‹ Traité élémentaire de matière médicale (volume 2)Chapitre 31 sur 35 · II. Action médicinale du fer · texte numérisé non relu

II. Action médicinale du fer

La chimie a prouvé que le fer existe dans les plantes; il existe aussi dans le corps des mammifères, des oiseanx, etc. On a vu avec étonnement que ce métal faisait partie constituante de la substance d'êtres doués de la vie, qu'il

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entrait dans la composition de leurs fluides et de lears solides. Mais ce fer se trouve dans un état de combinaison intime avec les principes qui forment les humeurs et les oi^anes des végétaux et des animaux; ses molécules sont privées de la faculté agissante que nous remarquons dans celles de nos médicaments martiaux.

Nous ne devons pas nous occuper ici de Tinfluence que le fer exerce sur nos organes » quand il sert de conduc teur au fluide magnétique. Il n*est alors que dépositaire momentané d'une puissance qui lui est étrangère; il sert d'excipient à une cause agissante qui le traverse sans lui appartenir. C'est la force active inhérente aux molécules du fer qui intéresse la pharmacologie; ce sont les effets qui suivent leur contact avec dos organes que nous devons constater.

L'observation démontre que les médicaments ferlnigi-' neux exercent sur les tissus vivants une action tonique. On a firéquemment l'occasion de remarquer que ces médicaments favorisent la digestion . soit qu'on les prenne avant de manger, avec les aliments, ou immédiatement après le repas. Une prise d'oxyde de fer, de vin chalybé, ou de l'eau ferrugineuse mêlée au vin » excite l'appétit , et rend plus facile l'élaboration des matières alim«ataires. L'influence corroborante que le fer porte sur les organes digestifs est aussi cause que ces organes retirent de la nourriture une plus grande proportion des principes pro^ près à l'assimilation. Le pouvoir des martiaux sur l'exer** cice de la digestion est bien connu : tous les praticiens conviennent qu'ils sont d'excellents stomachiques.

C4es médicaments occasionent quelquefois, quand on

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martiaux augmentent la force matérielle du cœar; ce ▼iscère communique une impukion plus vive et plus éner- ^que aux colonnes de sang qui remplissent les canaux artéHels; le pouls devient plus fort et plus dur : cet ^et est surtout sensible sur les personnes actuellement affûblies par un état de maladie. Si Ton continue Fusage des médicaments ferrugineux , on les voit souyent produire après douze à quinze jours, une commotion artérielle, des mouvements de chaleur , des efforts hémorrhagiques sur divers points du corps» établir un trouble fébrile bien pro> nonce. . . Pour concevoir toute la puissance de ces médicaments» il faut ici compter la quantité que forment au bout

d*un mois par exemple les douze ou vingt- quatre grains d*oxyde de fer ou de sulfate de fer , qu'un malade prenait tous les jours. Ces effets s'observent plus vite sur les individus qui ont une complexion pléthorique » un tempérament sanguin : lorsqu'ils semettent h l'usage de ces agents, ils éprouvent au bout de peu de temps les accidents qui dépendent d'une surabondance du fluide sanguin; ils deviennent sujets h des céphalalgies avec pesanteur de tête» à des picotements h la peau» à des colorations de la figure» à des engourdissements des membres; ils ont des saignements de nez» des congestions hémorrhoîdales : les époques de la menstruation avancent dans les femmes» etc.

L'action de ces médicaments réveille la fonction abs^^pb^nte» lorsqu'dle est dans l'inertie : des malades atteints dlune bouffissure générale» même d'anasarque» ont vu leur intumescence cellulaire disparaître après avoir pris des martiaux ; ils rendaient en même temps de grandes quantités d'urine. Dans l'étal de santé, l'usage de ces

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médicaments ne change pas l'ordre habituel des sécrétions et des exhalations ; Tinfluence qu*ils portent sur les reins, sur la peau, fortifie le tissu de ces appareils, développe leur énergie , soutient Texercice de leur fonction sécrétoire ou exhalante , sans pourtant l'accélérer d'une manière notable; mais lorsque ces parties sont actuellement dans un état d'inertie, de relâchement, d'oligotrophie, la puissance corroborante du fer rétablit leur activité, et, dans ce passage d'une condition morbide à leur condition naturelle , il survient fréquemment des évacuations momentanées qui sont comme accidentelles dans la médication des composés ferrugineux.

Ces médicaments ont une grande mfluence sur l'action nutritive dans le sang et dans les organes. L'activité que le$ martiaux donnent à la nutrition du sang devient ordinàirmnent très*sensible sur la coloration de la figure dès le troisième ou quatrième jour de leur emploi. Cet effet est un peu plus tardif, mais aussi il est plus marqué sur les personnes débilitées par des évacuations excessives, épuisées par de longues maladies, sur les chlorotiques, sur tous ceux enfin qui ont un sang appauvri, détérioré. Aussitôt qu'ils se mettent à l'usage d'un oxyde de fer ou d'une autre pr^aration ferrugineuse, il s'établit un meilleur ordre d'exercice dans les fonctions nutritives ; en très-peu de temps l'état du malade change, son pouls devient plus plein , son teint plus animé et plus coloré , sa chaleur plus élevée; il a plus de force, etc. {Sydenkam, van Swieten, ) Les ferrugineux excitent aussi l'action assimilatrice dans le tissu des organes; l'impression tonique que ces derniers ressentent les dispose h retenir , à fixer

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sortie du flaide qui force leur résistance : de plus , en rétablissant Texercice des fonctions nutritives, ces agents répareront le désordre que Texcès on la permanence de l'hémorrhagie a pu occasioner dans tout le système. Mais on conseille dans d'autres cas ces médicam^its pour provoquer des évacuations sanguines, pour déterminer» par exemple» le cours des règles. Les ferrugineux ont une efficacité bien remarquable dans les aménorrhées qui tiennent à un développement trop tardif , à Toligotrophie de Tutérus f ce qui existe chez un grand nombre de chlorotiques. L'emploi journalier et prolongé d'une préparation martiale anime cet organe , éveille sa vitalité et décide Fétablissement de sa fonction mensudle. Nous donnerons ici la recette de pilules vantées contre la chlorose par M. le docteur Blaud de Beaucaire.

fi. Sulfate de fer.

Sous-carbonate de potasse , âà 4 gi*os.

Poudre de guimauve , s. q.

Faites avec un peu de mucilage 48 pilules.

On donne pendantquatre jours une pilule le matin et une le soir; puis on ajoute une pilule à midi jusqu'au septième jour. Du sept au dix, on élève la dose à six pilules; puis on arrive à neuf par jour ( Diction, univers, de Mat. mèd, de MM. Mérat et Delens, tom. m , p. sSa). On tire aussi un parti utile dans ces cas de bains dont l'eau contient une livre de sulfate de fer.

C'est quand le défaut de menstruation tient à une débilité générale ou à Tinertie de la matrice que les martiaux

Gonyiennent; ils 80Qt nuisibles dès qu'il y a de la chaleur dans la région utérine , des douleurs dans les lombes» un état de pléthore, etc. Ne résulte-t-il pas de ces observations cliniques que c'est dans l'opération tonique du fer qu'il faut chercher la raison des effets emménagognes que ce métal produit? On a noté, dans quelques ouvrages de matière médicale , cette particularité des médicaments ferrugineux : on les donne tantôt pour arrêter une perte utérine, tantôt pour exciter l'écoulement des règles. On avait conclu que ces médicaments recelaient deux propriétés contradictoires, l'une astringente» et l'autre apéritive* U est évident qu'ib ne font toujours qu'un même effet physiologique; ils exercent, dans les deux cas, une impression tonique sur la matrice, et c'est de cette seule et même impression que dépendent les deux résultats opposés que nous venons de signaler. Le médicament monte toujours le ton , la vitalité de cet organe ; ce produit excite les. règles que la faiblesse retenait, il arrête le sang que la même cause laissait s'échapper.

Dans un grand nombre de névroses , on a tiré un parti utile de l'usage prolongé des martiaux; les accidents que l'on désigne sous ces titres supposent un changement d'état, une modification morbide de l'encéphale, de la moelle spinale, des plexus nerveux ou des cordons nerveux : or, les martiaux sont loin de convenir dans toutes les lésions qui affectent les parties que nous venons d'indiquer, et nous savons trop peu distinguer les divers modes de ces lésions pour indiquer celles que ces médicaments doivent combattre. On fait un grand cas en Angleterre de quelques préparations martiales, pour le traitement du tic douloureux de

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la face , et d'antres névralgies intermittentes. On a eu k se louer de Temploi du sons-cariionate de fer ou oxyde de fer brun à hautes doses dans ces maladies. D*autre part on rencontre fréquemment des hypochondriaques , des mélancoliques qui ne peuvent soutenir l'usage des martiaux : clie2 ces malades» l'appareil cérébro-spinal et l'appareil digestif sont h la fois dans une condition pathologique; l'action de ces remèdes offense souvent les organes digeiitifs et ceux de l'innervation.

