‹ Traité élémentaire de matière médicaleChapitre 33 sur 40 · II · texte numérisé non relu

II

Du baume.

Cette substance se forme dans les filières d’nn grand nombre de plantes. Elle est abondante dans les arbres qui habitent les régions équinoxiales ; il est facile 'de l’extraire de ces derniers, et d’en obtenir une quantité notable. Le baume du Pérou, celui de Tolu, le benjoin, etc. , appartiennent au genre de produits végétaux dont nous nous occupons ici.

Le baume n’olfre pas une nature simple; l’analyse chimique montre dans sa composition de la résine, de l’acide benzoïque et de l’huile essentielle : c’est même la présence de l’acide benzoïque qui caractérise leLaume , et qui le distingue des corps résineux et des corps gommo-résineux. 'o

Les baumes ne sont solubles qu’en partie dans l’eau; ils se dissolvent facilement dans l’alcohol et dans l’éther. Les alcalis agissent sur eux comme sur les résines. Lorsqu’on chauffe les baumes , qu’on les met bouillir dans l’eau, ou digérer dans les acides ,?‘ils fournissent une certaine quantité d’acide benzoïque.

En contact avec une partie vivante, le baume aiguillonne sou tissu , développe sa vitalité , accélère ses mouvements organiques. Il possède donc une force agissante du même caractère que colle des agents ex-

m:s mi'.üicameints

cilanLs ; il contribue sans doute à créer cetic force médicinale dans les plantes où noiis le trouvons.

L’acide benzoïque pur, qui , mis sur la langue , donne une saveur piquante et un peu amère , exerce aussi une impression stimulante sur les tissus organiques. Son mode d’action s’accorde bien , par son caractère , avec celui des autres principes auxquels il se trouve allié dans les composés végétaux.

Du camphre.

Nous notons ici le camphre comme un des principes immédiats d’un grand nombre de productions végétales excitantes. L’huile volatile des labiées , de plusieurs corymbifères , en contient une proportion assez forte : on sait qu’il est très abondant dans les plantes de la famille des laurinées. Le camphre paraît insoluble dans l’eau ; cependant ce liquide en prend l’odeur. L’alcohol et les huiles essentielles ont beaucoup d’affinité avec lui.

Mêlé aux autres principes des plantes dans lesquelles il se trouve pour une petite proportion , le camphre concourt sans doute à produire les effets excitants qui suivent l’administration des médicaments que l’on (m forme. Mais quand on le donne seul et à une dose un peu élevée, l’expérience prouve qu’il agit puissamment'sur l’appareil encéphalique, qu’il modifie son état actuel , qu’il suscite des phénomènes singuliers , et qu’en même temps il attaque fortement les voies digestives. Nous nous croyons obligés de séparer cette substance médicinale de la classe des agents excitants , et de la porter provisoirement dans la dernière.

excitants.

Préparations pharmaceutiques excitantes.

Les subslauces végétales que nous allons réunir

dans celle classe revêlent, dans les pharmacies, un

«rand nombre de formes dilTérenles : elles se donnenl c ^

en poudre, en élecluaire, en pilules. On charge Iréqnemmenl l’eau de leurs matériaux médicinaux. On suit divers procédés pour préparer les infusions excilanles : on peut mettre la matière végétale macérer, pendant qnclque temps , dans l’eau à une température modérée ; ou peut aussi verser le liquide bouillant sur cette matière dans un vase que l’on ferme aussitôt. On se contente souvent de jeter la production médicinale dans le pot où l’eau bout, on retire ce dernier du feu cl on le couvre avec soin.

Les propriétés chimiques des principes auxquels est attachée la force excitante, ne permettent pas de préparer des décoctions avec les substances que nous réunissons dans cette classe. Leur ébullition dans l’eau occasionerait la dissipation de l’huile essentielle et des autres matériaux volatils qu’elles recèlent. Quelques productions dont la puissance médicinale émane de matières plus fixes , comme le gaïae , servent cependant à composer des décoctions ; mais les plantes labiées, ombellifères, crucifères, corymbifères , etc. , ne peuvent soutenir que l’infusion : l’action prolongée de l’eau bouillante altérerait leur constitution intime , dénaturerait le caracJ,ère de leur vertu. Il est même possible, en se servant allernalivemenl de l’infusion et de la décoction , de tirer deux composés très difl’érenls d’une même plante. Il suffit pour cela qu’elle soit amère et

I)liS MlioICAMENTS

aromaliquc. Par le premier procédé, l’eau se chargera de sa partie volatile : elle acquerra une faculté stimulante. La décoction , au contraire , provoquera la dissipation des éléments volatils, et conservera la matière extractive , le tannin , etc. : cette préparation exercera surtout une action tonique.

Les eaux distillées des plantes aromatiques contiennent de l’huile essentielle ; elles font une impression stimulante sur les tissus organiques : mais leur activité reste toujours faible, et ces préparations pharmaceutiques ne sont guère que des véhicules destinés à recevoir des agents plus énergiques, commeon le voit dans la confection des potions, des juleps. Toutefois les eaux distillées de cannelle, de menthe, d’hyssope, de fleurs d’oranger, etc. , ont par elles-mêmes une force médicinale que l’on ne doit pas dédaigner, et qui, très souvent, rend d’importants services à la thérapeutique ’.

’ Nous n’avons pas parlé des eaux distillées des plantes toniques, de petite centaurée, dechardon-bénit, de quintefeuille, de fumeterre, etc. , nous ne prétendons pas pour cela que ces eaux ne recèlent aucun principe fourni par ces plantes, et qu’elles ne diffèrent pas de l’eau ordinaire. Mais nous observerons qu’il ne suffit pas qu’un principe existe dans un composé pharmaceutique, et qu’on puisse en démontrer l’existence, pour que sa présence intéresse le médecin ; il faut que ce principe ait la faculté d’agir sur les tissus vivants, de changer leur état actuel; il faut de plus que le composé recèle une proportion assez forte de ce principe pour que ses effets puissent servir à réprimer des mouvements morbifiques, ù combattre des affections pathologi-

1ÎXCITANT8.

Les sucs dépurés des plantes excitantes présentent des moyens dont l’art de guérir a souvent eu l’occasion de constater l’énergie. Nous citerons ceux des végétaux de la famille des crucifères , du cresson , du cochléaria , de la racine de raifort sauvage , etc. , que l’on dépure en les mettant filtrer à travers un papier gris.

On convertit en sirops les infusions , les décoctions, les eaux distillées , les sucs dépurés des productions végétales douées d’une vertu excitante : on ne fait alors que donner à ces préparations pharmaceutiques de la consistance, en y ajoutant une suffisante quantité de sucre. Ce changement de forme n’a rien ajouté à leur valeur médicinale; la matière sucrée tend plutôt à gêner, dans leur action sur les organes vivants , les molécules dépositaires de la force stimulante; quand ces dernières sont animées d une activité violente , le corps sucré devient un correctif utile.

Les extraits des.plantes excitantes sont moins renommés que ceux des plantes toniques ; c est que le procédé à l’aide duquel on obtient ce genre de médicaments n’est pas favorable aux ingrédients médicinaux qui recèlent des matières volatiles. La chaleur h laquelle on les soumet dissipe en partie ces dernières ,

ques. Comme les matériaux auxquels est attachée la puissance tonique , le tannin , l’acide gallique, les matières extractives, amères, résinoïdes, alcalines, etc., sont fixes, que ces matériaux ne s’élèvent pas dans la distillation , les eaux distillées des plantes toniques ne peuvent posséder la puissance de ces plantes.

DES MimCAMENTS

cl souvent le composé de consislancc cxlraclivc que l’on relire d’une substance aromatique , au lieu de la propriété stimulante que celle-ci avait, montre une propriété tonique. Les principes d’où émanait la vertu excitante sont évaporés, il ne reste dans l’extrait que les principes fixes , qui , rapprochés , concentrés, s’aperçoivent mieux , deviennent plus sensibles: les plantes labiées , qui ont une saveur chaude et piquante , fournissent un extrait qui a de l’amertume.

Le vin, l’alcohol , servent aussi à dépouiller les productions végétales excitantes des principes actifs qu’elles contiennent, et, par suite, de la force médicinale dont elles jouissent. Mais ces excipients ont par eux-mêmes un pouvoir très étendu, très remarquable ; quand ils se sont emparés de la vertu des ingrédients excitants , ou croirait encore qu’ils ont seulement augmenté, agrandi leur propre puissance. Cependant les ingrédients excitants modifient l’opération de l’excipient vineux ou alcoholique, et, dans le traitement des maladies, leur influence sert à remplir une foule d’indications pour lesquelles le vin ou l’alcohol pur serait inutile et inefficace. Quoi qu’il en soit, comme ces liquides déterminent un mode particulier de médication , nous en avons formé la classe suivante , où , sous le titre de difTusib.les, nous examinerons les teintures et les alcoholals ou alcohols distillés.

Famille naturelle des plantes lahiees.

Les plantes de celte famille sont renommées en botanique par la ressemblance de leurs formes exlérieurcs : leur composition intime présente une analogie

KXCITAKTS.

5gi

qui n’esl pas moins remarquable. Tonies les parties de ces plantes sont recouvertes de glandes vésiculaires remplies d’huile volatile : ces glandes se rompent spontanément, ou par les frottements qu’elles éprouvent; alors l’huile qu’elles recèlent se répand dans l’air et donne à ce fluide une qualité aromatique. Si 1 air contient de l’eau à l’état de vapeur ou de liberté, les molécules de l’huile volatile s’unissent aux molécules aqueuses : à l’aide de ce véhicule , elles se maintiennent en suspension dans l’atmosphère , se répandent souvent à de grandes distances , et se trouvent de plus dans une condition favorable pour s’appliquer sur l’organe de l’odorat; de là vient que le parfum des fleurs de nos parterres est plus sensible le soir qu’au milieu de la journée.

La sécrétion de cette huile volatile se fait avec tme grande activité quand l’air atmosphérique a une constitution sèche et dans les grandes chaleurs; celte sécrétion se ralentit et diminue dans les temps humides , et surtout quand la température de l'air baisse. L’huile volatile est plus abondante dans les plantes labiées des pays méridionaux , elle y paraît aussi plus élaborée, plus parfaite que dans les nôtres. C’est un fait bien constaté, que non seulement les mêmes productions végétales contiennent plus d’arôme dans les régions que le soleil inonde de calorique et de lumière , mais qu’en même temps cet arôme est plus délicat, plus fini que dans nos végétaux indigènes. Les plantes labiées contiennent aussi un principe résineux: on trouve dans quelques unes une matière extractive amère. Nous avons déjà dit que l’on retirait du camphre <le leur

DES MimCAMENTS

huile essentielle; il suffit, pour cela, d’exposer celle huilé en plein air, à une tempéraluro capable de la volatiliser; on voit le camphre , qu’elle tenait en dissolution , se crislallisér. [Proust, Annales do chimie.)

Nous ferons ici une remarque qui ne sera pas sans intérêt : c’eSt que la dessiccation des plantes labiées , quand elle est bien conduite, n’altère pas les principes chimiques de ces végétaux , ne diminue pas leur valeur pharmacologique: ces plantes perdent seulement leur humidité. Un poids ou un volume d’une labiée sèche produira plus d’effet que la quantité de la même piaule fraîche , dont ce poids ou ce volume est le produit. L’énergie médicinale de ces végétaux paraît donc se développer par la dessiccation.

Les plantes labiées exercent une vive impression sur toutes les parties vivantes qu’elles touchent; la plupart d’entre elles font rougir la peau lorsqu’on les lient pendant quelque temps appliquées sur sa surface. Leur qualité aromatique n’est que le produit de l’action de leurs principes volatils sur l’organe de l’odorat. La potidt-e de ces plantes , portée sur cet organe , provoque un effet sternutaloire , elle opère en même temps une excitation de la surface olfactive, qui se propage au cerveau , cause un développement instantané de la vitalité de l’appareil cérébral, et, par suite, semble augmenter les facultés physiques et surtout morales. Il est des labiées qui donnent une saveur piquante; elles échauffent, elles irritent même légèrement rinlérieur de la bouche; celle sensation vive, mais momentanée, loin d’être désagréable, a quelque chose de flatteur : d’autres ont une amertume

KXCITANTS.

assez intense. C’est dans les premières que nous trouvons, en quelque sorte^ dans un état de pureté , la faculté excitante : les eflèls phy.s^ologiques que l’usage de ces plantes détermine dans l’économie animale ofl'rerit le type de la médication qui caractérise les agents de cette classe. Les labiées amères ont une action moins simple: on retrouve quelque chose de la puissance touique dans les changements organiques qu’elles font naître.

Celles des plantes labiées qui donnent une saveur seulement piquante, et qui en même temps exhalent une odeur suave , sont admises dans nos cuisines. Elles servent à corriger la fadeur des malicres alimentaires , à assaisonner les mets que l’on sert sur nos tables; après avoir flatté le palais, elles vont stimuler l’estomac et réveiller les forces digestives.

Saxjgk. Salviæ folia. Salvia officixaus. L. On se sert par préférence de la variété S. off. minor, qui s’élève moins haut et dont les feuilles sont plus étroites. La sauge croît spontanément dans l’Europe méridionale; on la cultive dans les jardins. Cette plante se plaît dans les lieux secs et élevés : on remarque que celle qui a végété dans un .sol humide et ombragé recèle moins de principes médicinaux, a moins d’énergie, que celle qui vient d’un terrain aride. La sauge de nos jM’oviaces méridionales mérite la préférence sur celle que nous recueillons dans nos jardins.

Ca sauge a joui en médecine d’une grande célébrité ; son nom de salvus, saltui , indique assez la bonne opinion que l’on avait de ses vertus. On a cru que l’usage de cette plante pouvait prolonger la vie, garantir de '• 5>S

DES m/U)ICAMENTS

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loulc espèce (le inaladie. Dans leur enlhousiasmc , des auleurs l’ont proclamée une panacée universelle , un bienfait du ciel. Un examen attentif de sa constitution chimique et des effets immédiats qu’elle produit indiquera le rang qu’elle doit occuper parmi les inslru menis de la thérapeutique.

On SC sert des feuilles et des sommités de la sauge. L’analyse chimique découvre dans ces productions une grande quantité d’huile volatile, de couleur verte. Proust a trouvé dans cette huile les o, i aS de camphre. La sauge contient encore une petite proportion d’acide gallique et de matière extractive ; le sulfate de fer fait prendre à l’infusion aqueuse de cette plante une couleur noirâtre. L’eau, le vin, l’alcohol , peuvent servir pour la dépouiller de ses propriétés : on emploie le plus ordinairement le premier véhicule ; on met une ou deux pincées de cette plante pour deux livres d’eau, on en tire aussi une eau distillée.

La sauge a une odeur forte, pénétrante, une saveur chaude, piquante, légèrement amarescente. Les perceptions des organes du goût et de l’odorat décèlent dans cette production une propriété d’une nature stimulante. C’est aussi ce que prouvent les effets physiologiques que fait naître son usage. Aussitôt après l’administration de l’infusion aqueuse de la sauge, on éprouve un sentiment de chaleur ù la région épigastrique; ce composé réveille l’appétit, si l’estomac est vide; il facilite la digestion, accélère l’élaboration des aliments, si l’on vient de manger : il devient évident t[ue cette infusion a développé la vitalité de l’appareil gastrique. La puissance excitante de la sauge gagne les autres

EXCITANTS

purlies du corps lorsque Ton prcud une grande dose de celle boisson; ses molécules absorbées vont agir sur l’encéphale, sur le coeur, les poumons, la peau, etc. ; le pouls devient plus fréquent, la chaleur animale plus forte, la perspiration cutanée plus abondante, la vie cérébrale est augmentée; on observe même chez quelques individus unee.xcilationdu cerveau plus marquée; il survient des étourdissements, et d’autres phénomènes nerveux, etc. Ces produits organiques dépendent-ils seulement de l’huile volatile que contient la sauge ? d’autres principes qui entrent dans la composition de cette plante y ont-ils quelque part ?

La sauge, qui accélère le cours du sang, qui augmente 1 action exhalante de la peau, etc., lorsque le cœur, la surface cutanée sont dans leur condition naturelle, détermine des changements, des effets opposés lorsque ces organes se trouvent dans un état morbide. On a vu, dans quelques maladies, la sauge diminuer la fréquence du pouls. Van Swieten s’en est servi avec succès pour modérer et pour suspendre des sueurs affaiblissantes, excessives. Dans ces circonstances, la sauge n’a pu mettre en jeu que sa propriété slimulaulc, c est la disposition différente des organes et du corps soumis à son influence qui a amené l’opposition des résultats.

