chicoracées. Il contient sans doute une matière extractive et un principe résineux. On a trouvé dans la chicorée du nitrate de potasse, du sulfate de potasse et un muriate. On emploie prince pakment les feuiUes de cette plante ; on en fait des dé^ coctioBs : pour cela on fait sécher ces feuilles , et on en met une demi-once bouillir quelques instants dans deux llyres d'eau : on tire des feuilles fraîches un suc dépuré dont on se sert fréquemment , soit seul, soit mêlé k celui de cresson de fontaine, de fiimeterre, etc. On conserve dans les pharmacies l'extrait de chicorée sauvage , que l'on administre seul k la dose de quatre k six grains pour les médications locales : on en donne vingtH|uatrei trente-râ: grains pour les médications générales. Cet extrait est l'ev cipient d'une foule de pilules que l'on donne sous les titres variés de pilules stomaGhiqaes,fondantes, apéritivw, etc. On se sert aussi des racines de la chicorée sauvage, qui sont longues , de la grosseur du doigt et blanches. Les r ar cines et les feuilles de cette plante entrent pour une firarte proportion dans la composition du sirop de chicorée et de rhnbaibe. L'eau dbtillée de feuiUesde chicorée sauvage a ^uie amertume assez marquée,
La chicorée sauvage possède une propriété tonique: rimpression que ses j^rincipes exercent sur les tissus vî- ▼«Qts décide ei| em un . leeserr^mit fibrillaire; il en ré-
388 lliDlG&HBltTS
suite que les organes auxquels ces tissus appartiennent deviennent aussitôt plus forts , quMIs montrent plus d*énergie dans l'exercice de leurs fonctions. L'observation prouve que cette plante fortifie l'appareil digestif; son usage augmente visiblement l'appétit, favorise les digestions. Tous les effets , soit immédiats soit curatifi , qu'elle produit, dérivent de son. action tonique. C'est pour rétablir la vigueur affaiblie, des systèmes organiques qu'on la donne le plus ordinairement dans le traitement des maladies. Mais comment expliquerons-nous les vertus thérapeutiques que l'on désigne par les titres d^apéritives et de fondantes , et dont on dit que la chicorée sauvage jouit au plus haut degré? Ces vertus devaient fondre les épaississements de la lymphe , les coagulations des humeurs qui avaient donné naissance aux engorgements , aux obstructions des viscères. L'anatomie pathologique a dévoilé la nature des lésions que l'on comprenait sous ces dénomi* nations , et la faculté fondante de la chicorée s'est évanouie. C'est aussi dans cette Intention thérapeutique que Ton a nommé la chicorée sauvage une plante savonneuse: cette plante contient un suc blanc qui imite Teau dans laquelle on a dissous du savon; et comme ce dernier composé chimique jouit de la réputation d'être un puissant agent pour dissiper les obstacles qui se forment dans le cours des humeurs, et pour les liquéfier quand elles sont épaissies , on a concédé au suc de la chicorée la même vertu. La chicorée sauvage, avec sa puissance tonique, peut rendre des services signalés à l'art de guérir. On emploie avec succès son extrait , son infusion , dans les vices de la fonction digestive qui tiennent à l'inertie de l'estomac et
TOHIQOBS. 989
des btettios. U 7 a alors une «impie léaion vitale, un affaiUissement de rinfluimce qae les nerfs portent sur ces orf^es: ou bien ils sont le siège d'une lésion matérielle, comme un ramollissement ou une oligotrophie de leurs tissus: dans ces divers cas, les agents dont nous venons de parler sont indiqués; leur vertu tonique convient. Mais elle ne peut plus guérir, elle peut tout au plus apporter (judlque soulagement momentané, quand il y a un endurcbsement, une dégénérescence sur quelque point des tuniques gastriques ou intestinales. On conseille encore la chicorée sauva^ lorsque la sécrétion de la bile est pervertie, lorsque ce liquide est aqueux , décoloré , qu'il a perdu ses qualités naturelles. U est incontestable que la chicorée sauvage a combattu avec ^uccès des lésions du foie. Cette plante convient quandce viscère tend à l'induration, quand son tissu éprouve un ramollissement, quand il y a une oligotroplne on diminution du volume de cet organe. Comme dans toutes, ces dégénérescences l'action nutritive dafi>ie est viciée, qu'il est avantageux de lui donner un antre caractère, on conçoit qu'une même impression peut leur être opposée avec succès. Les molécules de la chicorée sauvage, en arrivant au foie, ne doivent-elles pas changer son mode actuel de vitalité , de nutrition et d'absorption; ne peuvent-elles pas lui faire perdre peu à peu sa condition morbide et le rétablir dans son état physiologique ? Cette plante convient aussi dans les maladies de la rate, qui offirent les mêmes lésions. On a souvent vu des jaunisses , des coliques hépatiques , des cardialgies , etc. , cesser peu à peu, pendant que l'on employait, tous les jours et à petites doses , l'infusion ou la décoction de cbî- T. I. 19
290 MlSBIGAliBlITS
Corée »âiivftge , le suc déj^uré on rentrait de cette plante. Ce tonique, doux, modéré, procure des succès refusés à d^autres ageût8,qui, {dus puissants, agacent, tonmentent par leur impression iminédiate les voies digestiv^.
