MINÉRALOGIE , GÉOLOGIE
Notions générales.
«L’ensemble des connaissances relatives aux matériaux inanimés qui constituent la planète que nous habitons comprend plusieurs sciences : la minéralogie^ qui étudie et classe les minéraux; la géognosie (i), qui s’occupe de la structure et de la disposition des différentes parties du globe; \di géologie Qi)’> qui en recherche l’origine, la formation et l’âge relatif. Les deux premières sciences se bor-
'A) De yyi, la terre ^ et de yva>çiç, connaissance.
(2) De ■)/«, la terre , et de discours.
On a voulu substituer le mot gëoge'nie (du grec et de yilvo/Acti, engendrer) à celui de ge'ologie , parce que cette dernière science n’ètait d’abord qu’un amas de vaines the'ories qui ont été remplacées par des connaissances beaucoup plus positives, qui semblent en faire une science nouvelle. Le mot géogénie paraissant restreint à l’origine de la terre , je crois devoir n’employer que le mot géologie, qui se prête à une acception beaucoup plus large.
Corps anorg.
lient à l’observation des faits. La dernière les compare, cherche à en tirer des conclusions, et n’effleure point seulement la surface de la terre ; elle tend , par induction , à déterminer ce qui se passe à des profondeurs où jamais l’homme ne pourra parvenir, et va puiser dans toutes les sciences les lumières nécessaires pour pénétrer dans les ténèbres qui couvrent les premiers âges du monde. La géologie, en un mot, est l’histoire des révolutions matérielles du globe.
La minéralogie ne s’occupe que d’étres anorganiques (i). La géognosie et la géologie n’existeraient point si elles négligeaient l’étude des restes des nombreux êtres qui ont vécu à la surface du sol , et qui se trouvent actuellement enfouis à des profondeurs variables,
La zoologie est un auxiliaire puissant de la géologie; ce n’est qu’à dater de l’époque où le génie de Cuvier rassembla des débris de squelettes pour en reconstituer des êtres complets, d’après des principes que lui seul avait trouvés, que la géologie mérita réellement le nom de science. On sut alors que des races tout entières d’animaux avaient cessé d’exister, et qu’il en était même qui n’avaient point d’analogues parmi les espèces vivantes.
Les végétaux, non moins inléressans, mais d’une étude
(i) Elle comprend aussi quelques corps d’origine évidemment organique, comme les charbons fossiles, lesuccin, etc., qui figurent fort mal parmi les minéraux, et qui n’y trouvent place qu’en s’éloignant des principes de la classification. Il existe une transition tout à fait insensible lorsque l’on compare ensemble le bois des arbres des forêts actuelles avec certains ligniîes^ ceux-ci avec des ve'ge'taux fossiles que l’on trouve dans les bouillières, et enfin ces derniers avec la houille ellemême. Ne pouvant judicieusement faire rentrer ces matières dans une classification qui ne doit recevoir que des corps simples ondes compose's zn proportions definies, j’en donnerai un petit tableau à part, qui sera comme un appendice à la botanique et à la zoologie des fossiles.
d’histoire naturelle. 5
plus difficile, à cause du peu de différence que l’on observe dans la disposition des organes qui persistent le plus souvent, promettent aussi les plus heureux résultats (i).
Les minéraux sont des produits naturels qui n’ont jamais vécu. Ils peuvent être solides, liquides ou gazeux. On n'entend par ce nom que ceux qui existent à la surface ou dans le sein de la terre 5 mais il paraît évident qu’ils ne sont que des parties d’un ordre plus étendu qui comprend tout le système sidérai.
\je?) fossiles sont les restes d’êtres qui ont vécu et qui se trouventenfouis dans lesol.On ne rencontre guère à cetétat que le système osseux des vertébrés, le test des mollusques et l’enveloppe des crustacées et des radiaires. Cependant 011 trouve quelquefois des poissons presque entiers dans certains schistes, comme ceux de la Bourgogne \ et l’on a vu, dans la Sibérie , des pachydermes parfaitement conservés dans la glace, probablementdepuis plusieurs milliers d’années. Quant aux restes de végétaux, ceux que l’on retrouve le plus communément sont des troncs de monocotylédones cryptogames ou phénogames , comme les fougères en arbre, les palmiers, etc., auxquels il faut joindre une foule d’espèces perdues.
Les fossiles ont quelquefois été détruits ; mais ils ont pu laisser leur empreinte dans des parties plastiques. Ces espèces de moules ont aussi quelquefois été remplis par des particules suspendues ou dissoutes dans un liquide, qui se sont agglomérées , et il en est résulté une co/ztrequi peut représenter fidèlement le corps détruit. Les matières qui empruntent ainsi des formes étrangères, sont ordinairememt le bisulfure jaune de fer , la silice et le calcaire.
(î) Leur étude a été faite par M. Ad. Brongniart,
On donne le nom de substances pétrifiées (i) à des corps organiques dont les tissus, en conservant leur forme, ont été détruits et ont changé de nature par l’infiltration d’une matière dissoute qui est ordinairement la silice. Le bois se présente souvent à rétat de pétrification, et cette transformation s’opère continuellement sous nos yeux dans les eaux courantes et siliceuses.
Il faut bien distinguer les pétrifications des incrustations qui sont simplement produites par une matière qui en a recouvert une autre , en l’enveloppant comme une espèce de croûte. Il existe beaucoup de sources qui jouissent de la propriété d’incruster. Cela est dû à ce que leurs eaux tiennent en dissolution du bicarbonate de chaux qui ne peut exister que sous une assez forte pression et à une basse température-, lorsque ces eaux sortent de la terre, elles ne sont plus alors dans des circonstances favorables à l’existence du bicarbonate qui perd la moitié de l’acide carbonique qu’il renferme et devient carbonate neutre , insoluble , qui se dépose en s’agglomérant sur les corps.
La minéralogie, étudiant les parties les plus simples qui entrent dans la formation de la terre, sera exposée la première^ la géologie viendra ensuite. La géognosie se trouvera fondue dans ces deux sciences : en parlant de chaque espèce minérale, on citera ses associations et son gisement^ ce sera en esquissant l’histoire des révolutions du globe, que l’on parlera de la disposition des différentes parties qui en forment la couche accessible.