‹ Traité élémentaire de matière médicale (volume 2)Chapitre 32 sur 35 · T0N1QU£S · texte numérisé non relu

T0N1QU£S

de son volume , qu'il est dans un état d*oUgotrophie, On s'explique bien ccMument les agents amers , acerbes , que nous réunissons dans, cette classe , parviennent à corriger ces désordres , tendent au moins par leur impression sur le cœur à les diminuer.

L'usage des toniques astringents peu^il opét^ qwlque bien dans la dilatation des canaux sanguins » dans les anévrismes vrais » dans les varices , etc. ?

Dans les battements irrégnliers., inégaux du cœur, qui sont le produit d'une innervation désordonnée^ les médicaments toniques se sont souvent montrés utUes« Qn a- vu le quinquina modérer, arrêter même des p^alpitations. de cœur. On s^it que le mouvement de la voiture , du cheval» en secouant C0t oi^ane » en déterminant un resserrement fibrillaire dans son tissu , en produisant par conséquent un effet analogue à celui des médicaments toniques , a souvent été le remède de palpitations opinîfitres.

Maladies de l'appareil reêpiratoire»

Les toniques sont toujours contraires dans la pleurésie ; l'inflammation de la plèvre a provoqué l'appareil circulatoire , tous les tissus ont une susceptibilité morbide; les molécules toniques irriteraient non*seulement les orgûaes respiratoires, mais même les autres parties du système animaL Les mêmes raisons repoussent ces agents du traitement de la péripneumonie; cependant après que les accidents inflammatoires ont été combattus, on s'en sert avec succès pow aider l'expectoration , pour ranimer les forces expultrices du poumon, pour exciter une salutaire

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réêorption dans iion tissa enflammé» pour rendre phs prompt et pins sûr le retemr de oet oi^ane à son état naturel. Les toniqnes soqt nubiUes dans le àékfai dn catanlie pcdmonure ! mais oa les regarde conmie des ranèdes utiles dans la dernière période de cette maladie. Lorsque la toux est humide» que la membrane muqueuse des brencbea fournit une sécrétion ezhubérante» que l'expectoration est considérable , les toniques rendent des services qu'il est impossible de méconnattre; aussi le Kchen d'Idande, l'année» le chardon-bénit» le quinquina, ont-ils été* proclamés dés secours précieux dans les catarrhes chrotaïques» les toux humides» etc. Il y a alors une congestion sengnine sur la membrane nmqueuse des bronches» avec ramcdUssement du tbsu de cette membrane. Comme cette disposition des organes respiratoires est souv^it associée à une disposition semblable des organes digestifi» les toniques ont une double indication à rem^ir.

Maladies de fappatêU cérébro^spincU,

Les^ médicaments toniques sont éridemment contre-îndiqués dans l'araehnoîdilei dans la càrébrite» dans h m'yéUte, dans les neurites» enfin toutes les fois qu'une pUegmasie a son siège sur quelque point de l'appareil de l'innenration.

Sufira*t-il aujourd'hui de répéter» d'après les auteurs» que tés médicaments toniques ont été utiles dans l'idiotisme-» dans la démence» qu'ils fortifient' la vue, l'ouïe» lorsque ces sens sont affaiblis ; qu'ils ont guéri des épilepsies, des mélancolies, des hypocondries» des hyslé^

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rW, ^0tc., «te. 7 lies intérêt» de k thérapeutique exigent que Teo ne se contante plw de ces inéications vagaes, de <:es annenoes captieuses* Toutes ces affSsctiens sont symp^ tomatiquèsi'eUes «apposent des léisiens* de l'appareil céré^ bro-spinal : daa» qnelques-mies^ ces lésions sont associées à d'autres lésions qni existent en mémfe temps dans Tappa-^ reil circolaloire » conune une k^rtrophie du cœur, iwe dilatation de ses cavités , de l'outerture aoirtique surtout : dans l^^k^pocondrie,' dans^'Ia inélancoKe, il y a toujours des lésions de Ta^pareil digestif: dans rhystérie» Futéms n'a plus son état nonnal. Il faut déterminer la nature de chacune de ces altérations morbides, alors' oÀ verra si Topération des toniques est capable de les dbsiper, est propre à les faire disparaître. Il y a aussi dans quelquesunes de ces névroses 9 Tépilepsie, Thystérie, des lésions paroxystiques dont on a souvent essayé de prévoir le développement avec les toniques, avec le quinquina sur* tout, 91 y a en ce moment» à l' Hôtel-Dieu d'Amiens, une ftmme attaquée d'une gastralgie rebdle^avec deis accès d'une extrême violence qui reviennent tous les quinze jours environ. Alpra cette malade ^t en proie- à desdeialeurs intolérables ; die i^^EUpliit la salk de ses crié, sa figure est décolorée, très^altérée , eHe semble près d'expirer. Ces accès durent trois k quatrejours. Voilà deux fois que je lui donne, au déimt de l'acoèe , huit grains de sulfate dç ijpiinine; je xépète cette dose le matin pendant trois jours. Deux fois j'ai arréié le développement de l'accès : je l'ai fait avorter. Les toniques' se montr^dt des remèdes puissants dans les névroses qui dépendent d'un décroissement de Tinlluence des nerfs sur le tissu des organes. Leur action sur

ijt HiDICAÉlBlITi

Tappareil cérébro-tpioal ranime «a vitalité» rétabUtle cours rigolier de sa puissance mxr tout ie système animal» et fait par là cesser les affeeticHÉs de natore asthénique. J'ai souyent tu dans ces cas Jes^rîctions le long de la colonne yertébrale» avec un compeaéakoolique charge de substances amères ou toniques » de quinquina, de sulfate de quinine , montrer une grande efficacité. Les toniques qui sont si puissants dans les aflfaiblissements de Tinflaedce n^reuse > cabotent quelquefois les accidents de la perversion de cette influence» qui produit des mouvements désordonnés > des spasmes» dos juiomalies dans le jeu des parties vivantes » etc.

Maladies de l'appareil maseulaire»

Les affections des muscles qui servent aux actes de la locomotion ont le plus souvent leur source dans l'appareil cérébro-spinal; c'est en agissant sur cet appareil » que les agents pharmacolegiques peuvent arrêter le désordre de l'action musculaire. Il fiiudrait toujours avoir trouvé la lésion dont l'encéphale» le prolongement rachidien et les cordons nerveux, eux-mêmes étaient atteints et avoir reconnu sa nature» pour concevoir l'utilité des médicaments auxquels on attribue la guérison de maladies qui se rapportent à l'exercice de la locomotion. On trouve dans les auteurs que les toniques ont fait cesser des eonvukions» qu'on peut les donner dans les débilités» les tremblements des membres» dans la paralysie commençante» etc. : Cnllen recommande le quinquina dans la danse de Saint-Guy.

ToniQUBs. S73

Maladies de ^appareil urinalre.

On vante Tosage des toniques à la fin dn catarrhe yésical: le cachou, le paréira-brara, sont spécialement usités dans cette maladie* On conseille les amers> le» styptiques dans le diabètes ; ils rendent les digestions plus régnlières » ils rétablissent Texercice de rassimQatlon» en même temps quMls tendent à changer le mode vicieux que suit la sécrétion des urines. D y a fréquenmient dans cette maladie une lésion du renflement lombaire de la modle épinière qu'il faut observer, et que les toniques ne peuvent toujours détruire. Il y aussi un diabètes qui tient à une hypertrophie des reins , contre lequel les toniques ne conviennent pas.

Maladies de l'appareil de la génération.

On s*est servi avec avantage des toniques dans les pertes utérines, lorsque, par leur durée et par leur abondance, elles épuisaient les forces de la vie, et qu'un état de mollesse du tissu de la matrice favorisait la sortie du sang. Le changement physiologique que ces agents produisent dans ce viscère peut modérer, même faire cesser l'hémorrhagie. L'impression tonique que les molécules dés médicaments de cette classe portent sur le tissu utérin amène dans d'autres circonstances un effet opposé : on les voit solliciter l'établissement de la menstruation dans les jeunes filles d'une complexion molle, dans celles qui ont la figure pâle , bouffie , un affaiblissement de tout le corps.

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L'inertie de Tappareil atérin n'appelait pas le sang, n'était pas favorable à la congestion mentmelle; l'emploi journalier d'an tonique anime peu à peu la vitalité de cet appareil» et détermine l'eKercice de sa fonction périodiijne. Mais ces agents ne conviennent plus quand la rétention ou la snppression de l'écoulement menstruel tient à une cause contraire, à un état de tension, d'irritation de la matrice* Lorsqu'il 7 a de la douleur , de la chaleur dans cet organe, de la pesanteur dans les lombes, lorsque le poub est dur et plein, etc., repoussez les toniques. Alors les véritables emménagogues sont les saignées , les bains, les émoUients.

On se sert aussi des toniques pour combattre la leucorrhée, peur arrêter les écoulements gonorrhéiques qui ont survécu à la phlogose de la membrane uréthrale. On recommande les martiaux, le quinquina, le houblon contre la première affection; on choisit les substances chargées de matière tannante pour guérir les secondes.

Maladies du système dermoide.

Dans les phlegmasies cutanées, la petite-vérole, la rougeole, la scarlatine, l'érysipèle, l'administration d'un agent Ionique irriterait la surface cujtanée, augmenterait l'ardeur, les picotements, la douleur, la tension que le midade y ressent. Mais dans ces maladies il y a d'autres légions avec la phlogose de la peau : les tissus du cœur et de tont le système vasculaife ont uHe susceptibilité pathologique; aussi les molécules toniques les offensent, les provoquent : la fièvre redouble après, l'administration des

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médicamcntii qui nous occopeiité Seoveni te cerceau , le pFoloDgement rachidien » lesplexasnerrenx enti^nt dans one condHion morbide , des phénomèDes nerreiix se manifesteiit f la maladie a pris mi caractère plus grave, un caractère ataxique» les toniques âont encore pJjus nuisibles; Ajoutons que dans les iièTres éruptives» les o^ànes digestifs sont toujours plus ou moins affectés de phlogose » et que le contact des substances toniques étend » augmente cette lésion.

On sait qudi rôle on a fait jouer aut toniques sous le nom de dépuratifs dans le traitement des dartres et d'au^' très éruptions cutanées. Si ces maladies existent atec une disposition pléthorique» un teint coloré» une grande somme de vigueur; si les boutons» les écailles ou croûtes reposent sur une peau rouge » ferme , douée d'une grande senâbâité; h ces affections firodoisent des douleurs labctnantes » si dles ont donné lieu à un mouToment fébrile» etc. ,. les toniques ne peuvent être employés sans danger : leurs molécules iraient augmenter le travail phlegmasiqué de la peau. Mais lorsque la maladie offre lin au tue aspect , lorsqu'elle est comme identifiée avec u&e détério-* ration de tout le système animal» lorsqu'il y a pâleur». moUesse du tissu dermoîde» teint jaunâtre* désordre deti fonctions digestives» inertie dans Taction nutritive »')les toniquees deviennent très-recommandables. On wk ^al^s les extïraîts* les sucs dépurés, les décoctions de fmxieterre» de pissenlit » de chicorée sauvage » de houblon» etc. , pb-^ tenir !des succès remarquabljos. Ces sucieès émanent à Ipi fois ÔM développement de vitaUté que ces ^agents provoipient dans l'iq^pareil dermoîde et de l'ordre qu'ils rétablissent

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dans les fonctions usimilatrices. Remarquons que , sous Ib titre de dépuratifr» ou trouve dans les matières médicales des substances toniques et des substances émolUentes. Malgré la dénomination commune qn'eUes portaient, les praticiens savaient bien établir un choix parmi elles : c'était le petit-lait » le bouillon de poulet , de grenouflles , de tortue» le lait d'ânesse, etc.» qu'ils mettaient en usage dans les maladies de la peau oh il y avait de la chaleur» de rirritation » de la phlogose; au contraire» les toniques étaient leurs médicaments dépuratifs » quand il existait de la pâleur» une mollesse de la peau» une bouffissure cellnlaire » etc.

Maladies du système fibreux.

Les phlegmasies des tissus aponévrotiques et fibreux n'admettent pas l'usage des toniques. On recommande ces agents dans la goutte» mais il faut distinguer le jtemps desaccè»» des interralles de calme qui les séparent. Quand des fluxions inflammatoires occupent les articulations» et que le pouk est fort» dur» vif» les toniques ne peuvent convenir; mais l'expérience a prouvé qu'ils étaient utiles après que le travail arthritique avait cessé; l'usage habituel de ces agents a paru éloigner les accès» et quand ils avaient lien ils étaient plus courts. On assure que le quinquina» la gentiane » le quassia » l'année » la petite centaurée » la ménianthe » ont rendu des services réels dans la goutte. Il est bon toutefois de ne pas pousser trop loin l'emploi de ces remèdes» A force de répéter sur les organes leur action styptique» ils finiraient par troubler l'ordre de leur nutri-

lion » par causer des altérations matérielles de leur tissu. CnUen , Mnrray» Darwin » etc. » accusent leur usage , dans la goutte, d'aToir produit l'asthme, des hydropisies, des apoplexies^ des paralysies» L'obsenration avait appris aux anciens que les remèdes amers, continués long-temps, n'étaient profitables qu'aux goutteux d'une constitution pi tuiteuse, qu'ils ne convenaient pas à ceux qui avaient un tempérament bilieux ou sanguin. (Barthez, Traité des maladies goutteuses ^ tom. i, p. 236.)

Maladies du tissu cellulaire.

Les médicaments toniques entrent quelquefois dans les méthodes curatives que Ton emploie contre l'hydropisie cellulaire. Les auteurs citent des infiltrations , des collections de sérosité , que l'usage des substances amères a peu à peu dissipées.

Maladies des gariglians lymphatiques.

Les auteurs recommandent les toniques dans les aflec-> tions scrophuleuses. La teinture et le vin de gentiane , dequinquina, l'infusion de houblon^ de saponaire, etc., sont des secours journellement employés dans ces maladies. Les toniques forment la base des diverses méthodes curatives que l'on a conseillées contre elles : on a alors conféré à ces agents les titres d'apéritifs ^ de fondants , parce que Ton supposait qu'ils mettaient en jeu une propriété particulière ; qu'ils faisaient rentrer dans la circulation les sucs qui s'étaient vicieusement accumulés dans ces glandes ' T. I. 57

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lymphatkpiM ; qa'fla diMipaient ks embarras ^ le» engorgementa dent cea denuèrea étaient le aiége. Ce que le {Jiarmacologtate aperçoit de ploa érideiit dana Tactîon dea toniqoea aar le corps de ceux qui sont atteinta de scr»phnlea» c'est qu^leora digeationa devieiuieni meiUeorea , que la nutrition se fait d'une manière plu» régulière dans le sang et dana les ibsns organiques* Peu de temps après que les scropfauleux ont commencé l'usage des toniques» on Yoit ordinairement que les forces renaissent » que la figure se colore et prend une meilleure expression. Quelques semaines après que Ton a commencé l'usage de ces agents » on remarque que tout le système animal éprouve une secousse 9 un ébranlement qui pourrait bien avoir ime grande importance thérapeutique. Il s'élève dans le cwps des mouyements fébrOes qui se répètent de loin à loin, et se montrent comme des efforts salutaires qui tendent à dissiper les engorgements scrophulcux et à rétablir la santé. Je vois en ce moment un jeune homme dont les glandes du cou et des aisselles étaient tuoiéfiées depuis long-temps et avaient une mauvaise apparence. Il eut pendant une douzaine de jours une fièvre assez irrégidière, et toutes les tumeurs disparurent. , Lorsque l'on cherche à apprécier l'effet des toniques dans le traitement des affections scrophulensesy il faut* se représenter la quantité quoformeni, après quinae jours ou un mois» les doses journalières du médicament que le malade prenait ; puis il ne faut pas oublier que ce médicament agit concurremment avec les aliments que Ton conseille au maladif.» avec l'exergHce aur quel il' se livrait» souvent qvec la saison et d'autres influences hygiéniques; les succès que Foa obtient appar-

tiennent h cet ensemble méthodique de moyens ; ils ne peuvent être attribués à une partie isolée de ce tout.

