T. I. SO
5o6 uimcAMSNTs
Huit malades en ont pris àla fois peadaul plumvsjmin deux onces > mêlées à deux gros de sirop de ginmaiiYe. Je voulais recneillir des phénomènes bienexprimés, bien éfideats, qui m'auraimit démontré Texercice de la verta sédative de cette préparation. Ifes recherches ont été mutiltt. Aucun malade ne m'a offert de symptômes , d'effets qui aient pu me révéler une impression portée sur rencéphide, qui aient décelé une modification opérée par Teau de laitue dans la condition actuelle ou naturelle du cerveau. Il ne s'est rien manifesté de remarquable dans les facultés de l'intelligence, dans les perceptions, dans l'exercice des sens, dans les actes musculaires» etc. L'eau de laitue s'est montrée inactive sur toutes les parties de l'appareil cérébro-spinal.
Lorsque Ton administrait Tean de laitue le soir, plusieurs des malades, interrogés le lendemain matin, disaient , à la vérité , qu'ils avaient été plus calmes , qa*ik avaient bien dormi, qu'ils s'étaient sentis assoupir; quelques toux avaient paru se calmer, des agitations cesser. Mais ces produits ne sont pas propres à décider la question de savoir si l'eau de laitue contient des principes doués d'une vertu sédative : nous savons la valeur que l'on doit y attacher. Nous ftmes prendre ce même remède le matin, au lieu de le donner le soir ; on n'observa plus de sommeil» de repos, de calme, d'as^upissement. Nous ajouterons que nous avons substitué l'eau simple et d'autres fois Tesa distillée de fleurs de tilleul, à l'eau distillée de laitue dans les prescriptions du soir, et que le lendemain matin un certain nombre de malades assuraient aussi avoir •u du calme, du sommeil; ils disaient qu'ils avaient
moins toussé, etc. » c4N»me après Tusage de leau de laitue.
Nous conclueronsy i"* qae Teau distillée de laitue cou* tient des pincipes chimiques encore mal déterminés; on ai cni y reconnattre une matière gélatineuse plus ou moins Wtée; %"" que ces principes p à la dose où l'on administre Teaa de laitue » n'ont pas d'action appréciable sur le cerrean , et qu'ils ne possèdent pa» une vertu sédative ou calmante ; 3* que s'ils exercent sur l'économie animale une influence dont la thérapeutique puisse profiter , cette influence n'a pas encore été étudiée ni appréciée.
M. Boulay vient de faire la remarque que l'eau distillée de laitue précipite l'opium. U se forme dans les potions où ces deux substances sont réunies , un coagulum gris foncé» qui se dépose au fond du liquide. Les eaux distillées de pariétaire et de bourrache donnent lieu au même phénomène.
Famille des Simaroubées»
QïïAssiA» radix Quassiœ^ Quassia lignum; QuiissiA iiiiiu» L. Arbre de moyenne grandeur qui croît spontanément à Surinam» et qui» en 1 778» a été porté à Cayenne ; il «'est multiplié dans la Guyane. Le quassia ai&iplitl au bord des fleuves et dans les terrains humides. Soft nom vient de celui d' w nègre appelé Quassi » qui fit connaître lea bons eflfets q«e l'emploi de ce végétal procurait dans If» fièvres de mauvais caractère. Ces fièvres sont très^répendues à Siirinain ». pays humide et malsain ; dles y deviennent souvent d'une violence wtrénae. Le traitemrat par le quassia a prpduit des succès signalés. On se sert des
3o8 MÉDICAMBNTS
racines qui sont recouvertes d'une écorce unie» peu épaisse, de couleur grise , tachetée. On doit choisir celles qui sont d'une moyenne grosseur; les plus volumineuseé contiennent moins de matériaux actifs. Le bois de quassia que Ton trouve dans le commerce» en bûches assez grossies» est la partie de cet arbre la moins convenable pour les usages thérapeutiques. Ce bois est blanc» léger ; il se pulvérise difficilement. On préfère Técorce qui recèle ime grande abondance de principes médicinaux.
Le quassia» que Ton nomme encore bois de quassia^ bois de Surinam, est inodore; mais toutes les parties de cet arbre» la racine» le corps ligneux, l'écorce» les feuilles, les fleurs » les fruits» sont remplis de principes amers. Ces principes y paraissent concentrés» et Tamertume du quassia à été remarquée par 4;ous les observateurs. On est également frappé de la durée et de la force de cette sensation ; il suffit que la langue touche le quassia pour qu'elle se perçoive; la plus petite parcelle» mise dans la bouche, la produit d'une manière marquée. Une partie de la racine de quassia communique une qualité amère à cent parties d'eau» de vin ou d'un autre véhicule. Ce n'est pas seulement l'énei^ou la permanence de la sensation que nous devèiMéqi^ signaler; nous devons de plus noter la pureté de l'amertume» qui» dans le quassia» est dépouillée de toute âcreté. Cette amertume n'est poini désagréal>lè$ le quassia ne fait point d'impression fôcheuse sur l'estomac; il ne cause jamais de nausées.
Cette production médicinale ne contient que des principes amers; elle ne recèle ni acide galUque ni tannin. Thomson a soumis à l'analyse chimique l'infusion du quas-
TONIQUES. d09
$ia; 3 a ?a que Feau» en se chaînant des matériaux de cette substance, prenait une couleur citrine; qu'en éraponntle liquide, il restait une matière jaune brunâtre qui consenrait un certain degré de transparence » et qui ne tardait pas à deYMiir cassante. TlKMnson considère cette matière comme le principe amer obtenu dans un état d*iso* kmeat : on lui a donné le nom de quassine» L'infusion du quassia n'éprouYO aucun changement par l'addition du tartre st3>ié» de l'infusion de noix de galle , du sulfate de fer , et de la gélatine animale ; l'acétale de plomb produit m luécipké blanc très-abondant. Les principes de cette substance s'unissent facilement à l'eau; l'intervention de la chafeurestau moins superflue, etlesmfusions deqnassia sent aussi amères et aussi chargées que les décoctions. On met un gros aune demi-once de quassia concassé pour une livre d'eau. L'eau distillée de quassia a de l'amertume. Le <[Qas$ia cède ses principes actifs au vin : on prescrit une once de cette substance pour deux livres de vin. Il les cède également à l'alcool : sa teinture est très-usitée à Surinam : ofl en donne une cuillerée à café, même une demi-once à la fois. On fait un extrait de cette racine» que l'on or* doQne, sous forme de pîlides , aux personnes qui ont delà répugnance pour les autres préparations à cause de leur saveur; on le prescrit à la dose de deux à quatre grains pour agir seulement sur les organes digestifs ; on en donne douze grains, un scrupule, un demi-gros, si l'on veut que tout le système animal en sente l'action. On se sert rareinent de la poudre de cette matière. Dans ces derniers temps, on aimagmé de construire des verres ou gobelets ^Q bois de quassia, dans lesquels on laisse séjourner, pen-
3lO MÉDICAMENTS
dant quelques instants , de l'eau ou du Tin que Ton avale ensuite avec les matériaux amers que le liquide a dissous. On a observé avec assez d'attention lés effets physiolo-^ giques dnquassia. Leur nature prouve que cette substance met en jeu sur les organes une propriété tonique. Les lûédicaments que fournit le quassia ouvrent l'appétit , développent les forces gastriques» fevorisent la digestion. Ordi^ nairement ceux qui commencent h s'en servir s'aperçoivent qu'ils mangent davantage , et que la faim renatt plus t6i qu'elle n'avait coutiune de faire. On a remarqué que le quassia , même à haute dose , ne précipitait pas le cours du sang, ne rendait pas le pouls plus fréquent > n'élevait pas la chaleur animale (Bergius, Mat. méd.; Murray» jipp, méd. ) ; ces attributs ne doivent pas faire partie des changements organiques que provoquent les agents toniques : au contraire > ils caractérisent la médication excitante. Le quassia fortifie les tissus vivants, il anime l'énergie actuelle des appareils organiques ; mais il n'accélère pas leurs imouvementSy il ne fait pas prendre aux fonctions un mode d'exercice plus rapide. Il est digne d'attention que la substance médicinale dont nous signalons la pliissance ne trouble pas l'action naturdle du canal alimentaire; elle n*est pas , comme un grand nombre d'autres amers» su^ jette à occasioner des déjections alvines» à provoquer d<âs nausées, ou même le vomissement, quand on commence à s'en servir. J'ai vu quelques femmes, douées d'une ek-< trême susceptibilité , éprouver, après avoir pris l'infiisHA aqueuse de quassia, des contractions involontaires des muscles, des mouvements brusques des bras et des jambes« Ces effets me paraissent s'expliquer par l'impression que
TOMQUB6* Su
les principes de cette substance portent sur les nerfs de la surface gastrique : ces neifs sont des divisions du pneumogastrique ; ils communiquent avec tous les plexus du grand sympathique» et par suite avec les nerfs des mem» bres'.
Le caractère de la puissance médicinale du quassia indique qu'il sera une ressource thérapeutique efficace dans les vices, d^ la fonction digestive qui dépendront du relâchement, de la faiblesse , de- l'inertie des organes chargés de l'opérer : la perte de l'appétit » des pesanteurs après les repas ^ des digestions stomacales lentes, tardives» des flatuosités intestinales» des déjections trop précipitées ou trop tardives » etc. » trouveront dans, les médicaments que fournit le quiâsia » des remèdes puissants et sûrs» lorsque ees accidents procéderont du ramollissement des tuniques gastriques et intestinales» de la faiblesse matérielle de ces tuniques , ou d'un affaiblissement de l'influence vivifiante qu'elles reçoivent des centres nerveux» etc. On donne» un peu avant chaque repas» une petite dose de cette substance tonique» comme deux cuillerées de son infiision» une cuillerée du vin chargé de ses principes » une cuillerée à café de sa teinture» quatre grains de son extrait» etc. On conseille le quassia dans quelques vomissements spasmodiques» Il est évident que s'il existait de l'irritation dans
' Qoel^ei expériences peràuient annoDcer qne le qausia agit tnr l'appareil cérébro-spinal. On assure qu'un grain d'extrait, alcoolique de quassia , mis dans une plaie faite à un lapin , l'a fait mourir en trente heures. On dit que l'infusion du quassia met les monobes qui «'en approrhent dans tm état de mort apparente.
3lS n£DlC4MEIfT«
les voies alimentaires , cette substance médicinale deviendrait nuisible.
On Tante Temploi du quassia dans la goutte. En soutenant le ton des organes gastriques , cette substance rendra quelques services aux personnes qui sont tourmentées de cette maladie. Si l'usage des amers en général est fa- Yortible aux goutteux, le quassia , qui est un amer pur, ami des organes , pourrait réclamer la préférence sur k« autres. On* cite des succès obtenus de l'emploi de cette substance dans la leucorrhée : sa force tonique a pu modifier l'état morbide de toift le système animal , de la membrane muqueuse vaginale en particulier , et tarir une excrétion que le relâchement , qu'une congestion sanguine de cette membrane entretenait Quand la leucorrhée dépend d'une irritation de la surface interne du vagin, le succès du quassia n'est plus aussi sûr. On a trouvé dans cette production un bon vermifuge.
' Le quassia a signalé son efficacité contre les fièvres intermittentes. Si l'on a l'intention de suspendre tout à coup le cours de la fièvre , il faut administrer les composés dn quassia à hautes doses ; on les donnera à petites doses, que l'on répétera tous les jours» lorsque l'on voudra seulement diminuer l'intensité des accès et les anéantir peu à peu. Les propriétés fébrifuges de cette substance ont été si bien reconnues en Amérique que tous les praticiens la substituent au quinquina dans le traitement des fièvres intermittentes. Ils donnent le quassia en décoction ou en infiision. (Rob. Thomas, M éd. pratiq., trad. de M. Gloquet» tom. h pag. 23. )
On ne s'est pas contenté d'employer cette production
médicinale comme on secours ihérapealiqQe : on â voulu faire servir sa puissance tonique à la conservation de la santé^OnaconseillériDlosicMioulevindequassia, comme moyoi hygiénique, aux personnes qui mènent «ne vie sédentanre» aux hommes de cabinet» etc. , pour combattre les effets nuisibles du repos, et pour conserver à tous les organes une énei^ que Tinaction tend sans cesse k leur enlever.
SniABOirBA, cortex simarubœ; Quassia siMABUBAy L. r. siHARittA AVAEA aublot Arbre très-élevé, qui habite les fiemc sablonneux à Cayenne , à la Guiane» k la Jamaïque. On se sert en médecine de Técorce, que Ton nous apporte en lanières, roulées ou repliées surellesHOiémes, souvent longues de plusieurs pieds. Cette écoroe est légère , blanchâtre ; elle a&e une texture fibreuse , solide; elle se réduit avec peine en poudre. En quittant la plante fraîche» cette écorce laisse couler un suc laiteux ; celle de la racine contient plus de principes que celle de la tige ou des branches; die est aussi plus estimée pour les usages thérapeutiques.
Lesimarouba» remède familier dans les lieux oh on le récolte, n'a été connu en Europe qu'en 1713'; il doit son crédit aux succès qu'on lui a attribués dans le traitement des épidémies de dyssenteries qui ont régné à Paris en 1718 et en 1 793. L'ipécaeuanha ne réussissait pas dans ces maladies meurtrières; le simarouba se montra plus favorable : il n'en fallut pas davantage pour Aever tout d'un coup h réputation de ce nouveau moyen médicinal , et pour loi £aire concéder des propriétés merveilleuses. Une observation pluscafane a dissipé le prestige» et le simarouba
5l4 MÉDICAMENTS
est veau prendre» parmi les toniques» une place que lui assigne le caractère de sa puissaincei et la nature des e£feu immédiats que suscite son exercice sm* nos organes.
Le sknarouba est inodore; mais cette production Tégè^ taie se fait remarquer par une amertume très-prononcée» k laquelle ne se mêle aucune ficieté» L^eau, le yin, l'alcool» dépouillent le simaronba de ses principes actifs. M. Moria de Rouen a fait des recherches sur la composition chimi* que du sîmarouba : il a trouvé dans cette écorce» i® de la quassine » matière amère » entièrement soluble dans l'eaa et dans l'alcool : la dissolution aqueuse de cette matière n'éprouve aucun changement de la part du per-suUate de fer» des nitrates de plomb et de enivre» et du per-<hlorure de mercure : ce corps offre toutes les propriétés du principe amer du quassia; s* une matière résineuse; 3"* une huile volatile ayant l'odeup du benjoin; 4" de l'acide ma- Uque et des traces d'acide gallique; â'^un sel ammoniiK^al; 6* de l'acétate de potasse; 7* du malate et de l'oxalate de chaux; 8* de l'oxydede fer» delà silice», des sels minéraux; g** de Fulmine et du ligneux. (/our.cfe/'Aamt.» février i8ss, pu 57. ) On donne le simaronba en poudre, à la dose de douze à vingt-quatre grains» même à celle d'un demigros» selon l'iotensitéque l'on veut donner aLn% effets que cette substance produit. On en fait aussi ime infusion, en mettant deux ou U^is gros de cette écorce concassée macérer dans une livré d'eau» à une douce température. On pe«it s'aider de la faculté qu'a le calorique de favoriser la difisolutioa des princq^es végétaux» et £ure bouillir cette substance 4ans l'eau. On administre les infusions et les décoctions de simaronba par petits verres» ou seulement
TomQVBs. 3i5
par cuillerées y salon rindication que Ton vent remplir. Le simarouba exerce éndemment une action tonique 5Qr nos organes; il réveille leur contractilité fibrillaire» et affermit leur tissu. Le changement oi^aniqu<} auquel il donne lien est surtout sensible si l'on suit ses progrès, si Ton obsenre son caractère sur une surface relâchée » sur des appareils organiques dont la vitalité a éprouvé un décroissement. Lorsque Ton prend une forte dose de poudre de simarouba , ou que Ton se sert d'une infusion ou d W décoction très-chai^ée des matériaux de cette écorce» il arrire souvent qu'elle fait sur la surface gastrique une impression pénible , et qu'elle est rejetée par le vomisse* ' ment. C'est pour avoir observé cet effet, qu'une susceptibilité particulière de l'estomac peut» dans certaines malà* dies, rendre plus fréquent, que Desbois de Rochefort s'est cra autorisé à mettre , dans sa Matière médicale , le simarouba au nombre des agents émétiques. Hais une substance ^ provoque le vomissement n'est pas pour cela douée d'une propriété émétique ; celle-ci se fait reconnaître à une série de changements physiologiques qui Sont essentiels u son opération , et qu'on ne voit pas nattre après l'emfdoi ' du simarouba. Voyez Ëiiètiqvbs.
Les avantages que la thérapeutique retirera du sima* ' ronba, découleront toujours d'une seule et même source, ' de la faculté tonique qu'il possède. Cherchons h justifier , - par Fexercice de cette faculté , la célébrité dont cette ^ écorce jouit dans le traitement de la dyssenterie. Les pra- ^ ticiens qui préconisent ses qualités curatives , défendent f son emploi dans le début et dans la vigueur de la maladie. ^ Ib la proscrivent s'ilexkte une diathèse inflammatoire , si
3l6 uiDICAMBlITS
le malade éprouve de fortes coU<piefl, si le sang vif et abondant des déjections annonce que l'irritation des voies intestinales est très-intense. Ik ne commencent à employer le simarouba que quand la dyssenterie est à sa fin et qu'dle traîne en longueur, surtout quand le ténesme, quand h dbaleur coHunencent à diminuer, quand les selles s'épaississent et deviennent moins fréquentes.
Ces conditionséclairent suffisamment le pharmacologistB sur les succès qu'a procurés cette substance médicbale dans les irritations, dans les phlogoses intestinales. Si la tunique musculeuse des intestins, si leur enveloppe péritonéale sont sains; si la membrane muqueuse qui tapisse l'intérieur des voies alimentaires est seule dans un état mo^ bide ( endonentérite) , l'impression tonique du sîmarooba donne tout à coup k cette dernière un autre mode de vitalité, de sécrétion, d'action. Ce qu'il reste de pblogose sur cette membrane suffit pour entretenir les accidents dyssentériques ; mais ce travail inflammatoire n'est plus dénature à pouvoir être ranimé par le contact du simarouba ; cette substance agit surtout contre le gonflement atonique, contre la congestion sanguine qui se maintient sur la surface intestinale k la fin de ces pblogoses. Sous l'influence de cette écorce, les capillaires se resserrentsureux-m^mes, le sang qu'ils contiennent rentre dans les gros vaisseaux, les ulcérations de la membrane se cicatrisent , elle perd son volume pathologique, elle revient k sa condition physiologique , et la source des sécrétions et des exhalations morbides q^i affluaient dans le canal alimentaire se tarit.
N'oublions pas que, dans leurs pUegmasies, les mem-
TOHIQUBS. 3l7
branes muqneases ne repoussent pas l'application des substances toniques» excitantes ou irritantes» comme les pUegmasies qui occupent les membranes séreuses ou le parencbyme des viscères. Quand Tinflammation d'une membrane muqueuse est superficielle» quand elle n'a pas pénétré les tissus qui sont au-dessous» quand le trayail phlegmasique n'a pas causé de d^;énérescence dans les organes malades» le contact d'un tonique^ ou même d'un irritant » arrête sourent les progrès du mal » peut même ramener promptement les parties affectées à leur état natureL Tous les jours on guérit des ophthalmîes par des topiques irritants. On yoit fréquemment les ulcérations des geDciyes et de l'intérieur de la bouche se cicatriser» dès que Ton applique sur elks des amers styptiques » le quinquina» etc. Le tartre stibié a souyent dissipé des irritations gastriques qu'il semblait deyoir exaspérer. Ayouons toutefois que cette thérapeutique hardie ne peut être confiée qa'à un praticien sage et prudent» qui suivra les progrès delà médication et s'assureira qu'elle n'aggraye pas le mal , au lieu de le guérir. Les auteurs qui ont employé avec succès le simarouba dans la dyssenlerie» préyiennent que si les premières doses de cette substance ne soulagent pas» il serait dangereux d'insister plus long-^temps sur son usage» On conçoit que si l'impresnon de cet agent tonique sur la 5qi£m» malade n'amène pas tout d'abord un changement fa?orable, la même agression» trop de fois répétée» devieudrait nuisible. On administre dans cette maladie douze à quinze grains de simarouba en poudre » ou deux cuillerées de Vinfusion ou de la décoction de cette écorce» de trois heures en trois heures. On donne en lavement ces derniers
3l8 MÂDIGAMBlfTS
composés, lorsqu'on yeat agir principalement sur la furface des gros intestins*
On s'est senri ayec succès do simarouba dans les fini séreux des autres surfaces muqueuses, dans quelques gonorrhées , dans les toux humides avec une expectoration abondante de mucosités » dans les leucorrhées, etc. La fiiculté tonique de cette substance est toujours la cause des succès qu'elle procure : l'opération de ses molécules, que le sang porte sur le lien malade , en fournit l'explication. S'il y a ramollissement du tissu de la membrane muqueuse qui donne ces excrétions morbides , s'il y a cod* gestion passive dans le réseau rasculaire qui pénètre cette membrane , une impression tonique peut y déterminer un changem^it salutaire^ Un état inflammatoire sur ces parties, qui aurait un peu de viracité, rendra toujours le simarouba inutile, le plus souvent' nuisible.
On parle de l'efficacité du simarouba dans les perte» utérines : si cette éoorce , introduite dans les voies digestives, a réellement contribué à modérer, à suspendre l'écoulement immodéré des règles, c'est en dévdoppant la tonicité de rutérus , en déterminant un resserrement de son tissu , soit que cet effet procédât de l'impression directe que les molécules dusimaroubaportoitsur cet organe, après leur absorption , on qu'il tint à ce que l'action styp^ tique de cettesubstance sur la surface gastrique se transmet sympathiqueiyient à l'appareil utérin.
On a employé la vertu tonique du simarouba à la guérison des fièvres intermittentes. Le témoignage d'observateurs estimables prouve son efficacité; la nature de son activité montrait d'avance su pharmaeologiste qu'il pou-
fait af«c coafiMice y avoir recours dans ces maladies. On a enfin mis en usage , ayec succès , le simaronba dans les afiections Termiaettses.
PamiUe naturelle des Rabiacèe^
Cette famille naturelle se distingue, en botanique, par l'importance des végétaux qu'elle renferme et par la diversité des usages auxquels nous les faisons servir. Les plantes qui nous donnent le café » Tipécacuanha , le quinquina, la gomme kino, la garance, se trouvent rapprochées dans cette famSle. La classe des toniques réclame les trois dernières substioices.
QuiHQOiHA , Cortex peruoianus. On donne ce nom aux écorces de plusieurs espèces d'arbres dont les botanistes ont formé le genre Ciuchoitâ.
Histoire naturelle du Quinquina,
Les arbres qui fournissent le quinquina sont ordinaire* ment de moyenne grandeur, ils ont leurs branches et leurs Ceuilles opposées , celles^ sont entières ; leurs fleurs sont en panicules terminaux dans la plupart des espèces. Ces arbres croissent dans les immenses fprêts des Andes de rAmérique méridionale. Us sont surtout abondants dans la province de Quito. On les retrouve aussi aux environs de Smta-Fé. On a retiré une si grande quantité de qnin^ quina du Pérou , depuis près de deux cents ans , et on a pris si peu de soins de la conservation et de la propagation dM arbres auxquels on enlevait cette écorce, qu'ils y sont
Sao mjEldigâhbmts
devenus rare». On yient d^annonoer, dans le Journal de Pharmacie, que les racines de ces arbres ont été employées comme remèdes, et que leurs propriétés peuyent être comparés à celles des écorces de ces mêmes végétaux.
Il paraît que c'est en i636 que les Espagnols commencèrent à connattre Tefiicacité du quinquina dans les fièvres. Un Indien en fit prendre h un militaire, qui obtint une prompte guérison. Mais. une circmistance particulière Vint en i638 donner à ce nouveau remède une grande célébrité. L'épouse du comte Del Ghinchon ou Ginchon, vice-roi du Pérou, était atteinte d'une fièvre tierce qui résistait à tous les moyens et qui la mettait dans un danger pressant. Le quinquina Ait proposé, et son usage fit pcomplement cesser une maladie que les autres secours de la pharmacie n'avaient pu vaincre. Cette guérison fii un grand bruit, et mit en vogue ce fébrifuge. On apporta le quinquina en Espagne en i64o : les jésuites de Rome le firent connattre en Italie en 1649 * ^ ^^ avaient reçu une grande quantité d'Amérique et le distribuaient en poudre sous le nom de poudre des jésuites. En 1679, Loui& XIY acheta le secret de ce remède d'un chevalier anglais nommé Talbot; c'est depuis la publication de ce secret 9 en i68â , que l'on a reçu en France des écorces de quinquina y et que cette production est devenue un objet de commerce. Gomme tout ce qui est nouveau, le quinquina trouva des sectateurs enthousiastes et des ennemis aveugles ou prévenus. Les esprits sages consultèrent l'expérience clinique, et la cause du quinquina fut gagnée. Les débats eussent été moins longs et sur^ut moins scandaleux, si l'on avait soumis ce moyen médici-
TOMQUB6. 321
nal à une sorte d'enquête pharmacologiqae« en exami* nantsa composition chimique^ en observant son action sur les oi^anes du goût et de l'odorat, puis en constatant le caractère de sa puissante » en étudiant les effets immédiats que son exercice fait naître dans Téconomie animale : cet examen préliminaire aurait conduit à bien régler l'administration de cette écorce; il aurait surtout fourni des données sûres » pour décider si «lie pouvait opérer les ^aérisons qu'on lui attribuait, ou occasioner les accidents dont on l'accusait.
On distingue plusieurs sortes de quinquina : nous nous contenterons ici de citer les suivantes, auxquelles on donne en pharmacie le titre d'oi&cinales«
i\ Les QuiNQViN Asgri5 de Loasa. Fournis parle Ginghona cexDAiaNBA, Humboldt et Bonpland, G. officinalis, L. Arbre élégant , rempli d'un suc propre jaunâtre , qui décode aussitôt que l'on fait une incision à son écorce. il croît près de Loxa. Ce quinquina est en écorces minces , compactes , bien roulées ; leur surface extérieure est lisse oupeuTaboteuse, marquée de petites crevasses' transversales, d'un brun roij^ foncé; leur surface interne est lisse, d'un rouge pâle. Ces écorces ont une amertume mêlée d'une stypticité très-prononcée : elles ont une odeur £dUe; elles donnent une poudre d'un jaune grisâtre.
2*. Les Quinquinas orangés^ Ces écorces proviennent du C. LANGiFOLiA, Mutîs. Elles sout posautos, compactes, dores, roulées en tubes plus gros et plus épais. Elles ont leur surface externe plus raboteuse , plus chagrinée ; les fentes circulaires plus profondes. Au-dessous de l'épiderme grisâtre qui les recouvre , elles ont une couleur brune T. I. âi
S'iSi IIÈDICAMKNTS
rougeâtre ; la poudre est orangée pâle. Ce qmnquma est fortement amer, mais peu stjrptiquo : il a une odeur aromatique agréable. Il recèle des principes qui stimulent les tissus vivants ; aussi , parmi les effets organiques qu'il suscite , on remarque raccélération du pouls > le développement de la chaleur animale , qui sont des produits d'une faculté excitante. L'existence de cette faculté, dans le quinquina orangé , doit être notée avec soin par le thérapeutiste.
S*". Les Quinquinas y aeinej ou calUaya, G. cordifolu, Mutis. Ëcorce compacte en tubes et en gros morceaux peu roulés, d'une jaune pâle à l'intérieur, recouverte d*iiD épiderme fin, grisâtre, très-adhérent. Sa poudre est plus pâle que celle du précédent, d'une amertume considérable, dépourvue d'arôme sensible; le sens du goût y découm peu de stypticité. Ce quinquina ne paraît contenir que des principes amers. Il a une propriété seulement tonique : il n'exerce sur les organes aucune impression <ini puisse les stimuler. Les médecins anglais font beaucoup de cas de ce quinquina ; ils le regardent comme {dus éner gique, dans les fièvres , que les autres sortes. li^ estiment que sa vertu fébrifuge a une force double de celle du quinquina ordinaire : au moins cette écorce non aromaUqoe devra être préférée , quand on aura lieu de redouter toute espèce d'influence excitante.
4*. Les Quinquinas rouges. Ils se tirent du €. oBLO^fc^ FOLiA, Mutis. Cet arbre, un des plus grands du genre dnchona , porte des feuilles qui ont depuis un pied et demi* jusqu'à deux de longueur. Ses fleurs blanches exhalent une odeur agréable que Ton compare à celle de l^oranger.
TORIQUlg. 095
Son écopce (èche préseate une eonleor rouge foncée : elle donne nne MTenr moin» amère que les précédentes , mai» elle est remarquaUe par une grande stypticité ; on ne lui trouve pas d'odeur. Cequinquina a une force tonique très-* poissante; on le recherche» surtout quand on ▼eut fortifier rippareil digestif, suspendre des éracuations alrines trop abondantes, obtenir un effet astringent.
5*. Le QmifQinif A ^(onc. ir appartient au C. ovalifoua, Matis. Cet arbre crott dans le royaume de Santa^Fé. Les' écorces qui eu pro^ienn^tsont d'une couleur blMichâtre, minées et dures : elles ont une amertume nauséabonde, mêlée dCuoe saveur acerbe bien légère. Ce quinquina est
toat*à-fttt inodore.
Au Pérou, un directeur était chargé de soigner la récolte du quinquina, et de diriger cette opération.. Aussitôt ({oerécorce est détachée du tronc d'un cinchona, on la triBsporte rapidement h Tair libre , on l'expose au soleil brûlant de ce climat. Cette brusque dessiccation est nécessaive pour conserrer au quinquina toutes ses qualités Dstorelles. Exposée à rhumidité , celte substance éprouve promptement nne fermentation intestine, qui détériore ses principes médidnaux. (Bonpland, BaUet. dePhami., 1. 1.) Tontes les écorees que l'on récolte au Pérou et h Santa-Pé 90Bt d'abord BEÛses ensemble; c'est alors que l'on s'occupe de les assortir, pour les livrer au commerce. Ce sont ton-;jours les différences extérieures que présentent ces écorces, et les impressions qu'elles font sur les oi^anes des sens, que l'on consulte pour opérer ce choix. On examine leur forme physique , leur largeur, leur épaisseur , leur pesanteur, leur roulage, l'état de leur épiderme, l'aspect de leur
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tissu , leur texture » leur solidité y leur ténacité. On s'attache aussi à leurs qualités sensibles» à leur couleur» à la force de leur amertume» au degré de stypticité qui l'accompagne 9 à l'odeur qu'elles exhalent , etc«
Il n'est pas toujours facile d'assigner à quelles espèces botaniques de cinchona appartiennent les écorces que l'on trouve dans les pharmacies sous le nom commun de quinquina. Il règne dans la détermination des noms qu'on leur donne un arbitraire incontestable. Nous $av<ms que l'âge peut établir une grande dissemblance entre les écorces du même arbre : celles des jeunes rameaux ne ressemblent pas à celle du tronc. La saison dans laquelle on les recueille produit des yariations très-sensibles entre eUes. Les soins de dessiccation et de consenration dont elles sont l'objet exercent une influence remarquable sur leurs qualités physiques. N'est-41 pas probable que souvent on sépare , comme distinctes , des écorces qui proviennent des mêmes espèces de cinchona, pendant que l'on en confond d'autres qui tirent leur origine d'espèces diiférentes? Ceux qui désireront des détails plus étendus sur la substance médicinale qui nous occupe consulteront le Traité des fièvres intermittentes de M. Alibert» les savantes Recherches de M. Laubert sur le quinquina » consignées dans\le 2"" volume du Journal de médecine militaire ^ i8i6; le Mémoire que M. Virey a inséré dans le Journal de Pharmacie , sur le même sujet; et V Histoire abrégée des drogues simples .^ par M. Guibourt» tom. ii» pag. 44» 3* édition.
Analyse chimique du Quinquina.
Les chimistes se sont beaucoup occupés du quinquina. Leurs travaux sur cette écorce ont même contribué aux progrès de Fanalyse végétale. D'abord » ils se contentaient de reconnaître dans cette production » à l'aide de réactife convenables , les principes qu'elle contenait. Mais ils ont poussé plus loin leurs prétentions : ils ont voulu obtenir pur et isolé chacun des matériaux qui entrent dans la constitution intime du quinquina» soumettre ces matériaux à un examen spécial , signaler leurs qualités distinctiveSy déterminer leurs proportions respectives, etc. Tel a été le but des recherches de Bucquet» Cornette, Saunders, Schot, Fourcroy, Seguin, Vauquelin, Deschamps le jeune, Reuss, Dvncan d'Edimbourg, Cromès de Lisbonne f Pfaff , Laubert, etc.
Vauqnelin a trouvé dans l'écorce péruvienne du li* gneux , du mucilage , un acide propre qui a'y troove en combinaison avec la chaux, et que l'on nomme acide kiniqne , une matière brune , soluble dans Peau , et une matière résinîforme. Cette dernière ne paraît pas identique dans toutes les espèces de quinquina. Elle est très-amère , peu soluble dans l'eau froide, die s'unit très-bien à l'eau chaude. L'alcool s'en empare avec avidité. C'est par ces matières, brune et résiniforme , que sont produits les précipités que leiartre stibié, la noix de galle et la gélatine occasionent dans les infusions du quinquina. Vauquelin pense que plus elles sont abondantes dans une écorce , pins l'énergie médicamenteuse de celle-ci est développée. Aussi donne-t41 comme mesure propre à indiquer la bonté
SsS llÉDICAirBlITS
MM. Pelletier et Cayentou ont d^abord examiné le quinquina gris» Analyse chitniifue des Quinq,, etc. (Paris, iSd 1 ) ; ils en ont extrait,
1^ La cinchonine, substance de nature alcaline» qui dans Técorce du Pérou est unie à Tacide kinique : c'est principalement ea die que réside le pouyoir du qoinqnmau Nous examinerons plus loin ce principe.
2\ Une matière grasse yerte, soluMe dans Talcool boaUlant; elle s'en précipite en partie par le refroidissement; très-soluble, même à froid , dans l'éther sulforique» ayant un peu d'âcreté. ( Laubert» )
3*. Une matière colorante rouge insoluble, ouïe rouge cinchonique de Reuss» très-peu soluble^ dans l'eau et même dans l'étber : l'eau bouillante en dissout une petite quan* tité; l'alcool, surtout cbaud, en est très-ayide : les acides fayorisent sa dissolution dans l'eau : les alcalis décident aussi l'union du rouge cinchonique ayec ce liquide; ils lui communiquent une couleur brune très-intense : ce principe du quinquina paraît avoir alors subi une modification dans sa nature intime : il a des propriétés nouvelles.
4''- Une matière colorante rouge soluble , ou matière tannante, qui jouit des propriétés que les chimistes accor^ daient au tannin. Cette matière est d'un rouge brunâtre, se dissout dans l'eau et Talcool, a une saveur acerbe, précipite en vert foncé les dissolutions ferrugineuses, donne avec la colle animale un dépôt abondant, etc.
5^ Une matière jaune, soluble dans Feau, l'alcool et même Téther, sans saveur marquée, ne paraissant pas jouer un grand piie: dans Faction du quinquina»
6^ L'acide kinique, découvert parVauqudîn. Ce prin-
cipe est très-sohible» très- acide; il n'est point amer; il peut cristalliser. Il est ccMOibiné en partie avec la chaux.
y*". De la gomme.
8*. De l'amidon.
9*. Dn ligneax.
liM« Pelletier et Carenton ont ensoite procédé h Tétodo chimiqoe du quinquina jaune. Ils en ont retiré :
1**. Une base salifiable particulière et différente de la einchonîne du quinquina gris. Ils ont désigné cette base sous le nom de quinine : nous en traiterons à part plus loin.
s*. Une matière colorante rouge insoluble , ou le rouge cinchonique^ qui a les mêmes propriétés que dans le quinquina gris.
3*. Une matière colorante rouge soluble, ou matière tannante, qui ne diffère de celle du quinquina gris que par la propriété qu'elle a de précipiter les sels de fer en bleu 9 au lieu de les préciter en vert.
4^ Une matière grasse , à la couleur près » en tout semblable à celle du quinquina gris.
5"*. Du kinate de efaaux.
6"*. De l'amidon.
7*. Du ligneux.
8*. Une matière colorante Jaune.
Les chimistes dont nous exposons ici les brillantes découvertes ont voulu connaître la composition chimique du quinquina rouge : ils ont trouvé dans cette écorce la cinchonine dn quinquina gris » et la quinine du quinquina )aune. D'après leurs recherches» ce quinquina se compose^
De cinchonine unie à l'acide kinique»
D^ quinine unie au même acide ,
De rooge cinchoniqDe ,
De matière colorante rouge soluble, ou Unnin,
De matière grasse»
De matière colorante jaune ,
De kinate de chaux »
D'amidon ,
De ligneux.
Le docteur Fr. Sertueraer de Hammeln prétendait a?oir retiré du quinquina d'autres substances alcaloîdiques;!! en était une qu'il nommait chinoidine, qu'il avait trouvée dans le quinquina rouge et dans le quinquina jaune^ et dont la yertu fébrifuge lui avait paru plus sûre, plus puissante qw celle de la quinine. Ce principe n'existe pas. MM. Henrjet A. Delondre croyaient aussi avoir trouvé dans le quinquina jaune une nouvelle substance alcaloïde qu'ils appelaient quinidine. Ces chimistes ont reconnu que cette substance n'était qu'une modification de la quinine. ( /oumal ii Pkannacie, tom. xx, pag. lij*)
On a cherché à détermmer quels étaient dans les produits que la chimie retirait de l'analyse du quinquina, ceux d'où émanaient ses propriétés actives ou médicinales. Cette recherche doit être aussi simple que celle qui a pour objet de noter dans une formule les ingrédients d'où procèdent les vertus du composé qu'elle représente. En considérant le caractère, les propriétés de chacun des matériaux immédiats du quinquina, il est facile de voir que le ligneux, la fécule et le. mucilage ne peuvent contribuer à la force active de cette substance. Le quinate 4t^ chaux n'est pas inactif; mais ce n'est pas de ce conip^ lâlin
que nous ferons procéder les vertus de l'écorce péruvienne. Nous n'en placerons pas le siège dans la matière verte ni dans la matière jaune , qui ont peu de saveur, ni dans le rouge ciachonique, qui est insipide, très-peu soloble dans les Ikpieors aqueuses. Nous ne voulons pas nier la puis^ sance qpie doit exercer sur les organes la matière tannante que recèle le quinquina : ceUe-ci joue firéquemmeni OQ rôle dans l'action thérapeutique de cette écorce : tontelob il est impossible de ne pas s'adresser h la quij^ine et à la cinchonine, lorsque l'on veut démontrer la source du pouvoir médicinal du quinquina. Ces bases salifiabies agissent fortement sur l'organe du goût; leur administration provoque» eonune nous le verrons, des elBets physiologiques très-prononcés , très*«ensibles dans l'économie animale : l'expérience clinique proclame tous les jours leur efficacité. Voilà sans doute les agents de la puissance du qnintpiina , les principes dépositaires de sa force médicinale. Nous rappellerons ici que M. le docteur Ghomel a administré k la dose de deux onces les matières résineuse et ligneuse dti quinquina dépouillées delà base salifiable» contre une fiè¥re intermittente, que ces matières n'en ont pas interrompu les accès, et que le sulfate de quinine, ^ployé seul ensuite » a immédiatement suspendu cette fièvre. {Traité des /Uvref> pag. 3o2. )
Préparations pkamuiceutiqiêes que l'on fait avec le quinquina.
