‹ Traité élémentaire de matière médicaleChapitre 34 sur 40 · GG · texte numérisé non relu

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chaleur de l’ébullilion dépouille celte planle du principe d’où elle tenait sa vertu stimulante; elle ne lui laisse que ses matériaux mucilagineux , albumineux et amilacés ; le cresson n’a plus alors qu’une faculté adoucissante ou émolliente , dont l’action s’accorde avec celle des autres ingrédients qui composent ces bouillons.

Les effets immédiats du cresson sont peu prononcés. Cette planle peut réveiller doucement l’activité de l’appareil gastrique ; mais son pouvoir sur les autres parties de l’économie animale sera plus obscur.

Pn vante l’usage du cresson dans les catarrhes chroniques. Celte plante a produit, si l’on en croit les auteurs , des miracles dans le traitement de ces affections qu’ils désignent sous le nom de phthisie. Il n’est pas rare de trouver des personnes qui , après une pleurésie, paraissent être dans le dernier degré de la phthisie. Il y a un épanchement séreux dans la plèvre ; de fausses membranes ont été formées. Le malade tousse, il rend des crachats purilbrmes , il est oppressé, il a souvent de la lièvre : cependant des résorptions salutaires» ont lieu; les poumons reprennent du développement, l’exercice de leurs fonctions se rétablit assez pour que la santé et les forces renaissent. Que le cresson et d’autres stimulants doux aient aidé ces opérations salutaires , il est permis de le croire; mais toujours cas moyens n’ont pas gnéri la phthisie. On regarde aussi le cresson de fontaine çomme une ressource bien précieuse dans le scorbut. Nous remarquerons que la manière dont on a usé de cette plante dans ces maladies nous oblige à y voir autre chose qu’un médicament.

DES M/iDlCAMENTS

ün la prenait en substance, elle devenait une partie de la nourriture. M. Peyrillie a vu un malade qui mangeait jusqu’à dix-sept bottes de cresson par jour. Or, en même temps que le principe volatil de cette plante stimule tous les organes, cl anime leur action naturelle, ses matériaux mucilagineux et amilacés se transforment en chyle , sont employés à la nutrition du corps. Le cresson devient alors un aliment médicamenteux. ^

Erysimcm. Erjsimi lieria. Erysimdm officinale. L. On se sert des tiges et des sommités de cette plante, qui se trouve dans tous les lieux incultes et surtout au bord des chemins. Ou la nomme vulgairement vélar, iortellc ou herbe aux chantres; elle est peu chargée du principe que recèlent toutes les espèces de crucifères. L’organe de l’odorat ne perçoit que faiblement les émanations qui s’en échappent. Elle a une saveur âcre. La vertu médicinale de l’érysimum est aussi débile que ses qualités sensibles. La thérapeutique ne peut attendre d’elle les changements organiques ni les avantages curatifs qu’elle a coutume d’obtenir de l’emploi des végétaux qui précèdent. *

On prépare avec l’infusion d’érysimum un sirop dont on conseille l’emploi quand on a l’intention de favoriser l’expulsion des mucosités qui se sécrètent dans les vésicules bronchiques. Cette plante est de plus un des principaux ingrédients du sirop d’érysimum, composé qui a eu une grande vogue dans les affections des organes de la voix. On le croyait propre à dissiper l’enrouement: on en conseillait l’usage aux chanteurs et aux chanteuses. L’induence stimulante très mo-

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clérée que ce composé exerce sur le larynx , en traversant Tarrière-bouche, ne peut-elle pas parfois tendre davantage les parties molles de cet organe, et faire acquérir à la voix plus de pureté ? Ne peut-il pas devenir le remède de la disposition morbide qui altère les sous, quand elle dépend du relâchement ? Cullen dit avoir vu le sirop de raifort, avalé 'avec lenteur, dissiper irès vite l’enrouement.

Graines de moutarde. Sinapios semina. Semences du siNAPis NiGRA. L. Plante annuelle qui croît spontanément dans les champs arides et pierreux. On la cultive dans plusieurs pays. Le principe des crucifères paraît, dans cette production , singulièrement âcre et pénétrant. Ce principe reste dans le marc lorsque l’on relire l’huile fixe de ces graines à l’aide de la pression.

M. Thibierge a retiré de l’analyse des graines de moutarde :

1“ Une huile douce, fixe, agréable, d’un jaune verdâtre , soluble dans l’alcohol et dans l’éther. Celle-ci s’obtient par la pression.

2“ Une autre huile que fournit la distillation de ces gtaines ; elle est d’un jaune doré, volatile , pesante , d’une saveur âcre et brûlante , soluble dans l’eau et dans le vin , et déposant du soufre. Cette huile, légèrement agitée^à l’air libre ,, répand une odeur très pénétrante dans l’appartement où se fait cette opération ; ses molécules irritent les yeux , et excitent un larmoiement considérable. Cette huile, appliquée sur la peau, produit presque aussitôt une chaleur vive, et ensuite un effet vésicant.

3° Une matière albumineuse végétale.

DKS »l/a'IOAMUNïS

(iy9.