Lepharmacologiste, qui connaît l’impression que la sauge exerce sur les organes vivants, s’étonnera-t-il de la voir recommandée par les auteurs dans les débilités de 1 estomac, dans la lenteur des digestions, dans l’inappétence, dans les dyspepsies, dans quelques diarrhées, etc. ? üu verre do son infusion, pris avant ou après les repas,

DUS MllniCAMr.NTS

donne louitours plus d’act ivild aux forces digesUves. Ce remède sera favorable quand l’eslomac et les iulesUns ont éprouvé une altération malérielle, un rafiiollisscnieul, une oligotrophiede leurs tissus , qui nuit îi l’exercice de leurs fondions, ou quand une diminution de l’induence des nerfs sur l’appareil digestif, met ce dernier dans un état d’inertie. Lorsque l’on ajoute cette plante dans un ragoût, elle y laisse ses principes actifs ; CCS derniers arrivent avec la matière alimentaire dans la cavité stomacale, et leur action stimulante sur l’organe gastrique a une grande influence sur la conversion de cotte matière en chyle. Quand on a 1 intention d employer la sauge comme stomachique, on doit toujours SC représenter l’elfel immédiat qu elle suscitera, afin de ne pas s’en servir s’il existe actuellement de la chaleur, de l’irrilaliou dans les voies intestinales , si les organes digestifs ont trop de force matérielle , ou une vitalité trop développée. Nous trouvons ici une objection assez forte à opposer à ceux qui proposent à tous les individus l’usage journalier de cette plante. Quel avantage peut-il résulter, pour ceux dont les digestions sont régulières, de l’excitation passagère que l’on étend sur Toute la longueur du canal alimentaire chaque fois que l’on boit un verre d’infusion de sauge? Ajoutons qu il est bien des personnes qui ne pourraient supporter ces agressions réitérées sur les organes digestifs, sans que ces derniers ne perdent leur condition physiologique.

On se sert avec succès de la sauge à la fin des catarrhes, dans les toux humides, lorsque l’énergie cxpullrice des poumons est affaiblie, et que 1 expecto-

EXCITAM'S.

ration so fait dillicileiucnt. On regarde, cette plante couiine propre h provoquer 1 écoulement des règles, la faculté emménagogue de la Sauge émane de sa force e.xcilanlc ; pour que celte dernière décide une congestion menstruelle, il faut qu un défaut de vitalité dans l'or^'ane utérin soit la cause de 1 absence de I é~ vacuation périodique dont nous parlons.

Les auteurs de matière médicale conseillent l’usage de la sauge dans les vertiges , dans I assoupissement, dans les tremblements xles' membres, dans la paralysie, dans les suites de l’apoplexie et dans les menaces de celle terrible affection ; ils prescrivent, de trois heures en trais heures, une tasse- d’infusion de celle- plante. Ces' affections décèlent bien une lésion de l’encéphale on du prolongement rachidien ; mais pour juger si les remèdes que fournil la sauge peuvent alors opérer quelque bien, il faut pouvoir déterminer quelle est la nature de la lésion dont l’appareil cérébral est actuellement le siège. 11 est inutile de dire que la sauge restera . inhabile , inefficace, tontes les fois qu’il existera une lésion grave, comme un épanchement sanguin avec compression ou déchirement du tissu cérébral, un ramollissement ou une induration de ce tissu , elCij mais si une irritation momentanée de l’arachnoïde ou Mine congestion sanguine de l’encéphale a déterminé une exhalation plus forte dans cette membrane, cl qu’il reste seulement une accumulation de sérosité à la surface du cerveau ou dans la gaine vertébrale, peut-on dire que l’action stimulante de la sauge n’est pas une cause propre à en déterminer peu h peu la résorption, et par suite, capable de dissiper les accidents pathologiques

DES MÉDJC.VMENTS

dont nous avons d’abord parlé? Sans doute les médicaments tirés de la sauge sont des moyens secondaires; toutefois, dans un traitement méthodique, doiton les dédaigner? Trop confiants dans une vertu que l’on qualifie alors nervine ou céphalique, n’attendons pas d’elle des amendements qu’il ne lui est pas donné de procurer : injustes dans l’appréciation de la puissance médicinale de la sauge, ne la regardons pas non plus comme tout-à-fait inutile.

Les auteurs assurent que la sauge s’est montrée elficace dans quelques maladies chroniques avec infiltration cellulaire, bouffissure générale. On voit combien ces indications sont vagues; ce qu’il serait imporlanl de connaître, ce sont les lésions qui existaient lorsque la sauge a été un remède salutaire. M. le professeur Alibert donne avec succès, à l’hôpital Saint-Louis, le vin de sauge à des scorbutiques. On trouve la raison des avantages que cette plante procure alors dans l’impression stimulante qu’elle exerce sur tous les tissus ; impression bien propre 5 ranimer sur tous les points du corps la fonction absorbante et la fonction assi milatrice. N’oublions pas de plus que l’on lait, dans les afl’ections scorbutiques, un emploi prolongé du moyen médicinal dont nous parlons, et que son influence s’associe à celle d’autres secours thérapeutiques, et surtout à celle de la notirriture, dentelle favorise la di gestion.

On compose avec la sauge des collutoires et des gargarismes utiles dans lesaphlhes, dans les relâchements des gencives avec ulcérations, avec haleine fétide. On recommande le bain de sauge dans les débilités des

excitants.

luusclcs c|ui exécutent la locomotion, dans les cndutcissements du tissu cellulaire, qui attaquent les enfants : on a vu l’immersion du corps dans une décoction très chargée de cette plante causer un mouvement fébrile bien prononcé.

IfoMAïuN. Rosmarini liortensis lierba. Rosmabinus oFFiciNALis. L. Arbuste qui croît spontanément dans les provinces méridionales de la France, en Espagne, en Italie , dans l’Orient. Il se plaît dans les terrains secs et exposés au soleil ; il se multiplie surtout dans les contrées maritimes , et les émanations odoriférantes qu’il exhale se répandent souvent au loin sur la mer. On le cultive dans les contrées septentrionales de la France ; mais il souffre pendant l’hiver , si on ne le garantit des trop fortes gelées. Le romarin sauvage , pris dans les pays méridionaux , contient plus de principes médicinaux , a plus d’activité que celui qui végète dans nos jardins.

On emploie en médecine les feuilles et les sommités fleuries de cet arbuste. On en retire , à l’aide de la distillation , une grande quantité d’huile volatile incolore. Cette huile a fourni h M. Proust les 0,10 de son poids de camphre. Le romarin contient un principe résineux très peu abondant dont l’alcool s’empare. Le sulfate de fer fait prendre une couleur noirâtre à l’eau chargée des principes de cette plante. On administre ordinairement le romarin sous forme d’infusion ; on en fait une eau distillée. Si l’on soumet à la distillation de l’alcool sur les fleurs de ce végétal , on obtient Veau de la reine d’Hongrie. Il est remarquable que les pétales sont à peine sapides et odorants,

Goo DliS MÉDICAMENTS

et que les propriétés des fleurs de cet arbuste résident principalement dans leurs calices.

Le romarin l'ail une impression très prononcée sur l’organe de l’odorat; il produit, dans l’inlérieui de la bouche, un sentiment de chaleur, d’é'crélè, mêlé à une légère aslric|ion. Administré en inl'usion dans l’eau, il donne lien è une excitation de l’estomac, dont on a la conscience par l’espèce de picotement que l’on ressent dans ce viscère. Cette plante aiguise en même temps l’appétit ou favorise la digestion , selon que l’on est à jeun ou que l’on vient de manger. Si l’on prend plusieurs lasses de cette infusion, les principes actifs que cette boisson portera dans les voies intestin nales pénétreront dans le torrent circulatoire; iis .se répandront partout , ils stimuleront tous lei; tissus vivants. Alors on verra naître des phénomènes qui attesteront que l’influence de ce médicament estdevenue générale ; le pouls sera plus fréquent , la température animale plus élevée , la perspiration cutanée plus abondante : l’aclivilé plus grande des organes des sens et des facultés morales révélera l’excitation de l’encéphale. A tous ces changements organiques on reconnaît le pouvoir des molécules de l’huile volatile du romarin sur les divers appareils qui constituent la machine vivante.

Les. auteurs recommandent l’infusion du romarin contre l’anorexie, contre les digestions lentes et pénibles, etc. : ce remède sera salutaire lorsque ces accidents seront la suite d’un ramollissement on d’un amincissement des tuniques de l’estomac et des intestins, ou encore d’une faiblesse vitale de ces organes. Ils

6oi

excitants.

conseillent aussi l’usage de. celle boisson dans les toux humides , quand l’expecloralion ,est difficile , pifrceque.le lissu pulmonaire a perdu son ton , sa force matérielle. Ce sont des préceptes qui ,sp déduisent tout iiaturelleinenl des.çffels physiologiques que ce remède suscite : la dpctrine pharmacologique aurait pu des dqimcr, sans que l’expérienco thérapeutique lui eût servi de, gui.de. ,

On conseille celte infusion comme ua apixiliaire des moyens plus directs pt plus puissan.ls que l’pn met on usage dans ,1e traitement des alTeclionS/Soporeuses , de la deffilité du système locomoteur , de l’affaiblissemenl des sens et surtout de la vue , de la diminutipn de la mémoire,, etc. L’influence stimulante que le romarin porte sur le cçfveau ,'sur le prolongement rachidien et sur les (tordons nerveux , ne doit pas être, regardée dans ces occasions avec, indiflérence. il .est bien des lésions , une accumulation de sérosité dans les enveloppes de ces parties , une tendance au ramollissement de leur lissu, une inerlie.dans l’action nutritive de CCS organes qui les conduit à l oligotrophie, etc. , que lexercice de l’opération excitante du romarin peut combattre avec. succès , peut même faire disparaître.

Dans la chlorose , le romarin fournil des secqurs (jue la thérapeutique ne dédaigne pas. En excitant le tissu de l’utérus, en éveillant sa vitalité, l’intusion de cette plante et l’huile essentielle (jui en provitiiU ont pu , comme l’assurent des auteurs , déterminer la formation de la congestion menstruelle et provoquer l’éruption des règles. Nous ne devons pas même nous

^*02 ni; S ji/'i)icAMi;.\rs

éloniicr (iiic la puissance stiiniilanle de ces agents ait lail paraître celle évacuation hors de son temps , en agitant le sang , en le poussant avec force vers la matrice.

Quand on donne les composés pharmaceutiques du romarin à des doses un peu élevées, et qu’on en continue l’usage pendant plusieurs jours , ils déterminent ordinairement un mouvement fébrile : quand le corps est dans une disposition pathologique , il faut calculer les suites de ce mouvement , prévoir les conséquences défavorables ou avantageuses qu’il peut avoir.

Le romarin, comme la sauge , s’applique en épi thème, en fomentations, sur les endroits où la vie paraît allaiblie , sur les jambes infiltrées des vieillards, etc.

Menthiî. On connaît sous ce nom , en pharmacie , plusieurs espèces du genre Mentha , M. Sylvestris, L , qui croît près des murs , dans les décombres; M. Ro- TUNDiFOLiA , L. , que l’on trouve aussi près des habi talions; M. Crispa , L. , qui est indigène de la Sibérie; M. Gentilis, L. , que l’on nomme le baume des jardins; M. PuLEGiuM , L. , qui vient dans les terrains humides; M. Arvensis , L. , que nous rencontrons dans les moissons. Toutes ces plantes sont vivaces : on cul livo les quatre premières espèces. Bien que les botanistes distinguent ces végétaux par des différences de formes qui sont très apparentes , bien que les organes du goût et de l’odorat démêlent entre eux quelques dissemblances , toutes les distances s’effacent quand on étudie le caractère de leur force active , que l’on observe leurs ell’cls , que l’on apprécie leurs vertus médicinales.

KXCITANTS.

Los mcnlli'cs l'oumisseiil beaucoup d’Iiuile volatile, do couleur jaune, dont on peut relirer du camphre. 11 existe aussi de la résine et nne matière extractive dans leur composition , mais ces derniers principes y sont pour une proportion si petite qu’ils ne peuvent avoir qu’une laible part aux changements organiques que détermine l’usage de ces plantes. On donne la menthe en infusion dans l’eau; on convertit celte infusion en sirop dans les pharmacies : on emploie fréquemment l’eau distillée de menthe; quelques médecins font prendre ce végétal en poudre. Dans la quantité que l’on administre h la fois de ces diverses préparations, on ne voit guère que l’huile volatile qui puisse être considérée comme l’agent ou la cause de leurs effets immédiats.

Les diverses e.spèces de menthes que nous avons indiquées ont une odeur très forte; si l’on en mâche un peu, on éprouve une saveur piquante, chaude, avec une légère amertume. Lorsque, sa poudre ou l’eau chargée de ses principes actifs arrive dans l’estomac, elle fait sur la surface gastrique une impression stimulante. Les propriétés vitales s’exaltent momentanément sur celle surface : on ressent intérieurement une chaleur

qui est d’autant plus vive que l’estomac est plus sensible, plus irritable. L’observation journalière démontre que ces plantes ouvrent l’appétit, impriment une activité inaccoutumée à l’exercice des fonctions diges- [ tives, etc. : c’est à l’excitation dont nous parlons que l’on doit ces résultats. Si l’on prend une assez grande dose de menthe pour que ses principes actifs pénètrent dans le système animal, leur influence s’étend h tous les appareils organiques, et toutes les fonctions de la

DES MÉDICAMENTS

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vie aUestent leur pouvoir ; le pouls devient plus Iré quciil, la Icmpéralure animale plus développée; et pour peu que la chaleur extérieure, le séjour du lit, etc., aninienl la vitalité de la pciiu, l’exhalation cutanée devient très abondante. Aussi trouve- t-on les menthes sur la liste des substances auxquelles on accorde une vertu sudorifique. C’est l’action de ces plantes sur le cerveau que désignent les auteurs quand ils assurent que leur usage fortifie la mémoire, réjouit râme, etc.

Les menthes se montreront efficaces en thérapeutique , dans tous les cas où l’on aura besoin d’agents stimulants ; elles rempliront l’attente du praticien qui voudra développer les propriétés vitales des tissus organiques, augmenter l’activité de ces derniers, ou imprimer une marche plus rapide à l’exercice d’une fonction.

On se sert avec succès de ces plantes lorsque la faiblesse matérielle des tuniques de l’estomac et des intestins, ou une simple diminution de la vitalité de l’appareil gastrique, rend languissant et pénible l’acte qui prépare les matériaux de la nutrition, lorsque la substance alimentaire pénètre dans les intestins avant d’avoir été complètement convertie en chyme. Elle peut modérer les coliques qu’un trouble dans la digestion occasione ordinairement ; elle peut aussi suspendre une diarrhée qu’entretenait le défaut d’élaboration des matières nourricières que le malade prenait. Mais c’est toujours une impression excitante que la menthe fait sur l’estomac et éur le canal intestinal, et c’est de cette impression que procède sa vertu stomachique, sa vertu carminativc et les avantages qu’elle a pu procurer dans

excitants.

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le Irailement des coliques et de la diarrhée : c est assez dire que les moyens pharmaceutiques tirés de cette plante ne conviennent plus , qu ils donneraient lieu à de 'nouveaux accidents, si 1 on s en servait quand il y a de la chaleur, de l’irritation dans les voies digestives.

La menthe est recommandée comme un moyen dont l’expérience clinique a constaté 1 efficacité dans le vomissement. Si cet accident lient à une lésion morbide des tissus de l’estomac, h uüe dégénérescence cancéreuse, etc., celle plante sera inutile : mais on sait que le vomissement ne dépend pas toujours d une lésion de ce viscère, qu’il est souvent provoqué par des causes qui ont leur siège ailleurs que dans 1 estomac. Les lésions qui oecupent le cerveau occasionent fréquemment des, nausées et des vomissements répétés et pénibles , les affections de l’utérus et d’autres^ organes donnent aussi lieu, par sympathie, aux mêmes symptômes. Si l’infusion ou l’eau distillée de menthe réussit à suspendre le vomissement, il est probable que c’est en modifiant l’état actuel des nerfs de l’estomac, et en décidant par suite un changement soudain dans le mode d’influence que les nerfs cérébraux et ganglionalrcs exercent sur les organes qui effectuent ce phénomène.

Les auteurs de matière médicale accordent à cette plante une vertu emraénagogue. Nous trouvons encore ici un nouveau produit de sa force stimulante; car si l’usage de la menthe a provoqué les règles, c’est qu’un étal de débilité de tout le corps , ou du système utérin en particulier, s’opposait h la formation de la congestion menstruelle, ou que les efforts tentés par la na-

(jo6 DES MÉDICAMENTS

lure pour déterminer celte évacuation périodi(|iic étaient insuffisants. Que des praticiens aient vu la teinture de menthe, prise à une dose élevée, faire couler les règles avec Irop d’abondance, occasioncr une perle utérine, il n’y a là rien qui ne s’accorde bien avec la connaissance que nous avons des effets physiologiques de cette teinture : l’excitation qu’elle porte sur le tissu de la matrice, la commotion qu’elle détermine dans tout le système artériel, l’accélération qu’elle imprime au cours du sang, donnent une explication suffisante de l’effet qu’ou lui a vu produire.