On administre le quinquina sous une foule de formOvS pharmaceutiques distinctes. On en fiiii un grand nomiire ticpréparatioiis dissemblakfes. On le donne en poudi*e, en
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électuaire et en pilules. On en fait prendre de six à dixhuit grains seulement » si Ton ne veut agir que sur les organes digestifs. On en prescrit un demi-gros» un gros, deux gros et même plus par jour, si la maladie exige que tout le système animal soit soumis à la puissance de Técorce péruvienne. On charge Teau, le vin » l'alcool de ses principes actifs. En mettant macérer dans Teau froide cm chaude cette écorce pendant un certain temps, on obtient une infiisiqn : la dose est de deux gros à une once par livre d'eau selon les indications. La liqueur est peu colorée , parce que le rouge cindionique est peu soluble dans Teau. On rend cette infiision plus chaînée » en ajoutant une petite portion de magnésie. J'emploie ordinairement une once de quinquina en poudre ou concassé finement, et un gros de magnésie, pour une livre de véhicule. Après vingt-quatre heures d'infusion » la liqueur est d'un ronge brun assez foncé.
En évaporant jusqu'à siccité la macération ou l'infusion aqueuse du quinquina , on a l'extrait sec de cette écorce, ou le sel essentiel de La Garaye. Cet extrait est composé de kinate de chaux, de gonmie, de matières colorantes, mais il contient peu de quinine et de cinchonine : aussi les praticiens sont^ils en défiance sur ses propriétés. On le donne à la dose de quatre grains, de six, même douze et vingt-quatre grains à la fois.
On peut faire bouillir le quinquina dans l'eau , et le donner en décoction. Cet excipient dissout alors une partie de la quinine ou de la cinchonine; dans cette écorce, ces principes alct^lihs sont unis à l'acide kinique, et à une ou plusieurs matières colorantes qui jouent à leur .^ard
TONIQUBS. 353
le rôle d'acide : Teau bouillante enlève en môme temps le tannin» une portion de ronge cinchonique, la matière colorante jaune '» le kinate de chaux, la gomme et Tamidon : ces substances entraînent même ime quantité notable de matière grasse. La décoction reste claire» tant que Teau est au degré de Tébullition; mais, en se refroidissant » ce féhicule se trouble, parce que le tannin qui s* unit à l'amidon forme un composé insoluble dans l'eau froide. Une partie du rouge cinchonique et de la matière grasse se séparent aussi, et, en se précipitant, elles entraînent avec elles de la quinine ou de la cincbonine. Pourdiminuer cet inconvénient, et conserver à l'eau tous les principes médicinaux qa'elle enlève au quinquina par l'ébullition, il fiiudrait augmenter la masse du dissolvant. On emploie de deux gros à une demi-once de quinquina par livre d'eau.
Si l'on évapore la décoction chargée des principes du quinquina, on obtient un extrait dans lequel se trouvent tous les principes de l'écorce du Pérou qui sont solubles dans l'eau. On a expérimenté que, dans le traitement des fièvres intermittentes, l'extrait de l'écorce péruvienne n'avait pas l'efficacité curative de sa poudre; l'infériorité du premier tient à ce que dans les petites doses que l'on en prescrit, il y a une grauoide proportion de matériaux inutiles. Quoi qu'il en soit, cette préparation possède une faculté tonique très-dé veloppée, et, tous les jours, elle rend des services à l'art de guérir. On 'donne l'extrait de quinquina ^ la dose de deux à six grains à la fois. Il est rare que l'on ait recours à des doses plus élevées, parce qu'il est rare qne l'on s'adresse à cette préparation du quinquina , pour provoquer des médications générales. En ajoutant à l'in-
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Ton a prodigués à cette substance» à travers les merveilles que Ton raconte de ses vertus» il faut s'attacher à son action première» saisir le caractère deTimpression qu'elle exerce sur les tissus vivants, déterminer les changements que cette impression fait éprouver aux appareils organiques» dans leur vitalité » dans leurs mouvem^its çt dans Texercice de leurs fonctions. Cette recherche nous montrera que cette production recèle une faculté tonique. Nous verrons que, sous son influence » le tissu des oi^anes s'affermit» que leur énergie vitale augmente. Cette plus grande somme de vigueur se retrouve dans la manière dont tous les actes de la vie s'exécutent. L'expérience journalière ne démontret-eUe pas que le quinquina , à petites doses» sur les personnes dont les organes digestife sont sains» ouvre l'appétit, qu'il facilite l'opération digestive » qu'il la rend plus parfaite et plus régulière ; qu'à des doses plus élevées , ses principes pénètrent dans la masse sanguine » se répandent dans les organes ; qu'alors le quinquina suscite des phénomènes généraux » qu'il exerce une action évidente sur l'appareil circulatoire» qu'il donne de la force au ponls, qu'il élève la température animale » qu'il rend la nutrition plus active» etc.? Les personnes qui prennent» pendant huit ou dix jours» de grandes quantités de cette substance, comme cela se pratique dans le traitement des fièvres intermittentes» éprouvent souvent une céphalalgie intense, des saignements de nez» de l'agitation la nuit; la figare devient plus colorée» les urines sont rouges» etc.
A ces premières données» ajoutons ce qui suit. Le quinquiia est un moyen précieux dans les maladies produites par le ramollissement, par l'oligotrophie» par la débilité
TOHIQUES* 557
des oiguies. On fe donne pour fi>rtifior les tiasusde Testomac, des intestins, des poumons, ducœar, etc., lorsque la fiublesse des mouvements de ces viscères entrave Tesercice des fonctions qui leur sont confiées. On le donne encore pour restituer au matériel des oi^anes leur volume , kur compiexion naturelle, quand la langueur de la nutrition les a détériorés. D'un autre côté, le quinquina est tm emploi das^reux dans tous les cas oii il y a de la chaleur, de l'irritation , de la phlogose , sur quelque point de Téconomie animale, etc. Il peut exaspérer le travail pUegmasique, l'étendre à d'autres tissus, à d'autres appareils. Dans les fièvres, lorsque les voies digestives sont actDellement phl<^sées, le quinquina, par son impression sur la surface gastro-intestinale , cause do la soif, la sécheresse de la langue, une ardeur intérieure, des pneumateses intestinales, des coliques, etc. En même temps on aperçoit l'opération de ses molécules sur tous les tissus organiques : leur action sur le cœur et sur les vaisseaux sanguins, qui ont alors une susceptibilité morbide, donne encore plus de vivacité au pouls, plus d'âcreté et de sécheresse à la peau. Si la pulpe médullaire du cerveau et ie la moelle épinière est prise d'un travatt d'irritation , l'acUon du quinquina produit souvent une augmentation da délire, des soubresauts de tendons, de l'agitation, de 1 'insomnie, de l'accablement, etc. Ne retrouvons-nous pas le caractère de la force tonique dans toutes les circon- «tances oh l'on met cette substance en usage, et quel que soit le résultat de son administration?
Par son caractère, la propriété du quinquina ne diffère pas de celle qui réside dans les autres productions au mi-
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lieu desquelles nous la plaçons dans la classe des toniques. Mais ce qui rehausse le mérite du quinquina» ce qui loi assure une supériorité incontestable, c'est d'abord k développement, c'est l'énergie de sa puissance sur l'économie animale. Sous un petit Tolnme de cette substance j il réside une puissance dont l'exercice fait nattre des efiets organiques très-marqués. Il faudrait une quantité sourent considérable de la plupart des autres amers pour opérer on changement physiologique aussi prononcé. C'est h concentration , l'étendue de la puissance tonique dans le quinquina , qui rend cette écorce si précieuse pour l'art de guérir : ce sont ces qualités qui expliquent pourquoi le médecin obtient , avec elle , des succès que Femploi des autres substances de la même classe ne procurerait pas.
Le quinquina se fait de plus remarquer par une faculté spéciale; c'est celle de s'opposer à tons les inoutementsinor bides qui ont un cours périodique. Les fièyres intermittentes , les névralgies qui se répètent aux mêmes heures oaà < peu près, les névroses qui reviennentpar accès, cèdeûtà son | action. Cette faculté reste occulté, silencieuse, tant quelequinquina est reçu par un corps sain : isilorselle ne se masi* feste point par des effets qui soient distincts des effets ordinaires ou toniques de cette substance : on ne peut iavoiir è part en exercice sur aucun des appfttreils organiques. Mais si l'économie animale est soumise à des troubles i termittents ; mais sur les personnes qui ont àctuellemei une fièvre d'accès , des douleurs , des spasmes ou desac dents dont le retour se fait à des époques fixes, cette fac devient évidente au moins dans ses résultats. EUeempéc
TOHIQVBS. 539
ces affectiot» périodiques de se développer; elle arrête leurs cours.
Il est remarqoable que , quand ces affiMrtions ont reçu leur impulsioD paroKystiqae » quand l'accès de fièvre ou la douleur existe» la puissance antipériodique du quinquina ne s'aperçoit plus. Donné dans une fièvre tierce ou quotidieime après que le trouble fébrile a commencé , cette écorce rend l'accès plus fort, plus long, plus pénible. Il est vrai que cet accès modifié est ordinairement le der oier : pris avant Taccès , il aurait pu empêcher son développement C'est h maintenir le corps dans son état nor-* mal, à prévenir la formation des lésions pathc^nèses qui voflt g'établv è une époque déterminée, à résister au désordre qui est imminent, que sert la faculté du quinquina dont nous nous occupons.
Ajoutons que cette propriété est souvent indépendante de l'exercice de la vertu tonique du quinquina. Dans le traitement des fièvres intermittentes , on voit cette écorce produire des effets immédiats sur l'estomac , sur tous les tissos, causer des chaleurs épigastriques , des coliques , exciter un sentiment de plus grande énergie vitale, et ne point arrêter , ne point diminuer même les accès de fièvre. D'autres fois le quinquina ne manifeste aucune influence sensible sur les organes , son administration n'est HOTÎ d'aucun phénomène apparent, et il supprime tout-àlait l'accès que l'on attendait; ou bien il a suspendu la douleur névralgique que l'on redoutait, il a fait avorter la lésion des cordons nerveux qui allait la produire. Ne par- Tiendrait-on pas à prévenir des fièvres typhoïdes , si alors <{ue les avant-coureurs delà maladie se montrent, on don-
54o MéDlCAMBNTS
nait de» doses élevées de quinquina ou de sulfate de quinine?
Pris à, une forte dose^ le quinquina signale son action sur la membrane muqueuse gastro-intestinale, d'abord par le santiment de chaleur qu il fait ressentir dans Testomac : cette impression cause souvent de l'oppression, de la pesanteur. Puis elle jette quelquefois le trouble dans les mouvements .naturels du canal alimentaire; alors il survient des nausées , des vomissements , ou des coliques et des déjections alvines. Mais ces symptômes sont accidentels; ils dépendent d'une susceptibilité trop vive, souvent morbide, de l'estomac et des intestins. L'impression tonique que le quinquina exerce sur ces derniers tend plutôt à resserrer le ventre : c'est ce qui arrive ordinairement quand on s'en sert à petites doses.
Emploi thèi'apeatique du quinquina,
La thérapeutique a fréquemment, recours au quinquina et aux nombreuses préparations que la pharmacie a su en former. Gomme ces composés sont très-puissants et sûrs dans leurs effets , beaucoup de praticiens les conseillent toutes les fois qu'ils rencontrent l'indication d'employer un agent tonique. De là vient que l'on met si souvent en jisage l'écorce péruvienne dans l'exercice de la médecine. De là vient qu'obtenant des succès de ce remède dans un grand nombre de maladies différentes » on a supposé qu'il recelait des propriétés curatives distinctes , que l'on dénommait par les titres de stomachique, fébri^ge, antiseptique, nervine, antiscorbutique, etc.
Oo célèbre les bienfaits du quinquina dans les faiblesses d'estomac 9 dans les anorexies , dans les digestions pénibles, etc. : il réussit lorsque ces accidents tiennent à un état de relâchement et d'inertie de Isappareil gastrique , ou lorsqu'ils sont le produit du ramollisseme&t ou de Toligotrophie des tissus gastriques et intestinaux. On prend , avant les r^as , de six k douze grains de la poudre de cette écorce, deux cuillerées de son infusion ou de sa décoction, ou quatre à six grains d'extrait de la même substance. L'impres3ion que cet agent tonique exerce sur la surface de Testomac déterminé un déyeloppemenl de l'énergie vitale de tons les organes qui concourent à la fonction digesthe. Cette corroboration » s'efféctuant au moment oit les aliments arrivent dans la cavité gastrique , assure que la conrersion de ces derniers en chyme , et la formation du ehyle qui doit suivre » se feront dans un ordre régulier. Toutes les sortes de quinquina peuvent alors procurer les mêmes avantages. On conseille aussi cette substance pour arrêter les diarrhées ; on l'a opposée- avec succès^ à celles qui dépendaient d'une faiblesse matérielle du canal alimentaire, qui tenaient h une non-digestion des aliments que les malades prenaient. On s'en est aussi servi avec avantage contre les diarrhées qui avaient pour cause des ulcérations de la surface intestinale ; pour que le quinquina ait du succès , il faut que ces ulcérations soient superficielles , et qu'il n'existe pas de dégénérescence dans les tissus du canal alimentaire; alors on préférera les écorces qui ont une stypticité marquée , on demandera du quin^ quina gris ou du quinquina rouge»
Quand le lait n'est pas digéré , et qu'il entretient une
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absorption; elle juge les effets de leur impression sur tous les tissus.
Ce que l'expérience clinique a décourert , la doctrine pharmacologique l'aurait démontré, en appelant le» praticiens à l'étude des effets immédiats des médicaments. Il ne pouvait échapper à personne que le quinquina 9 agent tonique , ne pouvait convenir dans des maladies- où tons les appareils organiques sont surexcités , plus sensibles , ont tme température plus élevée, une activité qui demande à être réprimée, etc. Est-îl quelqu'un qui paisse nier aujourd'hui que les fièvres en général se montrent plus bénignes, depuis qu'on leur oppose un traitement tempérant et adoucissant et qu'on ne repousse phis les jévacoations sanguines?
Nous reconnaîtrons cependant que les fièvres remittentes font une notable exception à ce que nous venons de dire. Dans ces fièvres , qui offrent conune le mélai^ d'une fièvre continue et d'une fièvre intermittente, le quinquina est un remède précieux. Nous avons été trop souvent témoin des heureux effets qu'il produit pour ne pas le re^ commander. Ici l'action curative du quinquina est vraiment étonnante : la faculté tonique de cette substance ne peut en rendre raison : elle devrait amener un résultat contraire. Il faut admettre , dans ce cas , autre chose dans le quinquina pour concevoir son utilité : c'est une faculté de s'opposer au développement des mouvements morbides, des troubles pathologiques , lorsqu'ils ont une marche périodique.
Dans ces fièvres, il y a, comme dans les fièvres continues» un trouble fébrile permanent qui embrasse tous les
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appareils organiques. Mais il y a de plus nn on plusieurs accès quotidiens» pendant lesquels tous les accidenta prennent plus d'intensité, pendant lesquels il survient des phénomènes nouveaux et souvent alarmants. Ce sont ces accès que le quinquina a la faculté d'arrêter , de supprimer. CSette substance , en prévenant leur développement, rend la marche de la maladie plus régulière , en abrège même très-souvent le cours. Donné dans des cas où il y avait soif vive, gonflement du ventre, des déjections trèsfétidea, liquides, même sanguinolentes, sécheresse de la langoe , etc., le quinquina n^a pas paru augmenter la disposition morbide des premières voies, et a imprimé à la fièvre un caractère évident de bénignité qu'elle n'avait pas. n faut ne pas oublier que souvent c'est le redoublement de la fièvre qui cause ces accidents, et que leur présence n'est plus une contre-indication de l'emploi dn quinquina qui, loin de les exaspérer, les calme, les affaiblit. L'expérience s'est si fortement prononcée en faveur de l'administration du quinquina et du sulfate de quinine dans les fièvres qui offrent des paroxismes journaliers , <{ne dans toutes celles de ces maladies qui montrent un caractère grave ^ dont les redoublements portent principalement sur l'appareil cérébro-spinal, je n'hésite pas à y recourir, même quand la rémittence n'est pas clairement établie. Si le quinquina ne produit pas le bien que j'en espère , au moins son emploi n'est pas suivi d'effets nuisibles. J'aurais bien voulu signaler par des caractères précis celles de ces fièvres dans lesquelles le quinquina et le sulfate de quinine réussissent, montrer en quoi elles différent de celles contre lesquelles ils ne font rien. Mais distingue-t-OR
mieux les fièvres intermitlentes que ces agents yont eilacep, de celles qu'ils laissent continuer?
Le quinquina )ouit d'une célébrité qui paraît inéliranlable dans le traitement des fièvres intermittentes. Q est li&venu le remède par excellence de ces sortes de maladies. Il sert de mesure pour estimer la valeur des autres moyens fébrifuges que Ton ne manque jamais de comparer à Técorce du Pérou. Peut-on trouver la raison de cette efficacité curati ve dans Tinfluence fiortement ionique de cette substance , et présen^r la corroboratîon de tous les appareils organiques, au momentoiiron attendla fièvre, comme la cause qui s'oppose à sa naissance ?La pharmacologie peut ajourner cette question jusqu'au moment où la pathologie aura découvert la source de la périodicité. On n^ concevra bien la qualité fébrifuge du quinquina que quand on saura à quoi tient le retour régulier des mêmes mouvements morbides , ou autrement d6s lésions qui suscitent ces derniers; pourquoi» à des distances fixes, réglées fréquemment sur la marche diurne du soleil, le corps éprouve tout à coup un trouble violent, qui cesse entièrement au bout de quelques heures, pour renaître encore après un espace de temps déterminé.
On suit divers procédés pour guérir les fièvres d^accès avec le quinquina. Si l'on veut en suspendre brusquement le cours, il faut donner cette substance en poudre, à la dose de deux gros, une demi-once , même six gros, selon les circonstances; on divise cette quantité en prjs^s d'un demi-gros, et on les fait prendre délayées dans un peu de vin ou d'eau : on peut aussi en former des bols> La dose entière du remède fébrifuge doit- être employée dans les
quatre» six, huit oa du heures qui précèdent le moment présumé où la fiëTre doit arriver. L'obseryation semble prouver qu^il ne faut pas que le quinquina soit administré trop long-temps avant l'invasion de Faccès ' . Si Ton a choisi le vin de quinquina» on le donnera par cuillerées» répétées à des intervalles assez rapprochés ponr que le malade en ait avalé douze à seize à Theure oii Taccès est attendu. Il est une autre manière de traiter les fièvres intermittentes» c'est de chercher à diminuer peu à peu l'intensité des accès, à affaiblir de jour en jour leur force et leur longueur» à les guérir en quelque sorte par extinction. Alors on donne seulement la poudre de quinquina à la dose d'un scrupule trois fois le jour» ou deux cuillerées du vin de l'écorce péravienne, le matin» à midi et le soir. Dans cette circonstance» le r^ime du malade» l'exercice du corps, les autres moyens de l'hygiène ont ordinairement concouru avec le quinquina à la guérison de la maladie. On peut encore attaquer l'accès au moment où il se développe. On fait prendre une forte dose de quinquina , aussitôt que le malade sent les avant-coureurs de la fièvre. Cet accès a lieu; il est même plus violent» mab fréquemment cet acces est Id dernier.
'Une 611e de vingt-trois ans avait une fièvre quotidienne ; les accëti venaient à six heures du soir, et duraient jusqu'au lendemain matin. On hii donna pendant cinq jours six grains de sulfate de quinine, sans obtenir aucune diminution , ni dans Tintensitc de la fièvre, ut dans la longueur de l'accès. On s'aperçut alors que, par erreur, on donnait ce médicament à six heures du matin , au lieu de le donner à deux heures après midi. Le ieodemain, cette malade prit le sulfate de quinine à cette dernière époque, c'est-à-dire quatre heures avant l'accès. Ce dernier fut
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Les principes qui dans le quinquina sont associés à la quinine et à la cinchonine n'ont pas plus de pouvoir pour guérir les fièyres intermittentes que les antres substances amères que nous réunissons dans cette classe. La propriété dont jouit le quinquina de supprimer les fièyres dont nous venons de parler, sort des principes alcaloïdes qu'il recèle. L'efficacité de ces derniers est telle que , de quelque manière que l'on administre Técorce péruvienne, on parvient ordinairement h suspendre le cours des fièvres d'accès» et qu'il est possible de reconnaître par Tinsnccès du traitement, quand on substitue une autre écorce à celle du Pérou. J'ai plusieurs fois employé contre des fièvres intermittentes des écorces étrangères que l'on m'avait données comme des espèces de quinquina. Je devinais facilement quand elles contenaient ou quand elles ne contenp.ient pas de quinine ou de cinchonine : l'analyse chimique confirmait les résultats de mon expérimentation.
Dans les fièvres intermittentes pernicieuses, le quinquina devient une ressource inestimable avec laquelle la médecine dompte, d'une manière aussi prompte que sûre, une maladie qui serait mortelle au troisième ou au quatrième accès, queliquefois plus tôt. Le pouvoir d^ l'art ne se manifeste jamais mieux que dans le traitement de ces fièvres ; avec six ou huit gros de quinquina , il comprime un mouvement fébrile qui pouvait , par sa violence , anéantir la vie. 11 semble que l'on voie la puissance de l'écorce
plus court, moins fort : il avait été évidemment modifié par le fébrifnge; le surlendemain il dara à peine deux heures, puis il cessa toutà-fait.
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do Péron enchaîner celle de la maladie » el prévenir la catastrophe qœ Ton craignait tant L'expérience clinique a démontré que Ton devait préiérer» dans le traitement de ces fièvres» la poudre de quinquina à Tinfusion» à la décoction , à l'extrait» etc. , de cette même substance. Il est également connu que les autres productions amères « qui réussissent dans les fièvres intermittentes ordinaires » ne méritent pas de confiance dans ces redoutables mala* dies. Leur infériorité médicinale ne dépend pas seulement de la faiblesse relative des effets immédiats qu elles suscitent. Les avantages qu'dbtient le quinquina reconnaissent une cause spéciale, distincte de son action tonique.
On recommande de ne recourir au quinquina, pour gaérir les fièvres intermittentes, que quand la mai^che périodique de la maladie est bien établie : on conseillait également de préparer les premières voies, d'évacuer les matières qui s'y trouvaient» avant d'administrer cette écorce; on avait coutume de faire prendre d'abord un vomitif et un ou deux purgatifs. Ces préparations du corps malade à recevoir le remède fébrifuge sont souvent inutiles, et même nuisibles. Il sufiit de reconnaître l'état actuel des organes digestifs, de s'assurer que, pendant l'apyrexie, l'estomac et les intestins n'offrent point de signes de phlogose vive« pour être autorisé à recourir au ((oinquina. Lorsqu'il existe dans ces organes de la chaleur, de l'irritation, on fait prendre pendant quelques jom*s au malade des boissons mucilagineuses et acidulés , on applique sur l'épigastre des sangsues, puis des cataplasmes émoUients, on ordonne des bains avant de lui administrer Técorce péruvienne. Le plus souvent on donnera le quin*
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quina sans aucun retard. L'expérience prauTe que la laa-» gtie chargée , rouge , un mauTaia goût à la bouche, une sensibilité dans Tépigasire» des coliques» même de la diarrhée , ne nuisent pas toujours au succès de ce remède fébrifuge. J'ai souvent vu ces accidents se dissiper, l'appétit renaître, l'exercice des digestions se rétablir» après l'administration du quinquina et du snlfisite de quinine. J'avoue que la première chose à obtenir dans le traitement d'une fièvre intermittente me paratt être la suppression des accès.
Des praticiens ont coutume d'associer des ingrédients pui^atift à l'écorce péruvienne ; ils se promettent de grands avantages de ce mélange. Il ne faut pas oublier , quand on adopte cette pratique , que la force fébrifuge du .quinquina tient h la pénétration de ses molécules dans l'économie animale , et que les évacuations alvines qui surviennent peu après son administration nuisent à son absorption. En accélérant le mouvement pértstaltique des intestins, la matière purgative affaiblira donc l'énergie médicinale dn quinquina , parce qu'elle détermkiera une trop prompte expulsion de sa substance. Aussi avance-t-on, comme on axiome fondé sur l'expérience , que quand cette ée<»*ce purge , elle n'est plus fébrifoge.
On se sert dû quinquina pour combattre toutes les affections qui suivent une marche périodique. Quel praticien n'a pas eu l'occasion d'admirer la puissance de Técorce du Pérou, lorsqu'il ^'agit de guérir des douleurs, des névralgies , des phlogoses, des accidents de toute espèce qui reviennent à des heures et à des jours fixes? Son usage empêche le développement des lésions qui causent ces
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doukurs» tes accidents» «'oppose à la naisMiilce de l'aocès. C'est encore h haute dose qu'il faut employer le quinquina daes cette occasion. On en fait prendre plusieurs gros dansFespace de eix à huit heures;, il faut que tout le sy»' tème animal soit sous son influence , au moment où les accidents morbides doivent se manifester.
On a même voulu trouver dans le quinquina un remède contre les attaques de Tépilepsie , de la goutte, etc. ; mais ces attaques renussent h des époques incertaines ; on ne pourrait opposer l'action du quinquina qu'à celles qui suivraient une marche régulière, dont le retour serait à peu près déterminé. De plus» les attaques d'épilepsie sont entretenues par des lésions permanentes qui n'ont pas toujours le môme siège ni la même nature , et contre^, lesquelles la puissance du quinquina est insuflSsante ou mutile.
Le quinquina s'est montré un moyen puissant dans les toux humides , lorsque le tissu pulmonaire est relâché , comme ramolli , qu'il y séjourne une plus grande quantité de sang» et que les cellules bronchiques fournissent une sécrétion exubérante de mucosités. Dans ces affectionsyon ue prend que des doses modérées de quinquina, mais on les réitère plusieurs fois le jour. Je prescris avec confiance Image simultané du lait d'ânesse ou de chèvre et de l'infusion de quinquina à la dose d'une once pour une livre d'eau h laquelle j'ajoute un peu de magnésie blanche. On prend deux grandes cuillerées de cette infusion immédia»^ tement avant le lait. Des signes d'irritation dans les voies digestîres ne m'arrêtent pas toujours. L'usage des amers les fait souvent disparaître. Combien de catarrhes chro-
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niques, que Ton a souvent pris pour la phthisie » ont été guéris par cette écorce ! J*ai en ce moment sons les yem, à THôtel-Dieu d' Amiens, un militaire qui y est entré avec une toux fréquente, une expectoration puriforme, de la fièyre la nuit, des sueurs le matin, une grande maigreur. L'expectoration a peu à peu diminué , la fièvre du soir a cessé , ainsi que les sueurs nocturnes , la toux est moins fréquente , les forces reviennent , depuis qu'il prend le matin et le soir dix-huit grains de quinquina avec deux grains de magnésie. Cette substance convient souvent dans la coqueluche : j'ai eu plusieurs exemples de gnérison auxquels elle avait manifestement eu une grande part.
On tire un parti utile du quinquina pour provoquer la menstruation, lorsque l'inertie du système utérin ou ladé»bilité de tout le corps retarde l'établissement de cette fonction périodique. L'infusion, l'extrait, ou le vin de cette écorce, peuvent être employés* On donne l'un de ces moyens seul, ou uni h des ingrédients excitants; on en fait prendre tous les jours trois prises. L'influence des ' principes du quinquina sur l'utérus éveillera sa vitalité , le disposera à entrer dans cet état d'orgasme qui précède et amène l'écoulement menstruel'. Nous ne devons pas omettre de dire que cette même substance commyniqnera
1 Nous pardonnera-t-on de nous arrêter à cette remarque f Le quioquina , remède par excellence des maladies périodiques , est cependant employé ici avec saccès p<)lir provoquer un mouvement organique qui suit une marche intermittente. S'il possède une veirtu spéciale pour suspendre les phénomènes pathologiquet qui reviennent périodiquement, cette vertu n'a donc pas le même pouvoir sur les phénomènes pkythiogiqu€s, qui sont également soumis à des retours fixes ou prévu^.
aux fonctions assimOalrioes plus, d'activité , qu'elle augmentera la masse du sang , qu'eUe rendra ce fluide plus riche , plus animé , et que cette cause contribuera à l'effet dont nous venons de parler. Dans la chlorose» le quinquina est un secours précieux.
Il est plus difficile d'expliquer les bons effets que l'on attribue au quinquina dans les névroses; on assure qu'il a modéré et même fait cesser des vomissements» des palpitations de cœur, des oppressions, divers autres accidents <[ui étaient de nature spasmodique. Si les organes où ces phénomènes pathologiques ont leur siège sont dans un état sain, si le désordre de leur action , de leurs mouvements, provient d'une impulsion que leur transmettent les nerfs, parce que le cerveau , le prolongement rachidien , ouïes plexus nerveux ont éprouvé une modification morhide, sont dans une condition nouvelle et accidentelle, il faudrait pour concevoir comment le quinquina parvient à rétablhr l'état normal, savoir en quoi consiste cette modification pathogénèse, ce qui constitue ces changements aocrmaux des centres nerveux qui jettent le trouble dans le coors de l'innervation.
Le quinquina s'est montré un secours utile dans les consomptions , dans les épuisements qui sont la suite d'é- ▼acnations trop abondantes, de pertes de sang, d'abus des plaisir» vénériens, etc. C'est un emploi journalier de lécorce du Pérou qui convient dans ces cas : on en donne de petites doses ; on les fait prendre au moment des repas, et lopération du médicament se confond avec l'effet d'une meilleure nutrition. Cette opération, vue isolément, séparée du produit de la nourriture, dont elle prépare un
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heureux emploi , ne fournirait aucun résultaft cnratif : une impression tonique sur des tissus épuisés ne pourrait être d'aucun avantage. Mais lorsqu'elle a lien au moment où les principes réparateurs y abordent 9 elle derient la cause d'un changement aussi salutaire qu'important , en déterminant la fixation » l'incorporation de ces pnneipes à la substance même de la partie qui ressent cette impression.
Le vin et la teinture de quinquina sont des remèdes paissants dans les affections scrofuleoses» dans les ^igorgements des glandes des enfants. On se conduit mcore comme dans les maladies dont nous venons de parier ; od donne trois fois le jour, et à peu près au moment des repas , deux cuillerées de ce vin , ou une cuillerée à café de la teinture. L'opération tonique de ces composés sur tout le corps» et en particulier sur ks ganglions lymphatiques, est par elle-même très-favoraUe d»fts ces afieetioas ; mais c'est lorsqu'on la voit lier ses effets à ceux du régime, et établir un exercice plus actif de la nutrition dans les fluides et dans les sdiides vivants, que l'on conçoit bien la raison des grands avantages qu'elle procure. Le quinqdm et ses préparations sont également utiles dans le traitement des affections scorbutiques : une force tonique est une influence médicinale dont on rencontre souvent l'occasion d'invoquer le secours dans ces maladies » où le relâchement des organes , le ramollissement dé leurs tiasns, sont des phénomènes morbides si prononcés et si fécheux.
Comme le quinquina décompose le tartrate antimonié de potasse, on conseille cette substance en décoction dans le cas oii l'on a pris une trop grande dose de ce sel, quand il donne lieu à d^. accidents pathologiques. S'il y a pen
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de temps que l'on a ingéré la substance saline, Ticorce péraTiennepent opérer sa décomposition en arrivant dans la cavité gastrique; eUe anéantira en même temps son action malfaisante.
Dans ks lieux où régnent actuellement des fièvfes épidémiques ou contagieuses» le quinquina sera un moyen préservatif digne de confiance. Il le sera surtout si le pays est humide 9 marécageux « si une débilité profonde de tout le corps est un état de prédisposition à ces maladies. Ce moyen 9 eh ranimant l'énergie des organes, en soutenant les forces vitales» résistera avecopiniitretéà l'agression des oaoses morbifiqœs t pourra surtout s'opposer au dévelop pement des accidents fébriles qui seraient imminents* Il est inutile de prévenir que l'usage journalier du quinquina diligerait à quelque réserve pour les individus qui auraient un temp^ament sanguin , une constitution pléthorique.
On emploie souvent le quinquina à l'extérieur. On applique la poudre ou la décoction de cette écorce sur les parties dont on veut réveiller la tonicité. Sa pondre est tous les jours mise en usage avec succès pour rétablir dans son état naturel le tissu relâché des gencives» pour guérir les ulcérations qui s'y sont formées.
CniCHOKiNB. Cinehonina. Matière végétale» de nature alcaline, que M. Gomès avait extraite du quinquina gris» dont M. Hooton de Labillardière neveu avait aperçu les propriétés» et qui a été étudiée avec soin par MM. Pelletier et Caventou (ouvrage cité)# Elle existe dans l'écorce de ce quinquina unie à l'acide Unique. Pour se procurer cette matière » on prettà de l'extrait alcoolique de quinquina gris » et on le traite à chaud par de l'eau aiguisée d'acide
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hydrochlorique. L'acide dissout la cinchonine, la sépare du rouge cincbooique et dé la matière grasse. Od met dans la liqueur de la magnésie en excès : cette base s'empare de Tacide hydrochlorique , et retient le rouge cinchoniqoe qui aurait pu être dissous à l'aide d'un excès d'acide* On lave le précipité magnésien ; on le fait sécher au bain-ma* rie » et on le traite par l'alcool qui dissout la cincbonîne. On obtient cette dernière substance par l'évaporation du liquide.
La cinchouine est en aiguilles prismatiques déliées , oo eu plaques blanches translucides cristallines. Dans le premier cas, elle a été obtenue par une évaporation lente de l'alcool 9 et dans le second par une évaporation rapide. Cette substance est très-peu soluble dans l'eau; elle demande deux mille cinq cents fois son poids d'eau bouillante pour se dissoudre : par le refroidissement^ laliqueur devient légèrement opaline, ce qui prouve que la cinchonine est encore moins soluble à froid. Elle se dissout facilement dans Talcool, surtout à l'aide de la chaleur, très-peu dans l'éther. Elle est peu soluble dans les huiles fixes' et volatiles. Elle s'unit à tous les acides, et donne des combinaisons neutres. On a formé avec cette ba^e du sulfiette , du nitrate, de l'hydrochlorate, de l'acétate, du gallate, etc., de. cinchonine.
La cinchonine pure a une saveur amère particulière, maâs cette saveur est longue à se développer, en raison de V insolubilité de cette substance. La saveur amère devint bien plus prononcée dans la cinchonine , lorsqu'elle est rendue soluble par son union avec Un- antre corps. Ainsi la teinture alcoolique de ciachoniae,. sa solution dans
l'étheroQ dans les huiles » les sels que l'on compose avec celte base , se font remarquer par une amertume forte , stjptique et surtout très-opiniâtre. La durée de cette sensation décèle l'impression profonde» persistante, que fait la cinchonine sur les surfaces vivantes.
On administre la cinchonine délayée dans une cuillerée d'eaa, ou bien on la met en bols avec la conserve de roses, le miel, ou un autre excipient. A la dose de quatre, six on huit grains» cette substance médicinale agit fortement sur l'appareil digestif; chez quelques personnes, une demi-beure après son ingestion, deux heures environ chez d'antres, elle provoque des mouvements, des gonflements dans le canal alimentaire» des battements dans la région épigastrique; des portions d'intestins semblent se tendre» s'endureir : les fibres musculaires qui entrent dans leur composition se livrent à des contractions anormales; Tindividn éprouve des coliques très-vives. En même temps mie forte chaleur se fait sentir dans l'estomac» bientôt elle s'étend k tout le bas-ventre; elle monte à la poitrine , è la tête; eUe est très-marquée à la gorge; une soif ardente se déclare » elle dure quelquefois jusqu'au lendemain. Le inalade rend deux ou trois selles solides avec du ténesme ; sonvent il ne va pas du bas : il est bien rare qu'il ait des envies de vomir; quelques individus ont aussi éprouvé des donleurs » des tiraillements dans les membres.
Ce travail» ce tumulte dans les voies digestives» ces pneumatoses intestinales ne se remarquent pas chez tous les individus : il en est qui n'éprouvent rien après l'emploi de la cinchonine» ou chez qui l'action première de cette substance détermine des changements si légers, si fugaces»
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qu on ne les note pa6. Nous avons reconna que ces dksea4>lances dans les effets physiologiques d'une méoie substance dépendaient de la disposition actuelle de la surface gastro-intestinale. Tous ceux qui ontcette surface échauffée ou phlogosée, tous ceu:i; qui ont les plexus nerveux du grand sympathique dans une condition morbide dont nous ne chercherons pas ici à déterminer la nature , mais qui se plaignent de malaise ^ d'anxiété dans la région épiga»trique 9 d'oppression , do palpitations, de spaïmes, etc., sodt très-sensibles à l'impression immédiate de la çinchonine. C'est sur eux que l'on observe avec beaucoup d'intensité les phénomènes que nous avons exposés plus haut, Le contact de la cinchonine avec la surface gas^*o^iDtestinale donne lieu à des modifications notables d^ns les organes digestifit, mais la puissance de cette matîèro médicinale no se borne pas à ces organes. Ses molécules.sont absorbées y portées dans le sang» et leur impression ;sur les fibres vivantes , pour être peu perceptible, n'en forme pas moins l$i partie la p^us importante de la médication de la cinchonine^ Il est même nécessaire de savoir que Iç resserrement intime qu'elle fjiit éprouver à tous les organes est indépendant du sentiment de chaleur et des â^utres mouvements que provoque son contact immédiat avec l'appareil digestif : il arrive souvent que la cinchonine devient un instrument efiicace de thérapeutique^ qu'ellearrê^ une fièvre intermittente;^ par exemple^ sans que le malade ait rien ressenti de bien remarquable dans le ]|;>aS'VeDtre. Si on accordait aux effets que cette substance occa^ione dans L'appareil digestif trop d'intérêt » ces effets locaux feraient perdre de vue la corroboration générale que dé-
TONIQUES. OOg
teroiiBe TactioD ultérieure de ses molécules sur les libres erganicpies»
Une dernière remarque que nous ferons sur le mode d'action de la cinchonine , c'est qu'elle agit plus tardire^ ment que le sulfate de quinine , par exemple : cette différence provient sans doute de l'insolubilité de la première dans les sucs qu'elle rencontre sur la surface gastro-inte»iinale.
Noos consignerons ici quelques observations. Une femme > à la suite d'une fièvre dans laquelle l'appareil dig^f avait été surtout attaqué (fièvre gastrique) , prit quatre grains de cinchonine. Elle ressentit de la chaleur dans le ventre » elle eut une grande soif, alla huit fois à la selle; elle rendait peu de chose» mais elle se plaignait d'nne ardeur trè»fénible au fondement. Cette femme éprouvait des coliques avant l'emploi de cette substance : firritation de ses organes digestif n'était pas douteuse.