Des fièvres*

Les fièvres sont des maladies qui ne se rattachent plus à la lésion d^un seul organe ; il y a toujours plusieurs lésions simultanées et une altération de l'état normal du sang dans les fièvres. Dans cette pluralité de lésions, on n'en découvre pas une qui entretienne les autres» et qu'ail suffise de détruire pour rétablir aussitôt l'harmonie ou la santé. Dans les maladies spéciales que nous appelons fièvres» souvent l'irritation ou la phlogose qui d'abord montrait une prépondérance bien prononcée» s'afTaiblit sans que la fiëvre baisse, ou s'éteint sans qu'elle cesse : les autres lésions persistent et entretiennent le trouble pyrétique. Dans le cours des fièvres» la lésion dominante passe souvent de la tête dans la poitrine ou dans l'abdomen ; elle semble se déplacer et se porter successivement d'un appareil organique sur un autre. Si l'appareil circulatoire se montre d'abord le plus offensé» on observe bientôt que les organes du bas-ventre deviennent les plus malades : quelques jburs après, c'est Tencéphale» c'est la moelle épinièrc, ce sont les plexus nerveux du grand sympa tique qui appellent toute l'attention du praticien » etc.

Si on nous demandait quel parti on peut tirer des toniques dans ces maladies» nous pourrions nous contenter dé rappeler la condition dans laquelle se trouvent alors les appareils organiques du corps. D'une part» l'état des voies digestives semble ne pas permettre que l'on y porte des substances remplies de principes amers et styptiques^

fiSo llàDlCAMKlITS

d*aotre part» les molécules de ces substances, répandues par le sang dans tous les tissus « menacent d'animer dayantage les irritations et les phlogoses qui se sont développées sur Tencéphale p sttt le prolongement rachidien , sur les euTeloppes du cœur , sur le tissu même de ce viscère, sur les poumons y sur les reins , sur la peau, etc. L*expérience ne confirme pas toujours ces craintes^

Des praticiens reconunandables assurent que les toniques ont f sous leurs yeux, fait cesser des accidents ataxiques graves , que ces agents ont combattu arec succès une agitation continuelle, le hoquet, des soubresauts de tendons , le délire, la raideur des membres , des tremblements , des convulsions, etc. , etc. Mais peut-on Toir sans méfiance les observations qui ont pour objet de prouver l'utilité des toniques dans les fièvres ataxiques , quand on réfléchit qu'au milieu du trouble, du désordre qui règne alors dans l'économie animale , on ne peut plus observer les effets immédiats du médicament, qu'il faut se contenter de recueillir les améliorations qui apparaissent après son administration, et dont la cause est souvent étrangère & son action.

Dans quel dessein administrait-on le quinquina et .les autres toniques? C'était pour relever les forces qui paraissent alors s'anéantir. Mais la débilité que ressentent les malades, celle que l'on découvre dans les mouvements organiques , sont les produits de l'état morbide oh se trouve l'appareil cérébro-spinal; cette faiblesse ne peut cesser qu'en rendant à cet appareil sa condition naturelle , qu'en restituant à l'innervation sa liberté ; or, les toniques ne sont pas propres h opérer ce résultat.

Les toniques ont joui d'une grande réputation dans le traitement des fièvres putrides' ou adynamiques. Quand on rapportait la cause de ces maladies à une altération septique des humeurs» c'était pour arrêter les progrès d*ane décomposition qui menaçait d'embrasser tout le corps, que l'on administrait ces agents. Alors on les appe • lait des anti-septiques. Ceux qui ont vu dans ces fièvres une débiSté profonde des propriétés vitales p ont aussi eu recours à ces mêmes remèdes » mais ik en attendaient un antre effet : ils les regardaient comme propres k relever les forces abattoes» à ranimer l'activité défaillante des appwreils qui président aux fonctions essentielles de la vie. Le phénomène morbide auquel nous attribuons l'adynamie ( une congestion sanguine de l'encéphale ) ' , loin d'être combattu par l'action des toniques , n'en peut recevoiI^ qu'une nouvelle force.

* Noiu pensotn toujours que l'on confond , sous le nom d'adynamie , des états morbides de l'appareil cérébro-spinal , très- différents les uns dea antres. La débilité, l'anéantissement des forces , est un phénomène séméiotique « que peuvent faire naître des causes anatomiques bien distinctes , un ramollissement moléculaire de la pulpe médullaire du cer-p Veau ou de la moelle épinière, peut-être un état iaoonnu de cette pulpe qui aÉl^lIt ses monvementa et sa puissance, une lésion des plexus dn gcand ftj^mpathiqne, ce qui a lieu dans les plaies , dans les phlogoses des tissus de l'estomac, des intestins, du cœur, etc., une congestion sanguine des yaisseauz de l'encéphale, etc. C'est à cette dernière cause qu'est due In faiblesse mnscalaire que l'on observe dans les fièvres que le professeur Pinel nommait adynamiques : cette faiblesse coexiste alors avec la diminution de la sensibilité , l'insouciaocc du malade , des rêvasseries, l'obscurcissement des sensations, l'affaissement des traits de la physionomie, une certaine pAleur, une sorte d'hébétude , etc.

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Le résollat ijue doanent» dans le traitement des fièvres» les méthodes les plus opposées, prouve a^sez qae le poavoir de la médecine contre ces maljidies est trèsrbomé. Si Toi) emploie des saignées et des.san^iies» ai Y on emr ploie des purgatifs, si Ton emploie des an^ers et des excitantsy on obtient toujours^ sur iip np^^b^e dw«é 4® malades 9 des succès popr une proportion. qi|i n'offre p^s \^ différences que Ton devrait attend|*e, ,C*e»% icil|ieatrétr^ qu'il convient d'adopter une sorte d'éc^^ctismo* On aurait recours aux émissions sanguisea, djins le début de ces maladies quand l'appareil cirçulatpire se montrerail surexcité; dans leur cours quand une phlogo^e vive, me^Br çante^ se manifesterait dans l'encéphale, sur les organes digestifs, pulmonaires, etc. ; on ne redouiesait {^aa le^ purgatifs , et on chercherait à tirer parti des évacuMàoBS intestinales; on ferait grand cas des révulsif appliqués aux extrémités; on aurait confiance au quinquina et an sulfate de quinine, et on chercherait avec soin si la fièvre n*ofire pas des redoublements quotidiens que ces agents enlèveraient, dont ils empêcheraient le retour. J'ai vu^ souvent un traitement exclusif par les sangsues, parles âoiétiques, par les purgatifs, par les toniques et les excitants laisser à la maladie ses symptômes alarmants, ne point empêcher sa f^) d'être funeste : j'ai vu si souvent avec un traitement adoucissant, expectant, la maladie arriver à bien, le rétablissement de la santé s'opérer, que, dans les fièvres typhoïdes, quand je ^uis asse;^ heureux pour voir les malades l^érir, j'en remercie le ciel, mai» je ne m'en^vante pas.

roititOBS. 5S5;

Dfs fièo9'ês intermittenie».

Lot ïp^idifiMMiti Ioniques louiteeiit «Tune eéiéMté non contestée dtns le» fièvres interaiitilentes. Ù n'est pas une substance anèrar, pas uneprodoetioQ styptiqne, qui n'ait fjaériét^tèirtê ^fooliAiMines, des fièvres tienees, dovfalelîerees et quartes* On ne pent reAiBef an qoinqniae une aeliea spéciide contre les mifefies périodiqiies; mais teot perle à croire que les antres toniques tirent leor vertu fiybrifiige.d0 leur propriété corroborante* i*. L'observation d^noaitre qoo 4out ce qni peut développer les jsrces de h vieDst propre à interroaapre le cours des fièvres intermtOeotes; le vin » le café , pris qudqne temps avant l'accès, l'ont souvent empêché d'avoir lieu ; ces causes provo** quent une forte excitation» et celle-ci opère un effet fébrifuge. C'est un produit analogue que l'on détermine avec les toniques, lorsqu'on en administre une forte dose dan» les quatre à six heures qui précèdent l'époque présumée de l'Invasion de la fièvre : la substance médicinale tient réconomie sous son influence, chaque tissu organique a senti sa vertu corroborante , toutes les forces de la vie sont en exercice; c'est ce développement de la vitalité que l'on oppose à la fièvre. Les toniques guérissent alors la fièvre par le même mécanisme qu'un exercice violent , une pas* sion de l'âme , im saisissement , pris ou suscités au monafint oii I'oa attend le fiMason é^ Taccès. s*. La pratique de la .médecine a ma même temps prouvé que l'on pouvait •péker pliië 'doneénmit la gaérison des fièvres îmenaiittentes. Ce sont enccn des moyens fortifiants que Ton em-

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ploie, c'est encore d'une augmentation de Tteei^ie Titak que procède le snccèa : mais on vent qoe ce changement salutaire s'effectue lentement et progressivement. Soayent un régime bien restaurant » des viandes succalentes, dabon vin à chaque repas» un exercice journalier» un changement de pays» de la distraction» etc. » «mt déraciné des fièvres périodiques invétérées; les toniques agissent dans le même sens» quand on se contente d'en prendre tous les jours des petites doses» et que l'on en continue Tusage pendant plusieurs semaines. La méthode curative que l'on suit dans ce cas amène un développement gradaé des forces toniques du corps; on voit les accès de fièvre diminuer peu à peu de longueov et de violence» pour cesser enfin tout-à-fait : on adopte alors un mode de traitement par extinction.

Des affections scorbutiques.

Les toniques passent pour être de puissants antiscorbur tiques. Le quinquina» la gentiane» le houblon» le chardonbénit» sont conseillés par les auteurs comme des moyeos excellents dans le scorbut.

Des maladies vénériennes^

* Lés toniques entrent souvent dans la composition des méthodes curatives qoe l'on diriga contre les affections vénériennes. Les personnes d!une constitution faible » celles dont le sang et les organes semblent détériorés» ont biBSoin

«FOlflQVSS. 585

que les toniques raniment la vie de tous leurs tissus, avant de recourir au mercure. Sans le secours des toniques» ce remède y ordinairement si efficace , n'obtiendrait aucun succès : souyent même on n'oserait pas remployer seul.

586 M&MCAICBIITS

GLA&SË IK

VÉDIGAMENTS EXCITANTS.

Section I. Considérations générales sur les médicamenU

excitants.

Les médicaments que nons n<Hmnons excitants, medicamenta excitantia^ du yerbe latin exciiare, exciter , réveiller, émouYoir; stimulants, stimulantia, du yerbe stinuUare, piquer» aiguillonner, forment un ordre particulier de moyens pharmacologiques qui se distinguent de tous les autres , i* par leurs qualités sensibles , a* par leur composition chimique, 3* par la nature des effets physiologiques qu'ils suscitent, 4* par les indications thérapeutiques qu'ils serrent à remplir. C'est surtout à Tinfluenco que ces médicaments exercent sur l'économie animale que nous nous attacherons pour les caractériser. Aussitôt après leur administration, les tissus vivants semblent tourmentés par une cause mécanique qui les offense : on voit les organes accélérer leurs mouvements , presser leur action; toutes les fonctions de la vie suivent un mode d'exercice plus prompt, plus rapide. Si l'on voulait donner h l'esprit une idée matérielle de l'opération excitante de ces agents , on pourrait les représenter comme remplis d'une foule d'aiguillons qui se produisent aussitôt qu'ik

rencontrent une partie ooaée delà vie» qui U piquei^» la provoquent sans çelftche.

Les. effets isunédiat^ que sqscitent le^ 4»iât$i|its aonl tr^js-apparents > parce qu il^ eonaistent dana «ne aoc^lér ratioa 4es mouvfuaients des organes , et qii9 ce pvfidivH s'aperçoit bien » s^ copstate Ht^il^tneoit dans le mode n^ii* veaa d'exercice qoe p^remient les àm^rs actes de la ide* AiMsi tous les auteurs « ceujçittéaie qui ne s'ocfiopajent qqe des avaAt9ge^ coratifa que les médicaments procwent* parlentrils de la focce et de k firéquenee du pouls ^ de l'aiiginentation de. la chalew animale» dn développement de la VÎQ ^rébrale , de l'activité des digesUona» eftc«»4ana ]^s pcirsoQnes qui ont pris des excitants et quisosi aeluel- ]^n9i?nt soumises à leur puiasanceaçtive. .1^ effeta des agents dont noufr nom oeonpo» ae di^ tkiguent de plus par lew valeur physiologique* Ce- sont les organes les plus essentiels à la vie qu'ils intéreaaettk; c*f^ aur les, ifipareils qui présideot k la digestion.» k la circulatioa»^ la respiration » slU% aé^rétiotis» >aw edialetip^.,. c'est aur l'tqipa^il de l'innervation qu'ils, se jeeoi-f {ealeiit le mieux. Cependant le nombre des effets que 4âtQr4Mnent les médioameiite. excitants ne pleut âtre^arroté-jiilest d!Bs>prodHtls>».' comme la diapitronfese» Ténq^tioA des règles, une forte sécrétion d'urine , qui n'apparaissent que quand la propriété stimulante se porte principalement sur \9k peau» sur l'utérus ou sur les reioa. Si .ces pnodnits font partie de la médicfi^ÎQU obtenue # ils augmentent seulement son importance y mais ils n'en changent pas le caractère; n'ont-ils. pas lieu ^jcette. médication n'en existe pas moins.

588 utoicAifEiirs

Les prodaetions naturelles qui ont la propriété de stU moler les organes , d'animer leur vitalité , d*exalter leur faculté contractile» sont très -nombreuses; mais on les confond» dans les ouvrages de matière médicale» avec d'autres agents et surtout avec les toniques. Nous verrons cependant que les excitants doivent être séparés de ces derniers ; leur substance se compose de principes chikniqnes différents; ils ne font pas sur les surfaces vivantes la même espèce d'impression, ils ne déterminent pas les mêmes effets physiologiques» enfin» dans le traitement des maladies, ik servent h remplir des indications distinctes. C'est sur la tonicité des tissus vivants qu'agissent les médicaments de la première classe ; c'est la contractilité de ces tissus que développent surtout les agents que nous réunissons dans celle-ci. Les premiers rendaient les mour vements plus forts » les derniers leur donnent plus de firé» quMice.

Toutes les causes qui développent les forces de la vie» qui précipitent la circulation du/sang» qui élèvent la température du corps , etc. » comme l'air sec et chaud , l'exercice musculaire » l'insolation , etc. » s'appellent aussi des moyens excitants ou stimulants. Nous ne devons ici nous occuper que des agents qui appartiennent à la f^armacologie.

Segiion II. Des substances naturelles qui ont une

propriété excitante.

Les trois règnes fournissent des matières dans lesquelles se trouve l'espèce de propriété active que nous désignons

par le titre d'excitante. Nous allons soumettre chacune de ces matières à un examen particulier. Nous commencerons par les productions qui ont une origine végétale.

A. Des substances végétales excitantes.

Il est important de déterminer d*abord lés qualité» sensibles des substances végétales qui sont douées d'une faculté excitante. Ces substances exhalent une odeur aromatique > mais cette odeur est loin d*être identique dans chacune d'elles; il est si difficile de saisir les nuances qui distinguent les odeivs » et surtout de désigner ces nuances par une expression dont la valeur soit bien arrêtée , que Ton se contente de les indiquer par les tititos génériques d'ambroslaques, de fragrantes» d'aromatiques, d'alliacées, même de fétides « etc. » sans prétendre déterminer toutes les dissemblances que l'organe de l'odorat trouve entre elles. Le sens du goût reçoit également de ces plantes des impressions très -«diversifiées : elles donnent une saveur chaude » piquante ou amère. C'est parmi celles dont le goût n'est point désagréable que l'on prend les épices qui, dans nos cuisines , servent à l'assaisonnement des aliments.