On a recours à la chicorée sauvage dans les maladies de la peau. On choisit alors le suc dépmé , Textraiit ou la décoction de cette plante; le malade emploie ces agents médicinaux tous les îours ; le traitement dure pendant plosieurs semaines. Sans accorder à la chicorée sauvage une vertu dépuratiVB dont il serait trop long de discuter ici la nature et les eflfets , nous ferons remarquer que Ton peut trouver dans la force tonique de cette plante la raison des avantages qu^eUe a procurés dans ces maladies . L^influence que les principes amers de la cfai<Sorée exerceront sur le système cutané corrigera sa moUesse, son atonie; ce changement peut déjà servir à améliorer Fétat morbide de la peau. Ajoutons que Tusage continué quelque temps de ce végétal donnera aux foncti<ms nutritives un mode d'exercice plus régulier, et qu'une assimilation plus acf hre dans le sang et dans les tissus vivants opère une rénoration qui souvent fait disparaître les affections cutanées qai étaient comme liées à une disposition cachectique , \ une Éômplexion détériorée du corps.
On conseille lia chicorée sauvage bbntre les 'fièvres intermittenteSé Ce n'est pas ôrdiùaii'emefnt pour suspendre le cours de ces maladies que Yoh se seH de eerite j^rodnctien. On la recominaride princîpaleâîent dans lés fièvres d'accès rebelles, qui ont mis Téconomie animale dans un état de dépérissemedt , dans lesquelles lesthalades ont un teint jaune, soM sans forcer, offrent un cedème univer-
TOIUQUSS. §91
sel,etc Alor»4ni affOGÎe tuMff^ lournâUer de la ekicMnée
MOTj^ à d'astrat agttito oiédyMiiiiaui» kon régime tf^furo-
priéyàineieffCÎceGOipofel^àaDehaiigQiiHaaftldie pay«»ele.
On tra?a3k i roadie rasaimilatjmi jpliii adiw, è rétaUir
la T^goeir des ^M^aneê, à dMÎper peu. è pea les Uaieca j
qui occupent les ràoères abdoKiiMia » le Ibîe» la rato,
restomac , elc 1
On tnmiEe dans le commerce la poiuke d'mie satiété de chicerée dent les racines longues etehanwes ont éfeé^é^ chées et toméfiées : on ajoate celte pondre à oeUe dn caft pour abtaar une àécoctàon plus changée. Cei «aage était cornu dans le Nord» et snrtoat en Prusse, long-temps avaut tfoi^il s'mtrodiiîsllt àânê nos provinces. Par TaolÎQia du feu , les principes chimîqnes de la chicoréiB ont épaon^ unemodifiratioB ; la racine a pris une couleur noîre;eHe a perdu de sa saveur 4nnère. La pondre de cette racine cooimnBÎqae à l'eau une teinture qui approche de téU» du café; mais ce qui manquera toujours à la décoction .dn «acoédané indigteie , c'est l'^arome si agréable de la graine du cafier» c'est surtout l'influence stimulante etréeends ai sensatioas délicîeases que cette dermèreexerce sur tout leccMfpaetprincipalemMit sur le cerveau , dont elle anime agiéaÛbment la vitalité.