On vante l’usage de la menthe dans la toux convulsive , dans l’asthme. Les avantages que celle plante peut alors procurer tiennent aux modifications que font éprouver à l’influence des nerls sur les poumons, sur le diaphra gme et sur les muscles de la poilrine, l’impression de la menthe sur les nerfs de la surface gastrique et celle de scs molécules sur le cerveau, sur la moelle épinière et sur les plexus du grand sympathique. La menthe s’est montrée salutaire lorsqu’il fallait rendre l’expectoration plus libre , plus facile, et que la débilité de l’appareil pulmonaire gênait , retardait celte évacuation.

On recommande aux nourrices l’usage de la menthe à l’époque où elles veulent arrêter la sécrétion du lait. Est-ce en excitant une exhalation plus abondante par la peau, en augmentant la somme de toutes les excrétions du corps, que celle plante détourne les matériaux qui se portaient aux mamelles, et diminue la formation du liquide dont nous parlons? On applique de plus la menthe sur les mamelles, lorsqu’elles s’en-

HXCITANTS.

gorgent; enlln on met des sachets remplis de. menthe pulvérisée sur la région épigastrique pour fortifier l’estomac.

Menthe poivrée , Mentha piperita. L. Celte plante croît spontanément en Angleterre; ou la cultive en France dans les jardins. Celte menthe contient une grande proportion d’huile volatile d’où l’on peut retirer du camphre : elle recèle une très petite quantité de principe astringent. On la donne en infusion. Son eau distillée est fréquemment usitée; on met macérer au bain-marie, dans cette eau, des sommités de menthe, et avec cette liqueur on fait un sirop. On , administre aussi cette plante en poudre. C’est avec son huile essentielle que l’on prépare les pastilles de menthe dont on fait une si grande consommation.

La menthe poivrée a une odeur très forte. Lorsqu’on la mâche , elle produit une saveur particulière : c’est d’abord une chaleur vive ; celle-ci recouvre la langue , le palais , elle s’étend h toute la cavité buccale, puis elle est brusquement remplacée par une sensation de froid , qui augmente si l’on ouvre la bouche et si l’on aspire l’air extérieur ; ce qui semblerait prouver qu’une prompte volatilisation est pour beaucoup dans cette sensation. C’est celle double impression successive de chaud et de froid qui rend les pastilles de menthe un objet d’agrément. Lorsque l’on en prend â la fois un trop grand nombre , elles échauffent l’estomac, et peuvent nuire aux personnes qui ont ce viscère très irritable. L’huile essentielle de menthe poivrée a beaucoup d’âcreté ; pure, 'elle cause une irritation brûlante sur les membranes muqueuses avec lesquelles

f)08 niîS MfcniCAMEJ^TS

on lamel en contact; mêlée au sucre, dans les pastilles, son activité est réprimée dans son excès ; mais elle retrouve sa puissance aussitôt que le sucre qui divisait ses molécules s’est dissous dans les liquides contenus dans l’estomac, et. elle peut alors faire du mal.

La menthe poivrée a plus d’énergie dans son action médicinale que les autres espèces de menthe. A doses égales , les changements organiques qu’elle fera naître auront plus d’intensité. Cependant sa force agissante a le même caractère : c’est une impression stimulante qu’elle fait sur les tissus vivants , c’est le même mode de médication qu’elle détermine, ce sont les mêmes services qu’elle rend è la thérapeutique, Comme on la met en usage dans les mêmes affections pathologiques, nous ne pourrions que répéter pour cette plante ce que nous avons dit pour les autres menthes.

Mélisse. Mclissæ citrinœ herba. Melissa offici- NALis. L. Plante vivace qui habite l’Italie , la Suisse, lès provinces méridionales de la France, et que l’on trouve aux environs de Paris. On la nomme aussi citronnelle , pareeque l’odeur qu’elle exhale rappellc celle du citron. On cultive cette plante dans les jardins.

La mélisse recèle une huile volatile blanche ; mais ce principe n’est pas aussi abondant dans celle plante que dans les autres labiées que nous venons d’examiner. La mélisse paraît contenir, pour une très pclile proportion , une matière extractive amarescenle. On emploie les feuilles, et les sommités, de cette plante; ou les administre en poudre et le plus ordinairement en infusion dans l’eau bouillante. On en compose une

l•xc^•A^Ts.

eau dlslîllée que l’on fait entrer dans les potions coinnie véhicule d’antres agents plus actifs. Cette piaule est la hase d’une composition fort usitée dans la médecine et dans la toilette , que l’on connaît sous les noms d’alcoholat de mélisse composé , d’eau spiritueusc de mélisse ou eau des carmes.

La mélisse a une odeur forte , une saveur chaude , piquante. Lorsqu’on l’administre à l’intérieur, elle fait naître les mêmes changements physiologiques que la sauge, le romarin , la menthe ; mais sa force agissante a moins d’étendue, et à dose égale elle donne à ces changements une intensité bien moins prononcée. Toutefois c’est la même impression qu’elle porte sur les tissus vivants. Son contact avec la surface gastrique accroît l’énergie des forces digestives. Lorsque l’on en prend une assez grande quantité pour que ses principes se répandent dans tout le système animal , ils fout sentir à tous les organes leur action stimulante: on voit naître les symptômes ordinaires de l’excitation générale du corps, la fréquence du pouls, la chaleur animale plus élevée, etc."

La thérapeutique s’est servie avec avantage de la faculté excitante que possède la mélisse pour rétablir la fonction digestive , pour combattre l’inertie de l’estomac. On donne dans ce cas, avant chaque repas, do. quinze h viugt grains de sa poudre, ou un verre de son infusion.

On a attribué à la mélisse une vertu céphalique; on la recommande contre les migraini^, les céphalées. Tant de causes opposées peuvent produire ces accidents, qu’il n’est pas permis de croire que le même

DES IMÉJ)1CAMENTS

icmcflo iniissc toujours être admis. Lorsqu’il y a irritaliou ou phlogosc de l’arachnoïde, la mélisse peui elle être salutaire ? Quand celle plante s’esl montrée utile , c’est qu’il a sufli de stimuler le cerveau et les nerfs, d’animer la vitalité de ces parties, pour dissiper les accidents dont se plaignait le malade. C’est encore à l’action excitante que la mélisse porte sur l’cncéphalc , au développement qu’elle détermine dans la vie cérébrale, qu’il faut rapporter les avantages qu’elle a procurés dans l’affaiblissement des organes des sens, de la mémoire , et des autres facultés morales. Les succès que l’on assure avoir obtenus de son usage dans la faiblesse des extrémités, dans des paralysies commençantes, dépendent aussi de l’action que ses principes exercent sur le cerveau et sur le prolongement rachidien. Peut-être décident ils alors, par leur impression stimulante , des résorptions salutaires de liquides exhalés dans les enveloppes de ces organes; peut-être font-ils disparaître d’autres lésions dont nous ne pouvons que conjecturer la présence et la nature; une tendance du tissu cérébral au ramollissement , un défaut de réparation nutritive, une oligolrophie de ce tissu , etc.

Des praticiens conseillent les composés pharmaceu tiques de la mélisse, comme des remèdes éprouvés par l’expérience, dans les palpitations de cœqr, les étouffe ments, les spasmes des femmes hystériques, etc. Si ces accidents dépendent de la perversion de l’influence que le cœur, le diaphragme, les muscles intercostaux, reçoivent du cerveau, de la moelle alongée, du système ganglionaire , ils doivent cesser dès que l’on aura ré-

KXCn’AM'S.

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labli l’inlcgrilé «le celle iafluence ; mais l’aclion de la mélisse esl-ellc capable d’opérer ce résullal? On prescril (rois ou qualrc lasses de l’infusion de cette plante par jour. ,

ün regarde la mélisse comme propre à l'aire couler les règles. Le mécanisme de son aclion emménagogue n’esl pas difficile à concevoir. En excitant l’utérus, en donnant plus d’activité à cet organe , celte plante peut, lorsque les circonstances sont favorables à ce mouvement, appeler une congestion sanguine sur ce point du corps, et concourir ainsi efficacement à l’éruption des menstrues.

On a proposé de substituer la mélisse au thé; on regardait en ihême temps comme une pratique salutaire de prendre tous les jours plusieurs tasses d’infusion de celle piaule. Ce régime peut convenir, au moins pour quelque temps , aux personnes d’une complexion molle; mais il serait nuisible aux individus maigres, à ceux qui ont la fibre Irritable. Bien des estomacs ne s accommoderaient pas de ces excitations journalières : elles troubleraient bientôt l’exercice des digestions.

On s’est aussi servi du calamcnt, melissa calamin- THA , L. , qui a une composition chimique analogue à celle de la mélisse, mais dont les vertus médicinales paraissent plus faibles.

IIyssopi;. Hyssopi folia vel summiuitcs. Hyssopus OFFicisALis. L. Arbuste qui croît spontanément en Italie et dans la France méridionale. Il se plaît dans les lieux montagneux; on le cultive dans les jardins.

On emploie en médecine les feuilles et les sommités Bennes de celte plante. Ces parties sont chargées d’une

liliS Jl/'.DICAAIliNTS

huile volatileflecoulçur jaune. Elles paraissent aussi contenir quelques principes amers ou açerhes. M. Planche, a reconnu qu’elles recélaient du soufre. On administre cette plante en infusion dans l’eau : on met ordinairement une ou deux pincées d’hyssopc pour deux livres de véhicule. On retire une eau distillée de cette plante ; on en compose un sirop , après y avoir fait macérer des sommités d’hyssopc.

Cette plante a une odeur forte assez agréable. Sa saveur est chaude et piquante, mêlée d’un peu d’amertume. Elle exerce sur les organes la même action que les labiées qui précèdent, elle suscite dans le corps les mêmes effets physiologiques; son impression sur les tissus vivants développe leurs propriétés vitales ; on voit, après son administration, les appareils oiganiques accélérer leurs mouvements, précipiter rexercice des fonctions qui leur sont confiées. A ces produits, on reconnaît l’influence de l’huile volatile dont les molécules ont pénétré dans le sang. La puissance des autres principes que cette plante contient ne peut pas s’apercevoir. C’est cette force stimulante dont l’Iiyssope est dépositaire qu’elle met en jeu quand la thérapeutique l’emploie comme un moyen médicinal. C’est de l’exercice de cette force sur les organes malades, et des changements qu’elle suscite dans leur état actuel, que procèdent les avantages que l’on obtient de son usage dans le traitement de plusieurs affections pathologiques.

On pourrait se servir avec confiance de l’infusion de cette plante, prise avant le repas, pour donner plus d’activité aux fonctions digestives, pour augmenter la vie

RXCITAPiTS.

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(le l’appareil gastrique. Mais c’est surtout dans les allections du système pulmonaire que l’hyssopc est recommandée. L’infusion , l’eau distillée, le sirop de celte plante sont regardés comme des agents doués d’une puissante vertu expectorante. Quand le tissu des poumons est dans une sorte d atonie , quand la force expultrice de ces organes est affaiblie, 1 administration de l’hyssope favorise visiblement la sortie des mucosités qui se trouvent dans les cellules pulmonaires, sans doute pareeque ses principes réveillent la vitalité de l’appareil respiratoire. La propriété expectorante de cette plante n’est donc que sa propriété excitante vue en exercice sur les poumons dans un état pathologique.

On conseille l’hyssope , sous le titre dé béchique , de plante pectorale , à la fin des rhumes, dans 1 asthme humide , dans les catarrhes chroniques , lorsque l’on veut diminuer et faire peu à peu cesser la sécrétion exubérante que fournit la membrane muqueuse qui tapisse les voies aériennes. On désire alors , à 1 aide de l’action stimulante que l’infusion ou le sirop d’Hyssope exerce sur toutes les parties , et surtout sur les poumons , de changer l’état morbide de ces derniers , et de les ramener à une disposition plus naturelle. Lesanciens auteurs disent que cette plante est incisive , résolutive, pareeque, dans cette circonstance ,' elle tend à dissiper la congestion qui , fixée sur les organes respiratoires, entretient la formation dos malitèrés que l’on rend par l’expectoration.

On a vanté les bons effets de l’hyssope dans la phthisie. Nous ne parlerons pas des succès merveilleux que

*>'4 DKS MÙDICAMKNTS

l’on assure avoir obtenus sur des personnes dont les poumons passaient pour être ulcérés. Il est certain que ces personnes avaient simplement des catarrhes chroniques, et les bons efl’els de l’hyssope deviennent faciles à concevoir. Quand on se sert de cette plante dans la phthisie, c est seulement pour modérer quelque symptôme dominant , pour soulager le malade en favorisant l’expectoration, etc. Si l’on prétendait diriger cette plante contre la maladie, il suilirait de se représenter I état où sont alors les poumons; on jugerait si une action stimulante peut quelque chose contre les elTroyables lésions qui les ont dénaturés.

Ce végétal n a pas le privilège de convenir particulièrement dans les maladies de la poitrine : la plupart des labiées rempliraient les mêmes indications. Dans la pratique de la médecine , la coutume exerce aussi son empire; et c’est par une sorte d’habitude que l’on choisit toujours l’hyssope , le lierre terrestre parmi les autres plantes de la pîême famille , lorsqu’il est question d’agir sur le système respiratoire.

11 est inutile de dire que l’hyssope doit être proscrite lorsqu’il existé de la chaleur, de l’irritation dans les voies aériennes, lorsqu’une toux sèche fatigue le malade et qu’il ne rend qu’un peu de mucosité quelquefois sanguinolente. Il est évident que les principes actifs de ce végétal exaspéreraient ces accidents , pareequ’ils animeraient davantage le travail morbide dont les organes pulmonaires sont le siège, pareequ’ils donneraient une nouvelle intensité au feu phlegmasique qui les occupe : ils augmenteraient la toux, la rendraient plus pénible, pareequ’ils suppri-

KXCITANTl?.

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meraicnl loule sécrétion sur la membrane muqueuse (les poumons : dans quelques cas même ces principes déterminent une sorte de spasme des cellules bronchiques, qui retient la matière de l’expectoration.

On dit que l’hyssope est emménagogue. Sa force stimulante la rend aussi propre que les autres labiées à susciter l’écoulement menstruel.

On se sert de l’infusion d’hyssope en gargarisme , en collyre , lorsque l’on veut , par une impression sti mulante , donner un autre mode d’action à la surface de la gorge ou des yeux.

Liebre terrestre. Uederw terrestvis herba. Gle- CUOMA HEDBRACEA. L. Plante vivace qui se trouve en Europe dans les lieux incultes , le long des haies , dans les endroits couverts.

On se sert en médecine des feuilles et des pousses Qeuries du lierre terrestre , que l’on fait sécher avec soin. Ces productions contiennent de l’huile volatile , et une faible proportion de matière amère ou styptique , dont le sulfate de fer décèle la présence en faisant noircir l’eau chargée des principes de cette plante. On la donne en infusion : on eu compose un sirop dont on fait un usage fréquent.

Le lierre terrestre a une odeur forte et peu agréable , une saveur chaude , piquante , un peu amère. Les qualités sensibles de cette plante sont plus prononcées quand on la recueille sur un terrain sec et élevé. L’opposition qui existe entre Cartheuser , qui a trouvé l’extrait aqueux de cette plante amer d’abord , puis d’une très grande âcreté , et Cullen , qui n’a nullement reconnu ces qualités dans les extraits du lierre

DES médicaments

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terrestre, quoiqu’il les eût préparés avec soin, peut dépendre de ce que ce dernier opérait sur des plantes prises dans un sol humide et trop ombragé.

La force médicinale du lierre terrestre a le même caractère que celle des plantes labiées dont nous venons de nous occuper : seulement il y a peut-être , dans l’exercice de la vertu du lierre terrt\slre, une faible in- Iluence tonique duc à l’acliou du principe amer contenu dans celte plante. Mais celle légère modification u’est pas facilement appréciable, elle mérite à peine d’être remarquée, quand on s’occupe de déterminer les indications thérapeutiques que l’on peut remplir avec le lierre terrestre. Les composés pharmaceutiques que l’on en retire font sur les tissus vivants une impression excitante, et c’est toujours un mode de médication semblable à celui de l’hyssope , do la menthe , etc. , qu’ils provoquent. On a attribué au lierre terrestre une propriété diurétique ; cette plante a pu augmenter le cours dos urines , en stimulant les reins , en développant leur action sécrétoire; si l’on s’est servi de son infusion aqueuse, on a introduit dans le sang avec les principes du lierre terrestre une grande somme de liquide qui a fourni les matériaux de la sécrétion urinaire.