Consignons ici » comme une observation importante » qu'il est des arômes éminemment diffusibles, dont une trèspetite quantité suffit pour donner une odeur bien sensible à une production naturelle. Dans ce cas» une qualité aromatique est un signe qui peut tromper. Si le principe qui rend une substance végétale odoriférante » entre dans la. composition chimique de cette substance pour une propor-

590 MÀDICAUEIITS

tioa si petite qu^il faut» pour percevoir sen action , Texquise sensibîtilé delà surface olTactiTe, etipi'èUeest sans puissance sur les apotrss ôi^aiies, Todenr qae cette substance exhale devient une circonstance insignifiante pour le pharmacologiste.

La composition chimique des substances végétales excitantes doit iidas occapcyr. Nous y trouverons la cause matérielle des effets^ physiologiques que produit leur administration. Cette étude notis avertira des précautions h observer lorsque Ton vent tirer de ces substances des agents médicinaux ; elle notis indiquera quelles sont les formes pharmaceutiques qu'il convient de leur faire prendre. Les principes d'oti procède la propriété excitante paraissent être, dans les végétaux, 1" Thnile volatile, 2''la résine , 5^ le baume , 4* 1* acide ben^oiqûe , 5^ le camphre. Nous allons rappeler lés qiâalités qui sont propres à chacun de ces principes.* On trouve dans quelques productions végétales excitantes Une cértaiofe propoi^ion d'un corps d'une n^ature complexe que Ton a nômniée longtemps matière exfractive; ces productions sont amèrcs, elles exercent sui* les ok-ganes vivants une influence toni-«> que 9 en même tenïps qu'une action stimulante' : cette influence est d'autant plus prononcée que la matière extractive est plus abondante dans leur comî^'csitiohl II existe aussi du muqueûx , de la fètiilé , de rfauîlë' fl'Jbè , dans plusieurs plantes excitantes ; mais l'a préëenife de ces matériaux est une circonstance peu remarquable : leur fàfble activité est dominée pat* trelle des principes excitants : serrement, si une suBstance'm'édicinale recelait une forte quantité de muqueux du de féctile , on pourrait regarder

ce corps adoucÎMant oa émoUieirt comme un correctif des matières phis actives» de Thnile voltftile» de la tésine, du banme , etc. » aaxqnelles la nature l'a associé.

De t'huile wtàiilê.

I^'hmle volatile existe dans tous les Tégétamx aromâti^ cpies : on la trouve dans de petites, glandules; oti proiNible*' ment elle se forme par un mode particulier de sécrétion qui s'opère sur leur surface intérieure. On éroit qiie ce sont les molécules de l'huile volatile cfoi, s'échappant en effluves de ces vi^étanx, produisent dans rintérieur des narines l'impression que nous nommons oderift^asite.

C'est à l'aide de la distillation, que l'on parvi^at àob^ tenir ce principe végétal. Comme il est votattl, en aemMt* tant la plante qui le contient, avec< de l'eau » à l'aclion du feu , dans un alambic, ils'élève avec les vapeivs aqueuses, se condense avec elles, et descend dans le. récipient. Lors^que l'huile volatile est très*- abondante, comme sur les écorces des ôtron» et des oranges, il suffit de briser , par la pression, les utrieules qiir Itf renferment, pour la re« cuillir.

Il est remarquable que les huiles volatiles des plantes de nos contrées sont peu consistantes ^ et plus légèresque Teau. Celles de girofle, de cannelie, de sassafras, d^.plh-^sieurs bois» exotiques , sont plus cousistaiitesi, nmnsvola^ tiles et {^S' pesantes que l'eau. .'wl'.'

Les. huile» vobitika n'ont point dei viscoaitéu Si Fou appioche de ces huiles un corps en conoèustion , elles s*enflanunent et répandent une fumée épftisse. En coir«'

$9^ MtolCAllEHTS

tact avec Tair atmosphérique et smtoat avec Toxygène , elles cèdent peu à peu une portion de leur carbone et de leur hydrogène f elles s'épabsissent , deyiennent solides.

La couleur des huiles yolatiles n*^est pas toujours la même ; les unes sont yertes » d'antres jaunes , d'autres bleues. L'eau en dissout une petite quantité ; elle prend alors Toideur de la plante on de la production végétale qui contenait cette huile. Les hydrolats on eaux distillées aromatiques n'offrent guère qu'une très-faible proportion d'huile volatile dissoute dans l'eau. L'alcool a beaucoup plus d'action sur ce principe; il s'en empare avec avidité. Si l'on ajoute de l'eau h cette combinaison » aussitôt l'alcool s'unit h ce liquide et abandonne l'huile volatile , qui reste disséminée par molécules dans la liqueur, et lui donne un aspect laiteux. Les idcooiats ou les eaux distillées spiritueuses de romarin » de menthe , de cannelle , de lavande « etc.» ne sont que des solutions de l'huile volatile de ces plantes dans l'alcool. Ces produits végétaux sont aussi très^solubles dans l'éther.

Les huiles essentielles agissent avec beaucoup d'énergie sur les parties douées de la vie ; l'action des émanations qui s'en échappent » sur l'organe olfactif, donne une sensation aromatique; elles font sur l'oigne du goût une impression ficre et pénétrante. Il est des huiles volatiles qui , appliquées sur la peau , irritent sa surface, y appel- VseX le sang, produisent un effet rubéfiant. Lorsque l'huile volatile est unie à d'autres matériaux, comme dans les productions naturelles d'où on la retire, ou bien quand on la divise avec un composé sucré, mucilagineux on fan* neQK qui lui sert de correctif, elle n'attaque plus aussi yi-

veulent les parties vivantes, elle n*exerce sur eljes qu'une impression modérée qui stimule leurs fibres et augmente leur activité. Ses molécules , prises par les absorbants, et versées dans le torrent circulatoire , se répandent avec le sang dans tout le système animal; il n'est pas de tissu organique qui ne sente leur aiguillon. On emploie souvent les huiles* volatiles à la dose de six» huit gouttes» et au-delà» jusqu'à un gros.

De la résine,

La résine est un suc propre qui sort spontanément de quelques arbres et arbrisseaux , ou dont on détermine l'exsudation par des incisions pratiquées sur les tissus végé* taux qui le contiennent^ Ce produit, tel que la nature le donne, est composé, suivant M. Bonastre, pharmacien, 1* d'une résine proprement dite, soluble dans l'alcool à froid; s"* d'une sous^résine presque toujours insoluble dans l'alcool bouillant ou l'éther ; S"" <t'une huile volatile ; 4"* d'un acide; 5^ d'extractif amer contenant quelques sds. {Joar. de Pharmae,, décembre 1822. ) La résine fait partie con« stituante d'un grand nombre de productions végétales; mais quand elle est peu abondante , il faut les soumettre à une analyse chimique pour l'obtenir.

La résine est une substance solide, cassante, un peu plus pesante que l'eau, tirant ordinairement sur le jaune. Les chimistes la regardent comme une huile volatile qui a perdu une portion de son hydrogène, et qui s'est saturée d'oxigène : aussi l'air n'a-t-il aucune action sur elle. Cette matière végétale est insoluble dans l'eau : l'alcool, an contraire, et l'éther sulfurique s'en emparent avec avi- T, I. 38

agA MÉDlGAMBUrTS

dilé. Elle 8e dûsout aassi dans 14ifule volatile » dans rhuile •grasse et dans Teau chargée de potasse ou de soude. Lorsqu'on Térse de l'eau dans une solution alcooliqne de résine , la liqueur blanchit : on obtient la résine sous forme d*un dépôt blanc. En chauffant les résines , eUes se fondent» elles brûlent avec une flamme îaune> et répandent une épaisse fumée noire.

La résine est inodore; elle ne fournit pas d'effluves qui puissent agir sur la membrane olfactive. Elle est également insipide lorsque les sucs salivaires ne peuvent liquéfier aucune portion de sa substance. Cependant, si Ton tient le corps résineux long-temps dans la bouche» on perçoit souvent une légère saveur : l'organe du goût ressent une faible impression. Est-ce la soude contenue dans la salive qui opère la dissolution d'un peu de résine ? Trouverionsnous ici la raison qui rend les molécules de ce produit végétal habiles à agir sur les tissus vivants » quand elles y arrivent avec le sang » dans lequel se trouve du soua-çar* bonate de soude, pendant qu'elles n'exercent aucune impression sur les suriaces les plus sensibles, conune celle de la langue , au moment oii on les applique dessus ? Quoi qu'il en soit , il est toujours d'observation que le principe résineux, après son absorption, développe la vitalité des appareils oi|;aniques , accélère la circulation , augmente la chaleur animale, etc.

Dé la gomme-résine.

On connaît, sous ce nom un suc propre laiteux qui se trouve dans beaucoup de végétaux. Quelques plantes des

EXCITANTS. OljS

logions du midi en contiennent une grande quantité : il suffit y pour Tobtenir , de diviser par des incisions pratiquées sur les tiges, sur les rameaux, sur les racines, les cellules dans lesquelles ce suc propre s'est probablement formé par voie de sécrétion. Exposé à Tair libre et à une haute température , il se durcit : Tassa-fcetida , la gommeammoniaque, la myrrhe, Topopanax, lascammonée, la gomme-gutte, etc. , sont des gommesnrésines.

Ces sucs végétaux sont en parUe solubles dans Teau : les solutions aqueuses restent troubles et laiteuses. L'alcool en dissout aussi une certaine proportion ; la liqueur conserve de la transparence. Lorsque Ton verse de l'eau dans cette teinture alcoolique, elle blanchit sur-le»champ, sans fournir toutefois de dépôt : la filtration même n'en sépare rien. Le vin, le vinaigre, se chargent d'une partie des principes du corps gommo- résineux. M. Hatchett a. démontré que ce corps s'unit aux alcalis.

La gomme-résine n'est point un principe simple*. L'analyse chimique découvrait, dans sa constitution intime, du muqueux , une matière extractive , de la résine , une huile essentielle : cependant on continuait de regarder ce produit comme un des matériaux immédiats de la végétation. M. Pelletier s'est livré à des recherches qui l'ont conduit h adopter une opinion contraire. Il a vu que les diverses substances qui composaient les gonunes-résines n'avaientpointcontracté entre elles d'union intime, qu'elles étaient simplement mélangées, mais que chacun des composants conservait ses qualités naturelles et ses propriétés distinctives. Soumis à une analyse exacte, les corps gonuno-résineux lui ont fourni les principes dont nous

^9^ MtolCANBNTS

Tenon» de parler , mêlés dans des proportions différentes : il y a de pins trouré de Tacide malique , libre on combiné à la chanx, de la cire, de la bassorine , etc.

Les gommesHrésines exercent sur les tissus nyants one action stimulante. Qaelqaes-nnes irritent fortement les ▼oies digestires : nous rentrerrons celles-ci k la classe des médicaments pnrgati&é Quand les autres gommesHrésines sont données à des doses élevées » elles troublent faction naturelle des intestins» et, sans produire, k proprement parler, le phénomène de la purgation, elles donnent lieu à des déjecti<«is alvines. Les Arabes mettaient la plupwt de ces composés naturels parmi les pu^tife.

Du baume.

Cette substance se forme dans les filières d'un grand nombre de plantes. Me est abondante dans les arbres qui habitent les régions équinoxiales; il est facile de Textraire de ces derniers, et d'en obtenir une quantité notable. Le baume du Pérou, celui de Tolu, le benjoin, etc., appartiennent au genre de produits Végétaux dont nous nous occupons ici.

Le baume n'est pas un corps simple; l'analyse chimique montre qu'il entre dans sa composition de la résine, de l'acide benzoïque et de l'huile essentielle : c'est même la présence de l'acide boisoique qui caractéi*isevle baume , et qui le distingue des corps rérineux et des corps gommorésineux.

Les baumes ne sont solubles qu'en partie dans f eau; ils se dissolvent facilement dans l'alcool et dans l'éther. Les

BXCITÀNT9. 597

alcalis agÎMont sur eux comme sur les résines. Lorsqu'on chauffe les baumes » qu'on les met bouillir dans l'eau , ou digérer -daBS les acides, ils fournissent une certaine quantité d'acide benioîque.

En contact avec une partie TÎyante , le baume aiguillonne son tissu, déreloppe sa vitalité, accélère ses mou- ▼cmenis organiques. Il possède donc une force agissantedu même caractère que celle des agents excitants; il contribue sans doute à créer cette force médicinale dans les plantes où nous le trouvons.

L'acide benzoique pur, qui, mis sur la langue, donne une saveur piquante et un peu amère , exerce aussi uneimpresaion simulante sur les tissus organiques. Son mode d'siction s'accorde bien, par son caractère, avec celui des. autres principes auxquels il se trouve allié dans les comr posés végétaux..

Du camphre.

N0US notons ici le camphre comme un des prinQ^)es' immédiats d'un grand nombre de productions végétales eaBCÎtanles. L'huile volatile des labiées, de plusieurs co* rymbîEères , en contiMit une proportion assez forte : on sait qu'il est très-abondant dans les plantes de la famille des lanrinées. On r^rde cette matière comme une sorte d%iile volatile concrète; Le camphre parait insokilile dans Teau; cependant ce liquide en prend l'odeur. L'al^ oocd et les huiles essentielles ont beaucoup d'aflbiité aveclni.

Mêlé aux autres principes des plantes dans lesquelles il se trouve pour une petite proportion, le camphre con-

court sans doute h produire les effets excitants qui suivent Tadministration des uiédicameuts que Ton en forme. Mais quand on le donne seul et à une dose un peu élevée , Texpérience prouve qu'il agit puissamment sur Tappareil encéphalique y qu'il trouble son action» et c[u'en même temps il attaque fortement les voies digèstives. Nous nous croyons obligés de séparer cette substance médicinale de la classe des agents excitants , et de la porter provismrement dans la dernière.

Préparations pharmaceutiques eaeitantes.

Les substances v^étales que nous allons réunir dans cette classe revêtent, dans les pharmacies, un grand nombre de formes différentes : elles se donnent en poudre, en élcctuaire, en pilules. On charge fréquemment Teau de leurs matériaux médicinaux. On suit divers procédés pour préparer les infusions excitantes : on peut mettre la matière végétale macérer, pendant quelque temps , dans l'eau à une température modérée ; on peut aussi verser le liquide bouillant sur cette matière dans un vase que Ton ferme aussitôt On se contente souvent de jeter la production médicinale dans lé pot oùTeau bout, on retire ce dernier du feu et on le couvre avec soin.

Les propriétés chimiques des principes auxquels est attachée la force excitante, ne permettent pas de préparer des décoctions avec les substances que nous réunissons dans cette classe. Leur ébullition dans Teau occasionerait la dissipation de Thuile essentieUe et des autres matériaux volatils qu'elles recèlent. Quelques productions dont la

puissance médicinale ém«ie de matières pins fixes^ comme le gaïac , servent cependant à composer des décoctions ; mais les plantes labiées y ombellifères» cracifères» eorymbil^res , etc. » ne penvent soutenir que Finfosion : l'action prolongée de l'eau bouillante altérerait leur constitution intime» dénaturerait le caractère de leur yertu. II est même possible» en se servant alternativement de Pinfûsion et de la décoction , de tirer deux composés très-différents d'une même plante : il suffit pour cela qu'elle soit amère et aromatique. Par le premier procédé » l'eau se chargera de sa partie volatile : on aurafirarmé on médicament stimulant. La. décoction, au contraire, provoquera la di^ipation de». éléments volatils, et conservera la matière extractive, le tannin, etc. : cette préparation exercera surtout une action tonique.

Les bydrolats ou les eaux distillées des plantas aromatiques contiennent de l'huile essentielle ; elles font une impression stimulante sur les tissus oi^i^niques : mais leur activité reste toujours filàble , et ces préparations pharmaceutiques ne sont guère que des véhicules destinés à recevoir des agents plus énergiques , comme on le voit dans la confection des potions, des juleps. Toutefois les eaux distillées de cannelle, de mcmthe , d'hysope, de fleurs dWanger, etc. , ont par elles-mêmes une force médicinale que l'on ne doit pas dédaigner, et qui, très-souvent, rend d'importants services à la thérapeutique'.