PkiSBMUT» taroasapum, éfns kauU ; LBoarTeiiDN TAaaEA*cva^ L. Cette plante vivaoeest très*ceinmunë.daM les lieux inailtea. L'analogie hotanîqne » sa composition chi* ni^ et «M propriétés médicinalBs la rapprochent de la précédente : aossî dansiles pr^aratiens pharmaceulîqiies, on substitue Ijréquanmiwt ces deux pkntes Tune à l'aotro.
On omploie les racines et les feuilles du pissenlit. On
e9< MiDICAMBlfTS
doil avoir l'attention de ne prendre les fenillea pour Tusage thérapeutique que quand la plante est dans son entier développement : les feuilles naissantes ne contiennent pas encore de principes médicinaux , et se mangent en salade. Le pissenlit est inodore; il est rempli d*un suc laiteux et amer, dans lequel la chimie a trouvé une grande proportion d'extractif» une résine verte, de la fécule, une matière sucrée, du nitrate de potasse et de chaux. Le sac de la racine est plus amer que celui des feuilles. On administre le pissenlit en infusion dans l'eau bouillante, et ««rtout en décoction. On emploiera pour deux livres d'eau une once de la racine sèche, ou deux onces de la racine fratche, une demi-once de feuilles sèches ou une poignée des feuilles iralches. Le suc dépuré de cette plante est très-usité pendant le printemps et l'automne ; on en fait prendre de deux à quatre onces à la fois. On fait un extrait de pisseisHt auquel on a souvent recours. M. Planche a trouvé dans cet extrait de l'acétate de chaux. Cette plante s'ajoute quelquefois aux bouillons de veau , de poulet, de grenouilles , etc.
Les principes amers du pisseplit font sur les tissas tîvants une impression tonique : les eflbts immédiats qui suivent l'usage des médicaments que l'on tire de cette plante» attestent qu'elle développe le ton y l'énergie des organes. La tisane et l'extrait de pissenlit, à petites doses, excitent l'appétit, rendeiatplus facile l'^Kercice de la digesiion , parce que ces agents impriment aux forces gastriques plus d'activité. Ces effets sont sQrtoutmarqnés quand la vitalité des organes digestifs est actuellement languie santé. L'extrait de pissenlit, donné à la "dose d'un scmpnk
TOKlQIi£5. Sgd
oad'nn demi- gros» en une ou pliuieiirs floses par jour, prcdoift, 51 les organes digealifs sont dans l'état nonnal» im trouble très-marqué dans la cavité abdominale; des fla* twwités se d^agent » quelques coliques surviennent , mais il n'y a pas de déjection alvine » ou si le malade va du bas , il rend une seUe solide : l'appétit se conserve; souvent même il est plus fort L'individu qui prend l'extrait de pissenlit à hautes doses a-t-il l'estomac et les intestins dans on état d'irritation» ou ces organes sont-ils actuellomeot pris d'un travail de phlogose ; la langue est-elle rouge, sèche» les lèvres rosées , écaitteuses ; y a-t*il de la chaleur dans les vcnes digestives» etc., on observe des effets différents : l'ingestion de ce médicament est suivi de picotements» de malaise dans la région épigastrique; puis il provoqœ des déjections répétées ; lé malade rend des selles aqueuses et fétides; il a des coliques fréquentes, son appétit s'éteint , etc. Parlerons^nous de la vertu diurétique que Ton accorde h cette plante» lorsque nous savonf qu'un écoulement plus abondant d'aine est un symptôme insidieux auquel l'eau, qui sert de v^cule aux principes actiis d'«n médicament , peut donner lieu , sans que ces principes eux-mêmes y aient contribué par une influence particnlière sur les reins? Les principes du pissenlit peuvent toutefois, en animant la vitalité des reins, donner plus d'activité à leur action sécréloire.