La dnchonine a une étendue de puissance» d'activité , que doit d'abocd mesurer celui qui veut en faire un moyen thérapeutique. Ce principe» quand il est dépouillé des au* très matéritpx auquds la nature l'avait associé dans le quiaquina, agit avec une force que le praticien ne doit pas perdre de vue. On peut» par exemple, croire la cinchonine un seeoun propre k exciter l'appétit » à favoriser l'acte de la digestion lorsqu'il y a de l'inertie dans les organes gaatriques : eh bien I ce stMnachique a dans son impression Humédiate quelque chose de vi& de dur» qui souvent nuira à cette opération médicinale. Pour ménager la susceptibi- Hti de l'organe gastrique» un praHcien attentif ajoutera à ta cinchonine une certaine proportion de gomme, de sucre
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oa d'une poudre inerte. Or» n est-ce pas rétablir à pca piès la composition naturelle du quinquina ? il est donc des cas où l'écorce péruvienne sera préférée à la cinchonine, à la quinine et aux sels neutres que l'on compose avec ces bases.
Je ne doute pas que l'on ne vante la cinchonine comme un remède vermifuge, et qu'elle ne soit utile dans tontes les affections où les agents toniques réussissent.
J'ai employé avec succès la cinchonine contre les fièvres intermittentes. Je pense qu'à cause de son insolubilité, de la lenteur probable de l'absorption de ses molécules» il coavient de l'administrer de cinq à six heures avant l'accès.
Une femme attaquée de fièvre qaarte prit six gruns de cinchonine deux heures avant l'époque présumée de son accès. Elle n'éprouva rien de bien remarquable jusqu'au moment où la fièvre survint ; mais les frissons se firent sentir , et aussitôt on vit les symptômes de la maladie elles cflets du remède paraître en même temps. Nous rapportâmes à l'action de la cinchonine les phénomènes suivants : chaleur à la gorge, ^{gastralgie vive» coliques avec ardear, pneumatose dans le bas-ventre , vomissements. Ces effets ont duré deux heures; la malade en a beaucoup souffert, et les attribue à la drogue qu'elle a prise; elle répète sonvent que dans les autres Accès elle ne ressentait pas la même chose : la fièvre a été plus longue. Le troisième jonr après cette tentative , elle prit de nouveau six ^grams de cinchonine ; le frisson se fit sentir prescpie aussitôt après. Elle a vomi pendant un quart d'heure; elle a éprouvé des gonflements pénibles d'estomac et beauconp de chaleur dans le ventre ; peu de coliques ; point de selles. L'accès
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de fièvre a été tite-Ioiig. Pour avoir de* effets comparatifs de k cinchonine, )e fis prendre à cette femme le lendemain, jour où elle ne devait pas avoir de fièvre» six grains de cette snbstance. Elle la troura peu amère , mais die laisse , ditellcj à la goi^ un sentiment acre» piquant p qui la tourmente long-temps. Quatre heures après radminisiration de la cinchonine» ses effets se manifestèrent : la malade eut une grande soif, de la chaleur àrépigastre» dans le ventre et dans les reins : cette chaleur était très-forte; el]en*e«t pomt de vomissements , mais elle alla deux fois du bas. Le lendemain matin elle se plaignait encore de la chaleur dn ventre ; elle se sentit irritée» échanffée par cette svh^ stance ; elle n'a pas dormi la nuit
Je pensai alors que si je n'avais pas réussi à diminuer la force des accès de cette fièvre » ou même à les suspendre tout-à-fait , c'est que j'avais administré la cinchonine trop près de l'époque où la fièvre devait avoir lieu» que la puissance médicinale de cette substance n'avait pas en le temps de se développer. Je me disposais à soumettre ces idées à l'eiqpérience» mais la malade s'éloigna d'Amiens, et je la perdis de vue.
SvLPATB DE ciRCHORiif E. Siêlfos cinchoniwB. Ce sel , qui est très^soluble dans nos humeurs , réclame la préférence sur la cinchonine pure. U me semble dOfenser moins que cette dernière les surfaces vivantes sur lesquelles on l'appIi({oe. Il a été employé par M. le docteur Chomel et par M. le docteur Dufonr contre la fièvre inU!|^mittente. On le donne délayé dans un peu d'eau à la dose de six à huit grams; on en a composé un sirop. M. le docteur Baliy s'est «ervi avec succès du sulfate de cinchonine contre les fié*
▼res intermitteiites , et contre les afFections qui ont une marche périodkiiie.
• AciTATB DE ciNCHONiNB. Acetot cinchonincB. Ce sel ne cristallise pas; il n'est très-soloble dans Feau que par on eiLcèê d'acide. On peut remployer en médecine ccoune le précédent.
QviNiiiB. Qainina. Substance de natnre alcaline qoe MM. Pelletier et Caven^u ont retirée du quinqmna jaune, où elle se trouve combinée avec Tacide kinique, et qu'ib ont reconnue être différente de la cinchonine. Ces denx principes esdstent ensemble dans le quinquina rouge.
Pour obtenir la quinine, on fait bouillir du quimpioa jaune dans de l'eau chargée d'acide faydrochloriqae. On ajoute à la liqueur de la chaux éteinte : on recueille le dépôt que Fon met digéri^ dans l'alcool à trente-deox degrés. On filtre et on distille la liqueur jusqu'à siccité, la« quinine est alliée à une matière grasse. On la purifie eo la traitant par l'eau acidulée et le charbon animal» pois en ajoutant à cette solution » après l'atoir filtrée, un léger excès d'ammoniaque 9 la quinine se précipite.
La quinine cristallise en houppes soyeuses ou en prismes allongés (PeOetier); lorsqu'on la dépouille de toute humidité» elle se présente sous forme d'une masse poreuse > d'un blanc sale ; elle est inaltérable à l'air , et tièfr-pea so- Inble dans l'eau : quand ce véhicule est boufllant, il en prend «aviron o»ooâ; il en prend encore moins à froid. Cependant on retrouve cette base salifiable dans les décocdons et dans les extraits aqueux du quinquina. Bien qoe la quinine se dissolve peu dans les sucs aqueux» elledunne cependant une saveur très-amère. On lui a de plus reconnu
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uoe certaine affinité poar l'eaa : lorsqu'on évapcure une solution alcoolique de quinine, cette matière retient awec forcedereau» et forme une aorte d'hydrate* La quinine se dissout très-facilement dans l'alcool, elle s'unit également à l'éther ; elle se dissout, mais en petites quantité»» dans les huiles fixes et volatiles ; elle se combine avec lea acides, et forme des sek neutres, solubles et criatalliaables.
Aussitôt aprè^ la découverte de cet alcaloïde, M. Magen^ die a étudié son action sur les animaux : il a reconnu qu'il n avait point de qualité malfaisante : il en a injeoté dix grains dans les veines d'tm chien sans qu'il en résultât aacim accident. On a depuis employé la quinine comme substance médicinale. On la donne, comme la cinchonine, à la dose de quatre , six , huit grains, et même davantage, délayés dans un peu d'eau , ou mis en bols avec un excipient convenable,
La quinine a une action analogue à celle de la cinchonine : elle attaque l'appareil digestif de la même manière, et produit les mêmes phénomènes organiques. Son emploi cause une grande chaleur dans le bas-ventre, avec une sorte de commotion dans le canal alimentaire : il y a des gonflements intestinaux^ , qucilquefois des coliques, des déjections par le bas de matières solides. Ces effets sont subordonnés à la disposition actueUe des voies digestives et des plexus nerveux abdominaux ; ces effets ne montrent pas toujours la même intensité : ils manquent souvent tout* â-fait. Il est évident que l'action médicinale de la quinine n'est pas tout entière dans l'impression qu'elle porte sur 1 estomac et les intestins : ce n'est point du trouble qu'elle produit tout d'abord , que procède la force curative de
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cette substance. Les molécules de la quinine pénètrent dans l'économie vivante» soumettent tous les tissus à leur influence* Le resserrement qu'éprouvent toutes les fibres, l'énergie qu'en reçoivent tons les organes , la corroboration universelle qui en est le produit , et qui se rend quelquefois sensible par un sentiment de vigueur insolite, une chaleur pluâ forte de tout le corps » voilà sans doute les causes principales des avantages que cette nouvelle richesse pharmacologique procure à l'art de guérir.
On pourra se servir de la quinine comme d'un moyen propre h dissiper la faiblesse de l'appareil digestif » à rétablir la force matérielle de l'estomac et des intestins , lorsque les tuniques de ces organes auront été affaiblies par un défaut de nutrition » ou lorsqu'une modification morbide les aura ramollies. On trouvera encore dans cette substance un secours efficace , lorsque les organes gastriqaes seront dans un état de débilité vitale , parce qu'ils ne recevront plus des nerfs qu'âne influence affaiblie , insuffisante; Mais» dans ces cas» la quinine fera souvent une impression trop vive sur la surface gastro-intestinale , on sera obligé de la mêler à des substances inertes pour modérer son activité , et alors le quinquina en poudre ou la décoction de cette écorce devra obtenir la préférence.
La quinine offrira un remède utile dans les œdèmes, dans les engorgements des glandes lymphatiques, dans les dispositions scorbutiques , dans tous les cas où l'on aura besoin d'appeler une nouvelle énei^e dans les tissus organiques , pourvu qae l'état des premières voies ou une surexcitation de l'apparei] circulatoire ne repousse pas l'impression môrdicante de cette substance.
Mais c'est priocipakaient dans les fièvres intermilteoles que la quinine a répondu à Tattenle des praticiens. On Ta ordinairement vue arrêter les accès de fièvre tierce , quotidienne, double-tierce » lorsqu'on en donnait quab« , six 9 huit grains » de quatre à six heures avant l'époque du frisson. Nous donnerons ici deux observations sur l'usage de cette substance dans les fièvres périodiques » ihoins pour prouver de nouveau sa vertu fébrifuge » que pour exposer les effets physiologiques qu'elle fiiit naître » et que nous avons recueillis.
Un jeune homme d'environ vingt ans, qui a. une fièvre tierce simple, prend, à su heures du soir, huit grains de quinine en une pilule; il attendait la fièvre à dix heures. Il trouve cette pilule très^amère; une demir-heure après, il sent dans la région du cœur une grande chaleur qui descend dans l'estomac ; il lui semble que la tête est également un peu échauffée : cette ch4le^r .reste pendant deux heures sans offrir d,e variations pour son siège et pqnr son intensité; il a ensuite un peu de sueur, puis survient un léger frisson qui s'évanouit bientôt^. XiO malade s'enjlort et ne se réveille que le matin , assurant qii^il a'a pas eu de fièvre. Le surlendemain il ne reprend, pas ce remède, il n'a plus d'accès.
Un jeune homme atteint d'mie .fièvijB quarte prend, Ib 22 janvier iSas , quoiqu'il se plaigne d!avoir la bouche un peu am^re et de la douleur dans l'épigastre , deux pilules fait^. avec huit grains de quinine et s. q. de conserve de roses. .11 attend son accès de fièvre k dix heures da matin; il avale une de ces pilules k six heures et l'autre à huit» 11 les .trouve trèsramères; il sent enclore k.neuf heures et
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demid ramerttime de la dernière. Une detni*heare environ après ringeslion de chaque pilule» et surtout delà deuxième » il a éprûtrré une certaine donleùr, dit-il» atec des battements dans Tépigastre» et avec le sentimeBt d*une chaleur qui descendait dans le Tentre. Cette chaleur a duré plusieurs heures. Il n*a point eu de eolîqoes ni d'envies de Tolnir ; il a été deut fois du bas» et a renda des matières solides. L'accès de fièvre est yenn à l'heare où il devait avoir lieu ; il a été plus fort et a durt plos long-temps que de coutume.
Le âS » le malade a pris à cinq heures du matin une seule pilule contenant six grains de quinine. H lui trouva an goût excessivement amer; il sentit encore la même chaleur, avec du gonflement et des battements légers daus Tëpigastre; il eut des tranchées» mais point de selles. Une heure après il a une forte céphalalgie frontale avec des élancements dâixs lés tempes ; le potib n'est pas fëbrile , il n'y a pas de chaleur à la peau. La fièvre ne vient pas, mais à dix heures le malade éprouve) une forte sueur. La céphalalgie frontale a duré toute la journée avec de^ éblouissem^nts.
Lef fi^ » 11 a encore pris à cinq heures du matin sixgraioâ de quinine. Une heure après il existe une grande chaleur dans l'épigastre : le malade a dans cette partie le sentiment d'une tension intérieur<^» d'une barre; il lui semble que l'estomac se contracte sous l'impression de cette substance» que ses tuniques se durcissent^ et que bientôt après cet organe éprouve un gonflement douloureux. Les intestins on deâ portions d'intestins subissent les mêmes changements. C'est alors que le malade a des coliques f
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arec nne ardeor dans tout le bas^yentre ; il ne va pas du bas; il a soif. Dans le même temps il se manifeste nne Metir forte de la tête avec seirement des tempes , et comme des battements dans l'intérienr : par moments , la tête devient pesante» le malade sent que le sang s*y porte. On cesse l'nsage de ce remède» et la fièTi<e ne paraît plus.
StiTATB SB QunfiVB. Sttlfos t[ttininm. Ce sel» qne forme la combinaison de l'acide sulfurique avec la quinine » ne s'emploie pas en méd^ecine à Tétat neutre. C'est le sel sui> vant que l'on désigne ordinairement par le titre de sulfarte detjninine.
Sous-sVLFàTB DB oviNinB. Subêulfos quiniuœ^ C'est ce solfatebibasiqueque l'on trouve dans les pharmacies et qne prescrivent les médecins. Ce sel cristallise faeilemeiit; il se présente sous forme d'aiguilles ou de lames très-étroites, alimigées» nacrées et légèrement flexibles. Ce sel est peu solable ii froid , mais il le devient si l'on y ajoute tm excèn f acide : il est beaucoup pins soluble dans l'eau chaude ^ et se cristallise par le refroidissement. L'alcod ea ^ssout de grandes quantités; l'édier a moins d'affinité pour ce composé salin : le sulfate de quinine est décomposé par les alcalis fixes et par Tammoniaque.
On a reconnu qne» par son union avec les aciios» la qmmDeneperd rien de ses propriétés» qu'au contraire rite avait alors une solubilité dans les humeiors animsdes qui favorisait le développement de son activité médicinafe; ce n'est donc pas sans raison qne l'on a préféré administrerla quinine dans une CMubinaison qui assurait» qui bâtait même l exercice de ses vertus.
368 MKMGAMBKTS
Les praticiens doivent savoir que le sous-soUate de ijuinine du commerce est souvent altéré par son mélange avec d'autres matières de peu de valeur. Fréquemment.le praticien élève de deux grains et< même plus la dose de ce sel q[u'il pilescrit à un malade» parce qu'il veut être sûr d'administrer h quantité qu'il a l'intention de donner.
On fait prendre le sous sulfate de quinine dans une cuiUerée d'eau ou en bols, à la dose de deux, quatre, huit 9 douze grains et plus , selon l'effet organique que l'oo veut produire 9 pu Tiodication que l'on désire remplir: on donne cette dose en une fois , ou on la divise en plusieurs prises p entre lesquelles on met l'intervalle que l'on juge convenable. On a composé aussi un sirop de sulfate de quinine qui contient deux grains de ce sel par once. Le sous -sulfate de quinine est susceptible de s'effleurîr dans un air sec : quelques personnes» pour obtenir ua médicament d'un pouvoir toujours identique » voudraient qu'on ne le donnât que dans cet état.
Ce composé salin apposé sur l'oi^ane du goût cause une amertume considérable : ce n'est pas seulement l'intensité de cette sensation qui est remarquable, c'est aussi sa durée, son opiniâtreté. Cet effet doit être noté ici, parce qu'il prouve que le sous-sulfate de quinine agit profondément et avec ténacité sur les tissus virants. Gbez quelques personnes, cette amertume amène une abondante excrétion de salive.
L'ingestion du sdus-sulfate de quinine n'est parfois suîvieque d'effets peu marqués ; les personnes qui le prennent disent qu'elles ont éprouvé peu de chose. Mais il est bien des individus qui un quart d'heure environ après avoir
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pris cette substance , ressentent une grande chalear dans répigastre et dans la gorge- Bientftt cette chaleor se répand dans les intestins jusque dans les lombes; ilsiinrient des coliques , du trouble dans le bas-rentre, des pneomatoses intestinales, sans qu'il en résulte des déjections par le bas. Une demi-heure après, la chaleur s'est propagée à la poitrine, elle monte àla tête, descend dans les membres ; le corps tout entier parait échauffé : cependant la chaleor est toujours plus grande dans le tronc que dans les membres. Alors tous les tissus sont corroborés; le malade a le sentiment d'une plus grande énergie; il l'annoDce quelquefois en disant qu'il éprouTe le même effet qa après avoir bu du café : aussi j'ai cru remarquer que les malades, et surtout les militaires, aimaient assez à prendre ce remède; ib se plaisent à sentir son actiou. L'élévation de la température est chea quelques individus peu marquée; elle paraît chez d'autres poussée si loin , <{u'ils s'en plaignent comme d'un accident : ils se sentent fintérieur du corps échauffé, comme brûlé» dismiMls; ils se découvrent , ils cherchent ce qui peut les rafraîchir : ils boivent beaucoup ; ils ont dans la gorge une ardeur pénible. 11 est certain que ce moyen médicinal agit avec violence , avec dureté sur les organes. Cependant si l'estomac et les intestins sont actuellement sains , cette viVe agression n'a pas de suite : les fonctions digestives conser> vent leur intégrité t l'appétit augmente : les malades Teulent manger davantage; s'ils vont du bas, ils rendent des laatières solides. Il est rare que cette substance occasione un vomissement. Quand il existe dans l'intérieur des iK>ies digestives un travail d'irritation ou de phlogose, T. I. 24
Injecté dans les gros intestins , le suHate de quinine cause des effets également remarquables. Une dame à qni j'en fis prendre douze grains de cette manière , pour arrêter une fièvre quotidienne» ressentit peu de temps après une chaleur vive, des picotements douloureux dans le trajet du colon » qui se communiquèrent promptementà tout le bas^yentre; pendant trois quarts d*heilre qu'elle garda ce remède , elle eut de grandes coliques. Cette chaleur durait encore six heures après » mais les coliques araient cessé au moment où elle avait rendu son lavement.
Les succès que procure le sulfate de quinine dans le traitement des fièvres intermittentes , même de celles qui ont un caractère pernicieux, sonfc aujourd'hui bien conni». L'efficacité de ce remède a quelque chose de merveilleux: il réussit toujours de quelque manière qu'on l'administre. Six à huit grains de ce composé salin » donnés environ quatre heures avant l'invasion de la fièvre, empêchent
toutes les fonctions kêuibleiit avoir one notiTéUe éneiigi*. Si U ûoêt do sulfate est élerée, les mêmes phéaoAiènei ont lieu, mais le oe«tre tpn* gastrique est le siège d'une ardeur qui ne se calme que lentement. Leur usage continn produit ce que l'on pourrait nommer en médecine on éehauffementt et que représentent les symptômes suivants : sécheresse el chaleur légère de la bouche, odenr animalisée de l'haleine, langue plutôt sèche qu'humide , piquetée , lanugineuse , présentant vers sa pointe des papilles ronges : légère ardeur à la gorge après les repas , soif, borborygmes légers, vents, éructations fréquentes, chaleur à la peau, surtout aux mains, constipation quelquefois opiniâtre, urine déposant par le refroidissement une hunietir d'un blanc jaunâtre... Cette excitation des membranes muqueuses gastro-intestinales se calme par des boissons délayantes , acidulées, par la diète végétale. » ( loum, univers, d» Seime. mèdicy tom. xxiv, pag. i35. )
eello-eî êe se développer , oo au moins modifioDt l'accès d'une manière incontestable '. Si or le prescrit par grainà d'heure en heure ou par deux grains de deux heures en deux heures pendant tout le temps de Tapyrexie , le suVr fate de quinine est toujours fébrifuge. La méthode de traiter les fièTres intermittentes au moment où l'aceè^ sorrient, de donner six grains de sulfate de quinine «Ippi» de rinvasion du frisson , n'est pas à dédaigner. G*esl le procédé le moins coûteux; il est également sur et étônor mi^piOi On n'emploie jamab plus de sulfate de quinine ^'il'n'en ùcoL Souvent un seul paquet suffit; on preacrit un second paquet d'attente qui n'est pas einployé. Ce procédé devrait être adopté pour les hôpitaux, pour les éta*bliss^uents de bienfaisance. *
Je pourrais joindre un grand nombre d'observations en bveur de ce remède fébrifuge * à celles que nous devons au zèle de MM. Chomel, Double» Magendie» Bally, Villarme, etc. Il est maintenant prouvé que la puissance du ^nqoina existe tout entière dans la substance qui nous occupe ici , qu'elle y est concentrée. Il est évident qu'en administrant la quinine et la cinchonine rendue sohible
' Je veiu que l'on entende bien ce qne j'appelle on accès de ftine modifié. C'est un accès que les malades reconnaissent n'être plus semblable anx antres. Il a été déplacé ; il arrire pins tôt on plus tard. Il ofte dans ses trois stades des différences ; le frisson a été pins conrt ou pins long, ordinairement moins pénible ; la chalenx moins forte, ou avec on antre caractère ; la sueur s'établit plus vite, ou elle se prolonge noios, etc. Il y a comme un combat entre le remède et la maladie. Après l'administration du quinquina comme du sulfate de quinine un accès modifié est souvent le dernier.
par un aeide» on use de tout le pouvoir de Técorce da Pérou, et que l'on ne charge plus les organes gastriques du ligneux, et des autres matières que la nature a associées à la base alcaline dans cette écorce. 11 est incontestable que MM. Pelletier et Gaventou ont rendu un service signalé à la médecine, en lui offrant pure et sans mélange la partie active du quinquina.
• On emploie le sous-sulfate de quinine avec un succès ^al k celui que procure le qm'nquina , dans les flèvres rémittentes, pour empêcher les accès quodidiens de renaître, pour simplifier la maladie , pour la rendre plus bénigne. Tou^ les moyens qui sont à notre disposition dans le traitement de ces fièvres, ont une action si incertaine, trompent si souvent notre attente, et j*ai vu l'emploi du sulfate de quinine être suivi de si beaux résultats, que je me sens toujours le désir de reconnaître un caractère rémittent aux fièvres typhoïdes. Jevoudrais toujours trouver ces cas heureux où le quinquina et le sulfate de quinine proenreoi des succès.
Je pousse si loin ma confiance dans ces agents , que dans les épidémies de fièvres typhoïdes je conseille le sulfate de quinine comme un secours contre leur invasion. J'en prescris six grains toas les jours aux personnes qui me paraissent dans le stade de Tincubation , qui ressentent de l'embarras dans la tête, des vertiges, de Tétonnement, de la fatigue, etc. Cette substance saline qui sert à empêcher le développement d'un accès de fièvre, même d'ime fièvre pernicieuse , ne peut-elle pas s'opposer au trouble qui menace réconomîc animale, retenir les appareils de rinnervation , cîrculaloire, digestif, etc. , dans leurcon-
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dilioa normale, les faire résister aux impulsions morbides ^ui vont agir sur eux?
Consi|;nons ici une rraaarquequi a bien son importaBce. Il est des signes d'irritation dans les voies digestires, la langue sècbe , rouge » la soif, un sentiment d'ardeur dans l'estomac , de l'aridité , de la chaleur à la peau , de l'agitation, etc. , qui tiennent aux paroxysmes qui ont lieu dans ks fièvres, et qui ne sont point une contre^indication de l'usage du sulfate de quinine. En effet, cette substance ne doit-elle pas arrêter, supprimer les accès qui provoquent ces accidents, et par conséquent les dissiper eux*mémes? Aussi voit-on dans les fièvres rémittentes l'administration du sulfate de quinine, loin d'augmenter l'irritation qui existe dans les voies digestives , être suivie de la diminution de la soif; la langue devient humide, le malade a moins de chaleur intérieure ; il est phis cafane , sa figure prend une expression meilleure ; il revient à la vie , parce que le sulfate de quinine a dépouillé sa maladie d'une partie d'dleHméme , de ce qu'dle avait de périodique, des accès qui venaient tous les jours exaspérer tous les phénomènes morbides. Les phlegmasies elles-mêmes ne font pas exception lorsqu'elles offrent des redoublements quotidiens. Le sulfate de quinine, donné après les émissions sanguines convenables, loin d'exaspérer la phlogose, adoucit la maladie , lui imprime un cours plus régulier, rend sa terminaison plus prompte et plus heureuse.
Le sous-sulfate de quinine , qui guérit les fièvres périodiques avec tant de facilité, doit -il ce privilège à une puissance spéciale, ou bien ne parvient -il à arrêter le cours de ces maladies qu'en leur opposant sa vertu to^
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nique? Quand je vois \m malade qui. attend le ârÎMOii d'un accès de fièrre sous Tinfluence du sulfate de quinine, que je le;CQiYsidi«re éprouvant une chaleur intérieure, un déyeloppemetit ootable d'énergie^ que je me représente Tétat nouveau » insoUle. oli se trouvent son appareil circulatoûre, son appareil cérébro-sptiiial,'etc. » il me semble facile de concevoir pourquoi le firîssoD' ne saisit pas ce malade. On reoicontre dans la pratique d^s cas où tin effet pareil, né de causes trèfr-dîversès , amène lé ipéme résultat. Mais le sulfate de quiniuie guérit, encore la fièvre > quand on le donne au momebtde l'invasion de Taccès. Il est vrai qu'aiorst U rend d'abord les accidents fébriles plus forts , qn'il n'arrête pas la fièvre; mais s'il laisse cet accès coiitinaer, i^ujoilr^ il le modifie, et cet accès modifié est ordinairemeiit le dernier.
L'observation prouve que l'impression dû sulfate de qpinine sur l'oi^ane gastrique et sur les intestins peut être i^ive:, peut siiisciter un grand mouvement dans l'abdomen , un sentiment d'ardfinr,.de8 gonflements» des coliques, etc., S4ps que ce remède a'c^pose à la nais^a^icé dea accès : eQe prouve, d'un- autre cité, qu'il guérit' tpès-l>ien la fièvre dans dea cas où cette impression paraît nulle ou peu marquée. La vertu fébrifuge du sulfate de^iâine ne tire donc paé S911 origine.de l'impression qu^rfavt/^r la surface gastr(h4ntestinale.
Pendant que nous avions, dans l'automne de 1828^, un grand nombre de fièvres intennittentes à THôtel-Dieu d'Amiens , nous voulûmes employer la poudre de quinquina pour en comparer l'efficacité h celle du sulfttei de quinine. Les guérisons s'obtenaient aussi facilement avec
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le premier de ces remèdes qu'avec le second; mais nous filmes bien surpris de trouver des malades qui préféraient la poudre de quinquina au sulfate de quinine : le volume de cette poudre qu'il fallait avaler* son amertume et tous les désagréments de son ingestion ne les rebutaient pas ; ces inconvénients ne pouvaient leur feire oublier le malaise, les douleurs , les cbalenrs, le travail, l'anxiété qae le sulfate de quinine faisait naître dans la région épîgastrique, et qu'il y entretenait assez loûg-temps.
Quand on s'occupe de la guérison des fièvres intermitiientes, et des substances auxquelles on reçonnaftlavertnlébrifuge, il faut se rappeler qu'il n'y a pas peut-être de remède plus efficace qu'un changement de domicile. On ne saurait croire combien de personnes, depuis long- temps tourmentées par une fièvre quotidienne , par une fièvre tierce , ou double-tierce, guérissent en arrivant dans les hôpitaux. Il a suffi qu'elles quittassent leur maison, qii'elles vinssent vivre dans un lieu nouveau , se soumettre à un autre régime, ressentir les influences d'un ordre de cir^ constances inaccoutumées. L'expérience m'a conduit à ce point de ne jamais prescrire de sulfate de quinine ou un autre fébrifuge aux malades qui arrivent à l'Hôtel •'Dieu d'Amiens, pour se faire traiter d'une fièvre périodique, avant qu'ils y aient éprouvé deux accès au moins. Trèssouvent ces accès d'épreuve n'ont pas lieu. J'ai vu un hoauae qu'une fièvre quarte tourmentait depuis trois mois, n'en avoir plus d'accès, parce qu*il était entré à l'Hôtel- Dieu pour y ctre traité.
On a conseillé le sulfate de quinine dans plusieurs antres maladies. On a constaté qu'il était très-efficace dans les
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névralgies et dans toutes les affections qui ont une marche périodique. On administre alors cette substance de manière que le corps soit sous son influence, et que ses effets physiologiques aient tout le développement désirable , au moment où le retour de la maladie doit avoir lieu.
J'ai eu Toccasion de faire produire au sulfate de quinine un effet hypnotique. Un honune était entré à l'Hôtel-Dieu pour un choléra léger. ^Dans sa convalescence , il me raconta que depuis long-temps il ne dormait pas. Tous les soirs, il avait sommeil et s'endormait, mais peu de temps après, il éprouvait de l'agitation, des douleurs vagaes dans la tête et dans les membres , une sorte de frémissement qui occupait tout son corps , alors il ne pouvait plos reposer. Une demi-once, puis six gros de sirop diacode, et une potion avec le laudanum liquide de Sydenham, avaient été sans effet calmant. Comme cette insonmie tenait 2i un trouble qui se reproduisait périodiquement, j'eus l'idée de lui faire prendre vers quatre heures de l'aprèsmidi six grains de sulfate de quinine; dès le même jour,. il eut six heures d'un bon sommeil. Le lendemain, même prescription, même produit, une nuit excellente. Voilà le sulfate de quinine devenu somnifère.
Je terminerai cet article par rapporter cette observation : Une femme attaquée d'une fièvre quarte vint à l'Hôtel-Diea, après avoir pris deux vomitifs et deux purgatifs : elle avait les voies digestives irritées ; des coliques , de la soif, la langue rouge , des chaleurs d'estomac , l'épigastre et le ventre sensibles à la pression. Pendant une douzaine de jours elle fut mise à l'usage de boissons adoucissantes et acidulés; elle prit peu de nourriture : celle-ci fut choisie
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dans la clas^ des aliments doux , mucilagineQX ou amylacés. L'irritation des premières voies subsistait encore, mais elle était bien modérée, lorsqu'elle prit, deux heures avant le moment de son accès , huit grains de sulfate de quinine. Elle éprouva une grande chaleur 2i l'épigastre et dans le ventre, avec des pneumatoses intestinales et des coliqnes sans déjections alvines. La chaleur s'étendit 2i la poitrine; elle eut de grandes douleurs dans les membres, un mouvement de sueur. L'accès n'eut pas lieu. Quoique dans cette occasion le sulfate de quinine offensât la surface gastrique, il se montra toujours fébrifuge. Cette femme a pris unc^ nouvelle dose de ce sel le troisième jour. L'opératien du remède sur les voies digestives se manifesta par des effets toès-prononcés , et la fièvre ne vint pas. La malade cessa l'usage du sulfate de quinine , et les organes digestifs ne tardèrent pas à rentrer dans leur condition na* toreUe.
Dans les cas où l'on veut ménager l'estomac, on se trouve bien d'administrer le sulfate de quinine en lavement. On a guéri des fièvres d'accès , en appliquant cette substance sur la peau, que l'on avait d'abord dépouillée de son épiderme. Le sulfate de quinine sera fébrifuge toutes les fois que ses molécules pénétreront dans le corps; il importe peu par quelle voie elles y arrivent. Mais cette manière d'employer ce sel offre bien des inconvénients : il peut phlogoser l'endroit qui le reçoit, son absorption reste toujours lente , douteuse , incertaine.
AcÉTATB DB QUININE. Acetos quinincB. Ce sel est trèslégèrement acide; il cristallise très-facilement: peu soluble à froid, il Test beaucoup plus dans l'eau bouiUante.
38o MÉDIGAMBNTS
Il s'emploie à la même^ dose quele^ulfate de quinine et de la même manière. Il produit les mêmes effets physiologiques que ce dernier, et parait jouir des mêmes propriétés thérapeutiqqes. Un homme était à THôtel-Dieu d' Amiens pour une fièTre tierce ; il avait pris deux fois du sulfate de quinine à la dose de six grains : il avait éprouvé les phénomènes que ce sel a coutume de produire « et la fièvre n'avait plus lieu* La troisième fois on lui donna , au lieu de sulfate, six grains d'acétate de quinine : une heure après» il sentait une chaleur bien marquée à l'épigastre, qui s'étendait à tout le corps» puis il survint de la sueur: il n'a eu ni coliques ni déjections par le bas : il disait avoir éprouvé les mêmes .effets qu'après avoir pris la première drogue.
Hydboculorate de QUiNiNB. Hydrochloras quininœ. Ce sel cristallise en aiguilles. Il s'emploie cpmmele précédent
Quinquina piton; Écorce de Sainte-Lucie; Ecorce du
CiNCHONA FLORIBUNDA , Swartz; ExOSTEMA FLORIBUNDA ,
Humboldt et Bonpland. Arbre qui croit à Saint-Domingue, k la Dominique, à la Jamaïque, à la Martinique, à la Guadeloupe , à Sainte-Lucie. MM. Humboldt et Bonpland lui ont trouvé des caractères botaniques différents de ceux des espèces du genre Cinchona : ils en ont fait un genre nouveau.
Le quinquina piton est en tubes de la grosseur du doigt; ses écorces sont épaisses d'une demi*ligne à peu près, grises en dessus, brunâtres à l'intérieur; elles ont nne amertume très-intense , avec quelque chose de nauséabond. MM. Pelletier et Caventou ont cherché à connaître la nature chimique de cette substance : ils y ont trouvé
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une matière analogue au rouge cinchonique, un principe amer qui a des qualités particulières , et qui semble se rapprocher de rémétine, un acide qui a beaucoup de rapport ayec Tacide Unique; mais ils ont constaté que le quinquina piton ne contenait ni quinine ni dinchonine. L'absence de ces bases alcalines , dont les propriétés mé* dicinales sont si énei^ques et si remarquables» place les écorces qui nous occupent beaucoup au-dessous des quinquinas Trais dans l'ordre phannacologique«
Le quinquina piton l qui ne provient pas d*un cinchana, dans lequel les chimistes ne trouvent pas les matériaux propres aux écorces des arbres de ce genre , se distingue aussi par une action particulière sur Téconomie animale. Le quinquina piton tourmente , irrite les voies digestives : Fobservation a prouvé qu'il faisait fréquemment vomir : les auteurs lui attribuent une propriété émétique; il est également connu qu'il provoque souvent des effets purgatifs. En poudre et à la dose d'un gros , il est rare qu'il ne détermine pas ou des vomissements ou des selles. On as-^ sure que son impression sm" la surface gastro-intestinale est plus marquée enclore quand on emploie l'écorce fipalche, comme cela a lieu dans les îles d'où cet arbre provient.
Toutefois le quinquina piton opère sur les autres or* ganes du corps , après son absorption, un effet tonique. Ses molécules décident, par leur impression immédiate sur tons les tissus , un resseri«ment filnrillatre qui leur donne ]^ua de force, plus de vigueur. Cette écorce procurera à la thérapeutique des succès toutes les fois qall y aura indicatioii de fortifier des appareils organiques qui sont dans un état de relâchement et d'inertie. En n'ad«
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ministrant que des petites doses de cette substance k h fois, on préviendra les accidents qui naissent de sa trop ▼ive action sur la surface gastro-intestinale.
QUINQUIHA CABAÎBE OU DES ANTILLES; ËcOrCOS du ClH'
CHONA cARiBJSâ , L.; ExosTEMA cARiBiEA, Boupland. Arbre qui crott à la Jamaïque, à Saint-Domingue» à Cuba. La sayeur de ces écorccs est d'abord sucrée .et mucilagineuse, elle devient ensuite très-amère : cette production colore la salive en jaune verdâtre. Elle possède une vertu bien développée et propre à provoquer une médication tonique aussi forte que les intérêts thérapeutiques pourront le désirer,
Quinquina nova; Kina nova. Nous noterons ici cette écorce » que Ton ne connaît que depuis quelques années : elle provient duPoRTLANDiA glandiflora, L., arbre qui croit à Surinam et à la Jamaïque. Elle est en morceaux d'un pied de longueur environ : elle a une couleur rouge pâle» une saveur fade» astringente» une odeur faible. MM. Pelletier et Gaventou ont soumis cette écorce h des recherches analytiques : ils se sont convaincus qu'elle ne contient ni quinine ni cincbonine : ils l'ont trouvée composée» 1* d'une matière grasse; 2® d'une matière résinoïde rouge ; 3*^ d'une matière tannante ; 4* cl'un acide parti- 1 culier qu'ils nomment acide kinovique ; 5^ de gomme; 6^ d'amidon ; 7* de matière colorante jaune ; S"* de matière alcalescente en très-petite quantité; 9^ dé ligneux.
Le quinquina nova exerce sans doute sur les tissus vivan la même impression que les agents toniques; mais soi action est faible» et dans les cas où la thérapeutique d< mande une influence tonique » une foule d'autres produ< tiens mériteront la préférence.
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KiNO, GoHHB-RiNO, RàsiNB-KiNO ; GummiKino, Gummi gambiense. Cette snbatance est en petits fragments opaques, très-fragiles» dont la cassure est brillante et d'un rouge noir. On la retire du Nacclea gaiibib de Hunter, joli arbuste , à fleurs axiUaires groupées et infondibuliformes» qui habite les tles de la Sonde. On distingue une autre espèce de kino qui est en larmes allongées et qui se trouTc sur Técorce du Pterocarpuserinaceus, Lamark, de la famille des Légumineuses. C'est la gomme astringente de Gambie. On a donné aussi le nom de kino au suc épaissi, très-styptique, des baies du raisinier à grappes , Coccoloba uvifera, de lia famille des Polygonées» qui nous vient de la Jamaïque, et au suc qui découle de Y Eucalyptus resinifera, arbre de la famille des Myrtes « qui habite la Nouvelle- Hollande. ^ -~^ La substance médicinale si improprement nommée ' pmme ou résine-kino a une saveur fortement astringente, c suivie d'un goût douceâtre. M. Yauquelin la considère f comme une espèce particulière de tannin; elle recèle aussi i^ des principes extractifs : il n'est pas prouvé qu'il y existe r^ de l'acide gallique. Cette substance se dissout en grande tue partie dans l'eau chaude : à froid, cet excipient a peu : d'action sur elle. Une portion du kino est aussi soluble it dans l'alcool; alors ce liquide acquiert une couleur d'un >iu beau cramoisi quand il est suffisamment étendu. Toutes 0v'Ges dissolutions donnent des précipités lorsqu'on y ajoute iDi'de la gélatine , du suliate de fer ou du tartre stibié. Le iitiçAino en poudre se donne à la dose d'un scrupule jusqu'à >^p(«deux gros par jour. La teinture de gomme-kîno se prend ^ la dosé d'une demi-once on de six gros.
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Le kino montre une grande force d'astriction lorsqa on le met en contact avec une partie vivante. L'impression qu'il exerce sur une surface détermine un resserrement fibrillaire dans les tissus qui sont plus profonds. Cet effet immédiat a Ueu dans tons les appareils organiques lorsque . les principes du kino sont absorbés en assez grande quantité potir étendre leur puissance 2i tonte Téconomie ani> maie.