^ Mous n'av^oas pas parlé des eaux distillées des plantes toniques, de petite centaurée, de chardon-bénit, de quintefeuille, de fumcterre, etc. ; sans doute ces eaux recèlent quelques principes fournis par ces plantes;

6oO M&DICAMBNTft

Les »acs dépuré» des plantes excitantes présentent dea moyens dont Tart de gaérir a souvent en Toccasion de constater Ténergie. Nous citerons ceux des végétaux de la famille des cruciftres » du cresson , du cochléaria , de la racine de raifort sauvage , eCc* • que Ton dépure en les mettant filtrer à travers un pilier gris.

On convertit «1 sirops les infusions , les décoctîens , lea eaux distillées , les sucs doutés des productions végiétales douées d'une vertu excitante. On ne fait alors que donner k ces préparations pharmaceutiques un degré déterminé de consistance» en y ajoutant une suffisante quantité de sucre. Ce changement de forme n'a rien ajouté à leur valeur médicmale; la matière sucrée tend plutôt h gêner, ilana leur action sur les organes vivants , les molécules déposi* taires de la force stimulante ; quand ces dernières sont mmées d'une activité violente, le corps sucré devient un correctif utile.

Les extraits des plantes excitantes sont moins renommés que ceux des plantes toniques : c'est que le pnK:édé à Taide

sans doute elles diffèrent de l'eau ordinaire. Mais il ne suffit. pas qu'un principe existe dans on composé pharmaceutique , et qu'on puisse en démontrer l'exif tenoe, pour que sa présence intéreaie le médecin^ il faut, de plus , que ce principe soit dans le composé pour une proportioa telle qu'il ait la faculté d'agir sur les tissus vivants, et de changer leur état actuel; il faut que ses effets puissent servir à réprimer des mouvements morbides, A combattre des affections pathologiques. Gomme les matériaux auxquels est attachée la puissance tonique, le tannin, l'acide gailique, les matières extractives, améres, résinoïdes, alcaloïdes, etc., «ont fixes, que ces matériaux ne s'élètent pa» dans la distillation, les eaux distillées des plantes toniques ne peuvent posséder la puissance de ces plantes.

BXGITANTS. 6oi

duquel on obtient ce genre de médicaments n'est pas favorable aux productions médicinales qui recèlent des matières volatiles. La chaleur à laquelle on les soumet dissipe en partie ces dernières, et souvent le composé de consistance extractive que Ton retire d*une substance aromatique » au lieu de la propriété stimulante que celle-ci avait » montre une pN^riété tonique. Les principes d'où émanait la rertu excitante sont évaporés , il ne reste dans l'extrait que les principes fixes » qui , rapprochés, concentrés» s'aperçoivent mieux 9 deviennent plus sensibles : les plantes labiées, qui ont une saveur chaude et piquante, fournissent des extraits qui ont de l'amertume.

Le vin , l'alcool , servent aussi h dépouiller les productions végétales excitantes des principes actifs qu'elles contiennent, et, par suite, de la force médicinale dont elles jouissent. Mais ces excipients ont par eux«4némes un pouvoir très-remarquable ; quand ils se sont emparés de la vertu des productions excitantes, on croirait encore qu'ils ont seulemMt augmenté , agrandi leur propre puissance. Cependant les ingrédients excitants modifient l'opération de l'excipient vineux ou dcoolique, et, dans le traitement des maladies, leur ii^uence sert à rempUr une foule d'indications pour lesquelles le vin ou l'alcool pur serait inutile et inefficace. Quoi qu'il en soit, comme ces liquides déterminent un mode particulier de médication, nous en avons formé la classe suivante , oii , sous le titre de diffusi-* blés , nous examinerons les teintures et les alcoolats ou alcoob distillés.

6oit M&DICAIISNTS

Famille naturelle des plantes labiées.

Les plantes de cette famille sont renomiDées en botanique par la ressemblance de leurs formes extérieures : leur composition intime présente une analogie qoi n'est pas moins remarquable. Toutes les parties de ces plantes sont recouvertes de glandes vésiculaires remplies d'huile volatile : ces glandes se rompent spontanément , ou par Ie& frottements qu'elles éprouTont; alors l'huile qu'elles reeèlent se répand dans l'air» et donne à ce fluide une qualité aromatique. Si l'air contient de l'eau à l'état globuleux et de liberté » les molécules de l'huile volatile s'unissent aux molécules aqueuses : à l'aide de ,ce véhicule , elles se maintiennent en suspension dans l'atmosphère , se répandent souvent à de grandes distances» et se trouvent depln& dans une condition favorable pour s'appliquer sur Toi^anc de l'odorat; de là vient que le parfum des fleurs de nos parterres est plus sensible le matin et le soir qu'au milieu de la journée.

La sécrétion de cette huile volatile se fait avec une grande activité» quand l'air atmosphérique a une constitution sèche et, dans les grandes chaleurs; cette sécrétion se ralentit et diminue dans les temps humides , et surtout quand la> température de l'air baisse. L'huile volatile est plus abondante dans les plantes labiées des pays méridionaux» elle 7 parait aussi plus élaborée, plus parfaite» que dans les nôtres. C'est un fait bien constaté , que non-seulement les plantes de la même espèce contiennent plus d'arôme dans les régions que le soleil inonde de calorique et de lumière»

EXCITANTS. 6o3

mais qu'en même temps cet arôme est plus délicat, plus fini , dans les plantes exotiques que dans les individus de nos contrées. Les plantes labiées contiennent aussi un principe résineux : on trouve dans quelques-unes une matière extrac tive amère. Nous avons déjà dit que l'on retirait ûIbl camphre de leur huile essentielle ; il su£5t , pour cela , d'exposer cette huile en plein air , à une température capable de la volatiliser; on voit le camphre qu'elle tenait en dissolution se cristalliser. (Proust, Annales de chimie.)

Nous ferons ici une remarque qui ne sera pas sans intérêt : c'est que la dessiccation des plantes labiées, quand elle est bien conduite » n'altère pas les principes chimiques de ces végétaux , ne diminue pas leur valeur pharmacdogique : ces plantes perdent seulement leur humidité. Un poids ou un volume d'une labiée sèche produira plus d'effet que la quantité de la même plante fraîche , dont ce poids ou ce volume est le produit. L'énergie médicinale de ces végétaux paraît donc se développer parla dessiccation.

Les plantes labiées exercent une vive impression sur toutes les parties vivantes qu'elles touchent ; la plupart d'entre elles font rougir la peau, lorsqu'on les tient pendant quelque temps appliquées sur sa surface. Leur qualité aromatique n'est que l'impression de leurs principes volatils sur l'organe de l'odorat. La poudre de ces plantes, portée sur cet organe, provoque un effet stemutatoire; elle opère en même temps une excitation delà surface olfactive, ^ui se propage au cerveau , cause un développement instantané do la vitalité de l'appareil cérébral , et , par suite , semble augmenter les facultés physiques et surtout mo-

6o4 MimCAMENTS

raki. Il eat des labiées qni dcmiiciit une saveur pii{aante , elles échauflfoiiti elles irrileiit même légèrement rinténear de la boache; cette seasation vire, mais momeDtanée , loin d'être désagréable, a quelque chose de flatteur : d'antres ont une amertume assez inUmse. C^est dms les premières que nous trouvons le type de la faculté excitante. Les labiées amères ont une action moins simple : on retrouve quelque chose de la puissance tonique dans les changements organiques qu'elles font naître.

Celles des gantes labiées qui donnent une saveur seulement [Mquante, et qui en même temps exhalent une odenr suave» sont admises dans nos cuisines. EQes servent k corriger la fadeur des matières alimentaires , à assaisionncr les mets que Ton sort sur nos tables; après avoir flatté le palab • elles vont stimuler Testomac et réveiBer les forces digestives.

SànoBj SabiiB foliat Sàlviâ omciNUJS» L. On se sert par préftrence de la variété S. offl minor, qui s'élève moins haut, et dont les feuilles sont plus étroites* On la nomme petite sauge. La sauge croit ^Mnianément dans TEarope méridionale ; on la cultive dans nos jardins. Cette plante se pbilt dans les lieux secs et élevés x ou remarque que celle qui a végété dans un sol luunide et ombragé recèle moins de principes médicinaut» amoma d'^ompe, que celle qui vient d'un terrain arîda. La «acge de nos provinces méridionales mérite la prélér«ace sot eoUe que nous cultivons.

La sauge a jouiez médecine d'une gsande oélâhrité; son nom de salvus {s<Uu$, satité ) indique asaes ia bonne cfânioo que l'on avait de ses vertus. On a cvli que l'usage de cette

EXCITANTS. 6oS

plante pouvait prolonger la vie, garantir de toute eâpèce de maladie. Daïis leur e&tboosiasme » des auteurs l'ont proclamée une panacée universelle » un biffait du ciel. Un examen attentif de sa constitution chimique et des effets immédiats qu'elle produit indiquera le rang qu'elle doit occuper parmi les instruments de la thérapeutique.

On se sert des feuilles et des sommités de la sauge. L'analyse chimique découvre dans ces productions ime grande quantité d'huile volatile de cmileur rerte. Proust a trouvé dans cette huile les o, i aâ de camphre. La sauge coatient encore une petite proportion d'acide gallique et de matière extractive; le sulfate de fer fait prendre à l'infusion' aqueuse de cette plante une couleur noirâtre. L'eau» le vin, l'alcool, peuvent servir pour la dépouiller de ses propriétés : on emploie le plus ordinairement le premier véhicule; on met deux gros de cette plante pour deux livres d'eau; on donne cette infusion par verres; on Fédulcore avec un sirop acidulé à mucilàgineux ou d'une autre nature* On en tire aussi une eau distillée, que l'on administre par cuillerées. La sauge entre dans beaucoup de préparations officinales.

La sauge a une odeur forte, pénétrante, une saveur chaude» piquante, légèrement amarescente. Les percep*- Uons des organes du goût et de l'odorat décèlent dans cette production une propriété d'une nature stimulante. C'est aussi ce que prouvent les eifets physiologiques qui suivent son usage* Auteitôt après l'administration de l'infusion at^euse de la sauge, on éprouve un seotimfflàt de chaleur à la région épigastrique ; ce composé réveille l'appétit, si l'estomac est vide ; il facilite la digestion, accélère

Cuti MiDICAMKNTS

Télaboration de» alimenU, si Ton vient de manger : il cause de la soif 9 de la constipation* U devient évident que cette infusion a développé la vitalité de Fappareil digestif. La puissance excitante de la sauge gagne les autres parties du corps^ lorsque l'on prend une forte dose de cette boisson; ses molécules absorbées vont agir sur Tencéphale , sur la moelle épinière » sur les plexus nerveux du grand sympathique, sur le cœur 9 sur les poumons» sor la peau , etc. ; le pouls devient plus fréquent , plus développé, la chaleur animaleplusforte, la transpiration cutanéeplas abondante; la figure s'épanouit; on éprouve un sentiment de vigueur qui semble nattre de Tépigastre; la vie de l'appareil cérébro-spinal est mamifestemeût augmentée; il survient des étourdissements ^ del'a^tation; si c'est la nuit il y a de l'insomnie» etc. Ces derniers produits ne s'obtiennent pas toutes les fois que l'on emploie la sauge ; ils n'ont pas sur tous les individus la même expression. Ne faut-il pas pour les faire nattre une disposition particulière , comme un l^r degré d'irritation de la pulpe médullaire des hémisphères cérébraux, une susceptibilité plus grande des tissus organiques,unehypertrophie,unedilatation du cœur» etc.? La sauge» qui accélère le cours du sang, qui augmente l'action exhalante de la peau , etc. , lorsque le cœur, la surface cutanée sont dans leur condition naturelle, détermine des changements , des effets opposés lorsque ces organes se trouvent dans un état morbide. On a vu, dans quelques maladies, la sauge diminuer la fréquence du poub. Van Swieten s'en est servi avec succès pour modérer et pour suspendre des sueurs affaiblissantes, excessives. Dans ces circonstances , la sauge n'a pu mettre en

jeu que sa propriété stimulante, c'est la disposition différente des organes soumis à son influence qui a amené Topposition des résultats.

Le pharmacologiste , qui connaît l'impression que la sauge exerce sur les organes vivants » s'étonnera-t-il de la voir recommandée par les auteurs dans les débilités de l'estomac, dans la lenteur de» digestions » dans l'inappétence, dans les dyspepsies , dans quelques diarrhées, etc.? Un verre de son infusion , pris avant ou aprèfs les repas , donne toujours plus d'activité aux forces digestives. Ce remède sera favorable quand l'estomac et les intestins ont éprouvé une altération matérielle , un ramollissement ou une oligotrophie de leurs tissus qui nuit à l'exercice de leurs fonctions, ou quand une diminution de l'influence des nerfs sur Tappareil digestif met ce dernier dans un état d'inertie. Lorsque Ton ajoute cette plante dans un ragoût, elle y laisse ses principes actifs; ces derniers arrivait avec la matière alimentaire dans la cavité gastrique, et leur action stimulante sur Testomac a une grande influence sur la conversion de la nourriture en chyle. Quand on a l'intention d'employer la sauge comme sto-machique , on doit toujours se représenter l'eSet immédiat qu'elle suscitera, afln de ne pas s'en servir s'il existe actuellement de la chaleur, de l'irritation dans les voies intestinales. Nous trouvons ici une objection assez forte à opposer à ceux qui proposent à tous les. individus l'usage journalier de cette plante. Quel avantage peuiril résulter, pour ceux dont' les digestions sont régulières, de l'excitation passagère que l'on étend sur toute la longueur du canal alimentaire, chaque fois que l'on boit un verre d'in-

6o8 IfàDIGAMXRT»

fusion de saoge ? Ajoutons qu'il est bien des personnes qui ne pourraient supporter ces agressions réitérées sur les organes digestifs, sans que ces derniers ne perdent leur condition physiologique.

On se sert avec succès de la sauge à la fin des catarrhes » dans les toux humides , lorsqu'il existe sur la membrane muqueuse des bronches une congestion sanguine qui rend surabondantes les sécrétions qui se font sur cette membrane , lorsque Ténergie expultrice des poumons est affaiblie, et que l'expectoration se £ût difficilement. On regarde cette plante comme propre à provoquer l'écoulement des règles : la faculté emménagogue de la saug^ émane de sa force excitante; pour que cette dernière serve à la formation de la congestion menstruelle » il faut qu'un défaut de vitalité dans l'organe utérin soit la cause de Tabsence de l'évacuation périodique dont noiis parlons.