Si le pissenlit a obtenu une grande réputation en thérapeutique , c'est surtout parce qu'on l'a cru capable de i^dre les humemps plus fluides lorsqu'elles avaient pris une densité morbide, de corriger l'épaississement du sang auquel on attribuait un grand nombre de maladies» On
294 ui&DICAMElITS
cite en faveur de cette propriété dti pissenlit ttne observAtioB qui paratt cenclttante. On a expérimenté qne des personne» dont le sang» tiré de la veine » étart eonennenx, ayant pris tous les jonrs trois ou quatre onces du suc de cette plante » avaient » an bout de deux o« trcM» mois, un sang plus fluide , et qui ne se eouvrarl point d*nne croûte înflansmatoire, comme auparavant. Ce changement dans la constitution intime dn fluide sanguin pendant l'usage du pissenlit était un fait remarquaiile. Mais en soumettant ces observations à un examen attentif, on découvre qu'elles ont été faites pendant le printemps ; que c'est en sortant deThiver qu'on a trouvé le sang très-épais , et que c-estan commencement de l'été qoe, vu de nouveau « il a para liqoéié. Or, Ramazzini nous iqiprend qne rinfluenee de la saison seule produit ce changement, dette modîficaticm , surtout dans les habitant» des campagnes. Toas ceox dont les veines contiennent au prtntemp» un liquiderais et glutaneux , ont , à Tentrée de Tété , un sang plu» rouge > et qui a perdu de sa densité. (i)# jégricoiar. MûrbU. )
La concession faite a^i pissenlit, d^mie vertu propre à diminuer la consistance des humeurs ^ conduisait à rega^ der lot médicaments qui en sont formés comme des remèdes fondants qui devaient être très-^efiicaces contre les engorgements , les obstructions des viscères. Mm on a donné ce nom en pathologie à des altérations organiques bien différentes les unes des autres^ Ainsi , Tengorgement d'uâ organe peut être dû h une simple congestion «auguine dans le^ vaisseaux capillaires qui le pénètrent : ^ principes du pissenlit peuvent a^r etSckcemml contre Cette lésion et h diêbrpeh On à atissi compris, sôus'Ie titre
TOMIQVAi. 99a
d'angorgemeoU , d'obtiructioos des TÎsoères , la dégénérescence dure de leur substance» le développement do» tiuus squirrfaeux» cancéreux» sur quelque point de leur étendue. Les propriétés du pissenlit sont impuissantes contre ces dernières lésions; les molécules de cette plante n'amYenC même plus arec le sang dans les parties que ces lén^Bs ont dénaturées.
Le pissenlit est recommandé arec instance contre les
jaoïiisses » les vices de sécrétion de la bile » les tuméfsc-
tioDs» les endorcissenients du foie, etc. On donne aie»*»
Testraii à le dose de 19 grains k un demi-gros» répétée
deia fois et plus le jour , ou le suc dépuré , dont on jnend
quatre onces le matin et le soir » etc. Lorsqu'il n'exista?
point actuellenaeni d'ardeur» de sensibilité» de douleur»
dans les voies digestives ni dans la région du foie» que Ton
remarque un défaut d'activité dans l'appareil hépatique »
ouqiiele tisrâ du foie est gonflé par une simple congés-
iion sanguine» ces moyens se montrent salutaires; il ne
bat pas peur cda «uj^oser que cette plante ait une fa-
cohé spéciale pour guérir les lésions du foie. Nous ne
croirens pas plus à sa vertu dépurative. Son utilité dans
les maladies delà peau» que nous ne eontesterons pas»
peut se concevoir par son influence tonique sur le système.
<^Qtané » et par l'exercice plus régulier et plus actif qu'elle
n^^intâent dans Ic^ fonctions nutritives. Le pissenlit a été
JQgi utile dans quelques hydropisies; mais de quelle lésion
dépendait alors l'infiltration cellulaire ? Quelle cause ana-
tonûqne avait donné lieu à un épancfaement de * sérosité
oans ime cavité séreuse ? Des praticiens le recommandent
d^i une foule de maladies; toujours c'est l'action tonique
SgO MÉDICAMENTS
de cette prodactîoa végétale qui e»! la source des avantages que Ton a obtenus; et il ne faut pas y supposer des vertus distinctes pour chaqneespècedebien qu'elle proeore.
Bien des personnes ordonnent» dans le délmt des fièvres et des phlegmasies » la tisane de pbsenlit et ceHede chicorée sauvage » comme un remède délayant et rafraîchissant. II est constant que la force tonique de ces plantes ne serait pas propre à diminuer la consistance du sang, à faire baisser la chaleur fébrile : son exercice aur les tissus organiques produirait plutôt dans ce cas des ^fets opposés. Mais on fait pour ces maladies ces boissons très-légères ; elles contiennent si peu dOt principes actifs quelW ne peut même plus décider si leur usage détermine quelque modification dans les organes ; alors Texereice de b propriété tonique de ces plantes sur Féconomie animale est devenu insignifiant; la tisane de pissenlit , comme celle de chicorée sauvage» n'agit plus que par son véhicule : c'est , comme on le dit , une boisson aqueuse»
Laitue cuiTivàE^ LactvxtB herba, O/M^of ; Lactvca sa- TiVA , L. Plante annuelle que Ton cultive dans nos jardins potagers ^ et dont l'industrie du. cultivateur a su tirer i»2 grand nombre de variétés.