4“ Uno grando qiianlilé de mucilage.

5° Du soiilVe.

()" De l’azole.

7“ Ces graines, incinérées, paraissent contenir du phosphate et du sulfate de chaux et un peu de silice.

L’eau distillée des graines qui nous occupent , est laiteuse, d’une saveur âcre et piquante , d’une odeur forte de moutarde. [Journal do pharmacie , t. 5, p. 4Ô9.)

On donne la moutarde en poudre à l’intérieur. Quand je me représente l’action de cette substance sur la surface cutanée , je m’étonne que l’on puisse meltre sans accident un gros et plus à la fois de la poudre de ces graines en contact avec la surface gastrique : car cette poudre pique vivement l’organe du goût. Cependant , loi'squ’un état de phlogose n’a pas exalté la susceptibilité de l’estomac , son administration ne paraît pas offenser ce viscère. On sait que la préparation que l’on sert sur nos tables sous le nom de mouta7'de se fait avec les graines qui nous occupent; on les écrase, on les arrose de vinaigre, et*on y ajoute divers ingrédients aromatiques. Eh bien ! nous voyons des personnes qui en prennent, à chaque repas, de deux gros à une demi-once; encore que la présence du vinaigre ait développé les propriétés, l’activité des principes de ces graines. Rappelons ici que la poudre de moutarde ne peut être gardée long-temps sans qu’elle éprouve une détérioration singulière; elle devient promj)tement vapide et sans vertu.

On peut communiquer, par le moyen de l’infusion.

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les propriétés des graines de moutarde à 1 eau , à la bière , au vin et à l’alcohol : elles entrent dans la composition du vin antiscorbutique. Mais il faut les écraser avant de les jeter dans ces excipients. M. Thibierge a expérimenté que ces graines ne leur cédaient pas leurs principes médicinaux quand elles étaient entières.

Prise en petites quantités, la poudre de ces graines éveille les forces gastriques : c’est l’effet que l’on voit tous les jours produire è la moutarde. En avivant la sensibilité de la surface gustative , elle fait paraître les aliments plus savoureux , elle augmente les jouissances de la table. Étendues dans la masse des aliments , les particules de la moutarde font sur l’estomac une impression stimulante , elles accélèrent l’exercice de la chymification : la moutarde est un stomachique- favorable pour ceux qui ont ce viscère affaibli , mais elle devient contraire aux personnes chez qui l’estomac est très irritable ou échauffé. Prise h plus fortes doses, la poudre de moutarde tourmente» davantage les voies alimentaires ; de plus les principes actifs qu’elle recèle pénètrent dans tout le système , et stimulent tous les organes : ces principes rendent le pouls plus vif, augmentent les sécrétions et les exhalations , irritent le tissu cérébral, celui des cordons nerveux et des muscles, et font naître le besoin de marcher; c’est de leur influence sur le cerveau que dépendent les phénomènes moraux observés par Murray , qui assure que la moutarde dispose è la gaieté, donne à la mémoire plus d’étendue , etc.

Quand on emploie la graine de moutarde dans son état naturel et sans l’avoir broyée , on remarque dans

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ses effels quelques modifications. Bergius en a souvent donné quatre à cinq cuillerées par jour : Je malade avait soin de ne pas boire aussitôt après l’ingestion de cette matière médicinale. Cette graine ne produisait plus d’ardeur sensible dans les premières voies, mais elle lâchait doucement le ventre. C’était contre la fièvre intermittente que Bergius administrait la graine de moutarde d’après ce procédé. On remar^ quera que la graine entière et munie de son tégument peut être prise à très haute dose : si elle était écrasée , et que la surlâce gastrique se trouvât déjà irritée , son abord pourrait provoquer une phlegraasio violente et pernicieuse. Van Swieten rapporte qu’un homme , plein de force et à la fleur de l’âge , atteint d’une fièvre quarte, avala une grande quantité de semence de moutarde pulvérisée et délayée dans de l’esprit de genièvre : il se déclara une fièvre ardente qui l’enleva en trois jours. [Comment, in apkor. Bocrii., tom. II, p. 3o.) Dans les fièvres intermittentes rebelles, Bergius ajoutait la poudre de moutarde à celle de quinquina; dans ce mélange, la vertu tqnique de l’écorce péruvienne était fortifiée par la propriété stimulante de la graine qui nous occupe.

Un psage plus, singulier de la graine de moutarde , c’est celui qu’en a fait le docteur Callisen dans les fié-, vrea putrides. [Acta regj. <societat. medic. liafnicns., t, Ij, p.,564f) Il administrait, cette substance en poudre, seule oq .mêlée avec le quinquina, aussitôt qu’il se manifestait des symptômes fâcheux, la stupeur, la débilité,du pouls, un extrême abatteqicut, Un malade en a pris, jusqu’à un gros répété d’heure en heure.