Les martiaux offrent une ressource précieuse toutes les fois que l'on veut fortifier les organes digestifs, et combattre le relâchement» la mollesse » l'oligotrophie de leurs tissus; on a donné avec succès l'hydrocfalorate de fer contre la malaxie de Testomac. On a vu que ces mêmes moyens étaient nuisibles quand il y avait de la chaleur , de l'irritation dans les voies alimentaires. On les vante comme de puissants vermifiiges. Ils ont produit d'excellents effets à la suite de pertes de semence trop abondantes. Ils ont réussi à faire cesser la stérilité dans les femmes et l'impuissance dans les hommes. On conseille leur usage dans les affections scroMeuses » dans les diabètes» dans les infiltrations leucophlegmatiques; ils ont quelquefois décidé une absorption du liquide qui gonflait le tissu cellulaire» et opéré son expulsion par les urines. C'est toujours leur force tonique qui crée leur puissance curative. Lorsque le sang a perdu sa bonne complexion » lorsque les tissus vivants sont dans une profonde atonie» que leur matériel se restaure mal » qu'il y a pâleur générale, bouffissure» etc. » on découvre sans peine comment un oxyde de fer» pris trois ou quatre fois le jour» à la

dose de cinq à six grains, ou le sulfate de fer dissous dans Teau et pris aux repas , deviennent des secours thérapeutiques efficaces. Le premier effet du médicament est de rendre à la digestion son intégrité : puis la propagation de son influence à tout le système anime l'exercice de la nutrition sur tous les points du corps malade; ce dernier subit une profonde et salutaire mutation. On pourra seconder ce traitement par l'emploi de bains dans une eau chargée de sulfate de fer. On met une ou deux livres de ce sel par bain.

On regarde avec raison les martiaux comme dangereux pour les femmes enceintes d'un tempérament sanguin, pour les personnes pléthoriques , irritables» d'une complexion sèche et bilieuse. C'est également une sage expérience qui a conseillé Tasage momentané et de temps en temps renouvelé des agents médicinaux qui nous occup«it« aux individus d'une constitution lymphatique, à ceux qui ont la fibre lâche el moUe, et qui sont prédisposés aux maladies par atonie , par faiblesse , etc. ; il leur est très-avantageux» même dans l'état de santé, de fortifier le tissu de leurs organes, en prenant, pendant quelques jours, un oxyde de fer ou une eau ferrugineuse aux repas.

SULFATB ACtDB D* ALUMINE ET DE POTASSE; AlUN, Alu-

men. L'alun est un sel composé d'acide sulfurique uni à deux bases , l'alumine et la potasse. Ce sel est incolore , diaphane, d'une saveur très -styp tique , soluble dans un poids d'eau bouillante moindre que le sien. Il cristallise le plus ordinairement en octaèdres réguliers. Exposé à l'action du feu, il se fond, perd son eau de cristallisation , se boursonffle , devient blanc , opaque , léger et poreux ;

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alors oo le nomme alà» calciné; et , comme dans cet eut il a mie grande avidité pour 8e combiner avec les corps humides, on s'en sert pom* ronger les chairs baveuses, pour aviver les surfaces ulcérées, pour détruire les excroissances molles.

On ne trouve d*alun naturel qu'aux- environs des volcans ; mais on en fait artificiellement des quantités considérables pùOT les besoins du commerce. Celui que l'on appelle alnn de Rome est remarquable par sa teinte roogefitre. D'après M. Berzélius, l'alun à base de potasse est formé de :

Sulfate d'alumine, * «... 36 85

Sulfate de potasse i8 i5

Eau 45 oo

On trouve dans les aluns du commerce une petite proportion de sulfate d'ammoniaque. Cet alun à l'état de sel triple est préférable quand on veut exciter les urines ou obtenir d'autres évacuations.

On donne l'alun en pilule h la dose de six ou douze grains à la fois; on peut en administrer ainsi un à deux gros dans la journée. Pour convertir la poudre d'alun en bols, on emploie souvent la conserve de roses. L'alun forme la base des pilules d'Helvétius , que l'on prescrit à la dose de six grains jusqu'à un demi-gros. Ces pilules contiennent deux parties d'alun et une partie de sang- dragon. On donne aussi l'alun dissous dans l'eau : on peut alors en administrer un , deux et trois gros dans une ou deux livres devéhicule que le malade prend dans la journée. Je prescris

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cette substance, salioe en potion. J'en mets un ou deux gros dans quatre onces de yéhicule dont on prend une cnfllerée de quatre heures en quatre heures. On administre aussi lo sulfate d'alumine et de potasse en lavements à la dose d'un ou deux gros, en injections» en bains à la dose d'une ou de deux livres»

L'alun agit à la manière des toniques sur les organes. Son impression détermine un resserrement soudain de leurs fibres ; pris à la dose de douze à trente-six grains à la fois, l'alun ne dérange pas Tétat normal des organes digestifs : l'appétit se conserve » les selles restent naturelles et ont lieu aux heures accoutumées; il n'y a ni coliques » ni sécheresse de la bouche ^ etc. J'ai même vu des doses doubles de ceUes que je viens d'indiquer» un, deux gros par jour en trois prises , ne pas troubler la condition actuelle de l'estomac et des intestins. Mais si on élève la dose jusqu'à trois à quatre gros par jour, surtout si les organes digestifs ont une susceptibilité morbide , ce sel donne lieu à divers phénomènes qui annoncent que l'estomac et les intestins ont été attaqués trop vivement; ce sont des nausées, même des vomissements, un gonflement de Tabdomen , des coliques vives et répétées, des évacuations alvines, etc. ' Il est rare que l'alun cause la constipation, comme porterait h le croire l'action styptique de ce sel. Un homme avait pris en seize

* M. le docteur Baithès^ médecin de l'hôpital militaire du Gros- Gailloo, a esuyé far lui-même le sulfate d'alumine. Un demi-gros de sel pris à jeun dans un verre d'eau distillée a causé dans l'intérieur de la bouche et du côté de l'estomac un sentiment d'astriction qui s'est manifesté immédiatement après l'emploi de cette substance, et qui a duré un quart d'heure. Trois jours après, un gros de ce se) pris de la m^mc

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jours une once ei demie d*alun , conservant son appétit , la liberté du ventre , n*ayant éprouTé ni malaise ni coustriction dans la région épigastriqué , ni ancun antre symptâme qni pût faire penser que ce sel avait offensé les organes digestifs. Lorsque les molécules de falun sont prises par l'absorption et portées dans le corps , elles font sèùtir k tous les appareils organiques leur puissance , elles déterinioent un développement de la tonicité de tous les tissus; on a remarqué qu'elles irritaient les poumons et proroquaient ainsi la tonx. On voit souvent les urines doTenir plus abondantes après Tadministration de Talan. Cet effet est plus sftr quand on choisit un alun ammoniacal.

L'alun est un moyen très -utile dans les diarrhées; je Tai vu plusieurs fois faire cesser des dévoiements qui épuisaient des femmes très -figées , et que les autres remèdes ne modéraient pas. Mais il faut toujours dans ces affections se demander quelle est la lésion qui produit tes évacuations intestinales. S'il y a dans les voies digestives de la chaleur y de rirritatlon» l'utilité de ce moyen n'est pas sûre; au moins il n'est pas dangereux. Franck cite une observation oii , malgré les douleurs d'entrailles que ressentait le malade, il administra avec succès/ daïis le courant d*une journée, seize grains d'alun en quatre doses. Il ne faut pas oublier que l'emploi momentané d'un styptique, même d'un irritant, n'est pas toujours con-

manière a produit iine astilction plus furte ; l'appétit a été plus vif et la digestion plus prompte. La dose d'alun a été portée Bnccessivemeiit à deux gros , deux gros et demi et trois gros. A deux gros et demi , il y eut de fortes envies de vomir pendant un quart d'heure; 4 trois gros des Tomissements ont eu Heu. lùuitet, dt 7%érap., mars iâsd.]''