La thérapeutique trouve dans le lierre terrestre une faculté propre h stimuler les tissus vivants, à développer la vitalité de tous les organes. C’est surtout dans les maladies de l’appareil respiratoire que l’on a coutume de s’en servir. Les auteurs de matière médicale présentent celle plante comme une production pectorale, comme un excellent béchique. L’expérience clinique

excitants.

prouve que , pris h la fm des catarrhes , des péripueuinonies, le sirop cl l’infusion de lierre > terrestre inipriment aux poumons une salutaire excitation. Si , par la faiblesse matérielle de ces organes . eu seulement par un état d’atonie qui provient de ce que 1 influence nei-vcusc qui les vivifie a éprouvé une diminution, l’expectoration se fait avec peine , ces composés médicinaux la favorisent. Cet effet s’observe souvent aussitôt après que l’on a avalé une cuillerée du sirop ou un verre de l’infusion de lierre terrestre. Il n’a pas d autre cause que l’exercice de la faculté excitante de celte plante sur l’appareil respiratoire : ce que l’on a nommé la vertu pectorale , béchique ou expectorante du lierre terrestre,! m’indique, ne représente que ces produits salutaires qui sont conditionnels ou éventuels. Cette plante cesse d’être utile , elle n’est plus béchique ni expectorante , lorsqu’il existe actuellement dans les organes pulmonaires de la ehaleur , de 1 irritation , de la phlogose : elle doit être proscrite avec soin dans l’hémoptysie active.

On conseille l’usage journalier de l’infusion de lierre terrestre aux personnes tourmentées par un-asthme humide , par un œdème dos poumons , par des mucosités qui se reproduisent sans fin dans les cellules bronchiales. Des praticiens ont aussi donné , dans ces cas , un demi-gros , un gros et plus de la poudre de ses feuilles , par jour! Daus ces affections , le tissu des pouinops est comme ramolli ^ le ton , la vitalité de ces organes paraît affaiblie : est-il difficile de trouver la raison du soulagement que procure alors l’influence excitante et légèrement tonique de la plante qui nous occupe ?

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DUS JII^DICAMEKTS

Nous ne nous arrêterons pas à recJiercher pou, c, uni on a tant fait l’êloge du lierre terrestre dans la plilhisie; on sait que l’on donnait fréquemment ce nom à des catarrhes chroniques , et il est facile de concevoir

comment l’excitation que celte plante porte sur les poumons a pu devenir utile dans ces dernières maladies. Mais on n’indiquerait pas aussi clairement la source du bien qu’elle doit faire dans la vraie phthisie. Que peut son action stimulante contre les lésions pathologiques qui constituent celte maladie , lorsqu’elles sont formées ? Que pourrait opposer cette même action au travail morbide qui les précède ou qui les prépare 1* Celle plante s’opposera-l-elle à la formation des tubercules, à l’endurcissement du tissu pulmonaire? Ferat-elle disparaître les cavernes qui se sont formées dans ce tissu?... Comme le mot phthisie emportait avec lui l’idée d’une ulcération des poumons , les auteurs ont concédé à celte plante une faculté délersive et vulnéraire , pour se fournir-une raison de ses succès dans le

traitement de celle maladie.

Marrxjbe blanc. M.avvubii cilbi folia. Marrubium vuLGARE. L. Plante vivace que l’on trouve dans les lieux incultes; elle est plus commune dans la partie septentrionale de l’Europe.

On se sert des feuilles et des sommités fleuries de celte plante , qui contiennent une huile volatile r i un principe extractif assez abondant. Son extrait aqueux est inodore et amer; celui que laisse l’alcohol a une odeur assez marquée avec une amertume plus pénétrante , selon Murray. On donne le plus souvent le marrube eu infusion ; c’est une boisson dif-

UXCITA.NTS.

ücilc îi prendre: on peut la faire plus eharj:;ée de principes médicinaux , cl alors il sulFil de 1 administrer par cuillerées. L’extrait de inarrube a beaucoup d activité . et peut être employé en thérapeutique comme un moyen fort efficace.

Cette plante exhale une odeur forte et désagréable . elle cause , lorsqu’on la mâche , une saveur amère , mêlée d’âcreté. Son action sur les organes montre plus d’énergie que celle des autres labiees ; son impression dure long-temps. Avec les effets qui appartiennent h la médication excitante , elle produit des changements qui décèlent une influence tonique : en même temps qu’elle excite les forces vitales , qu’elle accélère les mouvements organiques , elle détermine dans les tissus vivants un resserrement fibrillaire qni augmente leur vigueur matérielle.

La grande étendue de puissance que nous découvrons dans le marrube blanc annonce que la thérapeutique peut en tirer un parti très avantageux. L’infusion , l’extrait , le sirop de cette plante seront des moyens recommandables dans les maladies entretenues par la débilité , par l’atonie. Ils conviendront lorsque l’on voudra exciter l’action languissante d’un appareil organique , ranimer l’exercice tardif d’une fonction , etc. C’est surtout h la lin des catarrhes , des péripneumonies , que les médicaments tirés du marrube sont employés. On vante leurs bons effets lorsqu’il existe un relâchement, un gonflement morbide de la membrane muqueuse des voies respiratoires , lorsque les cellules bronchiques fournissent une grande abondance de mucosités, comme dans les toux des vieil-

6‘iO DES MiDICAMEN'fS

lards, dans quelques asthmes humides, etc. Les auteurs expliquent do diverses manières la vertu expectorante du marrubo hlanc. Ils assurent, par exemple, que cette plante à la faculté d’inciser les humeurs arrêtées dans le tissu des poumons , de rétablir leur circulation , etc. La pharmacologie enseigne que les avantages dont est suivi l’emploi de cette plante dans les maladies des organes respiratoires découlent de l’influence stimulante qu’elle exerce sur eux. Les principes actifs du marrube changent, dans beaucoup de circonstances, la nature do la sécrétipn qui s’opère dans les cellules bronchiques, en modifiant l’état actuel de leur surface interne : ils diminuent de plus la quantité de celte sécrétion, en dissipant la congestion passive qui l’entretenait. Mais le produit le plus évident de l’administration du marrube, c’est le développement qu’il suscite dans le ton , dans la force matérielle et vitale du tissu pulmonaire. Aussitôt après avoir pris l’infusion ou le sirop de cette plante , le malade sent que l’expulsion des crachats devient plus facile : souvent aussi l’oppression diminue, la respiration est plus libre. Il est inutile de prévenir que ces remèdes ne conviennent plus , que leur emploi ferait beaucoup de mal , si les affections des poumons reconnaissaient un principe inflammatoire , si la toux était sèçhe et douloureuse, s’il existait de la chaleur, de l’irritation dans les voies aériennes.

Des auteurs estimables avancent que le marrube blanc a guéri des phthisies , qu’il a heureusement dissipé des collections de pus amassé dans la poitrine, qu’il a cicatrisé des ulcérations qui avaient leur siège

excitants.

,lans le lissa des poumons . elc. Nous avouons que les médicaments tirés de celle plante ont une grande ellicacité médicinale; qu’ils ont pu , 5 la suite de pleurésies , après que les symptômes inflammatoires ont été éleinis ou abattus, aider la résorption de liquides épanchés dans la plèvre, causer d’autres eflcls , d’autres résultats aussi salutaires; mais nous savons aussi que la puissance des agents pharmaceutiques reconnaît des bornes bien restreintes lorsqu’il s’agit de l’opposer aux progrès d’une maladie organique et de réparer les désordres qu’elle a produits.

Nous conserverons également des doutes sur la guérison d’engorgements squirrheux du foie, que Ion assure avoir été opérée par l’usage journalier et prolongé du marrnbe blanc. Nous concevrions mieux son utilité quand ce viscère tend h l’oligotrophie , ou à un ramollissement de son tissu , ou h une dégénérescence jaune , même quand un point de son étendue éprouve un engorgement récent, un léger endurcissement, parceque l’impression continue des molécules du marrube peut changer le mode morbide de la nutrition et de l’absorption dans le foie, et par là combattre la modification morbide, réparer le désordre matériel que cet organe a éprouvé. C’est de ces succès que s’autorisent les auteurs qui admettent dans cotte plante une propriété apérilive et fondante. Si 1 on môle dans un vase la décoction de marrube avec du sang, ce dernier devient aussitôt plus fluide ; croirait-on que l’on a cru reconnaître dans cet effet l’exercice de la propriété fondante de cette plante? Ouvrez les auteurs do matière médicale , consultez le savant Murray lui-même.

«22 DES médicaments

On a préconisé le marrubc blanc comme un moyen ellicace pour exciter l’éruption fies règles. Celte plante peut produire cet effet lorsqu’on la donne à forte dose , qu’elle ébranle tout le système artériel , qu’elle pousse avec force le sang dans le tissu des organes. Elle peut aussi amener une congestion menstruelle, lorsqu’on s’en sert à petites doses cl pendant long-temps , parcequ’alors elle favorise les digestions , augmente l’hématose, éveille peu à peu la vitalité de la matrice. C est ainsi que le marrube blanc s’est souvent montré efficace pour établir la menstruation dans des jeunes personnes faibles , délicates , pour dissiper la chlorose , etc.

On ne doit pas confondre avec la plante dont nous venons de parler le marrube noir ou la ballotte , marrubium nigruni, Ballota niora, L. , qui a les fleurs rouges , tandis que celles de la plante précédente sont blanches, qui s’en distingue déplus par une odeur très iélide. On a vanté le Ballota lanata , E. . comme un puissant diurétique.

Chamédrys. Chamœdryos licrba. Tedcridm chamæ- DRYs. L. Cette plante , que l’on nomme aussi get'inandrée oa petit chô/ic , est vivace. Elle habite les coteaux secs et arides , les bois montagneux.

On emploie les tiges fleuries de cette plante , elles exhalent une odeur faiblement aromatique; elles donnent, lorsqu’on les mâche, une saveur amère. Le chamédrys contient de l’huile volatile; ce principe y est peu abondant , surtout quand on prend pour terme de comparaison la sauge, le romarin et les autres labiées. Mais cette plante recèle une matière extractive

liXClTANTS. 625

i|ui doit fixer notre altention , parcequ’elic se trouve dans la composition chimique de celte plante pour une proportion assez forte , et que son influence fait naître des effets importants.

On administre le chamédrys en poudre : on en fait . souvent une infusion ou une décoction ; c’est la première préparation qu’il faut préférer quand on veut conserver les principes volatils; la décoction offrira quelque avantage quaiid on désirera «e servir surtout des principes amers qui sont fixes: une infusion à chaud réunira les uns et les autres. On compose aussi un extrait de chamédrys.

L’analyse chimique et les qualités sensibles de celte plante annoncent en elle une double propriété : une propriété excitante qui émane de l’huile volatile', une propriété tonique qui appartient à la matière extractive. Ce que ces lumières auxiliaires de la pharmacologie font pressentir, l’expérience clinique le j iistifie ou le prouve : le chamédrys stimule le tissu des organes, presse leurs mouvements; en même temps , il détermine un resserrement de leurs fibres , il fortifie leur matériel. Ilâtons-nous de prévenir que la force active du chamédrys a peu d’étendue. Cette plante produit bien deux sortes d’effets immédiats, mais ces effets restent toujours faibles , peu prononcés : le chamédrys n’occupera qu’un rang secondaire parmi les moyens excitants , comme parmi les toniques.

On a vu ce végétal décider un effet sudorifique , un effet diurétique, ou un effet eraménagogue. Ces nouveaux produits de l’action de celle plante sur le système animal an^noncent seulenïenl une direction par-

UKS MliDICAMEISTS

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ticniièrc de la puissance Ionique el excilanle dont elle est depositaire sur la peau , sur les reins , on sur l’utérus. Cette plante ne recèle point des facultés spéciales dont l’exercice alternatif provoquerait une abondante diaphorèse , un écoulement d’urine et la congestion menstruelle.

Le médecin doit regarder la poudre ou l’infusion de cliamédrys comme un moyen propre h fortifier l’appareil digestif, à développer son activité : il en tirera un parti avantageux dans l’anorexie, dans la dyspepsie, dans les vices de la fonction digestive qui reconnaîtront pour cause l’inertie, la débilité matérielle ou vitale de l’appareil gastrique. On peut alors prendre, avant chaque repas , de vingt h trente grains de poudre de chamédrys , ou un verre de l’infusion aqueuse de cette plante.

On conseille les mêmes agents médicinaux dans les toux humides , dans l’asthme , dans les catarrhes chroniques , lorsque la membrane muqueuse des voies aériennes est relâchée , et qu’elle fournit une sécrétion morbide de mucosités. Le caractère de la vertu de cette plante, les effets immédiats qu’elle produit, montrent assez d’où procèdent les avantages que l’on obtient de son emploi dans ces affections. C’est pareeque l’action du chamédrys fortifie le tissu pulmonaire, anime sa vitalité , que l’on recommande de ne pas s’en servir lorsqu’il y existe un travail inflammatoire.

On a souvent employé avec suqcès le chamédrys pour guérir des fièvres intermittentes. Si l’on veut , Il l’aide de celte plante, suspendre les accès, ou donne une dose de sa poudre ou de .sa décoction assez

F.XCITANTS.

G-iS

élevée pour que tout le corps en sente forleinent 1 influence. On administre journellement des moindres quantités, si l’on désire seulement diminuer pcui à peu l’intensité des accès jusqu’à ce qu’ils cessent toiil-à'l'ait. On prélïîre, dans le traitement de ces aflbetions périodiques, la décoction à l’iufusion , pareeque c’est surtout de la faculté tonique ou des principes amers et fixes du cliamédrys que dérive sa vertu fébrifuge. Ou a loué l’usage duvin de chamédrys dans les fièvres intermittentes.

L’observation semble avoir confirmé l’utilité de cette plante dans lesaflections arthritiques : on conseille plusieurs tasses de son infusion dans le cours de la journée. On voit bien que la propriété tonique et excitante de ce moyen soutiendra l’énergie du centre gastrique; mais il est difiicile de concevoir l’influence que celte propriété peut avoir contre les mouvements fluxionnaires que le principe de la goutte détermine , et de motiver l’emploi de cette plante contre une maladie dont la cause n’est pas connue.

En consultant Içs auteurs de matière médicale qui ont parlé du chamédrys, on remarque qu’ils ne cou^ seillentpas cette plante dans les maladies pour lesquelles ils recommandent les autres labiées ; que d’un autre côté elle est regardée comme un remède sûr dans des afleclions contre lesquelles on no mat pas habituellement en usage la sauge, la menthe, la mélisse , etc. L’observation clinique confirme donc.qiio le chamédrys ne ressemble pas aux autres plantes do la famille naturelle à laquelle il appartient, cl que, pour son emploi médical, il doit en être distingué.

-Marum ou GERVAXDRér. MARITIME. Mari veri herha

DKS MÉDICAMENTS

SOU summilatcs. Teuciuum maedm. L. Celle plame cri'îl dans les lieux inarllimes de la Provence ; on la Irouve on Espagne. On la nomme aussi l’herbe aux chais, parccque l’odeur qu’elle exhale plaîl beaucoup h ces animaux cl les met dans un 6lal d’agilalion forl bizarre. Le marum conlienl de l’huile volaille el un principe exlraclif; llesl Ibrlemcnl aromalique el donne une saveur âcre cl amère. 11 agil comme slernulaloire lorsqu’on l’écrase el qu’on l’approche du nez. Cetell'cl esl encore plus marqué quand on aspire la poudre.

Celle piaille recèle une propriélé slimulanle qui a une grande énergie. Les praliclens l’onl loujours Irouvée Irès efficace quand ils onl voulu exciler les appareils organiques , accélérer les mouvcmenls de la v’ic ; elle a surloul répondu è leur allenle quand ils l’onl adminislrée pour réveiller la vilalilé du cerveau , du prolongemenl rachidien, de loul le système nerveux; car c’est de l’excilalion imprimée à l’appareil cérébral que procèdent les avantages qu’elle a procurés dans les céphalées , dans les faiblesses musculaires , dans les tremblements des membres , dans les paralysies, etc.

Nous ne nous arrêterons pas à exposer la cause de l’effet sudorifique ,’ diurétique , emménagogue , que celle plante a souvent produit. Il esl évident que c esl encore sa vertu excilanle qu’il faut voir en aclion sur la peau , les reins ou l’utérus , pour concevoir ces évacuations. Son utilité dans le catarrhe chronique , dans l’asthme humide, dans le scorbut, etc. , dépend de la même cause. Le marum possède une force excitante très développée; dans toutes les occasions où l’on au-

EXCITANTS

ra besoin de stimuler un seul organe ou tout le corps , on pourra avec confiance employer cette plante.

ScoRDiUM. Scordii fierba. Teccriem scordium. L. On trouve cette plante dans les lieux marécageux du midi, de la France: on la nomme aussi gcrmandrée aquatique. Elle a une odeur forte , pénétrante , qui rappelle celle de l’ail : elle donne une saveur amère. Cette plante est rarement employée ; elle entre dans la composition de l’électuaire diascordium , auquel elle a donné son nom.