Les auteurs de matière médicale conseillent l'usage de la sauge dans les vertigie^» dans rassoupisaement» dans les affaiblissemenU-» dans les engouhlisaements , dans les tremblements ^es membres , dans la paralysie , dans les suites de l'apoplexie et dans les menaces de cette terrible maladie; ils prescrivent # de trois heures eu trois heures ^ une tasse d'infusion de cette plante. Ces accidents décèlent bien une ou plusieurs lésions de l'encéphale et du prolongement rachidien; mais pour juger si les remèdes que fournit la sauge peuvent alors opérer quelque bien» il tkxk^ drait déterminer de quelle nature sont les lésions dont l'appareil cérébro-spinal est le siège. Il est inutile de dire que la sauge restera inhabile, inefficace, toutes les fois qu'il existera une lésion grave, comme une dépression des

BXCITANTg; 609

UémUphères ct^rébraux par ane tumeur dés os du crâne / line compression de la moelle épinière par tine déviation de la colohtié vertébrale ôii par uii déjpôt , ané cérébriic partielle » une myélite partielle , an épanchement sanguin avec déchirement du tissu cérébral, une iriduratibn de <)udquès points de la pulpe médullaire, un abcès , un tubercule, etc., ét<^; Mais si tme phlo^gosé de Tarachnolde à détehniiié une exhalatioù plus forte dans les membranes èhcéphalique^ et rachidiennes, sMl existe tme aëcumulation deséH>sitë dans lés cavités qu'elles forment, oii s*il s'établit dès congestions sanguines passagères dans lés vaisseaux encéphaliques, ou encore si la pulpe médullaire a perdu sa consistance normale, si elle a subi un ramollissement moleéulaire, Tàctiori stimulante de la sauge nepromet^lle pas des avantages? N'est-elle propre à décider l'absorption du liquide qui embarrasse l'encéphale et le prdlongcment ra- (Êhidien, k dissiper l'eiigo^gemént sanguin du cerveau, à rétabUr k la longue là disposition normale dé la matière cérébrale ? Sans doute lés médicaments tirés de la sauge sont des moyens secondaires : toutefois, dans uh traitement méthocBquo, doit-on les dédaigner? Tk*op confiants dans une veHu que Ton qualifie alors hervine ou céphaliquo , n'atténdotis pas d'elle des amendements qu'il ne lui est pas donné de {Procurer : injustes daiis l'appréciation de la puissance médicinale de la sauge , ne la regardons pas non plus comme tout-à-fait inutilcé

Les auteurs assurent que la sauge s'est montrée efiicacc dans quelques maladies tht^oniques avec infiltration cellulaire, bénilisiitire générale. On voit combien ces iàdicatiens sont vagues; ce qu'il serait important de connaître, T. I. ' 39

6lQ MàmC4tfEAT6

ce Aùski les lésions qui existaient lorsque la sauge a été un «emède salataire. M. le profisssenr .AJil>ert donne a?ec succès» àThôpital Sain t -Louis * le rin de sange h des scorbutiques* On troaTe la raison des avantages que cette plante procure alors dans l'imprcwon stimulante qu'elle exerce sur tous les tissus; impreMÎon bien propre à ranimer sur tous les points du corps la fonction absorbrate et la fonction assimilAtrice. N'oublions pas de .plus que Ton &it, dans les affections scQrbutiq^es• un emploi pisolengé du moyen médieinsl dont, nons parlons, et que son influence s'associe h celle d'autres secours thérapeuti^ ques • surtout à celle de la nonrritqre » dont elle favorise la digestion.

On compose avec, la sauge des collutoires el des gargarismes utiles dans les aphtbes » dans les rel&cbements des gencives avec ulcérations , avec haleine fétide.. On lecommande le bain de .sauge dans les débilités des moackn^ qui exécutent la locomotion , dans les endurcîssemenis du tissu cellulaire qui aorviennent aux enfenta^ On a vp l'immersion du coq;>St dans une décoction très-cbargée de cette plante» causer mi mouvement fébrile bien prononcé. On fait des frictions aur la région de l'épigastre oa le long de l'épine du dos » avec la teinture on l'alcoolat de sauge , quand on veut animer davantage Ifi vitalité de la moelle épinière et du grand nerf tri^lancbniqne , rendre plus vivifiante pour tous Ifa;. organes l'influence qui en découle.

RoMAiiN $ Rasmarm hortet^M^ hpia; Rosmibuivs orpiciNAUs» L. Arbuste, qui croit spoptanément dans les provinces méridionales de la Franche ,.en.£$pf(gno , en ItàtÎB,

KXCTT41«TSk 61 I

dsM» f Orient. U se plaît dans les terrams sees et exposés ao soleil ; it se multiplie «urtout daais les contrées marilimes , et les émanations odoriftrantes fQ*il exhale se répanéant aoownt an loin àmt la mer. On le cnhive dans les parties septentrienales dte* la France; mais il souffre pendant l'hmr, si on ne le ]^arantit des trop fartes gelées* Le ramann saayagey^pris dans^les pays méridionaux /contientif^ua deprincipea médicinaux, a }ilu« d'activité que celui qui végète dfns nos jardms.

On emploie en médecine les feuilks et les sommités fleuries de cet arfcus4^.'On en retire, à l'aide de la distft^ lation, une grande qnatité d'hnUe volatile inoolere. Cette huilea fiMimi àM« Pk^mstles o> 1 o de son poidsde camphre. Le romarin enotieflt uiÉ principe résin^u^c très-petv aftondimt dont Vakool^s'eiÉipare. Le sidfate de fer fait j^rendre une codeur noirâfre' à Teau ehar^ des principes de'çeftè plante. On adlminrsti^ ordinairement le romarin sotts forme d'infnsioii , qur- Ton donne par i^tre > el que V^ sucre avec nu sîrop' eo»ienable; on ttM ^ûie groè- dé cette plante pour dienK livres d'eau. On' en ftiit une^ eau distillée que Ton prend par cuillerée. SI l^bn soumet' à' la Jâstfllatioa^ de f aleool sur lés fleurs^ de oe végétal V on ^ibtieiÉt Tafeoidat deTdmftrin>ou V^aa de tu reine d*H&kgfi'éi U est remaÉTcpiÂUe qlie les pétale» sont à peine siapidèè et odorants» et que -les propriélés des fleurs de cet arlm^e nésident'principalemeAt^danslieurscïtliee».- ' ■• .r/.n

Le romfiiriflKrilUtfe^pTOssion tt^-prononeée^^ulr Pdr^ g«»e'#^rôdorat^;'ilpf<adllit, dans Tintérietir' de la boûèhe, uh^efitiiâènftâd^ilialear, d- âer^é , mêlé h une légère as^ triôtito; A^baririntstré eil liiftisioii dsins Teau, il donne' 1^

à une exciiaiion.de Teatonaoi si et moèra a actuèUement mie grande sascepliUlité ^ a'il est dans un. éiat. d'irritation » on a la conscience dé celte excitation par Tespèce de picotement «pie Tonresseat daiis Tépigastre. Lorsque r^tomac est sain» cette plante aiguise l'appétit on favorise la digestion» selon que Ton est à jeunt>aqaeron vient de manger. Si Ton prend plusieurs tasses de cette infusion, les prindpes actifs de cettew boisson pénétreront dans le torrent circulatoire; Us se répandront partout » ils stimuleront tous les tissus vivants. Alors des nouveaux phénomèoes apprendront queTinfluence de ce médicament est devenue générale; le pouls sera plus fréquent» la température animale plus élevée, la perspiration cutanée plus abondante. L'aptitude plus grande des oi;ganes des sens» le développement des fiicultés morales» révéleront l'excitation ,de rencépjiale. Llétendne de la puissaiice musculaire fera consaltre que la asiioeUe.épînièfe partage cette, augmentation de vitalité. Une expression. plus animée àes yeux et de la figure» un iseninopai d'éaei^ dans l'épigastra» des tnspirittioQs de galté». attesteront lô même effet sur les plexus Aerveux4n graud sympathique.

Xçs auteurs recommandent rinfioftiondu romarin 'contre l'anorexie» contre les digestions lentes et pénibles» etc.. : ce fenûiède oiira du succès Iprsqae .ees accidents seront la suite d!an ramoUiss^iaieiit ou .d'un amtneissemept des tuniques de l'estoinac et des intestins »- ou encore d'une fai« blesse vitale de pes «i|;anes. Ils cpnseittaftl aussi l'usage dc|. cette boisson dans les toux humide^;» quand Texpectorajtionest diflScile» parce ique le tis^u pulmonaire a perdu son ion» sa force matérielle. Ce sopt d^s préeoptes qui se

déduisenl loiil natareUeineat des effeU physiolog^oes que ce ramède suscite : la dectrine pharmaoologique aurait pu les donner sans que: TQ^péiiieace tbàrapeuUque lai eût servi de guide.

On conseille cette infosion coaune un auxiliaire des moyens plus directs et plus puissants que Von niet en usage dans Iç. trvtement ^s affioctions soporeuses » de la débilité du système locomoteur , de Taffaiblissement des sens et s^rto^t de la vue , de la diminution de la uxérmoire» etc. L'influence stimulndte que le romarin porte sot le cerveau » sur le prolongement rachidien et sur les cordons aerveux , ne doit pas être regaidée dans ces oct casions avec indifférence, Uest bien des lélions, une accumulation de sérosité dans les enveloppes encéphaliques et rachidiennes , une tendance au ramollissement de la pulpe médullaire» une inertie dans l'action nutritive des hémisphères cérébraux, de la moelle allongée» de la moelle épinière » etc. » que Texercice de l'opération excitante du romarin peut combattre avec supcès» peut. mOme fairQ disparaître* '

. Dans la chlorose , le romariq fournit des secours que la thérapeutique ne dédaigoe pas. En excitant le tissu de Tutérus , en év^ant aa vitalité , Tiofusion de cette plante et Tbuile essentielle qui en provient ont pu , comme f assorent des auteurs , déterminer la fonnation de la congestion menstruelle et provoquep.réruption des règles. Nous ne devons pas même nous étonner que la puissance stimulante def ces agents ait» dans qudques circonstances , fait paraître cette évacuation, hors de son temps , en agitant le sang , ea le poussant avec force vers la matrice.

6l4 MàoiCAUSffTS

Qoaad on donne les composés pbriecentiyw» da ro> marm à des doses on -pea élerées , et qo'on en retiime Tmage poidant plnsienn jovrs , ils détennment ordinairement on mouvement fébrile : si le corps est aetnoUement dans une disposition patliriogiqfiey il faut calcHler les snfces de ce mooTement , prévoir ibê eonséqdettiMs défavorables on avantagenses ^*il peut avoir.

Le romarm» oemme la sauge » s'applique en épilbiiiae , en formentations » sur les endroits où la vie paraît affaiblie, sor les jambes i0<fttrées des vieillards , etc. On fait avec la teinture on Takoolst distillé de ronarin » âes frictions stimtidantes sur ré|Mgaslre» eur la ccdonao vertébrale, sor les régions dn corps au-dessous desquelles se troQvtnt des organes dont on veut augmenter Faction vitale.

Mbivthb. On connaK sons ce nom» en pharmacie» plusieurs espèces du' genre MsimiA ; M. sTivasTus, L.« ^ croît près des murs » dans les décombres ; M. aoTWivMro- LIA , L. , 'que Ton trouve aussi près des habitalîons ; M. CRISPA, L. , qui est indigène de la Sibérie; M. onuri- LIS y L.> que Ton nomme le bafmne des jardins s M. rvLB- Qivu, L., ou le PouNot, qui vient dans les^lcnminB humides;. M. AKVBHsis, L. » que nous renoontrons dans les moissons; M. aqvatica. L.» ou menthe rouge , qui recouvre les bords des fontaines, des rivières, etc. ; M. vfamis, L.youbaume vert. Touteë ces plantes sont f ifaees^ron oultive les quatre premières espèces. Bie» que lea botanistes distinguent ces végétaux par des difiitrences defor^ mes qui sont tvès^apparentes, bien que les oignes do goût et de Todorat démêlent entre eux quelques disiemblances.

liXClTAllTS. 61 5

tmitdfl les distances s*eflhcetit fjmmd on étudie le earactère de leur force active ^ que Too ùbserte leurs effet» ^ que Ton api^réeie lean vertus médfemftles.

Les menthes fournissent béaucèûp dliuile vdbtile de emileur jaune , dent on peut retirer du camphre. Il existe aussi de la rMne et une matiftM extractire dans leur composition » mais ces dernier» principes y sont pour une proportiMi si petite qu'ils ne peutent avoir qu'une faible pirt atiM chéAgements organiques que détemine Tusage de des plantes. Ott Uii avee la menthe des inftisions aqueuses » qi0e Ton adminbtre par vertus : on met deux gros des ituiUes de cette fUMe- pour dêtiit livres d'eau. On ton- #enil eea iiafi^Ma» en sirop dAUs les phfermaeies ; ce iiirc^ peni »'âdÉanitistfer par cuillerées. On emploie frèquem^ ment l'hydrolat ou Teau distillée de menthe; elle sert à fomer le ^rtkàaulo d'un grand nombre de potions. Quel- <l«es médecins' font prendre ce végétal M fmxàte ; h la dose de dôme grains ft un scrupule* Dim» la .quantité que l'oft admimstre ii la ibis de ces diverses préparations , on ne pok guère que l'huile volattte qui puisse être considérée comme l'agent ou la cause de leurs effets immédiats.

On prépare avec la menthe une teintureet des alcoolats ^Hiliés». dont on se sert Mquemment à. rintérienr, et surtout à l'extérieur. Dans le premier cas ^on en fait prendredooze k quinze gouttes » jusqu'à une cuillerée à café If la fois » dans un véhiculé convenable.

Les diverses espèces de mentiies que nous avons indi-<quéesont une odeur très-forte; si l'on en m&cheun peu, on éprouve une saveur piquante , chaude , avec une légère amertume. Lorsque sa poudre ou l'eau chargée de se»

6i6 Mimc.iMSKTs

priocipef aclifii^arriTe dafit rettomac , elle fait sur la surface gaatriqae qne Impre^iipn itimolapte. L^ propriétés vitales s'exaltent momeati|némeji( sur cette surface : «m ressent intérieurement une chaleiir qui est d'autant plus ▼ire que Testomac est plus sensible, plus irritable. L'obseryatipn joi^rnalière démcintre que ces plante# «lUTrent l'appéti^ , inipriment une activité ii|accoutumée k Vexerçice des fonctions digestives» etc.: c'esfk Tei^çitatioii dont nops parlons que Top doit ces résnltat^^ Si Ton prend une assez grande dose de meatlie pour que ses principes actib pénètrent dans le système animal , leur inOuence s*éteiid à tops les appareils pigaAiques « et toutes les fonctions de la yie att^ten( leur pouvoir : le pouls devient ^us fréquent» la température animale plus développée ; et pour pea que la chaleur extérieure» le séjour du lit», etc., animent la vitalité de la peau , Tes^alation cutanée devient très-dnindapte. Aussi trouye-t-on les mwthes sur la list0 des substances auxqueUei on lu^corde upe vertp sudorifique. C'est l'actipp de ces plantes spr le cerveau et sur les plei^us nerr veux du gri^nd sympathique , que désignent les auteurs , quand ils assurent que leur usage fortifie la mémoire, air guise l'esprit, réjouit l'âme, .chasse les soucis, e|c* . Les menthes se mQntreront efficaces en thérapeutiqpe, dans tous les cas où l'on aura besoin d'ag^ts stimulants; elles rempliront l'attente du praticien qui voudra développer les propriétés vitales des tissus organiques, augmeur ter Tactivité de. ces derniers, ou imprimer une marche plus rapide à l'exercice d'une fonction.

On se sert avec succès de ces plantes, lorsque la faiblesse piatérielle des tuniques de l'estomac ou une simple dinû-:

SXGITANTS. 617

ButioQ ,âe la vitalité de cet organe » reod langaissant et ÛMf<wplat Vadte qui prépare les matériaux de la nutrition » lorsque la au)i$tapce alimentaire pénètre dans les intestins avant d'avoir été complètement convertie' en cbyme. Elle peut modérer les coliques» lorsqu'elles dépendent d'un tcouble dans les digestions» qui est prochiit par une faiblesse' matéridle ou vitale des tissus intestinaux. Elle peut aussi suqpendre une diarrhée qu'entretenait le défaut d'élaboration conyenable des aliments dans la cavité gastrointestinale. Mais c'est toujours une impvession excitante que la menthe fait sur l'estomac et sur les intestins , et c'est de cette impression que procédé sa vertu stoma-r cUiqnev sa vcartu carmiaative et ks avantages qu'elle a pu {wocurer dans le traitement des coliques et de la diarrhée. C'est assea dife que les moyens pharmaceutiques tirés de œlte plante ne conviennent plus , qu'ils donneraient lieu à de nouveaux aocidrats » si l'on s'en servait quand il y a de l'irritation on de la phlogose dans les voies digestives. La menthe est recommandée comme un moyen dont l'eipérienee cliniqne a constaté l'efficacité dans le vomissèment. Si cet accident tient à une -lésion morbide des tissus de l'estomac^ aune dégénérescence cancéreuse, etc. » cette plante sera inutile. Mais on sait que le vomissement ne dépend pas toujours d'une lésion de ce viscère. Des lésions qui occupent le cerveau ou la' moeUe épinière , des changements d'état des plexus nerveux , occasionent fréquemment des nausées , des vomissements répétés et pénibles : les aiSections de l'utérus et d'autres organes donnent aussi lieu , par sympadiie , aux mêmes symptômes. Si l'infusion ou l'eau distillée de menthe réussit à

6 1 8 utbtckunth

snipoidre le vtMWMinmf ^ il est probftMe qm c'est t» déddint me loedificAttOD «seodttne dm» le mode d^nflaence que le» ceiitve» nerven ejoeitetu «or les oiyne^ qéi eflbctuem ce phénemène.