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traire 4u» 1m phle^aâes des mèmbMtaes mii4iieiM(i^. Les inflammUliops d6 la eonjenetive , telles de l'arrièi^ bouche^ celles dé la peau, disparaîsseni aociveni h Teocasien d^uoeappliealioô de substanees styptiques; il dirfteo'ôkre de même f»wt ks phlc^oses , même poup les ukélratibBtf récentes et.superfièîeQes qai sont fixées sur la membrane maqfuense intastiilale; rimpression vive et passagère d'un« astringent peiit en déterminer la gnérisen. On donne alors Talun en pilules ou eu potion. On le fait prendre en lavement àladesèd'ongrosou de deux grosysi les lésions qui entrétidnnenila dîttnMe sont dans les gros intestins. L'alun ne réussitpas'qnandki phlogose a une grande vivadté; Lorsque la diarrhée duoe^èpiits long-^eMps, et qu'il existe jsur la suis face ÎBteriie desinteiiins deauleàrations profondes, qiii.seint établies sur un fond endurci , lorsqu'il y .a diterse» dégé* nérescences des tuniques intestinales» etc.» l'opération, passagère que produit l'alun ne peut plus rétabUr la cpndiftioa'iiatnreUè de ces parties; j'ai donné à des phthisiques douz»^airisd'akin par jour peur modérer un déroiemènt ou desi sueurs colliqualtTes. J'ai cru obtenir quelque amélioralinn* - -

Onetosiâle l'alun dans rhéflomptjsie; enduit alors pré-' veir la: suità'dB jon aétioa stjrptique sur le parenchTme- des . poumuÉts ; osir ts'îutf tosujours cette aotion qoiit font surreil» 1er. D ne suffit pas que l'aluki empêche le sang de sortb;.' un doit arec sein éviter que ropératiou de' Va^vaa: n^aUuQie une phldgose sourde* et redoutable. ■

La compesé' salinr qid nous occupe: s'est iaaoïntf é uur re- < mède puissant* dans let^ifasment des: hémorrbagies- dté^ ripes/ Ou sait qu^ l'alun teint de Mynsitlit oo les piMes

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d'Helvétios ont joui d*une grande réputatioo contre les pertes : on emploie aussi les injections d*alan dans ces maladies. Poor recourir arec confiance à ce remède , il faut que la sortie du sang tienne à l'atonie des vaisseaux de Tutéros» qàe rhémorragie ait été abondante» qa'il y ait faiblesse, épuisement; car Taction styptique de Talon de conviendrait plus , s'il y avait une plétbore locale , si le tissu de l'utérus était irrité » si le pouls était fort et vif» etc.

L'alun est un moyen digne de confiance dans les bé* morrhagies passives , dans les ecchymoses spontanées qui offrent des espèces d'hteiorragîes cellulaires. Dans ces affections les tissus ont éprouvé un ramollissement morbide , le sang sort des vaisseaux capillaires et s'épanche sur divers points , il suinte de toutes les surfaces. L'alon , jcnnt à d'antres secours diérapeutiques , peut alors rendre les plus grands services.

Depuis quelque temps on a employé le sulfate d'alumine et de potasse dans le traitement des fièvres typhoïdes. On ptoscrit ce sel à la dose d'un demi-gros, d'un gros, de deux gros par jour. Je crois que cette substance peut opérer d'heureux résultats contre les lésions intestinales qui jouent un si grand r61e dans ces maladies. L'impression que l'alun porte sur les tissus n'est pas irritante ; eUe n'ajoutera pas à l'intensité d'un travail phlegmasique. Cette impression a plutôt quelque chose de réfrigérant avec son caractère styptique; je la regarderais comme capable d'arrêter les progrès d'une phlogose, d'en modérer les accidents» J'ai la confiance que l'alun offrira un secours précieux dans certaines sortes de fièvres oh il y a de la diarrhée,

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OÙ des éruptions» des ulcération»- intestinales impriment è la maladie tant de gra¥ité.

Cnllen a essayé de guérir les fièvres btermîttentes avec un mélange d'alun et de muscade en poudre : il en faisait prendre» une heure ou un peu plus avant Taccès, des doses capables de. susciter une médication générale. Dans quelques ca^ la fièvre n*a pas paru » mais l'estomac soutenait avec peine l'action de ce remède , il a fallu renoncer à s'en servir.

M. le docteur Kapekr emploie l'alun contre, la colique métalliqae. Il en fait mettre un ou deux gros dans un julep gommeux, dont le malade prend une cuillerée d'heure en heure. Quelques malades ont pris jusqu'à six gros d'alun dans vingt-quatre heures. Ce moyen provoque rarement des nausées oja des vomissements; il ne cause jamais de douleurs è l'épigastre» de malaise; il calme les coliques , détermine des évacuations alvines , fait couler les mines» diminue et bientôt arrête les accidents de cette maladie {Archices générales de Médecine, novembre iSaS), Je suis fâché d'être obligé de dire que je n'ai pas obtenu de l'alun ces bons effets» et qu'après en avoir donné infructueusement quatre gros pendant trois jours» dans une colique des peintres» j'ai vu un pm^atif drastique provoquer des évacuations et amener un calme soudain.

On applique une solution d'alun dans l'eau sur les plaies aaignantes» sur les surfaces extérieures par où le sang s'écoule; le contact de cette liqueur crispe les petits vaisseaux» et l'hémorrhagie s'arrête. On met celte substance saline dans les gargarismes que l'on conseille contre les ulcérations de la bouche , qui ne sont pas accompagnées

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'd*une phlogose vive, contre la ooogestion sangaiiie âes tonsilles et des antres parties de Tarrièpe-bondM, etc. L'alaii entre sonTent dans la composition dea coUyres irvitants arec lesquels ont combat les ophthafanies , dans les injections astringentes qne l'on dir'ge contre la kooorrhée^ etc. Dans les infittratione» dans les longoes maladies où le tissu eeUolaive est très^éveloj^ié^ où il y a de Tinertie dans les mouivmientS'Organiqiies, où4afignre est décolorée» etc., je conseille avec confiance desJ>aias dont l'eau contient deux 4rfves d'alun.

M. Bretonneaaa appliqué ayecanecès Talnn «n pondre très-fine sur toutes les parties 4e raniève^bonche dans l'angine couenneuse ou dans le >croup : ce pratîcîeD a même inventé nn instramentpoiH«£ii«efiarvenir, par Tia- ^snfflation , la pondre d'alun )nsqffe dans le pkarjnx et dans le larynx.

Section III. De la Médication tonique.

Lorsqu'on ne donne qu'une petite dose dVm médicament tonique , oè dernier agit seulement sur la^ partie ^oi le reçoit , ou au moins on ne peut apetoevojr qne sfir ^ point du corps les effets de son opération. Mais si la'doie de substance médicinale est plus élevée , si les molécules actives de cette substance sont absorbées en asséc grandte quantité pour que leur puissance s'étende à'tous les appareils organiques, les médicaâients toniques 'suscrtent des modifications importantes dans les mouvements de tous les organes. On voit clairement que le corps se trouve

TONIQUBft. 535

alorft.aoii8 Tempûse d'une force étrangère à GoUe qui refis- Mit;»apiiravimtle8 actes de la vie. Noos sdttons parcourir chaoon dea appareils organiques du corps, pour constater tous lés changements ipi*ils éprouvent après l'emploi d'un tonique.

Appareil digestif,

Après l'ingestion des médicaments de oette classe, la membrane muqueuse qui tapisse fintérieur des voies alimentaires devient plus sèche; l'exhalation et les sécrétions qui humectent sa surface sont momentanément suspendues. Il j a en même .temps un resserrement des faisceaux de fibres qui constituent les tuniques musculaires qui sont au*»dessous; une contraction permanente de ces tuniques rend le corps de l'estomac et des intestins plus dur, plu&fiBrme, plus réabtant, et rétrécit en même temps la cavité do/ces organes. L'enveloppe péritonéale des intestins ne parait pas éprouver, dans l'action des toniques sur l'appareil digestif, de modification appréciable. Com* ment déterminer si les substances toniques produisent quelque changement dans l'état normal du foie^ du pancréas, de la rate?

Ce que l'on remarque dans l'exercice de la fonction digestive après l'administration des agents toniques, à. doses modérées, suppose les effsts dont nous venons de parler : oa voit que les organes, qui Fexécutent ont leurs tissus plus forts , et leur vigueur plus développée. Les toniques ouvrent l'appétit , font manger davantage , rappellent la faim plus tôt que de coutume. Il est bien des personnes , dont l'appareil digestif est faible, délicat, qui trouvent

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dans le8 subêtances tpniques des moyens pour favorisa» pour hâter Texercice de leur» digestions. L'âaboration des aliments se fait siins peine, qoand elles prennent ayant le repas, on en mangeant» la poudre» l'infusion on la dé* coction d'une de ces substances : elle est lente , pénible, accompagnée de malaise , imparfaite , dès qu'elles nég^gent ou qu'elles oublient de corroborer leur système gastrique à l'aide d'un tonique. Une digestion actuellement languissante et difficile suit nussit^t un cours plus fibre , et cesse d'être une opération &tigante , si l'on administre un médicament cfooé de cette yertu.

