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DEUXIEME CLASSE

MÉTAUX AUTOPSIDES.

ANTIMOINE. Toutes les substances de ce genre donnent un produit volatil au feu de réduction , qui apparaît sous forme de vapeurs blanches. L’antimoine natif, la stibine, l’exitèle, la stibiconise et le kermès ne laissent point de résidu. La stibiconise, seule, est infusible au feu d’oxidatiou. L’acide nitrique attaque toutes les espèces du genre excepté la stibiconise , il laisse un résidu d’acide antimonieux insoluble dans l’eau. Il n’y a que le zinkénite, la bournonite et Fhaidingérite qui donnent un produit soluble, qui présente différentes réactions. Le riisidu, insoluble dans l’acide nitrique, peut se dissoudre dans l’acide

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chlorliyclnque et donner une liqueur qui pre'cipite en blanc par l’eau,

et en rouge de brique par l’hydrogène sulfuré ouïes hydrosulfates.

Ajvtimoikie natif. Régule cV antimoine . Sb. Eclat métallique d’un blanc bleuâtre, fragile , cassure droite présentant une espèce de clivage, pesant G, 7 ; fusible, volatil^ donne des vapeurs blanches qui n’ont pas l’odeur de l’arsenic , et qui se déposent sur les parties froides. L’acide nitrique l’attaque facilement et le transforme en une poudre blanche, insoluble dans l’eau, qui est de l’acide antimonieux ; l’acide chlorhydrique la dissout, et l’eau fait naître un précipité blanc d’oxichlorure d’antimoine dans sa dissolution; l’hydrogène sulfuré y fait naître un précipité rouge de brique.

L’antimoine natif renferme presque toujours de l’arsenic, dont la quantité est très variable; cela constitue la variété arsénifère. Cet arsenic communique aux vapeurs une odeur alliacée, facile à reconnaître.

L’antimoine natif se trouve én petite quantité dans les ûlons métallifères f Ailemont, en Dauphiné; Poullaouen, département du Finistère; Andreasberg , au Harz. )

Stibine. Antimoine sulfuré. Sb^. Substance gris de plomb, ayant l’éclat métallique , facile à pulvériser , et donnant une poudre gris-noirâtre foncé ; sa densité varie de 4,3 à 4, G. Sa forme principale est un prisme à bases rbomboïdales de 91® 20'.

Le stibine est très fusible et entièrement volatil lorsqu’on le cbaufTe long-temps dans un tube ouvert. Ce qui le distingue de l’antimoine natif, c’est que, pulvérisé et chauffé avec de la potasse humectée , il prend une teinte de brique pilée.

Cette matière est assez abondante dans la nature; au moins on la rencontre dans une foule de localités , dans des filons traversant les terrains primitifs; elle y est cristallisée , lamellaire , bacillaire , aciculaireou capillaire. ( Auzat, Puy-de-Dôme; Doze, Lozère; Massiac, Cantal , etc., etc. )

ZiNKÉiMTE. Sb'^ Pb — Sb^ -f- S Pb. Substance gris d’acier, ayant l’aspect métallique, dont le poids spécifique = 5,3o. Sa forme paraît être un prisme hexaèdre. Cette matière, soumise à l’action du chalumeau, fond, répand des vapeurs blanclies, et laisse un résidu jaune d’oxide de plomb. L’acide nitrique l’attaque, donne naissance à de l’acide antimonieux blanc, insoluble, et à du nitrate de plomb, qui précipite des lamelles de plomb métallique sur un barreau de zinc.

Découverte par M. Zinken, à Wolfsberg, dans le Harz.

hejedererz de J4^ofsberg renferme deux fois autant de sulfure de plomb pour la même quantité de sulfure d’antimoine; le jamesonite en renferme trois fois plus ; le bleishimmer renferme encore les mêmes élémens dans d’autres proportions, et un peu d’arsenic.