Cette plante est pour l'homme un aliment ou un médh cament» sdion qu'il la prend dans le premier teihps de son développement , ou quand sa v^tation est très-avancAe.
Dans son état d'enfance , la laitue nous offire ses fycaSki radicales seulement, sa t^ n'a pas encore paru; Ceè feuilles se multiplient dans quelques variétés, se pressenti se recouvrent les unes les autres , et nous donnent des masses volumineuses ; elles conservent un parenchyme
TOmQVJBS. «97
i, ramiiK de mcs doux; elles ont «ne MTear légènmeDt âmaresceole et agréable. L'iioniiiie y trouve alors nn alimeot I^er , de &ciledige8tioD;U mange ces laitue» en nhde, on cuites et arrangées avec une sauce oonve-
Dans son âge adulte» la laitue a poussé sa tige; celle-ci est garnie de feuilles caulinaires; ses rameaux sont recouverts de fleurs ou même de fruits. Alors toutes les parties de k laitue sont remplies d'un suc blanc, d'une amertume coosidirable » m^ne un peu acre. ArrÎTée à ce degré de dérdoppement , la laitue n'est plus alimentaire; elle a perdu les qualités qui la rendaient nourrissante. Mais elle a ao^piis des propriétés nouvelles; elle a de l'action sur les tissu» vivants; en contact avec eux» elle produit un cbangement dms leur état actuel; elle remplit lescon<> ditions ^pe l'^n exige d'un médicament.
La laitue alimenlaire exerce sur le corps » en le nourris* Mnt, 006 inflnmice adoucissante ou émoHiente. Elle tend ^diminuer la tension des Sbres organiques» à modérer lexcès d'activité» de rapidité de leurs mouvements» de leon oscillations : cet effet est surtout marqué » quand un état de maladie produit de l'agitation» de l'insomnie» un trouble comwae fébrile. Alors l'usage de la laitue àmènedu calme; oa pourrait croire qu'dleposséde une vertusèdative oa cahaœte. On cmaseille cette neuitriture aux personnes fâoDtle sangéchauSë» qui dorment mal» qui ont une vivacité trop grande du pouls, une susceptibilité qui annonce ^ cours trop rapide de l'innervation. Galien» dans sa vieillesse »^ mangeait tous les soirs de la laitue cuite pour avttr une nuit tranquille.
agS MÀmCAMBNTS»
L» laitue adulte appartient aux ppodoclknis médica- Hieiiteiifiea. Od en tire un extrait que l'en a nommé ùtctucarium, thridaee. Cet extrait s'obtient du sue des tige» on des feuilles de cette plante » que Fou fait éraporer, après l'avoir dépuré , au bain -marie ou à la yapear. Ob connaît aussi un extoait de laitue qui n'est que le me des tiges 9 que l'on en a retiré en y pratiquant des incisions, et que l'on a fait dessécher. Ces deux extraits attirent fo^ tement l'hamidité de l'air; ils ont une saveur amère et salée : mis sur la langue» ils la piquent fortement, et y labsent une impression d'âcreté.
L^extrait de laitue cultivée a été soumis à l'analyse chimique. M. Dublanc jeune y a tronyé un acide libre, n& principe sucré et une matière amère» précipitabie paria noix de gaUe; il n^y a ri«i découvert qui ait de l'anilogie avec la morphine. {Journal de Pharm»^ i8ft5. ) MM* Caventou et Boulay ont cherché inutilement dans le sac de la laitue la morphine et la narcotine. L'extrait de laitœ contient beaucoup de nitrate de potasse, et qudqnes antres sels à base de potasse et de chaux. On administre cet exti^it à la dose d'un grain , de deux grains : on peut en donner davantage. J'en fais souvent prendre quatre et six grains : }'ai élevé la dose jusqu'à un scrupide, et même un demi'gros à la fois , pour en observer l'action sur Tappareil cérébro-spinal et principalMaent sur l'encéphale. On a proposé de faire un sirop de jus de laitue. Des praticieaa administrent l'extrait de cette plante dissous dans une potion.