L'emploi des médicaments toniques fait ordinairement acquérir plus de consistance aux matières fécales : en même temps ces matières deviennent moins abondantes: une absorption plus active dépouille le résidu de la digestion de toutes les parties liquides qu'il contient* L*usage joumaUer des toniques à petites doses dispose à la constipatton : chez d'autres personnes ces agents tiennent k ventre libre , parce qu'ils réveillent la vitaUté des gros intestins , qu'ils tirent ces organes d'un état d'inertie qui faciUtait le séjour, l'accumulation des matières fécales dans leur intérieur.

Lorsque les substances toniques sont prises à fortes doses, elles font sur les organes digestifi» une impression plus profonde, plus tenace, alors elles peuvent offenser l'intérieur de l'estomac et des intestins , irriter les plexos du grand sympathique. Alors ces substances suscitent des effets nouveaux, insoUtes; un sentiment de chaleur à l'épigastre , chaleur qui par une sorte d'irradiation dont les nerfs sont sans doute les agents, se propage dans le ventre.

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dans h poilriae, à la tête, HiéiDe dans les membres; de la soif, des rapports > des pesanteurs d'eslomac , des pneomatoses gastriqoes, des naosées, qodqaefob des vomissements» des anxiétés, de l'abattement. Dès qne la substance médicinale a gagné les intestins , des portions de ces canaux se tendent, se tuméfient. Il s*opère dans leur intérieur une exhalation de gaz qui les dbtend : les faisceaux musculaires qui entrent dans leur composition se livrent à des contractions anormales qui font naître des coliques répétées. D'autres portions du canal alimentaire sont dans un état opposé; l'intestin est resserré» durci» rétréci. De grands mouvements ont lieu dans la cavité abdominale; cependant il n'y a pas de selle; ou si l'indindu médicamenté va du bas » il rend des matières solides.

Il n'est pas rare de voir les médicaments toniques produire des déjections liquides et abondantes. C'est pour avoir observé ce résultat que Cullen s'est cm autorisé à placer les amers parmi les purgatifs. Alors on donnait ces médicaments à haute dose ; une grande quantité de matière tonique agissait à la fois sur la surfiice intestinale. L'impression pénible que celle-ci ressent dans cette occasion décide comme une commotion de tout le système abdominal; les sécrétions et les exhalations de la sur&ce intestinale augmentent» le mouvement péristaltique des intestins s'accélère» se précipite» et tout ce qui se trouve dans leur intérieur est expulsé au dehors. Cet effet des toniques reste bien distinct de l'irritation spéciale que cette surface ressent après l'administration des purgatifr.

Etats pathotogiquies. Lorsque les tissus organiques n'ont plus leur susceptibilité normale» que ces tissus ont é|m>uvé

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tÎDS, etc. L'ejcatpératioii de la pUegmasie gaftirique et intestinale donne lien à dm proTôcatiéni sympatihiqiies sor le cœor ei sur Tappareil cérébrcHspinal : alors la chaleur de la peau deriimt plus forte, le poids plus fréqpuMii; s'il existe un trouble fébrile , il augmente. Cependant » il est bien des cas où, la pblogose des organes gastriques ne paraissant pas douteuse, les toniques, même le sul&te de quinine, ne produisent pmnt d*augnientation de la soif, ne rendent pas plus marquée la sécberesse de la bouche, Tardeur interne , etc.

Dans les aieiralUnu de la carité gastrique, les eflists des toniques varient. Si ces ulcérationssont larges, nombreuses, si eDes recouvrent la partie pylorique ou la grande cout" bure de ce viscère , l'impression du médicament tonique donne lieu à un sentiment d'ardeur , à des picotem^its, à des rapports acres, à des tiraillements pénibles, etc. Dans les ulcérations intestinales, les promises doses d'un médicament tonique causent des coliques, des déjections plus fréquentes , du malaise, des gonflements abdominaux, de la fatigue, des ardeurs dans le fondement après cbaqœ selle, des douleurs lombaires, etc.

Citerons-nous les effets que produisent les toniqties, quand il y a un amas de gaz dans les voies dige8tive8?On sait qu'ils en provoquent l'expulsion ordinairement, quand les gaz ne sont pas le produit d'un travail d'irritation ou de pblogose encore présent.

Dans les cancers d'estomac , les médicaments toniques ne suscitent pas toujours des phénomènes qui tiennent li l'existence de ces lésions* Si le cancer est petit , s'il n^est pas découvert, si sa surface n'est pas dénudée, les tonî-

TOHIQ1ISS. 54 1

ques ne font pas sur loi d^iinpressionmarqQée. Ils donnait Keu à un grand malaise » Os déterminent des sécrétions morbides, des Tomitoritions; ils cansent des ardenrs, des élancements insa|^rtables, etc* » quand le caneer est étendo, qae sa snrfrce libre est granulée , ulcérée.

L'action des médieaments de cette classe sur le foie Tarie dans les diverses conditions pathologiques où il peut se trouTer. Si ce yiscère est dans un éUità^oUgotrophie, Topératiim des toniques ne fera rien naître de remarquable. S*il y a hypertrophie de la substance hépatique» remploi d'un tonique pourra décider une sécrétion plus abondante de bile. On ne connaît pas ce que l'action des toniques offre de particulier sur le foie lorsque le tissu de ce viscère a éprouvé la dégénérescence dure » la sclériasie,

La glande hépatique entre firéquemment dans un travail SUrritation, , dans une sorte d'orgasme. Alors son tissu est chaud, plus rouge, goi^é de «ang : sa fonction sécrétoire est plus active, il se forme en un instant une quantité considérable de bile* Dans cette circonstance , l'administration d'un médicament tonique peut donner à la lésion une nouvelle force; tous les accidents qui en procèdent prendront tout à coup plus d'intensité. Si le tissu hépatique était pris de phlogose en totalité eu partiellemeut , les médicaments toniques animeraient davantage le feu pblegmasiqne.

Les diverses conditions morbides où la rate et le pancréas peuvent se trouver , occasionent dans Tactlon des médicaments toniques des différencesx[ui ne sont pas reconnues ni appréciées.

544 MiMCAMBKTS

dureté plui gruide, que les aeconftfles artéridles derraîenl toormeDler , fatiguer darantage » par leur Tiolence , tons les o^^anesrf Cependant robserration ne confirme pas toujours ces spécoktiens. Noos avons souvent vu le quinquina» le solfiite de çiinine» pris par des individus qui portaient un cœur hypertrophié» ne point causer d^augmentation dans la force des battements de ce viscère ni dans celle des pulsations artéridles. Mais les effets des toniques sur les individus que nous avons ici en vue sont plus sensibles «près quelques jours de leur usager Si le ventricule gauche est hypertrophié » c'est sur la tête que se manifisste leur action : Tembarras de Tencéphale angmente; les éblouusements » les vertiges , les bourdonnements d'oreilles deviennent plus fréquents; il y a des menaces de congestions sanguines dans le cerveau , de» saignements de nez, des colorations passagères de la figure , etc. Si c*est le ventricule droit du cœur qu'occupe rhypertrophie » on voit» après Tusage des toniques» survenir une plus grande oppression ^ de la toux » le crachement de sang» etc.

Sur les malades qui ont un ramollissement du tissu du cœur» chez qui ce viscère offire un état de malaxie, Tadministration d'un tonique ne diminue-t-ellè pas la faiblesse, la mollesse » Firrégularité de ses contractions ?

Lorsque le cœur ou ses annexes sont actuellement pris d'un travail d'<mïa^<on» l'usage d'un médicament tonique accélère encore la fréquence des contractions de ce viscère; l'action de ses molécules sur les tissus du cœur et wr les vaisseaux sanguins augmente l'intensité du trouble li&brile» développe davantage la chaleur» l'aridité de la

T0N1QUB8. 545

peau, semble mettre le fluide sanguin dans un état d'échauflement, de tui^escence» provoque sur divers points du corps des congestions sanguines» des efforts hémorrhagiques; le malade est plus agité, il a des insoinnies, il rend des urines rouges » etc.