Le scordium possède une vertu excitante et tonique. Que l’administration de son infusion ait provoqué l’établissement d’une diaphorèse, c’est un produit bien simple de l’excitation que ressent alors l’appareil dermoïde. Il n’est pas plus difficile de reconnaître la source des éloges qu’on lui a donnés pour son efficacité dans les anorexies , la dyspepsie , dans les affections catarrhales chroniques , dans les maladies vermineuses , etc. : sa propriété excitante rend raison de tous ces effets.

Marjolaine. Majoranœ licrba. Ohiganum majora- NA. Desfont. Origandm majoranoides. Wilden. Cette plante, originaire de Barbarie, est cultivée dans tous les jardins. Elle contient de l’huile volatile d’où l’on a tiré les 0,10 de camphre. Elle exhale une odeur très aromatique; elle a une saveur chaude, légèrement amère. Sa poudre produit une éîteitation de la membrane olfactive , et donne lieu à l’éternument. Celte plante exerce une impression stimulante sur les organes , elle augmente leur vitalité : on s’en est servi avec succès pour réveiller l’appétit , favoriser les digestions ,

DliS MÉDICAMliNTS

soulcnir des sueurs critiques, etc., etc. Ou la met dans les sachets que l’on porte sur la région de l’estomac pour fortifier cet organe.

DiCTAiiE DE CRÎiTE. Dictamui cretici folia, üriga- Ni'M D1CTAMNDS. L. Arbustc qui croît dans les lentes des rochers , sur le mont Ida. Les feuilles , recouvertes d’un duvet épais et blanc, ont une odeur aromatique , une saveur chaude et piquante ; elles recèlent des prin* cipes excitants. L’infusion de ces feuilles donne lieu aux effets qui caractérisent la médication excitante, et peut servir contre les affections pathologiques que produit une faiblesse vitale ou matérielle des organes. Nous ne parlerons pas des merveilleuses propriétés que les anciens attribuaient h cette plante , et que les poêles ont célébrées : on sait que l’animal percé d’une flèche voyait le fer sortir de son corps et sa blessure se guérir aussitôt qu’il avait pu manger du diclame. Æncidos., lib. 12.

Lavande. Lavandtilci' flovcs. Lavanddla spica. L. Arbuste qui croît dans le midi de l’Europe , et que l’on . cultive dans les jardins. Ce végétal recèle une huile volatile d’où l’on a tiré les 0,2 5 de camphre. Ses sommités lleuries exhalent une odeur agréable; elles ont une saveur chaude ^ légèrement amère. Elles recèlent une propriété stimulante qu’elles doivent h 1 huile volatile dont nous venons de parler: celle propriété a souvent rendu des services importants à la thérapeutique. Des praticiens recommandables vanlentl usage de 1 infusion de lavande pour exciter l’appareil encéphalique .pour augmenter sa vitalité cl l’influence vivifiante desncris; on la conseille dans les tremblements des membres , dans les vertiges , dans les céphalées , etc. Aniioncei

EXC^rA^Ts.

quo celle planle a-il sur le corps vivanl , en sliinulanl les organes , c’csl en même lemps déclarer qu’elle doil être proscrilo lorsqu’il exisle une irrilalion ou une plilogose des méninges, du cerveau , du prolongemcnl rachidien ou des cordons nerveux , lorsqu’il y a une congestion sanguine vers la lêle. de la pléthore, elc.

Nous citerons encore quelques autres espèces de la lamille des labiées , dont l’art de guérir se sert avec succès. Le stœchas , lavanduiia stoecuas , L. , indigène en Espagne , en Italie , dans le midi de la I lancc , le chanuepitjs ou ivellc , teuciiuiu cuAMÆPrrys , L. , plante annuelle ([ui vient dans les terres arides , qui a une odeur l’orte et résineuse, une fiaveur amère, cl que l’on a vantée dans les alTeclions arthritiques; le serpolet, THYMUS SKUPYLLUM, L. , qui couvpe les pelouses , les coteaux arides; le thym, thymus vulgaiiis , L. , arbuste commun sur les collines sèches des provinces méridionales , que l’on cultive dans nos jardins , et que l’on emploie surtout dans nos cuisines comme assaisonnement; \ÿi sarriette , satureia uortensis,L. , qui sert aux mêmes usages. Nous pourrions encore ajouter le basilic , ocymum basilicum , L. , Vagripaume , leo^ NUUUS CARDIACA , L. , ClC. , CtC.

Famille naturelle des plantes onibellifères.

Les plantes qui composent celte famille sont remarquables par leurs caractères botaniques ; on croirait qu’elles sont primitivement sorties d’un même moule, et qu’elles ont seulement subi quelques variations qui sulfisentà peine pour les distinguer les unes des autres. L’aflinilé qui les lient rapprochées est si évidente,

DJiS MÈDICAMliNTS

que, dans toutes les distributions systématiques , les oinbellirères forment une classe particulière.

La composition chimique de ces plantes oflre de même une grande analogie. Quand leur végétation est assez avancée, elles sont remplies d^un suc propre, dénaturé gommo-résineuse, elles recèlent toutes beaucoup d’huile volatile. Cette analogie ne paraît plus exister pour leurs propriétés actives ; le plus grand nombre des ombellifères exhalent une odeur aromatique , possèdent une vertu stimulante : mais plusieurs espèces ont une odeur repoussante ou vireuse et un goût désagréable ; parmi celles-ci , il en est, comme la grande ciguë, la ciguë aquatique, la petite ciguë, etc., qui sont des poisons violents : au lieu de se borner à stimuler les tissus vivants, leur action les pblogose; elles altèrent de plus la vie cérébrale , elles causent des vertiges , du délire , des mouvements convulsifs , etc.

On est étonné de trouver parmi les plantes ombellifères des racines alimentaires et des racines médicinales; mais nous ferons remarquer que les premières appartiennent à des espèces bisannuelles, comme la carotte, le panais; nous ajouterons que l’on recueille ces racines deux mois environ après avoir semé les plantes qui les fournissent, et. toujours avant l’évolution de la tige ; alors la composition chimique du corps radical est encore imparfaite ; il est entièrement formé d’un mucilage nutritif; le suc propre, qui plus lard remplira ses fdières , n’a pas eu le temps de sC produire. Au contraire, les racines médicinales sont toujours vivaces; c’est après le développement de plusieurs liges qu’on les prend : celles qui fournissent Tassa

liXClTANTS.

i-œlida. le galbanuin . l’opopanaK. coinplonl quatre aimées d’existence : on attend que la végétation ait enji-endré le suc propre qui donne du prix h ces racines.

Les graines des plantes ombcllifères sont remplies d’une huile volatile logée dans leur tunique extérieure. iM. Planche a reconnu la présence du soufre dans ces ■rrainos. Elles servent assez fréquemment en méde^

ciue. .

Angéliquh. Angdicœ salivai radix, lierba , scint-

na. Angelica arcuangelica. L. Plante qui croît en France . dans le Piémont , dans la Suisse , sur les Pyrénées , et qui est abondante dans la Laponie , dans la Bohême, la Norwège. On la cultive dans les jardins. Cette plante est bisannuelle : on peut la rendre vivace en l’empêchant de fleurir; car c’est l’acte do la fructification qui l’épuise et la fait ordinairement périr.

On emploie toute.« les parties de l’angélique; sa racine est fusiforme ; ou ne la recueille que la seconde année et lorsqu’elle est chargée de suc s propres : ces derniers , jaunes et épais , sont tellement abondants au printemps , qu’ils s’en écoulent lorsqu’on y fait une incision. Ce suc , de nature gommo-résineuse , exhale une forte odeur de musc. (Guibourt, llist, des drog. simp.) Cette racine a une odeur aromatique particulière; sa saveur est chaude d abord, elle devient ensuite légèrement amère ; elle renferme de 1 huile volatile, de la résine, de l’inuline, une matière extrac tive. Une livre de cette racine donne ordinairement un gros d’huile volatile, treis à quatre onces d cxtiait alcoholique résineux et balsamique , et cinq è six onces d’extrait aqueux d’une odeur faible. Dans les pays

IjJiS MÏ'.IHC.UU'.ft'TS

du Nord on mange les jeunes pousses de raugélinue; elles sont remplies de principes doux , mucilagineux , susceptibles de se convertir en chyle. Les sucs propres, à peine Ibrmés, servent seulement à assaisonner les matériaux fades et nourriciers qui la constituent. Les liges un peu plus avancées sont recherchées des confiseurs ; ils en font une préparation très agréable et très estimée ; c’est l’angélique confite. Cette tige a conservé son arôme ; le sucre remplit son parenchyme , enveloppe toutes ses fibres; c’est une friandise très délicate. Les confiseurs préfèrent l’angélique qui vient d’un sol humide et ombragé, parcequ’elle a une saveur plus douce; ils estiment moins celle qui s’est développée dans un terrain sec et exposé âu soleil , parcequ’elle a trop de force. En pharmacologie, ou choisirait cette dernière ; ses propriétés médicinales sont plus énergiques. Les graines contiennent beaucoup d’huile volatile ; c’est de ce principe <iue dérivent leurs vertus. , . ^

On administre la racine et les graines d’angéliqijc en infusion dans l’eau ; quand cetle boisson est sucrée , elle est lort agréable.' On tire aussi de ces productions un vin médicinal et une teinture alcoholique. M. Chaumelon faisait une espèce de punch en versant, sur une once d’angélique coupée par morceaux , deux livres d’eau bouillante , et en ajoutant à cette infusion une once et demie d’éau-de-vie, trois onces de sirop de vinaigre, et quelques gouttes d’huile volatile de citron.

Tous les composés que l’on fait avec l’angélique ont une propriété excitante très prononcée. Leur arrivée dans la cavité gastrique s’annonce par un sentiment du

BXCITANTS. """

chaleur à l’épigastre, qui décèle l’agression des principes actifs qu’ils recèlent: bientôt l’exercice plus rapide des diverses fonctions de la vie atteste que le tissu dés organeüqui les ’ëkécuten test aiguillonné. L’expérience prou Vé’qÜe rinfÜsioh', lè vin , la teinture d’angélique , rendent lé' Jib'uls plus fortët plus fréquent, la chaleur aniniiiîe plus développée , etc. Les vertus stomachique, cordiale, sudot'ilique, emménagogue, que l’on a attribuées è cette plante ne sont autre chose que cette même propriété èxcitante de l’angélique , dont on considère le pouvoir sur l’organe gastrique , sur le cœur et les vaisseaux sanguins , sur le système cutané et sur rulérus.

L’angélique mérite une pleine confiance dans toutes les maladies où une impression stimulante peut être uliié : elle promet des succès contre les vices de la digestion qui dépendent d’un affaiblissement matériel des tuniques de l’estomac et des intestins ou d une, inertie de ces organes , suite d’une diminution de 1 influence qu’ils reçoivent de leurs nerfs; alot's on la préscrit à petites doses avant le repas. Un verre d’infusion de la racine ou des graines , une cuilleréè du vin médicinal que l’on fait.avéc dès productions, pourront alors 'opérer une modification salutaire dans l’éih't anatomique et dans la vitalité de l’appareil digfestif, exciter l’appétit s’il était perdu, faciliter les digcstiotiS. Donnée à une dose assez élevée pour que Sa puissance s’étende jusqu’au cerveau , l’angélique a aussi Servi à combattre des céphalées, des pesanteurs de tête, des engonrdissemeuls , des vertiges. On la conseille dans la faiblesse et le Iremblcmcut des membres, dans la para-

DES MÉDICA-MENtS

lysio. G’esl son opération sur l’appareil cérébral cpi’il faut alors apprécier : il J’audrait en même temps pouvoir déterminer de quelle nature est la lésion qui produit les accidents pathologiques que l’on espère faire cesser avec la substance qui nous occuj)^, Les principes de l’angélique peuvent par leur action stimulante décider l’absorption d’une sérosité qui comprimait l’encéphale ou la moelle épinière , rétablir ces parties dans leur condition physiologique , arrêter même les progrès d’un ramollissement de la substance cérébrale , de son oligotrophie , etc.

Des médecins allemands assurent avoir trouvé les préparations de l’angélique des remèdes efficaces vers la fin des fièvres ataxiques et nerveuses. Il est important de ne point perdre de vue que, dans ces maladies , il y a phlogose des méninges encéphaliques et spinales , et que, si la puissance stimulante de l’angélique peut se rendre salutaire , c’est seulement , après que le travail inflammatoire a cessé , pour obtenir la résorption des liquides que peut contenir l’arachnoïde , de la sérosité qui s’est accumulée dans les ventricules du cerveau et dans le canal vertébral, pour stimuler l’appareil cérébral et lui rendre son activité, sa condition naturelle. Ajoutons qu’il faut que l’état actuel des organes gastriques permette l’administration de l’angélique. On dit que l’on a opposé cette plante avec succès aux palpitations de cœur. L’excitation de la moelle épinière et du système gauglionaire suffit-elle pour changer le mode d’influence morbide que ces parties exercent alors sut ce viscère ? Est-ce lù ce qui arrête le désordre que l’on observait dans les mouvements du cœur P

excitants.

Dans les catarrhes pulmonaires qui existent sans accidents inflammatoires , l’inlnsion d angélique est pre.«crite comme une boisson propre h faciliter 1 expectoration. On vante son usage dans la chlorose; en stimulant tout le système animal , et surtout I utérus , elle peut alors rendre des services. Dans cette affection , on doit prendre un verre d’infusion d’angélique plusieurs fois par jour , et en continuer l’usage long-temps.

L’impératoire , lUPEnAToniA ostrutuium, L. , la livèche , LiGBSTicuu levisticbm , L. , plantes vivaces qui croissent dans les prairies des montagnes , ont des qualités analogues à celles de l’angélique. Ces plantes produisent les mêmes effets immédiats : elles se sont montrées utiles dans les mômes affections pathologiques.

La racine de persil , apibm petboselinüm , L. , contient un suc propre aromatique , et possède une faculté excitante; elle est employée pour exciter l’action sécrétoire des reins, pour augmenter le cours des urines.

Ceefeiiil, cerefolii seu ohæropkylU lierba. Scandix CEEEFOUBM. L, Plante annuelle qui vient spontanément dans les contrées méridionales de l’Europe , et que l’on cultive dans tous les jardins potagers. Ses feuilles sont admises dans nos cuisines; elles servent à assaisonner un grand nombre de mets dont elles corrigent la fadeur , et qu’elles aromatisent. Les feuilles de plusieurs autres plantes ombellifères sont employées aux mêmes usages , celles de persil , de fenouil , de céleri.

DES MiDlCAjlENTS

On prend ordinairement les Jeunes pousses du cer l'euil pour mêler à nos aliments : cette plante a , dans ce cas , une odeur agréable et une saveur légèrement âcre : elle contient de plus des principes mu(]ucux , susceptibles de se convertir en chyle. Plus avancé dans sa végétation , le cerl’eud recèle un suc propre , aromatique , qui a une faculté médicinale assez prononcée. On a retire de ses feuilles une huile essentielle d’un jaune de soufre ( Thompson ). Le cerfeuil entre souvent dans la composition des sucs d’herbes. Il est un des ingrédients ordinaires des bouillons d’oseille : mais l’ébullition dissipe la plus grande partie de ses principes stimulants, qui sont volatils; il ne reste plus dans ces bouillons que les sucs muqueux de cette plante; l’addition du cerfeuil ne les empêche donc pas d’avoir une qualité rafraîchissante.

Les matériaux volatils du cerfeuil agissent sur les tissus vivants en les stimulant. Cette plante a souvent pi’oduit des effets diurétiques, sans doute j)nrcequ’clle augmentait la vitalité et l’action sécrétoire de l’appareil rénal. On assure même que le cerfeuil a délerminé la menstruation, qu’il a été emménagogue : n’oublions pas cependant que son activité a peu de développement, et que ses effets excitants ne peuvent pas acquérir beaucoup d’intensité.

On a vanté le suc dépuré de cerfeuil, ou sa décoction dans le petit-lait , comme un secours efficace dans les obstructions des viscères , dans la jaunisse. On conseille aussi ces mêmes préparations pharmaceutiques dans l’asthme, dans les catarrhes chroniques , dans les maladies de la peau , dans le scorbut. Geof-

KXCITANTS.

lroy,dans sa matière médicale , recommande le suc de cerfeuil dans l’iiydropisie , cl assure l’avoir souvent vu rétablir le cours des urines. Dans cos diverses affections , il semble que c’est la faculté stimulante du cerfeuil qui peut produire des effets utiles ; mais , en même temps, des praticiens assurent que cette plante a une faculté rafraîchissante , qu’elle diminue la chaleur du sang, etc. Comment concilier ces opinions contraires? Sullirait-il de penser que les derniers se servaient des jeunes pousses du cerfeuil , qu’ils y trouvaient des sucs muqueux, émollients, et peu de principes excitants? Ceux qui ont vu le cerfeuil stimuler les organes, et provoquer une excitation de tout le système, employaient-ils cette plante plus développée, chargée de sucs propres, d’huile volatile , etc. ? Devient-elle alors un agent thérapeutique doué d’une certaine efficacité?