> On s'étonnera sans doute de rencontrer, dans an ouvrage de pharmacologie , la laitue au milieu des autres
TONIQUKS. ^99
plantes chkoracées ; en s'étonnera de nous voir mettre reitnii die cette plante , on la tliridacey parmi les médi^ caments tasnqaee. C'est cependant mi examen attentif de TaetioB de cette préparatkxi pharmaceoti^e snr les orgajm vÎTanta , c'est la naftore des changements » des ef- IbIb qne son impvessioii y déterminait, i}ui nous a conduit à prendre ce parti. Noua avons employé de l'extrait de laitae oa de la tbrtdace préparée par divers procédés : nous en avons fidt prendre à Paris chez les pharmaciens les pins hahiles ; nos observations ont été les mêmes.
Noos avons va la thridace» onployée à la dose d'un » de deaiy de quatre » de six grains, produire sur les organes digestib, quaad ils étaient dans l'état normal » les csffets qui ont cootome de suivre l'emploi des médicaments to<niqaes; il se développe aussitèt» après leur ingestion» un pea de chaloor dans l'estomac » l'appétit augmente ordinaiveasent ; les digestions restent régulières : sur beaucoup d'iodividos » il se manifeste quelques petites coliques, et le veatre deviesit plus libre. Mais si l'estomac était le siège d'oo travail d'irritation ou de phlogose^ la thridace, même à petites doses , causait des accidents ; après son administration, les malades se plaignent d'une plus grande chaloor, d'un leu dans l'^igastre qui dure assez long-temps , qm s'étend souvent jusqu'à la gorge, de picotements, de tiraillements dans la région du diaphragme, de soif ; il remonte des eaux à la bouche , etc. Si la* phlogose est dans fe canal intestinal p la thridace provoque dès coliques, des mouvements, des chaleurs dans le bas-ventre, avec des déjections alvtnes répétées, quelquefois sans évacuations. (>ae femme , après la mort de laquelle nous trouvâmes un
3oO lltolCAMBlITS
énorme cancer du pancréas qui avait remonté jusqu'à h petite courbure de Testomac» qui avait envahi les timiqnes de ce viscère du coté du cardia » et formait dans k partie supérieure de la cavité gastrique une large ulcération, avait pris deux grains d'extrait de tbridace : cette pilule fit, anssitôt après son ingestion» une impression très-fâcbeose sur Testomac ; Tépigastre devint plus tendu , très-doulooroux; il y eut des vomissements» une soif vive» des coliques» des cris» de Taccablement; ce travail dura dem heures au moins.
Donnée à des personnes dont les oignes d^;estiis sont dans un état sain ou physiologique» h la dose d*un scrapole on d'un demi-^ros» la thridace fait habituellement naître du trouble dans les organes digestifs » et produit des picotements dans l'estomac; une ardeur se &it sentir è h gorge» dans Tépigastre et dans les intestins; des gonfle^ ments » des coliques fortes » des pneumatoses ont lieu dass l'abdomen ; mais ordinairement il n'y a pas de selles. Sor quelques personnes ces effets sont très*marqués ; il y a de plus des nausées» des déjections alvines. Ces mouvemeob produits parla thridace dans l'appardl digestif durent noe et deux heures» parfois plus long-temps. Il est des individus qui ne ressentent que très-peu de chose dans le basventre » même après avoir pris de fortes doses d'extrait de laitue*
Cet extrait ne parait pas avoir d'action sur l'appareil circulatoire ni sur l'appareil respiratoire » quand on le donne à petites doses : il n'en montre pas davantage quand on en fait prendre des doses plus élevées. L'état du pools n'éprouve pas de variation constante et notable après son
TORiQUBs. Soi
admimstratkm ; le rhythme de la respiration reste le même. Un ^t ordinaire de Tosage de la thridace, c'est une augmentation dans la sécrétion nrinaire* Ce composé phar* maceutiqiie porte sur le tissu des reins une impression stimulante qui augmente l'action sécrétoire de ces oi^anes : jeTai enqiloyé comme diufétiquedans plusieurs occasions.