Les aotodrs de mfllttM nnédictle Mseerdeirt 1^ eetleplâlMe ime -vertv emoiéBaf (%oe« Nous ireafons encore iei un nomnem pradoil de sa feMe êthntdanto; ékr ri Tmage de la mendie a prewfné les rfa|^# cW qu'vn état de dé- WlhédetiMStlecerpiiy ottdQsystènieriiieévki en patllcoKer^ s*«pposait h la ibrmâtbn delà oeagestion ttiittMtMelle, ^mi que les efforts iestMê par la aatiife peâr déDenniier celte éracnatioD périod»pie étaient idMiffiaanla. Q«e des praticiens aient rm la teintvre de Menthe/ prise à une dnae élevée» fains couler ks règles a?ec trop i^akaaéMMse» •ceasioner «ne perte utérine , il n'y aH fini <|at'»e s'nceerde Men «tec la conaaissaiieeqneDens awmies efbta physielegîfQes de cette teintare^ L'enitMioo qu'elle perte sor le tissa dé la matrice, la eonmotien «pf^ette détermine dans loHt le système artériel , facctf ératkm qn'eHe imprime an com*s dn sang» donnent nne eisplîeetion suffi* santé de l'effet qn'én kn a vn produire.

On Tante Fnsage de la menthe dans la toaxeommlsiw^ dansfasthme. Les avantagesqne cette plante peut procurer dans Ms maladies tiemieut aux modîfieations que les prin^ cîpes de la menftbe Ibut ^trom^r à TMInence des serfr sur les poumons, sur le diaphragme et sur iss muscles de la poitrine. La mehtbe s'est montrée safutmre lorsqu'il f9llaUrendiereKi)eetoratHMi plus lilHPe , plus facile, et qoe la d^ilité de l'appareil' pulmonaire g^att, retardait cette «Hacuation.

EXCITANTS. 6ig

On recoauDftnie aux nourriees Tosage de la menllie à l'époque où eHes veulefit arrêter la aécrétiim du lait. Est^ ce en excitant une exhalation plm abondante par la pean, en augmentant la somme de toutoale» excrétions du corps, que cette plante détoorne les matériavx tpii se poitaieiit anx mamelles, et dimiimo la 'formation du Ikfaide dont nous parlons? On applique de pins la menAe sm* les ma^ melles , lorsqu'elles s'engorgent Enfin on m^t des sachets remplis de menthe pulvérisée sur la région épigastrîqne ponr fonifior l'e^mac.

On fait avec beaucoup de succès des frictions avec k teinture ou Taleeolaft de menthe, sur l'épine du dos, aux personnes ipii ont une orgamsatîoo délicate , Aoiit toutes les fonctions inlérievres sulvest im mode d*exer^ cice languissant j aux enfants qui sont faS^les : on ajoute sopyent à ces liqueurs des matières amères ou toniques, du svdJFate de quinine , du lupulin , etc. Ces frictions ani* ment l'action de la moelle épinière; elles dènnent à ce grand centre de vitdîté une puinance qui se répand sur tout le système anknal , dont tons les organes ressentent rinfloence. L'emploi topique dos préparations dcooliques de la menthe^ sur la région épigaslrique , en animiani da*^ ▼anti^ la vitattté des plexus nerrcux du grand sympinttnque produit une excitation soudaine qui se transmet à tous les viscères, et d'où natt le sentiment profond ^une plus grande vigueur

Menthe poivr&e , Mentha piperita , L. Cette plante orolt spontanément en Angleterre; on la cultive en France, dans les jardins. Cette mentiie contient une grande pro* portion d'huile volatile d'où l'en peut retirer du camphre r

elle recèle une très-petite quantité de principe astringent On la donne en infusion. Son eau distillée est fréquem^ ment usitée ; on met macéver au bain-marie , dans cette eau 9 des sommités de menthe, et avec cette liqueur on fait un sirop. On administre aussi cette plante en poudre^ C'est avec son hni]^ essentielle que Ton prépare les pas* tilles de menthe dont on fait une ai grande cpnspnmiation..

La menthe poivrée a une odeur très-forte^ Lorsqu'on la mâche, elle produit une saveur particulière : c'est d'abord une chaleur vive; celle-ci recouvre la langue, le palais, elle s'étend à toute la cavité buccale, puis elle est brusquement remplacée par une sensation de froid, qui M^^ente si l'on ouvre la bouche et si l'on aspire l'air extérieur ; ce qui semblerait prouver qu'une prompte volatilisation est pour beaucoup, dans cette sensation. C'est cette double impression successive de chaud et de froid qui rend les pastilles de menthe un objet d'agrém^it, Lorsque l'on en prend à la fois un très-grand nombre , elles échauffent l'estomac, et peuvent nuire aux personnes qui ont ce viscère très- irritable. L'huile essentielle di^ menthepoivrée a beaucoup d'âcreté ; pure, elle cause une irritation brûlante sur les membranes muqueuses avec lesquelles on la met. en contact; mêlée au ancre dans les pastilles, son activité est réprimée dans son excès; mais elle retrouve sa puissance aussitôt que le sucre qui divisait ses molécules s'est dissous dans les liquides contenus dans l'estomac , et elle peut alors faire du mal.

La menthe poivrée a plus d'énergie dans son action médicinale que les autres espèces de menthe. A doses égales, les changement:» organiques qu elle fera naître aui

BXCIT^NTS. 691

itfnt plus d'intensité. Cependant «a force agitante a k même caractère : c'est une impression stimolante qu'elle fait sur les tissus rivants , c'est le même mode de médication qu'eUe détermine , ce sont les mêmes services qu'dle rend à la thérapeutique, Cooame on la met en usage dans les mêmes ajBTections pathologiques , nous ne pourrions que répéter pour cette plante ce que nous avons dit pour les autres menthes.

L'action de l'eau distillée de menthe poivrée pourrait déceler sur l'étendue des voies digesti vos. les endroits qui sont irritésou phlogosés, par lesentimeat d'ardeur qu'elle y fait naître. Une femme prenait, parcuillerées, une potion faite avec deux onces d'eau distillée de menthe poivrée^ et une once.de sirop de guimauve : chaque cuillerée échauffait la bouche, puis causait vers le tiers inférieur del'œsophage un sentiment d'ardeur pénible. Ensuite elle n'éprouvait plus rien. Quelquesjours après, elle mourut. On trouva un peu au-dessus du cardia des lignes rouges» un travail de phlogosedans l'œsophage : il j avait une dégénérescence squirrheuse autour du pylore; mais- la cavité gastrique était pftle, exempte d'inflammation. Une autre femme, qui avait évidemment un travail de phlogose d^ns l'estomac p prit sans conseil une cuillerée de la même potion ; elle éprouva de l'ardeur , comme un sentiment de brûlure dans Tintérieur de cet organe , un état d'angoisse avec sueurs, de l'accablement ; cet état de douleur dura deux heures.

MiussB, MetisM» citrinœ A^6a; Mblxssa pffiginalis. L. Plante vivaco qui habite l'Italie, la Suisse , les provinces méridionales de la France, et que l'on trouve aux environs de Paris. On la nomme aussi citronnelle, parce que l'odeur

6mf lAkw/ckmMvis

qo'eUe «ihafe rappelle celle* du cilron. On cultÎTe cette plante dans les jardiM.

La mélÎMe recèle nne Itoile volalile bfauaehe ; imis ce principe n'est pas ansd abondmt dam cette plante qw danê' le» aotrea labres qne nous venons d'examiner. La mélisse parait cenlanir, ponr une très-pelite proportion, une matière extractive amarescente. On emploie les fenillM et les sommités de cette plante; ondes administre en po«tdre à la dose de doose grains à un grosv On enfaitfe pins ordinairement des infiuîons ; on met un ou deox gros de cette plante pour deiix livres d'eau. Avec là méfese» oêl compose une eau distillée qne l'on firit entrer dans les potions comme recule d'autres agents plus- actifs. Celte plante est la base d'une composition fort* usitée dans la médedne et dans la toilette^ que l'on connail sous les noms d'àlcoolat de mélisse eemposé-y d'eau spiritueuse de mélisse ou eau dea carmes.

La méUsse a tme odeur forte, une saveur cbatidey piquante. Lorsqu'ouradmintstre h rinténeur» elle fhiî naître les mêmes cbangeihents physiolo^ques que la sau^e, le romarin y la menthe; mais sa force agissafipie a moitts d*élendtte> et, à dose égale, elle donne à ces changements une intensité bien moins prononcée. Tootelbis' c'est la même impression qu'die porte sur les tissus vivants. Son contact avec la surface gastrique accroît l'énergie des forces digestives. Lorsque Ton en prend une assez grande quantité pour que se$ principes se répandent dans tout' le système animal , ils font senth" h tous les oignes leur action stimulante r on vott naître les symptômes ordinaires de l'excitatibn générale du corps, la fréquence et TéMvâtio»

BXClTAXfTS. 625

du poobyJa cbakMf animale plus farte» k àévek^pement de la YÎe cérébral»^ etc. J'ai-soi^reot rencontré des jeaaaa persesiieft que rinfusion de mélîiiae agitait la nnit, ^empochait de dormir» quand ellea en prenaient le soir.

La thérapeutique se sert avec ay.antaga de la faccdté excitante que possède la méUase» pour rétablir la fonction

^^(^stiTe.lorsquesa perversion tientàl'inertiedel'estomae. Oa donne dans ce cas» avant chaque nepas» de quinze à vingt grains de sa pondre» ou ua verte de son iolusion.

On a attribué à la mélisse une vertir céphaliqne ; on la recommande contra la c^halalgie « contre les migraine»» contre les vertiges » etc. Tant de lésions diverses peuvent produire ces accidenta aymptomatiques » qu'il n'est pas permisde croire qu'ils oédenmt toujours.ahmiéme remèdet. Lorsqu'il y a phI«^ose de l'aracbuiMUe» une cérébrite partielle, us abeèa dans la pulpe cérébrale, i^e dégénérescence de quelque partie de cette pulpe» etc. » la -mélisse pent^Ue être salutaire? Quand cette plante s'est montrée utile» c'est qu'il a sufii. de stimuler le cerveau et les nerfs » d^a>nimer la vitalité de cea parties» pour dissiper les aecidentss dont se plaignait le malade. C'est encme à l'action» exc£tante que la mélisse porte sur l'encéphale» au développe^ment qu'elle détermine dans la. via cérébrale» quîil faut rapporter les avantages* qu'elle a procunésdana L^affatUissement des organea des sens» de la mémoire» et'des.autpei» facttltéa morales. Les .succès que l'on assure avoir obtenu» de son usage dans la faiblesse des- extrémités» dans l^ trendilemenls doa memhoes» dans lea paralysies' commençantes» dépenddiitde.L'aetioRqBe8ea:{Hduiefpesiexercent sur le prolongement rachidira. Peut-être décident-ils

alors, par leur impression stimulante, des résolvions salutaires de liquides exhalés dans les enveloppes de ces organes; peut -être font-ils disparaître d*autres lésions, comme une tendance de la substance médullaire au ramollissement , un * défaut de réparation nutritire , une oligotrophie de cette substance, etc. Si, comme l'assurent les auteurs', la mélisse se montre utile contre la tristesse, contre la mélancolie, si elle chasse Tennui , les idées sombres, si elle anime la figure, les yeux, si elle suscite de la galté , etc., c'est en stimulant les plexus nerveux du système ganglionaire, eu corrigeant leur disposition anormale. Des praticiens conseillent les composés pharmaceutiques de la mélisse, comme des remèdes éprouvés par Fexpérience, dans les palpitations de cœur, les étouffementsi les spasmes des fiâmes hystériques , etc. Si ces accidents dépendent de la perversion de Tinfluence que le cœur, le diaphragme , les muscles intercostaux , reçoivent du cerveau, de la moelle allongée, de la moelle Minière, des nerfs du système ganglionaire, ils doivent cesser dès que Ton aura rétabli le cours normal de cette influence : mais Taction de la mélisse est-elle capable d*opérer toujours ce résultat? On prescrit trois ou quatre tasses de l'infusion de cette plante par jour.

On regarde la mélisse conune. propre à faire couler les règles. Le mécanisme de son action emménagogue n'est pas difficile à concevoir. En excitant l'utérus, en donnant plus d'activité à cet organe, cette plante peut, lorsque les circonstances sont favorables à ce mouvement, appeler une congestion sanguine sur ce point du corps, et concourir ainsi efficacemmt li l'éruption des menstrues.

KXGITANT&. 62 5

On a Imposé de iubstituer la méUsse eu thé; on regardait en même temps comme une praUqne salutaire dt prendre tons les jours plusieurs tasses d'infosion de cette plante. Ce régime peut conTenir ^ au moins pour qtfelqtie temps, aux personnes d'une complexion molle; mais il serait nuisible aux individus maigres » à ceux qui ont la fibre irritable. Bien des estomacs ne s'accommoderaient pas de ces excitatbns journalières : elles troubleraiient bientôt l'exercice des digestions. y

On s*est aussi servi du calament, Mblissa calamintha» L. , qui aune odeur très-forte> une saveur piquante^ une composition chimique analogue à celle de la mélisse.

Hysopb, Hyssopi foUa vel summitates ; Hyssopus officiiTALis, L. Arbuste qui croit spontanément en Italie et dans la France méridionale. Il se pla!t dans les lieux montagneux; on le cultive dans les jardins.

On emploie en médecine les feuilles et les sommités fleuries de cette plante. Ces parties sont chargées d'une huile volatile dérouleur jaune. Elles contiennent aussi dés principes amers. M. Planche a reconnu qu'elles recelaient du soufre. On administre cette plante en infusion dans Teau : on met ordinairement une ou deux pincées, on bien un ou deux gros d'hysope sèche pour deux livres de véhi^ cule; on administre par verres cc$tte infiision. On retire une eau distillée de cette plante» On épaissit avec le sucre rinfusion des sommités d'hysope« à laquelle on ajoute de Veau distillée de cette plante fortement chargée ; on a le sirop d'hysope. On donne ce sirop par cuillerées; il entre aussi dans la composition de potions, de jnleps.

Cette plante a i\pe odeur forte assez agréable. Sa sa^ T* u 4o

▼our esl ehàudb et pvfuaftte^ mêlée à*m pe« d'Mierfodie. EtteeMroe ffor le» oii^es la oiéaie action qae les laftfiéei qd précède^; eHe 0û«(cite dam le edrps leâ mÉDo^t^Rêib phyakdogMiries 1 sob impreàiien sur les tiMiis Tirants âé* veldppe leor» propriétés tlltflès ; 00 voit , après son administration , les appareils organiques accélérer leaH moaveitteots, précipiter Texereice des foè<ctions qtd lenr sihit confiées. A ees produits, oit refconnaitFinflnencé de rho9e volatile dont les molécules ont pénétré dans Ib san^. La puissance des aotreS principe» ^tie cette plante contient ne peut pas s'apercevoih C'est une force stimulante que Thysope met en jeu » quand là lliérapentiqne Vetapltok comme un moyeA médicinal. C'est de Fexercicé dte cette force sur les organes malades , et des changements qu'elle suscite daiKS^leor état actuel, que procèdent les avantages que l'on obtient de' son usage dans le traitement de phisieurs afieetions patliologk|ues.

On pourrait se servir avec confiance de l'infusion de cette plante , prise avant le repas , pour donner plus d'activité aux ibnc^ms d%estives , pour augmcâoter la. vie de l'appareil gastrique, liais c'est stnrtout dans les aflfections du système pulAéMire que l'hysope est recomtnandie. L'infusion > l'eàu £st!llée, le sirop de cette plante sont regardés comme des agents doués d'une puissante vertà expectorante. Qunsd le tissu des poumons est dans une sorte de mcdlesse , de relâehemont, quand la force expnltrice de ces organes est affaiblie , ^administration de Thysope favorise visiblement la sortie des mucosités qui se trouvent dans les cellules bronchiques , sans, doute parce que ses principes réveillent la vitalité dli tissu pulmonaire.