Corps anorg. 5

IIaidingkrite . Berthiérite» SM Fe^ = 2 (S^ Sb’) -1-3(8 Fe.) Substance gris d’acier, ayant l’aspect me'tallique , pesant 4,32 ; laisse, par l’action du chalumeau, un globule noir de fer me'tallique, attirable à l’aimant. La partie soluble dans l’acide nitrique donne un précipité' bleu par le cyanhydroferrate de potasse.

Cette matière existe, dans un filon traversant le gneiss, à Chazelles, en Auvergne.

Bournonite. EndeUione ; plomb antimonié^ sulfuré. S^ Sb Cii Pb. Eclat me'tallique , couleur gris de plomb, pesant 6,7. Forme primitive: prisme rectangulaire , dont les dimensions sont à peu près comme 210 , 217, 220.

La partie soluble dans l’acide nitrique donne du plomb sur un barreau de zinc, prend ensuite une belle couleur bleue par l’ammoniaque, ou bien il s’y forme un précipite' de couleur marron foncé, par le cyanhydroferrate de potasse.

La bournonite se trouve dans les filons qui contiennent des minérais de plomb et de cuivre. (Le Harz, Huel-Boyr-Mine, en Corn Wall. )

M. Beudant en cite un assez grand nombre de variétés, qui formeront peut-être des espèces par la suite.

Exitèle. jLntiinoine oxidé ^ chaux d^ antimoine. Sb^. Matière blanche,

quelquefois nacrée, rayée par l’ongle, pesant 5,56 j fusible à la flamme de la lampe à alcool, volatile 5 réductible sur le charbon en un globule métallique, fragile; inattaquable par l’acide nitrique.

L’exitèle se trouve cristallisé en lames rectangulaires, et sous forme aciculaire. Il est susceptible de se cliver parallèlement aux pans d’un prisme rhomboïdal de 137® 43'.

Cette matière accompagne l’argent et l’arsenic. ( Chalancbes , en Dauphiné; Braunsdorf , en Saxe.)

Stibiconise. antimonieux, antimoine oxidé terreux. Sb-|-oo O IP.

Substance terreuse , peu cohérente , jaunâtre , pesant 3,8 ; infusible, fixe, réductible par le charbon au feu de réduction, et donnant alors les caractères de l’antimoine métallique.

Se trouve à la surface du stibine, et paraît due à sa décomposition. ( Beudant. )

K ERMÈs. ylntimoine oxidé, sulfuré; antimoine rouge; kermès minéral, naturel.’O^ S® Sb®=0^ Sb^ -{-28^ Sb^. Substance d’un rouge brun, pulvérulente ou aciculaire; fragile, tendre, pesant 4,6 ; fusible au chalumeau, en partie volatile dans un tube fermé; le résidu est de l’oxide d’antimoine.

Cette substance accompagne le stibine et les minérais arsénifères. (Allemont, en Dauphiné; Braunsdorf, en Saxe. )

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Annexes du genre antimoine ; Panabase, discrase , argy'ryihrose ^ myargyriie , psaturose , polyhasite , antimonikel.

ETAIN . Sn. Inattaquable par l’acide nitrique, ou laissant un résidu blanchâtre, insoluble, qui, traité par la soude et le charbon, donne un globule métallique , blanc , malléable , ài^icWe à réduire , et qui ne peut exister qu’au feu de réduction. Au feu d’oxidation , il forme un émail blanc avec le borax .

Stanxiive. Etain pyriteux ; étain sidfuré ; or mussif. Gu^ Fe Sn. Aspect métallique, couleur gris d’acier, bronzé, fragile ^ densité = 4,3 à 4,7. Essayée au chalumeau , sur un charbon , elle fond et le couvre d’un enduit blanc, fixe. La stannine est attaquable paiT’acide nitrique, qui en dissout une partie ; la liqueur prend une teinte d’un beau bleu par l’ammoniaque, qui indique la présence du cuivre. Si on eu sépare tout ce métal par le zinc, on y forme un précipité bleu, en y ajoutant du cyanhydroferrate de potasse.