L'impression que cette substance feit sur les tissus levants, les changements qui en résultent ^ expliquent bien conmient son usage a pu fairç cesser des diarrhées» des écoulements gonorrhéiques anciens, des toux humides, etc. Il y vivait ramollissement du tissu des organes qui fournissaient des excrétions morbides ; ces organes étaient de plus le siège d'une congestion sanguine. Dans les diarrhées, des ulcérations superficielles couvraient la surface intestinale. Les évacuations alvincs pouvaient encore être produites par la non-digestion de la nourriture que le malade prenait : vaccident qui peut tenir àToligotrophie des tuniques de l'estomac et des intestins , ou ài un affaiblisseupent de l'influence nerveuse qui doit vivifier leur tissus. Or le kino combattra toutes ces lésions avec avantage. Dans les affections des voies alimentaires , on administrera cette matière médicinale à petites doses, de six à huit grains, et on les répétera deux ou trois fois le jour» On doit en donner davantage dans les affections des membranes muqueuses des autres surfaces , parce qu'on n'agit plus immédiatement sur elles , et qu'on ne peut les atteindre que par suite de l'absorption des molécules du kino. Dans la leucorrhée, on recommande de plus les injections faites
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avec une sokitîaa aqueuse de cette substance ^ <m l'introductian dana le vagîii d'une éponge qui eni^st.inibibi^. On a pu auiéi se louer de Tatoir eiopfc^ée dans d^^ incontùfeonceB d'urne, dani le diabètes > dans des pertes de lang, eto» Dans ees maladies, il fapt ^ fiiiire prendre des qaantiléa pliis foirtes ^ comme de douxe à quinxe grains en pondre , deux ou trois fois le jour. . .
Ott.a fait 4enrM* la gomme-kino à la guérison des fièvres Intermittent^. Des obserTâtions.. rjSipétées prouvât que s^ vertu, tttoiqoe. .peut devenir dans ces maladies nne vertii fi&briluge* Alors on donne dans les buit benres qui précè^ dent r^idès environ dei» gfos de .cette substance , divisés en cinq à six prises. M; • Alibert dit qu'aux États-Unis on mêle nne.pette portioi^ <te Ipno ^u q^iniquina pour empêcher cederaier de^paaser par le^i seUes^ , • :
Cette plante crott spontanément dans, nos provinces méridionales; en Suisse» en Italie » dans le Levant : on la cultive dans plusienra de nps départements.. On emploie saraeioo.danaJa'|ei]lture des étofi^a^ elle donne une couleor re«içe Ante-^tîmée« On n'^n fait la réqoltcf que quand elle a troia.aiBâiées de' végétation ; pe temp# es^ nécessaire pourqne lea^ijncîpeS'.quiiui <|olinent tant de prix dans les arls'^e soient form|is« Là garatice contient nn^matièr^ colorante} jaune V tr^srsolvble dans l'eau» et ime mati^e colorante d'un rouge vif» qui ne se dissout qu'à Taide de la première >. MM- Robiquet et Colin ont obtenu à l'état
^ M. Dcebereiner a reconna qa*en ajoutant à la racine moulue de garance, délayée dam l'eau tiède^ un peu de ferment de bière ou de levure»
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de pureté la matière colorante rouge de la garance ; ils hn donnent le nom Xaiizarine; on désigne dans le commerce du Levant la galrance par le mot alizarin. Ils ont troQîé dans cette racine une autre matière colorante rouge qa'ib appellent purpurine, Kuhlmann a séparé la matière colorante jaune de la garance des autres principes coloranb qu'elle recèle : il la nomme xanthiHe, D'après ses recherches, la racine de garance contient : i* une matière colorante rouge , 2*" une matière colorante fauve , 3® une matière végéto-animale , 4* ^^^^ matière amère » 3* du sucre , 6' de la gomme , 7® une résine odorante » 8* une matière mucilagineuse , tf un acide végétal , 10* du ligneux* On trouve divers sels dans les cendres de cette production.
La thérapeutique n'aurait pas pensé peut-être à convertir cette racine tinctoriale en un agent médicinal» si le hasard n'avait appris qu'elle avait la faculté de colorer en ronge vif la terre calcaire des os des animaux qtd en avalaient. Après quatre à cinq jours d'usage de cette racine si l'animal est jeune , un peu plus tard s'il est vienx, tout son squelette devient rouge. M. le docteur Gibsoo s'est convaincu que les os des jeunes pigeons prenaient en un jour une (couleur rose , et dans trois une •couleur écarlate , lorsqu'on mêlait de la garance à leur^ aliments; tandis qu'il en fallait quinse pour que les os des animaux adultes contractassent la teinte rose. Un fait remarquable,
il en résulte, après cinq à six jours de fermentation , une Ihineur vineate qoi donne de très-bonne ean-de-vie par la distillation. Il a constaté en outre qu'après sa fermentation la garance peut être employée dans U teinture ayec le même avantage qu'auparavant. {Journal de PharaudCi avril 1 8a 1; page 196.}
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c*est qae les o§ les pins éloignés du cceur sont aussi les plus longs à se colorer. Si Ton cesse de donner la garance, les 08 roTiennent par degrés à lenr coulenr naturelle. Ce n'est pas seolement snr les os que se porte la matière colorante de la garance » elle rougit aussi le bec et les ongles des oiseaux auxquels on la fait prendre avec leur nourriture. Sa couleur se retrouve de plus dans les humeurs excrétées , dans le lait , dans les urines » dans la sueur, etc. ; les excréments sont d'un rouge de kermès. Remarquons qu'il n'y a que les parties du corps dont la vie est nulle, ou très-peu développée» qui puissent recevoir ce principe colorant; tous les tissus où les propriétés vitales sont abondantes restent intacts; même les aponévroses , les tendons , le périoste , ne participent pas à cotte coloration. Il y a pljos , sur un os fracturé le qal ne devient pas rouge tant que le travail inflammatoire y maintient un excès de vitalité. Le sérum du sang offre une nuance rosée ^ tout-à-fait insolite , quand on saigne des malades qui font actuellement usage de la garance; cette coloration n'a lieu qu'après que le sang , hors de ses vaisseaux , a perdu la vie qui l'animait; alors les molécules rouges cp'il recelait entre ses parties ont pu librement pénétrer sa sérosité, et s'unir avec elle. .
Quelque singulier que soit l'effet physiologique que la garance produit sur les os et sur les liquides excrétés , quelle conséquence peut- on en tirer par rapport à son importance médicale? Cette racine est inodore; mise sur la langue , on ne lui trouve qu'une stypticité à peine perceptible, mêlée d'un peu d'amertume; eljie n'a point d'action sur les tissus vivants qui soit appréciable. Cependant,
s'il est possible de juger le caractère de sa faible propriété, il paraît qa'elle a une nature tonique, fet^que lai garance ne peut' être mise aiUeurs que dans cette clas§e , bù elle tiendra un rang très-subalterne; ob il serait même diffi-* cile de motiver son admission, si Ton prenait pour- mesure les avantages que la thérapeutique peut en retirer.
On a dit que la garance était diurétique; GuUen; qoi a voulu constater cette propriété , assure qu'il a toujours été trompé dans son attonte. Home affirme- qu-il' en a o\h tenu des «fiets: emménagogues; mais il prouve en même temps^ la presque nullité de la puissance médicinale dé cette, plante, puisqu'il dît qu'elle 'n'occasiotte jamAis dé produits sensibles, que son usage ne ^change^pas l'état du pouls t etc.
On avait conseillé l'emploi de la racine de garance, en poudre, oii en décoction , dans le rachitîs; dans le ramollissemmit des os. Bientôt on s'est aperçu que la garance ne donnait pas plus de solidité à ces soutiens de la machine anmaleron a constaté qu'elle pervertissait aii contraire ]e&' ftmclions nutritives , qu'elle fsâsait maigrir, qu'elle dénnàitlieuàuD prompt d^rissement. On a parlé aussi de sDn utilité dans la jaunisse, ^aiisf 'la dyssetfterie, dans les toux chroniques : comment une substance à ped près ÎBWte pourrait-elle combattre, les ïé^ions organiques que supposent q»» affections diverses? , *^ '
Une, seule chose recommandait la garance à l'attention des médecins^ c'était la faculté qu'elléa de teindre enïooge les os et les liqueurs excrétées. Cet effet, remarquable sam doute, procède de la matière colorante rouge que cette racine contient en abondance. Mais cette matière offirè-
TONIQVSS. SScj
l^e one nature médicinale ? Elle n'a point de pri^e sur DOS organes ; eUe est incapable de modifier leur état actuel ; iion contact avec une partie vivante ne fait naître aucun changemept dans cette dernière. Les. matières colorantes doBtia.garance est remplie » comme suirchai^ée , ne suffisent point pour lui donner une place parmi les sujets pharmacologîques. En physiologie» cette racine donne lieu à un phénomène fort curieux; en thérapeutique» elle restera inutile et ne pourra rendre aucun service.
Famille des Amentacées,.
Les écorces des arbres de cette fionilte contiennent du: tannin et de l'acide gallique. On s'en sert dans les arts pour teindre en noir» pour tanner les peaux» etc. On en a aussi introduit l'usage en médecine comme de substances propres à opérer un effet tonique » à combattre les fièvres intermittentes» ^tc« En Amérique» on admet parmi les substancesmédicinales un grandnombre d'espèces d'arbres qui appartiennent à cette famille. Nous n'employons guère que les écorces de saule et.de chêne. Nous nous contenterons de parlw ici de ces substances» dont nous rapprocherons la noix de gaUe.
Saule» cortex SalicU, écorce du Saux alba, L.» arbre que Ton (rouve dans les prairies» au bord des eaux et autour des villfiges. Stonfi» qui a cherché dans cette substance on remède indigène contre les fibres intermittente^» choisisraity pour l'usage médical» les écorces des rameaux, qui avaient atteint }'fige de qui^tre à cinq ans.
Cette écorce devient» en séchant^ d'une couleur bru-
3gd MEDICAMENTS
suffit», dans cette eirconstanoe, que lc9) oKguies digestifs en sentent racttoacorroboraiitei Offiaeurècûttrjsàrécorce de sanle.ppor combattve des pertes de sang» et l'on prétend en aToir cittenu un résultat avantageux. . Dans lea fièvres intermittentes ». l'écerce de>saûle^!est mostrée un. puissant cè&Qède. Aidant (piei'analyse.xbimique eût démoàtré fa distance qui. sépare: cette, iéciorce de l'écorce péruvienne^ .en' avait^inéme proclamé bt {MPemiire un dès tneilleurs succédanés de la dernière. Des obsenratîoos multipliées justifient toutefoia.lfis éloges qu'on Jùi 9^ accordés dans le traitement de ce» maladies périodtqoes. Nous ajoùtwions nousrm^nes deux faits qui. :nms sont pr<^rés, à ceux que J'on a consignés dans divers ireeueils, s'il ne fallait pas garder une aévère césërva lopiand il s'agit de^décidei* qu'un remède â giiéri une Sèvre'interiiàittentet parce qtfe les. accès ont cessé pendant, que l'.on en faisait usage. Au reste, le succès dans le traitein^lt deoes^ma^ laâies dépend de.la'mânière dont on adminklce le' médiçi^eikt: il estnéc^saire i^e le malade prénnB'iHiè &rte dbsed'écorce:âe saule dans rintervalle des 'fi[ceè83;?e(Bkime ime demi^once , six gros v ^oxv )béme «tue onée de ea >pottdrq j^'.phirieurs onces du vin » ou pkisiéur» cuillerées de la teiiMiore de eettei écorce ; il : feut ; :pour iohtemr. vud pao&uit fébrîfiige , qud d'action* tonique^ de^cea sgeilts'soit'bienidéi^ôppéé, et s -étende là tout leiicorps-m ihoment^ii ron «tèend l^aocès* - i • - ■ ^ i < . >i^ < * >
>^ On aêitiployé i'éeordé de'saûteteomme un nviTieB vermifijige^ On :en a 4ak des bains loniq|ies t: Hatler tei^reéafii- «andb .contré la^faiMesse 'dés mûsdes idei^i€Mttpéttîtés Inl^rieures ^dans les* enfants; C^te'faibiës^e p^t te«ir à
nn àf^ui de yolume, de développement des maises musculaires des caisses et des jambes : le plus souyent die dépend d*miie faiblesse de rianerYation qui a pour cause la petitesse ou une mollesse morbide de la partie inférieure de la moelle èfkâète. Les bam» toniques faits a?èc l'écorce de. saule» seront convenables contre l'une et l'autre lésion.
Plusieurs autres espèces -du gemre Saùx ont été intro-* dmtes dans la matière médicale; leurs éc^^es offrent les mêmes qualités sensibles que la précédente» seulemeni dans un degré inférieur. Elles ont sans doute une compo* sition chimique analogue; elles^ doivent )ouir des mêmes propriétés. GuUtti s'est servi de l'écorce du Salix pbn t an* DBA^ L. On a aussi mis en usage celle du Salix triandba , du Salix fragilis et du Saux CAPaBA» L. Wilkinson vient de préconiser le mérite 4e cette dernière ; il assure en avoir constaté l'efficacité; il ne balance pas^ à la regarder comme supérieure au quinquina. Que l'écorce du Sidix caprea ait une force active qui puisse devenir salutaire dans l'exercice de la médecine » c'est un point sur lequel on tombe facilement d'accord; mais vouloir comparer cette écorce avec cçUe du Pérou , c'est donner dans une partialité contre laquelle l'examen chimique et l'expérience clinique se prononcent également.
Saucinb , Salicina. Principe spécial extrait de l'écorce dediyerses espèces de saule. Ce principe n'est pas azoté; ii n'a pas une nature alcaline; il ne neutralise pas les acides.
Cette substance avait été reconnue par divers chimistes <]ui s'étaient occupés de l'analyse de l'écorce des saules ; luais elle a été surtout l'objet des recherches tie M. Leroux ,
une exaspération alarmante de tons les accidents. Après. trois essais infructueux , je fis donner la salicinè au lieu du sulfate de quinine; dès le premier jour, il 7 eut une amélioration notable , le redoublement fot moins long et moins fort; la maladie, qui était ti^s-graye, se termina heureusement
Disons que dans son action immédiate snr le9 oi^anes, la salicinè me parait plus douce que le sul&te fie quinine. Elle ne tourmente pas comme ce dernier la surface gasirointestinale; elle ne cause point ordinairement de soif, d'ardeur intérieure, de malaise épigastrique, de coliques, de trouble dans l'abdomen , etc. , à moms qu'il n'existe un travail de phlogose dans les voies alimentaires. D'autre part» la salicinè n'est pas pour nous un fébrifiige comparable au sulfate de quinine : elle n'a pas la certitude d'action de ce dernier; elle ne modifie pas d'une manière aussi prompte et aussi évidente que lui» les accès de fiè?ie intermittente qu'elle n'arrête pas. La salicinè aura ses succès ; dans certaines occasions elle réclamera la préférence , mais elle ne fera pas oublier la quinine.
Ghâne^ Cortex quercàs. Écorce du QuBBCts ndBva, L. et du QuBBGvs BA.CEMOSA, Lamarck. Ces deux espèces d'arbres , dont on connaît en botanique plusieurs variétés, fiant la richesse et l'ornement de nos forêts : leur bois, solide et compacte, est recherché pour les constructioDs; leur écorce , n^ise en poudre » sert à tanner les cuirs. Nonseulement on a voulu introduire dans la thérapeutique l'usage de cette écorce» mais on a même regardé les feuilles du chêne » ses fruits, que l'on nooune glands , et les cupules dans lesquelles ces derniers se développent , comme
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des prodactions précieuses pour Tart de guérir. On n'emploie gaère aujourd'hui que l'écorce du ckène : nous con* sellions de choisir celle des jeunes rameaux de trois à quatre ans » de la prendre au printemps , et de soigner sa desMCcatioD. Cette écorce est lisse en dessus, couverte d'un épiderme gris bleuâtre; elle est d'un rouge pâle en dedans.
La ehimie démontre dans Técorce du diéne une grande abondance de tannin; elle y a trouvé aussi, un prin^cipe extracti£ Or c'est de ces matières actives que dépend TactioD médicbale de cette écorce. On peut l'administner en poudre à.la dose de quatre, six, douxe grains. Où en fait aussi des infusions aqueuses d'une grande activité : le tannin qu'elle foucnit est sduble daas l'eau froide. On emploie un «a deux groè de cette écorce pour une livre d eao. On pourrait faire un extrait d'écorce* de chêne, qui aorut beaucoup d'énergie , et qui servirait coaune le car cbou, le ratapbia , etc.
L'écorce de chêne est très-acerbe; ses principes déterminait sur les surfaces ;organiqlies avoe lesquelles on la met en contact un: resserrement fibrillairetrès^prononcé, qui se &it «entir dans les tissus qui sont situés au-dessous. Cette agression est si -vive, qu'elle cause sur les parties très-«QMiUes, comme l'estomac, une sorte de crispation pénible et douloureuse; qu'elle donne lieu à 'des anxiétés épigasiriques, h des spasmes , etc. Aussi n'administre-t-on l'écorce de chêne qu'avec une certaine retenne , on bien il faut la mêler à des substances qui modèirent l'action qu'elle exerce sur ^a surface interne du canal alimentaire;
On a conseillé l'écoroe de chêne dans la dyssentene»:
898 Miu>lGAMBHTS
Ce moyen peut être essayé si cette maladie dure déjà depuis long-temps , si la phlogose a perdu de sa violence, si des portions , des zones de la membrane muqueuse intestmale ont éprouvé une intumescence molle, sont le siège d*une congestion sanguine, d'ulcérations superficielles et récentes. Les principes de l'écorce du chêne , eo produisant un changement soudain dans l'état actuel des intestins, peuvent faire disparaître les lésions dont nous venons de parler et les rétablir dans leur condition naturelle : mais ce résultat est loin d'être sûr. On donne^ dans ce cas 9 de quatre heures en quatre heures , une dose de la poudre ou de l'infusion de la substance qui nous occupe. L'écorce du chêne ne peut plus faire de bien s'il existe une irritation ou une phlogose vive dans les voies d^stives , s'il y a dans les gros intestins des endurcissements, des ulcérations profondes , des dégénérescences graves : dans ces cas , l'action des principes styptiques du chêne n'est plus favorable.
Des doses de ces médicaments pkis élevées et capables de propager l'influence tonique à tout le système vivant, ont pu opérer des effets salutaires dans les pertes sanguines causées par l'inertie de l'utérus , dans des incontinences d'urine qui dépendaient du relâchement du sphincter de la vessie. On a vanté l'écorce de chêne dans les leucorrhées, dans les gonorrhées anciennes. On donne alors son infusion ou sa décoction à l'intérieur par cuillerées à bouche qœ l'on répète de quatre heures en quatre heures; on en fait en même temps des injections sur les surfaces qui fournissent l'excrétion morbide. Les changements que cette substance détermine dans les parties vivantes soumises à
TOHIQUES. 399
son action» expliquent bien les succès obtenus de son emploi dans les maladies que nous Tenons d'énumérer,
L'écorce de chêne a joui d'une certaine fayeur comme remède fébrifuge. Tous les auteurs de matière médicale parlent de la guérison de fièrres quotidiennes, tierces, double-tierces, etc. , que Ton attribue à l'emploi de cette substance '. N'oublions pas que , pour suspendre le cours d une fièvre intermittente , il faut une médication générale. On devra donner , dans l'intervalle de deux accès , une quantité de ce médicament qui soit capable de susciter un développement brusque et très -marqué des forces toniques. Cette condition paratt essentieUepour la réussite du traitement
On a essayé, dans quelques hôpitaux militaires, de substituer au quinquina un mélange dont l'écorce de chêne faisait la base. Ce fébrifoge, produit de l'industrie pharmaceatique, se composait ainsi :
^ Écorce de chêne 1 20 parties.
Noix de galle 3o
Gentiane s 5
Camomille 20
Lichen d'Islande 5
Total. . . 200 On a employé cette poudre de diverses manières : on
* Il existe , dans au faabonrg d'Amiens, un moulin où l'on réduit en poadre l'écorce de chêne. On a remarqué que les ouTriert qui Tiveut au Qiliea de la poussière qui s'échappe de ces écorces , pendant la pulyérî-
4oO MBOIGAMBIITS
a été jusqu'à en donner une demi-once quelques heures après la fièvre « et encore, une once avant le moment où un nouvel accès devait revenir. {Bulletin de Pharmacie, t. II» p. 84 ) Des succès nombreux ont r^ndo à Fatteote des auteurs de cette formule , dont Topinion était sans doute qu'un composé qui aurait des qualités s^sibles analogues à celles du quinquina 4 qui se comporterait de la même manière avec les r^ctifs chimiques » qui surtout produirait dos effets immédiats semblables» devait, eu thérapeutique, remplir les mêmes indications et procurer les mêmes avantages.
Mais on connatt aujourd'hui les principe d'où le quinquina tire surtout son activité fébrifuge , et l'on sait que ces principes ne se trouvent pas dana la préparation qui nous occupe » et avec laquelle on prétendait pouvoir se passer de l'écorce du Pérou. Il n'échappera non pins ^ personne que ce fébrifuge artificiel est d'un u^age difficile, à cause de la quantité qu'il en faut prendre. Il me semble enfin que la proportion d'éeorce de chêne et de noix de galle est trop forte dans ce mélange , et que l'impression de ces substances ne serait pas supportée sans accident , par la plupart des estomacs.
On applique fréquemment l'écorce de chêne à Texterieur , pour produire une impression styptique. On içet la poudre en sachet» ou des linges trempés dans la décoction
sation , n'étaient jamais atteints de fièvres intermittentes, pendant qne les onTriers occupés à d'antres travaux, et les habitants de ce lien marécageux et humide, sont fréquemment tourmentés de œs maladies» cd automne surtout.
TOHtQPBS. 4ol
de cette écôrce, sur les parties doDt ont yeut réveiller la tonicité» resserrer les tissus. On a recours à ces topiques dans les chutes de Tanns. On emploie la décoction en gargarisme dans les relâchenaents de la membrane muqueuse de rarrière-bouche et des amygdales : Cullen dit s'en être souvent servi avec avantage {Matière médicale, t II, p. 48 de la trad.). On fait aussi avec cette décoction des injections dans les gros intestins » dans le vagin» dans tontes les cavités oii l'on veut opérer un effet astringent.
NoixDs ÛÉJXE, Galla, Galla turcica. On donne ce nom à des excroissances qui viennent sur les chênes , et qui sont le produit accidentel de la piqûre d'un insecte du genre cynips. La femelle porte sous Tabdomen une petite tarière roulée en spirale» k l'aide de laquelle elle perce les bonrgeons du chêne pour y déposer ses œufs. Cette pi<{ùre attire les sucs acerbes dont toutes les parties de cet arbre sont remplies» et donne lieu à la formation d'une protubérance au milieu de laquelle les œufs acquièrent du Yolume et de la consistance. Il en naît de petites larves qui rongent l'intérieur de la galle» et qui souvent y subissent leur métamorphose : alors l'insecte perce les parois de 8a prison et s'échappe. On estime davantage les noix de gaUe qui ont été recueillies avant la sortie de l'animal anqnel elles servent de berceau : celles qui sont percées paraissent avoir subi une détérioration» elles ont moins de pesanteur et une couleur plus claû{re.
Les noix Ae galle du commerce sont récoltées sur une espèce de chêne qin forme un arbrisseau de quatre à six pieds» et qui est très-commun dans l'Asie -Mineure. 6, A. Olivier Fa fait connaître en France » et lui a donné
409 MiDlCAIIElITS
le nom de Quebgus insbctoria {f^oyage dans l'empire ottoman^ t. i). On estime surtout les noix de galk qui viennent d'Alep; celles qui croissent sur les feuilles des chênes de nos forêts sont bien moins tcerbes que celles du chêne que nous venons d'indiquer.
La production qui nous occupe contient une grande proportion de tannin et un acide particulier, auquel on a donné le nom d'acide galliqne , parce que Ton a d'abord examiné celui que Ton retirait de la noix de galle. M. Davy a trouvé que cinq cents grammes de cette substance fournis6%îent cent quatre-vingt^inq grammes de matières solubles dans Teau » qu'il a trouvé être composées de :
Tannin i5o
Acide gallique uni & un peu d'extracti£ • . 3i
Muqueux et subst. rendue insoluble par Tévap. 1 2
Matière saline 19
M. Laubert a extrait de la noix de galle » à l'aide de Téther, une petite quantité d'acide gallique, beaucoup de ! tannin , un peu de matière verte , et une substance qui joue le rôle de matière colorante ou extractive {Beeueil de Mém. de mèd. miUL, tom. iii). L'infusion de noix de galle fait naître à l'instant même une couleur noire ou violette dans toutes les liqueurs qui contiennent du fer. La teinture alcoolique de la noix de galle , et surtout Téther chargé 'de la matière tannante qu'il contient» sont des réactifs sÛrs' ettrès-sensibles pour découvrir des ato-
mes de tartre stibié dissous; il se forme aussitôt un précipité d'un blanc jaunâtre.
On administre la noix de galle en poudre à la dose de deux grains jusqu'à douce : on peut en faire prendre un demi-gros, un gros par jour. On peut aussi charger Teau et l'alcool de ses principes et de ses vertus : on met un où deux gros de noix de galle pour deux livres d'eau.
Les galles ont une saveur acerbe, et font une impression styptique dans l'intérieur de la bouche. Ces substances produisent un effet analogue sur les autres surfaces. Le resserrement qu'elles déterminent dans les fibres des tissas organiques augmente leur vigueur matérielle. Les molécules de ces substances que l'absorption fait pénétrer dans le torrent circulatoire, doivent susciter le même changement dans toutes les parties qu'eUes touchent. Voilà le mécanisme de l'opération tonique de la noix de galle. L'action astrictive que cette substance porte sur la surface gastrique » lorsqu'on l'administre à l'intérieur» est souvent si vive qu'elle blesse l'estomac , organe éminemment sensible , lorsquWn la donne à des doses un peu élevées. J'ai vu des malades chez qui elle provoquait toujours le vomissement Bergius a noté les accidents qui résultent de l'action trop répétée de la noix de galle sur le tissu des viscères. On ne peut pas donner sans inconvénient un poids de cette production égal à celui que l'on fait tous les jours prendre d'une substance seulement amère, 4;omme le quassia» la gentiane» etc. C'est l'expérience qui a suggéré l'idée de mêler toujours une poudre amère à la poudre acerbe de la noix de galle , pour prévenir l'impression fâcheuse de celle-ci sur l'es-
4o4 mAdicawbiits
tomaCf sans noire k Texercice ultériettr de sa Yerta to« nique.
Les maladies dans lesquelles la noix de gatte a été salutaire prooTeraient seules que sa force active a un caractère tonique. C*est contre des affections entretesmes par le rdâchement des organes, par le ramollissement de leur tissu 9 par la faiblesse de leur vitalité « que son eflBicacité s'est signalée. Elle exaspàrerait les symptômes dos maladies par irritation ou par phlogose; elle faroriserait sourent dans tous les tissus organiques Thypertiophiey Feudurcissement , les dégénérescences» si ces lésions étaient en train de s'effectuer.
On s'est servi avec succès de cette production pour donner plus d'énergie à l'appareil digestif, pour combattre des accidents qui tiennent à l'abaisseméat de sa vitalité, à Toligotrophie, au ramollissement des tuniques de l'estomac et des intestins. Alors on ne veut susciter qu'une médication locale , et buit à dix grains de. la poudre de noix de galle suffisent. Un militaire testa quelque temps k l'Hôtel- Dieu d'Amiens pour un gonflement qu'il éprouvait dans la région épigastrique aussitôt qu'il prenait des aliments. D'abord il 7 ressentait de la douleur» de la pesanteur, puis il avait des nausée, et il finissait par rejeter une partie de sa nourriture. Ce qui parut le soulager le plus, ce fut h poudre de noix de galle , prise iaunédiatemeot avant de manger» à la dose de dix-huit grains. Alors tous fais accidents qui accompagnaient ses digestions étaientmoindres, le vomissement n'avait plus lieu. Mais quel espoir pouvait* on fonder sur ces améliorations passagères , si la maladie était entretenue par une lésion matérielle, grave, pro-
TONIQVBft. 4oâ
fende y un cancer d'estomac, par exemple? On conseille cette sobstance acerbe dans les diarrhées : on en fait prendre douce k dix4rait grains à la fois. La diarrhée n*est que le symptôme d*nne lésion intestinale , et c'est cette lésien qoi ikit la maladie : or il faudrait ayoir déterminé quelles sortes d'altérations la noix de galle peut com* bsttre. En attendant, le praticien se laissera conduire par les effets iju'il verra produire à cette substance. Si après son administration, les accidents se calment, si ks selles sont moins fréquentes , si elles s'épaississent , si les coliques perdent de leur violence et de leur fré- <pience, si la chaleur que le malade ressentait dans l'abdomen et.au fondement baisse, etc. , il devra insister sur remjdoi de ce remède. Si, au contraire, les évacuations deviennent plus fréquentes; si elles sont plus liquides, si ks tranchées sont plus vives, etc., après quelques prises de ce médicament styptique, il en discontinuera l'usage. J'ai vu cette substance arrêter, dès le premier jour, un dévoiement qui avait résisté à beaucoup d'autres moyens, qoi dorait depuis plusieurs mois, et qui avait succédé h une tnméfaction du ventre, 8urv«iue à la suite d'une fièvre contractée à la Martinique.
On vante la noix de gaUe dans la leucorrhée et à la fin des blennorrhagies. On conseille de donner à l'intérieur nn gros de sa poudre , chaque jour, en plusieurs prises , et de faire des injections dans l'intérieur du vagin ou du canal de l'urèthre, avec de l'eau chargée des principes actifs de cette production. L'impression qu'eUe porte sur les parties vivantes rend raison de son utilité dans ces maladies.
Cette mati^e médicinale a été aussi recoounandée dans
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le traitement des fièvres intermittents : des praticiens estimables lui accordent une vertu fébrifiige très-pro" noncée. Pour réussir contre les fièvres d'accès , il faut que l'on provoque» à l'aide de la propriété tonique de la noix de galle y tme médication générale : il faut que l'appaieii cérébro-spinal et tout le système animal entrent dans une condition nouvelle qui s'oppose à la naissance du finsson et du trouble fébrile ; il devient alors nécessaire d'administrer une dose de noix de galle telle que ses principes puissent être sentis par tous les organes. Comme cette substance tourmente l'estomac par son impressicm styptique » on la divise avec tme autre poudre amère» «pii protége la surface gastrique centre une action trop vive, et qui unit sa vertu fébrifuge à celle de la noix de galle. On en compose des injections , des cataplasmes» des épithèmes » propres h opérer un effet styptique.
On conseille la décoction de cette production en gargarisme» pour arrêter la salivation mercurielle» lorsque les symptômes qui accompagnent la fluxion des glande» salivaires sont à leur déclin » et que l'irritation est sensiblement diminuée (Lagneau» de ta Mal. vénér, )• La noix de galle entre pour une forte proportion dans la composition des pommades astringentes que l'on emploie contre les hernies des enfants » que l'on applique sur les parties du corps qui sont relâchées pour les resserrer» etc.
Famille des Urticées.
Houblon» Lupali csni, Humuli strobUi, fruits de rHv- MVLVs LTJPULus» L. Plante dioïque» qui vient spontanément
TONIQUEft. 407
aatour des haïes et dans les lieux incultes. Elle est remarquable par ses tiges grii&pantes, et par le grand nombre de fleurs qu'elle porte. Les femelles sont ramassées en chaton, à Textrémité des pédicelles; il leur succède des fruits qui forment des espèces de cônes écailleux. Ce sont ces productions que Ton connaît en pharmacie sous le nom de houblon. On sait que Ton s'en sert dans la fabrication de la bière : cette substance empêche la d^oction d'orge germée de passer à la fermentation acide. Elle remplit encore un autre objet; die masque le goût doucereux et fade que la bière aurait sans cette addition. Enfin elle assure la digestion de cette boisson quand elle est épaisse et nourrissante : la bière pèserait sur Festomac et occasionerait du trouble dans l'action naturelle du canal alimentaire» si l'impression tonique du houblon ne soutenait les organes digestifs, n'augmentait leur énergie vitale. Dans quelques pays, on se sert de laménianthe pour remplir le même objeti^ On cultive dans la Flandre , dans la Belgique ^ et dans plusieurs parties de la France , les pieds femelles du houblon. La récolte des fruits se fait à la fin de l'été : on les dessèche au four, et on les conserve dans des enveloppes de toile en les réduisant par la pression sous le plus petit volume possible. On mange , dans quelques provinces, les jeunes pousses de cette planto, que l'on fait cuire dans l'eau, et que l'on assaisonne comme les asperges.
Nous nous étonnions de ne point voir les chimistes s'occuper de l'analyse chimique des côn^ écailleux ou des fruits du houblon. U nous paraissait important de connaître la composition d'une production si utile à l'hoinme,
4o8 M&DIGAMBlfTS
d'une substance médicinale dont les effets soiit mal jugés ou sur lesquels on est peu d'accord. M. Planche, M. Yft», médecin à New-York, et MM. Payen et Cfaerallier, s'occupaient en même temps de ce travail intéressant. Ces savants ont reconnu qu'il existe à la base des écailles et autour des graines du houblon une multitude de petites glandes qui sécrètent une substance jaune, particulière « de nature résineuse. Cette substance est la partie active, la partie précieuse de cette production. On peut à l'aide d'un tamis la séparer des pédicelles , des feuillets membraneux et des semences : elle est sous forme de petits grains transparents. Il parait que la proportion de cette substance varie selon que la saison est sèche ou humide, selon la nature du terrain» la température, etc. M. le docteur Yves propose de la désigner sous le nom de l^iUin. Les écailles foliacées du houblon, les pédicelles des graines, ainsi que Taxe du fruit» ont très-peu de saveur. La qualité amère de cette production procède de la sécrétion particulière dont nous Venons de parler; c'est elle qui recèle la vertu médicinale du houblon ; c'est elle qui. donne à la bière la saveur qu'on lui connaît,
MM. Payen et Chevalli^ ont soàmis à mse analyse soignée du houblon qui provenait de la plaine de Grenelle, près Paris. Le résultat de leur travail prouve que le honblon se compose des principes suivants qu'ils ont isolés:
Une matière verte particulière.
Un principe amer.
Une huile essentielle très-fluide, fortement aromatique et très-âcre ,
Une résine ,
TdflQVBS. 409
Une-matière Manche Tégilale, «eluble dans Teaa bouillaoie f qui» précipilée par i«frei4Î8ienieiit,iie se redba^ut plus dans ce liquide.
Une matière grasse»
La gomme 9
L'albumioe »
La chlorephf]flIe ,
L'acide maliqne^
L'acide cfrbon^ue «
Le «oftioélale d'ammeniaqiie.
Le malate de cbanx »
L'aeétate de chaos et d'ammMiaque,
Le nitrate» Icmuriate et le fdfale de pétasse »
Le sous-carhenate de potasse »
Le carbonate et le phosphate de chaux »
Des traces de phosphate de< magnésie»
— ^ desoofire»
— d'oxyde de fer,
— de silice.
L'eau.
Les houUotts qui tiennent dTètre récoltés contiennent; tontes choses ^ales d'aillears > plus d'huile essentielle et moins de résine que les houblons anciennement recueillis, ce qui fait penser que cette huile est susceptible d*étre résioifiéepar le temps. Les- houblons de Belgique et d'Angleterre» soumis k des analyses cemparatires» ont fourni les mêmes principes» mais dans des prèportions différentes. On a reconnu que le hoûUon ftançais contenait plas d'huile essentielle qùé le houblon de Bdgique étmoins que celui d'An^eterre {Jowim. dePkarv, mai'et)nin iSaa) .
4 1 0 MilDIG AlIXffTS
Le boablon est d^nne amertume qui n'a rien de désagréabk : S réfiand une odeur remarquable. L'eau, le vin, ralcool , s'emparent de matériaux auxquels est attachée sa puissance médicinale. On administre cette aubstance en infusion 9 que Ton doit faire en versant dessus Tean bouillante ; on en met une pincée par livre d'eau ou d'un gros à deux gros pour deux livres de ce vtfncule-: on di^nne aussi le houblon en décoction. On en pr^ajre un extrait» qui est amer et aromatique , et que Ton fait prendre à la dose de deux à six grains h la fois» La teinture alcoolique de houblon est souvent employée parles médecins anglais: on la compose en mettant deux onces de cônes de houblon bien concassés digérer pendant huit Jours dans une livre d'alcoolà 29degrés; la dose estdeso à loo gouttes. On fait encore un extrait alcoolique de houblon que Ton administre à la dose de deux à six grains èla fob.
Les médicaments que fournit le houblon «oereent snr les tissus vivants une impression qui les rend plus forts : sous leur influence , les oi^anes acquièrent plus de fermeté et plus d'énergie. Ce produit est bien marqué sur le système digestif : tous les jours .nous voyons l'infusion de houblon exciter l'appétit, favoriser les djgestions. C'est le premier effet que l'on observe sur les enfiunts auxquels on conseille une infusion de cette production médicinale. Lorsque l'on prend une forte dose de houblon , ou bien lorsque les organes digestif» écbau£Bés» irrités, sont plus sensibles à l'action des principes de cette substance , son usage suscite d'abord delà chaleur dans la gorge et dans la région de l'épigastre» de la cardialgie, puis du trouble dans le bas-ventre ; il provoque rarement des déjections alviaes.
Tous ks appareils organiques éprouvent nn dévdoppemeiit notable de Tigneur^'lorsque les principes actifs du honblon ont pénétré dans la masse sanguine et sont répandus dans tous les tissus lÎTants. Si des personnes affaiblies» dont la comi^exion est détériorée, ont prolongé pendant quelques semaines Fusage de Tinfiision de honblon » on trouve leur figure plus colorée , leur corps offire des signes évidents d'une force qui n'existait pas» d'une res«tauration dont l'action tonique de ce médicament a manifestement été la cause. Pour concevoir dans ce cas toute l'étendue de la puissance médicinale du houblon » il faudrait additionnerles prises journalières de cette substance» et voir la somme totale des principes toniques que l'on a portés dans le corps malade après un traitement prolongé un mou et même plus.
On a attribué au houblon une vertu diurétique : un écoulement pins abondant d'urine est un produit insidieux qui dépend souvent de circonstances étrangères au médi* cament que l'on a employé ; le houblon ne deviendrait diurétique que s'il existait actuellement un état d'inertie des reins. La propriété sudorifique que quelques auteurs concèdent à cette plante demande de même une explication. Tous les moyens qui développent les forces vitales de la peau augmentent la quantité de l'humeur perspiratoire que le corps fournit dans un temps donné : le houblon peut produire cet effet Si en le donne en infusion dans l'eau» cette boisson fournira la matière de l'exhalation perspiratoire » coitime eOe fournit celle des urines» cpand on obtient un effet diurétique.
Nous avons parlé de l'odeur forte qu'exhale le houblon.