La pr^priéfé MpeèUHrunte de celte plante n'e^ tenc <{M 9fl propriété eitdtadté voeen eleneîcè inrlts pouniaM dans un état pttfiplègt^e>

On eMiélÛe Thy^pe , aons le titre à» béebiqae > de plâiitè pectorale ^ à la fin â0ti<bàfiieB, dans Fasdune- hjofmîde, danè (es catârrilè^ cfaroid^aes» ibir$^è ÏV^n Téeft dimhiaer 4ii Aire pen 1i pen cesser la sécrétion exubérante qM ftrnniit là ineimbrane muqueuse qui tapisse lés voies aériennes. On désire alors * à Taide de l'action stiiîMiIiânM qn« rinfiùk^ bn le>sîyop diiysope exerce a^ur les poumons, dé cban^ fétat morbide de «es derniers, et de lés tèm^ tier à «me A^shion plus naturelle* Les anciens auteurs 4iiièirt qto cette piaMe est incisive, rés^^firè, patcé que, dans îM^tte cif^dttéttfnce, elle tend à dbsiper la congestioVk sangilâfie qui, f&ée sur les organes Tespiratoires, entre^nt la foiihatton dés mattètes quel- on rend par rexpectoration. MatsrUysope peuf-elleencore convenir quand les accidents qui i^rtenf des pôumdns sont 4entretenns par un travail de pUogose snr les ôi^anes respiratoires , par un épanchement dans les {lèvres ,' ou bien par une lésion du cœur, urîe dShtation du ventricule droit , une hypierirophie des parois de ce ventricule?

On a vanté les bons effets de Thysope dans la phthisîe. Nous ne parlerons pas des succès merreilleox que Ton a attribués à Fusage de cette plante sur des personnes dont les poumons passaient pomr être, ulcérés. Il est certain que ces personnes avaient simplement des phlo^o^s anciennes de la membrane muqueuse des bronches , maiii sans mo-^ dificatfon morbide , sans dégénérescence du tissu pnlmo«. naire, et les bons effets de Thysope deviennent faciles h

Ctt8 iitoiCAUiiiTs

concevoir. Quand on se •eridecettepbniedanslaphthisie» c'est seulement pour modérer quelque symptôme dominant, pour soulager lemalade en favorisant resqpectoralioB i On ne peut alors prétendre davantage : il suflfit de se représenter l'état oii sont les poumons , pour juger si une action stimulante peut quelque chose contre les tubercules qui se multiplient dans leur substance , ou contre les effroyables lésions que ces tubercules occasionent dans ces viscères.

Ce yégétal n'a pas le privilège de conyenir particulièrelaent dans les maladies de la poitrine : la plupart des labiées rempliraient les mêmes indications. Dans la pratique de la médecinet la coutume exerce aussi son empire; et c'est par une sorte d'habitude que Ton choisit toujours Thysope » le lierre terrestre, parmi les autres plantes de la même famille, lorsqu'il est question d'agir sur le système respiraratoire.

Il est inutile de dire que l'hysope doit être proscrite lorsqu'il existe de la chaleur , de l'irritation , un trarail de phlogosedans les voies aériennes, lorsqu'une. toux sèche fatigue le malade , on qu'il rend des mucosités sanguinolentes. Les principes acti& de l'hysope exaspéreraient ces accidents, parce qu'ils animeraient davantage le travail morbide dont les oi^anes pulmonaires sont le siège.

On dit que l'hysope est emménagogue. Sa force stimulante la rend aussi propre que les autres plantes labiées à susci^r le mouvement menstruel.

On se sert de l'infusion d'hysope en gargarisme, en collyre, lorsque l'on reut , par une impression stimulante, d<mnçr un autre mode d'action è la surface de la gotfie on des yeux.

BXC TANT». 699

LiEBRB TBERBSTBBy Hederw terrestfHS herbai Glechoma HBDBBACBA, L. Plaûte Tivacc qoi se trouve en Europe dans les lieox incultes» le long des haies, dans les endroits couverts.

On se sert en médecine des feuiHes et des pousses fleuries da lierre' terrestre , que Ton fait sécher avec soin.* Ces productions contiennent de Thuile v<datHe, et une faihle portion de matière amèreou styptique, dont le sulfate de fer décèle la présence en fabant noircir l'eau chargée des principes de cette plante. On donne le lierre terrestre en infusion ; on en met un ou deux gros pour deux livres d'eau. On en compose un sirop dont on fait un usage frér qnent*

Le lierre terrestre a une odeur forte et peu agréable,, une saveur chaude» piquante» un peu an^re. Les qualités sensibles de cette plante sont }dus prononcées quand on la recueille sur im terrain sec et élevé. L'opposition qui existe en treCartheoser» qui a trouvé l'extrait aqueux de cette plante, amer d'abord, puis d'uno très*grande âcreté^ et Cnllen , qui n'a nullement reconnu ces qualités dans les' extraits du lierre terrestre , quoiqu'il les eût préparés •avec soin, peut dépendne de co que ce dernier opérait sur des plantes prises dans un sol humide et trop ombragé. -

La force médicinale du lierre terrestre a- le m0me ca^ ractère que ceUe des' plantes labiées dont nous venons àt nous occuper : il y a peut-être, dans Texercioe de la verta dn lierre terrestre , une faible influence tonique due è l'action du principe amer contenu dans cette plante. Malte cette légère modification mérite ii peine d'être r<^marquée, quand on s'occupe de déterminer les indicatioiiis thévat^

p0a(iqoe§ que tw^ fwl remplir «vee k UerrQ tanr«6lre. Leê composé» i^rmacentiqBeà que Ttn en relire fiml idr les tMm Tirante une hnpireêsien excitonte, el c'en toujours nn mode de médicatioD semblable à. eehii de TbyM^» de It OMilIle, etc.» nfiiHk preroqnenl. .On a •tfribné au lierre terrestre nne propriété-dinrétiqiies cette fimhà a pu augmenter le cour» des urines » en altmidant les reins, en dévele^ant leor attien séoéloire rat f ee a^est servi de son infusion aqnense, en a iiÉbrodnit dans le aang avec les principes du lierre terrestre une grands somme de Kqnide qui a ftmmi les matéri^x de le sécré* tien urinaire.

La thérapentique trouye dans le lierre terrestre une faenlti propre à stimuler les tissus niants , h développer la vitalité de toàs les erganes. C'est surtout dans les maladies de Taj^pereil respiraloire que Ton a coutume de s'en lervir* Les aotetars de matière médicale présentent cette plante comme une production pectorala » comme un excollent béchique. L'expérience clinique proure-qne , pris à lA fin .des catarrhes» des péripneumonies » le sirop et l'infusion de lierre terrestre impriment aux poninens une aalolaire excitation* Si , par la faiMease matérielle de œs organes, on seidement par un état d'atonie qoâ patment àfi. ce qne l'ioflnenee nerveuse qui les rivifie a éprouvé nne diminntion, rexpectoration se fait avec peine, ces compeléa médicinaux la frvorismit. Cet effet s'observe aussitôt après qne l'on à atalé une cufllerée du «irop on un reare de l'infusion de lierre tenrestre. Il n'a pas d^stutre oanse que l'exercice de k iacàlté excitstole^e cette plante aur l'appareil' respiratoire : ce que l'bn a nommé la vertu

pDdorate , Jbicliîque ou oxpecloranto 4u lierre terrestre o*ii»diqijf^« 110 représente qge ces produits salutaires qui soai çf^lc^|ial^l^|s oo éventuels» Cette plantie «esse d'être utile» eUe D*e4 fins héçjaiqpe ni e^f^çtornnte , lorsqu'il eaujsto i^ctoettement di^fis |^ ofpn^s. pulçuiiaimi de la^ çlialeWf^ ^ l'irritatipn » de la pblogose»

On çonaeîUe PHSf^ fooirnali^ de fiqfusîfN» 4e lierre t»nrestve aux personnes tounnei^éespaK une toii^ humide» par des ni|i4(osités i^ se neproduisent #ans fin dans les ce^lifles bfoncbiqnes ,, par jies acpidents que Ton désigne sons le titre de catarri^ cbroi^ques. De^ pra^ojens ont aussi donné, àva^ ce cas » un demi-gros., un gr^ ^ flm. dp la p^dve de a(M fcmillei, par j^ur. Diana ces a^çctions,. le tiiyitt.des poumons mi ^ç^WiV^ ramolli; U ^t le siège permanent d'un certain degré de congestion sanguine; est 'il' difficile de trouver ta rais^^n du soulagement que procure alors l'influence expitmte et légèrepaent tonique de la plante qui nons occupe?

L'iniîjsion de lierre terrestre poarra tout au pins pro* curer quelque ^nlag^ment inomef^^ MU^ p^trsonnes qui sont tourmentées^ par un. e^9{diys^e des poumons , par un oedÈme de ces organes, aux malades chex lofquels une dilatation du yentricule droit, du cœur cause un étoui^ (emeni batutuel » de la tf^ux, etc.

Noua ne nous arréjberons pas à rechercher pourquoi on a tant fait Véloge du lierre terrestre dans la pht)ûaîe; on sait que l'on donnait fréquemment ce ppm à des çi^rrhes chroniques , et il est facile de conci^vp jr poliment l'excitaMon que cette plante porte sur les poumpiis a pq deve-^ nir utile dans ces dernières maladies. Mais on ^l'indiqne^

'63 a MtoiCâvxHT«

rah pa» aussi clairement h source du bien qu'elle doit £ûre dans la vraie phthisie. Que peut son action stimulante contre les lésions pathologiqnes.qui constituent cette maladie? Cette plante s^opposera-t-elk à la formation des tubercules» à Tendurcissement du tissu pulmonaire ? Fera-t-elle disparaître les cavernes qui se sont formées dans ce tissu?... Comme le mot [Athisie emportait avec lui l'idée dHine ulcération des poumons » les auteurs ont concédé h cette plante une faculté délersiTe et vulnéraire ^ pour se fournir une raison des suceès^qu'ils lui attribuaient dans le traitement de cette malad».

Mabbvbb BLiiic, Mairrubli albi foliai Mabbitbii7m vul- GABB » L* Plante vivace que Ton trouve dans les Ueux incultes ; elle est phis commune dans la partie septentrionale de TEurope.

On se sert des feuilles et des sommités fleuries de cette plante» qui contiennent une huile volatUe et un principe extractif assez abondant Son extrait aqueux est inodore et amer; celui que laisse l'alcool a une odeur assez mar^ quée, avec une amertume plus pénétrante» selon Murray. On donne le plus souvent le marrube en infusion ; on en met un gros pour deux livres d*eau ; c'est une boisson difilctle à prendre : on peut la faire plus chargée de principes médicinaux » et alors il suffit de Tadministrer par cuillerées. L'extrait de marrube a beaucoup d'activité » et peut être employé en thérapeutique comme un moyen fort efficace » à la dose de trots à six grains à la fois.

Cette plante exhale une odeur forte et désagréable ; elle cause» lorsqu'on lanhâche» une saveur amère» mêlée d'âcreté. Son action sur les organes montre plus d'éner-

BXCiTARTg. 633

gi6 que celle des antres labiées ; son fanpressJon dnre longtemps. Arec les eSists qni appartiennent à h médication excitante > elle produit des changements qni décèlent nne influence tonique : en même temps qu'elle excite les forces vitales » qu'elle accélère les mouvements oi^aniques , elle détermine dans les tissus virants un resserrement fibri)laire qui augmente leur vigueur matérielle.

La grande étendue de puÎMance que nous découvrons dans le marrube blanc annonce que la thérapeutique peut en tirer un parti très-^avanti^geux. L'infurion , Pextrait , le sirop de cette plante seront des moyens recommandablés» lorsque Ton voudra exciter faction languissante d'un appareil organique, ranimer l'exercice tardif d'une fonction, etc. C'est surtout à la fin de» catarrhes, des péripnenmonies, que les médicaments tirés du marrube sont employés. On vante leurs bons effets lorsqu'il existe im relâchement du tissu pulmonaire, une congestion san-f guipe sur quelques points de e& tissu, un gonflement morbide de la membrane muqueuse des voies respiratoires , lorsque les cellules bronchiques fournissent une grande abondance de mucosités , comme dans les toux des vieillards , dans ce que l'on nomme des catarrhes chroniques» des asthmes humides, etc. Les auteurs expliquent de diverses manières la vertu expectorante du marrube blanc. Ils assurent, par exemple, que cette plante a la faculté d*inciser les humeurs arrêtées dans le tissu des poumons , de rétabKr leur circulation , etc. La pharmacologie enseigne que les avantages dont est suivi Templot de cette plante dans les maladies des organes respiratoires découlent de l'impression stimulante qu'elle exerce sur eux, Le5 prin-

cipcui 4cti£i du marrube changent , dao$ beançt^p de drcQDsUncef, la nature de la lécrétiûii f ni «'opère dana lea ceUolef bronchiqn^a» en nuadifiant Tétat aptael-de leur •nrface ioterae : ih àimfwsai de plna la qnaiitilé de^cetle sécrétion» en dwipant la pwgestion pfssiTe qoi Tentietenait Mais le prqdiiU le {dus éyidei^ dp radgiifiju^ration du marrube» c'eat le dévqloppwnyit qn'il «lacite dans la force matéri^ e| irita)e dl^ Ijwm |ii||mftnaire, An^iitôt après a?oir pris ^'infusion 4iu ^ ^p de cetle plapte, le malade sent fue TespolsioB def «racbato denent plot facile : souvent aussi Toppressîm dîwnuew la j^pi^atî^ e6t pins libre» Ces rendes pe con^iimnt pfais^ leur emploi ferait beaueoiq» de mn\ » H les a^ecUo^s des pofamcms peconnaissai^t un pripeipii i|iQamiatoire , si la toq^ éleit sèche et doiiloiH^me« s*U existait de la çb.ato|ir« 4e Tirritation dans )es veies f^édemeii^» ei i{udqpe point dpi tissu pulmonaire étaitpblogQfti» #€,

Des auteur^ eitîmables aFancewt que le m«Mnrube blanc a guéri des phtbisi^ , qu'il a beurpusemeiiit di^f ipé des collecti<ms de pus amassé daqs la poilsfiiie^ qu'il a ci^trisé des ulcératims qui ayaient l^ur siège dans le tissu des poumons , etc. Nous avouons qqe le^ médiempeiiits lires de cette plante ont une grande ei&çaçité médijcipale ; ils ont pu» è la sui(e des pleuré^es, aider la «és^rptipn de liquides^ançbés daxis la pli^vrf : ils ont pu causer des résolutions salutaires à la fii| des pénpneiiae^^nies ; mais nous savons aussi que la puissance des l^^iUs pbarmaçeutiques est bien rostreinielorf qu'il s'agit d'viuem^adie. organique. Que peut faire le marrobe Mano quand le tis.su pubnonaire est (aidurci, reniqdi de tubercules, elc. ?

Noia ponserToran» égaleme»! des doutes sur k guérie jM>D d'engorgement» fquîtTlieax da fine, qoe l'om asscire av«iir ébé. «fiéfée par rasage jotthiatier et prolongé du laaiQryibe lAsifiCé Noos concemona mieux aôn ntSiké quand ce TÎ^cère tend k ToiigQifcrophie, on h un raœollisaemeiit de aon tiasu, ou à une dégéDéresoenee jaune, même quand on point dn^^m étendue éproure un engorgeaient récent , p«r06 §gm riflii»«aaion continue dea nnolécuba. du marrube peut changer le mode actuel de la nutrition et de TabaMptiiHi dana le foie » et par là combattre la mo£ficatiw JDorhîde » réparer le désordre matériel que cet or* gaoe a éprouvé. C'eet de ces succès que s'autorisent bs auteurs qui admettent dans cette jdante une propriété apéritîve est fondante. Si l'on mêle dans un Tase la décoction df) maifube avec du sang, ce dernier denent aussitfti flm ikttde 2 croii^t-on que Vcsk a .cru reconnattre dans cet effet l'exarcice delà prc^riété fondante de cette plante? Outres lea auteurs de matière médicale» consultes le savant Hurray lirii-même.

