‹ Traité élémentaire de matière médicaleChapitre 1 sur 40 · SUR CETTE DEUXIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

SUR CETTE DEUXIÈME ÉDITION

L’accueil favorable qu’a reçu la première édition de cct ouvrage imposait à l’auteur de grandes obligations. Il est loin de penser qu’il y ait satisfait dans celle qn’il offre aujourd’hui au public ; seulement il espère avoir prouvé, par ses efforts , qu’il connaissait l’étendue des devoirs qu’il avait à remplir.

Depuis quatre ans , des analyses nombreuses de substances médicinales ont été faites : on en trouvera les résultats dans cet ouvrage. Il est important que le médecin connaisse les matériaux chimiques des corps médicamenteux qu’il emploie : en pénétrant leur intérieur., on découvre les sources de leur puissance, on distingue le principe d’où elle procède, on voit si ce principe a des auxiliaires , s’il e.st uni à des matières qui lui servent de correùtifs , etc. Il est sorti depuis quatre ans des laboratoires de nos chimistes de nouveaux produits dont la thérapeutique s’est emparée : l’auteur fait connaître les recherches auxquelles il s’e.st livré sur les propriétés médi-

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cinales de la quinine , de la cinchonine , des sels que ces bases forment , du lupulin , de la morphine , de l’urée , etc. , etc. Il donne également des observations sur l’emploi du tartre stibié et du kermès minéral à hautes doses; des ouvertures cadavériques viennent éclairer le mode d’action de ces substances.

Dans l’examen général des effets que produisent les médicaments de chaque classe , au lieu de suivre l’ordre des fonctions, comme dans la première édition , l’auteur a préféré s’attacher aux appareils organiques. En mettant les agents médicinaux en rapport avec les tissus de nos organes, on saisit mieux l’impression que ressentent ces derniers , on découvre plus exactement les modifications qu’ils éprouvent dans leur condition actuelle et dans leurs mouvements.

Ici l’étude de l’opération des médicamenis se sépare en deux parties. D’abord on constate les effets qu’ils font naître sur les organes sains; puis on détermine les variations qu’apportent dans ces effets les divers états pathologiques dans lesquels ces mêmes organes peuvent se trouver. Ce sujet neuf offre des difficultés que l’auteur ne s’est: pas djssirriulées ; il réclame même, sous ce rapport, toute l’indulgence du lecteur: mais il est convaincu qu’avec de la persévérance on

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parviendra à les vaincre. Quel avantage alors de prévoir , par la lésion morbide qui existe , les phénomènes nouveaux qu’un médicament va provoquer, et ensuite de vérifier la nature de cette lésion par les symptômes insolites que les médicaments susciteront ! Alors la pharmacologie , consultée par le praticien, éclairera son diagnostic : les effets des substances médicinales deviendront pour lui un guide, en même temps qu’elles seront pour le malade un moyen de salut.

On trouvera dans cette édition un grand nombre d’observations qui servent à rendre plus saillants, plus sensibles, les effets des moyens pharmacologiques. C’est une manière bien sûre de faire connaître le pouvoir d’un médicament sur le corps vivant, que d’exposer jour par jour les symptômes , les phénomènes qui suivent son administration. Il est à désirer que ces observations se multiplient : elles donneront à la pharmacologie des principes fixes et solides.

Ce qui tient à la thérapeutique, dans cet ouvrage, a été refait en entier. On ne peut s occuper de l’application des agents médicinaux au traitement des maladies , sans adopter une distribution méthodique de ces dernières. Mais , il est impossible de le nier, l’édifice nosographique est ébranlé : en attendant qu’une

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main habile le rétablisse , il fallait sc tracer un plan. On trouvera dans cet ouvrage l’ordre que l’auteur suit dans le cours' de pathologie interne qu’il fait à l’école secondaire de médecine d’Arniens. 11 réunit par groupes les maladies de chaque, appareil organique: il s’attache aux organes qui composent un appareil, et il distingue, i“ toutes les lésions matérielles dont chacun d’qux est susceptible; 2“ les lésions vitales qu’ils peuvent éprouver. En étudiant les lésions do l’encéphale, de la moelle épinière, il a été conduit à reconnaître des affections nouvelles, la myélo-méningite, etc.; à prendre une opinion particulière des névroses , des maladies .spasmo^ diques, etc. L’auteurse propose d’exposer ailleurs les principes de pathologie et de thérapeutiqite dont il a fait l’application dans cet ouvrage.

La composition chimique de chaque production médicinale est aujourd’hui dévoilée ou lésera bientôt : on connaît assez, les effets que la plupart des médicaments produisent dans 1 économie animale ; avec le temps , on saura prévoir quel changement chaque affection d’un organe occasione dans l’opération de ces agents ; on est parvenu à déterminer quelles altérations pathologiques un grand nombre de nos médicaments savent combattre , à quel genre de lésion on peut avec confiance les opposer. Arrivée ;\ ce point.

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la matière médicale mériteva-t-elle encore les reproches qu’on lui a si long-temps adressés? Pourra -t- on encore dire d’elle avec Bichat « qu’elle n’est point une science pour un esprit ,) méthodique ; que c’est un ensemble informe » d’idées inexactes, d’observations souvent pué- )) riles, de moyens illusoires, de formules aussi )) bizarrement conçues que fastidieusement as- )) semblées , etc.? »

PRÉFACE

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