Dans les phlogoses du cœur, l'opération des médicaments toniques donne plus d'intensité à tous les accidents : Tirrégularité du pouls augmenterera, les sentiments de chaleurs, de picotements, les tiraillements, que le malade prouve dans le côté gauche de la poitrine, son état d'anxiélé, de syncopes toujours inuninentes, etc., prendront plus d'expression, après chaque prise de ces médicaments. Mais de nouvelles observations ont besoin d'éclairer encore ce sujet

On est autorisé à penser que dans les troubles fébriles, où les vaisseaux capillaires sont pris d'irritation en même temps que les autres pièces de l'appareil circulatoire , ce sont les molécules extractives, résineuses, alcalinoïdes, les molécules de tannin, d'acide gallique, qui, parleur impression immédiate , causent Tagitation , les inquiétudes , la sécheresse des surfaces muqueuses et de la peau, la chaleur brûlante de tout le corps, etc., que les malades éprouvent après l'administration des médicaments toniques.

Appareil respiratoire.

Etat physiologique. L'action des médicaments toniques sur les organes pulmonaires ne fait naître aucun phénomène appréciable , tant qu'ils sont dans leur état normal. Les phénomènes chimiques de la respiration subissent-ils T. I. 35

546 MËDICAIIENTS

quelque modification pendant que le corps est sous l'influence d'une substance amère ou styptiqne?

Ici nous derons signaler les rapports que le nerf pnenmo*gastrique établit entre les poumons et Testomac. De plus, les poumons reçoiyent la plus grande partie des molécules que Tabsorption importe dans le système yascalaire. Ces molécules , arrivées avec le sang yeineux dans le ventricule droit, sont conduites dans le tissu pulmonaire. Une proportion assez forte de ces molécules s'échappe alors par la surface qu'offrent les cellules bronchiques. L'appareil pulmonaire est sans contredit un des points de l'économie animale le plus exposé aux attaques des agents pharmacologiques.

Etats pathologiques. Le tissu pulmonaire éprouve plus souvent qu'on ne pense un ramollissement morbide; la malaxie de ce tissu est fréquemment la cause de l'hémoptysie : elle existe dans beaucoup d'expectorations abondantes de mucosités glaireuses. Elle favorise une congestion sanguine permanente dans le parenchyme des poumons. Les médicaments toniques ne produisent pas alors d'effets particuliers et que nous puissions signaler.

Si les organes pulmonaires sont dans un état de phlogose, les médicaments toniques excitent la toux, la rendent fatigante , produisent un sentiment d'ardeur dans la poitrine, etc. Dans la pleurite, ils rendent la douleur plus vive, la toux plus déchirante, la situation du malade plus pénible , etc. Dans une péripneumonie vive, récente , l'emploi des toniques donne une^tensité plus grande à tons les symptômes; l'oppression, l'anxiété du malade redonblent, la toux augmente, l'expectoration se supprime, etc. Les

mëdicamento toniqaes produisent les mêmes effets dans le catarrhe polmonairey lorsque la phlogose de la membrane muqueuse des br<mcfaes est ardente , nouvelle.

Appareil urinaire.

État physiologifiue. L'influence des toniques sur les organes sécréteurs et exhalants n'est pas de nature à produire toujours une accélération soudaine dansTexercice de leurs fonctions. Fortifier le matériel de ces organes, ce n'est pas presser leurs mouvements; augmenter leur énergie, ce n'est pas les forcer de fournir un produit plus considérable. Aussi , après l'usage d'un médicament tonique , on ne voit pas ordinairement les évacuations humorales devenir plus abondantes. En développant le ton des appareils sécréteurs et des surfaces exhalantes , cet agent tend seulement à maintenir toutes les excrétions dans la mesure qui convient à la santé.

Les agents toniques n'ont pas d'influence bien marquée sur la sécrétion urinaire , lorsque le corps est dans l'état normal. Si l'on administre ces agents délayés où dissous dans une grande quantité d'eau, le liquide que l'on porte dans le Canal alimentaire passe dans le sang- et peut s'écouler par les reins. On rend alors une quantité d'urine proportionnée à la quantité de boisson que l'on a prise; mais cette évacuation est étrangère à l'opération de la partie médicamenteuse de la boisson.

Etats pathologiques. Les glandes rénales perdent souvent leur volume anatomique; elles deviennent plus petites, elles sont oligotrophices. Alors les médicaments toniques

•4'^ utolCAlIBNTS

agissent peu stir ces organes, ils n'ont jamais d'efiet diurétique bien marqué. Quand les reins sont dans la condition opposée, que leur sabstance a pris trop de développement, qu'ils sont dans un état ii hypertrophie^ il suffit souvent de leur faire sentir une impression fortifiante pour accroître le cours des urines. Les médicaments toniques ne manquent pas alors de faire uriner davantage, quand la disposition du malade ne s'y oppose pas.

L'espèce de dégénérescence blanchâtre avec augmentation de volume qu'éprouve le tissu des reins est aussi une condition organique dans laquelle les médicaments toniques ne favorisent pas la sécrétion des urines.

Les glandes rénales entrent souvent dans un état d'crritatioru Cette lésion existe quand les malades ne donnent qu'une petite quantité d'urine , et que ce liquide est rouge, chargé; quand il y a un sentiment de chaleur , de géoe dans les lombes. L'emploi de médicaments toniques dans cette disposition du corps exaspère la lésion des reins; leurs principes offensent ces organes , leut* impression peut supprimer tout- à -fait la sécrétion urinaire, peut rendre sanguinolente la petite quantité d'urine que les reins fourniront.

Dans les ulcérations des reins, quand il existe des calculs dans ces organes , les toniques ont parfois produit des effets inattendus. Ils ont calmé les douleurs , soulagé les malades.

Dans les leucophlegmaties , où il y a accumulation de sérosité dans le tissu cellulaire, les médicaments toniques excitent souvent une évacuation extraordinaire d'urine. Ces médicaments décident d'abord l'absorption de cette

sérosité; ils la font rentrer dans le torrent circulatoire : en même temps ces agents augmentent la vitalité des reins; et c'est par cette voie que s'écoule le liquide qui produisait rintumescencc séreuse de tout le corps.

Système cutané.

Et(U physiologique. L*action des toniques sur lapcau, en augmentant Ténergie de cette surface » soutient Texercice de sa fonction perspiratoire; mais cet effet ne constitue pas un produit sensible. Ces mêmes agents peuvent plus; en ajoutant au degré de vitalité du système dermoîde, ils peuvent déterminer l'épanouissement du réseau capillaire que recouvre Tépiderme» y appeler le sang, produire une exhalation abondante » une sueur considérable : ce phénomène , que Ton nonune diaphorèse » se montre souvent après l'emploi des toniques ; c'est alors qu'on leur donne le titre de diaphorétiques ou de sudorifiques. N'oublions pas toutefois que cet effet n'a ordinairement lieu que quand on prend ces médicaments en tisane et que l'on boit cette dernière chaude et en grande quantité. Alors le liquide que l'on introduit dans le corps fournit la matière de la sueur; mais l'impression des principes toniques sur la peau a sans doute une grande part à l'effet diaphorétique.

Etats patholof^iifues. Dans les divers états pathologiques oJi la peau peut se trouver, l'administration des toniques ne provoque pas les mêmes effets. Loin de favoriser la fonction perspiratoire, ces agents la suppriment dans les affections fébriles où la peau sèche , brûlante , est dans un état à^ irritation. L'emploi d'un tonique produit , au mo*

âSo MÈDlCilIBNTS

ment oit ses molécules se répandent avec le sang dans tous les tissas 9 un picotement » une démangeaison , une ardeur iasupportable sur la surface cutanée» lorsqu'elle est ac* tuellement le siège d'une éruption , d'une phlogose. Au contraire , cet agent peut rétablir l'exercice de la transpiration dans sa mesure naturelle» si une mollesse ou une oligotrophie du tissu cutané» une inertie de sa vitalité» rend celte fonction languisante. L'action des principes toniques sur les fibres delà peau fait cesser son relâchement» elle la remet dans sa condition normale. La peau était molle» comme flétrie » amincie» moins colorée» elle devient plus lisse» plus ferme» plus épaisse» plus rouge, plus vivante» plus sensible. C'est la faculté d'augmenter la vitalité du système cutané qui rend les toniques propres à combattre les sueurs affaiblissantes » passives » qu'entretiennent l'atonie des vaisseaux capillaires cutanés et la congestion sanguine permanente qui existe alors au-dessus du derme.

Appareil de l'innervation.