On a préconisé le manrube blanc comme un moyen efficace pour enciter l'éraption da» règles. Cette plaiite peut produire cet effet lorsqu'on en donne une forte dose , qu'elle ébranle tout le système artériel , qu'elle stimule vivement le renflement lombaire de la moelle épinière. Elle peut aussi amener nne congestion menstruelle , lorsqu'on s'en sert à petites doses et pendant long-temps, parce qu'alors eUe favorise les digestions, augmente l'kématose, évdlle peu à peu la vitalité de la matrice. C'est ainsi que le marrube blanc s'est souvent montré efficace pour éta-

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blir la menBlmation sur des jeunef pertmoes faibles, dé-r licatei » a réiusi à dissiper la chlorose » etc.

On ne doit pas confondre avec la plante dont nous ye^ nons de parier le marrabe noir on la baHotte» Marruàium uigrum. Ballot a. nigba , L. » qni a les fleurs ronges , tandis que celles de la plante précédente sont blanches , qui s'en distingue de plus par une odemr très- fétide. On a ruàté le Ballota lanata , L. » connue un puissant diurétique.

CskukDVfêf Chamadryot herba; Tbvgeiuh chailbdats» L. Cette plante, que l'onnomnie aussi Germandrèe ou peta Chine, est yivace. Elle habite les coteaux secs et arides« les bois montagneux.

On emploie les tiges fleuries de cette plante; elles ex^ halent une odeur faiblement aromatique; elles donnent» lorsqu'on les mâche» une saveur amte^e. -Le chamédryf contient de l'hume volatile; ce principe y est peu abondant, surtout quand on prend pour terme de comparaison la sauge» le romarin et les autres Labiées. Mais cette plante recèle une matière extraddve qui doitflxèr notre attention, parce qu'elle se trouve dans la compositfon chimique de cette plante pour une proportion assez forte » et que son influence ajoute, des effets toniques aux effets excitants.

On administre le chamédrys en poudre à la dose de douze grains à un gros. On en fait souvent une infusion ou une décoction; c'est la première préparation qu'il faut choisir quand on veut conserver les principes volatils; la décoction offrira quelque avantage quand on désirera se servir surtout des principes amers qui sont fixes : une in-

EXCITAJITS. 637

fo$ion h chaud réunira les uns et les autres. On prescrit de deux gros à une demi-once de cette plante pour deux

livrés d'eau* On compose aussi un extrait de chamédrys, ^e Ton donne à la dose de trois à six grains.

L'analyse chimique et les <iui|lités sensibles de cette plante annoncent en elle une double propriété : une propriété excitante qui émane de son huile volatile» une propriété tonique qui appartient à sa matière extractive* Ce que ces lumières auxiliaires de la pharmacologie font {k^essentir, l'expérience clinique le justifie ou le prouve ; le chamédrys stimule le tissu des organes ^ presse leurs tnouvements; en même temps , il détermine, un resserre-» ment de leurs fibres, il fortifie leur matériel. Hâtons nous de prévenir que la force active du chamédrys a peu d'étendue. Cette plante produit bien deux sortes d'effets immédiats , mais ces effets restent toujours faibles » peu prononcés : le chamédrys n'occupera qu'un rang secon^ daire parmi les moyiens excitants , comme parmi les toniques»

On a vu ce végétal décider un effet sudorifique, un ^et diurétique , ou un effet emménagogue. Ces nouveaux produits de l'action de ce^te plante sur le système animal annoncent seulement une direction particulière de la pui»" sance tonique et excitante dont elle est dépositaire sur la peau y sur les reins, ou sur l'utérus. Cette plante ne recèle point des facultés spéciales dont l'exercice alternatif provoquerait une abondante diaphorèse, un écoulement d'urine et la congestion menstruelle.

Le médecin doit regarder la poudre ou rinfusion de chamédrys comme un moyen propre k fortifier l'appareil

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digestif, k détetopper son acUtilé : il en tirera on parti aranlageux dns ranorotie, dans la dyspepsie» dans les ▼iœddela fonétion digeslive qui recèànaltront pour ciînse la débilité aiHérteUè on nCMé dé 1* appAifeil ^iiÂfifi^e. Otf peot alors prendre , ayant chaque repas , de viiigt k' trente grains de poudre de cbàméArys , un verre de rinfusion aqueuse de cette plante» on deux à quatre grains de son extrait. On conseille Tinfusion de chamédrys à titre de stomachique dans les conyalescences des fièvres : on en donne trois petites tasses par jour.

On recommande lès mêmes agents médicinaux dams les tout humides» dans les catarrhes chroniques des poninohs» lorsque la membrane muqoeuse des voies aëifeniies est relâchée, et qu'elle fournit une sécnèâon morbide de mncosités. Le caractère de la vertu de cette planté» les effet» immédiats qu'elle produit, montrent assez d'où procèdent les avantages que l'on obtient de son emploi dans ces afiectièns. C'est parce que l'action du chamédrys fortifie le tissu puhnonaire» anime s» vitalité» que l'on présent de ne pas s'en servir lorsqu'il y enste un travail inflrtmmatoii^.

On a employé avec succès le chamédrys pour guérir dès fièvres kitermîttentès. Si Ton veut » à l'aide de cette plante » suspendre brnsquemetit les accès » on donne une dose de sa poudre ou de sa décoction assez éleviSè pour que tout le corps en sente forteoient l'influence au moment oji on les attend. On administre journenement des moindres quantités» si l'on désire seulement diminuer peu à peu l'intensité do ces accès jusqu'à ce qu'ils cessent tont-à-fait. On préfère» dans le traitement des fièvres pé-

' KkCITANT». 6^9

kîodiqaMt la décMtk» à Tiiifiiiioii, parce ijM cW snr. tMit éb la faonllA tonitfM nu des principes amers et fites èa diaaiéiry» «foe dérive se verta fébriAige. On a Innaé l'iiiagedttviifdteeliamédryedeM te» fièvres intermitleiites.

L'ebserviAioft semble ayoir confirmé Tnlilité de celte plaiite dam iei^ efibcliette artbrftiqoes : on conseille phi-* sienrs tasses de 8<m infusion dans le cours de la journée. On veit bien ifee les propriétés toniqne et excitante du chamédrys soutiendront Ténei^ des organes gastriques , mais 3 est ^flfeile de concevoir comment ces propriétés peuvent piëvenir les -monvements fluxiomiaires dont le pHâcipe de^b goMte menace les articulatSons : die àéH nuire quand ces dernières sont actuellement prises d'un tiwail inflammatoire.

En constiltant les autseurs de matière mé£caie qui ont pat4é du cbamédrysj dn remarque qu^ils ne conseillent pas cette plante dans les maladies pour lesquelles ils re-* commandent les autres Ladtiées; que d*un autre côté elle est regardée comme un reiùède sûr dans des affections contie lesquelles on ne met pas habituellement en usage là sauge» la menthe, la mélisse, etc. L'observation clinique confirme donc que le chamédrys ne ressemble paé aux autres plantes de la fionille natisrelfe à laquelle il appaHient; que, pour son emploi médical, il doit en être dii^ngué.

Maruu ou CrBBitfii^aiE ifABiTiMB» Mori veti herba sta êummkaUt; Tevcriuu uaruv, L. Cette plante crott dans les Uenx maritimes de k Provence ; on la trouve en Espagne. On la nomme «ussi Herbe aux chats , parce que l'odeur qu'elle exhale platt beaucoup à ces animaux et les

640 utolCAMBNTd

met dtiiJB un état d'agitation f6t*t bizarre. Le niarum coutient de l'huile volatile et ud principe, extractif ; il est fortement aromatiqae et donne une.saveur ficre et amère. Il agit conune aternutatsr^ire lorsqu'on récraae et qu'on rapproche du nez. Cet eHbt est encore plus marqué quand la poudre de cette plante ^sl portée sur la membrane pitui* taire.

Le marum recèle une propriété stimulante qui a une grande énergie. Les praticiens l'mit toujours trouvé très* efficace quand ils ont voulu exciter les appareils organiques» accélérer les mouvements de la vie. Cette plante a pu répondre à leur attente v quand il j avait à corriger un ramollissement léger de la substance médullaire du cerveau ou du prolongement rachidien» à dissiper une<:ongestion sanguine de l'encéphale > à décider l'absorption d'une sérosité morbide qu'aurait laissée » dans les méninges encéphaliques et rachidiennes , un travail d'irritation ou de phlogose» etc. C'est de l'excitation imprimée à l'appareil cérébro-spinal que procèdent les avantages que le marum a procurés dans les céphalées , dans les faiblesses musculaires» dans les tremblements des membres» dans les paralysies » etc.

JNous ne nous arrêterons pas à exposer la cause de TeiTet sudorifiqoe» diurétique ^ emménagogue» que celte plante a souvent produit. II est évident que c'est encore sa vertu excitante qu'il faut voir en action sur la peau^ les reins ou rutérus» pour concevoir ces évacuations^ Son utilité dans le catarrhe chronique» dans l'asthme humide, dans le scorbut» etc.» s'explique par l'exercice delà même faculté.

ScoRDiUM, Sccrdii herba; Tbvcribm scordium» L. On

«XGITAlfTS^ £^1

Itmi^e cette plaiMe dans les lieia marécagoiu da mai dft|ft Fraawe : nooa la poMédoot en deçà de$ diw^s^ipiîès de Riie. On la Domme aussi germandrie aqtu#^jiué(...ffj^ a aàe Adenr.forte^'pénétrante; ^Uedoone-iuie ss^vemgptèjiB. G^Mie plaaile est raremeot (employée; eUe entre, dmf Ja eeiBposîtioii de rilectmûre di^sçoriliTO, aiHuel.^Up.ii dtfnné son noos.

-•-Le.'acerdiiiiQ.jMMsède une Tortoi excitante et tonique^ Que l'administration de son infusion ait- prqyoqpé Téta* lilisfleitont d*ime ^iaphorèse , c'est un produit bien sim*pie de l'excitatieft qu'elle porte sur l'appareil 'dèftn^wide. Un'ést paa plm diffieîfe de reconnaitt>6 la source des éloges qu'on lui a donnés pour son efficacité dans les ano^^^îes, detas h dyspepsie, dans les affection^ cataithale^ .cta<ïni- ^Ms; ddns Jes matadies >etui^Mteps6s » etc. : sa pvppciété enitaqte.oend r^ifon de- teltis.e^ effets*

dNMÉM. ; 0Bi«49iTif HAoctoAnoïnEs», Wil4w. Qm^ pi«tnte, «igiMire dcr Baibarie, est cultivée duos tons lea j^Adins* £ad cDAtiMt de i'fcnîle volatile, 4'ol> Ton a tii?é tes>o,jip de» fMï^hre. £lle exhale une odeur tr^Mffo«)atîquei jolie «.w^sayeaf dbapde» légière«fent 4mi^ Sa.pqudP6,pipdt^trilne^eteitatieti de la i^epQiJbiraiie ol&ctiw, et d»nne lîfiiità>rélemoemeAt. Cette plante exerce une impi^s^^w ^ulmite^urJbs organesj elle augmente leur vitalité : on 8.'to es»^wd ayec succès pour réveiller l'appétit, ftF^riser 4fa4«e^lioii^, soutenir. des sueurs ciçhàques. etc. Onla mat dai)i^)tes sacbets qf» Vmj^s^m «ur la négî^ de l'estomi^c pow.fop*iflercetorgspp^^. . . .i.^. ,

;DicïAw nA CBl^i:^,./?Âctoj»frii c^i^Lfçl^f QmQAVvu

64* lltolCAMSIITS

mcTAMiuê/L. Arbuste 4i«i^roH dm» leiCHiles des Twhen, sur le mont Ida. Ld^feoiHes, reeoiiY»rle* d'uir donret épak et ManCy ont une odeur aromatique» une saveur «haode et piquante; elles reeMimt des principes ezdtantab L'infusion de ces fouilles donne lieu aux effets qui cavaetérisent la médication excitante, et peut servir contre les affisctioBs pathologiques que produit une fiûblesse. vitale on maAé* rielle des organes. Nons ne parlerons pas dea merveilleoses propriétés que les anciens attrtt>uaient à cette plante, et que les poètes ont cél^nrées : on sait que Tanimal percé d^une flèche voyait le fer sortir de son oerps et sa bkasura se guérir aussitôt qu'il avait pu manger du dict^me. JSmA-

LàvàiinB , LavandaUê fhres ; Lavahdola sm a , L* Arbuste quicrott dans-le midi de l'Europe» oà on:kd donaa le nom de spic on aspic : en le cultiva dans 'nos jwdiuft M. Decandolle'CNiit que cette dernière plante ferme une ^pèce dhUncte de la* première. Ge végétal recèle une ànfle vôlatiiad'où'l'enâtirélesoyaS decamplÉM^ On retire cette huile de la lavande dans les pays oti cette planté est abotfdatate^ on laf nemniie hmilentespicim d'tf^îcteUe'est or^ dinairemeqtfristtée dans le commerce. On prépare avec les fleuri récentes de lavande un aleeoltt'qneren désigne yar le titre A^esprk de lahande , et dont on se sert souvent pàm la toQettei Les sommités fleuries de la''Iavande eiAàlent une odeur, agréable ; elles ont une savetir chaude, légèrement amèl^. filles recèlent uiife propriété alnmdante qu'elles dôit^t t rhiiile' vcri«til|^di>iit to^s venons de parler : cette propriété a souvent rendu dës^lhnoes impoTiiunts h \é âié^9Î|>eutiqvie: 'Bios prVticieni i^eommandable»

BXGITABTTS. 64S

▼antont Fiisage de Tiafosion de lavande poar exciter Paj^ pareil cérAbro-spinal, ponr augmenter PinflaenceviTifiante des nerfs. On la conseille dans les tremblements des membres, dans les vertiges/ dans' les céphalées» etc. : annoncer que cette plante agit sur le corps vivant» en stitnnlànt les tissas organiques » c'est en même temps déclarer qn*elle doit être proscrite lorsque ces accidents sont des produits symptomatiques d'une irritation ou d'une phlogose des méninges , du cerveau , du prolongement rachidien» lorsqu'il y a un état pléthorique, une excitation du système circulatoire, ou une hypertrophie du cœur, une dilatation de ce viscère, etc. On emploi» rarement les préparations de la lavande à l'intérieur. Mais on applique fréquemment l'alcoolat de cette plante sur l'épigastre, le long de Tépine du dos, etc. C'est un topique stimulant, qui a la faculté d'animer la vitalité des organes au-dessus desquels on le place , quelquefois de ramener leur action à une mesure naturelle, quand elle s'en écarte. On met aussi la lavande dans l'eau des bains que l'on veut rendre fortifiants.

Nous citerons encore quelques autres espèces de la famille des Labiées, dont l'art de guérir se sert avec succès. hbêtcBchcu, LAVANDVLA STOECH/Ls, L. , indigène OU Espaguo, en Italie , dans le midi de la France ; le chamapitys ou ivette, TBVCBiuii chailepitys, L. , plante annuelle qui vient dans les terres arides , qui a une odeur forte et résineuse, une saveur amère, et que l'on a vantée dans les affections arthritiques ; le serpolet, thymus sbrpyllum, L., qui couvre les pelouses , les coteaux arides ; le thym , thymus vulga- Eis , L. , arbuste commun sur les collines sèches des provinces méridionales , que Ton cultive dans nos jardins,et

644 IlilDICAmilTS EXCITANTS.

que l'on emploie aarioul dans nos cuisines comme sMaisonnement; IsisarrUttep satuasia rortsusis, L. , qui sert aux mêmes usages* Nouspourrionsencore ajouter le^oii/ic, ocYUVU BASiLicvif , L. , Vagripoume', lbonveus c abdiac a, L. , Xûrigau , ORIGAN VM VUU2ABB , L* , etc. , etc.

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