La stannine est rare, et n’a encore été rencontrée que dans le cuivre jjyriteux de Huel-Rock et dans le granit du mont Saint-Michel, en Coruwall.

Gassitérite. Etain oxidé. Sn. Substance brune, plus dure que le verre, moins dure que la topaze, pesant de 5,5 à 6. Inattaquable par l’acide nitrique. Sa forme primitive est un prisme à bases carrées dont la hauteur est à l’un des côtés de la base : ; 43 : 32.

Les cristaux de cassitérite offrent souvent des angles rentrans , qui sont dus à une hémitropie; on en trouve aussi de maclés. Ce corps se rencontre aussi à l’état de concrétions stalactitiques (rare), à l’état fibreux, àâ’état amorphe. Dans cet état, il porte quelquefois le nom d’étain de bois (Cornouailles ).

Ce minéral est très rare en France; on ne l’y à guère trouvé qu’à Piriac, près Nantes; et à Saint-Léonard, près Limoges. Généralement il existe, disséminé en amas ou en filons, dans le gneiss , le granité, le micaschiste, oùil se trouve quelquefois associé au wolfram, au fer arsenical , aux topazes, et à la chaux phosphatée. (Rio-Paraopeba, près Yillarica ; Cornwall.) On en trouve dans les terrains intermédiaires , même dans les terrains secondaires , dans des dépôts d’alluvion. (Mexique; Piriac, en Bretagne.)

TITANE. Substances infusibles au feu du chalumeau, donnant un verre violet par le sel de phosphore, insolubles dans tous les acides et meme dans l’eau-régale. Pulvérisées, mêlées avec du carbonate de soude et fortement chauflees, elles donnent un produit, qui se dissout à froid dans l’acide chlorhydrique; la liqueur obtenue devient rouge si l’on y plonge un fil d’étain ; bleue si l’on y plonge un fil de zinc , et elle donne un précipité rouge de sang, par l’infusion récente de noix de galle; un

précipité rouge- brun par le cyanoferrhydrate de potasse; un précipite vert foncé par le sulfure de potassium, et un précipité blanc d’acide titanique par l’ammoniaque.

RuthilE. Titanite oxidé , titanite. O* Ti. Substance d’un rouge grisâtre, translucide ou opaque, ayant pour forme primitive Tin prisme à bases carrées, dont la hauteur est à l’un des côtés de la base : : 21 : 46. Les cristaux se clivent parallèlement aux pans, et présentent souvent des stries longitudinales.

On trouve du ruthile cristallisé en prismes à huit pans; on en trouve de cylindroïde, qui est quelquefois ^énicnZé; on en rencontre d’aciculaire ou en cristaux très déliés , renfermés dans des prismes de quarz hyalin; il en est de réticulé, de laminaire et de pulvérulent.

Le ruthile se trouve dans les terrains primitifs, dans les granités , les gneiss, les micaschistes, les protogynes (Chamouny, Piémont); dans les pegmatites (Gourdon, Saône-et-Loire ; Saint-Yrieix. )

Les minéraux qui accompagnent le ruthile sont les oxides de fer magnétique et oligiste , la chlorite , le talc , le disthène, etc.

ÎÎROOKiTE. Matière ayant toutes les propriétés du ruthile, mais paraissant appartenir à un autre système cristallin. Les cristaux que l’on connaît affectent la forme de lames hexagonales , irrégulières , ou de lames rhomboïdales de 1000 environ.

La brookite n’a encore été rencontrée que dans un petit nombre de localités : à Saint-Christophe, dans TOisan ; au Mont-Blanc et au Saint-Gothard.

Anatase. Oisanite , schorl bleu. Oxide de titane dont la composition n’est pas connue. Matière gris d’acier ou bleuâtre , plus dure que le verre , pesant 8,82.