Etat physiologique. Si l'on veut prendre une idée exacte du pouvoir des médicaments toniques sur l'appareil de l'innervation» il faut porter successivement sa pensée sur l'encéphale » sur la moelle épinière et sur les plexus des nerfs ganglionaires. L'encéphale et la moelle épinière forment deux centres qui jouissent de l'admirable faculté de créer des principes de vie qu'ils répandent ensuite dans toutes les parties du corps» au moyen de leurs expansions filamenteuses. Les plexus nerveux produisent d'eux-mêmes des principes vivifiants ; ils les renouvellent par une action

TONlQliiiS. »)dl

spoDtauée à mesure qa ils s'échappent au-dehors. Ces plexus paraissent plus vivants dans la région épigastrique» mais ils n'ont pas de centre comparable à ceux que nous venons de citer.

Ces principes, qui portent la vie dans tous les tissus organiques» sans lesquels il n'y a ni chaleur ni mouvement dans l'économie animale , ne se forment pas d'après une mesure toujours égale. Cependant leur abondance donne la vigueur, l'énergie organique, comme leur décroissement fait arriver l'asthénie , la faiblesse. Il est donc bien important de déterminer les variations que peut éprouver l'acte vital qui les produit Voyons quelle influence les médicaments toniques peuvent avoir sur cet acte, çt par suite sur la puissance souveraine que l'appareil nerveux exerce sur les autres appareils du corps.

Si l'intégrité des hémisphères cérébraux suffit à Famé pour l'éXercIce des perceptions , de la mémoire, du jugement, de la violenté, et des autres facultés de l'intelligence , il est en même temps reconnu qu'il y a des conditions de la pulpe médullaire qui favorisent cet exercice, qui développent davantage ces nobles facultés. L'impression des molécules des médicaments toniques sur la substance cérébrale, l'ébranlement sympathique qu'elle ressent, lorsque ces médicaments attaquent la surface gastrique, donnenl aux hémisphères cérébraux cet état , cette attitude qui rend leurs fonctions plus faciles. Mpis cet effet des toniques sur le moral de l'homme restera peu perceptible, ne fournira pas un phénomène à noter.

L'encéphale remplit une autre fonction; il forme des principes vivifiants que les nerfs encéphaliques portent au

55s MÉDICAMENTS

dehors. Celte fonctioa n'a pas toujours le même degré d'activité y et Tinfluence do ces nerfs n'offre pas toujours un égale puissance. L'administration des toni<jues , sans augmenter d'une manière notable cette influence , la rendra plus régulière^ et cet effet pourra s'observer dans l'exercice plus libre , de la digestion • delà circulation , de la respiration» dans l'expression calme, heureuse, des yeux et de la physionomie, dans la force' des sens. L'opération des médicaments toniques sur la moelle épinière tend aussi à augmenter l'importance de ce centre de vitalité, à rendre plus abondants les principes que les ner& transmettent aux muscles soumis à ]a volonté. L'usage de ces agents accroît les forces musculaires, fait supporter sans peine de longs et fatigants travaux. Mais ce produit ne devient pas un effet manifeste que Ton saisisse facilement. Les toniques rendent plus forts , mais non pas plus agiles ; et cette plus grande force ne s'estime pas d'une manière précise. En développant la vie du centre vertébral, les médicaments toniques ont aussi de l'influence sur les organes intérieurs à cause des liens qui unissent tous les conducteurs de l'innervation.

Les plexus des neris ganglionaires reçoivent dès toniques un mouvement qui me paraît aussi réel que digne d'intérêt. L'impression directe que ces agents portent sur la surface gastrique , retentit dans tous les compartiments plexiformes de ces nerfs; elle met l'ensemble de cette division de l'appareil de l'innervation dans une condition nouvelle qui parait favoriser la formation des principes vivifiants dans leur tissu , et la diffusion de ces principes dans tous les viscères contenus dans la poitrine et dans

TOHIQUEft. 553

Tabdonien. Quand on se représente le réseau commun dont les plexus nerveux enyeloppent les organes de la digestion » de la circulation, de la respiration » etc. » on conçoit toute la puissance qu'exercent alors les agents toni* ques. La corrobation soudaine , durable» qu'ils opèrent, embrasse tous les instruments de la vie intérieure. Toujours cet effet rend les fonctions plus régulières, mais il ne devient pas un phénomkie saillant, facile à apprécier.

Etats pathologiffues. Chaque disposition morbide que prendra l'appareil de l'innenration , modifiera le pouvoir des toniques sur lui, donnera aux effets ordinaires de ces agents plus ou moins d'expression, et suscitera des phénomènes inattendus.

Il est certain que les effets des toniques seront moins marqués, moins évidents sur l'appareil qui nous occupe, lorsqu'il y aura oligotrophie du cerveau ou de ]a moelle épinière; qu'au contraire ces effets s'observeront mieux , offriront plus de saillie en quelque sorte, si ces deux centres de vitalité ont un volume relatif plus fort, s'ils sont dans un état d'hypertrophie.

Une mollesse morbide de la pulpe médullaire , un certain degré de malaxie émoussera aussi l'activité des molécules toniques , affaiblii^a leur pouvoir.

Si la pulpe médullaire des hémisphères cérébraux est dans un état d'irritation , c'est-à-dire, si elle est devenue plus rouge, plus chaude, que ses molécules soient animées d'une trop grande activité; il y a perversion desper* ceptions , des hallucinations optiques ou acoustiques, perturbation des facultés intellectuelles , une mobilité , une incohérence singulière des idées, etc. L'administration des

554 MàDlCAMBNTS

toniques augmente ce mode de lésion » eUe donne plus d'expression aux phénomènes dont nous VOTions de parler, elle en suscite de nouveaux» elle provoque des sortes d'accès.

Si Firritation occupe les parties du cerveau d'où xiaissent les nerfs encéphaliques , il y aura sur le cœur, les poumons» l'estomac, sur les orçanes des sens» sur les muscles de la %ure» une influence désordonnée, que les toniques rendraient encore plus forte» plus p^-tor batrîce*

L'irritation peut aussi s'établir sur la modle épinière. Elle peut envahir en totalité la pulpe médullaire du prolongement rachidien , ou se borner à une zone plos ou moins lai^ de son élendue. Toujours cette pulpe plus rouge , plus chaude » plus vivante, pousse par les cordons nerveux qui en partent une puissance anormale» déréglée» qui jette le trouble dans l'action des organes situés en avant de la colonne vertébrale et provoque des contractions involontaires» des secousses convulsives des musclés du cou » du tronc et des membres. Les médicaments toniques » donnés dans cette circonstance , reodraient tous les accidents plus prononcés. Dans les cérébrites partielles où il y a des hallucinations» des désordres musculaires» des tremblements» des contractures» des secousses de tout le corps et des membres , des aberrations des facultés m<H*ales » une insouciance singulière , etc.; les médicaments toniques ne font qu'augmenter un. peu ces phénomènes » mais parfois leur administration à des doses élevées , suscite des accès convulsifs » éptleptiformes.

Les myélites partielles avec des élanccmeaQts , des tirail-

TOlflQUBi. 555

lemeato , des sentimenU d'ardeur dans 1^ région affectée» des secousses » des roidèors » des contractures dans les membres qui lui sont inférieurs, du désordre dans l'éjection des urines et bien d'autres accidents selon le point du cordon spinal que la phlogose occupe » prennent plus d'activité, quand on prescrit un médicament tonique. Le malade souffre davantage; les accidents qu'il éprouvait augmentent*

Les médicaments toniques paraissent avoir peu de prise sur les méninges encéphaliques et rachidiennes , même lorsqu'elles sont dans un état de phlogose. Au moins dans des fièvres typhoïdes où l'existence de cette lésion n'est pas douteuse, l'administration du sulfate de quinine à des doses élevées ne cause aucune exaspération dans les symptômes qui se rapportent à l'encéphale et à la moelle épinière.

Quand Fencéphale est le siège d'une congestion sanguine , que l'afQuence du sang dans la pulpe cérébrale l'a tuméfiée, la tient comprimée contre les os du crâne, le sentiment est partout affaibli ou éteint;' les effets des médicaments toniques ne s'aperçoivent plus.

Les agents toniques n'augmentent pas les douleurs névralgiques. Après leur emploi les malades ne souffrent pas davantage, rien ne témoigne que leurs molécules agissent sur les cordons nerveux, même quand un travail de phlogose a exalté leur sensibilité.