On applique celte plante en cataplasme sur les engorgements laiteux , sur les tuméfactions des glandes , etc.

Nous nous contenterons de noter ici le cerfeuil musqué, scANUix ODOitATA, L. , plante vivace qui croît spontanément dans les Alpes , dans les montagnes do nos provinces méridionales, en Italie. On emploie au printemps les jeunes pousses de celte plante comme une matière alimentaire dans quelques contrées du Nord. Quand ses sucs propres sont formés , elle exhale une odeur forte qui rappelle celle de l’anis; elle recèle une propriété stimulante. On a conseillé le suc dépuré do cerfeuil musqué dans l’hydropisie , comme un puissant diurétique. On s’est aussi servi du vin dans lequel on avait mis macérer celte plante.

DES MtmCAMEKTS .

Anis , anisi vulgaris scmina. On connaît sous ce litre, en pharmacie , les graines dupuiPiNELLAANistsi , L. , plante qui vient spontanément en Égypte, et que l’on cultive en Europe. Les graines que l’on nous apporte des pays méridionaux sont plus aromatiques et plus estimées que les nôtres.

On retire des graines d’anis , par la distillation , une huile essentielle qui eslLlanche, plus légère que l’eau , et qui devient solide à une température de dix degrés au-dessus de zéro. On administre rarement ces graines en poudre le plus ordinairement on les met infuser dans l’eau bouillante : la dose est d’un gros , un gros et demi par pinte de liquide. Ce véhicule se charge des principes actifs de l’anis , s’empare de sa propriété : on peut obtenir le même résultat avec le vin et l’alcohol. Les confiseurs recouvrent ces graines de sucre, et en font ainsi des dragées. On se sert quelquefois de l’huile essentielle d’anis : on en met six-, huit , douze gouttes pour quatre onces de potion.

L’anis a une faculté stimulante bien prononcée ; les composés pharmaceutiques que cette graine fournit , aiguillonnent les tissus vivants, accélèrent l’action des appareils organiques , déterminent les phénomènes qui appartiennent à la médication excitante. L’impression de ces composés sur la surface intestinale cause un sentiment de chaleur, occasioue souvent une constipation, de la soif, etc.

Cette force active devient utile dans la thérapeutique ; elle a servi pour augmenter la vitalité de l’appareil digestif, pour réveiller l’appétit, pour rendre les digestions plus faciles et plus régulières. Les graines

excitants. ' 659

d’anis ont la réputation d’être de puissants carminatifs.

Leur action stimulante se montre salutaire quand les

natiiosilés dépendent de l’accumulation et du séjour trop prolongé des matières fécales dans les gros intestins. Ils conviennent encore quand les gaz intestinaux sont occasionés par l’usage d’aliments lourds et indigestes , ou quand ces gaz sont la suite d une digestion imparfaite, irrégulière, parceque les organes qui exécutent cette fonction sont dans un état de faiblesse matérielle ou seulement vitale. Si les flatuosités accompagnaient une irritation ou une phlogose; si des portions d’intestins entraient dans un état de tension , d’érection ; si la pneumatose était le produit de cette condition morbide , l’impression excitante de 1 anis augmenterait les accidents.

On ajoute, dans quelques préparations pharmaceutiques, les graines d’anis aux ingrédients purgatifs, pour prévenir les coliques que ces derniers ont coutume de faire naître. L’anis ne peut avoir la faculté de s’opposer à cet accident , qui tient à l’opération des purgatifs sur la surface intestinale. Au contraire , en dévelodpant la vitalité de cette surface, l’anis doit rendre plus vive , plus marquée , l’impression du médicament cathartique , comme nous l’exposerons en traitant du mélange des excitants avec les purgatifs.

Coriandre , coriandri scinina, graines du corian- DRUM SATIVU51, L . , plaiitc annuclle , abondante dans le midi de l’Europe, cultivée dans les pays du Nord. Ces graines contiennent une huile volatile de couleur cilrine. On les administre ordinairement en infusion dans l’eau bouillante. Chargé des principes de ces

DF.S MIÎDICAMRNTS

productions aromatiques , ce véhicule jouit de la faculté de stimuler les tissus vivants. On met en usage cette boisson quand on veut exciter l’appétit , corriger l’atonie ou la langueur de l’organe gastrique, chasser des flatuosités qui proviennent de digestions irrégulières. On s’est servi avec succès de l’infusion chaude de coriandre pour provoquer la sueur : la température de la boisson , l’action des principes volatils qu’elle recèle sur l’appareil circulatoire et sur la peau, l’abondance de liquide qui pénètre alors dans le corps, procureront sûrement ccteflet, si l’individu se lient au lit, s’il est bien couvert, si , en un mot, le froid extérieur ne s’oppose pas è la diaphorèse. On a regardé la coriandre comme le correctif du séné : il est vrai que cette graine peut masquer un peu l’odeur de la substance purgative; mois elle n’a point la faculté .spéciale de prévenir les coliques que l’action de celle-ci sur les intestins occasione souvent.

Fexouii, , fœniculi vidgaris semina , graines de I’anethum fqeniculum , L. , plante bisannuelle , qui croît dans les lieux secs du midi de la France , et que 710US cultivons dans nos jardins. Ces graines recèlent une huile essentielle de couleur verte , qui se fige , et prend une consistance butiracée , quand le thermomètre descend à cinq degrés au-dessous de zéro. On administre ces graines en infusion dans l’eau.

L’huile essentielle qu’elles contiennent leur donne la propriété de stimuler les tissus vivants ; ces graines provoquent les mêmes effets immédiats que l’anis et la coriandre, et sont employées contre les mêmes affections pathologiques. Les graines de fenouil etd’anis passent

EXCITANTS

pour augmenter le lait des nourrices; elles peuvent produire cet effet , i“ en excitant directement l’action sécrétoire des organes mammaires ; a° en augmentant l’appétit, en rendant les digestions meilleures, ep, faisant pénétrer dans le sang une plus grande proportion des principes propres à la ibrmation du lait. N’oublions pas que l’huile essentielle de ces graines est absorbée, et que ses molécules passent dans le liquide nutritif que nous venons de nommer.

Les graines de carvi, carum cArvi ; de cumin , cuuiNUM cYMiRüiii d’aneth , anetudu graveolens; de carotte, daucus carota; de daucus de Crète, athamantha creteksis , L. , etc. , contiennent de l’huile volatile, possèdent une propriété stimulante, et rendent à la thérapeutique les mêmes services que celles dont nous venons de parler. On mêle du cumin à l’avoine pour donner de l’appétit aux chevaux. M. Bouillon-Lagrange a retiré des graines de carotte, à l’aide dç la distillation, une huile volatile d’un jaune pâle: la décoction contenait du muriate de chaux , un principe amer, et du tannin. {Journ. de pharm. , décem. i8i5.)

Les auteurs de matière médicale accordent aux graines des ombellifères une propriété diurétique. Ces substances portent sur tous les tissus une impression excitante : elles ne peuvent augmenter le cours des urines qü’en stimulant l’appareil rénal , qu’on développant sa vitalité, qu’en pressant ses mouvements sécrétoires ; aussi les désigne-t-on sous le nom de diurétiques chauds.

Assa ou ASA i-QBTiDA. Asscv fœtidœ gtimmi. Sub- 1- 4i

DKS MlimC\ME>TS

sinncegommo-résincuse exlraile de la racine du fi'.rui.a AssA FtETiDA. L. Piaille vivace qui croît dans plusieurs contrées de l’Asie et surtout de la Perse. Celle plante se trouve dans les plaines et dans les lieux montagneux; on préfère, pour rexiraclion de la matière qui nous occupe , les individus qui viennent dans les plaines, pareequ’ils en fournissent davantage que ceux qui habitent sur les montagnes.

Kempfer nous a fait connaître le procédé suivi pour l’extraction de l’assâ fœtida. On choisit d’abord des racines qui aient au moins quatre ans d’existence : c’est vers le milieu du printemps et avant l’évolution de la lige que l’on relire le suc propre qu’elles contiennent: après le développement de la lige il en reste peu. On met à découvert la partie supérieure de ces racines , qui sont souvent plus grosses que le bras , même que la cuisse ; on la dépouille des feuilles qu’elle porte. Quelque temps après, on y fait une section transversale; un liquide épais, blanc comme de la crème , d’une odeur pénétrante , couvre bientôt la plaie : ou le laisse sécher à l’air et au soleil , puis on l’enlève avec soin. Pendant sa dessiccation, ce suc change de couleur, il devient brun et visqueux. On fait une nouvelle section à la racine , se bornant seulement à enlever la superficie ; on obtient un nouveau produit; on renouvelle cette opération jusqu’ci ce que la racine soit épuisée. Ce suc récent est d’une extrême fétidité, parcequ’il contient alors beaucoup de parties volatiles qui se répandent dans l’air. En se desséchant, il perd de son odeur, (^uand II est h l’état de siccilé parfaite, il est peu aromatique, il a en même temps

EXCFTANTS.

beaucoup moins (racîivité: observation qui devient très importante lorsque l’on veut juger la valeur thérapeutique de celte substance. Elle explique peut-être le désaccord qui existe parmi les praticiens au sujet de l’efficacité médicinale de cette gomme-résine : ceux qui la choisissent molle, très odorante, lui reconnaissent une grande Ibrce; elle paraît inerte à ceux qui se servent d’une assa fœlida sèche, inodore, privée de ses principes volatils.

On trouve 1 assa loetida dans le commerce en morceaux agglutinés d’une couleur brune ou fauve; dans l’iiilérieur on remarque des points blancs; exposée à I air et ù la lumière , Tassa fœlida acquiert une couleur plus foncée; elle prend un aspect rougeâtre. Elle est beaucoup plus soluble dans Talcohol que dans Teau.‘

M. J. Pelletier s’est occupé de l’analyse de celte substance; il a trouvé, dans 5o grammes d’assa fœlida , 02, 5o d’une résine particulière qui se colore en rouge par son exposition â la lumière : cette résine ne conserve l’odeur de Tassa fœtida que tant qu’elle reste imprégnée d’une portion d’huile essentielle; on y distingue une seconde odeur aromatique qui serait agréable si elle était isolée : 1 ,80 d’huile volatile à laquelle lassa fœlida doit son odeur et son âcrelé , 9,72 d une gomme semblable à la gomme arabique, 5,83 d’une matière analogue â la gomme de Rassora , des traces de raahle acide de chaux. ÇBulleUde pliarm., tom. 3, )

L’assa fœtida , en contact avec l’intérieur de la bouche, produit une sensation âcre et chaude ; elle exhale une odeur d’une fétidité singulière , que Ton a

DKS «tmCAMKNTS

comparée î» celle de l’ail , mêlée à des émana lions putrides. On prescrit cette substance le plus ordinairement en pilules. On choisit cette forme pharmaceutique, parccqu’elle est propre à masquer l’odenr de Tassa fœtida , à rendre son administration moins difficile. La dose est de 12 à 24 grains et au-delb. On trouve dans les pharmacies une teinture d’assa fœtida ; on en donne à la fois cinq h six gouttes dans une cuillerée de véhicule ; on s’en sert rarement à l’intérieur. Ou fait fréquemment prendre cette gomme-résine en lavement, et ce mode d’administration parait favorable aux succès thérapeutiques , quand une condition morbide de Teslomac , une excessive susceptibilité ou un état d’irritation de ce viscère, ne permet pas de porter dans son intérieur des substances stimulantes. Pourrait -on penser que cette gomme-résine, qui nous cause tant de répugnance , est employée par les Indiens pour assaisonner leurs mets ? Ils la regardent comme un excellent stomachique; elle est chez eux un condiment distingué. On s’étonne moins de la bizarrerie de ce goût quand on voit des Iriands rechercher avec avidité Tail et surtout certains fromages h demi putréfiés.

La propriété active de Tassa fœtida est facile h caractériser. Des faits nombreux prouvent que Tusage de cette gomme-résine stimule les tissus vivants, augmente l’activité des organes , suscite en un mot une médication excitante. Les Indiens connais.sentbien Tinllucncc que cette substance exerce sur l’appareil digestif, ils y ont recours pour aiguiser leur appétit. Ils ont remarqué que son usage journalier donnait au corps de Tem

excitamts.

büupoinl, sansdoule en faisant manger davantage, et en favorisant l’exercice des digestions. Souvent les premières prises d’assa fœtida provoquent quelques déjections alvines, qui tiennent à l’impression immédiate que cette matière stimulante porte sur la surlacè intestinale. Lorsque l’on prend une forte dose de ce corps gommo-résineux , ses molécules se répandent dans tout le système , tous les tissus organiques sentent leur puissance : le pouls devient plus élevé , le cours du sang s’accélère , la chaleur animale se développe , la perspiration cutanée devient abondante. Dans 1 Inde , Tassa fœtida est un moyen que Tou emploie pour éveiller les désirs vénériens. On éprouve de plus, pendant que le corps est sous la puissance de cet agent médicinal , des inquiétudes, de l’agitation, de Tauxiélé , comme ' Ta remarqué .Murray. {Ouvr. cité.) Administrée dans une alléclioQ inflammatoire , elle a exaspéré tous' les accidents fébriles , autre preuve du caractère stimulant de son opération sur les tissus organiques. On a remarqué enfla que les humeurs excrétées des individus qui faisaient usage de celle substance , étaient imprégnées, do son odeur. On assure que la transpiration des Indiens, qui en prennent journellement, est extrêmement fétide.

'Tous les effets que nous venons d’énumérer sont des attributs de la médication excitante ; ils attestent qu’une impression stimulante est alors portée sur toutes les parties du corps. L’assa fœtida paraît exercér une très forto influence sur l’encéphale , sur le prolongement rachidien , ainsi que sur les cordons ou les plexus nerveux. C’est de cette influence que nous ferons dé-

^^4^* DES Sl/iDUJAllEM'.s

j)cndrc 1 anxiété , 1 agitation , les inquiétudes , etc. , que les malades éprouvent parfois après l’ingestion de cette substance.

Rappelons-nous que, dans la l'ainille naturelle où se trouve le végétal qui nous fournit celte goinmc-résinc . sont réunies la grande ciguë, la ciguë aquatique , la petite ciguë , l’œiianthe, etc., plantes dans lesquelles existent des principes qui attaquent fortcinent l’appareil cérébral , qui causent du délire, des vertiges ,' des tremblements des membres , des convulsions , un état tétanique, épileptiforme, des congestions sanguines dans le cerveau , etc. L’assa fœlida n’aurail-il pas un faible degré de cette puissance si forte, si violente, dans les plantes que nous venons de nommer.^

Si les principes de l’assa fœtida ne portent sur l’appareil cérébral qu’une impression excitante, comment pourrons-nous trouver la raison des succès que celte substance a procurés dans le traitement d’une foule d affections, qui , distinctes en apparence par leur siège et par les , accidents qui les caractérisent, procèdent toutes de la lésion d’un point de l’encéphale, du prolongement rachidien^ ou de leurs enveloppes, ou bien des pJexus nerveux , et qu’en pathologie on a confondues sous le titre commun de maladies nerveuses ou spasmodiques? Ainsi on a souvent vu l’assa feetida, introduite da^s l’estomac ou injectée dans les gros intestins, faire subitement cesser des spasmes de l’œsophage , des hoquets rebelles, des étouffements, des accès d asthme , des palpitations de cœur, des vomissenienis, des crampes d’estomac, des coliques, etc., etc. Ou s eu est aussi servi avec avantage pour réprimer dos

EXCITANTS

uiouveiiienls convulsifs. Quand ces aüeclions onl cède à remploi de l’assa fœtida , elles étaient une lésion purement vitale des organes où elles se montraient, et ces derniers n’avaient subi aucune altération matérielle grave; la cause de ces affections se trouvait dans l’appareil cérébral, et de là elle retentissait, au moyen des communications nerveuses, dans les organes qui occupent la poitrine et le bas-ventre? Si cette cause était une irritation , un travail phlegmasique, il serait difficile de concevoir que lassa fœtida put la détruire; il semblerait au contraire que les molécules de cette gomme-résine devraient exaspérer cette modification morbide. Les praticiens savent que les médicaments excitants et diffusibles que l’on administre comme antispasmodiques, ne sont pas des remèdes sûrs, que trop fréquemment ils augmentent le mal au lieu de le calmer. Il est vrai toutefois que la lésion de l’encéphale et du. prolongement rachidien qui provoque les accidents dont nous venons de parler, offre un caractère particulier qui la distingue des irri^ tâtions que nous observons sur les autres tissus de l’économie animale. Cette lésion cesse d une manière inattendue, et se reproduit à des intervalles variés : elle affecte souvent une marche périodique; elle se montre par accès. Elle diminue et elle augmente sans cesse. Elle a une singulière mobilité, elle s’étend, se concentre, se déplace, et souvent parcourt toutes les régions de l’encéphale, du prolongement rachidien, tous les plexus nerveux en très peu de temps : selon le lieu qu'elle attaque , on voit les organes qui correspondent avec lui éprouver aussitôt un trouble , nu

(>4^ nus Ml'UlCASIlîTiXS

désordre dans leurs mouvements, dans l’exercice do leurs l'oiiclions. L opéralion de Passa fœlida ne peiilellu pas avoir un caractère particulier qui la rende propre à combattre quelques lésions spéciales de l’appareil cérébral?