4» 9 MtolCAMglITft
L'emeinr ation a démontréquacMleodeur i loeerreau; lea principes odomto dahoaUon» loreqa'ilssont concentrés dans l'air almotphériqœ» trooblant , aospendsiit même les fonctions de cet important viscère. Des individus Mit été atteints d'engourdissement» et sont tombés dans on sommeil mortel» parce qu'ik étaient restéslong^empsdani on magasin rempli de cette production. Pour combattre une inscnnnie fiitigante» les médecins anglais mettmitBoiu la tête du malade un coussin rempli de houblon. Le docteur Thomas» de Salisbury» dit que l'ei^rience a constaté Tefficadté de ce moyen [Mid. prai., tom. i» pag. 66» et tom. II, pag. i83). Mais combien n'est-il pas &cile de se laisser tromper , quand on ne s'occupe que de constater quelquesheures de sommeil après une insomnie, da calme après une agitation, etc. I Au reste» les principes volatils du houblon agissent alors disséminés dans Tair que respire le malade; ils attaquent les ner& de la surface olfactive « ils agissent sur ceux des cellules bronchiques. Ces principes opèrent -ils encore le même effet lorsqu'ils sont portés dans les voies digestives » lorsqu'ils traversent l'estomac et les intestins?
L'existence dans le houblon d'un principe qui agirait sur l'encéphale, qui calmerait sa trop grande activité, qui provoquerait du sommeil » présente un fait qu'il est important de constater dans l'étude des propriétés de Cette production. Nous, avons voulu éclairer ce sujet par des expériences, et nous. avons choisi pour les faire, des personnes atteintes de fièvres intermittentes : en administrant le houblon dans l'intervalle des accès» nous trouvions des circonstances'faveirables pour bien voir toute sa
Teiio , poor uiêit surtout Taotion du- principe narcotique dont ou le suppose d^poaitaire^ puisque ^onnaiil le hou^ Mon à liaates dosés» et è des personnes dont toutes les fonctions suivaient encore Tordre normal, nous devions voir les effets de ce principe grandis , exagérés; nous devions obtenir un assoilpissement pnrfbnd ^ produire une modfficafion notable de l'encéphale et susciter des pbé» QOOftèiies qui ea seraiOpt Texpression.
Nous avons d*abord doimé Text^ ait de cette sebstanee à la dose d'un gros , mis en six pilules.avec de la poudre de réglisse, k un homme atteint d'une fièvre quotidienne ; le malade en pr^iail une d'heure en heure. Il eut des coliques assez fortes, deux déjections alvines, mais il n'a éprouvé ni étourdissement ni somnolence ; il ne nissentit absolument rien du côté de la tête. L'action du houblon troubla seulement les oi^anes d%<»sti& , elle suscita une cfMnmoiion intestinale et des évacuations psar le bas. Lé lend^nain le mémo remède produisit des coliques , mais moins vives» et trois selles; l'aj^areii cérébral ne parut rien ressentir. Il a pris le jour suivant un gros de la pou* dre au lieu d'extrait : les eibts sur les yoies alimentaires ont été les mêmes; aucun trouble dans les fonctions cerébrale& Le quatrième jour , même remède ,. même résultat : la fièvre diminue de finrceet l'aecès est moins long. Le cmquième jour il prend un gros et demi de pondre de houblon , sans qu'on pût apercevoir aucun jdiénomène nerveux. Le fièvre cesse.
Un jeune homme de vingt* quatre ans prend deux gros de poudre de houblon en trois doses dans la journée. Il ne ressent rien dans l'abdomen; ses selles restent naturelles;
4l4 IIÈDICAIIEKT8
il n'épronve ni pesftntenr de tête» ni envies de dormir, ni étonrdissements. Les effets physiologiqoes du houblon sont restreints aux effets toniques, qui, se passant dans la profondeur de nos parties» restent toujours difficile à démontrer.
Un marin prit pendant quatre jours, contre les accès d*une fièvre quotidienne, tantôt deux gros de poudre de houblon , tantôt deux gros d'extrait de cette même substance. Le malade avalait ces doses en dix ou douze heures de temps ; il ne ressentit accnn phénomène qui pût déceler une action du remède sur Torgane encéphalique. La vertn narcotique, enivrante du houblon ne se manifesta point, rien ne vint prouver son existence.
Un homme de quarante ans , k qui j'avais conseillé de prendre le matin, 2i jeun, une tasse d'infusion de houblon, en mit une demi-poignée infuser dans un verre d'eau bouillante. Il avala cette liqueur qui était très-chargée des principes du houblon ; il éprouva aussitôt après une grande chaleur, dans la gorge et dans l'estomac; cette chakor sembla même pénétrer dans la poitrine ; il n'alla point à h seHe : il ne ressentit aucun phénomène nerveux; rien ne décela une imprestton perçue par l'appareil cérébral.
J'ai, pendantl'année iSso, ttnployé firéquemment l'extrait et la poudre de houblon comme fébrifuge; j'en donnais de hautes doses ; je n'ai pu découvrir dans 'Cette substance la vertu dont parlent les auteurs. Jamais les malades n'ont été assoupis, jamais ils n'ont offert des effets nerveux qni nous auraient révélétine impression portée sur l'encéphale, une agression éprouvée par l'appareil afai préside aux sen* satidns, suxpercepti^ïis, anxmouvementsmusculaires,etc.
TOMIQUBft. 4 1 &
Ce reiiiède»<qnoifae donné à des doses si élevées , offense peu les organes digesti£i : rarement il trouble leurs fonctioQs» rarement il cause des éyacuations alrines, lorsque Tappareil qui préside à la digestion est sain : jamais dans ce cas son usage n'est suivi de nausées ni de vomissements ; les malades prennent même ce remède sans répugnance. Mais les effets sont plus prononcés» il apparaît de nouveaux phénomènes» quand le houblon agit sur un estomac, sur des intestins qui sont dans un état d'irritation ou de phlo* gose; ou quand les plexus nerveux du grand sympathique sont dans une condition morbide , ce qui arrive souvent et ce que Ton confond avec des affections de Torgane épigastrique. On conseille à un militaire qui se plaint de douleurs d'estomac un scrupule d'extrait de houblon en deux doses : il éprouve, après chaque prise» de la chaleur à l'^igastre ; point d'autres effets marqués. Le lendemain il prend trente grains de cet extrait : la chaleur qu'il éprouve dans la région ^igastriqueest plus forte» avec une douleur qui s'étend dans le cdté; le soir il eut un peu de somnolence et de pesanteur de tète» mais ces phénomènes durèrent peu. Le surlendemain il change de préparation de houblon» il se sert de la poudre au lien d'extrait ; il en prend trente grains. L'impression de cette substance sur la surface gastrique cause une chaleur pénible qui occupe l'épigastre» et même s'étend aux côtés du ventre. 11 assure qu'il se sent plus lourd» qu'il a de l'accablement» des éblouissements. Le quatrième Jour il cesse l'emploi du houblon » il ne ressent plus rien dani l'estomac ni àlatéte* Un makdeqai éprouvait aussi» après avoir pris trois gros de houblon en poudre» de la chaleur à l'estomac et du trouble dans le von Ire » disait ressentir
4l6 viBICAIflIfTft
àm pic«t6iiiento*légers dans 1m yeax^ nn pea de doa* lear dans la lAte*
Qw ïùù ait prétendo que Textraii de lioiibloo proTOqeait le aeouDeil comme Topinm» qu'A posaédait tme propriété sédaiite oa calmante , c'eit ee que noiw ne concevons pas. Iln'yaaocnne analogie de composition cUmique entre ces deox substances; il n'y en a pas davantage entre la natnre de l'impression qu'elles font sur nos or^ ganes , le houblon n'agit pas d'une manière appréciaUs sur l'encéphale , même à hautes deses : il ne pourra donc jamais remplacer le suc du pavot. Si, après l'administration du houblon, des praticiens ont observé du calme, si des malades ont dprmi, si leur agitation, si leurs douleurs, leur malaise ont cessé, c'est que ces accidents d^>eiidaient d'une cause organique que la vertu tonique du houblon pouvait dissiper, ou, ce qui était plus ordinaire, c'est que d'autres causes inaperçues, d'autres circonstances dont on ne tint pas compte, ont agi sur ces malades, ont opéré ces bons eflEets, que mal à propos L'on a rapportés à l'ac* tion du houblon. '
Le houblon fournit des agents tonique^ auxquek on peut recourir avec confiance toutes les ùâb que l'on vent fortifier le matériel, ou animer la vitalité d'un organe, d'uo appareil organique ou même dp tout le système animal On emploiera avec avantage l'infusion de cette substance, prise au moment des repas , pour remédier aux vices de la digestion , qm dépendront d'un état d'inertie ou de faiblesse des organes qui exécutent cette fonction, d'une oligotrophie , d'un ramollissement des tuniques de l'estomac et des intestins.
TOlf IQUKS. 4 1 7
On trouve souvent finfusion du houblon au nombre des moyens cpie Ton dirige contre les affections scrofuleuses , contre lé rachitisme , ou contre une disposition éloignée ou prochaine à ces maladies. Ce tonique produit un bien manifeste , lorsqu'on le fait prendre aux enfants qui sont pâles , bouffis , dont le tissu cellulaire paraît trop développé , qui ont peu d'appétit , chez qui l'assimilation est viciée, et dont toutefois les organes digestifs ne sont pas irrités ou phlogosés. On mêle alors cette infusion avec un sixième environ devin» et on fait prend)^ cette boisson aux malades, en mangeant. L'influence qu'elle exerce sur le système lymphatique et glandulaire concourt sans doute très-efficacement au± améliorations qui suivent son emploi; mais nous devons aussi noter les changements qui s'o{)ërent dans* les fluides et dans tous les tissus , par suite du rétablissement de la digestion et de la nutrition. L'expérience confirme tous les jours les éloges que des praticiens recommandables ont donnés à cette substance médicinale*
C'est des mêmes causes que procèdent les avantages que l'on a retirés du houblon dans le traitement des daf*^ très et des gales invétérées. Son action sur la surface cutanée où la midadie a son siège, son influence stir lés fonctions assimilatrices , qui, prenant un mode d'exercice plus régulier, changent peu h peu l'état intime des hu-
meurs et de tout le corps ; voilà la source des succès que procure alors le houblon.
Oà donne cette substance dans les affections vénériennes. E!Ue ne peut ri<en contre le principe de la maladie ; mais elle tiendra sa place parmi les moyens que l'on mettra en usage lorsque la constitution du malade sera détériorée T. I. 27
4i8 MÈPICAIUBHTS
et que l'oa voadra rétablir se» forces ça augmeotaot Tactioii natritive «ur tous les points du corps» Enfin des autenn ont expérimenté que le houblon pouvait servir pour détruire les vers intestinaux.
LvpvuN. Matière jaune du houblon. Petits corps d'un jaunq doré , que Ton trouve sous la fiNnne de glandes végétales sur la base des écailles foliacées qui constituent les fruits du houblon p et sur les graines que ces écailles cdvéloppent par leur base. On l'obtient iacilemeiiten agitant ces fruits sur un tamis : le mouvement» le frottement détachent les grains dont nous voul<ms parler : ils passent à travers le sas; on les reçoit sur un papier ou sur un drap. Les cônes ou fruits de houblon fournissent 0,1 3 de cette motière.
Ces petits grains 9 eitaminés à une grande lumière» paraissent contenir une sécrétion particulière : celle-ci est sous la forme d*une poudre impalpable et sans consistance» quis'aitacbe aux doigts et rendlapeaupliurude» M« Planche propose de purifier le lupulin et de le séparer du sable qui s'y trouve ordinairement mêlé» en le délayant dans l'eau iroide : le sable se dépose au ibnd. de la liqueur; on en tire la matière jaune» et on la &it aécher.
Deux cents grammes de lupulin » mis djans une comne avec cinq cents grammes d'eau distillée, ont fourni, à l'aide d'un apparefl condemateur ordjuaire^ de l'eau» et une huile d'une odeur toute semblable à c^e du hooblon» mais l>eaucoup pk» pénétrante» très-«6cre à la gorge : cette huile paratt être dans la compositioi\ de la matière jaune pour p^oa. L eau distillée avait la même odeur : son âcreté disparaissait en partie an bout de quel-
TOHIQUfiS. 4ig
qoes jmirs; elle était alcaline. MM. Payen et GheyalUer ont cibteDU par l'analyse chimique de deux cents grammes de celle substance granulée les principes suÎTants :
Une résine bien oaractérîsée« io5
Une matière amère. C'est cette substance \ qne quelques auteurs nomment btputite \ 3 5 ou Upuiine^ )
De l'huile essentielle. 4
Des traces d'osmazome »
Des traces de matière grasse ,
De la gomme ,
De l'acide carbonique ,
Du soua-acétate d'ammoniaque.
De l'acide malique »
Du malate de chaux ,
De la silice. 8
Des toaces de carbonate , d'bydrocblorate » de sulfate de potasse» de carbonate, de phosphate de chaux, d'oxyde de fer et de soufre.
C'est dans cette sécrétion jaune que paratt résidfMr la vertu du houblon- Il était convenable de lui donner un noua particulier, M« le docteur Yres l'a désignée par celui de lupulÎD { M. Planche reut que cette dénomination ait une terminaison féminine» et se sert du mot lupuline : nous ne crpyofis pas ce changement heureux. La matière jaune do houblon est un produit ccHoaplexe de la végétation » un composé de plusieurs matériaux chimiques bien distincts ; elle n'a peint une nature alcaline ; il ne, con-
4aO MÉDICAUEKTS
vient pas plus de faire accorder son nom avec celui de quinine, de strychnine» etc.» que d'assujettir à la même règle les mots assa fœtida» ammoniaque» scammonée, benjoin » etc. , qui ne représentent pas des produits oi^aniques simples» des matériaux élémentaires.
Le lupulin communique ses principes et ses qualités à Teau» à l'alcool» à l'éther; il a une odeur particulière, ibrte» pénétrante» une saveur très- amère» aromatique, un peu acre. Le lupulin possède une vertu tonique d'une grande étendue» qui se manifeste par des effets bien ma^ qués. Lorsqu'on le donne à la dose de douze à vingt-quatre grains» il attaque fortement l'appareil digestif; il produit une chaleur vive qui occupe d'abord la région épigastrique » et qui se propage ensuite à tout le ventre. Il donne lieu à des douleurs abdominales avec constipation » ou s'il fait rendre des matières fécales» elles sont solides : toutefois » les fonctions digestives ne sont point dérangées ; l'appétit se conserve » le plus souvent même il augmente. Les effets de l'agression du lupulin sur les voies alimentaires ne sont pas toujours également prononcés. Ils sont peu sensibles » peu apparents sur les individus dont les organes diger^ifs ont peu de sensibilité» et dont les plexua nerreoi du grand sympathique sont dans l'état normal; ils ont au contraire une intensité remarquable quand ces oi^anesoa ces plexus sont actuellement irrités. Dans ce dernier cas, le lupulin fait naître une grande ardeur» un feu dans l'estomac et dans le ventre» qui bientôt semble s'étendre à tout le corps; il y a des nausées» même des vomissements; la gorge est échauffée » la soif extrême.
Le lupulin n'attaque pas l'appareil cérébro-spinal quand
TONlQU£S. 4^ l
4>n le donne à petites doses; mais quand on en fait prendre à la fois une quantité élevée, comme vingt-quatre grains, par exemple, il parait agir assez fortement sur le cerveau, sur la mœUe épinière et sur les plexus nerveux; il provoque des phénomènes remarquables , comme des engourdissements pénibles dans les membres , de la pesanteur de tête, de Taccablement , etc. 11 est remarquable que cette substance ne produise pas de céphalalgie, d'éblouissement, d*étourdisseiftent; ce n*est point une irritation qu elle fait naître dans les hémisphères cérébraux ; elle ne cause pas non plus un effet sédatif, hypnotique ; son administration n*est jamais suivie d'un état de somnolence.
Les autees appareils organiques n'éprouvent pas de variations sensibles dans leurs mouveipents, de modifications apparentes dans leur action , quand le corps est sous l'influence du lupulin. Mais , comme tous les médicaments toniques , cette matière médicinale détermine , quand ses molécules sont absorbées et qu'elles se répandent avec lo sang, dans tout le système animal, un resserrement fibrillaire de tous les tissus; ce changement inaperçu accroît l'éner^e des oi^anes , donne plus de force à leurs mouvements, cause en un mot une corroboration instantanée.
J'ai employé un grand nombre de fois le lupulin contre des fièvres d'accès. Il m'a paru dans quelques cas un fébrifuge plein d'efficacité ; d'autres fois sa vertu est restée incertaine. Dans ces tentatives, j'ai trouvé l'occasion d'étudier les effets physiologiques de cette substance. Je citerai ici deux faits.
Une fiUe de vingt-deux ans , attaquée de fièvre quotidienne, prit, le 4 *oût 1822, un scrupule de lupulin.
4S9 MtolCAMENTS
mU en trois pilules arec du miel ; elle en avâh une le matin , mie à midi et Tantre le soir. Après Tiogestion de chaque pilule » elle éproore une grande chalem* à Testo^ mac; cette chaleur descend jusqu'aux pieds, et remoirte à la tête. La malade a des tranchées, des tiraillemeotB dans le rentre; elle ne ressent ni céphalalgie ni éblooûsements : elle se troure plus lourde > un peu accablée; Taccès de fièvre n'a pas lien..
Le 5 août, elle reprend la même dose de hipulin,^de la même manière ; elle éprouve la m^ne chaleur , des coliques sans déjections : la chaleur a été générale ; efle a eu de la suem* à la léte seulement. Ces. efibts avaient lien une demi-4ieure onviron après avoir pris la pilule ; poiot de sommdence, mais un peu d'accablement La fièvre fie vient pas ; la makde demande è manger , die est ic«^ montée par son appélit.
Le 6 et le 7, elle a encore pris ses trois pilules t elhi opèrent les mêmes effbts physiologii^ies» la fièvre û6 fient plus.
iJn homme âgé de quarante ans, atteint de fièmetierci» prend ma scnq>ide de krpnlin , mis en trois hols avec in miel, daus les six heures qui p^écèdMt le moment où il attend rac^cès. Il fussent de foites coliques, va dent fais du bas; ii sent un peu d'accabtement II dit n'avoir péltitr^ marqué de chaleur intérieure , il ne s^occupe que étiè t»liqnes violentes qu'il a eues. Ses accès de fièvre dttment dottse heures ; cebu^i Ait très4Sftflble; au bout d'mie heure il avait cessé.
Le surlendemain fe malade avale de nouveffu lea trois pBuks de liqiulin. Ses coUques ont été moins fort»; ii
a en denx sollei»; il ue rossent ni pesaniear de tête, ni somnolence, ni accablement musculaire, ni chaleur plus forle du corps.
Le cinquième jour ce malade reprend encore ses pi^ iules : elles font moins d'impression sur les organes diges«tib, elles ne causent aucun trouble dans les autres appareils organi<{ues. Le malade a un très-grand appétit. La flètye ne parait plus.
On voit ici le lupulin arrêter le cours de la fièrre , sans avoir déterminé d'autre effet sensible que les coliques. Mais il ne faut pas perdre de toc que l'opération médicinale des toniques est une opération occidte. Leurs molecules décident un resserrement .fibrillaire des tissus organiques qui accroît d'une manière instantanée l'énergie de tout le système^ qui cause une corroboration intérieure que rien ne décèle au-dehors» mais dont les fiialades ont quelquefois la conscience intimew C'est de cette corrobo* ration, qui reste secrète , çie sortent les avantages prm^ cipaux que procarent les tonique^
J^ajoute ordinairement le lupulin aux composés alcooliques dont je me sers pour faire des frictions stimulantes « fortifiantes, le kuDg de l'épine du dos« sur l'épigastre, sur d'autres parties, du corps. Je mets deux gros de li^uJiu pouf cmq once^ de véhicule. Le lupulin porte dans ces composés sa vertu tonique.
Càrhabuiis. Datisc4 ganmabima^ L. N^os indiquons ici cette plante , de la même famille que la précédante, parce qu'eUe.contient une grande abondanûe de principes amers> et qu'elle possède une propriété tonique très-développée ^ dont la thérapeutique peut se servir avec confiance. JM. Brae
4s4 MEDICAMENTS
connot a trouvé dans cette plante un principe immé^at qui se rapproche de l'inuline , et qui se présente sous la forme de grains cristalloïdes , insolubles dans Teau et dans l'alcool, sohiblesdans Talcool bouillant. M. Bracomiot lui donne le nom de datiscine. Dans Tile de Crète» où la cannabine croît spontanément , on la subtitue au quinquina : des médecins anglais ont avancé qu'elle égalait Técorce péruvienne par l'énergie , par l'eiBcacité de sa vertu fébrifuge. Les qualités sensibles de cette plante sont, en matière médicale « des titres imposants : elles lui assurent le droit de figurer sur la liste des productions qui possèdent la vertu tonique.
Famille des Rosacées,
Cette famille naturelle donne, dans tous les pays, no grand nombre de sujets à la matière médicale. 'La plupart des plantes qu'eUe contient recèlent les principes chimiques qui exercent sur les tissus vivants une impression st;^tique9 qui déterminent lés effets médicinaux toniques.
Benoîte , Caryophyllatcè radix, Gei radix ; racine do Geumubbanum, L. Plante vivace, commune autour des haies , des bois et dans les lieux couverts. Sa racine se compose ^'un tronc de la grosseur du doigt; long de deux pouces environ» et garni de fibres. Ce tronc est brun au dehors et d'un rouge pâle en dedans; c'est cette partie que l'on emploie en médecine. On reconùnande de la recueillir au printemps , et de préférer celle qui prorient d'un sol sec et pierreux. La racine de benoite exhale, quand elle est fraîche, une odeur de gérofle ; cette odeur se perd par la dessiccation,
TOIflQUBS. SsS
On a cberché à connaître la composition chimique de cette matière médicinale. MM. Mélandri et Moretti ont obtenu de deux onces de racine de benoite, les principes suiTants, et dans des proportions quMl est important de remarquer. BulL de Phar», t. ii, p. 558.
Résine «3 grains.
Tannin iiS
Extractif oxygénable 181 v
Extr actif savonneux \
Acide gallique
Muriate de potasse.
— de magnésie . • • . . ^ "
Nitrate de potasse
Malate acidulé de chaux . . . • ^
Extractif muqneux g s
Tissu ligneux 1 once 167
Huile volatile, eau et perte ... 76 ^
M. Tronunsdorff {Jour, de Pharm», tom. v» p. 3 10) a aussi examiné la composition chimique de la benoîte. Deux livres de cette racine séchée et pulvérisée , soumises à la distillation avec de l'eau , ne fournirent que six grains d'une huile volatile, qui était d'une consistance épaisse, butireuse à la température de i5 degrés (R.), d'une odeur particulière tirant sur le moisi, ne ressemblant nullement à celle du gérofle , tandis que la substance restée dans Falambic exhalait encore cette odeur, ce qui prouve que celle-ci né tient pas à l'huile volatile dans la benoite. Cette buile est d'une couleur jaune verdâtre , soluble dans Tal-
4si6 M^mCAMENTS
cool et dans Téther. M. Trommsdorff donne pour résultat^ de Tanalyse de mille parties de la racine de bjonoite les matériaux suivants :
Tannin. * . . 4^0 oo
Résine 4o oo
Huile volatile . • • o ^9
Âdragantine 99
Matière gommeuse i58
Ligneux avec une trace de soufre. . 5oo
Cette analyse , en démontrant presque 55 p. 1 00 de matière ligneuse, indique assez que Ton ne doit point administrer la benoite en poudre. Mais l'eau froide, Teau bouillante, le yin et Talcool s'emparent des principes actifs de cette racine et peuvent servir à former des composés pharmaceutiques variés. On mettra une demi-once à une once de cette racine pour deux livres d*eau. La teinture alcoolique se prépare avec de l'alcool à 22 degrés : la dose de benoite doit être de deux onces pour une livre de ce véhicule. L'extrait aqueux contient les parties lès plus efficaces de cette racine; on le donne h la dose de deux h six grains à la fois. Versé sur elle quand elle est encore dans un état de fraîcheur et aromatique , l'alcool conserve l'odeur qui est propre à cette production végétale.
La racine de benoite a une saveur amère et ausière. Elle exerce sur les organes une impression qui affermit et fortifie leur tissu. Buchhave, médecin de Copenhague, qui a mis cette plante en r^utation dans son pays, et qui a souvent eu l'occasion d'en observer les effets {Acta regitB
Soc. medic. Haaniensis, t. 1), annonce qu'elle fortifie Tappareil digestif , qu'elle ouvre l'appétit » qu'elle rend les digestions plus régulières et chasse les flatuosités que rinertie des intestins laisse séjourner dans leur cavité. Bachhave a égalisent remarqué que l'action delà benoîte faisait naître le sentiment intérieur d'un grand fond de vigueor organique ; qu'après son emploi on se ti'ouvait plus fort, plus agile, sans cependant que la température du corps s'élevât, ni que la vitesse du sang augmentât dans les canaux artérieb. Peut-on méconnaître à ces traits une médication tonique ?
Cet observateur a vu la benoîte resserrer le ventre ([uand il était trop lâche, ou exciter des évacuations al* vines quand il y avait constipation. Ce double effet, absohoDent opposé , procède cependant d'une même cause , de Fimpression de cette substance sur le canal intestinaL Elle arrête des évacuations qui tiennent à des digestions imparfaites, qui ont pour cause la faiblesse vitale on matérielle de l'appareil digestif : elle fera cesser une consti* pation qn'ocoasione l'inertie des gros intestins. Croirait-on que ce dernier produit a suffi à des auteurs de matière médicale pour décider que la benoîte avait une propriété pot^alive, 00 au meins eccoprotique? On dit aussi que cette plante est sudorifique : son influence tonique , en se portant sur le système cutané, doit toujours augmenter sa fonction exhalante; elle peut, dans certains cas> contribuer à faire couler la ssemu Ce phénomène ne suppose pas une vertu poiiiculière dans la benoîte, puisqu'il faut qa'unechrieur «xMrieure ou quelque autre cause concoure à le déterminer, et que l'action seule de cette substance
4^8 llÊOlCiliBiSlfTS
ne 8u£Bt pas pour cela. Il en sera de même de la vertu emménagogoe que l'on attribue à cette racine. La nature de sa propriété autorise bien à penser qu elle a pu favoriser une congestion menstruelle qui s'établissait , et décider Téruption des règles* Mais ce mouvement n'est pas une suite nécessaire de l'opération de cette plante; on ne peut lui accorder une propriété spéciale pour susciter un phénomène qui n'est que conditionndi.
Dans l'étude des effets immédiats qui suivent l'emploi de la benoîte, devons-nous chercher à signaler l'influence du principe aromatique qu'elle contient? Nous remarquerons d'abord que l'odeur d'une production végétale ou animale dépend souvent d'une cause matérielle bien légère; il faut très-peu de chose pour communiquer à une substance naturelle une qualité odoriférante. Mais les principes qui suffisent pour causer une sensation sur ^o^ gane si éminemment sensible de l'odorat , peuvent être inhabiles pour susciter des effets médicinaux : on n'aperçoit plus la puissance de ces principes , quand on scrute l'action des corps qui les recèlent sur les tissus organiques; on reconnaît leur insu£Qsance , quand on veut les faire servir à remplir des indications thérapeutiques. Revenons à la benoîte, et avouons que c'est de la matière tannante que dérive surtout sa force active , et que sa partie aromatique ne concourt pas aux effets qu'elle produit, ni -aux avantages curatifs qu'elle procure»
Les préparations pharmaceutiques que l'on compose avec cette substance combattront avec succès l'inertie des organes, l'oligotrophie ou le ramollissement de leurs tissus. Jls conviennent dansles faiblesses d'estomac, pour ren*
T0MIQUB8. 4^9
dre les digestions plus faciles et plus parfaites. On les conseille aux convalescents à la suite des longues maladies, pour animer les forces gastriques. Gomme on ne veut provoquer alors qu'mie médication locale , on donne ces agents à petites doses, comme une ou deux cuillerées d'infusion ou de vin composé avec la racine de benoite , une coillerée à café de sa teinture» ou deux h quatre grains de son extrait.
On recommande la benoite contre les diarrhées. On cite des succès qu'elle a obtenus dans la dyssenterie; mais on prévient que l'on ne doit s'en servir qu'à la fin de la maladie. C'est rimpression que la benoite exerce sur les voies digestives qui la rend utile dans ces affections : or il faut, avant de l'administrer, se représenter l'état pathologique de la surface intestinale , décider quelles sortes de lésions y existent, pour juger si l'effet physiologique que suscitera cette plante peut devenir favorable.
Le conseil que donnent les auteurs de recourir à la l)enoite dans les hémorrhagies par l'utérus , et dans celles qui ont lieu par les voies urinaires , même dans le vomissement de sang , demande bien des restrictions : il serait souvent dangereux de le suivre. La benoite convient dans les hémorrhagies qui dépendent d'une simple congestion, sanguine ou d'un ramollissement des tissus qui fournissent du sang. Cette plante ne peut plus être employée quand Ihémorrhagie tient aune irritation ou àunephlogose. Son succès sera douteux quand l'écoulement du sang aura pour cause une cacomorphie ou une déformation du cœur, un trouble dans la circulation artérielle ou veineuse. On conçoit assez facilement son utilité dans les toux humides ,
43o MÈDICAlIBlfTS
dans les ribumes «ncieiu , lorsqu'il n'y a point de dans le tissM pulmonaire» lorsque la membrane mufaease bronchique tuméfiée, gonflée, fournit une sécrétiim sonb<mdante de mucosités.
On a préconisé l'utilité de cette plante dans les fièvre» intermittentes» Cea succès pouvaient être prévus ; ils sont c<»iformes à la doctrine pbarmacologique» C'est de lam^ nière dont on administre les agents toniques que procède leur vertu fébrifuge. Donnes un ou deux gros d'extrait de benoite » environ six heures avant le moment de l'accès, vous monterez les forces du système animal à im baut degré de développement» et le plus souvent la fièvre n'aora pas lieu. Le vin ou la teîntnre alcoolique de benoite pourrait provoquer le même mouvement organique, et, par suite, opérer les mêmes guérisons. Tous les amers toniques obtiennent des succès dans les fièvres intermittentes, quand on les fait prendre en temps convenable, et è une dose assez élevée pour déterminer l'efiet immédiat que nous venons d'indiquer. Aussi la liste des substances fébrifoges est-«lle très-étendue dans les ouvrageade matière médicale.
Quand on ne cherche pas k suspendre bruaquement ^^ coura de la fièvre avec la benoite, et que l'on en cootiDoe l'usage long-temps» cette substance porte sa puissance particulière dans la ccmibinaison des moyens médicinaux que l'on fait agir contre la maladie, et elle n'a plus qnesa part dans les résultats curattfs. que l'on retire du traitement. Ainsi un homme a une fièvre intermittente rebelle qui a amené une diathèse cachectique; il y a bouffissure générale , teinte jaunâtre de la peau , tuméfaction de h rate, anorexie complète, borborygme» fatigants, êomtnél
TOHIQDBê. 43 1
ioqniet et troublé» etc. On administre une infusion faîte af ec noe cmce de racine de benoite ponr une litre d'ean ; on donne le sac des feoiUes de la même plante. Mais on fait des frictions sur l'abdomen avec l'alcool; la saison est propice , on soit on rég;ime conirenable , on se livre tons les joars à an exercice proportionné aux forces dn corps, etc. Au bout d'un mois le Tolnme de la rate diminue , la fièyre cesse, la santé se rétablit. Doit -ou rapporter ce succès uniquement à l'usage de la benoite? N'est-il pas évident que cette plante a seulement coopéré avec les autres secours hygiéniques et pbarmacologiques à le procurer ?
On conseille d'unir la benoite aux antiscorbutiques. Sa force corroborante peut s'opposer aux progrès du scorbut, en ranimant la tonicité sur tous les points du corps; son influence sur les fonctions nutritives deviendra la source d'un autre avantage, celui de réparer la détérioration que la maladie a introduite dans la constatation intime des humeurs et des organes. La poudre de benoite , appliquée sur les gencives , corrige leur relâchement , rend à leur tissu la fermeté qui lui est naturelle.
ToBMjRiTiUJs , TormmtUlœ radix; racine de Tobmbn- Tiui BRBCTÀ» L. Plante vivace, commune dans les prairies sèches. Cette racine est épaisse , oblongue, tuberculée, brune au-dehors , ronge à l'intérieur. Elle contient une grande proportion de tannin , insoluble dans l'eau froide : on s'en sert dans plusieurs pays pour tanner les cuirs. On donne cette racine en poudre, à la dose de douze à quinze grains, pris le matin et le soir. On.en fait aussi des dé« cocii(»is dont on donne un demi-verre à la fois ; on rapproche les jH*!^ ou on les éloigne , selon refTet que l'on
432 IIÊDICAHBNTS
Teut produire. On met de deux à quatre gros de racine de tormentille par livre d'eau. On prépare avec cette racine un exti*ait qui a beaucoup d'analogie arec la gomme-kino et avec le cachou.
Analysée par Meissner» la racine de tonnentîUe à fourni pour 1000 parties 9
Tannin 174
Rouge de iormentille 180 -^
Rouge modifié s5 ^
Extractif 77
Résine 4-1
Extrait gommeux 4^ i
Gomme aSt
Cerine S \
Myricine 2
Huile volatile des traces.
Fibre ligneuse. ....... i43
Eau. «... 64
La racine de tormentille est inodore » mais elle a une saveur très -styp tique et amère. Son impression sur un tissu vivant détermine le rapprochement des fibres qui le composent, et développe par là sa force matérielle.
Les médecins des derniers siècles employaient fréquemment la racine de tormentille dans la diarrhée, dans la dyssenterie, dans rbématurieet dans les autres hémorrhagies. L'action première de cette substance est ce qui la recommande en thérapeutique ; elle doit échouer toutes les fois que les lésions qui entretiennent des écoulements
TONIQUBS. '433
sangnins ou kmnoraiix ne sont pas de nature k céder à une impression stypdque. Combien de flox moqueux, séreux, sanguinolents, procèdent d'une phlogose chronique» d'ulcérations, de dégénérescences diverses des surfaces d'où découlent les humeurs qui sortent alors du corps I Combien d'hémorrhagies dépendent d'une hypertrophie des ventricules du cœur, d'une dilatation des cavités et des ouvertures de ce viscère 1 La tormentille est aujourd'hui peu usitée » et l'on s'en servait journellement autrefois; cette différence est une suite nécessaire des progrès de la padiologie , qui, en faisant connaître l'état des parties d'où proviennent les évacuations sanguines ou muqueuses, ont appris à juger la puissance des astringents. Si les médecins ne demandent de la tormentille qu'une faculté tonique, ils la trouveront en elle, avec le degré d'intensité on de puissance qu'ils pourront désirer.
Ou a conseillé l'usage de cette racine contre les affections scorbutiques.
La racine de tormentille a eu des succès contre les fièvres intermittentes; mais, comme le dit CuUen, il faut alors la faire prendre en substance, et à grande dose. Des auteurs veulent que l'on mêle la poudre de tormentille à celle d'un amer pur, comme la gentiane, lorsqu'on veut l'employer comme fébriftige. Cette racine styptique est bonne pour remédier au relâchement de la luette et des gencives.
Quihtsfbuillb , PentapkyUi radix , Quinqaefolium ; racine dnPoTBNTiLLA bbptans, L. Plante vivace, commune sur le bord des chemins et dans les lieux couverts. La racine de quintefeuille est allongée, cylindrique, de la T. I. 28
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grosseur d'une plume à écrire , d*un ronge brun au dehors, blanche en dedans. Cette production végétale est inodore, mais elle a une saveur styptiqne un peu amère : on Tadminislre en poudre» à la dose de douze grains jusqu'à on gros , et en décoction dans Teau , à la dose d'une demionce à une once pour deux livres d'eau.
Les préparations de la quintefeuille , en contact arec le tissu des organes , produisent les effets immédiats qui sont propres aux agents toniques. On les conseille comme des remèdes puissants dans les diarrhées anciennes et à la fin des dyssenteries. Chomel assure que la quintefeuille loi a été souvent plus utile que l'ipéca eu anha dans le traitement de ces maladies. Il faisait bouillir une once de la racine dans trois livres d'eau , pour réduire à deux , et il faisait prendre à ses malades cette tisane comme un astringent sûr. Des déjections humorales ou sanguinolentes peuvent provenir de plusieurs sortes de lésions ; il est de ces lésions que les médicaments styptiques peuvent combattre; c'est la nature de celles qui sont guérissables par les toniques qu'il faut déterminer.
On attribue à cette plante des succès nombreux dans le traitement des fièvres intermittentes : on prétend même qu'Hippocrate s'en est servi conome d'un agent fébrifuge. On fait aussi 9 avec cette racine » des gargarbmes astringents.
Fraisier, Fragariœ radix; racine du Fragaria vbsca,L. Plante vivace , très-commune dans les bois secs , sur les coteaux , et qui se rencontre aussi autour des haies. Nous plaçons ici la racine de cette plante , parce que la propriété active dont elle jouit a un caractère tonique. Cette
propriété est , il est vrai , très-faible ; ses effets sur le tissu des organes sont peu perceptibles; cependant, dans une distribution pharmacologique fondée sur la nature de Tinfluence que les substances médicinales exercent sur les parties vivantes 9 on ne peut mettre la racine du fraisier qu'avec les corps médicamenteux dont nous nous occupons. Nous retrouverons ailleurs les fruits de cette plante, les fraises; ils appartiennent à la classe des médicaments acidaUs,
La racine du fraisier est noirâtre, rameuse, fibreuse; elle est privée d*odeur; mais elle a une saveur styptique. On en fait habituellement des tisanes ; on met d'une demionce à une once de cette racine pour deux livres d'eau. Sa décoction est d'une belle couleur rouge : elle noircit avec la solution de proto-sulfate de fer. Lorsqu'on la prend à l'intérieur, la matière colorante qu'elle contient pénètre dans le coqps , et se retrouve dans les urines, qui deviennent rosées. Geoffroi assure que les malades qui boivent une grande quantité de cette décoction rendent des excréments si rouges • qu'on les croirait atteints d'un flux hépatique.
Les auteurs de matière médicale accordent à cette racine une propriété diurétique ; l'impression qu'exercent snr les reins les molécules de cette substance est trop légère pour en fournir l'explication. Un écoulement plus abondant d'urine après l'usage de la racifie de fraisier , tient le plus souvent à ce qu'on administre toujours cette substance en tisane , que l'on en boit une grande quantité, et que Ton porte dans le sang une humidité surabondante qui s'écoule par les voies urinaires.
436 IfiDICAMEKTS
Il est des médecins qoi » dans le débat des fièvres aiguës» dans les phlegmasies , dans la gonorrhée^ etc.» font prendre la tisane de fraisier édolcorée avec on sirop » du sucre ou do miel. II est heureux que la faculté tonique de cette racine ne soit pas plus développée » cac son exercice serait nuisible dans ces aflfections; rinnocoité de cette substance tient ici à la faiblesse de son action sur les organes digestifs, comme sur les autres appareils organiques. Au reste , si cette action avait eu plus d'énergie , Texpérience aurait depuis long-temps signalé le danger de l'emploi de la racine de fraisier dans les maladies où il y a de la chaleur» de Tirritation » ou de la phlogose.
Les auteurs de matière médicale conseillent la tisane de racine de fraisier dans les hémorrhagies » dans le flux de ventre» dans les dyssenteries , comme un remède propre à changer » par son action astrictive » l'état morbide des parties par où s'opère un écoulement d'humeurs.
Les feuilles du fraisier» fragarim heràa, ont des qualités sensibles» une constitution chimique et des propriétés médicinales analogues à celles des racines de cette plante. Des auteurs les ont citées comme propres à remplacer le tiië.