On rencontre cette substance sous la forme d’un octaèdre à base carrée, aigu, ousouvent en octaèdre cunéiforme, dans les granités, les micaschistes, sur le quarz. (Dauphiné ; Moulier, en Tarentaise ; Saint- Gothard; Baréges, aux Pyrénées. )

L’anatase n’est peut-être qu’une variété du rutliile.

Annexes du genre titane : nigrine , chrichtonite , polymignite , œs~ c limite, pyrochlore, sphène.

MOLYKDENE. Mo. Ce genre ne contient que deux espèces :1a molybdénite et le molybdène oxidé. Le premier de ces minéraux après le grillage , et le second, immédiatement, se combinent avec la potasse à l’aide de la chaleur, et donnent un sel soluble dans l’eau , qui devient bleu par l’addition du protochlorure d’étain , ou par l’action d’un barreau de zinc. Le produit du grillage ou l’acide molybdique donne, avec le sel de phosphore , au feu de réduction , un verre de couleur verte.

d’histoire naturelle.

Molybdéivite. Molybdène sulfuré. Mo. Substance solide, douce au toucher, ayant^l’aspect du graphite, mais une couleur plus bleuâtre j laissant une trace verte sur la porcelaine, pesant 4,6.

Les cristaux rares affectent la forme d’un prisme hexaèdre.

La molybde'nite se trouve dans les terrains cristallises, dans le granité, le micaschiste, etc. (Alpes, Pyre'nëes, dans.les gîtes me'tallifères.)

Molybdène oxidé. Acide molyhdique . 0“ Mo. Substance pulvérulente, d’un blanc-jaunâtre, et qui , au chalumeau, colore en vert le sel de phosphore.

En enduit sur la molybdénite.

SCHÉLIIV. Tungstène. W.

SchÉlin oxïdé. Acide tungstique. W. Matière pulvérulente, jaune, pesant 6, qui donne, au chalumeau, un verre bleu avec le sel de phosphore. Elle se trouve quelquefois à la surlace du wolfram. CHROME. Cr.

Chrome oxidé. Matière verte, pulvérulente , qui donne, par la chaleur, avec le nitrate de potasse , un sel jaune , soluble dans l’eau , qui précipite le plomb en jaune, et l’argent en rouge. Fondu avec le borax au feu de réduction , il donne un verre vert.

Cette matière est isolée ou mélangée avec une roche siliceuse. (Ecouchets, près d’Autun.)

MANGANÈSE. Toutes les matières de ce genre, sans grillage ou après un grillage préalable , donnent, parla chaleur, avec la potasse ou la soude , une frite verte , qui se dissout dans l’eau froide sans se décolorer. Fondues ayec le borax, elles le colorent en violet au feu de réduction.

Alabandine. Manganèse sulfuré. S Matière noii'e ou gris d’acier , dure, pesant 3,9.5. Réduite en poudre et ti’aitée par le nitrate de potasse, à une température élevée, elle donne du sulfate et du manganate de potasse , faciles à reconnaître. Cette matière est rare.

Haüsmanite. Mn^. Matière brune, plus dure que la fluorine, pesant 4,72, et cristallisant en octaèdre à base carrée. L’hausmanite est rare, et n’a guère été rencontrée qu’à Illfeld, au Harz.

B RAUNiTE. Manganèse sesqui~oxidé. Mn^., Substance noire-brunâtre, plus dure que le feldspath , pesant 4,8 18, cristallisant en octaèdre à base carrée , clivable parallèlement à ses faces. La braunite est peu répandue dans la nature.

Acerdèse. Manganèse, sesqui-oxidé, hydraté. Mn^ -f- O Matière noire, ayant quelquefois l’éclat métallique, rayant la fluorine, pesant 4, 3i2 , et cristallisant en prisme rhomboidal de 990 4i', clivable

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