Noos arrÎTons à la partie la plus importante de Thistoire médicale de la thridace. Cette substance a-t-elle quelque poaToir sur Tencéphale ? Peut--elle opérer quelque modification dans Tétat actuel du cerreau ou des autres parties de l'appareil de rinnenration? A-irel\e la yertu de proTOqœr ou au moins de concilier le sommeil, comme Tannoncent un grand nombre d'observateurs ? Le tfaérapeutiste y troaT6-4-il un agent qu'A puisse ayec confiance conseiller comme hypnotique , comme sédatif?
Nous ayons multiplié nos essais, nos obseryations : tonjoors nous ayons remarqué que la thridace n'ayait pm d'infinence notable sur les organes encéphaliques. Pendant que le corps é^ait sons l'action de cet extrait , après l'administration d'un scrupule , même d'un demi-gros » nous n'ayons rien découyert du côté de la tôte «qui soit de natnre à déceler une impression particulière des principes decet agent sur le oeryeau : il ne s'est point manifesté de <^phala^, de pesanteur de tête, de somnolence; les bcidtés intdiectnelles ont conserré lem* intégrité : il n'est «nrrenu aucun trouble dans l'exercice des oi^;anes des ^ns» point d'éblouissemeats, d'étourdissements, de bourdonnements d'oreiUes, point d'hallticinations; il n'y a en aucun phénomène dans les organes musculaires : Kexpres- «ion de la figure n'a subi aucune altération. *
3a3 M£0iG41IBIiTë
Les perBOime» dont la ca?il& de re$tomâc et de» intestins est actuaUement chargée de fomis de pUsgMO ou d'cdcéraiionsy éppouYent des deideurs datts les membres » de raeeablemeDt muscalaire , peu de temps après rkigestion de cet extrait, méaae à des doses modérées, comme quatre à six grains : mais cas effets tiemaiit à h sympathie qui existe entre les nerfs des n»embres et ceux des.oi^anes digestifii; fenoéphale n*y parait être pour rien.
Je me crois amtorisé à assnmr que la laitue oe^ntiefit aucun principe ip£ ait la propriété d'agir sur le cerveau, et de modifier son état actiieL Si ce principe ewtait» son action deviendrait très^parente , oUe pffodmrait des effiels irès-'prononcés» presque des accidents, quand os administrerait les médicaments dans lesquels il dait se trouver ^ des doses trës^rtes. Or , dsas ce damier cas màDue, les organes eacéphalîqms ne ressentent rien, n'éprouvent aucun ehangement» No doit-oil pas condore f» le méditamwit qui aous occupe n*e»t pas ci^ahle d'opéror un effet qui swppaise une fbodifitation. des organes dont Boui parions .9 iobemmttil par escmple?
Cependant on* administre foumettement la âmdsoi cDdUtt^ un mofesk propre è- fiure dormir., h cahier b lotix j( Tfi^tion » ttOQ 4oiile«r » leic^ Uy aîciuBJsdeees iUuwéUs UitértapduliqUds fui.se «ont offisrtes n sanveet ddns la-i^atiuple de te médeonê^ et qm^ont BMdtiplié, tf- -eiuuulé lesr<erreuri9 dans La. matière médiicale. Conunest ont: éti^ Sûtes les '^qpériebcen d'<où Ton a conchi que b thrida(j<$ avait une. fropittété.by{MiolMtue? A Thearedii sommeil , on atejnitftre unO' pUtde do cet exMit à hb
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malade ; on néglige le» effeto immécUato qu elfe doit pro* daire; on ne s'arrêle qu'à ses effrts thérapeutiques» %iiî sont si trompeurs» si éventuels ; on s^informe le lendemaîn à le malade a dormi ; on rapporte à Tac tion du remède nn effet qui était dans Tordre naturel, le repos* le sommeil pendant la nuit : on recueille comme un produit du médicament Texercice d'une ftmction à Tbeué^ où elle devait aToir lieu. Si un état de calme a succédé à un état d'agitation , si une douleur » si la toux ont cessé», on attribue ces changements k la puissance du remède que le malade a pris. Ceux qui ont voulu vérifier les assertions des prer miersobservateurSf ont suivi la même marche ; c'est ainsi que Ton a concédé à l'extrait de laitue unf> propriété hyp-
notiqnc.