EXCITANTS

Après la sixième prise , un Tcdoubloment cul lieu ; mais bientôt il se manifesta une sueur douce, des évacuations d’urine; la maladie jîerdit de sa violence, et bientôt la convalescence s’établit. Callisen se félicite beaucoup de la découverte de cette méthode, dont il exalte le mérite; il vit, en l’employant, la proportion de la mortalité diminuer dans les malades confiés à ses soins. Callisen avoue que quelquefois ce remède excitait le vomissement. . . .

Donnée à haute dose à des hydropiques , la graine de moutarde a suscité un mouvement salutaire dans tout le système ; elle a donné lieu à des évacuations copieuses d’urine , à des selles abondantes qui se sont montrées utiles , qui ont procuré du soulagement : dans quelques occasions , ce remède a pu occasioner une guérison au moins apparente.

La faculté qu’ont les crucifères d’attaquer la surface cutanée est très prononcée, et comme concentrée dans la graine de moutarde. La thérapeutique en fait un topique doué d’une violente activité, qu’elle emploie sous le nom de sinapisme. On prend la préparation que l’on appelle moutari/e, on la fait chaufier au bain-marie , ou , ce qui vaut mieux , on délaie avec du vinaigre bouillant la poudre récente des graines qui nous occupent; on étend ce mélange sur de la charpie, de l’étoupe ou du linge , et on l’applique sur la peau.

Si le calorique animé l’action de cet épispastique, il est à peine en contact avec l’organe cutané , qu’il l’irrite , le pique, l’échaufle, et cause bientôt une douleur insupportable : la peau devient d’un rouge vif, elle est sensible au toucher; son tissu gonfle; la chaleur se

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développe dans la partie autour de laquelle on place le sinapisme; il s’y établit un point de fluxion vers lequel convergent tous les mouvements de la vie; souvent on aperçoit , le lendemain , des vessies sur la surface rubéfiée.

Appliquée sur les pieds, la moutarde est une ressource inestimable quand le principe de la goutte s’est fixé sur un des organes qui causent la mort, quand leur action s’interrompt. On rappelle à la vie par ce topique irritant des malades qui semblent près d’expirer; c’est alors un secours thérapeutique qu’aucun remède interne ne peut remplacer. On s’en sert avec un égal succès pour détruire , par une attraction révulsive, les spasmes , les pleclo-neurites qui s établissent sur le cœur, les.poumons , le diaphragme , l’estomac , etc. On les met en usage dans les assoupissements , dans l apoplexie , etc. , lorsqu’il existe une congestion vers la tête. Le praticien qui veut un eflet prompt préfère le sinapisme au vésicatoire; le premier agite aussi le système artériel moins long-temps que le dernier.

On prépare encore des bains de pieds sinapisés , en délayant la poudre de moutarde ou la préparation qui porte ce nom dans de l’eau bien chaude. Le séjour des pieds dans ce liquide produit un gonflement de CCS parties , rougit fortement la peau : c’est un moyen révulsif dont la thérapeutique tire un parti très utile.

Avant de quitter la famille des crucifères, nous devons ajouter que l’on regarde comme des remèdes ellicaces , dans les maladies du système pulmonaire , le suc du navet, brassica napcs, L. , celui du chou rouge, variété du bbassica olebacea , L. , que Ion

excitants. 'vy

épaissit avec le sucre ou le miel. La décocUon de ces substances, celle de radis, de raves, baphancs sa- Tivts , L. , les bouillons de veau , de poulet , de grenouilles, auxquels on ajoute ces productions , ont été' conseillés dans les affections de la poitrine.

Si l’on cherchait dans les navets , les raves , les radis et les feuilles de chou rouge des agents stimulants qui^ pussent servir dans le traitement des catarrhes chroniques , de l’asthme , des toux humides , il ne faudrait pas prendre ces substances à l’état où elles se trouvent quand on les apporte dans nos cuisines : les qualités médicinales ont été sax;riÇées,aux qualités alimentaires dans ces plantes potagères ; ensuite l’ébullition dissipe la petite proportion de principes médicinaux qu elles possèdent. La décoction qu’elles fournissent , les bouillons dans lesquels on les a mises , ne contiennent que leurs matériaux mucilagineux. Ces composés n’ont qu’une vertu adoucissante ou émolliente : aussi sont-ils tous les jours conseillés avec succès , seuls ou coupés avec le lait , dans la période d’irritation des rhumes , des catarrhes , dans les toux sèches , dans les maux de gorge fluxionnaires , etc.

Famille des géraniées.

Capucine. Tropæolum majus, L. Plante originaire du Pérou et du Mexique, où elle est vivace. Dans nos climats elle est annuelle, mais lorsqu'elle porte une fleur double , qu’elle ne donne pas de fruits et qu’on la garantit du froid , elle reste vivace.

Nous notons ici cette plante , pareequ’eUe a une saveur âcre et piquante analogue à celle des crucifères.

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On emploie comipo assaisoiinemcnls scs fleurs cl ses iruils que 1 on fait confire dons le vinaigre. M. Braconnotde Nancy a trouvé dans la capucine une assez grande^ quantité de phosphore, et de phosphate de chaux et de potasse. ;j

^jLa capucine a une vertu stimulante ; elle pourrait fournirà la thérapeutique des agents doués d’une elllcacité réelle.

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