Il serait téméraire de vouloir exposer les variations que l'état morbide des plexus nerveux du grand sympathique peut apporter dans l'effet ordinaire des médicaments toniques , avant d'avoir déterminé de combien de modes de

556 llàpiCAlIBNTS

lésions ces plexas sont smceptibles; avant d'ayoir reconnu en quoi consistent ces changements d'état qui appartiennec|t h l'ordre pathologique. Toujours nous avons la conviction que ces nerfs n'échappent pas à la puissance des toniques» lorsqu'elle embrasse tout le système animal, et que l'opération de ces agents est modifiée, dès que ces ner& sont actuellement dans une condition morbide.

Appareil des sensations^

État physiologique. L'impression que les agents toniques portent sur tous les tissus doit fortifier le matériel des instruments qui recueillent les sensations, doit les rendre plus aptes à exécuter leurs fonctions.

Etats pathologiques. On voit souvent des convalescents, des personnes dont la vue est affaiblie, dont Fouîe est devenue moins subtile, dont tous les sens paraissent moins fins, retrouver la plénitude de leurs facultés sensitives en faisant pendant quelque temps usage d'un médicament tonique. Les organes des sens avaient-ils éprouvé une altération dans leur volume , une sorte d^oligotrophie qui les rendait moins propres à l'exercice de leurs fonctions ? La substance de ces organes avait-«lle subi un certain degré de dégénérescence molle qui occasionaitleméme résultat?

Appareil musculaire.

Etat physiologique. Dans l'état naturel, les particules des substances toniques qui pénètrent avec le sang dans les muscles déterminent un resserrement des fibres de ces derniers ; elles leur donnent une plus grande force matérielle.

TONIQUES. ù&J

Ces modifications intestines ne sont pas perceptibles à la vue; peut-être pourrait-on trouver une preuve de leur existence dans Ténergie plus prononcée , plus soutenue , des contractions musculaires. Gomme c'est seulement sur la force des muscles que les toniques agissent , comme ils ne dëTcloppent pas davantage la feculté contractile de ces organes , il en résulte que l'emploi des médicaments qui nous occupent rend l'homme plus robuste sans lui donner plus d'agilité.

Etats pathologiques. Dans les maladies fébriles, les muscles sont dans une condition morbide. La pression des membres cause de la douleur, leur déplacement est accompagné d'un sentiment pénible; n'est- il pas évident que les muscles ont alors changé d'état? leur couleur est plus vive, leur température plus élevée , ils montrent une sensibilité morbide. Dans cette disposition acquise, les molécules des médicaments toniques ont beaucoup de prise sur les fibres musculaires. Après l'administration du quinquina ou d'une autre substance tonique, la courbature du malade augmente ; il éprouve des inquiétudes dans les membres , son agitation est plus grande; on observe des tiraillements dans les muscles , des crampes , etc.

Lorsqu'un muscle ou une masse de muscles sont le siège d'un travail phlegmasique , d'une ulcération, etc. , les toniques attaqueut plus fortement encore ces tissus musculaires , parce que leur sensibilité est exaltée. Les molécules de ces médicaments signalent leur abord sur la partie malade parla chaleur, par la douleur, par la tension , par les picotements qu'elles occasionent; la surface ulcérée devient plus rouge, elle s'irrite , etc.

Appareil gènitaL

Etat physiologiqae. Dans l'homme, les médicaments toniques animent davantage les organes qai préparent la liqueur séminale; leur usage excite des désirs yénériens plus vifs et plus fréquents. Ces agents peuvent opérer ce dernier effet chez la femme; mais il est pour elle une remarque plus importante » c'est le pouvoir des toniques sur Tutérus » et par suite sur la fonction menstruelle. En augmentant la vitalité de cet organe , ces agents peuvent déterminer une congestion sanguine sur lui , et devenir ainsi la cause d'une évacuation qui n'aurait pas ea lieu sans leur assistance. Aussi a-t-on attribué une propriété emménagogue aux substances que nous réunissons dans cette classe< 11 est bon de noter que ces mêmes agents sont employés pour modérer, pour arrêter la menstruation, lorsqu'elle se prolonge trop, qu'elle est trop forte; mais c'est qu'alors cet accident dépend de la laxité, de la mollesse du tissu utérin.

Etats pathologiques. Nous aurions peut-être pu trouver quelques remarques intéressantes dans l'étude de l'action des toniques sur l'appareil génital de l'homme et de la femme , considéré dans les diverses conditions pathologiques où il peut se trouver : mais nous avons craint de trop prolonger ces vues générales.

Considérations générales.

Revenons maintenant à dos considérations générales sur la médication tonique. Nous lui trouverons une cause

matérielle dans les molécules d'extractif, d'acide gallique, de tannin» dans les principes résinoïdes» acres, amers, alcalins» etc.» que Tabsorption a importés dans le système circulatoire» que le sang a répandus dans toutes les parties de la machine vivante » et que nous avons retrouvés à leur sortie du corps» dans les humeurs ex* crétéea.

Après Tusage d'un médicament tonique» les fibres vivantes se resserrent sur elles-mêmes» les tissus deviennent plus fermes et plus denses» les mouvements des appareils organiques montrent plus de force. On découvre cette augmentation d'énergie dans l'examen attentif des diverses fonctions; leur mode d'exercice atteste une corroboratîon qui embrasse tous les instruments de la vie » qui s'étend à tout le système : souvent même l'individu médicamenté a la conscience de ce développement de la tonicité dans toutes les parties de son corps» par le sentimei^t de vigueur et de bien-être qu'il éprouve.

Rappelons ici que les médicaments toniques ne changent pas l'ordre naturel des fonctions ; aussi les effets immédiats qu'ils provoquent sont-ils difficiles à démontrer sur l'individu actuellement soumis à leur influence. Ces agents ne stimulent pas les organes et ne les obligent pas à des mouvements plus prompts; ils n'accélèrent pas le cours du sang » ils n'augmentent pas la chaleur animale » ils ne forcent pas les sécrétions» les exhalations» etc.» conune les excitants. Ils ne donnent pas lieu à ces secousses que l'on remarque après l'emploi des émétiques. Leur faculté active n'est point perturbatrice comme celle des narcotiques. Plus amis des organes» les toniques ajoutent seu-

56o MàDICAVXNTS

lement il Ténei^e de ces derniersy.et lenr usage dans l*étât sain ou physiologique » loin de troubler les fonctions de la tie, en maintient ordinairement Texercice plus régulier et plus facile.

Lorsque Ton continue pendant quelque temps l'asage des toniques » ils acquièrent comme une nouvelle puissance. On ne remarque plus seulement les effets que provoque leur impression sur les organes ; d'autre résultats frappent bientôt Tattention de Tobservateur : ce sont ceux qui naissent de Factivité que les toniques donnent aux fonctions assimilatrices. Quinze jours à peine sont écoulés depuis que Ton emploie ces médicaments, et déjà il existe un état de pléthore très-prononcé; il survient des hémorrhagies actives; une foule de phénomènes qui tiennent au développement des forces dans tous les tissus organiques, et à la sivabondance du sang dans l'appareil circulatoire se manifestent. Les toniques , qui d*abord ne produisent que des effets peu sensibles, finissent donc par susciter des accidents quimettentbienen évidence toute leur puissance. Les personnes robustes, d'un tempérament sanguin, à qui on administre tous les jours un ou deux gros de quinquina en poudre , pour combattre une fièvre quotidienne , ne tardent pas ordinairement à se plaindre de céphalalgie. Les malades qui prennent habituellement un amer, le quassia, le houblon, la méniantbe, la saponaire, une préparation martiale , etc. , éprouvent bientôt de l'agitation la nuit, des chaleurs générales, des sueurs, du malaise, des saignements de nez ; une congestion se forme sur les vaisseaux hémorrhoïdaux : l'apparition des règles a lieu hors de leur temps , souvent même une véritable fièvre

TOHIQVE8. 56 1

s^éuUit. La saqiension du remède el une boisson émoiliente font cesser ces accidents.

En étudiant les modifications qœ les agents qui nous occupent apportent dans Texerdce de chacune des fonctions de la Tie, en réunissant tous les changements qu'ils proToquent dans l'état et dans l'action des dirers appareils organiques, on parvient à apprécier comme il convient le pouvoir des toniques sur le corps vivant » soit en santé, soit en maladie. Quand on rencontre , dans un ouvrage de médecine , la locution propriété tonique , l'esprit est loin d'en saisir d'abord toute la valeur; il ne se fait pas un tableau exact, complet, de tout ce que peut opérer cette propriété. Mais en observant l'influence des agents qui la possèdent sur les organes, on voit son effet, ou plutôt sa médication^ s'agrandir en quelque sorte et acquérir de l'importance; on voit que les changements qu'elle produit se lient «itre eux, que par là ils deviennent féconds, et donnent lieu à des résultats nouveaux. La digestion est plus parfaite, les selles moins abondantes; les forces digestives auront donc extrait tous les principes noarriciers contenus dans la matière alimentaire ; mais en même temps nous trouverons plus d'énergie dans la circulation, plus de régularité dans le^xcrétions, plus d'activité dans la nutrition; aussi le corps offrira-t-il en peu de temps tous les signes d'un grand fonds de force et de vie.