Noos avons désiré constater les effets de la.thiidaoej en let comparant h ceux que produisaient d'autros moyens donnés dano les mêmes circonstances». Nous avpns pris hait d'abord» pui^ douze malades» qui avaient de mau<- Taises nuits , causées par la toux» ou par des douleurs vagues, ou pas un état de malaise » d'agitation^ etc. No^s leur avons donné d'abord des pilules de thridace» puisses pilules d'extrait deré^sse» puis des pilules de cypojglosse» Noas avons fecueil}i avec soin tous les matins les rapports de ces malades : avec ces trois sortes de pilules si différen* tes» nqua obtemonsà peu près les mêmes résultats^ Si certains foiirsila pilple. de thridace paraissais calmer davant^^^d'antree joiiTa c'était l'extrait de réglisse qui posr cédait le plus clairement la vertu hypnotique ou sédative ; 1^ prôduils les plus constants étaient ordinairement ceux ^ b pikde de cynogiosse. No«s ajouterons qu'il devenait
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facile de reconnaître la présence de ropiom dans ces der nières : l'action de cette substance se faisait sentir sur r«icéphale; il y avait des rdyasseries, des embarras de U tète t etc. , qui ne s'observaient pas après l'emploi des antres pilules. En même tranps nous remarquions clairement que l'extrait de thridace portait sur la surface gastrique une impression irritante que les autres pilules ne faisaient pas nattre.
Nous avons fait prendre à des malades» successivement, une pilule de thridaCe et une pilule d'extrait de réglisse , le soir k la même heure. Les notes que nous avons prises sur le cafane » smr le sommeil que les malades obtenaient , pttmveraient autant l'existence d'une vertu sonmifëre dans l'extrait de réglisse que dans l'extrait de laitue.
Les observations sur lesqudles on se fonde , pour admettre dans ce dernier une vertu spéciale» dont l'exercice appellerait le sommeil, ferait cesser la douleur» le malaise» l'agitation» etc.» sont donc loin d'être concluantes. L'existence de cette vertu dans la tbridace serait probable si cette substance exerçait quelque action sur l'encéphale; elle serait prouvée si cette action diminuait la vitalité de ce centre cérébral » si eUe causait un certain degré de congestion sanguine » surtout si ses effets étaient rendus très-apparents , très-prononcés par de ferles doses. Cette vertu serait démontrée également par l'analyse chimique, si on retirait de li^ laitue un principe particulier» et que les effets de ce principe sur l'économie animale soient cenx que nous venons d'indiquer. Mais l'observation des effets que l'extrait de laitue suscite» comme les recherches de nos chimistes sur cette plante» autorisent également à
T^MliQUIS. Soi
amte ^ne celle terto eti Qkiaoire» qa*dle n^exble pas dans h piiyririoD dool nous nous oceupons.
Si h tbérapeiitiqiie ne Utmve pas dans l'extrait de laitue une propîélé calmante ou hypnotique» eUe y trou- Tera ks Acuités médicinales qui sont propres aux médicamenls ItmiqueSb EUe pourra avec confiance conseiller cet agent dans tous les cas où les «draits des plantes chicoracées conviennent* Le prunier combattra avec succès les lésions que les derniers parviennent à dissiper. Nous ayons fait prendre aux mêmes malades l'extrait de laitue cultivée et l'extrait de pissenlit : les eflets immédiats que nous avons observés ont été semblables.
Dans nos essab pour reconnaître si la thridace possédait one v«rta hypnotique, si elle exerçait quelque influence sar le cerveau» quand on la donnait à des doses élevées , DODs en avons fait prendre à des individus qui avaient des fièvres quotidiennes et des fièvres tierces , un scrupule ou on demi-gros , de quatre à six heures avant l'époque où nous attendions l'accès. Très^sonvept la fièvre a cédé ; l'accès ne venait plus après quatre k cinq prises , il avait pea à peu diminué de longueur et d'intensité , et s'était entièrement effacé.
On a aussi employé Pei^ distillée de laitue cultivée : on ioia attribué une vertu sédative. J'ai cherché à mettre cette vertu en action , à en observer le caractère ou les effets. De l'eau distillée de laitue avait été préparée avec des laitues en fleurs : on avait recohobé trois fois la même ean sur de nouvelles plantes. Cette eau avait une odeur i>rte» un goût trèsndésagréable : elle devait contenir k un ^^^i degré la puissance de la laitue.