Lorsque Passa fœtida arrête un vomissement prolongé, qu’ellemodère ou fait cesser une crampe d’estomac, des coliques, on peut croire que c’est la modification que cette substance imprime aux nerfs gastriques et intestinaux, et par propagation h la partie de l’encéphale ou de la moelle épinière, d’où ils émanent, qui amène cet heureux effet. C’est aussi par un changement dans l’état actuel des nerfs de la surface gastro-intestinale, et par communication de tous ceux de la poitrine et du bas-ventre , que Passa fœtida réussit à arrêter le cours désordonné de l’innervation , et à modérer, même à faire cesser un spasme de l’œsophage, un hoquet, un accès d’asthme, des palpitations de cœur, des mouvements convulsifs , etc. L’action de ses principes absorbés sur l’encéphale et sur le prolongement rachidien peut y contribuer. L’impression topique de celte gomme-résine peut aussi devenir une opération dérivative ou révulsive salutaire.

On assure que l’on a employé avec avantage Passa fœlida contre les névralgies ; si ces maladies sont produites par une phlogose des cordons nerveux, si c’esi l’inflammation de leur enveloppe ou de leur substance qui cause la douleur que les malades ressentent (les ueurites ou les névrilémites) , il reste à expliquer comment les molécules de Passa fœlida, qui doivent irriter ces parties , parviennent au contraire ù combattre

excitants.

leur étal morbide, et à ramener les nerfs h leur condition naturelle. .

Des praticiens raconbenl qu’ils ont vu l’assa lœlida . donnée dans le typhus contagieux et dans d’autres lièvres ataxiques , calmer des spasmes , des convulsions et divers autres phénomènes nerveux. Quand on pense que ces symptômes sont produits par une irntaliou , une phlogose des méninges , de l’encéphale ou du prolongement rachidien, on s’étonne de voir l’assu lœtida affaiblir ces lésions , diminuer les accidents qui on procèdent. On se demande si Tassa fœlida a une action spéciale sur l’appareil cérébral, ülais ne s estl-on pas laissé abuser par une fausse expérience? L’assa fœlida a pu déterminer une congestion sanguine encéphalique ou rachidienne; cet engorgement aura sus-, pendu l’influence nerveuse , tous les signes de l irritation auront cessé. Ou bien l’assa fœlida était sèche , inerte, et son action stimulante n’a pas eu lieu.

La propriété excitante que possède Tassa fœlida a rendu d’autres services à la thérapeutique. C’est par elle que cette substance a guéri des fièvres intermittentes ; Bergius vante sa vertu fébrifuge. G est encore de la propriété excitante de Tassa fœlida que naît sa qualité emménagogue : elle ne détermine la menstruatioii qu’en stimulant le tissu de l’organe utérin , peut-être aussi en imprimant une secousse au système artériel, en accélérant le cours du sang. On retrouvera encore le produit de la même force active, dans les eliéts expectorants que Cullen a vu produire à cette substance. Son influence sur le tissu pulmonaire réveillera la vitalité de ce dernier; elle pourra donc ser-

UJiS mèdicamknts

vir à rélnljlir l’énergie expultrice des poumons lors- (|ii’c!lc est allaiblie , à favoriser l’expectoration lorsqu’elle est difficile. On vante Tassa fœtida comme un puissant vermifuge : on assure que cette matière fait périr les vers intestinaux par les émanations dont elle remplit le canal alimentaire.

On a quelquefois appliqué Tassa fœtida sur les lu meurs indolentes , pour y déterminer un mouvement qui décidât leur résolution ou leur suppuration.

Sagapenum. Ce suc gommo-résineux est le produit d’une ombellifère : on pense qu’il est fourni par le l'EUULA PEiisrcA qui croît dans la Médie. Ce suc vient eu niasses sous forme de larmes rougeâtres à sa surface, blanches en dedans. Son odeur est désagréable ; elle se rapproche de celle de Tassa fœtida, mais elle est plus faible ; sa saveur est âcre et un peu amère. M. J. Pelletier a soumis à l’analyse chimique cinquante grammes de celle substance, il en a retiré , 27,15 de résine, 16,97 gomme, 0,80 de gomme insoluble et matières étrajigères ; o ,20 de malale acide de chaux ; et 5,90 d’huile volatile. ( Ballet . do pliarm, lom . 5.) Le sagapenum a une propriété excitante; il peut convenir dans tous lès cas où Ton veut stimuler un appareil organique ou tout le système : c’est là ce qui Ta rendu emménagogue, expectorant, etc. On se sert rarement aujourd’hui de celle matière médicinale.

Gomme ammoniaque. Gummi ammoniacum. On est encore incertain de quel végétal découle celle gomme-résine : seulement , les caractères botaniques des graines que Ton trouve mêlées avec elle font penser que la gomme ammoniaque est fournie par une plante

liXClTANTS.

oiiibellitere. Olivier croyait qu’elle provenait du berula rensicA. Wildenow a semé la graine qui accompagne toujours cette substance; il en a obtenu un hcracleuith qu’il nomme Uebacleum gummiferum ; mais cette expérience est-elle bien concluante ? D autres prétendent que c’est le Ferula ferulago, Desfonl.,qui donne la gomme-résine qui nous occupe. Quoiqu il en soit, la gomme ammoniaque nous vient d’hgyple et des Indes orientales. Il paraît qu’on l’a d abord retirée d’une contrée de l’Egypte où Jupiter Ammon avait un temple, et que c’est de là que lui vient le nom d’ammoniaque.

Cette substance est solide, on la trouve en larmes blanches qui en vieillissant deviennent jaunes, et en masses jaunâtres considérables , dont l’intérieur présente des morceaux de la grosseur d’une amande, qui sont plus blancs et plus purs. Elle a une saveur légèrement amère et désagréable, une odeur iaible. Lorsque l’on distille la gomme ammoniaque avec l’alcohoi ou avec l’eau , il ne passe aucun principe de cette substance dans le produit de la distillation. Cent parties de cette gomme résine, soumises par M. Braconnot à l’analyse chimique , ont fourni i8,4 de gomme , 70 de résine , 4»4 d’une matière glutiniforme insoluble dans l’eau et dans l’alcohol, 6 d’eau; 1,2 de perte. [Annal, de chimie, loin. 68.) On donne la gomme ammoniaque en pilules, ou en solution dans un véhicule convenable.

La gomme ammoniaque exerce sur les tissus vivants une impression stimulante. Quand on la donne à une dose élevée , comme vingt grains à la fois , elle occa-

l)liS MioICAMli^TS

sione des nausées, de la soif, un vil senliment de chaleur à la région épigastrique , même des déjections alvines. Ces eftels n’onl plus lieu si l’on emploie des quantités moindres de cette matière gommo - résineuse , comme de quatre à six grains : son impression se borne dans ce cas à éveiller l’activité des forces gastriques , h favoriser l’exercice de la digestion. Quel que soit le produit de l’opération immédiate de la substance qui nous occupe sur la surface intestinale , il est toujours indépendant des changements ultérieurs que l’on aperçoit dans les divers appareils du système animal , lorsque l’on administre une dose assez forte de cette substance pour que ses principes absorbés rendent son influence générale. En effet, une excitation se manifeste alors sur tous les points du corps : celleci est évidemment le produit de l’impression que font sur tous les tissus les molécules de la gomme ammoniaque que l’absorption a importées dans les canaux circulatoires.

Est- il étonnant que l’on vante cette substance comme un puissant expectorant , dans les catarrhes chroniques , dans l’asthme humide , dans les péripneumonies fausses , etc. ? Lorsque des mucosités toujours renaissantes semblent remplir les bronches , que l’action expultrice des poumons paraît affaiblie , que les efforts de la toux sont insuffisants pour débarrasser les voies respiratoires , le praticien trouve dans la gomme ammoniaque une ressource précieuse. L’impression ([u’elle porte sur les nerfs de la surface gastriquese transmet aussitôt à ceux des poumons; de plus, les molécules de ce corps gommo-résineux qui pénètrent dans les vais-

EXCITANTS

seaux vont aiguillonner le tissu de ces organes : aussi l’observation démontre-t-ellcqu’après l’usage de cette substance , l’expectoration devient plus facile et plus abondante , l’oppression diminue, le malade se sent soulagé. Est-il impossible qu’après une irritation ou une phlogose de la plèvre , qui a provoqué une exhalation morbide de sérosité, l’action de cette substance en décide l’absorption ? La gomme ammoniaque serait-elle mutile dans l’œdème des poumons ? On emploie avec succès , comme un puissant moyen incisif, une potion faite avec un gros environ de gomme ammoniaque , une once d’oxymel scillitique ou de sirop de lierre terrestre , et quatre onces d’eau distillée d’hyssope , de menthe ou de roses : on la donne par cuillerées.

La gomme ammoniaque passe pour un excellent emroénagogue. Quand on administre cette substance, son influence stimulante s’étend à tout le système animal ; mais si l’on considère seulement son action sur l’appareil utérin , on reconnaîtra que , dans bien des cas , elle peut aider la formation de la congestion sanguine qui précède et amène 1 écoulement menstruel. La nature des effets immédiats que suscite cette substance annonce qu’elle convient principalement quand les règles sont retenues par un défaut de vitalité de l’utérus, ou par une débilité qui embrasse tout le corps, comme cela se remarque souvent dans les jeunes filles qui habitent les grandes cités.

Parlerons-nous de la vertu fondante que les auteurs de matière médicale attribuent à la gomme ammoniaque ? Avant de chercher à éclaircir le caractère de cette vertu , à exposer le mécanisme de son opération

DJiS médicaments

ihérapeulKjuc , il faut bien s’entendre sur l'espèce de lésion pathologique que l’on désigne par les titres d’engorgenient, d’embarras, d’obstruction; car la matière médicale prend toujours pour guide les lumières de la pathologie, et ses explications sont claires pour les afl'eclions dont la nature est bien connue. Si l’usage de la gomme ammoniaque a dissipé des intumescences de viscères , c’est qu’elles étaient dues seulement à un ramollissement de leur tissu avec con gestion sanguine : l’impression stimulante que cette substance porte sur ces parties , est bien propre à combattre la modification morbide qu’elles ont alors éprouvée, à les ramener par un autre mode de nutrition à leur condition naturelle. Mais si ces intumescences viscérales étaient causées par une hypertrophie, la gomme ammoniaque pourrait augmenter le mal , en ajoutant encore à l’énergie de l’action assimilatrice. Si elles étaient formées par un endurcissement des tissus organiques, cette substance aurait-elle la puissance de corriger cette altération matérielle , en donnant dans ce point du système animal un autre jeuè l’absorption et à la nutrition , en renouvelant en quelque sorte la partie malade? Enfin la gomme ammoniaque serait nuisible, si l’intumescence était produite par un travail inflammatoire. Aussi à mesure que l’anatomie pathologique a fait des progrès , et que l’on s’est occupé davantage de déterminer le caractère, la nature des lésions morbides que l’on appelait embarras , obstructions des viscères, on a vu devenir plus rare l’usage des pilules que 1 on employait si souvent sous le nom de fondantes, et que l’on composait avec la gomme ammoniaque.

r-XCITAXTS.

l’extrait des plantes chicoracécs , des plantes amères , le savon , etc.

On emploie fréquemment en topique la substance jromino-résineuse qui nous occupe. On en recouvre les tumeurs indolentes ; elle y excite un mouvement intestin qui détermine leur résolution ou qui hâte leur suppuration. Elle entre dans la composition de 1 emplâtre fondant , de ciguë . diachylum gommé , etc. C’est toujours une force stimulante que la gomme ammoniaque met en jeu ; cette force explique les suc-, cès de son usage extérieur comme ceux de son usage interne.

Galbanum. Galbanl gmnmi. Suc gommo-résiueux que l’on retire du Bubon galbanüm. L. Cette plante, croît dans l’Asie et dans l’Afrique. On pratique des incisions au collet de sa racine; il en découle un suc laiteux qui s’épaissit 5 l’air. Ce suc nous vient en masses de diverses formes; il est roussâtre à l’extérieur, plus blanc en dedans et tacheté ; il offre souvent une sorte de transparence.

M. Pelletier a retiré de 5o grammes de galbanüm 35,4? de résine, 9,64 de gomme, 3,76 de bois et corps étrangers, 3,17 d’huile volatile et perte, des traces de malate acide de chaux. Le galbanüm a une odeur désagréable , une saveur âcre et amère. Il fait sur les tissus vivants une impression stimulante; aussi les auteurs recommandent de ne l’employer qu’avec précaution , lorsque le pouls est vif et fréquent , lorsqu’il existe un état fébrile. On attribue au galbanüm les mêmes vertus thérapeutiques qu’à la gomme ammoniaque : on le conseille dans l’asthme humide, dans

UES m/'.hioaments

les catarrhes chroniques, lorsque. l’on veut faciliter l’expectoration. On le cite comme un uioycn emménagogue , un antispasmodique , un carminalif, éprouvés par l’expérience. On l’administre de la même manière et ù la même dose que la gomme ammoniaque.

Opopanax. Gummi opopanax , opopanacum. Gomme-résine que nous trouvons en grumeaux ovoïdes, durs, rougeâtres en dehors, variés de jaune eide rouge en dedans. Elle découle, sous la forme d’un suc lai-, leux , du collet des racines du Pasxinaca opopanax , L. , auxquelles on fait des incisions : on laisse durcir ce suc au soleil. La plante qui fournit cette substance croît spontanément dans les provinces méridionales de la France , en Italie et dans le Levant. C’est dans cette dernière contrée que celte plante fournit le suc gommo-résineux qui nous occupe. Gouan assure qu’en France ce suc est seulement gommeux , et non point résineux ; d’un autre côté , les chimistes ont remarqué qu’il n’y avait pas de constance dans les proportions de gomme et de l'ésine qui composent cette substance. C’est dans l’influence du climat et dans l’âge de la plante que l’on doit trouver la raison de la dissemblance qui existe dans la constitution intime de ce produit végétal.

M. Pelletier a soumis l’opopanax à l’analyse chimique; il a obtenu de cinquante grammes : résine, 2 1 ; gomme, 16,70; extractif, 0,80; amidon, 2,10; acide, malique, 1,4»; ligneux, 4,90; cire, o,i5; huile volatile et perle, 2,05; des traces de caoutchouc. Celle substance exhale une odeur désagréable; elle imprime

lîXCITANTS.

sur la langue une sensation de chaleur et d’aniertuiue; elle a une action excitante pour tous les appareils organiques. Quand on en donne à la Ibis une forte dose , comme un demi-gros ou un gros, son contact devient pénible pour la surface intestinale; il en résulte des déjections alvines. On la regarde comme propre à faire couler les règles; on la conseille dans l’asthme, dans les toux humides, dans les maladies du cerveau, dans la paralysie. Les diverses vertus qu’on lui a attribuées ne sont toujours que sa propriété excitante vue sur un point particulier du corps , ou considérée dans les résultats de son exercice sur des individus actuellement malades.

Famille naturelle des crucifères.

Les plantes crucifères semblent former un peuple h part dans le monde végétal. Si elles portent des caractères botaniques bien tranchés, elles sont en même temps distinguées par une composition intime qui leur est propre. Nous devons surtout signaler ici ce principe âcre , volatil , pénétrant , dont elles recèlent toutes nne proportion plus ou moins forte. La nature de ce principe est encore mal déterminée : on l’a comparé à l’alcali volatil ; d’autres ont pensé qu’il se rapprochait des acides : on dit que c’est une espèce d’huile volatile-, pareequ’on ne connaît pas dans les produits de la végétation une matière à laquelle elle ressemble plus qu’à celle-ci par ses propriétés physiques et par ses qualités sensibles. Toutefois il faut convenir que le principe des crucifères n’est point une huile volatile comme celle des labiées , et

658 DES h/;i)icamf.nts

que ce principe leur apparlicnl comme la forme de

leurs Heurs et celle de leurs Iruils.

ün a retiré des plantes crucifères du soufre , même du phosphore. On pense qu’elles recèlent de l’azolc ; c’est même par la présence de cet élément que l’on explique pourquoi ces plantes se putréfient si facilement , et pourquoi elles exhalent alors une odeur d’ammoniaque avec une fétidité insupportable.