De plus , en adoptant la méthode que nous proposons, on fait rentrer dans la médication tonique des phénomènes qui en sont de simples éléments, de véritables symptômes. Que les toniques provoquent la menstruation, qu'ils établissent la sueur, qu'ik fassent couler les urines ou qu'ils T. I. 36

56)K 1IÈD1CA.MEHTS

augmentent TexpectoratioQ* nom ne verrons toujours dans ces effets qu'un produit de Timpression que le médicament tonique a faite sur Futérus, sur la peau, sur les rans ou sur les. poumons; nous n'admettrons pas» dans ces agents» une faculté spéciale que » sous les noms de faculté emménagogue» diaphorétique, diurétique ou ^cpectorante» nous regarderions cooune cause de ces évacuatioDs. La vertu tonique est la source unique d'où précèdent tous ces phénomènes; son exercice sur les organes dont nous venons de parler suffit pour les expliquer.

Section IV. De l'emploi thérapeutique des toniques,

La nature de l'impression que les toniques font sur les tissus vivants» la connaissance des changements qu'ils provoquent dans les organes, comparés aux lésions pathogénèses que l'on veut combattre » aux accidents morbides auxquels on oppose ces médicaments» montreront s'il doit résulter quelque utilité de leur administration , ou si » an contraire» il y a quelque danger à s'en servir.

Trois choses occuperont ensuite celui qui a résida de recourir à un médicament tonique dans le traitemmt d'une maladie, i*. Le choix de la substaafiP natnrelte dont il se servira : toutes les productions que nous venons d'examiner possèdent la même vertu; mais les unes contien nent des principes acerbes : elles ont une actien styptique; on les nomme des tomques astringents. D'^aitres substances offrent des amers purs » elles font une impression plus douce» plus modérée. Les matières alcdloïdes atta-^ quent très- vivement les tissus vivants. Dans l'usage naé-

iiical des toniqueis, il faut toujours savoir prendre les productions qui conyiennent à Tespèce de lésicm que l'on reuit enleyer. a*. La dose que Ton emploiera du remède auquel on donne la préférence est importante h régler ; rétendue, l'intensité de Topera tion médicinale que Ton va provoquer est en général en rapport avec la quantité de médicament que Ton administre ; si le médecin prescrit une dose trop faible , et que l'opération qu'il en obtiendra ne soit pas proportionnée à la gravité, à l'importance de la maladie , elle restera insuffisante ou inhabile ; l'indication thérapeutique ne sdra pas remplie. 3^. Enfin» il est plusieurs ma&ières d'administrer un médicament. Si l'utilité de ce dernier dépend de l'action qu'il va exercer sur l'estomac et sur les intestins » il faut éviter tout ce qui pourrait énerver son impression première ; on devra alors faire prendre lé médicament seul, pur. et en donner à la fois une dose assez élevée pour que cette impression ait la force et la durée qui doivent la rendre salutaire. Si, au contraire, c*est par l'absorption de ses molécules qu'un agpnt médicinal doit devenir curatif , on a intérêt h ménager la surface gastro-intestinale, puisqu'il suffit de s'assurer que les molécules médicamenteuses ont pénétré dans Id système animal : alors on peut séparer la Qomposition pharmaceutique en plusieurs prises, mettre quelque distance entre chacune d'elles, associer même aux ingrédients médicinaux des corps mucilagineux, huileux, ou autres, qui leur servent de correctifs. Négliger la manière dont un médicament doit être employé , c'est s'exposer à manquer complètement son objet. La même substance qui a été infructueuse sous les yeux d'un médecin devient,

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entre les mains d'un antre, un secours efficace, parce qti^il a soigné son administration et qu'il a pris les précautions convenables pour que son opération physiologique ait le degré d'étendue , de force qui doit la rendre curative ou médicinale.

Nous devons maintenant passer eu revue les maladies qui affligent l'honmie , pour décider celles dans lesquelles les toniques peuvent être de quelque utilité.

Maladies de l'appareil digestif,

On a beaucoup vanté les toniques dans les affections de l'appareil digestif. Les auteurs recommandent les substances dans lesquelles nous avons reconnu l'existeace d'une vertu tonique contre l'anorexie , l'apepsie , la dyspepsie, les aigreurs, etc. On s'en est aussi servi pour calmer les nausées, les vomissements. L'efficacité des toniques dans ces affections parut si bien établie aux médecins anciens, qu'ils créèrent une expression particulière pour désigner leur utilité dans les maladies de l'estomac; les médicaments toniques , ont-ik dit , sont de puissants stomachiques.

Le thérapeutiste ne se contentera pas d^apercevoir la forme de la maladie, il voudra en connattre le fond; il observera avec soin de quelle nature est la lésion qui trouble l'action naturelle de l'estomac et des intestins, qui vicie l'exercice de leurs fonctions; il cherchera dans l'état actuel de ces viscères la cause de l'inappétence du malade, de la difficulté de ses digestions, de leur perversion , des accidents qui se manifestent pendant la chymification, des

coliques, des flatuosités» du dévoiemeut, des vomissements» etc. Il concevra Tutilité des médicaments toniques si les tmiiq^s de l'estomac et des intestins sont dans un état de mollesse , de ramollissement» ou si, mal restaurées, elles ont perdu de leur volume, elles sont amincies, oligotrophiées.

Les médicaments de cette classe obtiendront encore des succès lorsque les accidents dont nous venons de parler tiendront à ce que l'iaffuence nerveuse qui vivifie les tissus gastriques et intestinaux aura éprouvé un décroissement. L'opération de ces agents sur les nerfs mêmes de l'estomac pourra réveiller cette influence; leur action sur l'encéphale, sur la moelle épinière, sur le système des nerfs ganglionaires , lui donnera l'activité qui convient à l'exercice de la fonction digestive.

On s'étonne de voir les substances toniques si souvent conseillées par les auteurs de matière médicale contre la diarrhée et la dyssenterie, et de rencontrer si rarement dans la pratique des occasions où l'on puisse les administrer avec avantage. Maintenant que l'on regarde les évacuations de ces maladies comme des produits $ymptomatiques, et que l'on remonte toujours aux lésions qui lefs déterminent , on comprend bien la différence qui doit exister entre la pratique ancienne et la pratique actuelle. Si une phlogose récente, superficielle , bornée à la membrane muqueuse intestinale, cause des déjections répétées, l'action d'un médicament tonique astringent, en changeant brusquement l'état actuel de cette membrane , décide souvent son retour à l'état naturel; mais cet heureux résultat , né d'une opération perturbatrice , n'est pas cer-

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les médicaments toniques sont indiiiiiés » et quand leur emploi serait défavorable.

Les amers ont une grande réputation comme remèdes vermifuges ou anthelmintiques. L^action corroborante qu'ils exercent sur le système dzgestif change la disposition morbide des intestins» s'oppose an développement des vers , k leur séjour dans ces organes. Quelques substances amères ont de plus la faculté de faire périr ces animaux en agissant directement sur eux : il semble qu'elles aient pour ces êtres vivants une qualité vénéneuse 9 délétère. Si les voies alimentaires étaient dans un état d'irritation , si le malade ressentait de la chaleur» de la douleur dans l'abdomen» s*il rendait des déjections fétides , qu'il y eût de la soif» etc.» ce ne serait plus dans cette classe qu'il faudrait chercher des vermifuges : on préférerait les substances qui ont une propriété émolliente ou adoucissuite » avec la faculté de tuer les vers » comme les acidulés » l'huile dovce» celle do palma^-christi de pré- £&rence.

Maladies de l^appareil circulatoire»

Les médicaments toniques seront nuisibles quand il y aura péricardite , exocardite » cardite » endocardite » arté^ rite» phlébite. Dans tous les cas où il y a un trouble fébrile» où le pouls est vif» fréquent» où la peau est brûlante» ils sont également contraires.

. Ces médicaments conviennent quand les cavités du cœur ont éprouvé une dilatation» quand le tissu de ce viscère est plus mon , quand par un manque de nutrition il a perdu

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