Roses rovgbs ou Roses de Provins» Rosit rubrœ flores. On connaît scnis ce titre » en pharmacie» les pétales du RosA GALLicA » L. » arbusto qui crott q>ontanémettt dans quelques provinces de la France» et que l'on cultive dans tous les jardins » à cause de la beauté de ses fleurs. Cellesci sont grandes» et d'un roug^ pourpre très-foncé. Pour l'usage médical» on cueille les boutons avant leur épanouissement» on les effeuille » on jette les calices » et Ton fait sécher promptement les pétales» parce qu'il est re-
TONIQUKS. 4^7
conna qa'nne dessiccation Irate altère leurs qualités. Pris arant que la fleur soit ouverte» ces pétales ont une couleur plus vive et une force médicinale plus développée : on en tire une quantité notable de fer.
M. F. Cartier {Jourrud de Pharmac t. tu, p. 5s7 )» en faisant des recherches sur la matière colorante des pétales de la rose de Prorins , en youlant s'assurer si la couleur de ces pétales était due au fer » a été conduit à faire leur analyse chimique. Les principes qu'il en a extraits sont :
1* Du tannin 9 t* De l'acide gallique , 3* Une matière colorante »
4* Une huile essentielle , 5* Une matière grasse, o" Ile 1 amnmme »
7* Dessdbsolnbles» caribonate» phosphate et hydrochlorate de potasse ,
8*Bes sds insolubles, carbonate et phosphate de chaux,
g* De la silice ,
lo^ De l'oxyde de fer.
On Toit arec étonnement dans ce travail que les pétales de la rose blanche fournissent plus de fer que les pétales pourpres de la rose de Provins. Ce métal n'est donc pas la cause de la coloration de ces derniers.
Ces pétales, quand ils sont séchés, donnent une odeur agréable, qu'ils n'ont pas dans leur état de fraîcheur : ils ont une saveur astringente et un peu amère. On les admi-' nitire en poudre ou en bols; on les prescrit h la dose de
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six, douze, vingl-<ioaire grains jusqu'à ud gros , selon Tefiet que l'on veut produire. On peut aussi en tirer un extrait qui a une belle couleur brun-marron, qui est acide et fortement astringent. En mêlant la poudre des pétales delà rose de Provins avec le sucre, et en humectant ce mélange avec Teau distillée de roses, R. cBNTiFOUi, L. , on obtient la conserve de roses rouges. On suit différents procédés pour préparer cette composition pharmaceutique; le point le pins important pour nous, c'est la différence de proportions que les pharmacopées prescrivent entre la poudre de roses et le sucre. II est des formules qui demandent parties égales de ces deux ingrédients ; d'autres, deux parties de sucre pour une de roses; d'autres enfin diminnent beaucoup plus la quantité de la substance tonique. La propriété médicinale de celte conserve émane des principes styptiques ou amers que la rose y porte ; le développement, l'efficacité de cette propriété sera donc en raison de la somme de ces principes qui se trouvera dans ce composé, ou autrement, dans la dose que le malade en prendra à la fois. On fait des infusions , des décoctions , avec les pétales de la rose rouge; on en met de deux gros à une demi-once pour une livre d'eau. En épaississant avec le sucre ou avec le miel une infusion aqueuse de cette subtance , on a le sirop ou le miel rosat. On peut aussi préparer avec cette substance un vin et une teinture alcoolique.
Ces diverses préparations exercent, sur les organes vivants, une impression tonique. Prises à l'intérieur, à petites doses, elle fortifient doucement l'estomac et facilitent l'exercice de la fonction digestive. On les conseille
TONIQVKS. 4^9
dans Ie$ anorexies qui tiennent à la faiblesse de Tappareil gastrique; on les recommande dans les diarrhées qui dépendent de l'inertie^ du relâchement des intestins : on ajoute avec avantage la conserve de roses au lait, lorsque ce liquide se digère mal. Tous les observateurs ont vu que l'usage des composés fait» avec la rose rouge causait assez habituellement une légère constipation ; Faction styptiqae ou corroborante de ces agents explique ce résultat Mais en même temps d'autres auteurs annoncent qu un gros de la poudre de roses rouges , donné en une seule fois, occasione plusieurs déjections alvines; ce qui provient évidemnaent de ce qu'à cette dose l'impression styptique est tdle, qu'eUe jette le trouble dans les mouvements naturels du canal alimentaire.
La conserve de roses jouit d'une grande réputation dans le traitement des toux chroniques» lorsque les fonctions nutritives sont altérées et languissantes , et que le corps éprouve un amaigrissement progressif. Cette composition exerce alors ime double influence , également favorable, sur l'oi^ane pulmonaire et sur l'appareil digestif. Elle réveille l'énergie du premier, et tend à corriger sa disposition morbide. Elle soutient l'action du dernier , et donne lieu à la formation d'un meilleur chyle. C'était sans doute dans des catarrhes chroniques que des médecins distingués admiraient la puissance d'un usage journalier de la conserve de roses, bien qu'ils aient nommé ces maladies des phthisies commençantes , même des phthisies désespérées. 11 est bon de noter que l'on administrait, dans ces aiFections, de fortes quantités de conserve de roses, comme quatre h six onces par jour; des
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malades en ont pris en deux mois plus de traite liyres. Quand on cherche à estimer la pubsauce thérapeutique de cecomposéy il faut, à côté de l'action tonique qu'exerce sur le corps malade Tingrédient médicinal» placer le produit nutritif de la grande proportion du sucre qui lui est associé. Il est important de se rappeler ici les obserratioDs oii Ton célèbre les succès de cette conserve; car, en mêoie temps que les malades usaient de ce remède» on voit qu'ils ne prenaient que des matières alimentaires adoucissantes, du lait, du pain de froment» etc. Muarray, Apparat, medUatn. tom. m » pag. 168 » et seq.
On cite des observations de sueurs affaiblissantes qui ont été modérées» combattues par l'action tonique de la conserve 'Se roses. C'est encore un usage prolongé de ce composé que requièrent ces évacuations morbides. Les malades en auront souvent pris plusieurs livres» avant d'en éprouver quelque bien. Au reste» les sueurs excessives ne tiennent pas seulement à une mollesse anormale du tissu de la peau, à une congestion sanguine de son réseau capillaire» que les principes de la rose rouge pourraient dissiper. Ces sueurs sont le plus souvent le produit symptomatique de lésions viscérales contre lesqudOles la conserve de roses ne pourra rien.
On a obtenu d'utiles résultats de l'emploi de la conserve de rose dans les diarrhées coUiquatives. Quand on réfléchit que les évacuations alvines sont alc^s entretenues par des zones d'irritation ou de phlogose» par des ulcérations, trop souvent par des dégénérescences profondes » sitnées sur divers points du canal intestinal» on sent que ceranède ne peut être que rarement efficace. On voit même qu'il
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conyieDt d'en siwpeodre l'usage , si» dès les premières prises* il ne produit pas de bien. Toutefois, n'oublions pas ffoe l'on guérit avec des substances styptiques les ulcères de la peau , et <{uè ceux des membranes muqueuses qui sont récents et superficiels cèdent fréquemment aux mâmes impressions.
On recommande la conserve de roses dans l'hémoptysie. Après les saignées couTenables, ce médicament» pris avec modération 9 peut, en ranimant doucement l'énei^e des poumons, dissiper la congestion qui entretient une exhalation sanguine sur la surface des bronches, empêcher même qu'il ne s'en forme de nouvelles. J'ai cru remarquer qu'il y a bien des hémoptysies qui sont produites par le ramollissement du tissu des poumons : la conserve de roses peut à la longue corriger cette dégénérescence morbide. On mêle assez ordinairement du nitrate de potasse à la conserve de roses, lorsque l'on s'en sert dans l'hémoptysie. Cette substance saline (ait sur la surface gastrique une impression spéciale qui parait modifier l'état actuel des plexus du grand sympathique. Cette impression diminue brusquement les mouvements artériels, elle ralentit le cours du sang : le nitrate de potasse a la plus grande part à l'opération médicinale de ces composés. Fayez Nitrate DB Potasse.
On conseille la rose rouge dans la leucorrhée. On fait des injections dans le vagin , avec l'eau ou le vin chargé des principes styptiques de cette substance. On applique ces liqueurs sur les parties du corps qui sont relâchées, infiltrées, pour resserrer leur tissu, pour rétablir leur action. On recommande ces topiques astringents dans la hernie
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ombilicale , dansTiofiltration du scrotum chez les enfants, dans la chute du rectum » etc. On en fait des gargarismes utiles pour combattre les gonflements de l'arrière4>ouche qui n*ont point un caractère inflammatoire , pour fortifier les gencives , etc. On en tire un parti avantageux pour arrêter la salivation mercurielle , lorsque les symptômes d'irritation et de phl<^ose sont apaisés. L'infusion de roses rouges sera un collyre bienfaisant à la fin desophthalmies.
Nous devons ici noter la conserve de cynorrkodon que Ton prépare avec les fruits du rosa canina^ L., qui deviennent rouges 9 succulents 9 à leur maturité. On ouvre les fruits , on rejette les grains et le duvet soyeux qui les entoure; on les pulpe et on y ajoute du sucre. La conserre de cynorrhodon est un médicament légèrement tonique, que Ton administre comme astringent à la dose d'un gros à une once.
Il est encore un certain nombre de plantes de la famille des rosacées que Ton a admises dans la matière médicale; toutes produisent des effets toniques. Nous citerons l'aigremoine, agrimonia eupatoria, L., qui est commune sur les rideaux et au bord des chemins. Cette plante a un goût austère et amer. On en conseille l'usage dans les fluxmnqueux chroniques, et dans les hémorrhagies passives. Elle est surtout usitée en gargarisme pour dissiper le gonflement qui survit à l'état inflammatoire dans les maux de gorge. Tant que l'irritation ou la phlogose est très>vi?e, l'impression immédiate de ces gargarismes styptiques serait nuisible : mais cette même impression se montre salutaire quand le travail inflammatoire a déjà perdu de son intensité , et que la résolution commence à s' repérer. On vante
TOHIQOBS. 44s
k vindui9lequd<mamwliifbflerderaigramome, comme un gai^arÎMne utile dans les ulcérations de la gorge, qui n'ofirent plus de trarail phlegmasique bien acti£ Les feuilles de la ronce » auBVS nuTicosvs, L., ont les mêmes qualités sensibles que Taigremoine; elles contiennent beaucoup d'albumine T^étale : elles servent aussi k com • poser des gargarismes que Ton met en usage dans les mêmes cas. Ces ga^arismes sont des remèdes populaires qoe Ton emploie dans les maux de goi^; il est évident cependant qu*ik doirent nuire dans le début de ces affections , et que si le mal qu'ils causent reste inaperçu , c'est que la faiblesse de leur force actÎTe lui donne peu de gravité* A la fin des esquinancies , les gargarismes de feuilles de ronce peuvent rendre quelque service. Nous noterons Técorce du cerisier > prunus CBai^sus, L.» dont on a vanté les v^ius fébrifuges , et que l'on mêle souvent au quinquina; l'écorce d'alisier, cbatjsgvs tobminalis^ L., que Ton a employée dans la dyssenterie ; le coing » firuit du coignassier, ptbyjs ctoonia, L. , qui contient de l'acide malique : ce finiit a une saveur austère U^marquée. On fait avec son suc un sirop que Ton emploie contre les diarrbées ; on en compose aussi une gelée qui a paiement une vertu astringente. Ces préparations sont citées comme de puissants stomachiques : on les conseille aux convalescents pour rétablir les facultés digestives, lorsqu'une longue maladie les a énervées. Le fruit du néflier» mespi- LUS GERMAHiGA , L. , qui a guéri des diarrhées anciennes et rebelles; l'argentine, potehtuxa anseriha, L. ; la reine des prés , spulba ui«mabia, L. ; la fUipendule , spib^a filipenbula, L»; le pied de lion, alghemili. a vulg abis , L. , etc. ,
444 M&fiiCAininrs
doivent étue iei meniioonéi. Non» afooterons k spiusà TOIISHT06A , L., qui a de la réputation aux États4J]iU, où elle est abondante , et dont le docteur Mead Tient de proposer l'eauploi, (Joum, univ, des Se* mèd., t s4» p* s58.)
Famitte des Myrtes*
GasMADiBB, PuMiCA Gbar ATUM , L. Arhriaseau oripnaîn d'Afrique, qui croît très-bien dans le midi de rEorope. On nomme balaustes, balauêtiarum flores, en pharmacie, les pétales des belles fleurs de cet arbrisseau. Ces pétalei sont d*un rouge irès-éclatant Ceux que l'on emplsie en pharmacie Tiennent du midi de la France. Sédiés, ces pétales sont d*un rouge ponceau vif; en doit rejeter ceui qui se s<»it noircis dans la dessiccation. Ces pétales seoi inodores , d'une saTOur légèrement astringente et amère. L'écorce dure; coriace , épaisse du fruit, granati cortex, que r<m désigne sous le titre de Maliearium, sert aussi en médecine : cette production a un goût styptique très-prononcé; die est employée au tannage des cuirs.
L'infusion des balaustes , comme celle du malicorium, est d'un beau rouge; elle noircit fortement aTec le protosul&te de fer. Elle exerce sur les tissus TÎvants la môme impression que les agents toniques , et détermine dans Tétât actuel des organes les mêmes changements. CuHen a TU l'écorce de grenade être utile dans les diarrhées. Od en recommande particulièr^oient la décoclièn en gargarîsmes , pour rétablir le ton de la luette et des amygdales, après les inflammations de ces parties. On assure que celte écorce remplace dans la médecine asiatique le quinquina
TOHIQUBS. 445
et nos autres prodoctioiis astringentes; que son usage en piHidre est fort général dans tout TOrient , et qu'elle est le remède ordinaire des fièvres intermittentes pour les médecins persans. Voyez la description d'une pharmacie portative du Thibet, BiblioU britannique, septembre 1811.
L'écorce de la racme du grenadier a une vertu tonique peo prononcée; mais on a reconnu à cette écorce » depuis bien long^iemps , la faculté de tuer le ténia ou ver solitaire, et de l*expnlser hors du canal intestinal; cette faculté, constatée de nouveau dans ces derniers temps» a attké sur ce remède la faveur publique.
î/écorce des racines de grenadiers sauvages > qui vi-^ vaienten Afirique» en Espagne, en Italie, en Piémont ou même dans la Fhince méridionale , est préf%raUe à celle que fournissent les racines des grenadiers que Ton cultive dans nos contrées , et que Ton conserve l'hiver dans des serres.
Cette écorce privée de toute partie ligneuse, doit être séchée avec soin : eUe offre alors une couleur jaune k l'intérieur : elle est d'un gris cendré à l'extérieur. Il est des personnes qui préfèrent l'écorce fraîche à Técorce sèehe. M. Mitouwt a trouvé dans cette production du tannin, de Tacide galliqne, une matière analogue à la cire, une substance sucrée dont une partie est aoluble dans l'alcool, Taotre dans l'eau ; la première crbtaUÎMble, la seconde ayant les caraetères de la mannite. M. Latoar a étudié la matière criatdUine de la ratme de grenadier; il i a nommée Grenadine. On assure quQ le corps ligneux de cette racine )onit anisi de la propriété ténifiige.
On administre parfois l'écorce de racine de grenadier
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en pondre, à la dose d*ini scmpnle k on d^ii-gro» par jour, en trois on quatre prises; on en a fait, prendre jusqu'à un gros* On donne habituellement cette substance eo décocticMi; on met macérer pendant ringt- quatre heures une ou deux onces d*écorce concassée dans deux lÎTres d*eau 9 puis on fait bouiUir le tout jusqu'à ce que k Uqaide soit réduit à une lÎTre» Ou divise cette liqueur eo trois doses ; on les donne au malade k une demi-heure ou à une heure d'intervalle Tune de l'autre.
On a proposé tout récemment de laisser la fermentation s'établir dans la décoction d'écorce de racine de grenadier; pour cela on abandonne la liqueur pendant deux jours dans un vase non fermé à une température de ringt degrés de Réaumur; elle devient acide et s'administre comme la précédente , ou bien on en donne un verre le matin, un à midi et l'autre le soir,
L'écorce de la racine du grenadier n'a pas d'odeur; elle donne , quand on la mâche» une saveur astringente qui n'a rien de désagréable. A la dose que nous venons d'indiquer plus haut 9 cette écorce porte sur les organes digestifs une impression souvent pénible; elle provoque de la cardialgie, des picotements dans Tépigastre» des angoisses, des nausées prolongées» des vomissçments, àes aigreurs. Le plus souvent» deux, trois ou quatre selles» précédées de faibles coliques et d'un grand mouvement» d'un grand trouble dans les intestins» témoignent l'action immédiate des principes de cette substance médicinale sur la surface gastro- intestinale. Si ces principes » après leur absorpticOi ont quelque prise sur le cœur» sur les vaisseaux sanguins ou sur d'autres appareils organiques» lem* opération ne
s*aperçoit pas ; Me n'est pas appréciable. Il n'eu est pas de même pour l'appareil cérébro-spinal; les vertiges» les éblouissements, une sorte d'ivresse , des assoupissements* du malaise , des tiraillements dans les cuisses et dans les jambes, le tremblement des mâchoires» qui surviennent après l'emploi de la poudre on de la décoction de Técorce de racine du grenadier» attestent assez que les prbcipes de cette substance agissent sur les hémisphères cérébraujL» qu'ils modifient l'état normal de la pulpe médullaire du cerveau et de la moelle épinière» qu'ils la mettent dans une condition nouvelle» qu'ils déterminent en même temps une légère congestion sanguine dans les vaisseaux encéphaliques.
Mais on s'est surtout attaché à la faculté que possède l'écorce du grenadier» de tuer le ténia » de le faire périr par une sorte d'empoisonnement » quand ses principes » ses matériaux chimiques viennent entourer l'animal pa^ rasite dans le canal alimentaire, et agir sur lui. L'observation a prouvé que si l'on prépare la décoction d'écorce de racine de grenadier comme nous l'avons conseillé plus haut » et si on la donne en trois doses » comme nous l'avons dit» aux personnes qui sont tourmentées par la présence d'un ténia » cet animal est ordinairement expulsé» dans un état de mort» avec la deuxième ou troisième selle : fréquemment» c'est un quart d'heure ou une heure après l'ingestion de la dernière prise de cette décoction anthelmintique » que l'évacuation qui contient le ténia a lieu. Si ce remède ne produit pas l'effet que l'on en attend» on peut au bout de quelques jours» et après avoir consulté la disposition des organes digestifs et des plexus
448 uiBICAlIBNTS
nerveaxda grand sympathique, en recommeiicer Traiploi.
Nous ne donnons robsenraiion soivanto qne poar faire connaître les effets immédiats de la substance médicinale qui nous occupe.
Une femme de ringt-huit ans , qui a les organes digestif en bon état, mais qui éprouve fréquemment des irritations des plexus nerveux du grand sympathique, qui se plaint d'avoir des serrements de la gorge , de la gêne dans la déglutition,, des palpitations de cœur, des douleurs vers le bas du sternum et dans les membres , des feux qui se portent d'une manière soudaine à la figure , etc., etc., veut employer Técorce de la racine de grenadier, parce qu'elle croit avoir le ver solitaire.
Elle prend, à deux heures de distance, trois verres d*ime décoction qui a été faite avec deux onces de cette racine. Après l'ingestion de chaque verre, cette malade avait un sentiment de froid qui s'étendait depuis la gorge jusque dans l'estomac ; à plusieurs reprises , des eaux glaireuses remontèrent dans la bouche : bientôt, il se manifesta da trouble dans les intestins : cependant elle n'ent point de coliques ni de nausées, fille rendit quatre selles. Elle sentit fréquemment des chaleurs se porter à la tête. Il y eut de l'assoupissement dans l'après-nùdi et une sueur qui dora toute la nuitr Aucune p<H*tion de ver ne sortit. .
La nommée Laine, âgée de cinquante ans, a un endurcissement du tissu cellulaire sur plusieurs points du tronc et des membres : il y a sur les lieux affectés dureté , chaleur, rougeur, sensibilité au touéher: cette affection parait être une irritation développée dans le tissu cellulaire* IPendant le traitement que l'on dirige contre cette lésion ,
ToniQVBs. 449
la malade prend, pour se tenir le yeùtre libre, des pilules de Bélosle. Elle rend, le troisième joar , une longnenr de deux à trois pieds d'un ténia. Elle ayait pris douze de ces pilules.
C'est alors que Ton administre la décoction de deux onces d'écorce de racine de grenadier , en suivant la méthode que nous avons exposée plus haut.
Cette malade ressentait après chaque Terre un travail diosTépigastre et surtout dans le bas-ventre; c'étaient des chakuTs , disait-elle , qui semblaient s'allimier dans ses intestins : elle eut des coliques , mais point d'évacuations ûiineu
En même temps, elle se plaignait d'étourdissements , d'éblonissements, d'un état de malaise, comme si elle allait tomber en syncope; elle éprouva aussi un peu d'as-^ soupissement. Elle rendit le lendemain une selle molle dans laquelle on ne distingua aucun vestige de ténia.
Lamalade reprit ce remède trois jours après : il produisit ks mêmes dOTets sur l'appareil digestif et sur l'encéphale : mais il ne fit r^idre aucune portion de l'entozoaire dont les pilules mercurielles de Béloste avaientcependant prouvé lexisteoce dans le canal alimentaire. La racine de grenadier dont on se servit dans cette occasion était-elle de bomie qualité? Le ténia, que nous n'avons pas vu, avaii-il ^të expulsé tout entier, n'en restait-il plus dans les voies iotestinales?
On a aussi ^nployé conmie vermiftige le fruit du grenadier avant sa maturité ou les grenades vertes.
La vertu tonique de la racine de grenadier est tellement débile que le thérapeutîste ne s'en sert jamais. Ce n'est
4âo MiDICAMMlITS
pas k elle qu'ï s'adresse » qaand il trouye Tindication ds provoquer un resserrement fibrillaire des tissas organiques, de donner plus de force matérielle aux diverses parties du corps.
Famille des Légumineuses.
Cachou, Terra Cateseu Catechu, suc concret d*anrooge hnin, fragile et facile à pulvériser» que Ton trouve en petits pains ou en masses dans le commerce. On avait aussi appelé cette substance , terre du Japon» terra japonica, dénomination doublement fautive : le cachou n'est point une matière minérale» et elle ne se prépare point au Japon.
Le cachou provient de plusieurs espèces de huiosa, et surtout du MIMOSA gatbchu » arbre très-commun an Bengale , dans la province de Bahar (Inde) . Son bois est blanchâtre extérieurement» et d'une couleur brune foncée i r intérieur. C'est cette dernière partie du corps ligneox que Ton emploie pour la préparation du cachou; on la réduit en petits fragments que l'on fait bouillir dans Teaa avec les fruits verts de cet arbre. L'excipient se charge des principes que ces productions contiennent; on évapore le liquide jusqu^à un treizième environ de son volmne; ensuite on expose ce résidu dans des vases» à Tardeordes rayons solaires» qui le dessèchent peu à peu. Il parait que, dans ces contrées» on fait servir à la fabrication du cachou le bois, les écorces et les fruits de plusieurs autres genres de plantes.
On distingue trois sortes de cachou : l'un» qui nous arrive de Bombay, est en petits pains ronds, d'un ronge
moins foncé, tisane texture uniforme; ce cachou a une saveur astringente et amère ; Fautre, qui vient du Bengale, est en pains carrés assez gros; il se montre plus fragile, moins consistant, et d'un rouge brun; il a une sareur astrin-^ gente , sans amertume , suivie d'un goût sucré. Ce cachou ne se trouve plus dans le commerce. La troisième sorte se compose de morceaux irréguliers : ce cachou a une couleur brune rougeâtre , une saveur astringente un peu amère , suivie d'un arrièr&'goût agréable. Peu solubles dans l'eau firoîde, les cachous se dissolvent facilement dans ce liquide quand il contient beaucoup de calorique. Dans les pharmacies , on fait subir au cachou une purification avant de s'en servir; on le met fondre dans l'eau bouillantej il s'en sépare une matière terreuse qui paratt avoir été ajoutée lors de sa confection ; on décante la licpeur et l'on ramène , par une douce évaporation , la matière tannante à la consistance extractive.
M. Davy a analysé ces deux sortes de cachou, et il a trouvé pour soo grains :
Gachoii Gttchoa
de Bombay. du Bengale.
Tannin. ... « 109. ... . . 97
Extractîf. .... 68 ,76
Mucilage i3 16
Matière terreuse. . 10. ..... i4
On administre le cachou en poudre à la dose de six grains jusqu'à un demi-gros. On le donne aussi en solution dans l'eau : on met un on deux gros de cette sub- ^ance dans une livre d'eau bouillante pendant six heures.
459 MEDIGAWBKTS
puis on filtre la liqueur; ou y ajoute ordinairement on sirop agréable. On convertit en sirop dans les pharmacies une solution très- chargée de cachou; ce sirop contient dix-huit grains de cette substance par once. On en fait des pastilles ou des tablettes qui sont fort usitées et dans lesquelles le cachon est associé au sucre et à dlrers aromates, comme la fleur d'oranger, la canelle» Tambre, etc. On emploie quelquefois la teinture du cachou» la matière tannante que contient cette substance se dissolvant dans l'alcool.
Le cachou est inodore; mis en contact avec l'organe du goût, il montre une force astringente très-remarqnable. On sent que cette substance doit faire sur les tissas yiTants une impression forte , profonde ; on juge qu elle doit opérer un resserrement des fibres de ces tissus , un développement de leur tonicité; c'est aussi ce que démontre Tobservation journalière. L'action du cachou sur un organe fortifie le matériel de ce dernier, et donne à ses mouvements plus d'énergie. L'usage de cette matière excite l'appétit; mêlée avec la nourriture» elle rend la fonction digestive plus libre, plus facile; beaucoup de personnes prennent du cachou avant ou après les repas» à cause de sa propriété stomachique. On ne donne alors qne de petites doses de cette substance, parce qu'on ne vent agir que sur l'appareil gastrique.
La thérapeutique invoque le secours de la puissance corroborante de cette matière styptique dans les diarrhées. M. Alibert se loue de l'usage à^mie boisson &it6 avec un demi- gros de cachou dissous dans deux livres d'eau de riz , qu'il fait prendre, k l'hôjMtal Saint -Louis ^
TONlQVBft. 4^3
MU TÎeSlards attemta de flux dyssentériqoes rebelles. (Elèm. de Tkérap.^ tom. i, pag. 176. ) C'est de Timpres- «OD que le cachou fait sur les voies digestives que procède ici son utilité : il faot donc que cette impression oifire un degré d'intensité capable de combattre la disposition pathologique de la surface intestinale. Nous ayons déjà dit que, quand après les premières prises des remèdes astringents qui sourent provoquent des coliques, des évacuations slvînes pfais finéquentes » des douleurs lombaires , le malade ne se sent pas soulagé ; quand les selles ne deviennent pas phu épaisses» les coliques plus rares , etc. » il est dangereux de continuer. Comment le cachou peut-jl opérer la guérison d'une phlogoae» même d'ulcérations des voies digestives ?^I1 arrive alors ce qui a lieu dans le traitement des ophthalmies par les collyres irritants» des ulcérations cutanées par des caustiques. La substance médicamenteuse provoque un changement brusque dans l'état morbide de la surface malade; par suite de cecbangement» la nature la ramène k sa condition normale. Cette méthode perturbatrice appliquée anxphlogosesdesmembranesmuqueusesneréussitbienque lorsque les lésions sont récentes » qu'elles n'ont point encore occaaioné de désorganisations des tissus» qu'ellesne sont pas associées à des dégénérescences étendues. Une femme âgée de 6oixante<inq ans avait une diarrhée qui ne datait que de huit jours ; cette diarrhée était accompagnée de chaleur dans le ventre , de coliques» de ténesme : la malade allait josqu'à dix fois par jour. ]l^ prit un demi-gros de cachou en poudre en trois doses. Les coliques, la chaleur intestinale» cessèrent dans la même journée : dès le lendemain, les selles étaient devenues solides. Elle continua ce remède
456 lljkDICAliBlfTS
pression sur l'organe du goût. On l'administre le plus ordinairement en pondre; on porte la dose dq>uis dii è douze grains jusqu'à un demi-gros. On met aussi en usage la teinture alcoolique de cette substance dq[»uis trente gouttes juqu'à une cuillerée h café à la fois.
Le sang- dragon est regardé, dans les matières médicales, comme un puissant remède astringent , et c'est surtout dans les hémbrrbagies que Ton en recommande remploi. La couleur rouge de cette substance n'aurait-^Uep» influé sur le crédit qu'elle a obtenu dans le traitement des pertes de sang? Quoi qu'il en soit, les praticiens qui, pour bien apprécier ses effets curati& , ont observé son action sur l'économie yi^aate , en ont été peu satisfaits. Le sangdragon entre poior un tiers dans la composition dès pilules d*alun teint ou pilules alunées d'Helvétius , qui ont eu une certaine vogue; ces pilules sont du poids de six grains; on en donne jusqu'à six par jour; mais Talun seul a une puissance médicinale si développée, qu'il est difficile de décider si le sang-dragon a eu quelque part aux succès que ce mélange a procurés.
Le sang-dragon entre dans la composition des pmidres et des électuaires pour les dents > et dans celle des vernis.
BoisnE Cavpeghe, Campechense lignum; ILematoxtI'V» CAUPECHiANUs^ Arbre qui croit spontanément au'Mesi<{ae> et que l'on a naturalisé à la Jamaïque, à Saint-Domingue. On consomme une quantité conaidéi^able de son bois pour la teinture des étoffes ; il est dur , compacte et trèschargé d'une matière colorante rouge*. On s'en est aossi
> On ignore en botanique en quoi contiâte le trivnil moIéciil«i>« ^
T0NH2UBS. 4^7
terri en m^^decine : IVau et Talcool le dépouillent de ses principe». M. Chevrenl y a décoarert Texistence d'une matière particolière , qa'il a nommée hànatine. On retire» pour Tusage thérapeutique » un extrait de ce bois : on le donne également en décoction.
Le bois de Campécbe est à peu près inodore , mais il a une saveur douceâtre , amère et astringente. Lorsque Ton iàit prendre les composés pharmaceutiques de ce bois , une portion de sa matière colorante pénètre dans le système animal , et imprime aux urines une couleur rouge. Le reste de cette matière gagne les gros intestins, et donne la même teinte aux excréments. M. Gibson a expérimenté que Textrait de bois de Gampêche , donné à des jeunes pigeons» faisait prendre aux os de ces animaux une cou* leur pourpre. Il a constaté que cette touleur se dissipe bientôt» si on cesse d'introduire cet extrait dans leur corps.
Les médecins anglais emploient le bois de Gampêche dans les diarrhées et à la lin des dyssenteries. L'action astrictive que cette substance exerce sur les tissus vivants est douce; elle peut se montrer salutaire dans des occa-
change l'aubier en boû parfait dans les troncs des arbres. La chimie n'a pas cherché à éclairer ce point si digne d'intérêt dans la physique végétale. Ce changement de l'aubier en bois parfait ne suit pas un ordre régulier comme l'accroissement annuel des couches ligneuses. On voit sur la coupe d'un chêne , par exemple, qu'il gagne souvent plus d'un côté qae de l'autre , et qu'il n'y a pas annuellement ooe couche d'aubier qui devient bois parfait comme on pourrait le penscv. Sur le bois de Gaia^ pêche ce travail est plus remarquable , parce qu'il n'y a pas seulement entre les deux parties du tronc une différence de dureté et de densité ; il i'ett formé dans le bois parfait une matière colorante, abondante et préciense , et l'aubier n'en contient pas.
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sions 0(1 Ton redouterait une impression plus rive , plus forte» sur la surface intestinale. C'est au reste un remède peu usité en France. Considéré comment agent thérapeutique, le bois de Campéche ne présente que sa faible propriété tonique : or nous sommes abondamment poarvns de ressources en ce genre; cette substance n*a rien qui la rende recommandable^ et elle ne peut tenir qu'on rang subalterne au milieu des agents médicinaux auxquels le caractère de sa force active la rattache.
Famille des Papaviracées»
FuMETBBBB » FumaruE herbà; Fvmabia officinalis , L. Plante annuelle , très-commune dans les jardins» parmi les herbes potagères : eDe paraît se plaire dans les lieux cultivés. La fumeterre ne s'élève guère qu'à la hauteur de six à huit pouces : elle est tendre» succulente, inodore, mais d'une saveur amère très-prononcée » et qui a quelque chose de salé. On se sert en médecine de la plante entière.
La fumeterre contient des principes extractifs qui se dissolvent dans l'eau , dans le vin et dans l'alcool. Son infusion aqueuse noircit avec le proto-sulfate de fer. On tire de cette plante , par l'expression» un suc que l'on dépure, et dont on fait fréquemment usage» à la dose de
deux à quatre onces à la fois. En épaississant ce liquide
avec le sucre , on le convertit en sirop. On préparc aussi avec le suc de la fumeterre un extrait qui contient beaucoup de malate de chaux» et que l'on administre souvent en pilules , h la dose de deux à six grains par prise. Cette
TOHIQUBft. 4^9
plante ne perd ancun de ses principes actifs par la dessiccation : dans cet état , elle sert k composer des infiisions ou des décoctions. On prescrit une demi- once de fbmeterre poor deux liyres d'eao* La teintore et le vin de fameterre ne sont point usités.
L'impression des médicaments qae fournit la fmnetmre sur les oi^anes vivants détermine Teffet physiologique qui caractérise Topération des toniques. Leur usage fortifie toujours le tissu des appareik organiques, quand il est relâché ou affaibli, et donne plus d'énergie à leur action vitale , quand elle est languissante. Ces agents réveillent l'appétit , excitent, dans la région de l'estomac , un léger sentiment de chaleur. Si on les prend à une dose assez élevée, et que les principes de la fumeterre pénètrent dans tout le système animal, un mouvement de resserrement et par suite un développement d'énergie aura lien dans tous les tissus oi^aniques; la médication sera générale.
La fumeterre a quelquefois occasioné des déjections alvines , ce qui avait porté quelques auteurs anciens à lui accorder une vertu purgative. C'est l'impression directe qu'elle exerce sur la surface intestinale qui cause cet ef-* fet , et il n'a lieu ordinairement que quand on prend s» poudre ou son suc à hautes doses. On assure que cette plante accroît le cours des urines; st elle contribue à rendre plus active la fonction sécrétoire des reins , ce ne peut être que par l'exercice de son influence tonique sur ces organes; il est inutile d'admettre en elle une vertu spéciale pour expliquer ce résultat. On cite aussi cette plante connue un moyen emménagogue ; dans quelques occasions propices , elle aura favorisé la congestion menstruelle, eîk
46o V uimcàMsiTTs
agwant mr to tÎMU de rutéms, eaéydllanlsa toiiieité; ce ooayeaii produit ne pronre pu Texistence d'une nouielle
propriété.
. On a rarement recours à la fiimeterre pour remédier aux ajDfections de Testomac et des iatestina. On conseOk plua particulièrement les médicaments tirés de cette plante quand l'action séerétoire du foîe est troublée , et que l'mi veut rendre à la bile ses qualités naturelles , on rétablir son cours dans ht cavité duodénale. Dans plusieurs espèces de jaunisses , cette plante s*est montrée un remède utile. Elle peut convenir dans celle qui accompagne une tendance du foie an ramollissement de son tissu; elle serait contraire si la jaunisse dépendait d*une irritation» d'une pblogose ou d'une hypertrophie de l'organe hépatique. Cette plante serait au moins inutile dans les jaunisses qui ont pour cause une grande commotion morak, une colère concentrée , un saisissement , etc. , d'où sont résultés une innervation désordonnée sur le foie » un trouble soudain dans le cours de la bile. Les anciens conseillaient aussi la fiuneterre quand la bile avait perdu ses qualités , quand elle était devenue aqueuse , inerte. C'est le suc déparé de fimietenre que Ton recommande le matin et le soir dans les affections du foie avec jaunisse , où l'on juge quex^ette plante peut convenir : on le donne à la dose de deox à trois onoes : on le mêle souvent avec celui de pissenlit ou de chicorée. On emploie aussi l'extrait de fumeterre, que l'on fait prendre en pilules : l'infiision de cette plante peut également convenir!
La fumeterre jouit d'une antique renommée dans le traitement des affections morbides de la peau. Dans ce
TONIQUKS. 4^1
cas , on là décore du titre de plante dépurative. Ce titre a une grande importance aux yeux de ceux qui attribuent les maladies cutanées à des âcretés » à des acrimonies de la masse sanguine « et qui voient, dans ce remède, une puissance qui détruit ou qui pousse au dehors ces j^incîpes nuisibles , qui rétablit les qualités douces , la condition normale du sang. Nous ne chercherons pas dans rînflueAce d'une puissance dont on ne peut démontrer Texistence, la raison des avantages que la fiimeterre procure dans le traitement des dartres» des éruptions rebelles» des exsudations purulentes de la peau, etc. : nous en trouverons une suffisante dans l'action que cette plante exerce sur l'appareil dermôïde , d'une part , et sur les fonctioiia nutritives, de l'autre; car c'est toujours de sa force tonique qu'émane son utilité thérapeutique. La fumeterre convient surtout aux personnes pfiles, dont la peau est molle , mal nourrie , dans un état d'atonie, h celles qui sont bouffies, dont le sang et les tissus vivants ont leur complexion intime détériorée, dont les glandes lymphatiques sont gonflées , etc. L'opération tonique de cette plante anime l'action vitale du système cutané; elle corrige sa condition morbide. Lafumeterre augmente en même temps la vigueur de l'appareil gastrique; elle rend le chyle plus parfait, de meilleure nature : répandus dans tout le corps , les principes de cette plante donnent à la nutrition un niode d'exercice qui opère une restauration des humeurs et des tissus organiques. N'oublions pas que Fon donne alors les préparations pharmaceutiques de cette plante à hautes doses. On fait prendre le soc déparé le matin et le soir; ou bien on administre plusieurs fois le jour, et au mom^it
46s MÉDICAMENTS
des repas » des pilules composées avec Textrait de ce végétal; la boisson dn malade est une infusion de fumeterre ou du petit-lait dans lequel on a mis bouillir une pincée de cette plante. Le corps se trouve bientôt rempli de principes actifs dont Tinfluence est permanente et uniyerselle. Ajoutons que le traitement n'est ordinairement couronné de succès que quand on le continue longtemps, comme trois» quatre» même six mois , et qu'alors la nourriture du malade» Texercice qu'il prend» la saison elles autres secours de l'hygiène onkune grande part à la guérison.
On présente encore la fumeterre comme une substance médicinale qui peut devenir utile dans les maladies Termineuses, etc*
Famille des PolygonèeSk
Patience» Patientiœ radix^ Lapathi radix ; racine du
RtMEXPATIENTIA» L.» du RVMEX ACUTUS , L. » Ct du R. CBIS-
pvs, L. Plantes communes dans les prairies sèches et dans les lieux incultes. Leurs racines sont charnues» fusiformes, brunes à l'extérieur, etjaunôtres intérieurement: elles sont à peu près inodores» mais elles ont une saveur amèreetun peu styptique. Lorsqu'on les mâche elles jaunissent la salive. Les feuilles de Ces plantes sont acides.