Les plantes de cette famille contiennent de plus une grande quantité de fécule , d’albumine et de mucilage. On peut juger de l’abondance de ces matériaux quand on procède à la dépuration du suc de ces plantes.

On pourrait distinguer des matériaux médicinaux et des matériaux alimentaires dans la composition intime des crucifères : ces plantes fournissent à l’homme autant d’aliments que de médicaments. En se représentant l’intérieur de ces végétaux , on voit que ce sont leurs parties albumineuses, amilacées et mucilagineuses qui nourrissent ; on reconnaît en môme temps que les propriétés médicinales des crucifères procèdent du principe âcre et pénétrant qui les caractérise. Remarquons que, si 1 on cherche une nourriture dans ces plantes, on les prend h une époque peu avancée' de leur végétation. C’est quelques semaines seulement après les avoir semées, et avant la sortie de la tige, que l’on récolte les navets , les raves , les radis’. Alors on ne trouve dans la constitution

> Pourquoi la bonté du Créateur n’a-t-elle pas permis que nous obtenions les tubercules .farineux de la pomme ,

KXCITANTS.

fie ces racines que des malériaux doux , susceptibles de former du chyle; le principe actif y est rare , et sert seulement à corriger la fadeur des autres matières. Les feuilles du chou que l’on mange sont blanches , tendres , étiolées : la cuisson les dépouille encore de leur odeur et de leur saveur, etc. On se conduit autrement quand on demande aux crucifères des agents médicinaux. On laisse au principe âcre et volatil , qui fait le mérite de ces agents, le temps de se former. Ce n’est plus la première année de sa végétation que l’on récolte la racine de raifort sauvage pour des emplois thérapeutiques. On attend le moment de la floraison pour trouver dans le cresson son activité médicinale aussi développée qu’elle peut l’être.

Les plantes crucifères perdent une grande partiq^ de leur odeur et de leur saveur par la dessiccation :• leur puissance médicinale s’afl’aiblil en même temps;

de terre aussi facilement que nous obtenons les racines du radis, du navet? Peut-on concevoir le résultat d’une pareille ressource : la pomme de terre sortant en six semaines d’une graine, la possibilité d’en faire plusieurs récoltes par an, d’en semer dans les moments de disette, etc. ? au lieu que nous ne prenons les tubercules de la solanéc parmentière qu’au moment des récoltes, qn’après que cette plante a poussé ses tiges, que quand elle est parvenue à sa fructification. Loin de sortir d’une graine, ces tubercules sont eux-mêmes destinés par la nature à reproduire l’année suivante de nouveaux individus : c’est un don que la plante nous fait en mourant.

DliS MtuiCAMLRTS

(Uio

elle procède de la uiêine cause. Aussi recommandel-oii d’employer toujours cos plantes dans un état de fraîclicur ; les pharmaciens n’en conservent pas dans leurs ollicines. Il n’y a d’exception que pour la graine de moutarde : ce privilège vient de ce que les semences ont une vie latente qui défend leur substance contre l’altération qu’éprouvent les feuilles, les écorces , les Heurs, etc.; la graiue de moutarde, que l’on garde dans un vase , ne se dessèche pas.

Les productions médicinales que fournissent les crucifères font une vive impression sur toutes les surfaces vivantes. Les émanations qui s’en échappent irritent la conjonctive, et donnent lieu à une grande effusion de larmes : leur action sur la membrane olfactive offense les nerfs qui la recouvre, et produit un mouvement instantané, une sensation violente et douloureuse : ces productions , mises dans la bouche , échauffent celte cavité et celle de la gorge : appliquées sur la peau , elles la rubéfient, et souvent elles y déterminent un effet vésicant: prises en petites quantités à la fois, elles ouvrent l’appétit, et favorisent l’acte de la digestion : l’homme les mêle comme assaisonnement à sa nourriture: si ou les donne à haute dose, elles tourmentent l’organe gastrique, elles occasionent une vive chaleur à l’épigastre, des douleurs d’estomac , des rapports, des nausées, etc. Lorsque le principe d’où les crucilères tirent leur activité est assez abondant dans la matière végétale que l’on ingère pour que ses molécules se répandent dans le corps, tous les tissus , tous les organes éprouvent sa puissance : les sécrétions sont plus fortes, ou ressent une ardeur.

lîXCITANTvS.

uue irritation générale. Mais ce grand mouvement dure peu : les molécules cjui causent ces ellets immédiats ne tardent pas à paraître dans les humeurs excrétées, dans la transpiration cutanée, dans 1 urine, dans le lait, etc.

Raifout sauvage, lîaphani rusticcini seu armoracioivcicLix^ Racine fiu cochlearia abmoracia. L. Plante vivace c|ui so trouve dans cjuelcjues contrées de la France : elle habite les lieux humides, près des ruisseaux; on la cultive dans les jardins. On la connaît aussi sous les noms de cran, de cranson rustique , de grand raifort.

Cette racine est cylindrique , épaisse et blanche ; elle recèle une grande proportion du principe volatil des crucifères, et ce principe montre en elle une puissante activité. Par la distillation , elle fournit un peu de matière huileuse plus pesante que l’eau , et dans laquelle on retrouve les qualités âcres et pénétrantes du principe dont nous venons de. parler : cette racine contient aussi de l’albumine et de la fécule. On en a extrait du soufre. Bien qu’elle perde par la dessiccation beaucoup de son odeur et de sa saveur , elle conserve encore de la force , de la vertu ; séchée et mise en poudre , on en fait dans le Nord une sorte de moutarde , en l’humeclant avec le vinaigre.

Pour les usages pharmaceutiques , ou recommande de prendre toujours la racine de raifort fraîche : l’eau, le lait, la bierre, le vin, l’alcohol s’emparent de ses matériaux médicinaux et des propriétés qui y sont attachées. On la coupe par petits morceaux , et on la met infuser dons ce.s excipients pendant vingt (piatre

DES MilUlCA.MENTS

heures , ayant soin de bien boucher le vase dont on SC sort. On peut verser l’eau ou le lait bouillant sur la racine de raifort râpée; au bout de quelques instants , le véhicule possède toute l’énergie médicinale de celte racine. On fait un vin de raifort en mettant une à deux onces de cette substance infuser dans deux livres de vin blanc.

Les organes des sens trouvent dans le raifort une propTiété agissante très développée. Les émanations qui s’en échappent blessent la conjohelive et la membrane olfactive; en contact avec l’intérieur delà bouche , cette racine donfié un sentiment de chaleur; appliquée sur la peau, elle la rend plus rouge, plus sensible, etc. Jusqu’ici l’action du raifort nous présente un caractère irritant; mais quand on suit l’influence qu’il exerce sur tout le système , et que l’on examine les efiels que les molécules de celte substance produisent après leur absorption, on reconnaît qu’elle agit sur les organes en les piquant , en les aiguillonnant. Ce qui était pour les surfaces internes et externes une irritation devient une excitation pour les fibres qui constituent les appareils organiques. Sous l’impression des principes actifs du raifort , les premières se contractent plus vile , ce qui rend les mouvements des derniers plus rapides.

Lorsque l’on administre à l’intérieur une forte dose d’une préparation de raifort , on observe un ordre de symptômes qui parlent de l’estomac, et qui aileslent que ce viscère supporte avec peine l’impressioii que le médicament fait sur sa surface intérieure : une chaleur profonde qui correspond â l’épi-

excitants.

gaslre , une soilc de malaise général produit par la sympathie qui existe entre l’organe gastrique et toutes les parties du corps, des nausées, même des vomis semenls, etc. Ces accidents sont passagers ; car si le raifort a une action vive , pénétrante sur les voies alimentaires, elle est en même temps peu tenace; elle s’évanouit bien vite. C’est après ces premiers cCfels que se manifestent les changements généraux auxquels donnent lieu les molécules du raifort qui ont été absorbées , comme un pouls plus fréquent , une ardeur interne universelle , des sécrétions plus abondantes , principalement celle des urines , etc.

La racine de raifort sauvage passe, à juste litre, pour un moyen stomachique efficace ; mais on ne donne que des petites quantités de cette substance quand on veut seulement agir sur l’appareil digestif. Dans ce cas , elle aiguise l’appétit , elle fait manger davantage et digérer plus vite ; de plus , en stimulant l’organe du goût , elle éveille sa faculté sensitive , et l’on perçoit mieux la saveur des mets. Il est des pays où l’on fait un usage habituel de la racine de raifort aux repas : on la mêle aux aliments ; c’est pour cela ([u’on la nomme moutarde des capucins , moutarde des Allemands.

Justement renommé par sa vertu stimulante, le raifort' est indiqué surtout dans les affections pathologiques qui , produites par l’inertie , par la débilité matérielle ou vitale des tissus organiques , réclament un remède propre à redonner de l’activité à tout le système animal , ou seulement à quelques unes de ses parties. Tous les jours nous voyons les composés pharmaccu-

DliS JIJ.ÜICAMKjNTS

tiques dont celle racine est la base , signaler leur ellicacit»^. clans la longue série des maladies qui semblent produiles ou enlrelcnues par un vice scrophuleux. Ce sont des secours précieux lorsqu’il exisle une lendance à I intumescence des ganglions lymphatiques , une mollesse ou une nutrition insuffisante de tous les tissus, un développement trop marqué du système cellulaire , une pcâleur profonde , etc. Dans ce cas , on donne, le malin , h midi et le soir, deux cuillerées de vin de raifort, ou mieux eneore , d’un vin dans lequel on a mis infuser avec le raifort un amer tonique, comme la fumeterre , la ménianthe , la gentiane, etc. C’est sans doute à la possession d’une double vertu, excitante et tonique, que le vin et le sirop anliscorbulique doivent la réputation bien méritée qu’ils ont acquise. L’action stimulante du raifort seule serait trop passagère; les changements salutaires qu’elle détermine dans les actes de la vie sont maintenus par l’influence plus durable , plus opiniâtre de la vertu tonique. Quoi qu’il en soit, les effets immédiats qui suivent l’impression des médicaments dont nous venons de parler ne sont pas la source unique des avantages thérapeutiques que j)rocure leur emploi ; il faut aussi compter le produit du nouveau mode d’exercice qu’ils font prendre aux fonctions nutritives; il faut avoir égard à la restauration que reçoit alors la complexion intime du sang et des tissus organiques.

Il n’y a point, en pharmacologie , de célébrité qui surpasse celle du raifort pour la guérison du scorbut. Que ne doit on pas attendre de la faculté excitante de celle plante dans une maladie (|ui énerve

excitants.

toutes les forces organiques, si la nourriture du malade et les autres moyens diététiques favorisent le traitement? car c’est un usage prolongé et journalier du raifort qui peut seul procurer dans ce cas des succès: sa force curative se lie aux effets bienfaisants des aliments, de l’air, etc.

Dans les catarrhes chroniques, dans 1 oedème des poumons , ou voit le raifort faire rendre des quantités considérables de crachats , puis diminuer peu à peu la sécrétion des mucosités que fournissent les bronches , parceque l’action de ses molécules dissipe le gotiQement atonique du tissu pulmonaire, et surtout de la membrane muqueuscqui tapisse l’intérieurdes voies aériennes. On conçoit facilement pourquoi les auteurs recommandent de ne point se servir de cette plante quand la toux est accompagnée de sécheresse de poitrine ou de crachement de sang.

Il semble que tous lés moyens qui excitent les forces de l’estomac soient favorables aux goutteux , hors des accès, et è ceux qui sont tourmentés d’un rhumatisme chronique. Est-ce là ce qui a rendu le raifort utile dans les maladies dont nous venons de parler. Bergius , qui attribue h cette racine une vertu anti-arthritique, en faisait prendre tous les matins, pendant un mois , une forte cuillerée , râpée ou coupée en très petits morceaux. On avalait cette racine sans la mâcher, et l’on buvait par-dessus huit onces d’infusion des sommités du genévrier. Bergius dit que ce remede échauffe à peine l’estomac , si ce n’est vers la fin du traitement. Pilé et appliqué sur le lieu qu’occupe le rhumatisme , le raifort a quelquefois procuré du

<'Cf> DES MÉDICAMENTS

soiilagcmcnl ; il agit alors comme un topitjue rubéfiant.

Le raifort est conseillé dans l’hydropisie : l’infiltration cellulaire du corps, ou un épanchement séreux dans ses cavités, sont des phénomènes pathologiques qui tiennent ordinairement h des causes que cette racine n’a pas la puissance de détruire. Cependant , comme elle excite fréquemment la sécrétion des urines, elle peut devenir , dans ces affections , un secours très utile : souvent le raifort a diminué notablement l'oppression des hydropiques. On a vu cette racine déterminer 1 expulsion des vers intestinaux : en traver sant les voies alimentaires, elle agit à la fois sur le tissu des intestins , dont elle augmente la vitalité , et sur les vers qui doivent être blessés par l’impression mordicante des principes dont cette racine est remplie.

CocHLÉARiA. CoclilearicB kortensis kerba. Feuilles du COCHLEARIA OFFiciNALis. L. Plante annuelle que l’on trouve dans nos jardins, où elle se resème d’ellemême, et qui croît dans les lieux maritimes de l’Europe septentrionale , en Angleterre , dans la Belgique , etc. On rencontre le cochléaria au bord des ruisseaux, sur les hautes montagnes. On l’appelle aussi herbe aux cuillers. Son nom vient de la forme de ses feuilles radicales , qui sont arrondies , épaisses et concaves.

Ce sont surtout ces feuilles que l’on emploie en médecine : on les prend toujours fraîches ; on en a retiré une matière huileuse , de couleur jaune. M. Tordeux a constaté que l’extrait de cette plante contenait du

excitants- ‘

nilrale de potasse. Le suc dépuré de cochléaria conserve toute la vertu de celte plante : elle cède ses matériaux actifs et ses propriétés médicinales à l eau , à la bière . au vin . à l’alcohol. En distillant cette plante avec ce dernier liquide . on obtient l’alcoholat de cochléaria. Celui que Ton connaît dans les pharmacies sous le nom d’esprit ardent de cochléaria est le produit de la distillation de l’alcohol sur la racine de raifort pilée et sur les feuilles de cochléaria.

Ces feuilles possèdent h un degré assez marqué les qualités sensibles des crucilères ; elles causent sur 1 organe du goût une sensation d’âcreté avec quelque chose d’amer. Si l’on administre à l’intérieur un composé qui contienne les principes actifs du cochléaria , ces derniers se répandent dans tout le système ; ils aiguillonnent les organes , ils accélèrent leurs mouvements. Leur action sur les reins augmente la sécrétion des urines ; sur la peau , cette action donne plus d énergie è la fonction exhalante de cette surface ; sur le canal intestinal , elle déterminera l’expulsion des flatuosités qui y séjournent : de là les vertus diurétique , diaphorétique, carminative , que les auteurs concèdent à cette plante.

Le cochléaria entre dans la composition du vin antiscorbulique : sa faculté active contribue aux vertus que ce médicament recèle et aux avantages qu il procure dans le traitement de beaucoup de maladies, il n’est pas difficile de décider pourquoi cette plante est utile quand le corps est dans un état de cachexie, quand les fonctions réparatrices du matériel des organes sont languissantes; quand il y a bouffissure gé-

nérale, pâleur de la peau, faiblesse musculaire, etc.

On l’ail mâcher des feuilles de cochléaria aux personnes qui ont les gencives relâchées, des ulcérations autour de la racine des dents , l’halcine fétide, etc.

Crüsson de fontaine. Nasturtii aquatici licrba. SiSYMBBitM NASTURTIUM. L. Plante annuelle et bisannuelle qui croît spontanément au bord des fontaines et des rivières. On la cultive facilement dans les lieux à demi inondés , même dans les endroits un peu ombragés des jardins, en 1 arrosant sans cesse. On préfère le cresson des eaux courantes.

On se sert des feuilles et de la tige de cette plante. On la mange en salade; on la met comme assaisonnement autour des volailles rôties et de quelques autres mets. Nous remarquerons que l’on ne prend pour cet usage que les jeunes pousses du cresson , cueillies avant l’époque de la floraison ; alors la saveur de cette plante est d’une âcreté agréable. Le pharmacien , qui y cherche des principes médicinaux, doit attendre que le cresson soit plus développé , que sa constitution intime soit plus riche de matériaux actifs.

Le principe volatil des plantes crucifères n’est pas, dans le cresson , aussi abondant que dans le raifort et dans le cochléaria ; il montre de plus moins d’activité ; s’il se fait sentir aux organes du goût et de l’odorat , il ne les blesse pas. Le cresson contient du mucilage, de l’albumine et de la fécule ; on prend fréquemment son suc dépuré ; on le mêle avec celui de fumeterre , de chiaorée sauvage, de ménianthe et de cerfeuil. On ajoute le cresson au bouillon gélatineux de veau , de poulet, de grenouille, à celui d’oseille, etc. ; mais la

EXCITANTS

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