AVIS. XIII
Les maUdies , comme on les conçoit encore aujourd'hui , offrent'^elies un fond solide , déterminé? sont-elles formées par de» éléments invariables? ont-elles une existence 6xée, close, arrêtée ? Plusieurs maladies qui portent le même nom sont-elles des choses semblables 9 identiques? Non; voilà pourqfioi un médicament qui a été administré avec un grand succès à un malade , ne fait plus de bien à un autre malade qui était cependant attaqué d*une affection que l'on jugeait ressembler à la première, et que l*on désignait par le même nom. Ces maladies, qui se rapprochaient par quelques points, diiféraieDt par tous les autras : il n*y avait pas identité entre elles, bien qu*on leur ait imposé up nom commun. En décomposant ces maladies, en comparant les malades par tous les pointa de leur organisation , on ne s'étonnera plus que les mêmes moyens curatifs n'aient pas produit des résultats semblables.
On voit où vont nous conduire ces réflexions. De ce qu'on m'annoncera qu'une substance médicinale aura été salutaire dans la pleurésie, dans l'épilepsie^ dans la manie, dans la paraljsie, dans la fièvre ataxique, etc., etc., que devrai -je en conclure ? Seulement j'apprendrai que le malade à qui on a administré cette substance avait la plèvre phlogosée, ou qu'il éprouvait des accès de convulsions avec peate subite de connaissance, du sentiment, ou que l'exercice de ses facultés intellectuelles était troublé , ou qu'il n'avait plus d'einpire sur les muscles soumis à la volonté, etc. , etc. Mais saurai-je en quel état se trouvaient les autres appareils organiques de son corps ? N'existait-il pas sur plusieurs de oes appareils des dis* positions morbides notables? Quelques-uns d'entre eux ne portaient-ils pas des lésions graves? Ces autres affections n'ont-elies pas une influence puissante sur l'issue de la maladie ù laquelle elles se trouvent associées, sur l'efiicacité èven-