Les racines de patience contiennent des principes extractifs qui se dissolvent dans l'eau. Aussi c'est toujours en décoction qu'on les administre : on met une once de ces racines séchées et concassées » ou deux onces de ces racines fraîches pour deux livres de véhicule. M. Dcyeux
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y a trouvé du soufre ; mais comme celte matière minérale est insoluble dans Teau , elle ne peut ayoir part aux effets que produit la tisane de patience. Cette racine recèle aussi de Tamidon. L'extrait que Ton en tire contient du soufre, de Toxalate de chaux et de l'albumine végétale. On le donne à la dose de six à douze grains par jour.
L'opération tonique de la production qui nous occupe se remarque bien sur les voies digestives. On s'est servi avec succès de cette racine contre la faiblesse de l'estomac et des intestins ; elle a évidemment dissipé l'inappétence , rendu les digestions plus faciles et plus régulières. Cette opération n'est plus aussi facile à constater sur les autres points de Téconomie animale. Des observateurs ont vu la sueur couler après l'usage de la racine de patience. Comme les autres toniques , cette substance favorise l'exercice de la transpiration, en soutenant l'action vitale du système cutané; mais elle ne provoquera pas la sueur» si d'autres causes ne viennent aider et diriger son influence. Les effets diurétiques de la patience dépendront de la pénétration dans le sang, do véhicule qui contient les principes actifs de cette racine; ils pourront » dans quelques cas» tenir à l'impression de ces principes sur les organes sécréteurs de l'urine.
On voit souvent la décoction de racine de patience sauvage tenir le ventre plus libre , lorsqu on en prend beaucoup à la fois. On a cru remarquer que cet effet était plus marqué quand on se servait de la racine bien fratche. Il est digne de remarque que la rhubarbe» qui réunit une propriété^ purgative à une propriété tonique » est de la même famille botanique que la patience.
464 ' MÀDICAMBIVTI
La racine de cette dernière plante s'e^ &it nne grande réputation dans le traitement des maladies de la peso. C'est ordinairement la tisane de patience que Ton conseilk dans les affections dartreuses^ psoriques et autres. Pour concevoir quel est alors le degré de puissance de ces médicaments , il faut se rappeler que Ton en fait un usage journalier , et calculer la quantité des principes médicinaux de la patience sauvage que le corps a reçus après m ou deux mois de traitement. Est-ce de l'exercice de la propriété tonique de cette racine sur le système dermoîde que procède son utilité? Ce qui semblerait le prouver, c'est qu'il est nuisible quand la lési<Hi cutanée est accompagnée de chaleur , de rougeur , d'irritation , quand il y a un mouvement fébrile permanent. Si le malade était dass on état de pâleur et de détérioration , la patience pourrait aussi devenir salutaire» en rendant les digestions plus parfaites et la nutrition plus régulière.
On a regardé la racine de patience sauvage comme un moyen dont la thérapeutique pouvait tirer un parti avantageux dans les embarras des viscères ; mais on sait que les lésions que l'on entendait , en pathologie , par cette dénomination sont très-variées et mal déterminées. On dit aussi cette racine utile dans quelques jaunisses ; ces indications ont quelque cbose de trop vague; il faut préciser davantage quelles sont les affections du foie contre lesquelles on peut diriger la vertu tonique de la patience; des causes très ^diversifiées peuvent faire acquérir à h peau une teinte jaune; et si les unes peuvent être combattues par ce remède , il en est d'autres qu'il aggraverait* On a encore conseillé cette substance dans le scorbut
TONlOt7£8. 465
'B1STOBTB9 BUtùrtœ radix ; racine do PotTGOvrim Bis- ^OBTA » L* Plante virace que Ton trouve dans les prés montagneux de la France et de T Allemagne , et dont la iracine est oblongue» courte, comprimée, cannelée, contournée deux fois sur elle-même ; brune à sa surface et Toageâtre àTintérieur.
La racine de bistorté est inodore , elle a une sareur acerbe très-intense* Elle noircit la solution de proto-sulfate de fer; elle précipite* la gélatine; elle contient une grande proportion de tannin, deTacide gallique, beaucoup d^amidon : Schéele y a démontré la présence de Facide oxsilique. On administre la bistorté en poudre à h dose de 12 grains à un gros. L'eau et Talcool se chargent de ses principes actifs : on se sert plus souTent de sa décoction que de sa teinture alcoolique : on prescrit une once à deux onces de cette racine pour deux livres d'eau. Elle ct)nimunique \ l'eau une couleur rouge très-foncée.
Cette racine possède une force tonique très-puissante : le resserrement Hbrillaire qu'elle détermine dans les tissus organiques est très -prononcé. L'expérience clinique a constaté que Topération styptique de la bistorté pouvait être utile dans quelques hémorrhagies, dans les flux séreux et nmqueux avec congestion sanguine, gonflement, ramollissement de là partie malade, Sans les phlogoses ancieimes sans dégéciéf^escence des tissus; mais elle a démontré en même temps qu'il ne fallait jamais recourir à t:e moyen médicinal lorsqu'il y avait une chaleur vive sur la surface qui fournissait une excrétion morbide, lorsqu'il existait un mouvement fébrile.
CuUen a employé la bistdrte pour guérir des fièvres in- T. I. 3o
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tennittente». Gomme pour réorar dans cette maladie il faut [HTodoire ud dérek^ppement notabk des forces toE»qnes dans tout le système animal, ce praticien en donnait jusqu'à trcMs gros en un jour , qu'il mâait souvent avec la poudre de gentiane.
Quand on se sert de ce remède pour combattre FiocoDiinence d'urine, pour dimmuer la leucorrhée , etc., il faut encore en administrer des doses très-élevées : il est nécessaire que l'influence médicinale de cette racine s'étende jusqu'aux organes qui sont le siège de la maladie. On peut tenter d'arrêter des écoulements gonorriiéiques avec cette substance. Enfin la bistorte est recommandée comme un bon moyen pour raffermir le tissu relâché des gencives.
Famille de* Ménispermies.
GotOMBO, GoLVUBO» ColombcB vel Columbœ radixi racine du Menispebutjv palmatum» Lamarck. Gocculus pal- VATVs, De GandoUe. Le colombe n'a été introduit en matière médicale que vers le milieu du dernier siècle; oa a été long-temps sans savoir à quelle plante on devait rapporter cette racine. Le nom qu'elle porte est celai de la ville principale de l'île de Geylan. La plante qui la fournit est vivacoy dioîque; cette plante a une racine tubéreuse fusiforme, une tige simple» volubile. Commerson l'a vue cultivée à l'Ue-de-France; elle y avait été apportée de la côte orientale d'Afrique # oii elle est commune. M. Forbin l'a depuis trouvée à Mozambique. C'est de là que les Portugais apportaient le- coloQibo en Europe. Cette plante se trouve à Madagascs^r.
Cette matière médicinale se trouve dans le commerce en morceaux orbiculaires , ipégaux , recouverts d'un épiderme jannfitre ou brunâtre» déprimé au centre de leur surface, qui offire des cercles concentriques. On 7 distingue la substance corticale , q[ui est d'un brun obscur , la partie intérieure» qui est jaune, et le centre» qui offre l'apparence d'une moelle farineuse d'un jaune verdâtre '. La savenr du colombe est d'une amertume assez prononcée, désagréable , avec quelque cbose d'acre : cette substance est à peu près inodore ; sa poudre est verdâtre et attire l'humidité.
M. Plancb^ a montré une grande sagacité en s'occupant de l'analyse de cette racine. Il résulte de la série d'expériences chimiques auxquelles il Ta soumise , qu'elle ne contient pas de tannin ni d'acide libre; que l'amidon
* M. Guiboart nous apprend qu'il y a quelques années la racine de Colombo avait presque entièrement disparu du commerce, et qu'on lui aabstiCna uve autre racine, qui oousairiTe des États-Unis, et qpi n'avait pas las propriétés du colQmbo. Cette racine était aasn en tronçons conune cette dernière; mais elle était recouverte d'un épiderme gris fauve; les surfaces transversales étaient irrégulièrement déprimées comme veloutées, d'un jaune pftle, blanchâtre. La couleur intérieure est d'no jfHineoraage, avec un cercle pbs Ibnoé vers les limites des couches ligneuses. loi poudre est d'un jaune tirant sur le fauve.
Gène fausse racine de Colombo ne contient par d'amidon ; elle ne se comporte pas avec les réactifs chimiques comme celle dn vrai Colombo. BQe a une saveur faiblement amère et sucrée, une odeor faible et peu csuraotérisée (Sist»rù ûMgée det Droguê$ simplêi^ tome i, page 456, S* édit. ). Cette racine ne possède pas la vertu tonique à un degré bien élevé : elle ne peut servir à remplir les indications thérapeutiques pour lesquelles on administre le colombo. Cette substitution est tout-à-fait eoodamnable.
4C8 MÉDIGAU&NTS
forme à peu près le tiers de son poids; qu'elle recèle une matière de nature animale très-abondante , une autre matière jaune» amère, indécomposable parles sels métalliques, une très- petite quantité d*hnile volatile » de la chaux et de la potasse y probablement combinées à Tacide malique,du sulfate et du mnriate de potasse.... {BuUet, de Pharm,^ juillet iSii). M. Wittstock a retiré de la racine de Colombo im principe particulier, cristallisable» non azoté, nî acide y ni alcalin, inodore, fortement amer, qu'il a nommé Colombine. Huit onces de cette racine en ont donné 60 grains seulement. Il parait que ce principe amer a une grande activité sur l'économie animale : un^ seul grain a suffi pour donner la mort à un lapin.
On administre souvent le Colombo en pondre à la dose de douze grains à un demi-gros. On en prépare aussi une infusion aqueuse et une décoction; on met deux gros ou une demi-once de cette racine, pour deux livres d'eau; mais ces deux composés pharmaceutiques, bien qu'ils soient l'un et l'antre formés avec l'eau et le même ingrédient, présentent des agents différents. L'infusion à froid contiendra la matière jaune amère et la matière animalisée; mab à cette température- l'eau ne dissout point la fécule. Ce principe se trouvera au contraire très-abondant dans la décoction , et sa présence apportera quelque modification dans l'action des autres matériaux. C'est au moins ce que semble prouver l'observation clinique. On a vu , dans une dyssenterie épidémique , l'infusion de colombe ne pas procurer les mêmes avantages , les mêmes succès que la décoction de cette substance. Quand les voies alimentaires sont irritées , phlogosées , couvertes
d'ulcérations 9. la fécule que contient cette racine devient un correctif qui modère , adoucit Timpression trop vive , trop prolongée des autres principes. Dans ce cas, un praticien attentif mettra de la différence entre Tinfusion qui ne peut contenir ce corps amylacé et la décoction dans laquelle il existe. On fait prendre deux cuillerées à la fois aux malades, de ces médicaments.
On peut composer une teinture de colombe : Talcool dissout la matière jaune amère et la matière animalisée d'où émanent surtout les propriétés médicinales de cette racine. On la donnera par cuillerées à café. Le vin sera aussi un excipient propre à enlever les matériaux actifs du colombe.
On en prépare» à l'aide de Talcool» un extrait qui a beaucoup de vertu et que Ton donne à la dose de quatre, six grains à la fois, jusqu'à douze et vingt-quatre par jour.
Le Colombo fait sur les organes vivants une impression tonique : il fortifie leur tissu , il développe leur énergie. Son usage , quand on le prend à une dose assez forte pour que ses molécules pénètrent dans le sang et se répandent dans toutes les parties , augmente la vitalité des principaux appareils oi^aniques, donne le sentiment d'une plus grande vigueur. Dans l'Inde, on regarde le colombe conmie propre à relever les forces. Les Chinois^ le croient doué d'une vertu aphrodisiaque. Néanmoins cette racine n'a point une action stimulante ; elle anime la tonicité , elle augmente l'énergie des viscères, sans accélérer leurs mouvements; elle rend plus, libre, plus facile , le jea de leurs fonctions, sans en presser l'exer^ce. Ainsi le docteur Thomas Percival , qui a suivi les effets que le colombe
470 uéDICAMlSlfTS
produit, a bien vu que son administration ne donnait pas au pouls plus de fréquence. Il arrire souvent, lorsque Ton donne cette racine en poudre , et à la dose d'un scrupule ou d'un demi-gros, qu'elle provoque le vomissement, qu'elle occasione des coliques. Ce produit accidentel se remarque principalement sur les personnes qui ont Testomàc sensible , ou les voies digestives irritées.
On regarde le colombe comme un stomachique trèspuissant : c'est en effet un remède dont les praticiens ont éprouvé l'efficacité dans les inappétences , dans les digestions pénibles ou les dyspepsies qui tiennent à la débilité matérielle ou vitale de l'appareil gastrique. Douze à quinze grains de cette racine en poudre , ou deux cuillerées de son infusion, de sa décoction ou de son vin, suffisent souvent pour rétablir l'action des organes digestifs ; on administre ces agents à l'heure des repas, afin qu'ils accompagnent dans l'estomac la matière alimentaire , et que leur influence tonique se faisant sentir au moment oh la digestion doit s'opérer, cette fonction en devienne plus facile.
Le Colombo, h petites doses, est encore un moyen utile pour apaiser les nausées , les vomissements des femmes grosses. Il a aussi réussi k suspendre des vomissements dont la cause était fort obscure, et qui paraissaient provenir d'une disposition morbide du cerveau ou de l'utérus. Ces avantages trop souvent momentanés resteront toujours incertains, tant que l'on ne s'arrêtera pas à la nature des lésions qui affectaient alors l'encéphale , l'utérus ou d'aiitres organes, et qiii provoquaient des vomissements symptomatiques. Il est vrai de dire que le Colombo , le
TONIQVBS. 47 1
«juassia et les autres substances tooiqnes qui eontiennent peu de tffiBniu et d'acide galHqoe , qm ne causent point d'astrictioD sûr les organes qni les reçoiyent » ont alors un mérite particulier. L'estomac souffre plus ais^ent leur contact; leur influence tonique est plus douce » elle est mieux reçue par ce yiscère. Bans les maladies des voies digestives , il faut attacher beaucoup d'intérêt aux premières impressions que ressent la surface gastrique.
Dans les diarrhées opiniâtres, dans les dyssenteries, on a proclamé le Colombo une ressource précieuse pour la thérapeutique. Aux éloges que l'on donne 1^ cette production» on s*ap«rçoit bien qu'elle est une acquisition nouvelle pour la matière médicale; on juge plus sévèrement et plus sainement les anciens remèdes* Il est certain que» dans les maladies dont nous parions» le colombe ne peut être utile que par l'impression immédiate qu'il exerce sur la surface interne des intestins» et cette impression ne peut détruire toutes les sortes de lésions qui ont coutume de provoquer des évacuations intestinales.
Pabeiba-bbava » Pareira bravœ radixi racine de TA- BUTA BVFBscBNs» Aublot. Arbrisscau sannenteux» qui vient dans les bois de la Guiane et de Gayenne » au Brésil; ses racines sont ligneuses» tortueuses» d'une épaisseur assez considérable» recouvertes d'une écorce brune et d'un jatme obscur k l'intérieur» où se font remarquer de nombreux cercles concentriques» traversés par des lignes radiaires. La racine du Gissamfelos pabbiba» L.» qui croit au Brésil, existe aussi dans le pareira-brava du commerce.
Nous devons à M. Fenenlle» pharmacien à Gambrai» une analyse de cette racine médicinale. Il en a retiré »
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Famille des Pofygalies.
Ratanhia, racine da Kbavsbia taiandba el du K. ixiNA« La première est une plante rampante % qai vient sur les ccrteaux exposés à Fardeur des raycms. solaiires an Pérou , dans le Mexique. Elle se trouve dans les temim sablonneux, crayeux, arides; ses racines sont rameuses, dles se composent de divisions longues de deux à trois pieds, et de la grosseur du doigt L'écorce de cette racine est Caisse , d'une couleur rouge très-foncée ; elle agit fortement sur Torgane du goût Le meditulHum, ou le corps ligneux, est très -dur, blanchâtre ou légèrement rougefitre, sans sayeur. C'est donc l'écorce de cette racine qu'il faut prendre pour les usages thérapeutiques.
Le ratanhia est une nouyelle acquisition pour notre matière médicale. Les chimistes se scmt empressés de Texaminer, et nous leur dcTons plusieurs analyses de cette production ; nous nous arrêterons à celle de M. Vogel^de Munich {Joum. de Pharmacie, tom. ▼, p. i93)* C'est la poudre de Técorce de la racine qu'il a soumise à une série d'essais : il résulte de ses recherches, i* que la partie efficace du ratanhia est celle qui se dissout dans rean et dans l'alcool , et qui communique à ces menstrues une couleur rouge ; a* que les médecins , en ordonnant la décoction ou l'extrait de ratanhia^ doivent éviter d'y ajouter des acides minéraux ; 3^ que le principe astringent de cette racine semble être une modification du tannin;
* Le mot ratanhia signifie plante qui trace sous terre.
4» que cette racine contient ce tannin modifié» de Tacide galliqae, de la gomme, de la fécule et une matière ligneuse; 5*^que la cendre du ratanhia donne de la chaux rire, du carbonate de chaux et de magnésie, du sulfate de chaux, et de la silice. La racine de ratanhia fournit un quart de son poids d^extrait.
D'après M. Yogel, loo parties de la poudre de Técorce de ratanhia sont composées de
Tannin modifié 4^
Gonmie i 5o
Fécule 5o
Matière ligneuse 4^
Acide galh'que une trace.
Eau et perte lo
M. Peschier, pharmacien de Genève, s'est aussi occupé de l'analyse du ratanhia; il y a signalé l'existence d'nne petite portion d'un acide particulier, qui a des caractères qui lui sont propres , et qu'il propose de nommer acide kramérique. Cet acide nouveau existe dans le ratanhia avec l'acide galllqne : il a une saveur vive et styptique. {Journal de Pharmacie, tom. vi, p. 43-)
On administre rarement la racine de ratanhia en poudre ; la proportion du ligneux , corps inerte , est trop considérable dans sa composition. On la donne plus souvent en décoction; on met jusqu'à une demi-once de cet ingrédient pour deux livres d'eau. Ce liquide prend une couleur rouge très-vive ; lorsqu'on boit cette tisane , elle teint les dents , les lèvres , les gencives ; si le malade la
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rejette, il semble qu*il vomime du saDg* On emploie sou^ Tent Textrait de ratanhia; on le trouve dans lecommerce^ sec, cassant, en masses brunes; sa cassure est- d'un rouge foncé; sa poudre est très-rouge» On donne cet eitraitiila dose d'un à deux gros par jour : on le fait ordinairement dissoudre dans Teau pour Tadministrer. Je donne bèquenmient un ou deux gros de cet extrait dans quatre onces d'eau distillée de roses avec une once de sirop de gomme arabique ou de sirop diacode, si Ton désire y joindre la propriété de ce dernier composé. On prépare aussi un sirop de ratanhia que Ton administre par cuil* lerées.
C'est à M. Ruiz que nous devons la connaissance de ce remède. Depuis long- temps le Péruviens employaient la racine dont nous nous occupons ici pour se nettoyer les dents et pour affermir le tissu de leurs gencives ; M. Roiz s'en servit lui-même, il fut frappé de l'intensité de sa saveur styptiqne. Il eut aussitôt l'espoir d'en tirer un agent très-efficace pour l'art de guérir; il la fit connaître aux médecins espagnols , qui mirent à l'épreuve ce nouvel instrument thérapeutique. Ik obtinrent des succès qui porteraient à le regarder comme une découverte infiniment précieuse pour l'humanité » si Ton ne savait qu'un médicament est toujours accueilli dans sa nouveauté par l'exagération , et qu'il faut diminuer beaucoup de l'importance qu'on lui accorde, si l'on veut le mettre à la place que l'expérience clinique , juge souveraine de ces sortes de matières, finira par lui assigner.
Le ratanhia a une saveur fortement styptiqne et on peu amère. L'ingestion de cette substance laisse aux matières
fécales lenr consistance natarelle, mab leur donne nne coiileor d*on ronge foncé : cette coulenr s'observe encore denx , parfois trois jours et même pins , après qtie les malades ont cessé d'en prendre. Le ratanhia ne rend pas les urines plus rouges. L'impression que cette substance cause dans la cavité buccale annonce une propriété tonique très-développée; cette impression se continue dans rintérieur des voies digestives. Toutes les fois que Ton voudra déterminer le resserrement des fibres d'un organe, réveiller ou augmi^riter le ton > la vigueur de ses tissus , combattre l'atonie, le relâchement d'une surface ou d'un appareil oi^anique, on pourra recourir avec confiance à l'usage de cette substance. Mais le ratanhia n'a d'autre avantage sur les médicaments styptiques que celui qu'il retire de son énergie ; il ne recèle pas de vertu spéciale pour guérir certaines maladies. C'est seidement un fort tonique astringent; les succès qu'il procure sortent de l'exwcice de sa faculté corroborante.
Le ratanhia » quand l'estomac et les intestins ne sont pas dans leur état normal, cause à quelques malades des vomituritions, des aigreurs» de la chaleur dans le basventre , des coliques, des douleurs lombaires , de la constipation, ou au contraire des selles liquides. Quelquefois cette substance fait nattre , après dix ou douze jours de son emploi, comme une pléthore sanguine; il y a des picotements à la peau, une ccilpration plus grande de la figure, des douleurs vagues dans les membres , des étourdissements, de l'agitation, etc. : j'ai même vu. cracher dn sang pendant l'usage prolongé de cette substance.
On préconise le ratanhia comme un remède sûr dans
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les hémorriiagies qui ont un caractère at<mî^pie. Son in- £LaeDce styptique a arrêté des yomissements de sang, des hànoptysies , des épistaxis , des hématuries , des dyssenteries , des pertes utérines , etc»
Qu'une substance qui fait sur les organes une im^ession styptique si rire , arrête des éyacuatiims morbides , de$ écoulements sanguins, c'est un résultat dont ne s'étonnera pas celui qui aura compris l'eflfet qu'elle produit sur les tissus yiyants. Le ratanhia opérera toujours lo ressentment des ouTertures trop dilatées : son action est propre à dissiper les hémorrhagies qui sent produites par la congestion sanguine d'une membrane muqueuse, par l'atonie des vaisseaux capillaires qui la recouvrent. Le ratanhia convient aussi contre les hémorriiagies qui reconnaissent pour cause une mollesse morbide des ti^us organiques dont les orifices exhalants sont relâchés, ouvierts. Cette substance pourra même , quand la nature y sera disposée , décider la cicatrisation. d'ulcères superficiels* Une hénatorrhagie est toujours un phénomène symptomatique , et c'est anx lésions qui occasionent la sortie du sang hors de ses canaux qu'il fiiut s'attacher, pour reconnaître si le ratanhia peut en être le remède. Il est certain que l'impression d« x^ette substance ne sera plus favorable, lorsque des évacuations sanguines ou humorales seront occasionées par une fluxion active ou par un travail ardent .de phlogose sur les lieux qui les foumiipnt ; ou quand leshémorrhagies seront entretenues par une surabondance de sang , par on état de pléthore. Il est contraire à la doctrine phannacologique , comme aux résultats de l'expérience , d'avancer que le ratanhia ne peut jamais faire de mal , que son usage
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n'entratne jamais qirès Iqi de s oites facheuaes. Le danger qu^i^Sre Temploi d*on remède mal appliqué» preacrit à contre-temps, se proportioDoe toujours à l'énergie de sa yertn. Le ratanhia suscitant des effets immédiats très*prononcés , déterminera une exaspération mariée dans les accidents nHurbides , lorsque l'on se servira mal à propos de ce moyen thén^eutique.
J'emploie avec confiance le ratanhia dans les ramollissements du tissu du cœur, dans les dilatations des ventricules de ce yiscère : ces lésions sont très^fréquentes ; elles produisent des accidents nombreux. Quand il n'y a pas actuellement sur le cœur d'irritation ou de phlogose, l'usage journalier du ratanhia me parait salutaire : j'ai l'opinion que l'impressii» répétée des molécules de cette substance sur le tissu musculaire du cœur , peut corriger sa mollesse morbide, peut opérer un resserrement des fibres qui le c^NSoposent , tend toujours à ramener ses cavités à des dimensions plus rapprochées de l'ordre normal* Je le donne aussi ayec la même intention d^s les hémoptysies que je crois produites par une dégénérescence molle du tissu pulmonaire. Pour apprécier tout ce que peut fifiire alors le ratanhia , il faut calculer la quantité de cette substance que le corps malade a reçue après quinze jours , un mois , six semaines de traitement. On conçoit mieux alors le pouYoir que le ratanhia exerce sur les tissus orgaai* qaes, les modifications intestines qu'il leur fait éprouver.
Lorsque l'on administre le ratanhia contre le dévoiement , et qu'il y a de l'irritation ou de la phlogose dans les voies intestinales, œtle substance fait naître, iqprès son ingestion, un sentimMt d'ardeur dans l'^igastre.
48o MÉDlGAHBltTS
dans rabdomen , qui 6e répand parfois dans les côtés dû corps, même dans les membres : la gorge, la langae , la bouche deviennent sèches ; il y a de la soif, de la car^ dialgie , des Tomissements , puis un trouble notable dans les intestins, des flatnositës, des coliques, etc.; les éyacuations deviennent plus abondantes. Si l'irritation ou h phlogose ont peu de vivacité , s'ils durent depuis long* temps, ces effets accidentels du ratanhia se calment après quelques prises de cette substance. Les symptômes morbides qui existaient auparavant deviennent moins forts : après une augmentation apparente de la maladie, le mieux se prononce. Le malade va moins du bas , les selles sont moins liquides, elles s'épaississent, elles perdent leur fé~ tidité, il n'y a plus de chaleurs au fondement en les rendant, les tranchées s'apaisent, leventre est souple, le malade se trouve mieux, ses forces renaissent, il a un peu d'appétit, son teint reprend une meilleure expression : il est évident alors que le ratanhia devient salutaire. On ne doit pas s'effrayer des effets que produisent les premières prises de ratanhia« Cette substance, pour ramener les tissus intestinaux à leur condition normale , a besoin de combattre, de maîtriser les lésions dont ik sont affectés.
Lorsque le ratanhia, administré contre une diarrhée, continue d'exaspérer les accidents de la maladie, qu'il rend les évacuations alvines plus liquides , plus fétides , plus fréquentes , les tranchées plus vives ; lorsque le ventre devient plus gros, douloureux à la pression, que le malade se plaint de ce remède parce qu'il lui cause des chaleurs Intérieures plus vives, qu'il souffre davantage, qu'il
a de raccablement» deTagitation, etc., on doit penser que les lésions des voies alimentaires sont plus fortes qae l'action du ratanhia, qu'elles lui résistent , que son administration ne fait que les irriter , que left aggraver ; on doit en cesser l'emploi. Une femme dequatre-yingt-deux ans avait xme diarrhée depuis deux mois , avec gonflement du ventre, de fréquentes tranchées , une infiltration cellulaire générale, une pâleur profonde, point d'appétit, etc. ; l'extrait de ratanhia pris dans une potion avait causé, après chaque cuillerée , une chaleur vive dans l'estomac et tout le bas-ventre , un trouble dans les intestins , des coliques répétées , une grande sécheresse de la bouche , sans diminution du nombre des déjections alvines^ Après sa mort, nous trouvâmes sur la £stce interne de l'estomac quelques taches rougeâtres; quelque» autres endroits étaient pointillés de rouge ; il y avait eu évidemm«it pendant la vie un travail de phlogose sur la membrane muqueuse gastrique ( end<^astrite )• Les intestins grêles, sur quelques zones seulement, avaient leur intérieur rouge; le reste de leur étendue était sain. Les gros intestins étaient trèsmalades t la tunique péritonéale et les tuniques musculaires de ces organes conservaient leur état normal, mais la membrane muqueuse était phlogoaée : le cœcum, très-dOaté, avait sa face intime d'une couleur lie de vin ; sur le colon un grand nombre de zones séparées par des parties saines avaient la membrane muqueuse gonflée , très-rouge; la partie saillante des replis de cette membrane offrait une rougear plus vive que le fond : cette altération se continuait dans le reotmn.
Un homme, âgé de 4^ ans, qutmourut le i5 mai i8a5,
483 BI&OICAIfEHTS
et sur lequel on tronva, i*un cancer très-étendu de TestO" mac» qui occupait surtout le cardia, 2* de nombreuses ulcérations sur la surface interne des gros intestins, avait pris pour arrêter la diarrhée qui Tépuisait » depuis le 5 mars jusqu'au 16 » par cuillerées de deux heures en deux heures « une potion composée de deux onces d'eau de roses, une once de sirop de gomme arabique et un demi-gros d'extrait de ratanhia. Malgré l'état où était l'estomac , cet homme n'éprouva aucun effet fâcheux de l'ingestion de cette potion : le dévoiement se modéra , il y eut moins de coliques» moins de chaleur dans le bas-ventre ; cependant les évacuations alvines continuèrent toujours. Les symptômes du cancer» les rapports aigres» l'inappétence» les vomitnritrons » les sentiments d'ardeur» de déchirement, d'angoisses » etc. » n'augmentèrent pas.
On dit que ce médicament a été efficace dans des leucorrhées» des blenuorrhées rebelles» quand des excrétions séreuses -devenaient trop abondantes, qu'il existait des sueurs affaiblissantes , etc.
J'ai donné avec quelque succès le ratanhia dans le diabètes. Les urines diminuaient de quantité» la soif perdait de sa violence » l'appétit augmentait » les selles étaient naturelles ; la nutrition semblait se rétablir » les forces revenaient » le malade se trouvait mieux pendant l'usage de cette substance. Dans le diabètes» la sécrétion exubérante de l'urine , les qualités chimiques qu'offre ce liquide» ne sont que des phénomènes seméiotiques. Il existe alors des lésions simultanées sur les reins et sur la partie inférieure de la moelle épinière : c'est à reconnaître le caractère de ces lésions » à déterminer leur nombre» que la médecine
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doit s*attacber. Les reins sont dans on état d'hypertrophie, lear mode de vitalité est perTortî , etc.
Famille des Erables.
ËcobceduMabsonnibbd'Iiidk, Uippocastani cortex ; iEs- €ui.us HiPPO€ASTAHUif» L. Afhre d'nn port ma jestneox, remarquable par l'élégance et par la richesse de son feuillage. Ses fleurs, disposées en pyramides rerticales au sommet des rameaux, offrent , au moment de la floraison» un spectacle magnifique. Cet arbre, maintenant très-commun partout , n'a été introduit en Europe qae dans le seizième siècle. On le croit originaire des climats tempérés de l'Asie.
L'écorce du marronnier d'Inde est inodore » mais elle a ^e saveur amère et styptique. HH. PeUetier et Cayentou eut cherché inutilement dans cette écorce les bases salifiables qu'ik avaient découvertes dans le quinquina ; ils n'y ont même pas trouvé un principe qui ait de l'analogie avec ces bases. Leurs recherches ont démontré, dans l'écorce du marronnier, une composition chimique à peu près semblable à celle de l'écorce de saule. Ces chimistes en ont retiré un extrait alcoolique d'où l'eau enlevait une matière tannante rougeâtre ; à la surface de la liqueur, on remarquait une huile verdâtre : une substance d'un brun roageâtre restait non dissoute. La liqueur aqueuse filtrée précipite abondamment par la gélatine , n'a pas d'action sar l'infusion de noix de galle ou la solution d'émétique, etc. On trouve encore de la gomme dans l'écorce de marronnier; le ligneux reste fortement coloré. {Ouvrage cité.
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p. 79. ) Il est impertant de choisir les écorces de marronnier que Ton destine àTusage thérapeutique. Il nous semble que celles qui sont extraites de branches âgées de trois à quatre ans présenteront les conditions les plus favorables: leurs principes chimiques auront en le temps de se former, et leur faculté aura tout le déyeloppement qu'elle est susceptible d'acquérir. Ces écorces sont alors brunes , rugueuses à Textérieur, et de couleur de chair à l'intérieur. Il faut surtout soigner la dessiccation de ces écorces. On les donne en poudre » à la dose de quinze grains à un gros pour les médications locales > et à la dose de demi-once jusqu'à une once pour les médications générales. On les prescrit aussi en décoction : on en met une demi -once ou une once dans deux livres d'eau. On devrait se servir de l'extrait de cette écorce. On pourrait en former un via médicinal et une teinture alcoolique » dont les propriétés seraient très^rononcées » et que l'on administrerait par euillerées à bouche pour le rin, et par cuillerées à cafë pour la teinture*
L'écorce de marronnier agit sur les oignes vivants à la manière des agents toniques ; les effets immédiats qu'elle suscite lui assurent une place parmi eux. L'impression que cette substance exerce sur les voies digestives , quand on en donne une forte dose, détermine un trouble dans l'action naturelle du canal alimentaire» occasione de l'oppression et quelques autres effets sympathiques, etc. ; mais ces produits sont inconstants, et nous voyons les observateurs être tout»à-fait en opposition quand il s*agit de ces effets accidentels. Tuira, cité par Murray, dit que l'usage de cette écôrce ne cause point de malaise, de nan-
TONIQVSS. 485
sée8> do vomissemenU, de diarrhées, de pesanteur, etc. : 9a contraire M. Alibert l'a vue , à l'hôpital Saint-Loais , provoquer tous ces accidents > faire éprouva an malade une chaleur très-vive à l'orifice cardiaque, renouveler l'embarras gastrique, etc. Il est yrai qu'une différence dans la qualité de l'écorce que l'on employait, ou djins la quantité que l'on en prescrivait à la fois , ^t surtout dans la disposition actuelle des org^^ea. digestifs, suffirait pour donner lieu à cette oppositiop dans les résultats.
On pourrait recourir à l'écorce de marronnier d'Inde dans toutes les maladies où les toniques sont indiqués. Cette substance répondra à l'attente du praticien qui s'en servira pour fortiSer l'estomac , pour rendre aux tuniques de ce viscère leur épaisseur normale , lorsqu'elles seront devenues minces ou moUes. Ce moyen dissipera l'inappétence et les irrégularités de la fonction «digestive qui tiendront à ceslésions< On prescrira alors l'écorce de mar ronnier à petites dcMes, si on veut restreindre son opération médicinale à l'appareil digestif. Mais c'est principalement contre les fièvres intermittentes que l'on a cherché à tirer parti de la force active de cette écorce. Des essais , tentés avec le dessein de juger la valeur de ce remède, lui ont été tantôt favorables et tantôt contraires. N'oublions pas que la vertu de l'écorce du marronnier, pour devenir fébrtfoge, a besoin d'êtM un peu forcée. Elle ne peut s'opposer à la fièvre qu'en suscitant une médication générale, et pour obtenir cette dernière, il faut donner, en peu d'heures, une forte dose de la substance qui nous occupe » comme une demi-once , six gros, même une once de sa poudre , plusieurs onces de son vin , six cuillerées de sa teinture.
486 MÊOIGAMEKTS
Famille des Caryophy liées.
Saponairb » Saponariœ herba , radix; Saponaria offich NALI8, L. Plante vivace, qui vient spontanément dans les lieux rocailleux , au bord des chemins et des vignes. On en cultive » dans les jardins , une variété à fleurs doubles. On se sert, en médecine, des feuilles et surtout des racines , qui sont traçantes , petites et longues de plusieurs pieds. On nomme encore cette plante Savannière.
La saponaire est inodore , mais elle a une saveur amère, qui finit par se mêler h un sentiment d'âcreté. Cette plante contient de la résine, et une matière extractive particulière^ d'une saveur acre, piquante, très-persistante, que l'eau dissout facilement et que Ton a nommée saponine. La plus petite quantité de cette matière donne à Teau des qualités nouvelles ; ce véhicule s'est épaissi , et lorsqu'on Tagite-vivement , il devient mousseux, se couvre d'écume, absolument comme l'eau dans laquelle on a fait fondre da savon ; c'est de là que cette pl&nte tire- ses noms , de sapo, savon. La décoction de la plante fraîche produit cet effet à un degré bien plus marqué que la décoction de la plante sèche. Bergius dit qu'il s'est servi de l'eau chargée des principes de la saponaire pour nettoyer du linge sale, pour enlever des taches d'huile, de graisse , et qu'il a complètement réussi. Cependant il n'existe aucune ressemblance entre la composition chimique du savon et celle de la saponaire. On np trouve pas dans, cette plante un alcali propre à s'emparer de la matière grasse et des saletés qui se trouvent sur les étoffes , en se combinant chimiquement avec elles.
TONIQCBS. 4S7
On administre les feuilles et la racine de saponaire on décoction; on prend ces substances séchées; on en met une demi-once ou une once pour deux, livres d*eau. On en tire de plus un extrait dont on se sert en pilules à la dose de quatre à $ix grains à la fob; on peut en donner un scrupule» même un gros par jour. On conseille aussi le sac dépuré de saponaire. Les médicaments que foiimit la saponaire exerceiit sur les organes vivants une action tonique. Leur usage donne toujours plus d'énei^e aux fonc tions digestives» tend à rendre plus régulier, plus facile > Texercice de toutes les autres fonctions. Ces agents seront utiles toutes les fois qu'il y aura dans le système animal des parties où la nutrition sera languissante^ des tissus organiques quiperdcont lear volume normal» ou qui éprouveront un ramollissement morbide, etc.
On recommande la ti9ane, l'extrait et le suc dépuré de saponaire dans le traitement de la jaunisse : des succès ont prouvé TeiGcacité de ces agents contre cette affection. Mais la perturbation du cours naturel de la bile, la coloration de la peau par sa matière jaune , peuvent être l'effet de lésion^, bien différentes! si la saponaire peut servir contre quelques-unes de ces lésions» elle peut aussi rester ineflScace contre d'autres; elle peut même imprimer à quelques-unes plus de gravité. Ce n'est donc plus contre la jaunisse», qiii n'est qu'un produit symptomatique » qu'il faut diriger des remèdes, mais bien contre la lésion qui amène une coloration morbide de la peau.
On vante l'utilité de la saponaire dans les douleurs des articulations. Il est difficile d'expliquer comment sa vertu tonique peut dans ce cas opérer quelque bien ; il faudrait
488 mAdicambrt»
d'abord s'entendre sur la nature pathologique des douleurs que cette plante a enlevées : la saponaire peut-elle être utile, si ces douleurs sont névralgiques ? elle doit être contraire, si elles tiennent à un travail de phlogose sur les tissus articulaires, etc. On lui accorde une vertu dépurative qui n*e9t encore qu'une dépendance de sa vertu tonique , qu*un produit de l'exercice de cette derrière sur l'appareil digestif, sur le système dermolde, et sur l'économie tout entière. Conçoit-on tout le pouvoir d'une puissance tonique, lorsqu'elle sert à rétablir l'intégrité des. fonctions qui réparent le sang et les tissus organiques , dans un corps où ces parties ont éprouvé une détérioration pathologique? C'est alors que, après quelque temps de l'emploi du médicament, on voit survenir des éruptions cutanées, des suintements puriformes, des évacuations salutaires, des sueurs, des urines chargées, etc., qui décèlent le mouvement intérieur, la régénération qu'éprouve actuellement tout le système vivant. On conseille l'usage de la saponaire pendant le traitement des^maladies syphilitiques. 11 est d'observation qu'une influence fortifiante devient un auxiliaire favorable du mercure dans ces maladies, lorsqu'il y a perversioù dans l'exercice de la nutrition , pâleur profonde ou couleur jaunâtre de la peau, diminution des forces, détérioration du sang et des tissns organiques. Un médicament tonique fait alors beaucoup de bien , en rendant les digestions meilleures et Tassimilation plus active : c'est surtout dans ces circonstances que l'usage de la boisson de saponaire est conseillé par les médecins. Cette plante ne détruit pas la cause des affections vénériennes, mats elle tend h corriger la ca-
TOMIQUBS. 489
cheue que l'existence prolongée de ces mda^es engendre dans réconomie animale.
Bei^ins, Peyrilhe, H. Alibert^ regardent cette plante comme mie production médicinale avec laquelle la thérapeutique peut opérer de grands résultats. Ce dernier se loue de Tavoir mise en usage dans le traitement des dar^ très furfuracées et squammeuses.
Famille des Érlcacèes^
Raisin d'oubs ou Busserolb » Vvœ ursi fbtia: fimillés de TAbeutus U¥A vrsi » L. Arbuste qui croît spontanément dans la partie chaude comme dans la partie froide de rSurope. Il est commun en Espagne; on le trouve en France; il existe aussi en Suède, dans la Laponie, etc.
Ses feuilles, dont on se sert en médecine , ont été analysées par MM. Malandri et Moretti. Ib en ont retiré du tannin^ de Textractif amer , de Tacide gallique, delà ré*sine, de Textractif oxygénable , du muqueux , du ligneux et de la chaux, h^ décoction des feuiUes de busserole pré^ cipite le fer en noir. En Russie on se sert de ces feuiUes pour le tannage des cuirs.
On administre ces feuilles en décoction ou seulement en infusion dans l'eau bouiUante. La dose est de deux gros pour une livre d'eau. On donne aussi la poudre de ces feuilles à la dose d'un demi-gros à un gros.
Les feuilles de VUtia ursi sont inodores, mais elles ont une saveur d'abord très-slyptiqoe , puis un peu amère. Ces feuilles exercent sur les tissus organiques une impression qui détermine en eux un resserrement iibrillaire. Cette:
490 MiDIGAWBlITS
impression annonce qu'elles deviendront salutaires contre les affections qui réclament Temploi des médicaments toniques et astringents. On ne peut s'étonner de voir ces feuilles conseillées par les praticiens contre la diarrhée, contre Id leucorrhée, contre les gonorrhées anci^nes. Le caractère de leur action sur les organes qui dans ces affections se trouvent dans une condition morbide, explique assez comment elles se rendent utiles. Mais peat-on également croire aux succès que l'on attribue aux feuilles diUvà ursi, dans les douleurs néphrétiques , dans le catarrhe yésical» dans les engorgements prostatiques? Une propriété styptique peutTolle calmer les douleurs que rémission des petits calculs occasione , ou que fait éprouver la présence d'une pierre dans la vessie? Peut-elle dans ces cas rendre plus libre la sortie des urines? Ce qui prouve que les éloges donnés par les auteurs à ces productions sont au moins exagérées, c'est qu'on en fait très-rarement usage de nos jours.
Famille des Aq ai foliacées.
Houx, Ilex AQUiFouuM, L. Arbrisseau toujours vert que l'on trouve dans les haies et les bois. Àes baies deviennent en automne d'une couleur écarlate : on dit qu'elles excitent le vomissement et des déjections alvincs. On s'est servi des feuille» du houx en médecine : M. Lassaigne les a soumises à l'analyse chimique; il y a trouvé 1° une matière amère neutre et cristallisable, non décomposée par les acides et les alcalis, mais bien par l'alcool; 2"^ une matière colorante jaune; S*" de la chlorophylle; 4"* de la cire ; S*" de la g(Hnme ; ô"" de l'acétate de potasse;
TONIQUBS. 491
7*" du muriate de potasse et de chaux; 8* du malate acide de chanx; 9* du solfate et du phosphate de chaux; lo*" du ligneux. On a annoncé avoir retiré un principe particulier de ces feuilles , que l'on nommait lUcine. C'est avec l'écorce du houx que l'on prépare la glu.
Les feuilles de houx ont une saveur amère très -forte. On s'est souvent servi de leur pondre à la dose de deux gros aune demi- once 9 contre les fièvres intermittentes. Les qualités sensibles de ces feuilles , les effets immédiats que provoque leur emploi » ne laissent aucun doute sur la nature tonique de la propriété qu'elles recèlent.
M. ff. Rousseau a fait pa^rt à l'Académie royale de Médecine de nouvelles observations « qui tendent à prouver l'ef&cacité de ces feuilles dans le traitement des fièvres intermittentes. Il met un gros de poudre de feuilles de houx infuser pendant douze heures dans un verre de vin blanCy et il administre ce mélange deux ou trois heures avant l'accès^ Dans les cas que ce médecin rapporte. Faction fébrifuge du remède ne parait ^ pas douteuse (Nowo. Joam. de Méd., mai 1822 ). Mais pour faire la part juste des feuiUes du houx dans cette occasion , il ne faut pas oublier que le véhicule qu'on leur donne peut aussi , par sa force stimulante» s'opposer à la naissance de la fièvre. Depuis l'annonce de M. le docteur Rousseau» on a souvent employé les feuiUes de houx contre des fièvres intermittentes. L'expérience ne s'est pas montrée favorable à ce fébrifuge. Le quinquina et le sulfate de quinine conservent toujours une s^périorité qui semble bien être un privilège.
Au commencement de juin 1 83 1 » nous avons, à l'Hôtel-
49s MÉBICâtf&HTS
Dieu d'Amiens» mis à Fessai les feuilles de houx comme fébrifuge. Nous aTions k notre disposition des feuilles qal proyenaientdeM. le docteur Rousseau^ Nous avons choisi cinq fièvres intermittentes simples» printanières» exemptes de complication» de toute lésion viscérale ; dans l'interTaUe des accès» toutes les fonctions s'exécutaient chez les malades dans Tordre noroaal.
On administrait le houx en poudre à la dose de deiix gros» délayée dans un demi- verre d'eau sucrée. On donoait ce remède deux heures avant l'accès.
Les effets immédiaits do houx ont été d'abord une saveur amère » pais un demi-quart dfheure ou un quart d'heure après» du malaise» quelques picotements, de la pesanteur, mais surtout un sentimeot de chaleur dans l'épigastre qui bientôt s'étendait au ventre» montait dans la poitrine, se répandait même dans les membres. Cette chaleur» quand elle /^'était généralisée» durait trois heures et même plus; elle se faisait sentir au toucher de la peau. Ce développement de la calorificatien a été l'effet le plus constant delà poudre des feuilles de houx» prises à la dose de deux gros. Pour moi» il décèle une modification opérée par cette substance dans la condition normale des plexus du système nerveux ganglionaire.^
Les feuilles de houx furent prises plusieurs fois an moment du frisson» parce que l'accès était arrivé plus tôt qu'on 9e l'attendait ; la chaleur dont nous venons de parler nV pas eu lieu ; mais les malades étaient tourmentés par des anxiétés» par une grande pesanteur épigastrique; la poudre de houx remontait à la bouche» les souffrances de Taccèi étaient beaucoup plus fortes.
TonrovBs* 49^
L'administratioii des feuilles de houx n'a pas été suivie de Damées; il y a eu fréquemment des coliques; si les malades allaient du bas » les selles étaient solides et naturelles. Le pouls reste calme; il n*offrô ni vivacité ni fréquence.
Les personnes qui prennent le houxavec Testomac irrité, ou d'une susceptibilité morbide, éprouvent des douleurs» des rapports acres, des vomituritions d'eaux glaireuses, etc. Alors cette substance passe péniblement.
Les effets fébrifuges du boux ont été plus qu'incertains* Cette substance modifie les accès des fièvres quotidiennes, tierces, double- tierces : elle les rend plus longs ou plus courts : elle les déplace , les fait retarder ou avancer : elle imprime aux trois stades de la fièvre une autre esqiression. Hais elle n'interrompt pas son cours : les accès reviennent toujours. Ennuyés de ces essais, les malades se plaignent, et ne veulent plus reprendre ce remède, qui les fatigue, qui leur déplaît»
Après des tentatives répétées six fois au moins pour chaque malade, je conseillai le sulfate de quinine à la dose de six grains. Sur un de ces fébricitants, une seule administration fut suffisante : les autres n'en prirent que deux doses : le triomphe du sulfate de quinine fut éclatant.
Famille des Oléinees.
LiLAs COMMUN , Syringa vulgaris, L. On vient de recommander l'usage des capsules vertes de cet élégant arbrisseau. Ces capsules ont un goût très^amer : leur amertume est franche et sans mélange d'ficreté. Les préparations pharmaceutiques que l'on en fait possèdent
494 utoiCAifBrrs
une propriété tonique» et peuvent par Texercice de cetie propriété rendre des services à la thérapeutique. On s'en est déjà servi avec saccès pour arrêter les accès de fièyres intermittentes» ( Cruveilkier, i** cahier de Physiologie pathologique. ) ^
. Feuilles d'Olivier , Olea EUROPiBAy L. Ces feuilles ont été proposées comme un remède fébrifuge. Analysées par M. Pelletier» elles ont fourni , i* une matière acide colo* rée ; 2** de Tacide gallique; 5* une matière grasse ; 4* de la chlorophylle; 5* de la cire végétale; 6* de l'acide maliqne; 7** de la gomme ; 8* de la fibre ligneuse. ( Joum. de Pharmac. , octobre i8â3. )
M. le docteur Pallas nous a fait connaître des recherches chimiques et médicales qu'il avait faites sur l'olivier d'Earope (Eé flexions sur P intermittence, Paris» i83o). Elles l'ont conduit à préférer l'écorce des jeunes branches aax feuilles de ce végétal. Il a trouvé dans ces productions un principe amer» d'un brun rougeâtre, demi-transparent, de saveur très-amère» d'odeur faiblement nauséabonde, soluble dans l'eau et dans l'alcool; c'est à ce principe quil attache la propriété fébrifuge de l'olivier. Il en aaussi extrait une matière cristalline analogue à la mannite.
M. le docteur PaUas a adiùinistré avec succès l'extrait d'éeorce d^olivier dans des fièvres intermittentes. Il en donnait uïi demi-gros » même un gros» avant le moment présumé de l'accès.
. Le Frêne» Fraxinvs exgelsior » L» » dont l'écorce a nne saveur austère et une propriété toniqu6 » appartient aussi à cette famille. On s'en est servi avec succès pour combattre des fièvres intermittentes.
Famille naturelle des Lichens*
LiCBEN D'IsLiNDBy Musci Isloudici herba ; Lichen islan- Dicns, L. ; Physgia islandica, FL fr. Production foliacée sèche , membraneuse 9 droite, divisée en lobes nombreux, obtus, souvent bifurques, d^un brun verdâtre ou olivfitre. Cette plante cryptogame croit par touffes sur la terre, dans les lieffk stériles et montagneux ; elle se trouve surtout dans les régions du nord; elle est abondante dans l'Islande, où elle forme une grande partie de la nourriture des habitants : elle croit aussi dans nos provinces méridionales , en Italie» etc.
Cette substance , soumise par M. Berzélius à l'analyse chimique, a donné pour cent parties :
Principe amer 3 »
Matière colorante extractive. ... 7 v
Cire verte 16
Sirop mêlé d'un peu d'extractif. • . 3 6
Fécule. ......... 44 5
Squelette féculacé 56 6
Gomme ^7
Tartrate de potasse et de chaux. . . 19
Le lichen d'Islande contient en outre une quantité à peine appréciable d'acide gallique.
Cette production est à la fois une matière douée d'une force tonique et un corps nutritif. L'examen de sa constitution chimique suffirait pour prévoir le double parti
496 U&DICâMBNTS .
que Ton peut en retirer» puisqu'elle offre des matériaux éminemment alimentaires » ayec des matériaux médicinaux. Il est évident que la propriété qui place le lichen d'Islande au rang des sujets pharmacologiqnés procède du principe amer, et de la matière colorante extractive; que la faculté qu'elle a de fournir des éléments réparateurs au système vivant appartient à la fécule et au squelette amylacé» qui devient, par l'ébulUtion dans l'eaa, visqueux et de la nature de la gomme. Aussi ceux qui ae cherchent dans le lichen qu'une nourriture ahondante et agréable ont-ib soin de dépouiller cette production de son principe amer, de sa matière colorante; ils y p»rvi^inent en mettant macérer cette substance dans l'eau froide» et encore mieux dans l'eau chaude. M. Westring a démontré que l'on remplissait plus s&remeat l'objet que l'on se proposait en chargeant l'eau de sous-carbonate de potasse.
On prescrit le lichen en infusion ou en décoction à laquelle on ajoute du sucre ounn sirop convenable. 1*. Si l'on met macérer de deux à quatre gros de lichen dans deux livres d'eau » on obtient ime liqueur d'un jaune clair et d'une amertume considérable : en évaporant le véhicule , on a un extrait d'un brun foncé. Cette préparation ne contient que de^ principes médicinaux; eUe a seulement une vertu tonique , mais d'une grande énei^e : les matériaux amilacés ou alimentaires sont restés dans le lichen. 2\ Si l'on fait bouillir cette substance dans l'eau, ce liquide s'empare en même temps des principes extraçtifs et d'une proportion plus ou moins forte de la matière amylacée ; il devient brun et amer; ce composé possède à la fois une faculté médicinale et une qualité nourrissante. Lorsque
Ton administre cette boisson , sa partie amylacée peut être conrertie en cbyie dans l'estomac ; elle devient toujours , pour les matérianx amers et toniques qui raccompagnent» un correctif; sa présence modère Timpression immédiate de ces matériaux sur les voies digestives. 5^. Si » comme le prescrivent quelques dispensaires, on dépouille par des lavages et par des macérations dans Teau froide ou chaude, le lichen de tous ses principes amers , et qu'alors on le fasse bouilUr dans une autre eau , on aura une liqueur qui contiendra la seconde partie de sa composition, les matières amylacées ; mais cette tisane sera seulement adoucissante» elle n'amra plusiîen de la propriété tonique du lichen. On prépare aussi avec le lichen d'Islande une gelée et des tablettes dont on se sert fréquemment. Pour faire la gelée, on soumet le lichen à une ébullition prolongée; on amène cette décoction è un certain degré de consistance ; on y ajoute ordinairement de la colle de poisson. En se refroidissant, cette liqueur se prend en gelée. Si on a laissé au lichen ses principes amers, cette gelée a une vertu tonique très-puissante. Elle ne forme plus qu'un composé adoucissant, alimentaire, si, comme le conseillent les pharmacopées , on a dépouillé , au moyen de lavages répétés dans Tean chaude, et même de Tébullition, le lichen de sa partie amère ou médicinale. Ces deux sortes de gelée ne peuvent pas remplir les mêmes indications thérapeutiques; le praticien doit savoir que ce sont des agents trèsdifférents. Ce que nous venons de dire est applicable aux tnblettes de lichen d'Islande. On donne la gelée par cuillerées. On y ajoute souvent , au lieu de sucre , du sirop de quinquina préparé au vin ; on a alors la gelée de lichen
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au quinquina. On peut ausû former un sirop arec la décoction de lichen^on s'en sert très«rarement.
L'amertume du lichen d'Islande est pure et sans aucune stypticité. L'expérience prouve que l'infusion, la décoction , la gelée chargées de principes amers du lichen fortifient l'appareil gastrique, ouvrent l'appétit, facilitent la digestion. Dans quelques circonstances, ces composés occasionent des déjections alvines , comme le font en général les amers; cet effet accidentel a cependant suffi pour que quelques auteurs aient cru pouvoir appeler le lichen d'Islande Muscus catharticus. L'influence tonique de cette substance médicinale se propage aussi à tout le corps; elle réveille la tonicité de tous les tissus vivants, elle anime l'énergie vitale de tous les organes , etc.
On conseille, comme un puissant moyen stomachique» une tasse d'infusion ou une cuillerée de gelée de lichen, prise avant chaque repas. On voit fréquemment des dyspepsies, des défauts d'appétit, et d'autres vices de la fonction digestive, qui tenaient h une débilité matérielle on vitale de l'estomac , céder à la mutation intestine que ces composés amers et toniques déterminent dans le tissu de cet organe.
On vaute l'usage de la décoction amère de lichen prise par verres, de quatre heures en quatre heures, dans la dyssenterie. C'est surtout à la fin de cette maladie que la boisson tonique dont nous parlons peut être utile : comme son impression sur la surface intestinale ne cause aucune astriction, qu'elle est remplie de principes adoucissants qui retiennent, modèrent l'action des principes amers, elle convient pour rappeler tout doucement cette surface
à son état naturel. Cette décoction provient d'une seule substance; c'est un médicament simple. Cependant elle nous présente une conformité parfaite avec une solution de gomme ou une décoction de riz à laquelle on aurait ajouté un ingrédient tonique. Le lichen, à moins qu'on ne le dépouille de tous ses principes amers ou toniques , ne peut être admis tant que les accidents dyssentériques annoncent une irritation vive dans les voies intestinales , dénotent un travail inflammatoire intense. M* Crichton , qui a préconisé le lichen dans le traitement de la dyssenterie, en proscrit l'emploi si le pouls est fréquent et dur, la peau sèche et brûlante» si quelque point de la cavité abdominale est enflammé.
On ne s'étonnera pas que cette substance se soit montrée un remède convenable dans les diarrhées » lorsqu'on se rappellera que cette production peut fournir deux sortes de remède, une tisane amère et tonique , une tisane amylacée et adoucissante. Celle-^i guérissait les diarrhées qu'entretenait un état d'irritation ou un état de phlogose sur la surface intestinale : la première faisait cesser les diarrhées qui survivaient à un état inflammatoire» qui n'étaient plus entretenues que par une congestion sanguine des petits vaisseaux de la surface muqueuse des intestins, ou par le relâchement» le ramollissement» un état d'inertie des tuniques intestinales.
C'est principalement contre les maladies de l'appareil respiratoire que l'on a célébré la puissance thérapeutique du lichen d'Islande. Dans les catarrhes chroniques » les rhumes anciens» l'asthme humide » etc. ; lorsque les tissus pulmonaires sont le siège d'une congestion sanguine» qu'ils
âoo lltolCANBlfTS
sont plus moas, relâchés; lorsque l'expectoratioD est abondante et qu'elle se fait ayec difficulté , la décoction amère de lichen seule ou coupée avec le lait , la gelée ou les tablettes que l'on /compose avec cette substance entière, sont des secours très-utiles ; tom les jours de nouveaux avantages confirment leur efficacité. Mais en même temps on remarque que , s'il existe dans les voies respiratoires de l'irritation 9 de la chaleur, il n'y a plus que les préparations adoucissantes du lichen , que celles qui sont dépouillées de la partie amère ou tonique de sa composition qui soient convenables. Les préparations amères de lichen agissent d'une manière efficace dans les catarrhes qui sont devenus chroniques. On a vu leur usage modérer une toux qui était fatigante, diminuer une expectoration trop abondante, suspendre des sueurs nocturnes, rétablir des digestions qoi se faisaient mal , rappeler les forces , etc.
On a enfin offert les préparations de lichen comme une ressource précieuse dans les convalescences des maladies aiguës , parce qu'il y existe à la fois une base nourricière propre à restaurer un corps énervé , et un principe amer qui 9 en corroborant l'appareil gastrique, assure la perfection des digestions qu'il exécute.
Quelques auteurs regardent le lichen pulmonaire, on la pulmonaire de chêne , lichen pulmonariiis , L. , qui croit au pied des vieux arbres dans les forêts, comme également digne de figurer dans la matière médicale. On l'administre en infusion ou en décoction. Ce lichen est si amer en Sibérie, qu'on l'ajoute à la bière, au lieu de houblon. C'est surtout dans les maladie» du poumon qu'on l'a employé ; c'est de là que vient son nom spécifique.
TONIQUE». 5oi
Noiu aurions pu ajouter beaucoup d'autres plantes à la lîate dé)à si longue des productions végétales toniques. Il en est dont nous ne parlons pas » qui ont joui d'une sin* gulière célébrité» qui ont passé pour posséder des vertus merveilleuses. On les a crues pendant long-temps des ri-* chesses précieuses pour la thérapeutique» et aujourd'hui elles sont dans l'oubli. Il est remarquable que ces végétaux ont tous des qualités sensibles peu prononcées ; ils sont inodores» et leur saveur esta peine perceptible. S'ils font peu d'impression » même sur les parties du corps où la sensibilité est exquise » que pourraient-ils opérer sur les autres ? Quel parti le médecin en tirerait-il » lorsqu'il s'a* git de remédier à des lésions morbides des tissus» de s'op«poser à des mouvements désordonnés des organes? Ces yégétaux pnt contre eux la débilité de leur action. Cependant» jugée par son caractère» cette action toute faible», tonte impuissante qu'elle est» rattache les plantes dont nous voulons parler à la classe des toniques. Nous nous contenterons de citer la sanicle» sARicuLii bubop^a» L.; la scabieuse» sgabiosa ABVENsis»et S, succisa» L.; la salicaire» i.tthbi)ii saucabia,L. ; la véronique mâle, vbbomcA OFFiciNAUs» L. ; le capillaire» adiantum gapillus TENERis. L.» le pied de chat» gnaphauum dioigum^ L.; la scolopendre» ASPi4ENivusG0ii0S£NDBiutf» L.»etc.» etc. On se sert aouvent de ces plantes , on en prescrit tous les jours les infusions : mais il est bien difficile de déterminer quels effets organiques elles produisent sur le corps des malades qui s'en servent» et par suite de juger quel bien elles leur font. On met une forte pincée de ces plantes pour deux livres d'eau environ.
5o2 uiDICAllENTS
Nous deyons à M. Morin , de Rouen , une analyse chimique de la racine du nénuphar blanc , ifiiiPHiBA alba,L., famille des Nymphéacées.
Cette racine contient : i* une combinaison de tannin et d'acide gallique; s"* une matière yégéto-animale ; 3" de la résine , et une matière grasse ; 4* du muqueux ; S"" de r^midon; 6* un sel ammoniacal; y'* des acides maliipie et phosphorique combinés à la chaux ; 8** de Tacide tartarique; 9^ de Tacétate de potasse» et du sucre incristallisable; 10® de Fulmine et du ligneux.
Par l'incinération de cette racine , on a obtenu des sels et une petite quantité d'oxyde de fer. {Journal de Pharmacie, tom. vn, p. l\bo.)
Cette racine a de l'amertume : elle agit sur nos organes en fortifiant légèrement leur tissu; elle doit être utile dans les cas où les toniques sont indiqués. , en n'oubliant pas que la débilité de sa vertu la rendra toujours un agent peu recommandable en thérapeutique. Dirons-nous quelle a joui d'un grand crédit comme moyen anti-aphrodisiaque?
Nous ferons une mention spéciale de la perrenche, viNCA MiNOR, L.» de la famille des Apocynées, charmante plante qui a une amertume assez forte 9 et qui ne méritait pas l'abandon dans laquelle on la laisse» après le crédit dont elle avait joui. Les feuilles de cet intéressant arbuste ont une vertu tonique dont on pourrait tirer parti.
B. Substance animale tonique.
Extrait de bile de boeuf, Extractum fellis bovini. Cette substance , que l'on nomme encore bile épaissie, est peu
TONIQVBS. 5o3
usitée aujourd'hui, après avoir eu une brillante réputation. On prépare cette substance en mettant sur le feu, dans une bassine d'ai^nt» la bile que Ton retire de la Tësicule du fiel des bœufs; on fait évaporer, au bainmarie, la partie aqueuse de cette liqueur, on Tàmène à une consistance pilulaire. Cette matière est d'un jaune verdâtre, très-amère, elle attire un peu l'humidité de Tair; elle se dissout presque entièrement dans l'eau et dans l'alcool.
Cette espèce d'extrait contient la matière résineuse, k) picromel , la matière jaune , et les sels de la bile. 11 exerce sur les tissus vivants une impression qui réveille leur tonicité; son usage donne à l'appareil gastrique plus d'énergie; il excite l'appétit; il facilite la digestion. A plus forte dose, cette préparation médicinale étendrait à tout le système vivant son influence tonique; elle développerait davantage la vitalité actuelle de tous les appareils organiques.
On prescrit l'extrait de bile de bœuf dans les faiblesses d'estomac, dans les digestions difficiles ou imparfaites, dans les pertes d'appétit, quand il y a des rapports acides. U faudrait déterminer quelles sont les lésions de l'appareil digestif qui causent ces accidents, et ensuite apprendre de l'expérience quelles sont dans ces lésions celles que ce remède peut dissiper. On en donne de quatre à six grains sons forme de pilule. On recommande surtout ce moyen quand on soupçonne, d'après la nature des accidents pathologiques qui se présentent , que la bile se sécrète mal, qu'elle n'a pas les qualités qui lui sont propres, ou qu'elle n'est pas assez abondante. 11 semble que l'on ait eu l'in-
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tenfcion de sobstitaer la bOe de bœaf , à laquelle on supposait une activité en rapport avec la force de cet animal, à la bile humaine » et que Ton ait conçu Teapoir de faire remplir à la première les fonctions que celle-ci» devenoe inerte, n'exécutait plus dans l'exercice de la digestion. Mais il est clair que la bile de bœuf, rapprochée par le feu et réduite en consistance pilulaire, ne peut pas , lors de la formation du chyle , prendre la place de la bile qui, récemment formée, arrive dans le duodénum sous Tinfluence en quelque sorte de la vie hépatique. L'extrait de bile de bœuf ne doit être pour nous qu'un agent médici* nal qui agit sur les tuniques de Testomac , fortifie ce viscère, éveille sa vitalité, et le. prépare, par là, à mieiix remplir ses fonctions : cette impression peut se transmettre au foie et aux autres pièce» de l'appareil digestif. Cette matière animale n'a donc pas une autre manière d'agir que les médicaments amers ; et c'est de la même caose que dérivent les améliorations qu'elle occasione dans l'exei^ cice des digestions.
Ce n'est pas seulement pour rétablir l'énergie et l'action de l'appareil gastrique que l'extrait de bile de bœuf Convient : la force tonique que ce composé possède le rend un moyen médicinal , auquel la thérapeutique peut recourir avec confiance toutes les fois qu'elle a des organes afiaiblis à fortifier, des fonctions languissantes è rendre plus actives , dans tous les caa enfin oii les remèdes corroborants .sont indiqués. Les praticiens ont remarqué que cet extrait devait être proscrit quand le pouls était dur et vif, la peau sèche, les urines ardentes , etc.; qu'il devenait nuisible quand il y avait de la chaleur , de l'irri*
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talion daDS les voies digestires. Le caractère de la pnis» sance médicinale de cette substance, la nature des chan* gements organiques qu'die produit, démontrent bien pourquoi , quand les signes dont nous venons de parler existent , son emploi ne peut être salutaire. Un malade m'assurait qu'il était tourmenté de désirs vénériens quand il usait de ce remède*
G. Substances minérales toniques.
FsB, Ferrum; Chafybs, liiyipoç des Grecs, Mars des «Icfaimistes. Métal dur, gris avec une nuance de bleu , très-ductile, d'une ténacité qui surpasse celle des autres métaux , possédant k un très-haut degré la propriété d'être attiré par l'aimant, se combinant avec l'oxygène de l'air atmosphérique à la température ordinaire lorsqu'il est humide, et donnant lieu alors à la formation d'une poudre d'un jaune brun, que l'on nomme rouille. Par le firottoment, le &r acquiert une odeur sensible : il a une saveur particulière.
Le fer est très-abondant dans la nature; il procure ii l'homme des avantages incalculables : la fertilité de nos champs est son ouvrage; il est nécessaire à la construction de nos habitations, de nos vaisseaux; il préside aux opé> rations de tous les arts industriels. Le fer joue un grand rôle dans l'histoire de la civilisation. Telle est son utilité, son importance, que si toute coup il venait & manquer, l'édifice social serait menacé d'une destruction prochaine. Mais laissons ces considérations brillantes qui sortent de notre sujet. On n'a pas dû tarder à s'apercevoir que ce
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mélange perd du gas hydrogène, noircit, se durcit, etc. Oxyde noibdbfbb; ethiops habtial, jEthiopsmartiatis, On se sert fréquemment de cette préparation femi^ense : elle a une couleur noire ; de là vient le nom qu'eUe porte , éthiops, de «10», je brûle, et w^, aspect, figure : corps brûlé. On Ta long*temps considérée comme un deutoxyde. quelques chimistes pensent qu'elle est un mélange de protoxyde et de peroxyde de fer. L'éthiops martial se préparait par un procédé particulier dont on doit Tinvention à Lémery, On met du fer en limaille au fond d'un vase allongé que l'on remplit d'eau et que l'on agite de temps en temps : on a l'attention de ne le remuer que très-doacément, afin que les particules ferrugineuses ne s'élèvent pas au-dessus de l'eau, et ne se mettent pas en contact ayec l'air atmosphérique; car celles qui éprouvent l'action de ce fluide deviennent aussitôt couleur de rouille; en quelques . semaines , on parvient ainsi à convertir toute la limaille en éthiops. On croyait que cette préparation ne produisait qu'une extrême division du fer ; mais l'éthiops martial est un oxyde de fer ; cet oxyde s'est formé lentement, parce que les molécules métalliques n'ont pu être atteintes que par l'oxygène contenu dans Feau. Ce procédé long et difficile a été abandonné des pharmaciens. On obtient aujourd'hui cet oxyde de diverses manières. II suffit , pour qu'il se forme, de faire une péte avec de Teau et de la limaille de fer, et de laisser ce mélange exposé à l'air. On le voit se gonfler et s'échauffer vers le cinquième jour. Quelque temps après , on lave la masse ; on en obtieot beaucoup d'oxyde noir de fer. On répète le lavage au bout de quelques jours , Ton retire une nouvelle quantité
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de ce même oxyde. On administre l'éthiops martial à la dose de aiz à huit grains à la fois; on y joint souvent d'antres substances médicinales : on donne encore cette préparation chimique sons la forme de pilules, d'électuaires» etc.
PsaoxYDB ouTbitoxtdb db feb, on OxTDB BOVGB DB pbb; Safban bbM abs ASTBiif gbrt, Crocus Martis astringens. Cette préparation est d'un rouge violet; elle contient une propor* tion considérable d'oxygène, dont on a favorisé la combinaison par une haute température. Pour obtenir cet oxyde» on &it chauffer de la limaille de fer dans un vase, jusqu'à la faire rougir fortement : on la remue continuellement : Toxyde devient d'abord noir; puis il passe, au bout de plusieurs heures , au rouge brun : il prend la forme d'une poussière que l'on a nommée , en pharmacie , à cause, de sa couleur, safran de mars : on y ajouta le mot astringent, parce qu'on la crut dépositaire d'une vertu spéciale pour arrêter les évacuations morbides.
On peut obtenir cet oxyde de plusieurs autres manières ; les battitures ou les écailles qui se détachent de la surfieice du fer que l'on a tenu au rouge pendant quelque temps , lorsqu'on les calcine , offrent ce métal dans l'état où nous le considérons ici. On retire encore cet oxyde du colcothar qui est le résidu de la distillation du sulfate de fer.
On prescrit l'oxyde de fer rouge à la dose de deux , de quatre et six grains à la fois , mêlé avec un extrait am^r et diverses autres substances; on fait prendre à ces mélanges la forme de pilules oud'électuaires. On peut donner d'un scrupule à un gros de cet oxyde par jour.
Oxyde bbun de feb; Safban dbMabs ap&bitif, Crocus
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Souvent en se conlenle de faire fondre de quatre à six grains de ce sel martial dans deux livres d'eau, et on prend celle-ci par verres dans la journée » comme une eau minérale artificielle : on s'en sert pour couper le vin au repas, quand on veut obtenir un effet stomachique. C'est un remède puissant » auquel on a fréquemment recours. Il est bon de ne pas oublier que Ton doit conserver dans des bouteilles bien bouchées Feau qui contient le proto-sulfate de fer ; car si on permet h Tair d'y pénétrer, ce sel absorbe de Toxygène, et alors il survient une décomposition chimique : une portion de la substance saline devient insoluble dans Teau, et se précipite sous forme de poudre jaune; l'autre portion reste en dissolution dans la liqueur, mais elle la colore en rouge.
Sbl db Mabs dx RivikiB, Sal MartU BheriL Cette préparation ferrugineuse n'est autre chose qu'un sulfate de fer impur ou imparfait que l'on faisait en mettant dans une poêle de fer, neuve et rougie au feu, de l'acide sulforiqne el un peu d'alcool; l'acide attaquait le fer sur la face intfeieure de la poêle : il en dissolvait une partie , qui bientât formait une espèce de cristallisation informe que l'on détachait comme des raclures , et que Ton conservait dans un bocaL Rivière était l'inventeur de cette composition martiale : il en avait fait un secret : il administrait cette substance saline contre les langueurs d'estomac, contre la chlorose , contre les héitoorrhagies» La dose est la même que celle du sulfate de fer.
Proto-ghlobure db feb; Htdrochlobate de feb, Mur rias Ferri sublimatus. Sel en paillettes jaunâtres, cristallines , très-déliquescent , inodore et d'une saveur stypti«
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qQe« Geite substance est peu employée comme moyen thérapeatique.
Htdbochlobatb db fbb bt D*AifxoNiAQi7E. Cette préparation paratt être on mélange d'hydrochlorate d'ammoniaque et d'hydrochlorate ou de chlorure de fer , plutôt qu'une combinaison de ces deux sels. On la nommait dans les pharmacies fleurs de sel ammoniac martiales. On la donne k la dose de deux à dix grains.
Eaux lUNiBALEs ferbugin eusbs. Le fer est le principe dominant dans les eaux de plusieurs sources célèbres : c'est de l'action de ce métal sur les organes malades que procèdent les avantages que ces eaux proturent dans la thérapeatique. Nous devons donc placer ici ces composés médicinaux dont la nature a enrichi certaines contrées. Dans les eaux minérales qui contiennent du fer , ce métal y est ordinairement tenu en dissolution par l'acide carbonique » comme nous le voyons dans les eaux de Bourbon-l'Archambault» de Forges, d'Aumale» de Passy, de Saint- Amand, de Provins , de Gontrexeville'» etc. Quand cet aeide est en excès» comme dans les eaux de Spa» de Pyrmont , elles sont en même temps acidulés et iSerrugineuses. On peut facilement reconnaître les eaux qui contiennent du fer » par la propriété qu'elles ont de prendre une couleur noire » quand on y verse une infusion de noix de galle.
De tout temps on a cherché les moyens de communiquer à l'eau les propriétés du fer, et , pour cela» on a suivi différent3 procédés. On faisait rougir un morceau de fer que l'on plongeait dans l'eau dont on voulait se servir; on répétait plusieurs fois cette opération , et le liquide pre- T. I. 53
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nait une saveur styptiqne, métalliqoe, due aox particiiles ferrugineuses qu*il recelait. Ou bien on enfermait dans m morceau de linge de la limaille de fer , <m la laissait séjourner un temps assez long dans de Teau pure dont on se -serrait ensuite pour boisson. Enfin , quelques personnes «e contentaient de jeter des clous de fer dans Teau, dont elles buvaient joumdlement avec leur vin. Les progrès de la chimie ont permis d'imiter plus exactement la nature dans la composition des eaux minérales. Parmentier proposa la recette suivante pour former une eau ferrugineuse extemporanée. Prenez deux grains de sulfate de fo et douze grains de sulfate de soude , que vous ferez fon<b« dans deux livres d'eau distillée. Le nouveau Codex donne la formule suivante pour imiter l'eau de Spa : Eau chargée d'acide carbonique , vingt onces; sous-carbonate de fer, un grain ; sous-carbonate de soude, deux grains; muriate de soude y un grain; sous-carbonate de magnésie, quatre grains.
y m MiRTiAL ou VIN CHALTBi» Vinum ehafyôeatum. On a aussi employé le vin pour enlever au fer des molécules métalliques ; ce véhicule jouit alors des propriétés toniques qui sont propres aux composés martiaux. Pour faire cette préparation médicinale» on met une once de limaille de fer non rouillé digérer, pendant six jours, dans deux livres de vin blanc; ensuite on filtre la liqueur, et on la conserire dans des bouteilles bien bouchées. Pendant la macération ce vin exhale une odeur d'hydrogène impur : il cwitîent de l'acétate de fer et du tartrate de fer et de potasse. Parmentier indique une manière plus prompte pour former ce composé : c'est de verser une once de teinture de mars
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tartarisée dans une bouteille de TÎn* On administre le m chalybé h la dose de deux, quatre à six onces par jour, que l'on fait prendre aux malades en plusieurs fois.
Tahtbate de voyassb bt db hbb UQiTinB; Tbintubs db Mabs tabtabis&b, Tinctura Martis tartarisata. On la pré- IMtre de cette manière : on fait une pâte arec six parties de limaille de fet, seize parties de tartrate acidulé de potasse» et suffisante quantité d'eau : on laisse ce mélange pendant vingt-quatre heures , et ensuite on le délaie dans un volume donné d'eau ; on met cette liqueur sur le feu , et on la fait bouillir jusqu'à ce qu'elle ait pris la consistance d'un sirop ; on y ajoute, vers la fin , un peu d'alcool. Cette composition présente une solution de tartrate de potasse et de fer. On en donne trente-six à quarante gouttes à^la fois : on peut réitérer cette dose deux à trois fois par }our.
Tabtbate de potassb bt ue fbb solide; Tabtbb uab* TiAL soLVBLE, TartOTus ckafybeatus solubiUs^. Cette composition est encore un tartrate de potasse et de fer » que l'on obtient en faisant évaporer, jusqu'à siccité » quatre parties de teinture de mars tartarisée et une partie de tar> trate de potasse desséché. On donne le tartre martial so* lubie & la dose de douze , quinze» vingt-quatre grains à la fois ; on prend ordinairement cette substance saline dans un verre de tisane.
Boules de Mabs ou de Nancy, GlobuU martiales. Ces boules se font avec une partie de limaille d'acier et deux parties du tartre blanc en poudre, que l'on mêle ensemble dans un vaisseau de verre r ou y ajoute une certaine quantité d'alcool affaibli. Quand ce liquide spiritueux est éva-
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poré , <m broie la masse el on rhumecie de noavean a? ec Talcool. On répète ce procédé )ciaqa*è ce que le mékqge ait acquis de la cohérence, de la ténacité; alors on en fimne des boules de la grossenr d'une petite noix» que Ton fait sécher et que Ton conserve pour Tusage. Quand on veut se servir de ces boules » on les laisse séjourner peo* dant quelques instants dans un volume donné d'eau; et, quand ce liquide a pris une couleur rougeâtre , on les retire. Cette eau ferrugineuse s'administre souvent à l'intérieur. On la conseille comme un topique efficace quand on vei|t fortifier des parties affaibUes , à la suite des entorses ^ des luxations, etc.
Malate db fbb impub; Extrait de pommes ferré; Protomalate de fer. On obtient cette préparation en mettaot digérer, pendant trois jours, dans im vase de fer, de la limaille de ce métal avec du suc de pommes aigres , à une température de trente degrés : après on augmente la chaleur, on concentre la liqueur, puis on la passe, et on l'amène, en se servant >du bain-marie, à la consistance d'extrait.
Cette préparation «st noire; elle a un goût très-styptîque. Elle jouit d'une grande activité : on la donne à la dose de deux à six grains.